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Soirée Cabaret [TERMINÉ]

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avatarDerek Jackson


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MessageSujet: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Ven 8 Mar - 10:03

-Vous savez Monsieur Jackson, le Hell Inn monte en popularité, mais je crois que nous devrions penser à innover. Le casino fonctionne merveilleusement. Ce n'est pas les joueurs compulsifs qui manquent, mais l'hôtel aurait besoin d'un peu plus de clientèles. Je propose donc...

Derek a la main sur sa joue. La gauche.  Le coude sur la table et il regarde ses conseillés parler de son hôtel. Il trouve cette partie du travail tellement ennuyante. Le son fait un decrescendo dans sa tête jusqu'à ce qu'il n'entende plus rien et il partit dans ses pensées. Il captait quelques mots comme affiches, spot télé, message à la radio, publicité sur internet. Il trouvait ces idées tellement ordinaires... Il ne trouve pas cela inefficace, mais sans couleur, sans... sans grande recherche disons-le. Il est tellement ennuyé... Il passe son doigt sur sa lèvre inférieure et ses crocs sortent lentement. Il les caresse du bout de la langue en s'imaginant les faire pénétrer dans la chair de ses hommes sans teints. Il a faim. Il entend toujours la voix de son publiciste... il a une voix tellement monotone. Derek le boufferait juste pour l'empêcher d'ouvrir la bouche. Ses crocs lui font légèrement mal, ils l’appellent, lui demande de plonger dans un baisé doux et passionné sur une veine bien juteuse. Pomper le sang lentement, sentir la caresse des globules rouges lui chatouiller la luette, le pharynx, la gorge... Il commence à ressentir une soif plus intense. À la penser de mordre, il sent une émotion jaillir au niveau de son entre-jambe.

-Monsieur Jackson, es... est-ce... vous allez bien?

Derek relève la tête et regarde Joey qui le regarde avec cette expression d'inquiétude, bien mélanger avec un soupçon de peur. Ensuite, faite mûrir la crainte et l'incorporer à l'aide d'un fouet dans un grand bol avec l'inquiétude et la peur. Faire cuire quarante-cinq minutes à feu doux et servir sur un lit d'angoisse. Derek sourit de sa pensé culinaire. Il comprend par la suite que ses yeux sont devenus rouge à cause de la soif.

-Un bal.

-Pardon Monsieur.

-Nous allons faire un bal. Nous allons inviter le plus de gens possible au Hell Inn pour une soirée de rêve. Nous allons les invités à jouer, à manger, à boire et bien sûr, à dormir dans nos chambres. Pour plusieurs, ils voudront revenir et pour les autres, ils vont en parler. On s'assure de faire de cette soirée la plus celle soirée de leur vie et je suis persuadé que vos petites inquiétudes auront tôt fait d'être apaisé quand nous n'aurons plus aucune chambre de libre.

-Mais...

-Donc il suffit de trouver un organisateur et toute une équipe pour faire de cet endroit un paradis sur terre.

-Oui, mais...

-Je veux une soirée décadente, langoureuse... Je veux que se soit plein de charme, une soirée avec de la classe. Je veux que ce soit intime, tout en aillant beaucoup de monde. Je veux que ce soit chaud. Je veux que les gens se sente à l'aise.

-Oui, mais

-Mais quoi? Mais quoi? Quoi, quoi, quoi?

-Ça va couter très chère Monsieur Jackson.

-Et alors? Pour le succès que ça va nous rapporter par la suite, je ne vois pas pourquoi tu t'inquiètes Joey.

-J'ai peur que...

-Oui, je sais que tu as peur... vous avez toujours peur vous les conseillers, que ce soit de perdre de l'argent ou de prendre quelques risques. Nous ferons un bal grandiose.

Derek regarde Joey qui est pétrifié sur place. Il lui sourit gentiment pour le rassurer un peu.

-Quel genre de bal... Mo...Monsieur?

-Quoi?

-Quel genre de...

-Oui, bien sûr.

Derek réfléchi un instant. Il retourne, une fois de plus, dans ses pensées et repense à ses vieilles années. Les clubs, les salles de bal, les...

-Cabaret. Un bal masqué sous le thème du Cabaret décadent d'antan. Je veux une ambiance tamisée, sexy. On garde les couleurs de base et on en rajoute partout. Je veux du rouge sang partout. Sur des tissus, des tables, des lampes, des bougies, dans la nourriture, dans l'alcool, sur le sol, les murs, le plafond. Je veux de l'or sur les meubles, les chaises, les sofas, les coussins, les tableaux.

Joey prend des notes rapides et essaie de ne rien oublier. Derek le regarde faire et sourit. Malgré sa voix monotone et sa crainte envers son patron, Joey est un bon employé. Derek continue de cracher ses demandes. Il sourit.

-Mon...Monsieur, po...Pour les employés, il serait bien de pouvoir les remarquer tout de suite sans leur faire porter l'uniforme de base. Ils pourraient porter des vêtements tout de suite reconnaissable. Les femmes pourraient porter un uniforme de bonne sexy. J'ai... j... ma femme en a un et c'est très...

-Joey, petit pervers! C'est une excellente idée. Et pour les hommes?

-Une uniforme de majordome d'antan, mais on... on laisse le torse libre. Pour que... que les femmes puisses se gâter les yeux.

-Joey... ma foi tu as l'esprit détourné. J'adore.

-Me...merci Monsieur.

-Et tu veux bien te calmer, je n'ai pas l'intention de te vider de ton sang, j'ai besoin de toi.

Derek voit Joey se détendre.

-On fait comment pour les invitations Monsieur?

Derek prend le crayon des mains de Joey, lui arrache le carnet de note et s'active sur la feuille.

-Tiens... et tu les envoies dans les plus grandes entreprises et aux gens influents. Tu t'assureras aussi que le peuple puisse avoir accès à quelques invitations. Sur ce... la réunion est terminé.

Joey reprend le carnet et regarde la note…

Vous êtes cordialement invité à venir passer une soirée inoubliable à L'hôtel Hell Inn le 15 mars prochain. Le Hell Inn devient de plus en plus populaire et je vous invite personnellement à venir célébrer avec moi.

La soirée se fera sous forme de bal masqué avec pour thématique ; Le cabaret lubrique. Vous aurez l'honneur de goûter à de la haute restauration et de dormir dans une de nos chambres. L'alcool est compris dans l'offre. Le seul argent dont vous aurez besoin pour cette soirée sera pour jouer dans notre magnifique casino. Vous pourrez aussi danser au rythme de la musique langoureuse de Sylvia Romanov.

Tenue de soirée et masque obligatoire ainsi qu'un accessoire rouge. La couleur de votre tenue doit être dans les teintes chaudes.

Derek Jackson
Propriétaire

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Ven 8 Mar - 16:34

[Merci à M. Jackson pour cette belle idée ! ]

J’avais été enchantée par cette idée de bal masqué. J’adorais ma vie de presque souveraine de New York, mais il me fallait avouer que celle-ci manquait un peu de piquant. Je m’amusais bien lors des procès, à faire valoir la justice selon mon point de vue et à punir aux yeux de la loi ceux qui le méritaient. Seulement, une fois le soir venu, dans cette maison que je partageais avec un mari qui semblait mettre des efforts particuliers à rester tard au travail, je me sentais veule. Vide, parfois. Heureusement, depuis un certain temps, ce projet que je manigançais avec un certain M. Fowl m’habitait et comblait de bonheur cette partie de moi qui n’aspirait qu’à la puissance et la renommée.

Il s’agissait de la première grande soirée depuis le grand bal de Noël. Bien sûr, il y avait bien eu quelques autres fêtes et soirées mondaines, mais rien de notable où toutes les têtes importantes et célèbres étaient invitées. Ce soir, tout le monde serait là et, même cachés sous des masques, les invités les plus illustres trouveraient bien comment se faire reconnaître pour qu’on sache qu’ils étaient là.

Je ne m’étais pas présentée au bal de Noël. Mon époux et moi avions décidé de priver Loki de notre présence, car nous avions eu un désaccord assez violent avec lui, lors d’une réunion des dieux, et il nous avait traité de façon totalement désagréable et impolie, ce qui ne m’avait nullement surprise, en fait, car ce dieu n’avait pas la classe de ceux dont il disait faire partie. Il ternissait la condition de divinité. Il n’était pas à la hauteur, tout simplement. Il ne méritait pas le statut de dieu et encore moins celui de chef. D’ailleurs, je ne le considérais pas comme mon chef, mais bien comme une bestiole, énorme et puissante, mais tout de même une bestiole, nuisible et dégoûtante. Loki était la coquerelle des dieux, rien de plus !

J’avais choisi une robe un peu voyante, ce qui n’était pas dans mon style habituel. Toutefois, je m’étais dit qu’il y avait une nette différence entre une salle de cour et une soirée masquée. La lettre d’invitation stipulait qu’il fallait porter une tenue de teinte chaude et, à mes yeux, rien n’était plus brûlant que l’or. J’avais donc fait faire, totalement ajustée à mes mesures, une robe scintillante dorée avec une jolie traîne. Ma poitrine y était en valeur et j’espérais bien qu’elle volerait la vedette de celle des autres femmes qui tourneraient immanquablement autour de Zeus. J’avais choisi un masque doré, lui aussi, mais avec une touche de rouge, puisqu’il fallait porter un accessoire rouge. Mes lèvres étaient aussi de cette couleur. Mes cheveux tombaient en boucles parfaites sur mes épaules. J’avais choisi pour Zeus un complet noir avec une chemise blanche à fines rayures dorées. Il avait aussi de petits boutons de manchette dorés, eux aussi, sertis de minuscules rubis. Son masque, beaucoup plus simple que le mien, était également de la couleur de l’or.

J’étais tout de même un peu angoissée à l’idée de cette soirée tendant officiellement vers le désir sexuel. Je craignais de retrouver mon mari, plus tard dans la soirée, orné de décorations humaines toutes plus féminines et frivoles les unes que les autres. Zeus avait bien vu mon malaise – voire ma frustration – lorsqu’il avait fait des sous-entendus sur l’intérêt réel d’une telle soirée, et il m’avait par la suite assuré que ce qu’il avait dit n’était que de l’humour et que je serais la seule femme attirante, à ses yeux. Je savais qu’il mentait, je savais qu’il ne s’en rendait même pas compte, je savais qu’une fois à la soirée la moindre pimbêche qu’il rencontrerait pour la première fois mériterait son attention soutenue et l’éveil de ses sens. Pourtant, lorsque je l’avais entendu me dire à quel point j’étais magnifique, juste avant de quitter la maison, je n’avais pu m’empêcher de sourire, l’embrasser et chérir cette douce chaleur dans ma poitrine et dans mon ventre.

Une fois sur place, c’est main dans la main que nous nous sommes mélangés à la foule, dans l’espoir évident d’être remarqués. Nous avions tous les deux convenus d’éviter de nous confier à la presse concernant notre présence à cette soirée alors que nous avions manqué le bal de la mairie, mais nous nous réjouissions à l’idée que personne ne pourrait ignorer l’insulte que nous prolongions envers Loki, ou plutôt Logan Laufey, ce soir-là.



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Sometimes falling teaches us things too. In dreams you often fall before you wake.
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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Jeu 14 Mar - 12:59

[Merci pour la belle occasion de festoyer Derek! Et, concernant le carton d’invitation lui-même, tu ne l’as pas spécifié dans ton RP, mais je me suis fié à ce qu’on avait déjà discuté ensemble… j’espère que ça te va! Sinon, t’auras qu’à me laisser un MP et je modifierai! Very Happy]

Kyle n’était jamais à l’aise dans les rencontres mondaines. C’était d’ailleurs une des raisons qui l’avait retenu bien au chaud de son petit appartement lors de l’évènement de Noël organisé par la mairie. Il n’avait pas l’habitude de la haute-société et des faux-semblants. Il préférait le petit peuple, car même si l’hypocrisie régnait également dans ses rangs, au moins les gens ordinaires, eux, n’avaient pas de pouvoir dans leur poche. Kyle avait bien assisté à une ou deux réunions officielles de travail, avec les hauts-placés de la ville, pour dire à quel point le rédacteur en chef du New-York Times était parfait et merveilleux. Ces soirées étaient généralement organisées par le rédacteur lui-même, avec l’aide de quelques cadres de la ville pour favoriser la visibilité de ladite soirée. L’ampleur de ces soirées se limitait généralement à quelques dizaines de personnes bien vue de la société et que tout le monde connaissait et des employés du journal. Kyle se devait donc d’y être présent pour entrer dans le moule de la boite pour laquelle il travaillait. Et cela le rendait malade. Habitué à être caché derrière son objectif d’appareil photo, il n’aimait pas être obligé de devoir se montrer, et sur son trente et un en plus! Il aurait volontiers laissé sa place à quelqu’un d’autre lors de ces moments. Quand il avait vu l’invitation sur son bureau, il avait eu un frisson de dégoût et une envie de vomir incontrôlable. Le carton rouge sang tremblait dans ses mains pendait qu’il lisait avec difficulté les lettres dorées qui l’invitait à une autre de ces soirées horribles.

Heureusement, ce soir était un peu différent. Non seulement ce n’était pas pour louer un des blancs bonnets de la ville de New-York, mais en plus c’était dans un endroit ludique, sous un thème lubrique. Une soirée cabaret, où tout le monde serait masqué. Kyle pourrait donc se cacher derrière un masque, qui lui ferait office d’appareil photo pour l’occasion, tout en appréciant une bonne soirée. Son supérieur ne lui ayant pas demandé de couvrir cette soirée pour un reportage photo, Kyle se réjouissait presque de s’y rendre. Il serait totalement libre de ces allées et venues, de ces faits et gestes. Il n’aurait pas à se mettre de pression par rapport à un nombre de clichés à prendre, ni sur leur qualité obligée. Kyle aurait aimé savoir si son collègue préféré, Anthony Redfield, était de corvée de reportage ce soir-là et ainsi savoir s’il s’y rendait, mais Anthony avait été plutôt occupé par ses nombreux projets en même temps et secoué ces dernières semaines, par un incident dont on avait vaguement entendu parler, même dans le New-York Times…

Kyle, ne voulant pas être seul à la soirée, ne connaissant pas beaucoup de gens personnellement et ne voulant pas sembler complètement désespéré, n’avait invité personne officiellement. Il avait bien sûr glissé un petit mot à son meilleur ami, Cameron Evans, lorsqu’ils s’était vus il y avait quelques jours. Cameron semblait se remettre de plus en plus de sa rupture avec Chloe. Cette dernière l’avait blessé et perturbé à grande échelle et Kyle ne se doutait pas que leur rupture leur ferait si mal. Heureusement, c’était presque de l’histoire ancienne. Les yeux de Cameron pétillaient à nouveau, et ce, de plus en plus souvent. Kyle s’en réjouissait. Il retrouvait peu à peu SON Cami… Ce soir-là, donc, Kyle avait même laissé le carton d’invitation, en évidence au beau milieu de la table de cuisine de son ami. Kyle y avait jeté un dernier coup d’œil avant de partir de chez Cameron et était plutôt satisfait du résultat. Une grosse tache rouge, visible et insolente sur le bois sombre de la table de Cameron, c’était parfait. C’était certain que Cameron le lirait à son tour et Kyle espérait qu’il comprendrait que ce n’était pas un simple oubli de sa part… Kyle avait ensuite envoyé deux ou trois texto à Cameron précisant l’heure, l’entrée et son propre habillement pour la soirée, espérant que Cameron s’y présenterait à son tour. C’était seulement une soirée entre amis, sans aucune arrière pensée, évidemment, mais le jeune Harrisson était tout de même fébrile en attendant son presque invité.

Kyle était sur le trottoir, au bas des marches, à gauche, près de l’entrée principale du casino et il scrutait la foule. Il tripotait nerveusement ses boutons de manchettes pour passer le temps. De nombreuses personnes se pressaient de plus en plus à l’évènement et la foule devenait de plus en plus dense. Kyle croyait avoir repéré Cameron déjà plusieurs fois, mais c’était finalement toujours de fausses joies. Avec tous ces masques, c’était plus difficile de reconnaître quelqu’un. Derrière un masque complètement rouge, les yeux de Kyle perçaient l’obscurité de la rue et tentaient de repérer du mieux qu’ils le pouvaient le visage connu que Kyle espérait tant...

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Jeu 14 Mar - 14:29

Cameron Evans détestait ses yeux. Ils étaient rouges, comme le sang, comme la violence, comme la honte. Ils n'étaient même pas assez foncés pour passer pour marrons avec une teinte rougeâtre. Quand il les fixait, dans les miroir, il ne voyait que l'horreur qu'ils avaient soulevé chez sa mère et que, il en était convaincu, ils créeraient encore si une autre personne qui l'aimait comprenait qu'ils étaient de cette couleur. La couleur du mal. Aussi, en toute occasion où Cameron prévoyait voir quelqu'un, et même si la probabilité d'un contact social était mince, il habillait son regard de lentilles bleues, d'une teinte discrète, tendant vers le gris, que personne ne remarquerait particulièrement. Ni spécialement foncés, ni d'une pâleur hypnotisante, ses iris n'attiraient pas l'attention.

Leyla avait les mêmes yeux que son frère jumeau, mais elle les affichait avec fierté, ce que Cameron n'avait jamais compris. La jeune femme était l'une des très rares personnes à savoir que les yeux du vampire n'étaient pas de ce tranquille gris-bleu qui faisait le bonheur de tout le monde. Kate était probablement au courant, mais ils n'en avaient jamais parlé, et Cameron préférait se faire croire que sa cousine n'avait pas remarqué son obsession pour la couleur de ses yeux. Il avait eu un ami, à une époque, une espèce de tête brûlée que rien ne dérangeait, qui avait vu le rouge de ses iris, et qui avait agi comme s'il n'y avait rien de grave à cela. C'était probablement à partir de ce moment-là que Cameron avait commencé à s'éloigner de lui, seulement quelques semaines avant son départ précipité de San Francisco.

Cameron avait toujours été fasciné par les masques. À la fois effrayé et attiré par eux, il avait compris depuis longtemps leur pouvoir. Oscar Wilde avait dit qu'un homme n'était jamais lui-même quand il était lui-même, qu'il fallait lui donner un masque pour qu'il s'exprime librement, et le jeune vampire y voyait là une vérité indéniable. Le masque annihilait la censure, permettait à toute personne de dire ce qu'elle pensait sans crainte d'être jugée ou d'avoir à subir les conséquences de ses paroles. Il en allait de même pour les actions. Avec un masque, on ne devait qu'un corps et une voix. Sans visage, sans identité, on pouvait faire ce dont on avait envie, être qui on avait envie d'être, disparaître pour laisser la place au masque lui-même, à ce qui était caché, terré dans un coin de l'âme, comme un instinct refoulé qui, enfin, remontait vers la liberté.

Le regard fixé sur une paire d'iris rouge vif, le vampire mit son masque en prenant bien garde d'éviter d'abîmer sa coiffure. Le masque était, en grande partie, blanc, tout comme le costume de Cameron. Pantalon et veston blancs sur chemise tout aussi décolorée. Un noeud-papillon du même rouge que les détails de son masque venait ajouter la touche de couleur dont sa tenue avait besoin. Cameron avait décidé d'aller à cette soirée bien avant que Kyle lui fasse comprendre qu'il avait bien envie de l'y voir. Le jeune homme avait trouvé, dans le courrier de Venus Industries, plusieurs cartons d'invitations et il n'avait pas du tout hésité à en dérober un pour lui-même. Seulement, il n'en avait rien dit à Kyle et il avait fait semblant de rien devant ses multiples tentatives pour lui donner envie de venir à la soirée sans l'inviter directement. Et, maintenant qu'il était prêt, il ne lui restait qu'un minime détail à régler avant de se rendre au Hell Inn. Cameron prit son téléphone, sélectionna son contact préféré, Kyle Harrisson, et lui envoya un message:

Tu as oublié ton carton d'invitation sur ma table. J'espère que tu n'en auras pas besoin pour entrer. Haha. Passe tout de même une belle soirée!
PS: Je me suis loué un film de vampires. Je te dirai si c'était bien.

Puis, avec un petit sourire, le vampire vêtu de blanc et rouge envoya son message. Il trouvait beaucoup plus drôle de surprendre Kyle sur place alors qu'il allait croire qu'il ne venait pas. De plus, de cette manière, il pourrait mieux évaluer combien de temps l'autre homme mettrait à le reconnaître.

Après avoir vérifié qu'il avait bien sa lettre d'invitation, Cameron prit un taxi pour se rendre au Hell Inn, même si l'endroit en question n'était pas si loin de chez lui, car il se voyait tout de même assez mal se promener tout habillé de blanc avec un masque dans les rues de New York.

Une fois sur place, le vampire nota l'abondance de personnes invitées ainsi que leurs masques et tenues, certaines frivoles et d'autres plus classiques. Il ne lui fallut que quelques secondes, grâce à ses pouvoirs de vampire, pour repérer Kyle et l'envie de se diriger directement vers lui le traversa avec force, mais il la contrôla et contourna son ami pour sortir de son champ de vision. Il décida de l'observer un peu avant d'aller lui parler. Après tout, Cameron n'était-il pas supposé être resté chez lui, ce soir-là? L'homme au masque blanc et rouge sourit à cette idée, et son expression, même à demi cachée par le masque, n'eut pas besoin de crocs pour avoir quelque chose d'étrangement effrayant.


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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Jeu 14 Mar - 17:09

Quand Miko était arrivé, elle s’était étonnée de voir si peu de gens. *Eh merde!* Elle croyait sincèrement que cette petite soirée puisse être un succès. C’était exactement ce dont les gens avaient besoin, surtout à ce temps-ci de l’année. Le printemps avait beau être la fête de la renaissance et du renouveau, il n’en reste pas moins que c’est plutôt mort à ce temps de l’année. Entre les festivités de la nouvelle année et le début de l’été, c’était plutôt glauque comme ambiance. Les gens s’enfermaient chez eux, emmitouflés dans une couverture, à regarder des téléromans et des reprises de films qu’ils avaient déjà vu cent fois, mais c’était déjà moins pire que d’affronter le vide et la froideur de la ville. Évidemment, New-York n’était tout de même pas le Canada ou la Russie, les froids n’y étaient donc pas polaire et on ne croyait pas d’attraper la mort à chaque coin de rue, mais il n’en restait pas moins que les fluctuations de température étaient présentes. La neige se pointaient généralement quelques petites fois entre décembre et février, mais n’ensevelissait pas les gens derrières des mètres de froideur pure. Certains disaient que c’était à cause du dôme sur la ville, qu’avant ce genre de choses n’arrivaient pas. D’autres disaient que cela venait de la froideur des âmes, que puisque les gens étaient de plus en plus mornes et méchants, cela refroidissaient leurs corps et leurs cœurs se durcissaient, ce qui expliquait également le froid sur la ville. Miko aimait bien cette dernière explication, elle la faisait sourire. En tant que louve, elle n’avait jamais froid. Sa température corporelle s’autorégulait à la perfection, laissant son corps à un niveau de chaleur idéal. Miko dégageait d’ailleurs toujours une douce tiédeur, sans être trop intense.

En fait, Miko avait été dans les premières invitées à arriver. Et cela l’avait beaucoup saoulé. Elle détestait arriver en premier, parce qu’elle détestait devoir attendre que la fête commence. De plus, voir les gens arriver, en bande ou en couple le plus souvent, la faisait se rappeler qu’elle était toute seule. Évidemment, c’était un peu un choix, mais il n’en restait pas moins que ce n’était pas agréable de se souvenir à chaque minute qu’on était désormais seule au monde. Son grand-père, Blanca, avait dû partir pour aller aider une meute à l’étranger. Il était parti en coup de vent, sans vraiment lui expliquer. Seulement un petit mot sur le coin de la table, lui disant qu’il l’aimait et d’être prudente. Elle avait le nom de la meute et toutes les coordonnées, si jamais elle avait envie d’aller le rejoindre, mais elle avait préféré faire sa snob, comme lui et vivre un peu sa vie comme elle l’entendait. Cela lui faisait tout de même étrange de n’avoir personne sur le dos en permanence. Blanca était presque attachant à force d’être protecteur. Il était vraiment comme un père pour elle et elle l’aimait profondément. Après tout, il lui avait sauvé la vie… *Eh merde!* En repensant à Blanca, elle avait versé une larme et craignait que tout son maquillage ne soit ruiné. Elle se rendit vite aux toilettes pour voir les dégâts et répara les pots cassés. Ce n’était pas grand-chose, seulement une coulisse noire sur toute sa joue gauche. Elle l’essuya, la lava et remaquilla son œil, puis elle retourna à la petite fête.

Elle fut contente de voir que les gens commençaient enfin réellement à arriver. En quelques minutes à peine, la salle était bondée, sans être trop pleine. Miko était contente d’avoir réussi à mettre la main sur un des cartons d’invitation qui étaient arrivés à l’Hôtel de la Pyramide. Étant réceptionniste là-bas, elle avait pu ouvrir le courrier et sauter sur un de ces cartons, avant d’aller déposer les autres dans le casier de son employeur. Elle s’était ensuite fait une joie de se rendre à un cabaret masqué. Elle avait elle-même fait sa robe et son masque. À partir d’un corsage laissé en héritage par sa mère, elle l’avait modifié pour le rendre plus sexy et avait été s’acheter des tissus pour coudre le tutu et la traîne. Le masque était en fer forgé, héritage qui lui venait d’un de ses amis de sa meute. Elle était contente du résultat, et encore plus de voir à quel point elle semblait être à sa place. Tout autour d’elle s’harmonisait parfaitement à son ensemble. Le Hell Inn était merveilleusement décoré pour l’occasion. Avec goût et opulence, les draperies, la soie, la dorure et surtout le rouge se mariaient à merveille. L’endroit semblait être un château de la Renaissance, digne des plus grands rois et des plus sanglants aussi. La pièce principale rappela même un peu à Miko le manoir du conte Dracula et elle en eut un frisson dans le dos. *Eh merde!* Elle regarda autour d’elle, mais ne reconnut personne. Évidemment, chacun avait un masque, mais son nez ne la trompait jamais. Personne qu’elle connaissait n’était ici. Elle s’amuserait donc avec de complets étrangers ce soir. La voix de Blanca lui revint en mémoire pour lui dire de ne pas se jeter dans la gueule du loup, elle eut un petit sourire et lui répondit mentalement qu’elle était elle-même le loup alors elle n’avait rien à craindre de personne.

Pour se calmer, elle se dirigea vers le bar et commanda une vodka canneberge, question d’être dans le thème encore une fois!


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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Jeu 14 Mar - 17:26

Drake Varner était sexy, et c’était certainement ce qu’il préférait, du moins officiellement, à son sujet. Il jouait de son charme en toute situation sociale et il aimait se vanter des ses conquêtes qui, la plupart du temps, ne demandaient pas mieux qu’un peu de bonne publicité. Si Drake avait une quelconque profondeur, celle-ci était écrasée sous des couches et des couches de superficialité et de confiance en soi débordantes. C’était de cette manière qu’il se sentait le plus à l’aise.

Drake aimait être visible. En fait, il adorait être extrêmement voyant. Lorsqu’il avait appris pour la soirée cabaret, il s’était vite trouvé un carton d’invitation et il avait commencé à travailler sur une idée de tenue pour faire tourner les têtes. Il avait eu toutes sortes d’idées pour attirer l’attention et plusieurs avaient retenu son attention, tellement qu’il avait souhaité pouvoir se cloner pour rivaliser d’audace avec lui-même. Il avait d’abord pensé venir vêtu de rouge des pieds à la tête, mais il trouvait l’idée redondante : il avait fait quelque chose de similaire, mais en bleu, pour le grand bal de Noël. Puis, il s’était dit qu’il ne porterait qu’un caleçon rouge et un masque assorti, mais il avait finalement renoncé, car se promener pieds nus ne l’intéressait pas, et il était hors de question qu’il porte des souliers et un caleçon : cela n’avait pas de sens pour lui! Ensuite, quelques variations sur ce thème lui étaient venues : seulement le pantalon (ce qui réglait le problème des souliers), porter tout de même des caleçons mais avec des souliers (quitte à avoir l’air con), un caleçon avec des bretelles rouges… L’idée d’être quasi-monochrome l’allumait aussi : en doré, en rouge, en orange, en jaune… Se transformer en arc-en-ciel partiel avait quelque chose d’amusant et fou. Cependant, cela ne faisait pas assez cabaret sexy à son goût.

Puis, après des dizaines et des dizaines d’idées plus colorées et étranges les unes que les autres, le choix de Drake s’était arrêté sur ce qu’il considérait comme du génie : un pantalon doré à paillettes, une chemise blanche et un masque très simple mais tout aussi doré que le pantalon. Pour le rouge exigé, il avait intégré quelques paillettes de cette couleur sur l’extrémité droite du masque et il portait des bretelles du même rouge…et à paillettes. Le sorcier avait nonchalamment laissé plus de boutons de sa chemise que nécessaire détachés. Vraiment, il se trouvait magnifique, parfait, incroyablement sexy et, bien sûr, très voyant. Il était certain que personne à ce cabaret ne pourrait le manquer. De plus, avec ce style, tous ceux qui l’avaient déjà rencontré dans une fête de ce genre sauraient de qui il s’agissait, et Drake adorait sa popularité.

L’invitation était arrivée, avec plusieurs autres, à l’hôtel de ville. Le maire et les personnes avec des postes importants avaient eu les leurs, lesquelles leur étaient personnellement adressées. Le personnes qui étaient plutôt anonymes dans cette grande ville avaient dû se débrouiller pour en obtenir par leurs propres moyens, généralement en étant dans les premières à fouiller le courrier de l’entreprise pour laquelle elles travaillaient. Habituellement, pour une soirée aussi prisée, Drake aurait dû agir de cette manière; attendre fébrilement le facteur et lui sauter dessus pour lui prendre une invitation avant que les pauvres dames aux vies ternes qui avaient pour tâche de distribuer le courrier à l’intérieur de la mairie ne mettent la main dessus. Heureusement pour lui et ces chères femmes, Drake connaissait le propriétaire du Hell Inn et il s’était arrangé pour avoir sa propre invitation.

Une fois sur place, Drake fut impressionné par l’ambiance créée par la musique et par les décorations choisies par le propriétaire et organisateur. Comme toute bonne soirée ne pouvait pas se faire, à ses yeux, sans au moins un peu d’alcool, le jeune homme se rendit au bar et commanda un breuvage en inspectant tout autour de lui. Il y avait vraiment des gens qui lui paraissaient sexy, mais rien ne le lui garantissait, car un masque pouvait très bien dissimuler un visage repoussant. Boff. Il y avait toujours moyen de s’amuser en gardant un masque, de toute manière…

Une jeune femme avec une poitrine qui lui semblait assez proche de la perfection vint se commander à boire et Drake ne put s’empêcher d’admirer son décolleté quelques secondes et de sourire. Elle avait vraiment une tenue intéressante – même en oubliant que sa poitrine y était mise en valeur – et son masque était très joli. Et elle avait une de ces bouches...


- Jolie tenue.

Il lui avait sorti son sourire le plus séducteur, et celui-ci brillait presque autant que ses vêtements.

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Mar 16 Avr - 18:09

Être fabuleusement génial n’était pas de tout repos. Le maire de New York devait faire des efforts constants pour être parfaitement irréprochable. Si ce n’avait été de ce royaume qui était, chaque jour, un peu plus le sien, Loki en aurait vite eu marre d’en faire autant, perpétuellement, lui qui n’en avait toujours fait qu’à sa tête. Être droit et valeureux ne lui venait pas naturellement et il lui fallait réfléchir avant chaque action et chaque parole, car l’audace qui l’habitait et ce caractère de feu qui était le sien pouvaient grandement lui nuire dans ses desseins de devenir maître du monde.

Kate Smith avait été un problème qu’il avait écarté avec plus de facilité qu’il ne l’aurait d’abord pensé. Il s’était débarrassé d’elle avec une lâcheté surprenante, même venant de lui, le soir du bal de Noël. Elle n’était jamais revenue, contrairement à ses attentes. Malgré lui, Loki avait attendu la belle blonde avec un certain espoir, même si s’éloigner d’elle était la solution la plus profitable à la fois pour lui-même et pour New York. Il ne devait pas laisser une passion le détourner de ses buts. Trop de fois, dans sa longue vie de dieu, il avait perdu le cap à cause d’une femme, d’une colère ou de toute autre lubie qui lui avait voilé les yeux, le repoussant toujours parmi les faibles, parmi ceux qui n’avaient aucune reconnaissance. Son heure était enfin arrivée et il le savait. Il tenait sa meilleure chance de sortir définitivement de l’ombre dans laquelle il avait toujours vécu et il ne pouvait tout simplement pas la laisser lui glisser entre les doigts. Perdre Kate était nécessaire. Elle lui faisait trop perdre la tête. De toute manière, pour que les divinités de toutes races soient derrière lui, il devait s’unir avec la plus puissante. Et, heureusement, la plus belle.

Logan Laufey avait monté une sorte d’alliance économique avec Derek Jackson, un vampire qui n’avait pas peur de tremper dans les affaires louches, à son avis. Ce soir-là, le vampire avait organisé une soirée spéciale à son casino, lequel avait justement été clandestinement financé par la mairie. Comme toutes les personnalités importantes de la ville, M. Laufey et sa future épouse avaient reçu leurs invitations et, bien que Gabrielle ne semblait pas particulièrement enthousiaste –elle qui aimait tant les soirées où elle pouvait épater la galerie! – le couple avait fait partie des premiers arrivés. Même avec leurs masques, les deux dieux avaient été faciles à reconnaître : Logan, par sa stature et sa voix, et Gabrielle par son attitude, sa chevelure d’or et sa robe rouge et sexy. Cependant, voyant bien sa fiancée fatiguée, le maire avait choisi de quitter la soirée rapidement, une fois certain que sa présence à l’évènement avait été remarquée par plusieurs personnes, et il avait déposé la demoiselle à son appartement…avant de repartir pour la soirée.

Une fois de nouveau sur les lieux, s’étant débarrassé de son veston et ayant magiquement modifié son apparence, Loki balaya la salle des yeux. Partout, des corps sans visage, des âmes sans identité. Il lui fallut bien quelques minutes pour repérer Kate dans cette foule colorée. Peut-être aurait-il dû rester chez lui et éviter de mettre son plan en danger, mais une partie de lui, celle qu’il faisait taire du matin au soir, l’avait poussé à agir sans réfléchir, comme à cette époque peu glorieuse où il pouvait faire ce qu’il souhaitait sans jamais rien risquer de plus qu’une vie sans valeur. Ce fut cette même partie de lui qui le transporta près de la belle, caché derrière son masque, mais aussi derrière une apparence qui attirait moins l’attention que celle du maire de New York. Sans le veston rouge qu’il avait porté plus tôt dans la soirée, il était aussi plus facile pour lui de disparaître aux yeux de la foule. De son corps, il avait gardé la carrure importante ainsi que la base de son visage, mais il s’était fait un peu moins grand et il avait légèrement modifié ses traits. Ses yeux étaient restés les mêmes.


- Excusez-moi, mademoiselle, mais je n’ai pas pu m’empêcher de vous remarquer. Me feriez-vous l’honneur de danser avec moi?

Loki fit de son mieux pour modifier sa voix mais, ne possédant pas de pouvoir magique lui permettant de le faire, il ne pouvait que se fier sur la malléabilité de ses cordes vocales. Il espéra que ce serait suffisant pour que Kate n’ait pas de doutes à son sujet.

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Sam 27 Avr - 16:37

Miko aimait sentir la brûlure de l’alcool descendre le long de sa gorge et s’arrêter dans son estomac quelques secondes. Elle aimait aussi faire de la moto et sentir le vent dans ses cheveux, courir jusqu’à en avoir mal aux poumons, boire une barbotine trop vite l’été et en avoir mal au front, trop manger et sentir son ventre gonflé, rire en avoir mal au ventre, avoir tellement envie d’uriner que ça en fait mal au ventre, se jeter dans le vide, trop boire et avoir mal au cœur le lendemain, avoir froid parce qu’on s’est fait prendre par la pluie en rentrant, pleurer à en avoir mal à la tête, manquer une marche et faire une mini-crise cardiaque, s’asseoir trop longtemps sur sa jambe et avoir le pied engourdi, se cogner le petit orteil sur le coin d’un meuble, s’écraser le nerf du coude et en avoir mal jusqu’au bout des doigts, être crispé par la peur et en avoir mal partout, rester réveillé tellement tard à en avoir un gout de sang dans la bouche, sauter sur son lit, se brûler en changeant une ampoule trop chaude… Et Miko aimait toutes ces sensations, parce qu’elles la faisaient se sentir en vie.

Tout le monde le sait, la vie est fragile. Tout ne tient qu’à un fil. Le meilleur athlète du monde peut soudainement développer un cancer, le meilleur conducteur automobile peut perdre le contrôle n’importe quand, la personne la plus patiente pour perdre les pédales, le cuisinier le plus vertueux peut se couper ou de brûler en tout temps… Tout va si vite et tout est imprévisible. On ne sait jamais ce qui nous attend dans le détour. Ça peut être positif, comme ça peut carrément briser des vies. Mais, quand on frôle la mort et qu’on finit par recommencer à vivre, on a encore plus conscience de ça. On respire plus profondément, on avance avec plus d'assurance et on apprécie encore plus tous les petits moments. La moindre sensation, nouvelle ou pas, agréable ou pas, longue ou courte, tout est accueilli et apprécié à son maximum. Et c'était comment la jeune Snøhvit vivait désormais. Miko s’est fait sauvée d'une maladie mortelle et depuis ce temps, elle respire, mange et vit la vie. Surtout qu'elle allait devoir l'apprécier pour l'éternité, vu son statut de louve, alors autant en profiter.

Les soirées comme celles-ci étaient donc simplement des raisons de plus de se sentir vivante, pour la jeune louve. Sentir les regards des autres sur elle, leurs odeurs, leurs corps tout près, cela lui faisait un bien fou. Elle n’avait pas besoin de se ramener un homme à tout prix dans son lit, juste de savoir qu’elle était regardée lui suffisait. Elle avait simplement besoin de savoir que sa personne pouvait susciter le désir et la contemplation pour être heureuse. Ça lui donnait une confiance et un sentiment d’être en vie immense. Alors, quand, après quelques gorgées à peine de sa vodka-canneberge, un jeune homme lui adressa la parole, elle fut rapidement aux anges.


- Jolie tenue.

Elle l’observa quelques secondes avant de lui répondre. Le toisant de haut en bas et essayant de percer le secret de son regard et celui de son sourire. En voyant le look de son interlocuteur, elle eut un petit sourire en coin. Il faut dire que c’était plutôt audacieux. De nos jours, plus personne ne portait de paillettes, encore moins des dorées. Mais, étrangement, elles allaient bien au nouveau venu. Miko ne réussissait pas à voir tous les traits du visage du jeune homme, mais ce qu’elle voyait lui plaisait. Le sourire la fit fondre et les yeux lui causèrent un petit étourdissement. Il y avait quelque chose de mystérieux et de magnétique chez ce jeune homme. Elle entendit la voix de Blanca dans son crâne qui lui disait de se méfier, qu’elle devrait être prudente, qu’elle allait trop vite, que c’était dangereux. Elle l’envoya rapidement mentalement promener et ferma la boutique pour les sermons imaginaires. L’odeur de son interlocuteur doré lui disait vaguement quelque chose, mais elle ne pouvait pas dire quoi. Elle l’avait surement déjà croisé quelque part, mais ne se rappelait pas où, après tout, New-York était grand.

-Merci! La tienne est pas mal aussi…

Elle lui fit un clin d’œil, puis agrippa la paille dans son verre avec ses lèvres, de manière assez suggestive. Elle prit une gorgée, puis détourna le regard sur le côté. Après quelques autres petites gorgées, elle déposa finalement son verre sur le comptoir et reporta son attention vers le jeune homme. Elle s’approcha légèrement et lui tendit la main.

-Je m’appelle Miko… et toi?

Elle se dit que ce jeune homme était probablement la meilleure raison de se sentir en vie, ce soir…

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Dernière édition par Miko Snøhvit le Mer 17 Juil - 16:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Sam 27 Avr - 16:39

Même si ce n’était que son ami qu’il attendait, Kyle se sentait un peu dans une mauvaise comédie romantique pour adolescents. Le genre de film où le gars et ka fille font semblant de ne pas se plaire, de ne pas se remarquer et de ne rien ressentir, jusqu’au jour où l’un des deux, dans un élan de romantisme et plus généralement dans une peur de perdre sa si tendre moitié, fini par donner un ultimatum à cette dernière. Lui demandant de se rentre au bal des finissants, à telle place, à tel endroit et à telle heure, en spécifiant que s’il ne venait pas, cela voulait donc dire que leur relation ne valait rien dire et qu’ils ne se parleraient plus jamais. Ouais bon d’accord, sans la partie où ils ne se parleraient plus jamais, Kyle se sentait comme cet amoureux éperdu qui attendait en vain l’amour de sa vie du moment. Son cœur battait la chamade et il occupait ses mains avec ses boutons pour ne pas que celles-ci se mettent à trembler. Quand son cellulaire sonna et vibra, contre son torse, le jeune Harrisson sursauta. Il sortit alors le téléphone et regarda son nouveau message texte :

«Tu as oublié ton carton d'invitation sur ma table. J'espère que tu n'en auras pas besoin pour entrer. Haha. Passe tout de même une belle soirée! PS: Je me suis loué un film de vampires. Je te dirai si c'était bien.»

Alors voilà, c’en était fini de ses espoirs. Son ami ne viendrait pas finalement ce soir-là. S’il avait été dans un film, il serait reparti en courant chez lui et en pleurant, puisque l’amour de sa vie venait de lui briser tragiquement le cœur, pour finalement arriver chez lui et que son âme sœur soit chez elle, mais Kyle n’était pas dans un film. Premièrement, soyons honnête, il n’avait rien d’une adolescente de comédie romantique, mais, deuxièmement, il savait pertinemment que celui qu’il attendait était chez lui. Cela ne lui servirait donc à rien de se rendre ailleurs que dans l’appartement de Cameron. Et Kyle avait trop d’orgueil pour débarquer là ce soir. Le jeune caméraman décida donc qu’il n’allait pas retourner chez lui. Il aurait préféré que Cameron vienne, mais comme il avait déjà fait tout le chemin et ces efforts pour son costume, il allait au moins entrer quelques minutes. Et il espérait que la sécurité n’allait pas trop le faire chier, en effet. Il renvoya un texto avant de se diriger vers l’entrée :

«Moi aussi je l’espère! Sinon, tu n’auras qu’à venir me le porter… haha! Razz Bonne soirée Cami.»

Les gardes interceptaient les invités de façon aléatoire. Pour être certain de ne pas avoir d’ennui parce qu’il n’avait pas son carton, Kyle se glissa donc derrière un des agents de sécurité, pendant qu’ils inspectaient de nouveaux arrivants. Une fois à l’intérieur, il fut estomaqué par la beauté des lieux. Tout avait été magnifiquement décoré et aménagé. On se sentait vraiment dans un cabaret, dans une autre époque, dans un autre univers même. Le casino était devenu un microcosme à lui tout seul et c’était tant mieux pour le bien de la soirée. L’ambiance était légère, frivole et enflammée à la fois. On sentait que tout pourrait arriver. Avant même d’avoir commencé à consommer quoi que ce soit, on se sentait enivré. Il y avait quelque chose de puissant et d’indescriptible dans l’air. De certaines personnes et certains endroits, on percevait clairement un sex-appeal et une sexualité déborder de ceux-ci, mais encore une fois c’était pour le bien de la soirée. Kyle prit une grande respiration et s’engouffra plus loin dans la salle.

Il se dirigea d’abord vers le bar, car, avouons-le, ce genre de soirée passait toujours plus vite lorsqu’on avait un certain niveau d’alcoolémie dans le sang. Surtout quand on n’y reconnaissait personne et qu’on savait qu’on ne rencontrera personne qu’on connaissait. Kyle allait essayer de s’amuser, mais son esprit lui faisait imaginer Cameron partout. Il avait encore un espoir caché que ce dernier se pointe finalement. Kyle se commanda un verre de whisky, parce que c’était fort et rapide, ça lui en prendrait moins peut-être, avant de s’amuser. Kyle s’accouda au bar, face à la foule. Son verre en main, il le sirotait lentement en regardant les corps bouger sur la piste de danse. Certains se mouvaient avec classe, d’autre avec sensualité, douceur, certains étaient carrément vulgaires et il y en avait même quelques uns beaucoup trop coincés pour la cause. Kyle eut un petit sourire en voyant un homme en veston cravate gris se faire détacher sa chemise, en essayant de bouger sur le rythme de la musique. Mais en fait, c’était un peu ridicule comme scène parce que les genoux et les hanches de l’homme étaient complètement bloqués, comme s’il n’avait pas eu d’articulations, ce qui rendait la scène ridicule plutôt que sensuelle.

Kyle se dit que, même s’il était seul et abandonné, juste pour voir le spectacle, ça valait le coup…

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Dim 28 Avr - 18:55

[Miko en vrai j'adore ta robe. Je la veux *_* ]


Vous êtes cordialement invité à venir passer une soirée inoubliable à L'hôtel Hell Inn, etc, etc. Ce genre de bêtises ne me valaient même plus l'effort d'un soupir agacé, tant j'étais habituée. Alcool, luxure et beaux habits : quoi de mieux pour que les Dieux s'en donnent à cœur joie ? Je détestais ces ambiances presque autant que haïssais les Dieux, mais hélas, dès l'instant où j'avais parcouru ces lignes, j'avais su qu'il me faudrait m'y rendre. Parfois la vengeance est un fardeau - c'était peu souvent le cas, car elle me maintenait en vie et attisait ma colère, celle qui faisait battre mon cœur, mais dans des occasions comme celles-ci, elle me demandait de prendre sur moi, énormément. J'avais reçu ce carton à Venus Industries, ne me demandant même pas pourquoi je l'avais reçu, et si tout le monde y avait droit, mais toujours était-il qu'il était à mon nom. En quittant le building ce soir-là, emmitouflée dans ma veste, j'avais glissé le carton d'invitation dans mon sac, sans y réfléchir d'avantage, l'esprit préoccupé par bien d'autres choses. Ce fichu couvre-feu m'obligeait à me hâter pour rentrer chez moi, avant de quitter mes beaux habits de jolie mannequin sûrement assez onéreux pour nourrir une famille pendant une semaine, et retrouver des vêtements plus sobres, plus sombres surtout, pour me permettre d'accomplir mes petites escapades nocturnes en toute tranquillité. Je n'avais pas abandonné ma planque du quartier Grey - surtout depuis que je suivais ces étranges séances avec Elisa Wilde et que je tentais de ma canaliser comme je le pouvais. Dans ce quartier désert, gris - il portait bien son nom - et témoin de ce chaos qui avait fragmenté l'univers, je pouvais à ma guise user de ma magie, noircir des carnets de mes plans et de ce dont j'avais besoin, tenter de combiner de nouvelles armes, de nouveaux stratagèmes. C'était peu, mais cela occupait mes nuits, mon esprit, sans arrêt. La revanche avait des aspects d'une mélodie à la fois envoûtante et hypnotisante - je ne pouvais plus m'en passer. Elle était dans mon sang, dans ma chair, mon souffle, ma raison de vivre. C'était ainsi. Les Dieux, si puissant qu'ils soient, allaient tous payer, un jour ou l'autre, pour avoir broyer ce monde qu'ils étaient pourtant censés surveiller.

Ce n'est que le jour J que, par le plus grand des hasards, lorsque je laissai choir mon sac sur un fauteuil, que le carton s'en échappa doucement. Je m'en souvins, le relus, notai la date : aujourd'hui. Il me fallut peu de temps, j'étais habituée. Une douche plus tard, mes cheveux parfaitement coiffés - lissés, brillants, bouclés en de jolies anglaises qui tombaient sur les côtés de mon visage et sur mes épaules - je cherchai nonchalamment une robe dans ma penderie, richement garnie. Des modèles prêtés ou donnés par les stylistes. Je n'avais aucune envie de m'atteler à ce genre de bassesses, si bien que je finis par agripper une robe rouge d'une grande marque de luxe, simple, moulante, courte, de forme bustier et faites de pans qui semblaient enroulés les uns sur les autres. Ce n'était pas vraiment une robe pour un bal masqué, mais j'avais justement envie de les embêter. Et puis la couleur était rouge : inutile de me trouver un autre accessoire. J'enfilai des chaussures à talons dorées, mis quelques affaires dans une pochette dorée également, puis sortis un masque, un loup, assez simple, doré aussi, d'un fatras d'accessoires dont je ne me servais jamais.

Le Hell Inn. Le fameux. J'y étais déjà allée à plusieurs reprises, pour des galas, des évènements. La routine du métier. Joli endroit de débauche où les Dieux devaient se trouver prodigieusement dans leurs éléments, n'est-ce pas ?!

... Oui, j'étais énervée. Journée désastreuse, de ce genre de journée où tout va de travers dès le matin, séance photo insupportable, mes travaux bloquaient, j'étais épuisée, les Dieux étaient partout autour de moi et perturbaient les flux, ma magie s'en ressentait, je gérais de moins en moins mes aptitudes, cela m'agaçait, la colère accroissait le tout. Et pour couronner le tout, j'étais invitée à une petite sauterie avec toutes ces divinités, celles-là même qui m'usaient les nerfs et la patience. Merveilleux.

J'arrivai dans la salle - décorée, richement décorée, peu importe. Je filai droit au bar. Pourquoi ? L'alcool ne me faisait presque rien, ou bien en grande quantité. J'avais simplement besoin de me terrer dans un coin et ne surtout pas devoir parler à tous ces imbéciles, tous ces riches idiots de la ville, de Venus Industries ou qu'en savais-je, venus là pour se donner en spectacle et comparer leurs carats et leurs comptes en banque.


- Jolie tenue, fit l'homme non loin de moi, louchant sans vergogne sur une jeune fille à la robe vraiment peu discrète. J'avais d'ailleurs haussé un sourcil en la dévisageant de haut en bas sans me gêner. Ou se croyait-elle, au cirque ?!

-Merci! La tienne est pas mal aussi… répondit niaisement la dite jeune fille à cette parade amoureuse bien peu subtile.

- Il ne manquait plus que ça, grinçai-je tout haut, avalant une gorgée de je ne sais quel alcool par simple besoin de me trouver quelque chose à faire.

Je me sentais fébrile : tout autour de moi était magique. L'homme. Sorcier. La fille. Créature. Un vampire. Des Dieux. A la pelle. Qui plus est, l'espace d'un instant, une silhouette m'avait accrochée le regard : grande et fine, les traits fins, j'avais cru rêver et voir Seamus - mais non, ce n'était qu'un vulgaire inconnu, et dangereux qui plus est. J'étais sur mes gardes, je sentais la colère bouillir, me menacer d'explosion. J'avais repéré Wilde évidemment : immanquable dans sa robe étincelante, toujours aussi belle et brillante qu'à l'habitude, je tentais encore une fois de déceler des failles dans son apparence parfaite, mais encore une fois je me heurtai à un mur. La tension monta d'un cran.

Quand l'homme non loin de moi - je ne voyais pas exactement son visage mais sa puissance magique me fit frémir de tout mon être - apostropha une femme blonde, une déesse elle aussi, un voile rouge tomba sur mes yeux. Rouge comme cette fête, comme les décorations, comme ma robe, comme le sang, comme la fatigue qui m'étouffait, la rage qui me brûlait. Je saisis mon verre et me levai comme une flèche, ne chancelant pas une seule seconde sur mes talons immenses - j'avais l'habitude. Me dirigeant droit vers le Dieu qui venait de parler, je le heurtai de plein fouet et renversai consciencieusement le contenue de mon verre presque plein sur sa veste et sur sa chemise.


- Navrée, vraiment, formulai-je à voix haute en le fusillant du regard, d'un air qui montrait clairement que j'étais tout sauf navrée. Vous ne pouviez pas faire attention ?!

Plantée devant lui, prête à je ne sais quelle bataille, et il n'y avait plus rien d'humain en moi en cet instant : c'était la rage, la seule et l'unique, qui faisait battre mon coeur, et qui m'aveuglait tout à fait. Il n'y avait rien pour me faire reprendre conscience - pour me faire réaliser que je venais là de céder encore une fois, et d'accomplir une bêtise bien inutile.

La robe de Shannon:
 
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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Mer 5 Juin - 22:50

Loki était le leader des dieux. Du moins, officiellement. Dans les faits, le maire de la ville savait que la plupart d’entre eux ne rêvaient que de l’éclipser pour prendre sa place. Tous jalousaient sa position de puissance et peu le respectaient réellement. Le dieu nordique ne comptait personne comme un allié réel, sachant que n’importe laquelle de ses relations pouvait se retourner contre lui à un moment ou à un autre. Il se devait d’être constamment vigilant et de ne laisser personne l’approcher suffisamment pour pouvoir lui trouver des faiblesses.

Bien sûr, Loki savait que ceux qu’il considérait comme ses ennemis latents possédaient, tout comme lui, des pouvoirs très puissants qu’il ne devait pas sous-estimer. Néanmoins, il avait une avance sur eux : il avait déjà pris la place de chef, au yeux de toute la population. Les humains l’avaient choisi et les autres dieux avaient manqué leur chance. Il était celui qui avait les idées et personne ne pouvait lui enlever le trône de New York sans risquer une bataille générale entre les dieux, car il était évident que plusieurs d’entre eux voudraient se retrouver à la tête de la ville la plus puissante de ce monde.

Le maire ne faisait même pas confiance à sa fiancée. Il ne l’aimait pas – et cette réalité était évidente pour quiconque les connaissant autrement que sur les couvertures des magazines – et c’était totalement réciproque. Tous deux ne cherchaient qu’une union stratégique. Ils étaient puissants et reconnus, c’était l’essentiel. Il auraient ensemble un héritier idéal pour la ville de New York, un enfant qui contribuerait à leur image de couple parfait. Les habitants de la ville les aimeraient encore plus, les admireraient, les respecteraient et, de ce fait, ils obéiraient avec encore plus de docilité.

Loki était revenu à la fête pour décrocher un peu. Beaucoup. Une impulsion l’avait pris et, succombant à ce qui, toujours, finissait par le perdre, il avait enfilé une nouvelle identité et était foncé droit vers les problèmes. Seulement, avant même qu’il n’ait pu profiter un minimum de la proximité de cette femme qui déréglait son cerveau, une autre femme entra dans son champ de vision, telle une flèche destinée à lui transpercer un poumon. Loki n’eut pas le temps de comprendre ce que cette timbrée lui voulait qu’il fût trempé d’alcool, face à une furie qui, apparemment, était dans un état second. Et cette partie en lui, ce que le maire de New York ne pouvait pas être, ce Loki des époques passées, refit surface, et son regard s’obscurcit alors que la fille osait lui adresser la parole.


- Navrée, vraiment. Vous ne pouviez pas faire attention ?!

Oubliant complètement les gens qui l’entouraient, complètement déconnecté de ce rôle de maire parfait qu’il s’était fabriqué, le dieu fit un pas – un seul pas, lent, mais en se tenant très droit, de toute sa stature divine – vers la folle qui ne savait apparemment pas à qui elle avait affaire.

-Espèce de dégénérée. Fous le camp de près de moi : ta vie ne vaut même pas un bouton de cette chemise.

Il parla très bas, pour qu’elle seule l’entende, mais d’un ton tranchant et glacial. Il songea à la tuer, là, devant tout le monde. À lui arracher les tripes et les répandre sur la piste de danse, sous les souliers à talons aiguilles des femmes, qui les piétineraient à en faire de la bouillie. Il imagina le sang, sur les murs. Mieux, il sentit l’odeur de la chair brûlée lui frôler les narines. La violence et la mort dansaient dans son esprit et, en rien, il ne considérait l’idée de les refouler. Après tout, il n’était pas Logan Laufey à ce moment-là. Il n’avait pas d’identité. Il n’était qu’un dieu de plusieurs milliers d’années qu’on venait d’offenser publiquement. S’il se contrôlait encore, c’était parce qu’il devinait encore la présence de Kate, quelque part dans cette sale, et il ne voulait pas risquer de la blesser en tuant cette larve qui osait se moquer de lui.

Le tempérament de feu de Loki… Il avait bien failli le perdre plus d’une fois. Avec les années, le dieu était parvenu à le calmer un peu. Il était désormais capable de le faire taire pour réfléchir. Seulement, parfois, la tentation était trop grande de se soumettre à cette force brute qui prenait possession de lui. C’est alors qu’il devenait réellement dangereux. Et pas seulement pour les autres.

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Jeu 6 Juin - 23:13

Cameron repensait souvent à son ancienne vie, du temps où il habitait encore avec sa sœur à San Francisco. D’avance, dès qu’il croisait son reflet, ses traits lui rappelaient ceux de sa sœur. Néanmoins, il se consolait de la perte de celle qui comptait le plus pour lui en se convaincant qu’il l’avait quittée pour lui offrir une meilleure vie. Au-delà de la protéger des erreurs qu’il avait commises juste avant de partir, il la coupait de sa présence, laquelle était, selon lui, le pire des dangers qu’il aurait pu lui faire courir. Le jeune vampire se considérait comme une bombe à retardement et, même s’il était constamment sur ses gardes, il lui arrivait de perdre le contrôle et l’idée de le faire en présence de sa sœur l’avait toujours terrorisé. Désormais loin d’elle, il se berçait avec la certitude qu’il lui permettait de vivre sans un monstre sur le point de disjoncter à proximité d’elle. Et, même si c’était très peu, en comparaison avec la douleur d’être éloigné d’elle, c’était suffisant pour que Cameron n’envisage pas de retourner dans son ancienne ville pour serrer sa sœur dans ses bras.

Pour ce qui était de ses amis, même si leur souvenir faisait encore parfois trembler sa volonté d’aller de l’avant, Cameron se répétait qu’il était passé à autre chose. Il avait rencontré de nouvelles personnes et c’était à celles-ci qu’il servait l’une ou l’autre des versions de lui-même qu’il savait si bien jouer. Ses amis de San Francisco n’étaient plus rien pour lui, et il était persuadé que, même s’ils avaient su qu’il était encore en vie, il en aurait été de même pour eux. Le temps, l’éloignement et l’incompréhension venaient à bout de toute relation d’amitié. Cameron l’avait souvent expérimenté. Les gens préféraient souvent la facilité et l’immédiat. Bien rares étaient les amis qui restaient malgré la distance ou les tempêtes. Ils choisissaient un bonheur plus simple.

Kyle Harrisson et Kate, la cousine de Cameron, étaient tout ce qui lui restait de son ancienne vie. La jeune femme était toute sa famille, maintenant et, si le vampire lui laissait prendre cette place si près de lui, c’était en bonne partie parce qu’il la considérait assez forte pour lui résister s’il venait à perdre la tête en sa présence. Pour ce qui était de Kyle, Cameron n’avait toujours pas compris ce qui l’avait poussé à venir lui aussi à New York et à faire pour lui tout ce qu’il avait accompli pour éviter qu’on le retrouve. Il aurait été beaucoup plus simple et beaucoup plus sage pour lui de ne pas s’en mêler. Pourtant, il était bien là, aujourd’hui encore, à se soucier de lui alors que presque tous l’avaient laissé tomber. Encore plus qu’avant, le vampire lui vouait une affection et une admiration incalculables.

Ce soir-là, pourtant, c’était autre chose qui l’avait poussé à venir à la soirée. Bien sûr, il comptait révéler sa présence à son ami, à un moment ou à un autre, mais il se sentait bizarre, comme imprégné d’une énergie spéciale, et c’était cette sorte de folie qui l’avait fait venir sans lentilles bleues. Et qui l’empêchait de le regretter et de ne penser qu’à ça.

Cameron observa Kyle plusieurs minutes. Il ne le trouva pas très souriant lorsqu’il se commanda à boire. Il se fit la réflexion qu’il l’aurait imaginé plus sociable et extraverti en public, considérant comment il était enthousiaste et sympathique lorsqu’ils étaient ensemble, mais le Kyle qu’il voyait là lui semblait presque invisible au milieu de la foule, beaucoup plus observateur que participant à la fête. Il ne lui vint pas à l’esprit qu’il avait peut-être plombé le moral de l’autre jeune homme en refusant son invitation subtile.

Kyle sourit et, stupidement, le vampire fit de même. Lentement, il s’approcha un peu de son ami en prenant bien garde d’être reconnu. Il devait rester dans la pénombre, à la limite de son champ de vision pour éviter d’attirer son attention suffisamment pour qu’il se pose des questions à son sujet. Néanmoins, il ne pouvait s’empêcher de le fixer, avec cette lueur d’obsession dans le regard qui lui venait parfois quand il écrasait sa raison au profit d’un intérêt plus ou moins logique.

Il vit un homme prendre place près de Kyle et lui glisser quelques mots. Même avec son ouïe au-dessus de la moyenne grâce à sa nature vampirique, Cameron ne put rien saisir de ce qu’il lui disait à cause du bruit ambiant. Toutefois, il ne lui fallut aucune concentration pour voir l’homme – qui était très séduisant, d’ailleurs - attraper la nuque de son ami pour attirer son visage vers le sien et poser ses lèvres sur les siennes. La mâchoire du vampire se serra à lui en faire mal et son regard s’obscurcit tellement qu’on aurait pu croire que la couleur de ses iris avait changé. Même avec la distance les séparant, à cause de cette émotion qu’il ne parvenait pas à nommer et qu’il n’avait pas envie de désigner, Cameron dirigea une décharge de douleur brève mais insoutenable sur la pieuvre aux mille bras enserrés autour de Kyle.

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Mar 11 Juin - 20:04

Je n’avais pas mis beaucoup de temps à me sentir à mon aise dans la ville de New York. De toute façon, avec toutes les villes que j’ai connues, j’avais appris à m’adapter partout. Nichole semblait, elle aussi, être heureuse à New York. Je lui étais reconnaissante de ne jamais broncher devant tous nos déménagements spontanés et obligatoires, elle m’était fidèle et j’avais besoin d’elle, elle est tout ce qu’il me reste. Pour le reste, ça va et vient, une aventure par-ci, par-là, mais sans plus… De toute façon, je n’avais besoin de personne d’autre que de ma fille. À New York, les gens étaient plus ouverts qu’à Londres… il était plus facile de trouver quelqu’un pour subvenir à nos… besoins.

L’agence d’espionnage pour laquelle je travaille m’a rapidement trouvé une couverture de cadre supérieure dans une compagnie de New York, je n’y travaille pas vraiment, ce sont eux qui se chargent du travail, pour les employés de la compagnie, je travaille toujours à l’extérieur. Toutefois, ce poste m’avait valu une invitation à une espèce de bal masqué. L’agence m’avait souligné qu’il y avait de grandes chances que Logan Laufey s’y trouve et qu’il serait bien que je sois présente afin d’épier ses moindres mouvements. À peine une semaine plus tard, on livrait à mon appartement un grand colis contenant une fabuleuse robe noire toute simple qui m’aiderait à passer inaperçu et un masque doré. Évidemment la robe était parfaitement ajustée, mon agence faisait des miracles, même à des milliers de kilomètres de moi.

Ce soir-là, j’étais entrée dans mon appartement en n’ayant pas vraiment envie d’aller à ce bal. J’avais perdu depuis longtemps la joie et l’effervescence qu’on ressent quand on va à un party, une soirée ou même un bal. Il y avait aussi le fait que j’aille à ce bal pour mon travail. Que voulez-vous? Quand on est espionne, on travaille 24h/24. Chaque secondes peut être cruciale et il n’est pas question de baisser sa garde ne serait-ce qu’un instant.

J’avais choisi de porter une perruque bouclée blonde, même si le masque cacherait partiellement mon identité. Une fois cette perruque mise en place, j’attaquai mon visage. Mes yeux furent maquillés de noir afin de durcir mes traits et surtout mon regard qui paraitrait derrière mon masque. La touche finale fut ce rouge à lèvres rouge cerise qui ajouta à ce maquillage traduisant une personnalité inaccessible. J’enfilai la jolie robe noire qui m’arrivait à la mi-cuisse. Ornée de quelques pierres à la taille, elle était bien jolie et pourrait me servir à nouveau lors de véritables sorties. Je me glissai dans mes escarpins dorés assortis au masque et j’attachai celui-ci à mon visage. Le look était parfait. J’attrapai mon sac à main et je sortis puisque mon taxi m’attendait déjà devant l’immeuble. Ce sac à main qui aurait surement dû contenir un rouge à lèvres, un mascara et peut être bien une brosse à cheveux contenait au contraire un revolver, un couteau et un appareil photo infrarouge, tout ce qu’il y a de plus normal.

Lorsque j’entrai au Hell In, je fus impressionnée par la beauté grandiose de l’endroit. C’était un très beau casino et il fallait bien reconnaître que le propriétaire de l’endroit avait fait le nécessaire pour que l’on se sente reçus comme des rois. Il y avait énormément d’invités, ce qui était pratique quand il s’agissait de se dissimuler dans la foule. Je n’avais toujours pas repéré Logan Laufey, il semblait manquer à l’appel, alors je décidai de faire le tour de la salle, dissimulée derrière mon masque. C’est à ce moment que je localisai un bel homme assez mystérieux dont les yeux foncés attirèrent mon attention [Drake], derrière son masque rouge et doré. Son habit avait quelque chose d’excessif, mais ça me plaisait, ou du moins ça m’amusait. Je me dirigeai donc vers lui, puisqu’il m’aiderait surement à passer le temps, en attendant que ce satané maire se montre.

D’ailleurs, j’étais surprise qu’il ne soit pas là, à pavaner la perfection incarnée en humaine. Pas étonnant que ce cher Matt perde tout ses moyens quand il est question de cette fille. Il peut bien mentir à qui il veut, à lui-même, même s’il en a envie, mais je le connais depuis assez longtemps pour savoir que cette fille ne le laisse pas indifférent, que ce soit par des sauts d’humeur exagéré ou par de la pure méchanceté gratuite envers elle.

Je m’approchai donc du clown vêtu de paillettes qui parlait déjà à une jolie fille dont l’originalité de la robe me coupa le souffle [Miko].


-Bonsoir à vous, c’est bien joli, ici!
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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Mer 19 Juin - 10:07

Il fallait donner à mon mari qu'il me comblait toujours de fierté lorsque nous étions ensemble en public. Il était toujours impeccable, magnifique, charismatique... Son apparence n'avait rien de négligé et il sourirait de cette manière qui rendait tous les autres hommes ternes. Si, parfois, il osait jeter un regard de trop à une autre femme, jamais il ne me laissait de côté pour aller draguer une de ces greluches qui loui tournaient autour. Bien sûr, mon mari avait de grands problèmes avec la fidélité et cette faiblesse était notre principal sujet de mésentente. Je lui en voulais terriblement à chaque nouvelle conquête et, même si je ne lui disais jamais ouvertement tout ce que j'avais sur le coeur à ce sujet, je savais qu'il était parfaitement au courant de la souffrance qu'il me causait. Et que ça ne l'empêchait pas de retourner me trahir, chaque fois, avec une nouvelle femme. C'était plus fort que lui et, même si je ne l'acceptais toujours pas, je ne pouvais le quitter: je l'aimais trop, j'avais besoin de lui. D'ailleurs, dans des moments comme cette sortie publique, il était si parfait que j'en oubliais ses erreurs. Je devinais qu'il ne pourrait éviter de voir les autres femmes et, même, de s'imaginer avec elles, mais il n'oserait pas me laisser en plan de manière aussi brutale. J'étais la première femme de sa vie, après tout, et la seule qu'il aimait vraiment. Je m'accrochais donc à cette vérité pour éviter de me laisser couler dans la rage, la honte et la douleur.

Si, à Noël, nous avions succombé à notre caprice de bouder Loki, nous avions décidé de faire des efforts pour sembler être de son côté, maintenant. Avec mes projets de haute trahison, de meurtre et de prise du pouvoir, il me fallait garder une place de choix, près de notre maire. Il ne devait pas se douter que nous planifiions quelque chose contre lui. Cette sortie publique, à la soirée d'un autre, était naturellement une subtile insulte à notre maire, mais il ne pourrait nous tenir rigueur de nous être présentés à une sortie où il avait lui-même été invité. D'ailleurs, lorsque je le vis, avec Vénus, je réprimai mon envie de lui sauter à la gorge et je lui souris avec grâce. Je savais que sa fiancée n'était avec lui que pour la position avantageuse que leur union lui apportait, mais je ne pouvais m'empêcher d'être dégoûtée qu'une femme s'inflige la présence d'un tel homme, même si c'était en totale connaissance de cause, et sans aucun sentiment amoureux. Je ne me mentais pas: j'adorais Vénus. Même si sa tendance volage me révoltait, il y avait en elle tellement de choses que j'admirais: sa force de caractère, sa volonté et, bien sûr, ce charme qu'elle avait, même sans utiliser ses facultés surnaturelles. Elle était une étoile et, si quelqu'un ne voulait pas la voir briller, elle lui plantait ses rayons dans les yeux, point final. J'espérais seulement qu'une fois son affreux fiancé mis hors d'état de nuire, elle ne m'en voudrait pas trop de lui enlever sa chance d'être la première femme de New York.

Il ne fallut pas trop longtemps avant que M. Laufey et sa belle ne quittent, et je me jurai bien de contacter Vénus pour qu'elle m'explique pourquoi elle n'avait pas plus profité de la fête. Zeus et moi répondîmes à quelques questions de journalistes nous ayant reconnus avant de les congédier avec politesse pour aller nous chercher des consommations alcoolisées. Nous discutâmes un moment, et je me fis violence pour me concentrer sur la conversation plutôt  qu'écouter les pensées de tous ces gens autour. Je perçus, malgré moi, les pensées de la petite Dickens, que je repérai rapidement, non loin derrière mon époux. Une partie de moi fut soulagée qu'elle se trouve hors du champ de vision de mon mari. Elle était si belle qu'il aurait été impossible qu'il ne la mette pas sur la liste de celles qu'il voulait mettre dans son lit, et j'aurais été incapable d'accepter qu'il la touche. Je ne m'expliquais pas pourquoi, mais l'idée même m'avait fait blanchir. Je prétextai d'ailleurs un malaise pour m'éloigner de mon mari et éviter ses questions sur mon soudain changement d'humeur et je me dirigeai vers les toilettes pour me rafraichir et me calmer. Toutefois, en m'y rendant, la colère de Shannon était si forte, elle me frappa de plein fouet et je m'immobilisai, en pleine piste de danse, pour me concentrer sur ses pensées.

J'écoutai, à partir de ses pensées, la scène, et je compris qu'elle avait fait exprès de provoquer cet homme qu'elle considérait comme un dieu, alors que je ne reconnaissais pas son visage. Pourtant, j'étais bien certaine de connaître tous les dieux arrivés sur terre. Je me branchai donc aux pensées de l'homme pour constater avec stupeur que c'était cet imbécile de maire, sous une autre identité, et qu'il songeait sérieusement à s'en prendre à ma Shannon. J'avais besoin de cette fille et il n'était pas question qu'il lui fasse du mal. Je me dirigeai donc d'un pas décidé vers eux.

-Oh, je suis persuadée que Monsieur est désolé, chérie. Viens, nous allons te nettoyer un peu.

J'attrapai son bras pour la tirer vers la salle de bain avec moi, loin de cette menace sauvage qu'était Loki, et je souhaitai avec ferveur qu'elle reconnaisse ma voix et qu'elle ne me résiste pas.

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Sometimes falling teaches us things too. In dreams you often fall before you wake.
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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Ven 12 Juil - 11:04

Kyle ne repensait pas vraiment à son ancienne vie. En fait, bien qu’il passait parfois quelques nuits torturées de cauchemars à l’idée que ce qu’il avait fait à la famille Evans puisse ressortir et venir tout gâcher, Kyle était satisfait de ce qu’il était entrain de bâtir ici. À New-York, il avait un travail qu’il adorait, au New-York Times. Kyle avait habituellement toujours au moins un appareil photo sur lui, afin de réussir à capter chacun des moments magiques que la vie lui apportait. Ça pouvait être un simple reflet du soleil sur les édifices aux fenêtres tellement propres et étincelantes qu’on dirait des miroirs, ou alors la subtilité d’un graffiti sur un autre, ou même parfois une goutte d’eau suspendue à une branche d’arbre, comme une veuve éperdue qui attend son mari parti en mer depuis trop longtemps. Chaque fois, Kyle se sentait privilégié d’avoir su voir ce moment, cet évènement, cette œuvre d’art. Encore plus d’avoir pu le transposer et le partager. De plus, la transition avait peut-être été plus facile pour Kyle puisqu’il n’avait pas d’attaches à San Francisco ou ailleurs, considérant que sa famille avait volé en éclats il y avait déjà plusieurs années. Plus rien pour le ramener en arrière, plus rien pour l’empêcher d’avancer. Aucune impression de trahir ou d’abandonner quelqu’un resté là-bas. Seulement une page blanche et l’envie d’aller de l’avant. Ainsi, tout ce qui comptait désormais, était de se bâtir une vie la plus normale possible, tant qu’il était avec Cameron.

Chloe lui menait parfois la vie dure, en essayant de prendre le contrôle alors que ce n’est pas le moment, en essayant de le torturer en lui ramenant des images du passé ou en lui rappelant à quel point il était horrible en fait, mais en même temps, Kyle se sentait rassuré de la savoir là, tapie au fond de lui, prête à prendre la relève lorsque Kyle ne pourra plus gérer ses émotions. Chloe était un cauchemar en elle-même, de par sa nature complètement diabolique, mais aussi une bouée de sauvetage pour éviter le pire à Kyle. Et tout ça lui suffisait.



«I want to be a part of it
New-York, New-York»


New-York, la ville des grandeurs, des démesures et des rêves. L’endroit parfait pour un  nouveau départ. Une nouvelle vie, une nouvelle ville, c’était logique. En arrivant ici, Kyle ne se serait jamais imaginé prendre part à une fête aussi euphorique et débridée. Il pensait plutôt vivre une petite vie tranquille et bien rangée, mais la vie nous réservait toujours des surprises. Ce nouveau New-York permettait les perversions et les excès les plus impressionnants. Il n’y avait pas de limite. Et la soirée cabaret du Hell Inn en était la preuve. La luxure transpirait des murs tellement elle était présente dans la pièce. Au bar, Kyle regardait encore autour de lui, à la recherche de quelqu’un de normal ou de familier. Alors qu’il venait de terminer son troisième verre, il remarqua un jeune homme à ses côtés au bar. Il ne savait pas depuis quand il était là, mais il avait remarqué qu’il le regardait intensément.


-On pourrait aller s’enfermer dans une chambre, juste toi et moi, si tu vois ce que je veux dire?

Kyle n’avait jamais eu de proposition plus indécente et ne savait pas trop quoi en penser. Il avait l’air éberlué, l’alcool commençant à faire son effet. Les yeux du jeune homme étaient profonds et d’un vert intense, sa bouche était fine et semblait froide, mais il se dégageait du jeune homme un charme et une attraction inexplicable. Avant même qu’il ne puisse réfléchir plus longtemps à ce qu’il allait répondre, il sentit sur ses lèvres une pression. C’était effectivement froid et un peu humide. C’était maladroit, mou et gauche. L’inconnu qui l’embrassait devait lui aussi être assez éméché puisque son baiser n’était pas très intéressant pour Kyle. Après un échange de baisers sans langue d’une trentaine de secondes, Kyle repoussa son prétendant du moment. Celui-ci se plia en deux, sans raison valable. Kyle pensa rapidement qu’il pleurait de s’être fait ainsi jeté, mais en observant son expression faciale, il comprit qu’il était plutôt souffrant. Ça ne dura que quelques instants, mais ce fut assez pour que Kyle le prenne en pitié. Il se disait que c’était peut-être un jeune homme très malade, qui profite de ses derniers instants de vie…

Il se surprit lui-même en invitant le jeune inconnu à danser et le fut encore plus lorsque celui-ci accepta. C’est donc bras dessus, bras dessous que Kyle et son prétendant se rendirent sur la piste de danse. Une fois au cœur de la foule, avec l’alcool, la musique, les corps qui se touchent, se dandinent et les sons équivoques de certains couples, Kyle ferma les yeux. Le jeune homme se colla dans son dos et le plaqua contre lui. Kyle pouvait sentir ses bras, un sur son torse, l’autre sur sa hanche, et la chaleur de son corps au travers leurs vêtements et crut également remarquer une certaine dureté au niveau de l’entre-jambe de son prétendant. Avec un léger sourire aux lèvres et un nouveau verre dans la main, Kyle se laissait bercer au son de la musique, en espérant que ce mourant apprécierait sa soirée.

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Mer 17 Juil - 16:31

Miko aimait le respect et l’égalité. Non sans être une de ces fanatiques qui hurlent à l’injustice à la moindre situation problématique ou qui bloquent des ponts pour faire valoir leurs idéaux. Seulement, Miko aimait quand tout le monde pouvait trouver sa voix et sa place. Ayant été elle-même à une époque trop faible pour s’exprimer et grandir normalement, elle aimait aider ceux en qui elle se reconnaissait. Dans sa meute, il était primordial que chacun ait son opinion propre et puisse l’exprimer. De plus, étant parmi les rares femmes de ladite meute, il était important pour elle que tous et chacun soit pris en considération, peu importe leur âge, leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur origine ethnique. Bien sur, il y avait le chef de meute, l’alpha, qui menait la troupe et avait le dernier mot, mais les conseils de meute se faisaient toujours en la présence des autres membres, pas derrière des portes closes. Elle avait donc appris très tôt, et c’était maintenant naturel pour elle, de respecter les autres et de ne pas les froisser. Bien sur il y avait tout de même des exceptions, comme ces vampires, qu’elle aimait torturer sans raisons particulières. Ainsi, le garçon à ses côtés avait beau être hyper séduisant et encore plus sexy qu’un dieu grec, quelque chose dans la salle attirait plus l’attention de Miko. Il pourrait bien lui répondre ce qu’il voudrait, elle ne l’écoutait plus. Elle avait trouvé une nouvelle raison d’être en vie pour ce soir.

La séduisante jeune femme vêtue de d’une robe d’un rouge presque insolent, qui était de l’autre côté du si joli jeune homme, qui avait d’ailleurs lancé quelques remarques déplaisantes sur ses propos alors que Miko essayait simplement de draguer comme tout le monde ici ce soir, s’était levée et avait eu un accrochage avec un  autre homme. Ce dernier dégageait une aura de puissance et de classe. Il était grand, relativement musclé et juste ce qu’il fallait de charmant. Elle ne parvenait pas à dire s’il était un dieu ou autre chose, mais elle sentait quelque chose de plus émaner de sa personne. Et donc, cet homme et cette femme s’étaient rentrés dedans, ce qui faisait en sorte que le breuvage de la dame s’était répandu tant sur elle que sur lui. Événement isolé et fréquent lors de telles soirées,  il avait pourtant presque dégénéré.


- Navrée, vraiment. Vous ne pouviez pas faire attention ?!
-Espèce de dégénérée. Fous le camp de près de moi : ta vie ne vaut même pas un bouton de cette chemise.


C’était exactement la catégorie de mots qu’il aurait mieux valu qu’il ne dise jamais. La jeune femme avait peut-être fait exprès, ou peut-être pas, mais il n’en demeurait pas moins qu’elle ne méritait pas de se faire parler de la sorte. Comme si une vie pouvait se comparer à un bouton de chemise. C’était ridicule! En temps normal, Miko n’aurait probablement pas porté attention à cette altercation. Par contre, comme la jeune femme avait déjà attiré son attention de par les commentaires qu’elle avait faits, Miko l’avait suivis du regard et avait aussi portés ses oreilles de loup vers la petite scène. Elle avait donc entendu très clairement les paroles de l’homme, sans savoir qu’il n’était pas normal qu’elle les ai entendus.

Miko se leva de sur son tabouret, en laissant le jeune homme et son verre là, et s’en foutant éperdument. Elle ne se demanda même pas si, en se précipitant ainsi au devant de l’action, elle n’allait pas s’attirer d’ennuis. Comme elle se frayait tant bien que mal un chemin jusqu’aux deux personnes qui avaient particulièrement attiré son attention, la jeune femme fut prise par le bras par une autre femme et amenée plus loin. Au milieu de la foule, la louve avait de la difficulté à concentrer son énergie sur la scène. Elle n’entendit que quelques bribes de la conversation menée par la nouvelle venue. Miko crut comprendre de faibles excuses et les vit partir vers le fond de la salle, là ou se trouvait les toilettes. Elle aurait le beau jeu pour monter son petit jeu. Elle se rendit donc  niveau de l’homme si mystérieux et rustre. Miko lui prit le bras et appliqua une légère pression afin de l’attirer vers elle. Une chance qu’elle portait des talons hauts, sinon il lui aurait bien fallu une échelle pour réussir à se rendre à son oreille. Elle se hissa sur la pointe des pieds, s’approcha donc son visage de celui de l’homme, colla sa joue droite contre la gauche de son nouveau prétendant et parla de sa voix la plus suave dans le creux de l’oreille de l’homme :


-Vous avez vraiment été rude envers la jeune femme tout à l’heure. Je ne crois pas qu’elle méritait tant de hargne et de méchanceté…

En terminant sa phrase, elle se remit normalement sur ses pieds et resta ainsi contre son visage, les lèvres tout près de la peau du cou de l’homme, en espérant ne pas crever sur place…

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Sam 20 Juil - 10:21

L’excès de confiance en soi de Drake Varner n’était pas une caractéristique qu’il possédait depuis sa naissance. À vrai dire, il avait connu un changement d’attitude radical après les cataclysmes qui avaient bouleversé toute la planète. Ou après s’être enrichi exagérément à l’aide de quelques virements illégaux. Quand Drake avait vu dans quel état se trouvait le monde, et après avoir réalisé que plus rien ne le rattachait à ce qu’il avait toujours été maintenant que sa mère était décédée, il avait choisi d’être une autre personne. Une personne qui profitait de la vie, qui ne se pliait jamais aux exigences des autres, qui pensait à elle-même avant de songer aux conventions sociales, qui jouait la comédie plutôt que laisser le drame se jouer d’elle. Bien sûr, beaucoup auraient opposé que la manière de vivre qu’avait choisie Drake était une forme de déni et voire même de l’hypocrisie, mais le jeune homme avait décidé de prendre la vie de cette façon et il ne s’en sentait ni désolé ni coupable. Il savait qui il était, derrière toutes les paillettes, les couleurs et les fêtes, et il ne niait pas qu’il se trouvait en lui plus que ce qu’il montrait aux autres. Seulement, il préférait s’en tenir à ce personnage qui le rendait si heureux et populaire plutôt qu’être totalement authentique. Ce n’était rien de plus qu’une question de survie dans une société qui n’avait rien à faire de ce que chaque individu pensait, mais qui comptait sur l’effet de masse pour tirer un maximum de profit. Et la masse admirait Drake Varner, même quand elle le jugeait ou le détestait.

-Merci! La tienne est pas mal aussi…

Merci, il était au courant. Drake sourit à la jeune femme avec un l’air entendu de celui qui a mis un effort particulier et qui aime qu’on le remarque, même si la réponse de la demoiselle sonnait plus comme une simple politesse à la remarque de l’homme à paillettes.

-Je m’appelle Miko… et toi?

Miko…c’était sexy. Autre chose que tous les noms traditionnels de femmes de petites mœurs qui se terminaient invariablement par un A, comme si leur nom se terminait dans un soupir languissant. Drake avait toujours un petit sourire quand il croisait de ces pauvres filles ordinaires qui portaient un nom d’actrice de film pour adulte parce que leurs parents avaient eu un esprit trop pur : Melissa, Vanessa, Alexa…le meilleur d’entre tous étant naturellement Natasha.

-Drake…

-Bonsoir à vous, c’est bien joli, ici!

Ermahgerd. Pour une robe noire, celle-ci était vraiment intéressante et Drake ne savait pas trop si c’était à cause de la taille, des hanches ou de la poitrine. Il offrit rapidement un sourire séducteur à la nouvelle venue, heureux de se trouver en si bonne compagnie.

-Bonsoir, mademoiselle.

Il espéra que Miko ne se sente pas menacée ou quoi que ce soit par cette nouvelle femme. Il devait avouer avoir un faible pour sa tenue et ce simple fait lui donnait envie de faire des efforts particuliers, quitte à perdre ce qui lui semblait être une déesse et qui venait d’arriver. Toutefois, quand il posa les yeux où il avait vu la jeune femme pour la dernière fois, celle-ci ne s’y trouvait plus. Perplexe, il regarda tout autour pour la voir se diriger vers un couple qui semblait se disputer. Mais quelle impolitesse de quitter ainsi un homme charmant qui vous témoignait un intérêt évident! Elle aurait au moins pu dire quelque chose en partant… Tant pis. Les tenues originales et voyantes n’étaient pas l’essentiel dans une vie : la preuve, cette belle femme qui venait de lui parler arrivait à briller en simple robe noire. D’ailleurs, elle méritait une mention particulière pour s’être approchée sans attendre les avances d’un homme comme trop de petites princesses le faisaient encore de nos jours.

-Il semblerait que votre charme ait fait fuir ma nouvelle amie. Je vous promets de ne pas faire de même.

Il termina sa dernière phrase sur un demi-sourire laissant planer d’évidents sous-entendus.

-Je me nomme Drake, et je serais ravi de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour rendre votre soirée mémorable.

Il espéra que son petit jeu d’homme exagérément courtois aurait un effet positif sur la jeune femme et qu’elle s’en amuserait autant que lui.
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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Sam 20 Juil - 11:25

[Le connard qui te colle…On dirait que tu décris C., jusqu’à ce que tu parles de comment il embrasse parce qu’évidemment, C. sait embrasser pas mal mieux que ça. XD]

Cameron Evans était probablement aussi dégénéré que sa mère, à la différence que lui se savait anormal. Mme Evans s’était toujours crue imprégnée d’une sorte de savoir divin et d’une vision lui permettant de détecter le mal, ce même mal qu’elle avait trouvé chez ses enfants et qu’elle avait essayé d’éradiquer. Ce même mal qui avait gagné, à ses yeux, lorsqu’on l’avait enfermée dans l’aile psychiatrique de l’hôpital de San Francisco. Malgré le temps, les soins et la médication, la pauvre femme n’avait jamais décroché de son obsession : ses enfants avaient été contaminés par le démon et elle seule pouvait y faire quelque chose. Ainsi, d’année en année, à chaque fois que Cameron était allé la visiter, elle avait continué à travailler sur son cas, en cachette, sans que les médecins ne s’en rendent compte. Et son fils l’aidait, lui apportant livres et substances particulières, parce que, quelque part au fond de lui, Cameron croyait sa mère. Il ne pouvait pas avoir été élevé par une folle. Son enfance ne pouvait pas être un mensonge, une psychose de femme ordinaire, un dommage collatéral du cerveau dysfonctionnel de sa mère. Alors, jusqu’à sa mort lors de l’écroulement de l’hôpital à l’ouverture de la brèche, Mme Evans avait continué à essayer de sauver son fils, car elle avait abandonné tout espoir envers sa fille lorsque celle-ci l’avait attaquée pour défendre Cameron. La docilité de ce dernier avait été sa motivation à persévérer : quelque part dans ce monstre qu’elle avait mis au monde, il y avait l’enfant qu’il n’avait jamais pu être complètement.

Quand Mme Evans était morte, Cameron s’était réfugié dans le déni. Il avait semblé vivre cette étape normalement, et il en avait même parlé sans sembler particulièrement ébranlé avec ses amis de l’époque, mais il avait bloqué tout sentiment trop effrayant. Ses paroles avaient montré l’acceptation, mais son cœur s’était fermé à ce qui s’était passé. Encore aujourd’hui, il évitait de penser à la mort de sa mère et, quand le souvenir de cette femme lui venait à l’esprit, il ne ressentait que son absence de la même manière qu’il ressentait celle de Leyla : comme si elle était encore à San Francisco, menant une meilleure vie maintenant qu’il l’avait quittée.

Cameron tenait de sa mère cette tendance à être bourré de paradoxes. Mme Evans avait été constamment déchirée entre son amour de mère et ses ferventes croyances religieuses, alors que son fils était tiraillé entre qui il était et comment il devait être. D’ailleurs, même s’il s’en était tenu à rester lui-même en toute situation, le jeune vampire était si complexe et imprévisible qu’il aurait persisté à être incohérent. C’était probablement pourquoi, la plupart du temps, il préférait agir avec un contrôle excessif sur tout ce qu’il faisait plutôt que se laisser aller.

Ce soir-là, pourtant, peut-être parce que l’envie avait été trop forte, Cameron avait agi sans réfléchir et retourner cent fois la situation dans sa tête. Il avait tout de même eu plusieurs jours pour alimenter son obsession pour cette soirée jusqu’à ce qu’elle devienne plus importante que ses autres considérations. C’était donc sans remords qu’il avait rejoint Kyle sans lui avouer son identité, et c’est dans le même état d’esprit qu’il commença à s’approcher de lui et du déchet avec qui il dansait. Quelque chose de sombre s’était déclenchée en lui en voyant les deux hommes aller danser ensemble. Il vit les yeux fermés de Kyle et son sourire alors que l’autre affreux se collait sur lui comme s’il voulait devenir un motif sur ses vêtements et il se surprit à grimacer de dégoût. Ou de jalousie. Il fit naître une minuscule douleur chez l’inconnu, une douleur qui se localisa partout en même temps et cette action calma un peu sa frustration.

Une idée vint au vampire et celle-ci le fit sourire à demi. Kyle acceptait que n’importe quel inconnu fasse de lui une sorte de fille de joie? Tant pis, et tant mieux. Il en profiterait. Ce soir, il n’était pas Cameron Evans; il était un vampire, tout simplement. Un vampire qui voulait s’amuser et qui avait passé beaucoup de temps sur son costume, assez pour espérer que son ami ne le reconnaisse pas maintenant qu’il avait bu. De toute manière, s’il s’était vu, probablement que Cameron aurait eu du mal à se reconnaître tellement ce qu’il dégageait ne lui ressemblait pas : il y avait, autour de lui, une aura de danger et de mystère, quelque chose de sauvage qui donnait le vertige. Rien de l’habituel malaise qui contaminait tout air qu’il expirait.

Cameron vint donc se mettre juste devant Kyle pour danser avec lui, même si l’autre taré n’était pas encore parti, et il ne fit pas d’effort particulier pour sembler bien élevé en gardant ses distances. Il se colla contre lui sans attendre d’invitation, une main sur sa hanche et l’autre sur ton torse. Puis, après l’avoir fixé intensément de son regard rouge, il déposa sa tête sur son épaule, le visage dans son cou, le meilleur endroit pour deviner ce sang qu’il ne devait pas goûter à nouveau.

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Sam 20 Juil - 12:02

Il y avait plusieurs raisons qui poussaient Loki à vouloir un enfant légitime aux yeux de la population. Il savait que les humains n’étaient pas prêts à vivre le choc de la découverte du monde magique. Il devrait donc, comme tout humain, céder sa place et prendre sa retraite, car on attendait de lui qu’il meure, lorsqu’il serait plus vieux. Seulement, il ne voulait pas laisser le titre de maire à un autre, pas après les efforts qu’il avait mis, et qu’il mettrait encore pour le conserver. Son plan était donc de mettre au monde un enfant et de le faire aimer par la population pour que celle-ci ait envie de l’élire, une fois Logan Laufey à la retraite. Il avait déjà commencé à penser à comment il encouragerait son fils – car il savait qu’une fille aurait beaucoup plus de mal à se tailler une place en politique – à s’impliquer dans la ville. Il imaginait les bals, les organismes au nom de cet enfant, les grandes écoles… Son rejeton n’était pas encore au monde qu’il avait déjà tout décidé pour lui, et il était persuadé que Vénus n’aurait pas d’objection à ce qu’il encourage leur enfant sur le chemin menant à la réussite, à la puissance et à la reconnaissance.

Une fois son fils bien présent dans le cœur des gens de New York, Loki prévoyait simuler la mort de Logan Laufey. Cela donnerait une visibilité certaine à son futur fils et contribuerait à lui attirer l’affection du public et, de ce fait, des électeurs. Jusque là, le dieu nordique pouvait sembler être un père presque exemplaire, mais c’était sans compter la suite de son plan. Loki possédait un pouvoir de métamorphose très puissant et il comptait s’en servir pour prendre la place de son fils, une fois que celui-ci serait en voie de devenir maire, pour compléter à sa place ce parcours éprouvant, parce qu’il savait que toute erreur, même minime, une fois parvenu à cette étape, pouvait annihiler des années d’efforts. Ses efforts. Puis, une fois le jeune Laufey devenu maire, il serait temps pour lui de mourir et de laisser sa place à Loki, qui ne lui rendrait jamais son identité. Et ainsi, de génération en génération.

Loki se doutait bien que Vénus n’aimerait pas la fin de son plan, car les mères s’attachaient souvent niaisement à leurs enfants, mais il n’avait pas peur d’elle. La déesse était puissante mais, à côté de lui, elle n’était rien, surtout si elle ignorait qu’il choisirait cent fois de la tuer plutôt que risquer sa place de maire.

D’ailleurs, ce soir, il était heureux d’avoir pu revenir profiter de la fête sans ce boulet de Vénus qui aurait nécessité toute son attention. Il avait été persuadé qu’il s’amuserait jusqu’à ce que cette pimbêche vienne essayer de ruiner sa soirée et qu’elle allume en lui un feu destructeur qu’il avait maintenant envie de faire partager à toute la salle.


-Oh, je suis persuadée que Monsieur est désolé, chérie. Viens, nous allons te nettoyer un peu.

-C’est ça, Miss l’avocate, venez défendre les pauvres opprimées…

Loki sentit, dans sa main gauche, une petite boule de feu, brûlante, et il dût fermer les yeux quelques secondes pour chasser l’envie de la lancer dans les cheveux de cette sombre conne qui venait de lui enlever son défouloir. Héra se croyait toujours reine, peu importe la situation, et cette attitude acheva de le mettre hors de lui. Il fit même un pas dans la direction des deux femmes, obsédé par l’envie de faire rouler leur tête. Toutefois, un contact le retint et attira son attention. Il tourna la tête, mais dut baisser les yeux pour voir de quoi il s’agissait, car une personne beaucoup moins grande que lui s’était approchée. Pour une raison qu’il ignorait, Loki ne se dégagea pas brusquement pour poursuivre ses proies et resta là alors que la jeune femme se hissait jusqu’à lui pour lui chuchoter à l’oreille.

-Vous avez vraiment été rude envers la jeune femme tout à l’heure. Je ne crois pas qu’elle méritait tant de hargne et de méchanceté…

La main de Loki qui avait tenu la boule de feu plus tôt, et qui était sensiblement plus chaude que l’autre, se posa sur l’épaule de l’inconnue avec fermeté alors qu’il s’apprêtait à l’envoyer valser violemment au milieu de la foule.

-Elle aurait dû comprendre qu’on ne provoque pas la colère d’un…de quelqu’un comme moi.

Il avait parlé sans douceur, mais quelque chose dans la proximité de la jeune femme, ou peut-être dans son parfum, lui fit desserrer la main de sur son épaule, sans pour autant l’enlever. Il la laissa là, comme un coup ou une caresse en suspend.

-Je crois comprendre que, non seulement vous avez tout entendu, mais qu’en plus vous n’avez pas peur de moi… Pourquoi êtes-vous venue vers moi? J’ose croire que ce n’est pas dans le seul but de défendre une pauvre cruche qui renverse son verre sur un inconnu…

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Mar 30 Juil - 21:36

Kyle avait toujours été intrigue par la notion de bien et de mal. C’était au centre même de sa vie, et ce, depuis toujours. Avec son père, puis dans son projet de vengeance, et encore maintenant, alors qu’il essayait de vivre normalement, il ne cessait de se demander si c’était bien ou si c’était mal. Il se le demandait, mais savait qu’il n’aurait probablement jamais la réponse, car, comment pouvait-on dire avec certitude ce qui était bien et ce qui était mal? Puisque quelque chose peut sembler être bien pour une, alors que c’est totalement inacceptable pour une autre, et ce, pour chaque chose. Le bien et le mal était une notion extrêmement subjective, peut-être même  encore plus que la beauté, car, en effet, il était toujours possible de dire que tel ou tel critère était plus important que tel autre, lorsqu’on jugeait de la beauté d’une personne. Les yeux, par exemple pouvait facilement être plus importants que la taille d’une personne afin qu’on la trouve belle. Par contre, essayer de trouver des standards du genre pour déterminer le bien et le mal était beaucoup plus ardu. Réussir à établir une majorité dans ces situations était beaucoup plus irréaliste. Et pourtant, cela faisait partie d’une des obsessions de Kyle.

Le bien et le mal étaient en fait reliés aux apparences. On se demande si ce qu’on fait est bien ou mal pour savoir ce que les autres vont penser de nous. La société impose un mode de vie de dépendance aux apparences, en mettant des règles et des valeurs. Un code de conduite suggestif et aléatoire sert de point de départ aux plus démunis, mais peut également servir de point central pour ceux qui voudraient calquer la vie parfaite imaginée par les hauts placés de la société. Kyle mordait parfaitement à cet hameçon. Kyle souhaitait seulement mener enfin une petite vie rangée et tranquille. Il ferait donc tout pour bien paraître et passer pour le gentil. Il ne voulait pas être celui qu’on pointe du doigt, qu’on méprise, qu’on évite, qu’on craint, qu’on délaisse et qu’on traite de différentes horreurs. Il voulait être celui qu’on aime, qu’on veut connaitre, qu’on admire et qui nous inspire confiance. Kyle calculait toujours avec le plus grand soin le moindre de ses gestes, afin que chacun de ceux-ci soit perçu comme étant du côté du bien. Si quelque chose ne lui semblait pas parfaitement équilibré en faveur du bien, il ne le faisait pas. Ou alors il trouvait un moyen détourné de le faire, soit en trouvant un compromis pour le faire lui-même, soit en le faisant faire à Chloe.

Ce soir-là, encore une fois, l’idée de poursuivre la soirée aux côtés d’un jeune homme qui l’avait embrassé comme une bête endormie lui était venue simplement du fait que celui-ci devait être malade, selon les conclusions de Kyle. Ainsi, simplement pour se donner bonne conscience et un peu de plaisir à ce malade, Kyle avait décidé de lui accorder un peu de son temps. De toute façon, ce n’était pas comme s’il attendait quelqu’un. Cameron avait été très clair et Kyle avait décidé d’essayer de s’amuser. Si cela n’avait pas été du fait qu’il était persuadé que son cavalier était gravement souffrant, il ne l’aurait jamais entraîné sur la piste de danse et n’aurait jamais continué la soirée avec lui. Il serait même surement retourné chez lui, déçu d’y être seul. Alors, quand le jeune homme derrière lui se plia brusquement en deux en se tenant le ventre et en se crispant de partout, Kyle comprit qu’il avait pris la bonne décision. Cette vague de douleur ne dura que quelques secondes, mais celles-ci furent suffisantes pour convaincre Kyle de son choix.

Alors que le Harrisson avait l’intention de prendre les mains de l’autre jeune homme et de les mettre sur ses hanches, il remarqua la présence d’un autre jeune homme. En fait, celle-ci fut plutôt imposée à Kyle, mais il ne s’en plaignit pas. Le nouveau venu dégageait une énergie sombre, mystérieuse, inquiétante et cela plaisait encore plus à Kyle que de faire le bon samaritain avec un jeune homme qui devait vouloir faire pitié, au fond. Ayant absorbé une quantité d’alcool non-négligeable, sans que cela affecte complètement ses facultés, Kyle concentra toute son énergie sur le nouveau cavalier. Le contact de ses mains sur son corps, ainsi que la proximité de leurs corps et de leur visage lui donne le vertige. Le regard qu’ils échangèrent le mit tout à l’envers. Il lui semblait vaguement qu’il le connaissait, qu’il pourrait le reconnaître, mais cette impression fut vite éteinte. Kyle ne savait pas si c’était tout le personnage, le masque ou simplement les lentilles cornéennes rouges qui lui faisaient cet effet, mais il en était très content. Il se sentait revivre, grugé par un feu ravageur de passion. Sa respiration s’accéléra et il serra plus fort contre lui le corps du nouveau danseur. Comme pris d’une fièvre, il prit le menton de l’autre homme entre ses doigts et le souleva vers le sien. Il plongea une fois de plus son regard dans le sien, en ayant encore ce vague sentiment étrange de le connaitre, puis ferma les yeux et posa sa bouche contre celle de l’inconnu aux yeux rouges.

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Mer 31 Juil - 15:22

Miko tenait à la vie. Quoique cela ne paraisse pas toujours dans sa manière de vivre, de se mêler des affaires des autres ou de défier les règles. Depuis qu’elle était lycan, elle profitait pleinement de la vie. Passer aussi près de la mort nous fait souvent réaliser à quel point on a envie de vivre, au fond. Miko avait traîné sa maladie toute sa jeunesse et n’avait jamais pu vivre comme les autres. Jadis, elle souffrait au moindre effort, tellement ses organes étaient affectés par la maladie. Celle-ci rongeait la jeune femme et la faisaient sombrer au plus profond du désespoir et de la solitude. Quel enfant voudrait venir jouer à faire des casse-têtes dans une obscurité intense, alors qu’il faisait un temps radieux dehors? Aucun. Miko elle-même ne se serait pas ainsi dévouée à un autre enfant si elle avait été comme les autres. Certains médicaments et quelques dispositions avaient réussi à faire croire aux Snøhvit que la maladie pouvait être supportable. Alors, la mort avait été longue à venir. Miko se souvient encore aujourd.hui avec un frisson sinistre lui parcourant l’échine de la douleur qu’elle avait ressentie pendant les dernier milles de sa vie d’avant. Quand son grand-père l’avait mordue pour la transformer en loup-garou et ainsi lui permettre de vivre, Miko ne l’avait presque pas senti. Puis, la douleur qu’elle connaissait s’en était allée, pour faire place à une nouvelle. Celle de la force des lycans qui se répandait dans son sang à 150 km/h, lui donnant l’impression qu’elle allait éclater. Même si, les premiers mois, elle en avait voulu atrocement à son grand-père de lui avoir fait subir la transformation, aujourd’hui elle ne le regrettait plus. D’ailleurs si Blanca Snøhvit était encore présent au sein de la meute de New-York, Miko lui dirait chaque jour à quel point elle lui en est reconnaissante. Cependant, depuis le départ de son grand-père, elle se devait de simplement les lui envoyer en pensées.

Elle profitait donc au maximum de la vie, en se créant bien souvent ses propres règles de conduite. La jeune fille avait depuis longtemps laissé tomber l’idée de devoir suivre un couvre-feu, par exemple. Elle rentrait chez elle à l’heure qu’il lui plaisait, surtout si elle était en boite. Et il lui semblait d’ailleurs que toutes les sensations étaient encore meilleures. Évidemment, ses pouvoirs de louve aidaient beaucoup à cette impression. Mordre à pleine dent dans la vie, c’était ce qui importait à Miko. Vivre intensément, comme tous les autres jeunes de son âge était ce qui pouvait la rendre la plus heureuse en ce moment. Elle ne demandait rien de plus que d’être comme les autres, et ce, depuis sa tendre enfance. Recluse et enfermée dans une maison jusqu’à sa quasi mort, elle sortait maintenant le plus longtemps possible et se délectait de tout ce qu’il lui arrivait. Elle voyait chaque moment comme une immense vague de bonheur qui la transperçait et l’amenait vers de nouvelles découvertes. Elle se laissait ainsi bercer par chaque nouvelle odeur, chaque nouveau son, chaque nouvelle saveur, chaque nouvelle couleur, chaque nouveau reflet, chaque nouvel endroit, chaque nouvelle activité. Elle se laissait aller dans sa contemplation, car elle savait que la vie était faite de petits bonheurs simples. Et ça s’oubliait trop facilement de nos jours…

La soirée qui se déroulait était une occasion exceptionnelle pour Miko de profiter de la vie. Elle y avait une foule de couleurs, saveurs, odeurs, à découvrir et à se laisser plonger dedans. D’ailleurs, la proximité du corps de l’autre homme donnait une dose assez impressionnante de nouvelles sensations dans le corps de Miko. Le parfum, la poigne de fer, la chaleur, le contact de leurs peaux, la couleur de ses yeux, le timbre de sa voix… La jeune femme devait se contrôler beaucoup plus qu’à l’habitude pour ne pas complètement fondre devant tant de stature, de grâce et de charme. Miko se sentait un peu comme une adolescente qui découvrait les plaisirs pour la première fois tellement l’homme la mettait dans tous ses états, mais elle devait absolument se concentrer puisqu’elle ne devait pas oublier qu’il était rude et qu’il lui ferait surement du mal…


-Elle aurait dû comprendre qu’on ne provoque pas la colère d’un…de quelqu’un comme moi.

Miko était persuadée que ce lapsus n’était pas une simple coïncidence. Miko avait beau chercher sous les effluves du parfum, elle ne décelait ni vampirisme ni lycanthropie chez l’homme tout contre elle. Qu’était-il alors?

-Je crois comprendre que, non seulement vous avez tout entendu, mais qu’en plus vous n’avez pas peur de moi… Pourquoi êtes-vous venue vers moi? J’ose croire que ce n’est pas dans le seul but de défendre une pauvre cruche qui renverse son verre sur un inconnu…

*Eh merde!* Le cerveau de Miko fonctionnait à vive allure afin de réussir à se sortir de ce pétrin. Elle ne pouvait tout de même pas avouer qu’elle était une lycan et qu’elle était tout simplement imbécile parfois. Surtout pas à un homme aussi séduisant.

-Vous parliez si fort que c’était facile de tout entendre, mais je ne suis nullement impressionnée par vous, il m’en faut bien plus! Et, en toute honnêteté, j’espérais, en fait, que mon charme suffirait à vous changer les idées et vous redonner une certaine… joie de vivre?

Miko pressa un peu plus son corps contre celui de l’autre homme, sans pour autant devenir vulgaire…

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MessageSujet: Re: Soirée Cabaret [TERMINÉ] Ven 2 Aoû - 22:09

L’un des problèmes de Cameron, et il s’agissait d’un problème fréquent chez les personnes qui devaient tout contrôler de leur vie, était que, lorsqu’il se laissait aller, c’était de manière totale, voire même exagérée. Il ne faisait rien à moitié quand il oubliait de surveiller de ne pas avoir l’air d’en faire trop. Donc, ce soir-là, c’était avec son look de star, son attitude et ses yeux rouges qu’il s’était rendu au cabaret alors qu’en temps normal, il n’aurait jamais envisagé d’être si facile à remarquer et, surtout, de sortir sans ses précieuses lentilles bleues.

Cameron allait parfois à des fêtes ou dans des bars. Il sortait s’amuser, buvait un peu et discutait avec d’autres personnes. Toutefois, il le faisait toujours en gardant la tête froide. Il n’exagérait pas sur l’alcool et rentrait généralement pour l’heure du couvre-feu. Il essayait de ne s’attirer aucun problème avec les autres personnes qui prenaient du bon temps au même endroit que lui et fuyait les bagarres, même si on le provoquait et même si, souvent, il pouvait facilement gagner contre un adversaire humain. Il suffisait cependant qu’il perde patience, qu’on le pousse au-delà des limites au point qu’il oublie de tout contrôler de ce qu’il faisait. Quand le jeune Evans se retrouvait dans cet état, toute sa conscience, les valeurs de sa mère, la culpabilité de laquelle il se délectait à répétition, tout ce qui faisait de lui une personne acceptable à ses yeux s’écrasait pour laisser place au monstre. Alors, la violence l’aveuglait et il lui arrivait de faire de terribles bêtises.

C’était peut-être justement cette sorte de violence latente qu’il trimballait toujours à l’intérieur de lui qui avait motivé tout son petit jeu de ce soir-là. Ce devait être d’elle que provenait cette énergie sinistre et envoûtante qui émanait de lui. Il pourrait peut-être même la blâmer, plus tard, pour avoir menti à Kyle et, surtout, pour avoir profité de la situation pour aller danser avec lui, ce qu’il se serait interdit s’il n’avait pas été caché sous cette identité mystérieuse d’homme en blanc. Ou s’il avait accepté de danser avec son ami, sa manière de le faire aurait été totalement différente, et il se serait tenu bien plus loin de son cou.

Cameron songea à mordre l’autre homme alors qu’il en était si proche et que cela s’avérait si facile pour lui. Le vampire avait envie de mordre, déchirer la chair, être si proche de sa victime que personne d’autre ne pourrait prétendre avoir le droit de s’en approcher. Cependant, la sensation de l’étreinte de Kyle qui se resserrait un peu plus sur lui le ramena un peu à la réalité, juste assez pour qu’il se souvienne qu’ils étaient tous deux au milieu de la foule. Il inspira néanmoins profondément, se concentrant sur l’odeur de l’autre homme; son sang, sa peau, ses cheveux. Ne faisait-il pas extrêmement chaud dans ce casino?

Kyle lui souleva le menton et vrilla son regard clair et hypnotisant dans le sien et, étrangement, Cameron n’eut pas envie de détourner les yeux, comme il avait l’habitude de le faire. Il fuyait souvent le regard de son ami parce que quelque chose au fond de lui n’était pas capable de le soutenir. Ce soir, il en était capable et, même si un effrayant vertige prenait possession de lui, il le fixait sans baisser les yeux.

Lorsque les lèvres de Kyle se posèrent sur les siennes, le mystérieux personnage à l’aura de danger battit rapidement en retraite et Cameron tel qu’il se connaissait prit sa place. Habituellement, ce Cameron aurait gentiment repoussé Kyle, avec un malaise évident, et il aurait quitté la piste de danse. Seulement, le mal était fait : le contact avait eu lieu. Les lèvres si douces de son ami avaient touché les siennes et, comme il restait encore en Cameron les braises de ce feu qui avait tenu en vie l’homme en blanc, il serra Kyle contre lui en mettant un enthousiasme évident au baiser. Il laissa la passion l’étourdir un certain temps, faire valser toute la pièce, toute la ville, tout son monde. Puis, il mit fin au baiser, doucement, en laissant sa main caresser le cou de Kyle, là où il avait eu envie de le mordre quelques minutes plus tôt, et il laissa son regard transpercer celui de l’autre homme alors que sa main quittait doucement son cou pour glisser sur son torse. Il recula lentement et ses lèvres formèrent un
« Au revoir. » silencieux alors qu’il se faufilait parmi la foule, utilisant son pouvoir de furtivité pour empêcher Kyle de le retrouver.

Le jeu était terminé. Les participants avaient transgressé une règle très importante : garder son rôle. L’homme en blanc avait cédé place à Cameron, le temps d’un baiser, et tous deux devaient rentrer chez eux. Le perdant, abandonné sur la piste de danse, n’avait même plus le pion de substitution pour se consoler, car celui-ci avait fui devant le mystérieux personnage vêtu de blanc. Il semblait que la solitude avait encore gagné la partie.

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