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Mes yeux l'aiment [TERMINÉ]

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Policier badass et mal engueulé
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MessageSujet: Mes yeux l'aiment [TERMINÉ] Lun 2 Sep - 20:16

Je suis planté là, à cette table, et je lui regarde les fesses. Merde. Je dois avoir l’air d’un total obsédé sexuel. Je détourne les yeux et je fixe ma bouteille d’eau. Aux yeux de quiconque me voyant, dans un bar, tout seul devant ma bouteille d’eau, je passe pour un AA particulièrement masochiste. Je ne bois pas. Jamais. Il y a des années que je n’ai pas touché une goutte d’alcool et ce n’est pas par peur de tomber dans une dépendance qui n’a jamais été mienne.

Adolescent, j’ai fait le con, souvent. Je me suis saoulé la face pas mal de fois. J’ai bu à en oublier ma soirée, voire même mon nom. J’ai bu au point de me réveiller dans une autre ville sans savoir comment je m’y étais rendu. J’ai fait la fête avec des amis avant d’avoir l’âge légal de boire et je me suis bien amusé. Après la naissance de Mégane, j’ai moins joué à l’imbécile, mais j’ai gardé une place pour mes amis et pour le plaisir dans ma vie. Je ne voulais pas me perdre dans mon rôle de père de seize ans et essayer de me faire passer pour plus responsable que je l’étais. J’ai quand même fait de mon mieux pour être un bon père, le peu de temps que j’ai eu le droit de l’être. J’ai joué avec des poupées et porté des barrettes de toutes les couleurs, ce qui faisait bien rire ma mère…sans parler de ma sœur qui appréciait tellement mon côté féminin. J’ai fait sourire ma fille des centaines de fois et c’est ce sourire-là qui me reste dans la tête quand je pense à elle.

Pour l’alcool, si je ne bois plus, c’est justement pour Mégane. Je sais bien que ça ne la ramènera pas, mais c’est le peu que je peux faire pour me distancer de celui qui a éteint son sourire. Je ne voudrais jamais être celui qui a trop bu et qui ramasse une petite fille avec le pare-choc de son camion. La mort a aigri toutes les boissons, étendant son ombre invisible à chaque fête, et maintenant je hais la moindre bière qui me passe sous le nez, le moindre shooter qui se renverse sur une table, la moindre coupe de vin qu’une petite vieille s’envoie en avant de sa vieille télé. Parce que l’homme qui a tué ma fille pleurait à son procès, presque autant que moi à l’enterrement. Je lui ai souhaité la mort, mais pas par vengeance. Aux yeux qu’il avait, il m’a semblé que c’était la seule manière de le délivrer. C’est un homme qui me ressemblait que j’ai vu partir pour la prison, un homme qui ne savait plus à quoi se rattacher pour se tenir debout.

Alors ce soir, je suis là, dans un bar de strip-tease, une bouteille d’eau tiède devant moi sur la table et le regard coupablement affamé sur les filles de la place. Je suis un homme et je n’arrête pas de l’être parce que l’idée de faire une crise de douleur en plein acte sexuel me fait repousser presque toutes les femmes qui s’approchent de moi.

Plus que toutes les autres, je regarde Deborah. Deborah Lackey, un problème dans ma vie, mais un problème que je regarderais à m’en aveugler. À m’en faire tomber les yeux. Cette fille a quelque chose d’indescriptible qui va au-delà de son corps, indéniablement parfait, qui m’hypnotise. Elle me tue à petit feu et j’aime ça. Je reviens toujours la voir, même quand elle me fait chier, même quand elle me fait peur. Je ne me souviens d’aucune personne m’ayant fait cet effet. Je sens qu’il faudrait que je la déteste, parce qu’elle a cette noirceur en elle, une part d’ombre qui dépasse de loin celle d’une personne normale, mais je suis certain que je ferais n’importe quelle connerie si je devais choisir entre mon intégrité et sa vie.

Elle termine son numéro et j’ai envie de me cacher derrière ma bouteille d’eau parce que je me rends compte qu’elle se dirige vers moi, mais deux faits physiques et incontournables m’en empêchent : la bouteille est transparente et je suis vraiment plus gros qu’elle. Calvaire. Je ne sais plus ce qui m’a pris de venir ici. J’aime l’endroit et j’y viens depuis longtemps, mais depuis que Deborah a commencé à être dans ma tête presque tous les jours, je suis comme gêné. D’avance, pour un petit gars bien élevé, des filles avec un pourcentage élevé de peau nue, ça n’aide pas à se mettre à l’aise. Mes yeux ne regrettent cependant jamais ma décision de venir au Velvet Dream. Étrange, non?


-Hey Deborah…beau numéro.

Je prends une gorgée d’eau, ce qui me donne beaucoup moins de style que si j’avais bu du whisky.

-Et toi…du neuf?

Small talk qu’ils disent en anglais. Je suis bon là-dedans, smalltalker.
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MessageSujet: Re: Mes yeux l'aiment [TERMINÉ] Mar 1 Oct - 14:28

Je faisais littéralement sensation, ce soir-là, au bar. Vêtue d’une brassière à paillette noire, qui descendait d’environ cinq centimètre de plus que la normale sur mon corps, avec une mini jupe à volants noirs, de laquelle on voyait facilement le galbe de mes fesses sans même que je ne bouge, bas résilles et hautes bottes de cuit à talon aiguilles, je me sentais encore plus belle qu’une déesse. Les soirs où j’ai le moins le moral sont les soirs où je suis la meilleure. J’étais fatiguée, carrément épuisée. Je ne savais même pas comment je faisais pour tenir debout. Je n’avais presque pas dormi la nuit dernière et étais debout depuis quatre heures du matin. Crises de panique, entraînement, logistique, comptabilité, nouvelles réglementations de la ville, entraînement, entrevues, répétitions, entraînement, préparation pour la soirée… ça avait été ma journée. Je devais me garder occupée si je ne voulais pas trop penser. Aujourd’hui, c’était l’anniversaire de ma sœur… du moins ça l’aurait été si elle n’avait pas été morte pour moi. Je n’arrivais pas à lui pardonner, malgré toutes ces années, ma rage et ma douleur de sa trahison restaient présentes. Bien sûr, elles avaient changées, puisque c’est impossible de garder la même émotion pendant si longtemps. Une émotion, positive ou négative, finit toujours par changer avec le temps. Un deuil ne peut pas nous faire aussi mal après plusieurs années, une joie ne peut pas rester la plus grande de notre vie après plusieurs années non plus, puisqu’on continue à vivre, à évoluer, à changer. On s’habitue à l’absence de la personne, on comprend les raisons de sa mort, on se refait une vie, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’on l’oublie. Seulement, on a moins mal. Tout comme on finit par vivre quelque chose d’encore plus plaisant que la dernière grande joie qu’on a vécu et on relègue l’autre au second plan. Le temps guérit les blessures, il les fait cicatriser. Le temps n’arrange pas tout, c’est vrai, mais il s’arrange pour qu’on accepte finalement ce qui nous arrive. Seulement, je sentais encore un feu destructeur et une douleur vive dans ma poitrine quand je repensais à ce que cette immonde créature nous avait fait.

Je tourbillonnais, ondulais, grimpais, rampais, sautais, me caressais, utilisais le poteau et faisais de la gymnastique comme jamais. J’étais comme possédée, la musique était mon démon et il avait pris le contrôle de mon corps, encore une fois. Le seul moyen de m’exorciser était d’aller jusqu’au bout de la chanson… Je dansais comme si c’était tout ce que je savais faire, comme si le plus grand recruteur était dans la salle et que c’était ma seule et unique chance de lui attirer l’attention. Je dansais comme si ma vie en dépendait, comme si on allait me couper les jambes si je ne faisais pas une roulade de plus. Je dansais comme si c’était la dernière fois, comme si je savais que j’allais mourir dans les prochaines heures. Je dansais surtout comme si personne ne me regardait. Même si je savais très bien que Charles Demers était au bar et qu’il avait les yeux fixés sur moi, encore. J’essaie de ne pas trop le regarder, je sais que ça le met encore plus mal à l’aise. Alors, je laissais le démon reprendre le contrôle et je m’abandonnais à ne pas penser à ce que je faisais et à qui me regardais. Je ne dansais pas pour faire plaisir aux hommes et aux femmes présents dans le bar, la plupart assis sur leurs chaises style victorien, à me regarder avec les yeux plein d’étoiles, d’envie et de désir. Je dansais pour moi, pour me prouver que j’étais belle, pour me prouver que je ne faisais pas tous ces sacrifices pour rien, pour me montrer que mon entraînement rigoureux valait la peine, mais surtout pour me rappeler que j’étais en vie. Et que je n’avais rien à envier à personne. Quand j’avais le cafard, j’avais besoin de me rappeler à quel point j’avais fait du chemin et à quel point mon existence était parfaite. Je ne devais rien regretter, surtout pas une idiote qui avait préféré se sauver la peau que de rester avec sa famille. *Salope d’égoïste!* Je terminai donc mon numéro sur cette pensée, en faisant un grand écart très suggestif. Je descendis de la scène, m’épongeai rapidement le visage, recevais quelques félicitations, quelques pourboires et marchai directement vers mon policier préféré.


-Hey Deborah…beau numéro.

J’étais toujours fascinée par le fait qu’il ne buvait jamais. Je n’étais pas certaine de comprendre les raisons, le fait d’être policier ne fait pas de toi quelqu’un de sobre. Je veux dire… plusieurs membres du corps policier viennent régulièrement ici et repartent en taxi parce qu’ils peuvent à peine marcher, alors à moins qu’il ne soit vraiment zèlé… Mais donc, ça me laissait perplexe de savoir qu’il venait et repartait d'ici complètement lucide, avec toute sa capacité de concentration, de sincérité et de mémoire…

-Merci, Charles! Je l’ai fait en pensant à toi…

Je lui fit un clin d’œil et me commanda un verre de vodka-canneberges. J’étais assoiffée!

-Et toi…du neuf?

Comme ça, il me la faisait façon smalltalker ce soir…? Il était craquant. Il semblait tenir sa bouteille d’eau comme si c’était la bouée de sauvetage la plus efficace au monde, en cas de tempête en pleine mer. Je l’adorais.

-Ça aurait été la fête de ma sœur aujourd’hui si elle n’était pas morte… sinon… la routine quoi!? Et toi, sexy?

Comme tous les tabourets du bar étaient pris, je m’était glissée entre celui de Charles et un autre, faisant attention de bien plaquer ma poitrine contre lui, pour m’avancer contre le bar, puis m’étais hissée sur celui-ci. J’étais donc assise sur le bar, les jambes croisées, pratiquement de face à Charles, en buvant mon succulent cocktail et en lui faisant les yeux doux.
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MessageSujet: Re: Mes yeux l'aiment [TERMINÉ] Dim 20 Oct - 19:39

Je sais reconnaître quand une femme est bien habillée, mais je suis loin d’être un spécialiste de la mode. J’aime porter mon uniforme parce que je sais qu’au moins, vêtu de cette façon, j’ai beaucoup de classe. Quand je ne suis pas en service, je porte habituellement un jean et un t-shirt uni, quelque chose de bien ordinaire. Je ne suis pas de ceux qui passent une heure à se coiffer ou qui se paient des crèmes miracles. Il y en a quelques uns dans ce genre-là qui travaillent avec moi et, bien que beaucoup de femmes leur trouvent du charment, je n’arrive jamais à les prendre au sérieux. Je les trouve homos.

Bon bon bon… Instaurons ici un fait important : je n’ai rien contre les homos. Comme la plupart des hommes ordinaires, je suis mal à l’aise avec une grande folle, mais ,mon homophobie s’arrête là. Je ne pense pas que c’est une tare d’aimer une personne du même sexe que soi et je suis très ouvert à l’idée que deux hommes s’embrassent devant moi, même si je deviens un peu crispé si ça arrive. J’essaie toujours d’avoir l’air naturel pour ne pas les embarrasser avec ma propre gêne qui, franchement, n’est pas leur problème, mais le mien. Si deux femmes sont proches l’une de l’autre, par contre… Bref, je suis assez banal à ce niveau-là. Une femme, c’est bien, deux, c’est mieux!

J’ai parfois l’air gay, pendant qu’on en parle. Je suis ami avec un gars d’ici, un journaliste plein de classe et de gentillesse qui, naturellement, a l’air tout à fait homo. Il ne l’est pas (et même s’il l’était, ce ne serait pas de mes affaires), mais tout le monde le fait chier avec son orientation sexuelle et il se fait même repousser par des filles qui le ridiculisent parce qu’il n’est pas assez macho à leur goût. Encore une preuve que les femmes ne savent pas ce qu’elles veulent : on est toujours trop ou pas assez. On gueule trop fort ou on ne parle pas assez. On est débile ou ennuyant, trop entreprenant ou coincé comme un grand-père, obsédé par la réussite ou pas assez ambitieux… Anthony Redfield n’est pas assez viril et d’autres n’ont aucune sensibilité. Moi, je manque de sérieux et, en même temps, je ne sais pas assez m’amuser. Une fille m’a dit ça il y a quelques mois, parce qu’elle trouvait que je ne dis que des stupidités et que je refuse de faire des folies alors que je suis en service.

Bref, j’ai parfois l’air d’être en couple avec Anthony, même si on ne se minouche pas ni rien. Ça l’ennuie énormément, mais ça me fait bien rire. Je ne me cherche pas de petite amie à cause de mes problèmes de santé. Donc, perdre des chances avec une femme ou une autre ne me fait pas trop de peine. Mon petit journaliste rage un peu parfois…à cause de moi. Parce que je ne me gêne pas pour lui donner de petits surnoms en public. Ça me fait trop rire.

Il y a un bout de temps que je songe à emmener Anthony au Velvet Dream mais, en même temps, je ne sais pas si j’ai envie de voir un type que je connais ici. Ça et il y a le fait que mon ami journaliste risque d’être gêné. Je le vois bien, tout rouge alors que Deborah se penche vers lui en lui donnant une bonne vue sur sa poitrine.


-Merci, Charles! Je l’ai fait en pensant à toi…

Je souris, mais je suis certain que mon malaise est visible. D’un côté, j’adore ce qu’elle vient de me dire. En même temps, je sais qu’elle doit servir cette réplique à tous les clients qu’elle va saluer, sans compter que je me torture en venant ici en sachant que je vais repartir la tête pleine de fantasmes pour regagner un lit vide. Enfin, un lit avec un énorme chien dedans, mais ça n’a vraiment rien d’érotique.

-Ça aurait été la fête de ma sœur aujourd’hui si elle n’était pas morte… sinon… la routine quoi!? Et toi, sexy?

Ses paroles mettent une éternité à faire le chemin entre mes oreilles et mon cerveau, parce que ce dernier est complètement absorbé par le déplacement de son sublime corps. Je retiens mon souffle alors que ses seins entrent en contact avec mon torse, à peine quelques secondes, mais suffisamment longtemps pour que je sache qu’il y a très peu de rembourrage dans sa tenue.

Je garde les yeux fixés sur ses jambes quelques secondes avant de prendre une gorgée d’eau pour me remettre sur les rails de la conversation.


-Ta sœur est morte?

Bravo pour le tact et la subtilité, Charles. Mais quel homme sensible tu fais!

-Désolée…je veux dire…

Voilà que je bafouille. Je murmure vivement : « Calice. »

-Je veux dire que je suis désolé. Et que j’espère que ce n’est pas trop difficile pour toi.

Nouveau sourire plein de malaise. Je suis un tombeur, y a pas à dire.


Dernière édition par Charles Demers le Mer 27 Nov - 10:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mes yeux l'aiment [TERMINÉ] Sam 23 Nov - 16:50

En ce moment, avec la vue que j’avais sur mon bar, j’étais heureuse. Les visages souriants, les corps mouvants, les employés qui ondulaient leur corps sur la scène, les éclats de rire, l’alcool qui coulait à flot, le brouhaha sous la musique qui jouait… Toute cette effervescence me rendait folle de joie. En effet, je pouvais enfin dire que j’avais accompli quelque chose de grandiose. Avec l’enfance que j’avais eue, les perspectives d’avenir n’avaient jamais été très reluisantes. À l’époque, il n’y avait que deux ou trois métiers d’envisageable. Les jeunes hommes venant de famille plus fortunés et, parfois, les plus intelligents avaient un peu plus de choix, mais pour les femmes, c’était soit être une bonne épouse au foyer (souvent d’un mariage forcé), soit être religieuse ou alors être prostituée. Par contre, si on choisissait la dernière option, la famille nous reniait. Nous devenions alors seules au monde. Alors voilà, je ne pensais jamais pouvoir diriger un endroit aussi grand et aussi populaire que le Velvet Dream. C’était un accomplissement incroyable! Heureusement pour moi, donc, les choses avaient changé depuis le temps de la peste noire. En plus, avec Atara à mes côtés, tout était parfait. Ma sœur était pratiquement tout ce dont j’avais besoin pour être heureuse. Quoique, ce joli policier en face de moi ajouterait forcément à mon plaisir!

Étant propriétaire du bar à plaisir le plus populaire de la ville, je me devais d’être toujours bien mise. La prospérité de l’entreprise familiale en dépendait. Le Velvet Dream était reconnu pour son professionnalisme et sa classe. Les propriétaires devaient donc bien représenter l’esprit de leur entreprise, et ce, en permanence. Parfois, je l’avoue, c’était lourd d’être parfaite. Les gens qui vous admiraient, vous adulaient, ce n’était pas si pire que cela. Le pire, c’était les regards constants sur soi. Les regards envieux des autres femmes qui auraient tant voulu être comme moi, le regard lubrique des hommes d’affaires, le regard vitreux des jeunes hommes en première rangée. De jour comme de soir, les regards étaient toujours braqués sur ma sœur et moi. J’avais souvent l’impression de n’avoir aucune intimité, aucune porte de sortie. Peu importe ou j’allais, je me faisais toujours regarder. C’était lourd! Vraiment! En même temps, je dois avouer que j’en avais besoin. Tous ces regards étaient tellement flatteurs. Ils me portaient, me redonnait un souffle de vie. C’était absolument grisant d’avoir tous les regards sur soi en permanence, d’attirer l’attention, d’arrêter des conversations, et ce, simplement en entrant dans une pièce ou en marchant dans la rue. Après tout ce temps que j’avais passé invisible, la vie que je menais en ce moment était la meilleure thérapie.


-Ta sœur est morte? Désolé…je veux dire…

Le trouble de Charles était apparent et tout à fait charmant. Je ne pus m’empêcher d’afficher un petit sourire moqueur. Non pas que je riais de son malaise, mais c’était plus un sourire nerveux, pour exprimer le trouble que je ressentais à deviner l’effet que je faisais au magnifique homme des forces de l’ordre devant moi. Peu d’hommes attiraient réellement mon attention plus que quelques secondes, particulièrement si je n’étais pas obligée de leur faire les yeux doux parce qu’ils étaient des clients importants de mon gagne-pain. Cependant, Charles avait quelque chose d’irrésistible, qui m’attirait plus qu’il ne le faudrait. J’avais aussi remarqué que je ne me comportais pas avec Charles comme avec les autres. Je lui accordais beaucoup de mon temps, de mes pensées, de mes paroles. Je ne le traitais pas du tout comme tous les autres hommes qui n’avaient de moi que le même sourire et une petite caresse sur le bras. Je faisais la conversation avec lui, je m’amusais, je lui donnais même la bise quand on se quittait… J’aimais passer du temps avec lui. Tout redevenait simple et j’avais l’impression d’avoir moins l’obligation d’être Deborah Lackey la femme d’affaires parfaite et que je pouvais me permettre d’être simplement Deborah. D’ailleurs, même si je le nierais si on me questionnait à ce sujet, je cherchais toujours Charles des yeux quand j’entrais sur scène… Charles me fascinait et me faisait un effet certain.

-Je veux dire que je suis désolé. Et que j’espère que ce n’est pas trop difficile pour toi.

Il était trop charmant. Je posai mes yeux sur lui et lui fit un sourire réconfortant. Puis, sans que je ne sache trop pourquoi, je mis ma main sur son visage. Ma paume à la fin de sa mâchoire, les doigts vers sa nuque et le pouce qui caressait sa joue. Cela ne dura que quelques instants, mais je dus retirer ma main parce que j’avais une sensation de brûlure dans ma paume.

-T’inquiètes pas pour moi, Charles… Ma sœur était une vraie salope. Et, en fait, elle n’est pas cliniquement morte pour vrai, c’est juste que… Symboliquement, pour moi, elle est enterrée depuis bien longtemps…

Pendant une seconde, mon regard s’obscurcit. Je ne me sentais plus dans le moment présent. J’étais de retour à l’heure de la peste noire. Devant moi, il n’y avait plus l’établissement qui me rendait si fière, c’était la vieille maison familiale. Nous n’étions plus que nous cinq, certains plus amochés que d’autres, tous suffoquant et luttant pour notre vie. C’était juste avant qu’Esther ne meure. Quand Esther nous avait trahis, elle avait signé son arrêt de mort.

-Mais assez parler de cette conasse… Buvons!

Je me tortillai sur le bar, question de repérer mon employé qui se trouvait dans mon angle mort, puis je fis un signe à Shawn, le barman, qui m’amena une rangée de shooters de bourbon et une série qui étaient remplis d’eau. Je l’aimais bien ce barman. Efficace, joli et rapide du cerveau. Il faisait un maximum de pourboires aussi. J’avais bien fait de l’engager. Aujourd’hui, c’était un des meilleurs! Et dire qu’Atara avait douté de ses compétences au tout début…

-Tu veux boire à quoi?

Je pris un shooter de bourbon et lui en tendis un qui ne contenait que de l’eau.

-Moi, je voudrais boire à ta beauté… Allez! Cheers!

Je bus d’un trait ma ridicule quantité d’alcool en balançant ma tête vers l’arrière. En avalant et en sentant le breuvage couler dans ma gorge, j’eus une petite grimace. Puis, je fis mon plus grand et mon plus beau sourire à Charles, en décroisant et recroisant de l’autre côté mes jambes.

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Toi, tu es mon autre
La force de ma foi
Ma faiblesse et ma loi
Mon insolence et mon droit

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MessageSujet: Re: Mes yeux l'aiment [TERMINÉ] Dim 1 Déc - 20:28

Je ne comprends pas pourquoi j’arrive à être si comique même quand je suis sérieux. Et ça ne m’insulte même pas. J’ai d’ailleurs envie de tirer la langue à Deborah, tel un grand enfant de cinq ans et demi, quand je la vois sourire à mes excuses concernant la mort de sa sœur. Je ne vois pourtant pas ce que j’ai dit de si drôle… C’est en plein moi, d’ailleurs, de ne pas tout capter de la conversation quand celle-ci a lieu avec une belle femme. Comme tout homme ordinaire, je deviens encore plus con (déjà que j’ai quand même une longueur d’avance dans ce domaine-là).

Je suis habituellement un homme confiant et désinvolte. J’aime rire, blaguer, faire des imbécilités, surtout si je me retrouve avec des amis. Quand il est question d’une fille, par contre, plutôt que faire des imbécilités, je SUIS imbécile. Il y a une grande marge entre les deux. On dirait que je ne sais jamais quoi dire pour être intéressant. Plus la fille est belle, moins mes facultés de communication sont effectives. Donc, avec Deborah, je me sens généralement comme un débile profond qui n’a appris à parler que depuis douze minutes et qui, franchement, en arrache pour sortir des mots qui font du sens.

Il y a l’anglais, aussi. Ma langue maternelle est le français et, si je parle très bien anglais, le faire ne me vient pas naturellement. Il faut toujours que je me souvienne, si j’aborde une personne, que je ne dois pas le faire en français et, de temps en temps, quand je dis un tonitruant « Bonjour! » en arrivant au poste, je me souviens que, même avec un cerveau surdéveloppé, je reste con, au fond de moi. Je ne m’en veux cependant jamais de jurer dans ma langue maternelle, de temps en temps. La plupart des gens n’y comprend rien, mais j’aime laisser quelques jurons purement québécois résonner à la fin ou au milieu de certaines de mes phrases. Ou constituer l’entièreté de ma phrase. Il y a quelque chose de viscéral dans cette forme d’expression, quelque chose qui me rappelle d’où je viens.


-T’inquiètes pas pour moi, Charles… Ma sœur était une vraie salope.

J’étouffe un rire, parce que je ne veux pas me moquer en plein devant elle, mais Deborah m’amuse. Dire ça aussi directement…c’est à la fois impoli et charmant.

- Et, en fait, elle n’est pas cliniquement morte pour vrai, c’est juste que… Symboliquement, pour moi, elle est enterrée depuis bien longtemps…

Je suis intrigué par cette histoire de sœur pas si morte que ça, mais je n’ose pas questionner. Les femmes sont si compliquées : on ne sait jamais si on a le droit ou non de s’intéresser à elles. Donc, si je lui demande des détails, est-ce que je suis sympathique ou indiscret? Trop dangereux, Charles. Tais-toi et souris.

-Mais assez parler de cette conasse… Buvons!

Je profite que Deborah s’occupe de nous faire apporter à boire pour la regarder alors qu’elle ne se doute de rien. J’ai eu beau chercher à toutes les fois où je l’ai vue : je ne lui ai trouvé aucun défaut. Cette fille me tue juste à exister.

-Tu veux boire à quoi?

L’air de rien, en souriant, je renifle subtilement le verre que la belle demoiselle m’a donné pour m’assurer qu’il contient bien de l’eau. Je connais suffisamment Deborah pour savoir qu’elle ne me jouerait pas dans le dos pour me faire boire accidentellement, mais je sais les barmans assez têtes en l’air pour mélanger les verres.

-J’aimerais boire au bonheur, tout simplement.

Je lui fais un clin d’œil et je bois mon shooter au complet sans même grimacer. De l’eau, c’est pas si dur sur le système en fait.

-Moi, je voudrais boire à ta beauté… Allez! Cheers!

J’arrondis les yeux en prenant un deuxième verre et je sens mes joues se réchauffer. Voilà. Je dois être rouge comme un homard bien cuit. Un homme qui rougit, ce n’est jamais bien chic, en passant. Je dois avoir l’air d’un enfant pris en flagrant délit de regarder en-dessous de la jupe d’une fille.

D’ailleurs, parlant de regarder ce que tout homme hétéro a envie de regarder, je suffoque presque lorsque Deborah décroise les jambes. Il ne faut surtout pas que je laisse mes yeux se jeter avidement sur ses cuisses, mais j’en ai TELLEMENT envie. Je fixe donc nerveusement les verres que le barman – un gars qui me parait un peu hipster avec sa veste des années 80 – a apportés. Je finis par relever les yeux vers Deborah et croiser son regard ne m’aide pas du tout à me calmer. Je lui fais un sourire que je considère comme débile sans même l’avoir observé dans un miroir.


-Tu es vraiment radieuse ce soir.

J’aurais aussi bien pu dire « attirante à m’en rendre complètement débile », « belle à en crever » ou « un fantasme personnifié » que j’aurais été tout autant sincère.

_________________
Tu ne parles qu'une langue, aucun mot déçu
Celle qui fait de toi mon autre, l'être reconnu

Il n'y a rien à comprendre, et que passe l'intrus


Mais jamais trop loin de l'autre
Nous serions maudits:
 
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MessageSujet: Re: Mes yeux l'aiment [TERMINÉ] Mer 4 Déc - 10:25

Avec Myriam, Samson et Atara, nous nous étions tous très bien adaptés à la vie nord-américaine, mais il fallait avouer que nous avions eu amplement le temps! Parfois, l’Europe me manquait. Les gens n’avaient pas le même style de vie. C’était presque comme si le fait de vivre dans un autre fuseau horaire nous amenait carrément dans un autre univers. Les valeurs n’étaient pas les mêmes, les comportements et les valeurs pas tout à fait les mêmes non plus. Mais bon, depuis notre mort, bien sur la société avait changée. Puis, quand nous étions devenus des feux follets intangibles, nous avions pu commencer à pratiquer la langue d’adoption que nous avions choisie. Notre anglais s’était amélioré au fil de discussions et de contact avec les gens de la place et qu’on avait pour la plupart tué par après, se rapprochant grâce à eux de notre vie parfaite qui nous avait été sauvagement enlevée par la maladie. Cependant, il m’arrivait tout de même de moins me surveiller, ce qui faisait en sorte que mon accent ressortait. C’était encore pire quand j’étais avec Charles, qui lui, avait aussi un accent quand il parlait anglais. C’était subtil, ce n’était pas affreux et cela me ramenait à mes origines francophones.

J’étais très heureuse de ma vie en ce moment. Tout allait exactement comme je le voulais. Atara et moi vivions ensemble une très heureuse vie de colocation. Nous passions le plus clair de notre temps ensemble, à rire, bavarder, chanter, danser, se taquiner… Le partage des tâches était équitable, chacune faisait ce qu’elle avait à faire de son côté et les tâches que nous faisions ensemble, comme la vaisselle, nous les rendions amusantes. En se racontant nos journées, se lançant de la mousse ou en se donnant des défis de celle qui laverait ou essuyait le plus vite. Bref, nous profitions de la vie ensemble. J’étais contente de ne pas être séparée de ma sœur. Elle était pour moi très importante et je n’aurais pas survécu bien longtemps loin d’elle. Elle me portait, me rendait plus joyeuse et illuminait toute ma vie. De plus, le fait de l’avoir comme associée pour le boulot n’était pas du tout trop et malaisant. J’aimais pouvoir tout partager avec elle. Certaines personnes trouvent parfois que les entreprises familiales sont lourdes parce qu’elles prennent trop de place au sein de la famille. Les fermiers, par exemple, passaient le plus clair de leur temps sur la ferme à travailler dur et, quand ils revenaient se reposer dans la maison, ils parlaient encore souvent du business familial. À la longue donc, ils avaient l’impression de n’être rien d’autre qu’une entreprise. Pour nous, c’était différent. Avoir le Velvet Dream entre sœurs n’avait jamais été un poids, bien au contraire. Notre établissement était comme un rêve, un accomplissement complet. Notre bar était comme la célébration constante de la vie avec un grand V, de nos retrouvailles, de la famille, du bonheur. Le Velvet Dream nous faisait du bien, nous rappelait l’importance de chaque moment et la beauté de la vie. J’aimais donc y passer beaucoup de temps, pour m’y amuser et m’y sentir chez moi.


-J’aimerais boire au bonheur, tout simplement.

Je fis comme si je n’avais pas remarqué qu’il avait reniflé son verre avant de le porter à ses lèvres et levai mon verre également. Je ne devais pas le prendre personnel. Les policiers devaient tous être un peu paranos, je crois. Le premier shooter était toujours le pire. Je l’avalai en grimaçant. J’aimais sentir le bourbon descendre tout le long de mon œsophage et se loger pendant plusieurs secondes dans mon estomac. Après le deuxième shooter, à la beauté de Charles, j’avais besoin d’une petite pause. Le bourbon passait, mais il enflammait mon intérieur et mes joues. J’avais un peu rougi, mais pas autant que Charles. Même avec le rouge aux joues, il était simplement craquant…

Je portai donc mon attention sur mon bar, pour surveiller et veiller au grain. En regardant la foule, je me sentais toujours choyée de ce que je faisais, mais il m’arrivait aussi de me demander ce que la vie nous réservait. Avoir le Velvet Dream était la vie parfaite pour moi, mais je ne pourrais peut-être pas faire ça toute ma vie. Je veux dire, en tant que feu follet, ma beauté et ma jeunesse étaient coulés dans le béton : elles ne changeraient pas. Par contre, mes clients, eux, qui étaient en majorité des humains, allaient vieillir et allaient se poser des questions sur pourquoi les propriétaires étaient toujours aussi fraîches et jolies que quand ils venaient se divertir dans leur jeunesse, il y avait vingt ans de cela, par exemple. Quand j’y pensais, je sentais un immense vertige en moi. Je ne me voyais pas faire autre chose. J’étais bien, comblée et heureuse dans mon bar convoité, respecté et nouveau genre. Je me sentais comme chez moi. Je sentais que je faisais du bien aux autres, qu’ils m’admiraient et m’appréciaient… Je ne voulais pas perdre tout cela! Mes pensées devenant plus sombres, cela devait se lire dans mes yeux. Je sentais mes sourcils froncés et ma mâchoire serrée. Je secouais ma tête comme pour effacer les pensées qui s’y trouvaient, puis regardai Charles. Ses yeux m’hypnotisaient toujours autant. À la fois doux et durs, chauds et froids… il y avait quelque chose d’impénétrable et de mystérieux qui me poussait irrésistiblement dans ses bras.


-Tu es vraiment radieuse ce soir.
-Tu es très beau aussi… en plus d’être gentleman. Je suis sous le charme…


Je lui fis un clin d’œil et replaçai une mèche de cheveux qui était retombée dans mon visage quand j’avais secoué la tête.


-Il nous reste encore quatre verres… Prenons-en un au fait d’être en vie et l’autre à ta courtoisie, chéri…

J’avais dit chéri en français, par exprès. J’aimais retrouver ma langue maternelle. J’aimais être avec Charles et flirté avec lui. Il était tellement beau et attachant, il me rendait encore plus folle. Je tenais un verre dans chaque main et plantai un regard direct et intense dans les yeux de Charles avant de cogner légèrement mes verres contre les siens et de le boire d’une traite. Je laissai quelques instants ma tête vers l’arrière, en avalant le liquide brûlant, en laissant à Charles une superbe vue sur mon corps et ma poitrine, et ce, plus ou moins consciemment… Je l’ai dit que j’aimais sentir son regard sur moi ou j’ai oublié de le faire?

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MessageSujet: Re: Mes yeux l'aiment [TERMINÉ] Dim 23 Mar - 14:44

Je m'accepte con. Je ne dis pas que j'aime être con, mais ça va: je ne me déteste pas de l'être. Je sais que je ne suis pas comme ces tombeurs super facilement à l'aise avec les femmes. Je bafouille, je dis n'importe quoi (que ça ait du sens ou non) et je perds le fil de mes pensées. Je ne suis pas un jeune de douze ans à qui une fille parle pour la première fois. J'ai aimé des femmes, j'ai couché avec des femmes...j'en ai même mis une enceinte. Je devrais commencer à m'y connaître, non? Et pourtant, je me comporte comme un imbécile et chacune de leurs paroles me plonge dans l'incompréhension.

Je ne peuxme retenir de sourire en voyant Deborah grimacer en avalant son shooter. Je ne me moque pas d'elle mais, en même temps, je trouve drôle de la voir faire cette expression de dégoût après avoir bu un verre qu'elle a elle-même choisi. En fait, plus j'y pense, plus je réalise que je me moque d'elle, finalement. Méchant Charles. Mais c'est juste trop beau de la voir grimacer avec un mélange d'enthousiasme et d'envie de tout recracher.


-Tu es très beau aussi… en plus d’être gentleman. Je suis sous le charme…

Elle est sous le charme? Mon oeil. Cette fille doit faire ce numéro à tous les hommes un peu esseulés qui viennent parasiter son bar. Je lui souris néanmoins, à la fois parce que je suis bien élevé et parce que...je l'avoue, ça me fait vraiment plaisir qu'elle me dise ça. Je sais que je suis stupide d'accorder de l'importance à ses avances mais, en même temps, je me sens souvent si seul. Voir qu'une fille aussi magnifique que Deborah m'accorde un peu de temps illumine vraiment ma soirée. Et ma semaine. Ma vie?

-J'essaie juste de traiter les femmes comme elles le méritent.

Je ne suis pas particulièrement gentleman. Par là je veux dire que je ne suis pas un exemple de romantisme comme dans les films pour filles. Je fais juste de mon mieux pour être agréable, parce que ma mère m'a toujours dit qu'il fallait être particulièrement gentil avec les filles. Il faut aussi souligner que je ne suis pas spécialement méchant avec les hommes non plus. Dans le fond, j'essaie d'être agréable, c'est tout.

-Il nous reste encore quatre verres… Prenons-en un au fait d’être en vie et l’autre à ta courtoisie, chéri…

Chéri? Je souris stupidement. D'ailleurs, il me semble que je ne sais qu'agir en toute inintelligence depuis que Deborah me parle. Elle me légumise. (Je sais bien que ce mot n'existe pas, mais il explique quand même très bien l'effet qu'elle me fait.) Je mets quand même deux secondes avant de réaliser que Deborah vient de parler en français. Je commence par être surpris.

-Tu parles français?

Naturellement, je lui dis ça en anglais. Puis, je comprends: elle doit avoir remarqué mon accent et elle se moque de moi. «Chéri» est tout de même un mot assez connu. Elle ne serait pas la première à se moquer de mon accent: plusieurs de mes collègues me donnent des petits noms en français ou me répètent mille fois par jour les mots que je prononce mal. Ça ne me fâche pas et je trouve même ça drôle. Alors, venant de Deborah, ça me dérange encore moins. Je prends donc mon verre en souriant pour le cogner sur le sien.

-Tu es la plus belle femme que je connaisse.

J'ai parlé en français et je me trouve incomparablement drôle parce que Deborah ne peut pas savoir ce que j'ai dit puisqu'elle ne parle que l'anglais. Du moins, j'en suis convaincu. C'est avec un sourire satisfait et malicieux (ça fait changement du sourire stupide) que je dépose mon verre. Je m'apprête à ajouter un autre compliment en français quand mon téléphone sonne. Maudite technologie. Je commence juste à être à l'aise et elle vient me perturber.

Je décide de juste regarder qui m'appelle: si ça ne me semble pas urgent, je rappellerai quand je ne serai plus devant Deborah. L'afficheur indique le numéro du poste... Je m'excuse auprès de Deborah et je réponds. Quand je raccroche, je songe à lancer mon téléphone dans un mur.


-Faut que je parte... Ils ont besoin de moi au poste. Un policier ne peut pas faire le reste de la nuit parce qu'il s'est fait arracher un br...Parce qu'il a été blessé dans le quarter Grey.

Je ne veux pas traumatiser cette pauvre Deborah et j'espère qu'elle n'analysera pas trop ce que je viens de dire. Je ne voudrais pas qu'elle fasse de cauchemars à propos de policiers qui se font arracher les bras. Déjà, je savais que, moi, j'allais en faire.

-Je suis content d'avoir discuté avec toi... C'est toujours un plaisir.

Je m'éterniserais bien encore dix ans, mais on m'attend au poste. Je me lève donc à contre-coeur et je sors du Velvet Dream sans trop de bonne humeur. Je suis plutôt déçu parce que je profite rarement aussi bien de mes congés. Néanmoins, on a besoin de moi pour protéger New York et cette responsabilité excuse tout le reste. Je me promets toutefois de revenir voir Deborah très bientôt.

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Tu ne parles qu'une langue, aucun mot déçu
Celle qui fait de toi mon autre, l'être reconnu

Il n'y a rien à comprendre, et que passe l'intrus


Mais jamais trop loin de l'autre
Nous serions maudits:
 
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MessageSujet: Re: Mes yeux l'aiment [TERMINÉ] Mar 1 Avr - 23:47

[Je t'aime tellement là!!!!       ]

J'appréciais vraiment ma vie. Je me sentais bien en vie. Surtout après avoir passé tant de temps sous la forme d'une flamme, puis dans un corps intangible. Il n'y avait pas beaucoup de choses pire que d'être visible, mais de ne pouvoir profiter de rien du tout. j'avais essayé à plusieurs reprises de toucher quelqu'un ou d'agripper quelque chose, mais je ne pouvais rien faire. Tout ce que je récoltais était une grande brûlure glacée à l'endroit ou j'avais essayé de ressentir quelque chose de normal. Il ne m'avait pas fallu longtemps avant de ne vouloir rien d'autre que de retrouver un corps humain. C'était rapidement devenu une obsesssion. Bien sûr, tuer des gens afin de retrouver mon corps et ma liberté n'avait pas toujours été joyeux. Je veux dire, j'avais bien eu quelques moments de culpabilité et de remords. L'idée d'enlever la vie à des gens qui ne m'avaient rien fait n'avait rien de bien glorieux, j'en avais conscience. Par contre, Atara et moi avons compris rapidement que le ressentiment et les regrets ne nous mèneraient nulle part. Passer des soirées recroquevillée à pleurer et à ruminer le fait que ma vie et mes actions étaient tellement horribles et tristes, cela ne me donnerait jamais mon corps et une vie normale. Nous avons donc décidé que rien ne serait plus important que de se réunir, réellement. Pour former à nouveau une belle et merveilleuse famille. À force, nous avons fini par s'amuser. C'était un peu comme un défi, un concours. Celle d'Atara ou moi qui en tuait le plus dans une journée, qui le faisait en moins de temps, qui le faisait de façon la plus créative possible... Nous avons essayé de rendre notre réalité plus facile à ccepter. Le voir comme un jeu rendait les choses plus logiques, plus normales, plus acceptables pour nous. Et maintenant que nous avions nos corps, nous essayions de ne plus parler ou penser à tout ce que nus avions fait. Par contre, Atara et mois, nous avions gardé l'habitude de se lancer à l'occasion des petits défis, comme dans le temps, question de ne pas oublier tout ce que nous avions dû traverser pour être ensemble. Et pour sentir à nouveau cette adrénaline, cette euphorie en situation de pouvoir extrême...

Quand je passais du temps dans mon bar, surtout en bonne compagnie, surtout avec Charles, j'oubliais tout mon passé. Seul le présent comptait. Seule la proximité de nos corps comptait, la chaleur que je pouvais sentir de son bras qui était juste à côté de ma cuisse. Seule la profondeur de ses yeux comptait, leur couleur étrange et le mystère que j'y lisais. Seuls les battements acclérés de mon coeurs comptaient, la difficulté que j'avais à respirer et à me concentrer en sa présence. Seule mon envie de l'embrasser comptait... Tellement que je ne pensais même pas à utiliser mon pouvoir de charme sur lui. Il m'hypnotisait à un point que je ne voulais que du vrai avec lui.


-J'essaie juste de traiter les femmes comme elles le méritent.
-C'est ce que je dis: tu es un gentleman... et j'adore ça!


Il ne fallait pas que j'en mettes trop, sinon il allait finir par ne plus me croire. Il devait déjà se dire que je ne jouais qu'un jeu avec lui et que je devais sortir ces répliques à tous les clients. Je voulais réellement qu'il voit qu'il était différent et que je ne jouais pas.

-Tu parles français?

Je lui offris comme unique réponse un sourire en coin et un clin d’œil. Je voulais cultiver le mystère encore un peu, mais il chamboula mes plans en me disant, en français:

-Tu es la plus belle femme que je connaisse.

J'échappai le verre qu'il me restait dans les mains en agrandissant les yeux et en ouvrant stupidement la bouche. Il se renversa en chemin, éclaboussant mes cuisses et légèrement la chemise de Charles, avant de se fracasser en milles morceaux sur sol. C'était le plus beau compliment qu'on m'ait fait, parce que c'était bien la première fois qu'on me le disait à jeun. Et cela faisait bien toute la différence. Je repris contenance rapidement, avant qu'il en change d'idée concernant la beauté devant ce visage de poisson mort que je lui offrais.

-Et toi, tu me rends complètement folle... Je suis sérieuse quand je te dis que je suis sous le charme, Charles...

Je lui avais répondu en français également, sans bafouiller ni rien. Il n'y avait donc aucun doute sur mes aptitudes avec cette langue. J'adorais quand je pouvais retrouver ma langue maternelle. Le français était plus beau, plus complexe, plus amusant à jouer avec. J'allais soulever son visage avec ma main afin de le regarder dans les yeux et tenter de l'embrasser, mais son cellulaire sonna, ce qui mis fin à mes projets. Je lui souris alors qu'il répondait et je pris une des serviettes en papier que Shawn m'avait apporté afin d'essuyer ma cuisse.

-Faut que je parte... Ils ont besoin de moi au poste. Un policier ne peut pas faire le reste de la nuit parce qu'il s'est fait arracher un br...Parce qu'il a été blessé dans le quarter Grey.
-Rien de moins... Wow... Joyeux... Je comprends... Euh... Vas-y, sauves-toi...
-Je suis content d'avoir discuté avec toi... C'est toujours un plaisir.
-Tout le plaisir est pour moi...


Juste avant qu'il ne parte, je me levai debout, me retrouvant donc pratiquement à sa hauteur et je lui fit une accolade. Je me serrai contre lui, surtout pour mon propre plaisir, mon propre besoin de sa chaleur. Je lui donnai également deux baisers qui se voulaient sur les joues mais qui se sont plutôt retrouvés plus proche de ses lèvres que la convention le voulait... Je le regardai s'en aller le cœur un peu lourd, maudissant ce criminel qui avait arraché un bras à un policier qui ne faisait que son travail et me jurant de le retrouver afin de le faire payer son imbécillité et ma perte de meilleure compagnie. Une fois que Charles fut sorti de mon champ de vision, je soupirai.  Je devais me changer les idées et aucun autre client ne me permettrait de le faire... Je demandai à Shawn le nécessaire pour ramasser le dégât que j'avais fait, puis je le rejoignis derrière le bar afin de l'aider à servir les clients...


[C'est terminé!!!]

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Mes yeux l'aiment [TERMINÉ]

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