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Scoop de l'heure [TERMINÉ]

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MessageSujet: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Mer 23 Jan - 22:42

[Donc j'ai fait pas mal comme on a parlé en MP. Comme j'ai été inspirée avant que tu me répondes, j'espère que ce que j'ai fait te va tout de même. Sinon, j'ajusterai!   ]

Nicky détestait arriver la première quelque part. Elle n’aimait pas attendre les autres, plantée comme une dinde au milieu d’inconnus. Elle sentait leur regard la frôler. Une personne toute seule attirait toujours plus l’attention dans un monde où les gens se promenaient toujours par groupes. Généralement, lorsqu’elle était obligée d’attendre quelqu’un, elle sortait son téléphone pour se donner une contenance. Parfois, elle écrivait à quelqu’un ou elle jouait à un jeu. D’autres fois, elle surfait sur le net pour passer le temps. Souvent, elle faisait semblant d’être captivée par son téléphone mais, en réalité, elle observait subtilement tout ce qui se passait autour d’elle.

Malheureusement pour la jeune femme, elle était très ponctuelle et une grande partie de la race humaine ne l’était pas. Elle se retrouvait donc souvent à attendre. Ce jour-là, elle était venue rejoindre un ami au premier étage de l’immeuble du New York Times. Cet ami travaillait là et, apparemment, sa réunion s’éternisait.

Nicky avait rencontré Anthony Redfield dans un bar de quartier Empire quelques mois plus tôt. Elle était sortie avec des copines de sa classe pour fêter la remise d’un long et pénible travail de recherche et de rédaction. Le jeune homme était venu vers le groupe de filles pour parler à l’une des copines de Nichole. La jeune femme n’avait pas du tout été surprise qu’un charmant jeune homme s’intéresse à une autre fille qu’elle, et ce, même si elle avait mis, pour l’occasion, une robe toute neuve. Il était assez habituel qu’on remarque les autres avant elles et la demoiselle courtisée avait, en effet, un physique très avantageux.

Le pauvre Anthony s’était donc jeté dans la fausse aux lionnes et, malheureusement pour lui, celles-ci étaient épuisée et à bout de nerfs à cause de leurs études. De plus, elles n’en étaient toutes pas à leur première consommation. Nicky ne se souvenait pas qui était celle de ses copines de cette soirée qui avait, la première, laissé échapper une remarque sur l’apparence du jeune homme, mais d’autres avaient vite suivi, et une bonne partie du petit groupe s’était mis sur le cas de ce garçon qui, semblait-il, aurait dû aller draguer un homme plutôt qu’une femme. Il paraissait que c’était évident. Bien sûr, Anthony n’avait pas poussé et il était vite parti lorsque les greluches étaient tombées sur son cas, mais Nicky avait eu le temps de se fâcher et de renverser ce qui restait de son verre – c’est-à-dire les glaçons seulement – dans le décolleté de la jeune femme la plus près d’elle. Elle était ensuite partie vers celui qu’on avait rejeté et elle n’avait plus jamais, depuis, adressé la parole à cette troupe de grotesques imbéciles.

Ensuite, elle était allée chercher deux consommations et elle était allée voir Anthony, qui n’avait pas semblé particulièrement heureux de la voir, pour lui en offrir une et s’excuser du comportement de ces sales Américaines. Elle n’avait pas osé demander au jeune homme si son accent britannique l’avait convaincu de sa bonne foi, mais elle avait passé le reste de la soirée avec lui. Ayant un peu bu, elle avait eu la langue plus facilement déliée et elle lui avait un peu parlé de son passé. Elle lui avait expliqué pourquoi elle n’acceptait pas comment ses anciennes copines l’avaient traité. Naturellement, elle n’était pas entrée dans les détails de ce qu’on lui avait fait endurer dans sa jeunesse, mais elle avait fait comprendre à Anthony qu’elle saisissait parfaitement ce qu’était de se faire juger sur son apparence par des gens qui ne savaient rien de nous.

Quelques semaines plus tard, Anthony était, par hasard, passé au Hell Inn et, comme Nichole y travaillait, ils s’étaient revus, et même reparlés. Depuis, ils se côtoyaient de temps à autre en tant qu’amis. Nicky ne se faisait d’ailleurs pas d’illusions sur le sujet : Anthony était beaucoup trop mignon pour s’intéresser à une fille comme elle!

Le joli jeune homme était d’ailleurs en retard de près de douze minutes lorsqu’un homme qui attira l’attention de Nichole entra dans le hall du building. Pas particulièrement grand, il dégageait tout de même une sorte d’aura de danger. Nicky remit son téléphone dans sa poche et se tint sur ses gardes. Elle sentait que quelque chose allait se passer. Cela lui arrivait parfois et elle mettait cela sur le compte de son pouvoir d’animorphisme qui devait influencer son instinct. Aussi, lorsque l’homme porta la main à sa poche de veste, tous les muscles de Nicky se tendirent et, à la vue d’un objet noir et reluisant, elle se jeta derrière une grosse plante décorative. L’homme tira trois coups au plafond.


-QU’ON APPELLE LE RÉDACTEUR EN CHEF! J’ai deux mots à lui dire, à ce connard.

Pourvu qu’Anthony reste caché dans son bureau. Pourvu qu’Anthony reste caché dans son bureau. Pourvu qu’Anthony reste caché dans son bureau. Pourvu qu’Anthony…
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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Jeu 7 Fév - 14:17

[HJ: Tout est parfait! Smile]

Je regardais l’horloge et il me semblait que l’aiguille n’avançait pas. Pourquoi c’est toujours quand on a besoin de temps, quand on est à bout de souffle et qu’on compte les moindres secondes pour prévoir notre emploi du temps qu’il faut que les choses s’éternisent et prennent du retard? Pourquoi je ne peux pas m’éterniser au lit, en mangeant, en buvant, devant un bon film, mais que j’ai le temps de le faire dans une réunion totalement barbante? Je fixais maintenant l’aiguille des secondes, en la suppliant d’aller plus vite. En vain, elle semblait toujours aussi collée. Même qu’au bout d’un moment, j’avais l’impression qu’elle allait dans le sens inverse. Alors que je croyais devenir fou, le chargé de projet m’interpella :

«-Et vous, Monsieur Redfield… qu’en pensez-vous?»

Je détestais quand on me faisait cela. Avais-je vraiment besoin d’exprimer mon opinion sur le reportage prévu de mon collègue? Devais-je vraiment seulement avoir une opinion à ce sujet, pour commencer? Ce qu’il voulait faire, lui, c’était bien de ses affaires, pas des miennes. La seule raison pour laquelle on s’intéresse au travail de nos pairs est pour réussir à faire mieux. C’est simplement dans une logique d’individualisme et d’égoïsme, même. En effet, de savoir les raisons profondes qui poussaient mon vieux collègue à faire un reportage sur le service de police m’étaient complètement égales. Ce que je voulais vraiment voir, moi, ce n’était pas l’âme de mon collègue, mais le fruit de son travail, pour savoir ce qu’il avait dit, comment et surtout ce qu’il avait oublié de mentionner. Point final. Je n’allais donc certainement pas lui donner mes idées, pour ne pas risquer de lui fournir de meilleurs outils pour créer son reportage et ainsi me mettre moi-même la barre haute pour mon propre topo…!

Du moins, c’est ce qu’un journaliste normal aurait fait. Seulement, voyez-vous, je ne suis pas tout à fait comme les autres journalistes. Je ne connais pas cette notion de ne pas vouloir aider les autres, afin de se faciliter la tâche par la suite. J’adorais travailler, chercher, fouiller, me creuser la tête et finir par dénicher la perle rare. Je préférais le dur labeur et les honneurs mérités aux faux semblants et au travail bâclé qui recevait des mentions. La loi du moindre effort n’a certainement pas été créé pour moi et celle de ne rien faire que pour soi non plus. J’avais donc soigneusement écouté ce cher collègue m’expliquer que son fils aimerait beaucoup avoir cette promotion au service de police de la ville, parce que pour l’instant il s’occupe des archives et ce n’est pas très émancipant de classer de vieux dossiers. Ainsi, mon collègue souhaite que s’il dit des bons mots sur ce service de la ville, son fils aura des chances supplémentaires d’avoir le poste de terrain qui vient juste de se libérer. C’est donc rempli de bonne foi que je lui ai conseillé de faire attention que cela ne paraisse pas trop qu’il voulait seulement que son fils gagne la promotion. Ainsi, se trouver une personne ou un cas en particulier qui ont été excessivement positif pour le service de police serait une bonne façon de donner de la publicité positive et par le fait même aider son fils.

Satisfaits, mon supérieur de rechange et mon collègue m’ont chaleureusement remercié et encouragé pour mes projets futurs. Nous nous sommes donner de fausses poignées de mains amicales et sommes retournés chacun dans nos bureaux respectifs. Une fois dans mon bureau, j’ai remarqué que mon téléphone sur base, ainsi que mon portable clignotaient. J’ai donc pris mes messages. Les deux concernaient le rendez-vous que j’avais avec Nichole. J’allais presque l’oublier.

Je me dirigeais d’ailleurs vers la réception, là où je savais qu’elle m’attendait lorsque j’entendis un bruit étrange. De derrière les grosses portes vitrées coulissantes et design d’où j’étais, on aurait dit un coup de feu. Je vis une des secrétaires ouvrir et refermer la porte rapidement. Sur son visage, de la peur pure. Rien d’autre. J’ai donc parcouru le reste du corridor en joggant, comme j’arrivais à ses côtés, j’ai entendu une grosse voix dans la réception du journal.


«-QU’ON APPELLE LE RÉDACTEUR EN CHEF! J’ai deux mots à lui dire, à ce connard.»

On allait vraiment avoir des problèmes… Le rédacteur en chef était parti prendre des vacances sous le soleil de la Jamaique. Il n’était pas au bureau depuis le début de la semaine et ne reviendrait pas avant deux (peut-être même trois) autres semaines… La femme que j’étais venue consoler me regardait avec les yeux pleins de larmes. Elle ne parlait pas, mais j’avais presque l’impression qu’ils me hurlaient de l’aider et de faire quelque chose. Elle avait l’air d’être sur le bord de perdre conscience, tellement elle était pâle. Elle finit par ouvrir la bouche et parla si bas que j’entendais à peine ses paroles.

«-Anthony… vous devez faire quelque chose… Il a une arme et j’ai peur…»

Sa détresse me toucha droit au cœur. Elle avait raison. Je devais faire quelque chose. Pour sauver Nichole, pour la sauver elle, pour sauver tout le monde. Quelques personnes se trouvaient de l’autre côté, encore plus étaient dans leurs bureaux, je ne pouvais pas laisser ce fou furieux venir semer la mort là où j’étais. Je guidai donc la femme jusque dans un bureau vide pas très loin. Je lui ai demandé de bien rester là et d’appeler la police. Je fis le code de sécurité pour ouvrir la porte et je me glissai de l’autre côté. J’analysai la situation en quelques secondes à peine. Je fis un sourire qui se voulait rassurant à Nichole, tout en me dirigeant vers le centre de la pièce. Instinctivement, je m’étais placé de sorte à ce que l’homme armé et furieux soit le plus près de la porte et que les personnes à sauver soient derrière moi. Je servais donc littéralement de bouclier pour essayer de sauver des gens. Pas super brillant, mais bon je faisais avec les moyens du bord…

«-J’ai dit que je voulais voir le rédacteur en chef, alors pousses-toi, moucheron!
-Je suis désolé, mais il est absent. Vacances forcées, il paraît… Mais je peux peut-être vous aider?»


Il m’avait parlé en gesticulant avec son pistolet. Pendant ce temps, je faisais des signes avec mes mains dans mon dos pour que toutes les personnes présentes dans la salle se réunissent au même endroit, soit derrière le bureau de la réception. Celui-ci étant en béton, granit et marbre noir et lustré, je me disais que c’était probablement l’endroit le plus sécuritaire pour toutes ces personnes. J’espérais seulement que tout se passerait bien.

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Dim 10 Fév - 22:07

Nicky n’aimait pas les préjugés. Si elle ne se portait pas instinctivement à la défense de toute personne opprimée, elle ne participait jamais à l’humiliation d’une autre personne, et ce, même si ce n’était qu’avec humour, pour rire. Elle n’avait pris part à aucune initiation dégradante lors de son entrée à l’université parce qu’elle considérait que se ridiculiser pour s’intégrer n’avait rien d’honorable.

Souvent, on considérait Nichole comme snob à cause de sa manière fermée de voir certains sujets. Beaucoup de jeunes adoraient les fêtes où on se moquait ouvertement de certaines personnes, ou certaines catégories de personnes, où on se filmait en train de faire des conneries, où on prenait des risques qu’aucune personne sensée n’aurait pris sans avoir ingéré une quantité phénoménale d’alcool. Nichole était une fille sérieuse aux valeurs bien établies. Heureusement, parfois, elle savait s’amuser. Il lui suffisait de quelques verres pour se décoincer et devenir presque intéressante. Elle n’avait rien de la typique jeune femme dans la vingtaine prête à tout pour avoir du plaisir, s’éclater, faire des folies, mais elle pouvait sourire et, même, rire. Il lui arrivait de draguer, mais c’était beaucoup plus rare.

Nichole avait très peu confiance en elle pour ce qui avait trait à la séduction. Des années d’obsession sur sa laideur avaient eu raison de sa vision lucide de son corps. Désormais, elle essayait de paraître le mieux possible – et le plus mince possible – mais elle était persuadée qu’elle n’était pas attirante. Quand elle sortait avec des copines, le regard des hommes lui semblait réellement s’arrêter plus et plus longtemps sur ses amies que sur elle. Si un garçon venait voir le groupe de filles, c’était toujours pour draguer une autre personne qu’elle. D’ailleurs, quand une personne du sexe opposé venait tenter sa chance avec Nicky, celle-ci devenait froide et distante, si bien que tout prétendant sérieux se décourageait bien vite. Elle n’y pouvait rien : elle ne pouvait pas croire qu’on s’intéressait à elle. Si elle n’allait jamais elle-même vers les hommes, c’était sensiblement pour la même raison : elle était persuadée qu’elle n’avait pas ce qu’il fallait pour susciter le désir chez eux. Elle avait l’impression qu’elle se couvrirait de ridicule si elle essayait. Nicky se contentait donc habituellement de relations purement physiques avec des types ni intéressants ni beaux qui atterrissaient dans son lit après un nombre assez élevé de verres.

Cependant, malheureusement pour elle, Nichole avait deux yeux. Et une très bonne vue. Par conséquent, elle remarquait très bien les jolis garçons, ce qui rendait encore plus frustrant le fait de se retrouver perpétuellement seule ou, pire, comme faire-valoir pour une copine plus jolie qu’elle. Anthony Redfield était justement un de ces jolis garçons et, de plus, il l’avait rencontrée alors qu’elle se sentait exactement dans le rôle de la laideronne de service, présente surtout pour souligner la beauté de ses amies. Ce sentiment la gagnait souvent, quand elle se trouvait avec d’autres filles et elle ne pouvait rien y faire.

Anthony ne lui faisait toutefois jamais sentir qu’elle rappelait les monstres terribles du folklore populaire. Il était toujours gentil avec elle et, s’il n’avait pas été si beau, elle aurait pu penser qu’elle avait une chance avec lui. Mais le jeune Redfield n’était pas de la même catégorie que Nichole. Il viendrait un jour, certainement bientôt, où il arriverait avec une splendide jeune femme au bras, le genre de fille très mince, délicate, confiante, avec des yeux pleins d’étoiles et les cheveux qui volent gracieusement au vent… Peut-être même une copine d’université de Nicky, une qu’il aurait rencontrée grâce à elle. Elle ne rêvait pas : les mecs ne voulaient jamais d’elle qu’en tant qu’amie ou comme aventure isolée.

Anthony avait au moins eu la décence de la classer comme amie plutôt que comme poupée gonflable temporaire et elle appréciait sa gentillesse. Elle savait être une amie. Elle n’avait ni besoin d’être jolie, féminine ou séduisante pour être une amie. Elle pouvait juste être elle-même et c’était parfait de cette manière.

Quand Nicky vit Anthony arriver dans le hall, elle faillit lui crier qu’il n’était qu’un petit con et qu’il devrait arrêter de jouer au héros et commencer à penser un peu à sa survie. Toutefois, la jeune femme possédait suffisamment de jugeote pour se mordre la langue.


-J’ai dit que je voulais voir le rédacteur en chef, alors pousses-toi, moucheron!
-Je suis désolé, mais il est absent. Vacances forcées, il paraît… Mais je peux peut-être vous aider?


Nichole remarqua les signes d’Anthony et la plupart des gens présents obéirent et se cachèrent derrière le comptoir de la réception. Nicky fut d’ailleurs étonnée que l’homme ne dise rien à ce sujet. Peut-être était-il complètement aveuglé par la rage et n’était-il capable de se concentrer que sur une seule chose à la fois. La jeune femme ne bougea pas, elle, de sa cachette. L’homme ne l’avait certainement pas vue et elle était persuadée qu’elle serait beaucoup plus utile à cet endroit qu’au milieu du poulailler un peu plus loin.

-NON! Tu ne comprends rien! Ce connard de…Mais attends une minute, microbe…je te reconnais.

La voix de l’homme oscillait maintenant entre les très graves et les très aigus. Il paraissait dément.

-Redfield, c’est ça? C’est toi le petit connard qui m’a VOLÉ mon sujet d’article. L’affaire Gilbert.

L’homme laissa échapper un rire inquiétant. Nichole inspira. Surtout, ne pas paniquer.

Un coup de feu.

Le bruit résonna dans le hall et fit sursauter la jeune femme qui risqua un coup d’œil de l’autre côté de sa cachette. Anthony, par terre. Le sang, partout. La panique, dans l’air ambiant. L’homme, debout, tremblant, l’arme pointée sur Anthony, le doigt sur la gâchette, visiblement prêt à tirer une nouvelle fois.

Le tigre doré s’abattit sur l’homme en moins de cinq secondes, lui faisant lâcher son arme en même temps qu’il poussait un puissant hurlement de terreur. Un profond rugissement retentit comme une bombe alors que des dents immenses s’approchaient du visage du fou furieux.

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Lun 11 Fév - 11:52

En situation de panique, le cerveau est plutôt impressionnant. Il se met un peu en mode économie d’énergie, pour envoyer le plus de jus possible dans les sens et les muscles. Je ne me sentais pas particulièrement intelligent en ce moment. Je sentais plutôt que mon cerveau prenait une pause, comme si mes facultés intellectuelles devaient nécessairement disparaitre, puisque j’étais face à une grosse brute. Mon cerveau s’endormait lentement, mais laissait au moins la place à autre chose. Il prenait moins de mon énergie, contrôlait rigoureusement mes pensées de sorte à ce que je ne sois pas déconcentré par quelque chose de ridicule, comme l’appel d’une certaine Joannie de l’agence de rencontre… Oui bon, voilà, mon cerveau m’empêchait d’y penser pour me permettre plutôt de me concentrer sur ce qui se passait en ce moment même. Je sentais tous les muscles de mon corps se tendre, mon centre d’équilibre s’abaissait lentement, mes articulations se crispaient… Mon corps était prêt à toute éventualité. Et moi? En fait, je sentais que mon cerveau était déconnecté de la réalité, comme si je ne suivais pas toute la scène. Privé de mon cerveau, mais avec tout le reste en super-turbo, je ne me sentais vraiment pas moi-même.

Un peu au ralenti, l’homme armé devant moi se promenait de long en large. Je pouvais ressentir sa détresse, mais surtout sa rage. Je ne savais pas encore ce que Samuel Cole avait fait à cet homme, mais chose certaine cela semblait grave. Heureusement, l’intrus était tellement enragé et obnubilé par son plan qu’il ne remarquait même pas le mouvement derrière moi. La tête baissée, les bras le long du corps, il levait parfait le bras en l’air, pointant son fusil vers moi ou vers le plafond. J’essayais de me remémorer les personnes présentes dans la salle, question de savoir combien étaient en danger. Je me repassais mentalement mon arrivée, mais je n’étais pas certain de bien compter. Si Nichole avait réussi à se cacher, elle, peut-être y en avait-il d’autres qui avaient eu cette idée? Ce qui me compliquait définitivement les choses, mais bon, il fallait mieux que je me concentre sur mon interlocuteur si je ne voulais pas finir réutilisé en passoire.


«-NON! Tu ne comprends rien! Ce connard de…Mais attends une minute, microbe…je te reconnais.
-Mais, je…»


Quoi? Il me reconnaît? Comment se fait-il qu’il me reconnaisse? Je ne l’ai jamais vu avant, moi! Avoir du temps devant moi, et surtout pas un révolver à moins de deux mètres de moi, je prendrais le temps de lui poser des questions. Cependant, les choses étant ce qu’elles étaient, je ne pouvais pas laisser aller ma curiosité comme je le voulais. Ce qu’il disait était complètement décousu. Il semblait encore plus perdu que moi. J’étais prêt à parier mon dossier chaud de l’heure que son cerveau était lui aussi parti en pause. Sauf que lui, cela devait faire longtemps…

«-Redfield, c’est ça? C’est toi le petit connard qui m’a VOLÉ mon sujet d’article. L’affaire Gilbert.
-Oui, je… pardon?»


Et voilà que je me mettais à parler comme lui. Mes paroles n’avaient pas de sens, ma pensée s’articulait mal. Il y avait trop d’informations en même temps. Mon cerveau a donné son emploi à mes muscles, vous vous souvenez? Alors je me retrouvais donc sans réelles capacités à me concentrer sur ce que je disais. Seulement un tourbillon de questions, qui s’entremêlaient si bien que j’avais seulement des demi-mots en bouche. Je me mettais à bégayer et à dire n’importe quoi, parce que trop de mots et de pensées se bousculaient à la sortie de ma bouche. C’était exactement comme une foule devant les portes d’un magasin grande surface lors d’un Black Friday ou d’un Boxing Day, aux États-Unis… Tous ceux qui étaient là se poussaient et entraient tellement vite qu’on ne les reconnaissait et ne les distinguait clairement. Mais elles continuaient de tourner à un rythme éreintant dans ma tête…

Pourquoi me parlait-il de l’affaire Gilbert? Pourquoi connaissait-il mon nom? Pourquoi disait-il que je lui avais volé? Pourquoi avait-il cette arme pointé sur moi? Pourquoi riait-il de cette façon? Pourquoi est-ce que je regardais désormais le plafond? Pourquoi j’entendais un tigre? Pourquoi j’avais si froid? Pourquoi j’avais soudainement si mal au bras?
Il était temps que mon cerveau reprenne du service. Il remit les éléments en ordre et me fit comprendre ce qui se passait. Sauf la partie du tigre… Elle, elle restait plutôt floue. Je m’étais relevé et tenait mon bras. La balle avait traversé le haut de mon épaule, déchirant ma chemise et ma peau. Le rouge se répandait à une vitesse importante, mais c’était peut-être juste parce que j’étais habillé de blanc. Je me suis remis sur pied et observa la scène. Je devais faire fi de la douleur et reprendre la situation en main. L’autre homme était désormais par terre. Je repérai donc son arme, qui avait été poussée plus loin dans sa bataille et la pointai vers eux.


«-Arrêtez ou je tire!»

Est-ce que j’étais vraiment entrain de parler à un tigre, comme s’il pouvait comprendre? C’était ridicule. J’ai tenté de viser la main de l’homme, mais je ne voulais pas tirer dans l’animal. Une main d’humain se réparait bien, mais une patte de tigre était un peu plus vital… Finalement, le coup parti et arriva dans la cuisse de l’homme. Figé par la surprise (et peut-être par la douleur), l’homme et le tigre cessèrent de se battre. Cependant, le tigre resta sur l’humain. J’ai alors jeté un coup d’œil vers le comptoir de la réception, une tête blonde se levait tranquillement. Je ne voyais que ses yeux lorsque je lui dis :

«-Appelez la police. Maintenant!»

Puis, j’ai reporté mon attention sur la situation. J’ai planté mes yeux dans ceux du tigre et je me suis demandé où je les avais vu avant…

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Mar 26 Fév - 22:08

Nichole paniquait très rarement. Quand une situation malheureuse arrivait, elle l’affrontait directement, souvent avec trop de spontanéité. Elle ne prenait pas le temps de réfléchir et, de ce fait, de développer de la peur. La jeune femme était très impulsive et elle appréciait ce trait chez elle, même si elle avait conscience que, pour certains, il s’agissait beaucoup plus d’un défaut que d’une qualité. En effet, de nos jours, les gens préféraient une personne qui mettait des millénaires à prendre une décision pour que celle-ci soit la plus réfléchie et la plus sage possible. On aimait qu’une personne soit calme, posée, tranquille. Nicky arrivait à prendre ce rôle mais, parfois. Quand une situation la dépassait ou quand celle-ci exigeait une solution immédiate, la jeune femme ne pouvait se résoudre à adopter un comportement mature : elle sautait dans l’action et elle agissait. Parfois, cela pouvait lui attirer des problèmes, comme quand ses gestes étaient posés dans la colère, mais Nichole trouvait que ce côté très humain la rendait moins ennuyante.

Si, de manière générale, Nicky évitait de paniquer, elle vivait quotidiennement avec un niveau de stress plus élevé que la normale. Elle s’en faisait pour des dizaines de choses, la plus importante étant sa propre personne par rapport aux attentes de sa mère. Frederique était une mère très aimante qui exigeait peu de sa fille, mais Nichole s’était convaincue que sa mère était simplement trop gentille pour lui exposer ses désirs et ses rêves. Et ses déceptions. La jeune femme ne l’avait jamais confié à quiconque, mais elle croyait qu’elle était un perpétuel échec dans la vie de celle qui l’avait mise au monde. Chaque victoire qui lui échappait lui traversait le cœur comme un couteau, que ce soit en cours ou sur n’importe quel autre plan. Pourtant, Frederique n’avait toujours montré à sa fille qu’amour et fierté. Si elle l’encourageait à aller au bout d’elle-même, jamais elle ne lui faisait sentir qu’elle avait honte si Nichole rencontrait une difficulté. C’était probablement ce qui était le pire pour sa fille : être intimement persuadée qu’elle décevait sa pauvre mère qui n’osait même pas le lui avouer. L’amour d’une mère était inconditionnel. L’amour de Nichole pour la sienne était brodé des fils de la fierté qu’elle essayait de lisser, lisser, lisser et faire briller, et qui lui semblaient tout cassés. Comment croire qu’une personne peut nous aimer quand on est dégoûté par soi-même?

Pour une personne qui évitait de prendre le temps de se laisser gagner par la peur, Nichole avait été profondément secouée par la vision d’Anthony sur le sol, troué d’une balle de fusil. Cependant, la jeune femme avait agi spontanément, et du mieux qu’elle le pouvait. Plus tard, elle regretterait probablement d’avoir laissé un tigre doré apparaître au milieu de New York et, qui plus est, devant des journalistes. Et c’était sans parler de ses vêtements maintenant en lambeaux.

Nicky n’avait écouté que son cœur et elle s’était jetée sur l’agresseur sans penser une seule seconde qu’il aurait pu lui faire mal s’il n’avait pas échappé son arme. L’envie de le déchiqueter était bien là, alors qu’elle claquait ses grandes dents pointues juste devant le visage du fou furieux. Quand elle se transformait en animal, Nichole était psychologiquement affectée. Au fond, elle restait la douce jeune fille qui ne voulait que faire de son mieux pour se faire aimer, mais elle devenait en partie l’animal dont elle prenait la forme. Avec le tigre venaient la fureur meurtrière, l’envie de viande, le besoin d’éliminer les menaces humaines… Elle avait appris à bien contrôler cet étrange instinct animal qui prenait un peu possession d’elle, mais il lui fallait une certaine concentration, surtout lorsqu’elle ressentait une émotion forte, comme à ce moment-là, à quelques secondes à peine d’une possible vengeance sur l’homme qui venait de faire du mal à une personne qui comptait beaucoup pour elle.


-Arrêtez ou je tire!

Le tigre détourna le regard de sur sa proie pour fixer le jeune homme qui avait parlé. Anthony était debout. Debout. Pas mort. Une sorte de tension se libéra des muscles du gigantesque animal et son regard s’adoucit. Le bonheur de constater que son ami n’était visiblement pas mortellement touché permettait à Nichole de tempérer son envie de faire une splendide pièce de charcuterie avec celui qui avait osé lui tirer dessus. C’est à ce moment précis que la jeune femme réalisa qu’elle avait eu une fausse bonne idée, en agissant sur un coup de tête : se transformer en énorme animal n’était vraiment pas la meilleure idée quand on voulait faire dans la subtilité.

-Appelez la police. Maintenant!

Eh merde. Elle ne voulait pas finir au zoo ou, pire, abattue par un honnête policier voulant protéger les pauvres humains qu’un carnivore à rayures aurait tôt fait de dévorer. Les yeux plantés dans ceux d’un jeune homme couvert de sang, le tigre essaya de faire passer de la douceur, de la paix et de l’humanité par son regard. Puis, en un bond, il sortit du champ de tir d’Anthony, se plaqua contre la porte coulissante qui, miraculeusement, ne s’était pas refermée lorsque le jeune homme était entré, la fit glisser d’une patte et fonça dans le corridor. La porte se referma encore à demi, juste assez pour cacher la course de l’animal qui disparut dans l’immeuble sans qu’on ne voie exactement par où il était allé ensuite.

Une minute plus tard, c’est une Nichole toute nue qui commença à fouiller dans le bureau d’Anthony dans l’espoir de trouver n’importe quoi à se mettre.


[Idéalement, ce serait agréable que tu me donnes une piste, dans ta réponse, à savoir si je trouve ou non quelque chose à mettre pendant que tu t’occupes du fou et des policiers. Very Happy ]

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Mer 5 Juin - 23:17

[Désolé du délai, mais je suis sur que tu m'aimes encore, hein? Et aussi, j'espère que mes indices pour tes vêtements sont assez clairs... What a Face ]

Le métier de journaliste ne m’avait jamais vraiment semblé dangereux jusqu’à ce jour. Quand mon père avait appris que je voulais éventuellement devenir journaliste, il s’était tout de suite enflammé et inquiété, répétant sans cesse que c’était dangereux et que j’allais devenir un requin. Il soutenait que les journalistes étaient souvent sur des scènes de crimes violentes et qu’ils avaient un contact fréquent avec le crime organisé, ce qui les mettait en grand danger. Ce que mon père aurait aimé savoir, s’il avait encore été des nôtres, était que le plus grande danger ne venait pas de ce que le journaliste couvre, mais plutôt ce ses collègues. Un peu comme les ours polaires mâles adultes qui mangeaient les oursons afin de forcer la femelle à tomber en période de reproduction plus rapidement et ainsi s’assurer que le prochain ourson sera le leur… Les journalistes ne se soutenaient pas les uns les autres et se dévoraient plutôt entre eux, pour s’assurer d’avoir une meilleure descendance au sein du journal pour lequel ils travaillent.

J’en avais eu la preuve aujourd’hui. J’avais le cerveau en compote et les idées embrouillées, mais je croyais bien finir par replacer de plus en plus clairement l’homme que je menaçais toujours de son propre revolver. L’affaire Gilbert dont l’homme faisait mention plus tôt en était une d’importance, qui avait fait mousser ma carrière et qui m’avait été laissée à la dernière minute par le rédacteur en chef du journal, sous prétexte que l’autre personne responsable dudit dossier ne voulait plus s’en occuper. En fait, de ce que je venais de comprendre, le rédacteur lui avait plutôt lâchement enlevé sans raisons valables, puis l’avait probablement congédié. L’homme par terre, qui commençait à grommeler et à bouger, était donc venu pour régler ses comptes. Voulant discuter avec le patron suprême, il était plutôt tombé sur moi, l’ingrat qui lui avait soi-disant volé son affaire… Vu de la sorte, je me fis sourire en me disant que le monde du journalisme était presque aussi pire que le monde des femmes!

Les yeux du tigre me hantaient toujours un peu, mais je ne pouvais plus y penser. Les policiers venaient d’arriver sur place. Ils venaient de défoncer la porte principale des bureaux du New-York Times et n’avaient pas fait retentir leurs sirènes, comme s’ils avaient peur de déranger ou d’apeurer le voisinage. J’avais donc sursauté à leur arrivée, ce qui m’avait fait lâcher le revolver. Heureusement, aucun coup ne fut lancé lors de l’impact. La gâchette étant comme protégée par un bout de métal de la crosse, sur ce modèle de revolver. Les policiers m’ont demandé qui ils devaient embarquer, en restant à distance de moi. Je crois que l’un d’eux m’avait vu avec le revolver en entrant dans la pièce, parce qu’il avait son arme pointée sur moi et ne me lâchait pas des yeux. Le comportement des policiers à leur arrivée sur une scène me fascinait depuis longtemps. Je ne comprends pas comment ils pouvaient croire que, dans ce cas-ci, la personne qui semblaient la plus saine et qui saignait le plus à cause d’une blessure au bras était la personne la plus dangereuse. Parce que, avouons-le, c’était plutôt logique que le gros méchant se tire lui-même une balle dans le bras afin de faire dévier les soupçons de sur lui. De plus, il m’était déjà arrivé d’aller couvrir l’histoire d’un suicide d’un gros bonnet de la ville et je me souviens avoir vu des policiers faire subir un véritable interrogatoire à la femme de l’homme décédé, femme qui l’avait trouvé d’ailleurs, afin de savoir ou elle était, ce qu’elle y faisait, avec qui et si elle avait des témoins. Je sais bien que dans notre monde, certaines personnes bien malveillantes pourraient essayer de faire passer un meurtre pour un suicide, mais quand tu as une lettre écrite et signée de la main de l’homme mort, il me semble que c’est assez pour laisser la pauvre veuve tranquille, au moins le temps qu’elle se remette de ses émotions. Alors voilà, les policiers me laissaient parfois perplexes quant à leurs réflexes...

Les personnes réfugiées derrière le comptoir commençaient à sortir timidement et confirmèrent que c’était bien l’homme à terre qui était dangereux et que je n’étais que leur héros. Les policiers menottèrent finalement l’homme qui m’en voudrait probablement toute sa vie et certains quittèrent les lieux pour l’escorter jusqu’au véhicule. Une dizaine de policiers restèrent sur les lieux et commencèrent à vérifier l’état de tout le monde, tout en commençant naturellement leurs interrogatoires. À les regarder aller, je me suis dis qu’il vaudrait peut-être mieux laisser nos emplois aux policiers, ils étaient si doués pour poser des questions et noter les réponses!

Je fis un rapide tour sur moi-même, tout en tenant mon épaule endolorie, pour chercher Nichole des yeux et ne la vit nulle part. La panique s’empara de moi. Je l’avais pourtant vu en entrant dans la salle. Mais ou était-elle passée? Elle n’avait tout de même pas été touchée? À moins qu’elle n’ait réussi à sortir par une sortie de secours? Alors que je commençais à m’affoler de plus en plus, un policier m’accosta.


« -Bonjour monsieur, j’aimerais vous poser quelques questions concernant ce qui vient de se passer. Auriez-vous des pièces d’identité pour m’aider dans mon travail? »

Je lui fis un petit sourire en coin. J’avais encore une fois eu raison : les policiers feraient d’excellents journalistes!

« -Il me fera plaisir de vous aider monsieur l’agent. Je suis Anthony Redfield, un employé du journal. Mes cartes sont dans mon bureau, je vais les chercher et je reviens tout de suite. »

Le policier me laissa partir et je me dirigeai vers mon bureau en me demandant si j’avais laissé mon portefeuille dans la poche intérieure de mon veston ou dans mon sac de sport. Quand j'étais finalement entré dans mon bureau, j'étais resté estomaqué sur le pas de ma porte...

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Ven 30 Aoû - 20:24

Nicky ne savait pas si Anthony était gay ou non. Il lui avait bien répété plusieurs fois qu’il en avait marre que les gens pensent qu’il était attiré par les hommes, mais elle doutait encore. N’était-ce pas le propre des homosexuels refoulés de tout faire pour qu’on les pense hétérosexuels? Évidemment, son ami n’avait pas l’apparence des hommes virils clichés dont la sexualité ne faisait l’objet d’aucune question. S’il possédait des muscles que Nichole trouvait juste assez présents, il n’était pas l’un de ces poilus stéroïdés qui faisaient réagir les jeunes poulettes en chaleur. Anthony était poli, courtois, bien élevé et il avait beaucoup de classe, à la fois dans son apparence et son attitude. Il utilisait un vocabulaire plus poussé que celui des hommes de son âge et il était extraverti. Il correspondait en plusieurs points à l’idée qu’on se faisait d’un gay.

Jusque là, Nicky s’était tout de même dit qu’à son âge, Anthony devait bien savoir quels corps le faisaient réagir et qu’elle n’était personne pour juger à sa place de ce qui pouvait l’attirer. Seulement, à une certaine fête dans le quartier Grey, c’était bien un homme qu’elle avait vu, les lèvres sur celles de son ami et les mains très baladeuses sur son torse. Sur le moment, passablement éméchée, elle s’était moquée et elle était partie en essayant d’oublier ce qu’elle avait vu. Son plan avait presque fonctionné et, quand elle avait revu Anthony, elle avait fait comme si de rien n’était, allant même jusqu’à tourner la conversation sur les femmes pour faire comprendre à son ami qu’il pouvait encore lui dire ce qu’il voulait à ce sujet. Elle avait joué l’amnésique, ignorant toute allusion qu’Anthony pouvait faire sur la soirée dans le quartier Grey, essayant du mieux possible de lui faire croire qu’elle ne se souvenait même pas l’avoir vu. D’ailleurs, elle lui avait même parlé d’elle-même de la soirée, insistant sur à quel point elle avait bu et poussant jusqu’à lui demander s’il avait participé à cette fête, parce qu’elle disait se souvenir de son visage, vaguement, mais qu’elle n’était pas certaine de l’y avoir vu tellement elle était saoule.

Habituellement, Nicky faisait face à la réalité. Si elle n’hésitait pas à mentir lorsqu’elle en ressentait le besoin, elle préférait affronter directement les sujets sérieux. Seulement, l’orientation sexuelle d’Anthony ne devait pas être une gêne entre eux, et la manière dont elle avait réagi à la fête n’avait rien de noble. Une bonne amie n’aurait pas attaqué Anthony de cette manière. De plus, quelque part au fond d’elle, Nichole espérait avoir rêvé ou, mieux, qu’Anthony soit bisexuel. Même si elle se savait beaucoup trop laide et inintéressante pour un jeune homme comme lui, Nicky aimait se bercer de fantasmes romantiques avec son ami, le genre d’idées qui ne pouvaient exister s’il préférait réellement les hommes.

Nicky n’avait pas l’habitude des combats. Elle ne se servait que rarement de ses pouvoirs magiques dans un but autre que la fuite sécuritaire. Toutefois, se transformer en tigre avait été nécessaire, dans ce cas-ci, pour sauver son ami. Son impulsivité l’avait fait réagir sans penser qu’une balle de fusil pouvait être tout aussi mortelle si elle était tirée sur un carnivore doré, mais elle sentait qu’elle ne regretterait jamais de s’être portée à la défense d’Anthony. Elle avait tout de même fui dès que la situation avait été sous contrôle, tout de même concernée par son propre sort. En montant vers le bureau d’Anthony, la jeune femme n’avait cessé de penser à ses vêtements laissés dans le hall. Qu’est-ce que les gens allaient penser? Et Anthony?

La jeune femme se concentra sur le plus urgent, dans un premier temps, soit trouver des vêtements. S’il fallait qu’elle se fasse arrêter pour indécence publique… Elle trouva un veston d’homme sur la chaise du bureau de son ami et l’enfila sans arriver à réprimer une inquiétante question : appartenait-il à Anthony ou à un homme comme celui de la petite fête dans le quartier Grey? L’odeur lui rappela vraiment son ami et elle se sentit moins mal de le porter directement sur sa peau nue que s’il avait été celui d’un amant du journaliste. Elle continua à chercher, consciente qu’elle aurait l’air étrange si elle sortait seulement avec un veston qui ne lui allait même pas à la mi-cuisse.

Le bruit de la porte qu’on ouvrait la fit sursauter. Elle porta une main à l’ouverture du veston pour s’assurer que le plus grave de sa nudité était bien couvert. Elle se sentait ridicule, ainsi à moitié nue, dans un veston trop grand pour elle et trop court pour être réellement décent.


-Hey, Anthony…Contente de te voir…

Son ton était gêné et ses joues avaient rosi. Comment lui expliquer ce qu’elle faisait dans son bureau ainsi vêtue?

-Je…je peux tout t’expliquer…

Mentir? Dire la vérité? Mélanger les deux? Nicky avait envie de redevenir un tigre et fuir vers le désert.


-Tu crois en la magie?

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Sam 30 Nov - 7:22

[Je suis ignoble d'Avoir mis tant de temps... excuse-moi!!! I love you Rolling Eyes    ]

En poussant la porte de mon bureau, j’avais un drôle de petit sourire, parce que je pensais encore à la façon dont les policiers faisaient leur travail. Bien que la loi affirmait que tout le monde était innocent d’un crime jusqu’à preuve du contraire, il me semblait que les policiers faisaient bien tout le contraire lorsqu’ils commençaient leur enquête. Une scène de crime ou de crise portait ce nom justement parce qu’elle était difficile à vivre et à gérer pour les personnes qui y étaient présentes. Et eux, arrivaient là avec leurs gros sabots, ne prenait en considération aucune émotions. Ils ne voyaient que des suspects potentiels, plutôt que des être humains brisés. Si les journalistes pouvaient être comparés aux charognards, les policiers, eux, pouvaient être comparés à des bulldozers. Ils arrivaient sur place sans façons, sans douceur, pratiquement sans compréhension et espérait que tout s’effondre pour avoir les meilleures réponses. J’étais persuadé que si les forces de l’ordre prenaient plus en considération les émotions et la réalité des gens confrontés à des situations possiblement traumatisantes, ils auraient meilleure réputation. Bien sûr, ils avaient un travail à faire, on pouvait tous le comprendre, mais il y avait des manière de bien le faire dans pour autant accentuer la peine, la terreur et le ressentiment dans le cœur des personnes touchées, de près ou de loin par ce qui s’était produit.

J’étais entré dans mon bureau en me tenant encore l’épaule. La balle qui s’y était logée me faisait de plus en plus mal et le sang ne voulait pas arrêter de couler. Ma belle chemise blanche allait être bonne pour la poubelle. Aucun produit ou aucun truc de grand-mère, aussi efficace pourrait-il être, ne viendrait à bout d’une si grande quantité de sang imbibée dans ses fibres. En ce moment, je regrettais de n’avoir rien qui puisse me permettre de guérir plus vite. Mon tatouage me protégeait des intrusions psychiques et ma dague me protégeait lors de combats rapprochés, mais aucun de ces deux pouvoirs ne m’étaient utiles en cas de danger de mort, comme maintenant. Bon, d’accord, je ne pensais pas vraiment mourir de cette banale blessure à l’épaule, mais le manque de sang allait bien finir par paraitre dans mon système. Je ne savais pas combien de litres de sang je pourrais perdre de par ma blessure, ni après combien c’était dangereux pour un être humain… J’aurais peut-être dû plus écouter dans mes cours de biologie, mais bref, je me sentais tout de même un peu étourdi. C’était peut-être juste l’émotion aussi, mais je ne voulais prendre aucun risque. J’allais prendre rapidement mes cartes et retourner dans le hall afin de me faire examiner et soigner le plus rapidement possible. Les policiers avaient dits que les ambulanciers étaient en chemin.

Mais bon, disons que de me retrouver face à face avec Nicky, seulement couverte de mon veston dans mon bureau avait un peu changé mes plans… Il y avait un drôle de malaise entre nous depuis qu’on s’était croisés à une petite fête louche dans le quartier Grey. Ou du moins, c’était mon impression. Nichole m’avait vu dans une situation peu glorieuse, alors que je venais de me faire sauter dessus par un homme présent, elle avait lancé une remarque plutôt désagréable sur mon orientation sexuelle, alors qu’elle savait très clairement la vérité à mon sujet, puis était partie rapidement, si bien que je n’avais pas eu le temps de la rattraper. Depuis, nous faisions tous les deux comme si rien ne s’était passé. Moi, jouant surtout le jeu de Nichole, essayant de m’éviter plus de douleur. Elle, évitant tout malaise supplémentaire, je crois. Je ne savais pas trop où ça nous mènerait de procéder de la sorte, mais je la suivais là-dedans. J’aurais aimé revenir avec elle sur le sujet, mais je ne savais jamais comment y parvenir. Ce n’était certainement pas en grande conversation politique que j’allais pouvoir faire intrusion d’une soirée grivoise comme si de rien était…

J’avais donc refermé la porte derrière moi, pour être certain que personne ne passerait dans le coin et verrait un journaliste prometteur ensanglantée accompagnée d’une jeune femme blonde complètement nue sous un veston d’homme. J’avais avalé ma salive avec difficulté en regardant mon amie, puis m’étais avancé vers elle.


«-Hey, Anthony…Contente de te voir…
-Mais qu’est-ce que tu fous ici… comme ça…?»


J’avais désigné son habillement et son corps de l’index en levant le bras, sans penser au fait qu’il était blessé et j’avais donc fini ma phrase sur une grimace de douleur. J’avais aussi essayé de chuchoter pour ne pas que des éclats de voix ne parviennent trop rapidement et trop fort dans le couloir. Il ne fallait surtout pas que quelqu’un d’autre que le policier dans le hall soit au courant que j’étais ici, comme ça, nous allions avoir plus de temps pour arranger les choses au mieux…

«-Je…je peux tout t’expliquer…
-J’espère bien… en fait, je n’attends que ça!»


Je devais véritablement me concentrer pour ne pas trop regarder son corps, la courbe de ses seins dont je pouvais voir le commencement entre les pans du veston, son ventre, et tout le reste qui essayait bien de se cacher tant bien que mal derrière le peu de tissu que procurait mon veston à mon amie.

«-Tu crois en la magie?»

Pour ne pas trop regarder ce que je n’aurais pas vu si elle avait porté des vêtements normaux, je me concentrai sur ses yeux. Et c’est à ce moment que j’ai tout compris… La présence de Nichole, le tigre doré, l’intensité de ses yeux en me regardant, puis l’absence de Nichole et finalement elle, presque nue devant moi, avec ces mêmes yeux…

«-C’était toi le tigre?!»

J’avais presque hurlé, je mis donc une main devant ma bouche, comme si le fait de la couvrir allait ramener vers moi les décibels de trop qui en était sorti.

«-Je veux dire, oui, je crois en la magie… »

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Dim 5 Jan - 11:39

L’une des amies de Nicky s’était moquée d’elle quand la jeune femme avait manifesté sa déception en apprenant qu’un acteur qu’elle adorait était homosexuel. Elle l’avait même traitée d’homophobe! Pourtant, Nichole tolérait très bien les préférences et les goûts des autres, quels qu’ils soient, s’ils ne blessaient personne. Elle était d’avis que chaque personne avait sa place dans le monde et qu’il était intolérable de rejeter une personne en se basant sur sa différence, ayant elle-même été mise de côté, plus jeune, à cause de son physique disgracieux. À ses yeux, avec qui couchait une personne ne regardait pas le grand public, que ce soit un homme, une femme ou une personne n’ayant pas établi d’appartenance à un sexe en particulier. Seulement, elle avait été déçue de se voir retirer le droit de fantasmer sur le bel acteur puisque celui-ci n’était pas attiré par les femmes. Son amie s’était moquée d’elle en disant que, même attiré par les femmes, le célèbre acteur n’aurait pas pu débarquer dans sa chambre comme par magie. Les filles ordinaires n’aboutissaient presque jamais dans le lit des célébrités. Nicky avait préféré rire et dire qu’elle avait vraiment raison. Toutefois, elle continuait à penser qu’elle avait le droit indiscutable d’imaginer ce qu’elle voulait, que ce soit réaliste ou non, concernant ses célébrités favorites. Seulement, pour elle, se voir à la place du petit ami d’un bel acteur ne revêtait pas la même signification qu’à la place de sa fiancée. C’était peut-être stupide mais, pour elle, la barrière de l’orientation sexuelle s’élevait beaucoup plus haut que celle de la célébrité, dans ses fantasmes.

C’était donc cela qui avait de nouveau fâché Nicky, cette interdiction de rêver de rapprochements avec Anthony, même s’il avait toujours été trop beau pour elle. Avant, elle pouvait rougir de frôler son bras ou lorsqu’il lui faisait la bise. Désormais, alors qu’elle l’avait vu embrasser un homme, elle n’avait plus le droit de laisser son cœur battre plus fort parce qu’il était près d’elle.

Nichole se permettait de penser à d’autres hommes qu’Andrew, même s’il était celui qu’elle fréquentait, parce qu’elle savait que lui ne se privait pas pour en séduire d’autres qu’elle. La manière dont il la traitait ne la laissait pas douter sur le manque de sérieux du jeune homme. Il ne la considérait certainement que comme un divertissement. Elle s’efforçait de faire de même pour éviter de se faire du mal. Elle se disait d’ailleurs souvent que, si un homme plus digne de sa confiance faisait irruption dans sa vie, elle n’aurait aucun mal à couper les ponts avec Andrew. Toutefois, à chaque fois qu’elle se faisait cette réflexion, elle éprouvait une sorte de vertige inconfortable, comme si elle était en train de mentir.


-Mais qu’est-ce que tu fous ici… comme ça…?

La jeune femme remarqua l’expression de douleur d’Anthony.

-Tu es blessé! Pourquoi n’es-tu pas allé à l’hôpital?! C’est peut-être grave!

Elle s’était instinctivement avancée en parlant.

-J’espère bien… en fait, je n’attends que ça!

Anthony qui voulait toujours tout savoir sur tout… C’était à la fois attachant et drôlement énervant. Avec lui, pas moyen d’avoir la paix.

-C’était toi le tigre?!

Nichole arrondit les yeux. Naturellement, il avait tout compris. Anthony était tellement habitué à s’intéresser aux détails et à chercher les moindres petites informations qu’il en avait rapidement déduit la vérité à son sujet. Bon…ce n’était pas comme si elle avait été subtile, aujourd’hui.

-Ouais…

Elle força un sourire, mais son cœur battait très rapidement à cause de la panique. Elle savait bien qu’il ne fallait pas qu’elle partage son secret, mais avait-elle vraiment eu le choix? En fait, elle aurait pu mentir à Anthony plutôt que lui avouer quel avait été son rôle, quelques minutes plus tôt, mais il avait déjà deviné.

-Je veux dire, oui, je crois en la magie…

Nicky baissa les yeux quelques secondes, cherchant ce qui était le plus convenable à dire dans une telle situation. Elle convint qu’elle devait d’abord s’assurer de la confiance qu’elle pouvait avoir en son très joli ami.

-Tu ne comptes pas parler de moi dans ton prochain article, hein?

Elle tentait l’humour, mais son malaise était facilement perceptible. Anthony était son ami, mais elle ne le connaissait pas depuis de longues années et il était possible qu’elle l’ait mal perçu. Elle le savait assez intelligent pour comprendre le double-sens de sa question dont la vraie signification était la demande de son silence.

-Habituellement, je suis plus prudente mais, quand je t’ai vu en danger, j’ai paniqué et j’ai agi par instinct. Oh Anthony, j’espère que je ne t’ai pas fait peur et que tu ne me trouves pas effrayante et monstrueuse!

En parlant, elle avait avancé et commencé à gesticuler, mais elle s’était subitement tue en sentant une certaine fraicheur sur sa peau. Elle avait oublié de tenir le veston, lequel s’était ouvert. Nichole s’empressa de le refermer avec gêne. Au moins, par sa réaction, elle saurait finalement si Anthony était gay.

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Mar 7 Jan - 17:26

J’en avais de plus en plus marre que tout le monde me prenne pour un homosexuel. Sérieusement, je n’ai rien contre les homosexuels. Je suis content pour eux et elles tant qu’ils étaient heureux et tant mieux s’ils étaient de plus en plus acceptés dans la société, mais avec tout cet engouement autour de la réalité des gais, trans et lesbiennes, les gens essaient de se montrer tellement ouverts d’esprit et compréhensifs de cette problématique - qui ne devrait même pas en être une - qu’ils prennent pour acquis que tous les hommes un peu plus sensibles ou un peu mieux habillés étaient gais. Je n’aimais pas passer pour ce que je n’étais pas, c’est tout. Et je n’aimais pas passer dans la passoire de la bonne conscience des autres. En effet, tout le monde répétait bien à qui mieux mieux que les homosexuels étaient comme tout le monde et que l’amour triompherait, mais il y avait bien des hypocrites dans le lot. En effet, le combat pour les droits humains égaux entre les homosexuels et les hétérosexuels n’auraient même pas lieu si tout le monde était profondément transparent dans leurs propos. Sinon pourquoi y aurait-il encore tellement de discrimination et d’horreurs faites aux homosexuels, s’ils étaient tellement bien acceptés dans la société? Pourquoi certains États et certains autres pays refusaient-ils encore le mariage entre personnes de même sexe? Pourquoi l’homosexualité étaient-elle punie par la peine de mort dans certains endroits? Pourquoi certains établissements jetaient-ils dehors des clients de même sexe qui se tiennent la main oui qui s’embrassent doucement? Je veux dire, c’était bien beau de vouloir se prendre pour un autre et cela pouvait même passer dans certains contextes, mais quand cela impliquait la sécurité et la qualité de vie de d’autres humains, je trouvais qu’il fallait être honnête. De nos jours, les animaux sont mieux traités que les homosexuels et c’était grave! Sérieusement, on était pour ou on était contre, mais on ne devait pas faire semblant. De toute façon, dans notre réalité, je ne voyais vraiment pas ce qui pouvait déranger qui que ce soit. Les gens qui prétextaient que c’étaient un péché et que c’était contre ce qui était écrit dans la Bible – ou même tout autre dieu cité selon les besoins des plus puissants – étaient, selon moi, les pires. Ils avaient choisis volontairement d’ignorer certains autres passages religieux, comme celui qui parle qu’il ne fallait pas divorcer. Pourtant, si on suivait cette logique, les divorcés de la Terre entière devraient être condamnés et pointés du doigt, parce que ce qu’ils ont fait est contre-nature. Mais ces obnubilés oubliaient surtout le fait que Jésus aimait tout le monde inconditionnellement et exactement comme ils étaient. Sinon, pourquoi aurait-il ainsi accepté Marie-Madeleine et ensuite avoir dit que celui qui n’avait jamais péché lui lance la première pierre. Si Dieu avait vraiment voulu qu’on mette sur un bûcher les homosexuels, je crois qu’il n’aurait pas envoyé son fils se sacrifier pour les péchés du monde. Si on voulait vraiment citer la Bible et la prendre en exemple, il valait mieux la prendre dans sa totalité que d’en sortir seulement quelques extraits de leur contexte. Jésus a montré un exemple de vie pure, un exemple d'amour, un exemple de foi... Je n’étais pas moi-même un grand chrétien catholique croyant et pratiquant, mais il me semblait que c’était clair comme message!

«-Tu es blessé! Pourquoi n’es-tu pas allé à l’hôpital?! C’est peut-être grave!
-Ce n’est pas si grave! Les policiers voulaient me poser des questions avant. Et j’étais venu récupérer mes papiers, pour l’identification des témoins… »


Donc, le fait d’être mis dans une petite boîte, qui plus est la mauvaise boite, m’avait souvent brimé et ralenti dans mes actions envers les femmes qui m’intéressaient vraiment. J’avais tant de fois été blessé par une femme que j’essayais de me protéger du mieux que je le pouvais maintenant. Se faire rejeté était déjà difficile, mais se faire humilier parce que la femme en question croyait à un canular de ma part, parce que j’étais assurément gai et pas encore sorti du placard, c’était bien pire. Je ne faisais désormais rien de plus que ce qu’un ami ferait tant que je n’étais pas certain d’in intérêt mutuel.

« -Ouais… »

Ainsi, Nichole était réellement une animorphe. J’avais eu raison, une bonne intuition. C’était génial. J’étais content qu’elle n’ait pas essayé de me cacher la vérité. Ses confidences me faisaient le plus grand bien. Et elles devaient assurément être un secret. En regardant au fond des yeux de mon amie, je compris qu’elle paniquait à l’idée que son secret ne finisse en affaire nationale. Elle n’avait pourtant pas à s’inquiéter avec moi, je savais garder des secrets!

« -Cool! Est-ce que tu peux te transformer en d’autres animaux, ou juste en tigre?
-Tu ne comptes pas parler de moi dans ton prochain article, hein?
-Je ne fais jamais de première page en tout cas! Hahaha! Non, sérieusement, ne t’inquiètes pas, ton secret est en sécurité avec moi! »


Je lui fis un clin d’œil amical et jovial pour la rassurer. Elle n’avait que ma parole, c’était vrai, mais c’était censé suffire à la calmer un minimum.

« -Habituellement, je suis plus prudente mais, quand je t’ai vu en danger, j’ai paniqué et j’ai agi par instinct. Oh Anthony, j’espère que je ne t’ai pas fait peur et que tu ne me trouves pas effrayante et monstrueuse! »

En parlant, Nicky s’était rapprochée et avait commencé à gesticuler, assez pour que le veston s’ouvre et bouge et dévoile le corps nu qu’il tentait déjà péniblement de cacher. J’avais donc eu une vue plus qu’impressionnante sur le corps de la jeune femme. J’avais bien essayé de garder mon attention dans les yeux de Nichole, mais tant de peau avait fini par avoir raison de moi. Mes yeux avaient dévié des yeux verts pour se poser sur la peau blanche du ventre de Nichole. Je n’avais jamais porté attention aux formes de son corps, parce que je ne m’étais jamais donné la permission de le faire et parce que Nichole ne s’habillait pas avec des vêtements ultra-moulants. Je voyais donc pour la première fois son corps mince, beaucoup plus que ce que je croyais. Elle avait tout de même l’air relativement en santé et n’était pas repoussante. La courbe de ses hanches et le galbe de ses seins étaient intéressants à regarder, sans être très proéminents. Je ne me permis pas de regarder plus bas, mon visage étant déjà trop brûlant par la gêne. Je remontai mon regard tant bien que mal vers le visage de Nichole et tentai de faire comme si de rien était.

« -Non, tu… tu n’es pas monstrueuse du tout… »

Je sentais que j’étais aussi rouge que le sang sur ma chemise. J’avalai difficilement ma salive et ferma les yeux quelques secondes. Mon rythme cardiaque était imbécilement élevé. Les policiers allaient finir par faire une battue pour me retrouver.

« -Je crois que mon porte feuille est dans la poche intérieure de ton vêtement du moment. Peux-tu vérifier? »

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MessageSujet: Re: Scoop de l'heure [TERMINÉ] Dim 9 Fév - 17:44

-Ce n’est pas si grave! Les policiers voulaient me poser des questions avant. Et j’étais venu récupérer mes papiers, pour l’identification des témoins…

Nicky était tout de même inquiète. Elle tenait beaucoup à Anthony – suffisamment pour risquer sa vie en se transformant en tigre pour affronter un fou armé – et elle ne voulait pas qu’il lui arrive de mal.

-Fais attention, tout de même…

Les policiers montraient encore leur évident manque de délicatesse envers une victime. Nichole regardait souvent des reportages et elle était choquée quand elle voyait comment les officiers traitaient les victimes de crimes. Quand ils ne le prenaient pas pour coupables dès le début, ils en faisaient des témoins sans émotions dont le devoir était de répondre à des questions de tous les genres, sans aucune considération pour leurs émotions, et ce, même quand les personnes questionnées venaient de vivres des évènements traumatisants. Aujourd’hui, ils forçaient un blessé à leur parler avant d’aller se faire soigner. Nichole songea à se transformer en tigre à nouveau pour aller leur grignoter les mollets.

-Cool! Est-ce que tu peux te transformer en d’autres animaux, ou juste en tigre?

Nicky eut un petit sourire.

-Ma mère m’a appris à ne pas tout dévoiler la première fois…

La montée d’adrénaline que sa transformation et ses actions lui avaient donnée lui avait donné confiance. Voilà que Nichole tentait l’humour à double-sens…

-Je ne fais jamais de première page en tout cas! Hahaha! Non, sérieusement, ne t’inquiètes pas, ton secret est en sécurité avec moi!

Nicky hocha la tête. Elle faisait confiance à Anthony. Elle savait qu’il était une bonne personne. Il était toujours honnête et son intégrité n’était pas à douter.

-Non, tu… tu n’es pas monstrueuse du tout…

La jeune femme resta immobile un instant, les bras serrés sur le veston qu’elle venait de refermer prestement. Avait-elle réellement vu Anthony Redfield se permettre un regard plus que long sur son corps nu? La couleur du visage du jeune homme ne laissait aucun doute sur sa gêne. Donc, si voir le corps d’une femme le mettait dans cet état…IL ÉTAIT HÉTÉRO. C’était évident : un homme gay de son âge n’en aurait simplement rien eu à faire de voir sa poitrine ou…plus important. ANTHONY AIMAIT LES FEMMES. Nicky aurait sauté de joie si ce n’avait été de ce veston qui risquait de se soulever avec le mouvement.

-Contente de te l’entendre dire…

Elle avait parlé doucement, contenant son enthousiasme. Elle ne pouvait se sortir de la tête qu’Anthony n’avait pas simplement effleuré son corps du regard : il l’avait fixé assez longuement avant de poliment détourner le regard. Cela signifiait donc qu’il avait apprécié ce qu’il avait vu.

-Je crois que mon porte feuille est dans la poche intérieure de ton vêtement du moment. Peux-tu vérifier?

-Viens le prendre toi-même.


Nicky porta rapidement la main à sa bouche. Mais qu’est-ce qui lui prenait de dire ça?! Un joli garçon lui témoignait un peu d’intérêt et voilà qu’elle devenait une stupide fille facile. Elle s’empressa de prendre le porte-monnaie et de le donner à Anthony sans une seule parole d’excuse, la langue paralysée par les paroles que la jeune femme venait de laisser sortir. Nichole se força à bouger et alla ouvrir la fenêtre du bureau.

-Dépêche-toi, Anthony, si tu veux éviter que les policiers te fassent passer la nuit en prison pou refus de coopérer…

Elle se tourna vers lui et lui sourit, comme si son attitude pouvait effacer cette phrase stupide qu’elle avait dite.

-Je vais trouver comment partir sans attirer l’attention… Ça m’arrangerait, toutefois, si tu pouvais au moins prendre mon sac à mains dans le hall pour que ça évite d’attirer l’attention sur moi. Les vêtements, c’est moins important…

La jeune femme attendit qu’Anthony ait quitté le bureau pour retirer le veston et le déposer sur sa chaise. Puis, elle se transforma en corneille et quitta les lieux par la fenêtre. Une fois chez elle, elle s’assura que personne n’était dans les environs avant de redevenir une demoiselle toute nue qui cherchait la clé cachée sous le tapis de l’entrée de l’arrière de son appartement. Elle bénit d’ailleurs le ciel que Maddie soit dans sa chambre alors qu’elle traversait l’entièreté de l’appartement totalement dévêtue pour rejoindre sa propre chambre.

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Scoop de l'heure [TERMINÉ]

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