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De profundis [TERMINÉ]

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Blue_Krait
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MessageSujet: De profundis [TERMINÉ] Sam 5 Oct - 17:33

«[…]les portes de la prison
se sont refermées,
je me suis assis
parmi les ruines
de ma merveilleuse vie,
écrasé par l’angoisse,
décontenancé par la terreur […]»
Oscar Wilde


Je n’avais jamais été fanatique du orange. De toutes les couleurs, il s’agissait certainement de celle que je portais le moins. Jusqu’à dernièrement, du moins. Il y avait maintenant deux semaines que je n’avais sur le dos que cette couleur, dans sa version la plus saturée, criarde et, malheureusement pour quelqu’un comme moi, laide.  J’avais toujours eu un goût pour le beau, un goût qui m’avait rendu la vie difficile lorsque je vivais encore dans de pauvres conditions avec ma mère. Comment se contenter d’un jean usé quand on sait reconnaître la valeur d’un tissu et l’ingéniosité d’une coupe parfaite? J’aimais la mode lorsqu’elle était parfaite, mais aussi lorsqu’elle était folle, hors nomes, choquante. J’enviais ces femmes qui pouvaient porter les tenues les plus extravagantes, des robes énormes, des souliers à talons hauts aux allures fantaisistes… Bien sûr, je ne laissais pas ma place, surtout si je prenais part à une fête spéciale, en ce qui concernait les vêtements impossibles à ignorer, mais un costume à paillette était si facilement éclipsé par une belle robe! Ça m’ennuyait un peu, mais il m’en aurait fallu beaucoup plus pour que je songe à moi-même porter une robe. Pas mon style.

Je me concentrais sur la laideur de mon habillement pour oublier le reste. La prison de New York n’était pas vraiment le gîte le plus glamour que j’aie connu. Je détestais que la toilette de ma petite cellule soit à aire ouverte car, bien que ceux qui me connaissaient savaient que ma pudeur était minime, je trouvais néanmoins gênant de devoir l’utiliser quand n’importe quel gros gardien suant pouvait passer de me voir le faire. Je me consolais avec le lavabo : j’avais remarqué que peu de cellules en comportaient et que j’avais de la chance de pouvoir m’offrir un minimum d’hygiène. J’avais eu envie de pleurer en me faisant cette réflexion, mais j’avais tout de même ri, en effort pour me remonter le moral. J’en étais rendu à ce point dans ma vie où avoir accès à un lavabo était une grande chance.

Je savais que j’étais arrivé douze jours plus tôt – je comptais les nuits. J’ignorais cependant les raisons de mon emprisonnement, bien que je me doutais qu’il devait bien y avoir un lien avec mon emploi d’espion pour la ville de Londres. Pourtant, j’étais persuadé d’avoir été très prudent. Je n’échangeais mes informations avec mes employeurs que par des moyens sécurisés et j’avais cette puce dans la nuque qui me protégeait de ceux qui possédaient des pouvoirs télépathiques. Je n’avais pas été fan de l’idée de me faire implanter une puce, au départ, mais j’aimais finalement avoir la certitude que personne ne pouvait lire mon esprit.  Quelque chose avait bien dû déraper quelque part et j’étais persuadé que je n’étais pas fautif. Mes habitudes de paranoïaque m’assuraient toujours une certaine sécurité et je ne pouvais pas croire qu’elles aient eu une faille et, surtout, que je n’aie pas su la trouver, en douze jours à ne penser qu’à cela. La conclusion la plus probable était que l’erreur devait provenir d’ailleurs. Londres, très certainement. Un de ces foutus fonctionnaires avait merdé et je me retrouvais à payer à sa place.

J’étais en train d’évaluer, pour la millième fois, comment je pourrais au moins me procurer un moyen de communication quand un gardien – un gros suant – vint m’avertir de me tenir tranquille, car j’allais recevoir un visiteur. Il ne fallait pas se fier à l’apparence de ce gardien pour juger de l’efficacité de la sécurité de la prison. Celle-ci était bondée de policiers fatalement sexys plus musclés que Hulk, prêts à mettre hors d’état de nuire très possiblement tous les prisonniers en même temps en cas de révolte commune. J’en avais vu quelques uns en action trois jours plus tôt, lorsqu’un combat entre deux détenus avait dégénéré, et j’avais compris qu’environ six hommes comme moi étaient nécessaires pour arriver au niveau d’un seul d’entre eux, ce qui n’était guère réjouissant si on considérait que j’avais vraiment envie de m’évader de cet endroit crasseux.

J’avais appris que les visites avaient toujours lieu dans les cellules, ce qui réduisait considérablement le nombre de bonnes âmes ayant envie de venir câliner les prisonniers. Pour les gardiens, cette méthode favorisait aussi un certain contrôle. Ils traitaient le visiteur comme un détenu et l’enfermaient avec celui qu’il était venu voir. Puis, les gardiens venaient le libérer lorsqu’il les rappelait. Je trouvais cette manière de fonctionner plutôt déprimante, et je savais que l’un de ses buts était justement de jouer sur le moral des prisonniers en leur coupant une sortie de leur cellule, même si on ne m’en avait rien dit. Pour moi, il était évident que toute cette soi-disant sécurité maximale était avant tout une manipulation commune, à la fois sur les détenus et sur leurs visiteurs. On brisait leur moral pour réduire leur envie de combattre. On en faisait des chats paresseux plutôt que des lions enragés. Pratique, mais barbare.

Je ne pris pas la peine de me recoiffer pour mon visiteur : je devais l’avoir fait quinze fois, par nervosité, depuis le matin. Néanmoins, lorsque je le vis entrer, j’eus envie de vérifier que mes cheveux étaient impeccables, car l’homme qui arriva n’avait rien à voir avec ce décor sordide qui se refermait un peu plus sur moi chaque jour. Ni avec ce cadavre que je me sentais devenir. Je lui offris cependant un sourire que je devinais parfaitement dosé en charme, en confiance ainsi qu’en désinvolture. Mon style habituel, quoi.


-Ethan… J’avais justement besoin d’une apparition divine pour me sortir d’ici. J’attends d’ailleurs tes explications sur ce temps interminable que tu as mis. Et sur l’absence de strip-teaseuses.

Je blaguais, mais j’étais extrêmement heureux de le voir là après des jours à me dire que personne n’en avait rien à faire que Drake Varner soit en tôle.

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Dernière édition par Drake Varner le Jeu 21 Nov - 23:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: De profundis [TERMINÉ] Ven 11 Oct - 13:29

Drake Varner était pour moi une énigme. Et j’adorais cela! J’adorais les défis et Drake en était tout un. Il était tellement rare que les gens et les choses ne m’ennuient pas que je jouissais intellectuellement quand je pouvais finalement essayer de me mesurer à quelqu’un qui semblait de ma taille. Tenter de comprendre la psychologie de Drake était ambitieux et complexe. Nous nous connaissions depuis plusieurs mois, avions partagé beaucoup de choses intimes et de moments significatifs, mais il restait encore des zones d’ombres chez lui pour moi. Il était fait tout de contrastes et de contradictions, rendant mes analyses plus ardues que je ce que je croyais, lors de notre première rencontre. Je m’en rappellerais toute ma vie de cette première rencontre… Personne ne savait que j’écrivais sous plusieurs identités. Personne sauf Drake Varner. Il m’avait interpellé par un de mes noms secrets et j’étais resté comme figé. Il m’avait surpris. Et j’avais adoré cela! Tout comme j’adore encore les défis qu’il me pose… Je n’arrivais pas à le cerner complètement. Quand je croyais être arrivé au bout, il me semblait qu’il me montrait un autre bout que je n’avais pas encore remarqué. Le cerveau de Drake me faisait penser à un jeu vidéo auquel on joue pour la première fois. La carte du jeu étant souvent vaste et ardu, comprenant plusieurs chemins et différentes fourches, il faut alors faire des choix sur la direction à prendre, mais on ne peut tout de même pas s’empêcher de regretter de ne pas avoir été à gauche plutôt qu’à droite, juste pour savoir ce qu’il y avait là… Drake savait des tas de choses et je ne comprenais que vaguement comment il avait réussi à les apprendre. Bien sûr, je pouvais lire dans sa tête, je savais donc absolument tout de lui, sur ses façons de se renseigner, sur qui étaient ses informateurs, avec quoi il travaillait, et tout cela, mais je ne comprenais tout de même pas comment c’était possible qu’un simple humain réussisse à stocker toutes ces informations dans son cerveau. Le quotient intellectuel de Varner avait beau être nettement supérieur à la moyenne, il me semblait qu’il en savait tout de même trop pour un mortel. Et pourtant, c’était bien ce qu’il était : un simple mortel, je pouvais le détecter aussi grâce à mes pouvoirs. Il y avait bien un truc magique chez lui, mais c’était quelque part dans son cou et c’était tellement faible comme source que je ne considérais même pas que cela puisse en valoir la peine. Drake n’y pensait pratiquement jamais, alors cela ne devait pas être important.

D’ailleurs, les pensées des gens m’en disaient généralement beaucoup sur leur propriétaire. Par exemple, une personne malhonnête pensait souvent à elle-même, à ce qu’elle cache, se demandant comment elle allait tenir le coup pour continuer à garder le mensonge. Un peu de la même façon, une personne aimante et honnête s’inquiète pour ses proches, son avenir et pense plus aux autres qu’à elle. Drake, lui, était un peu plus complexe. Il jouait un double-jeu sur ce qu’il était réellement, mais j’avais parfois de la difficulté à cerner qui il voulait réellement berner. Faisait-il toutes ces plaisanteries, ces blagues et ces tours de magie pour impressionner les gens ou pour lui-même? Essayait-il de convaincre les autres de son essence ou alors essayait-il plus de e convaincre lui-même? J’optais sérieusement plus pour la deuxième option. Plusieurs de ses pensées m’avaient fait croire, depuis le temps, que Drake n’était pas ce qu’il semblait être.

Le fait que Drake ait été en prison me terrifiait. C’est d’ailleurs entre autre pourquoi j’avais mis plusieurs jours avant de passer le voir. J’avais peur de le voir défait, amoché, détruit. Je ne supporterais pas de le voir souffrir, je n’avais jamais aimé la souffrance, surtout pas si elle était gratuite. En plus, si les gens souffraient et se préoccupaient de leur survie, ils passaient beaucoup moins de temps à me vénérer et à m’apprécier à ma juste valeur. Aussi, j’avais mis tout ce temps parce que je devais savoir pourquoi il avait été arrêté et mis derrière les barreaux. J’avais donc mené une battue aux informations et avait finalement trouvé ces raisons. Puis, une autre de mes craintes par rapport à l’incarcération de Drake, et c’était la plus importantes, était le fait que j’allais devoir lui rendre visite, sauf que la prison était en zone neutre. Et les zone neutre ne sont pas mes amies. Me sentir soudainement faible, complètement nu, lent et inintelligent me rendait malade. Je perdais tous mes repères en zone neutre et je détestais cela. J’avais fini par apprendre par cœur où se trouvaient les zones neutres dans la ville et je les évitais comme la peste. Pourtant, cette fois, je devrais passer par-dessus mes caprices et aller aider ce Varner. J’essayais de me rassurer en me disant qu’une fois sans mes pouvoirs je ne serais plus assez intelligent pour me rappeler que je méritais mieux que cela et je pourrais mettre mon ego de côté; quelques instants. Drake avait besoin de moi.

Je pris finalement une grande respiration et j’entrai dans l’établissement carcéral. Je me sentais soudain beaucoup moins fier et intelligent. J’essayais d’ailleurs de ne pas trop y penser… Je passai au travers de toutes les étapes de fouille sans trop de mal. Je veux dire, bien sur que la fouille à nu n’avait pas été agréable à vivre, mais en même temps j’étais tellement beau… et surtout, je savais tout ce qui allait se passer pour moi avant d’entrer en zone neutre, donc j’étais d’une certaine façon préparé mentalement à ce qui se passait. Quand je pus finalement entrer dans la cellule de Drake, je lui fis mon plus beau et mon plus grand sourire. Cela me faisait réellement plaisir de le voir, enfin. Il avait l’air pas trop mal et je sentis une grande chaleur de soulagement dans mon ventre.


-Ethan… J’avais justement besoin d’une apparition divine pour me sortir d’ici. J’attends d’ailleurs tes explications sur ce temps interminable que tu as mis. Et sur l’absence de strip-teaseuses.

J’eus un petit sourire, car je me sentais tellement loin de la divinité en ce moment que j’avais juste envie de pleurer. Mais je n’avais pas le temps. Je pris une grande respiration et alla m’asseoir à ses côtés. Je pris sa main dans la mienne et chercha mes mots quelques instants.

-Toujours aussi comique… Désolé que ça ait été si long. Je serais venu avant, mais je devais me renseigner sur ce que tu foutais ici et ça a été un peu plus long que prévu trouver les informations…

Je baissai les yeux. J’avais honte d’avoir été si long sur ce coup. Ce n’était pas dans mes habitudes et, en plus, Drake méritait mieux de ma part.

-Je sais que tu ne sais pas pourquoi tu es là… Donc… Tu as été arrêté parce qu’ils ont découvert que tu es un espion pour la ville de Londres. De plus, ils ont su que tu es lié avec des gens qui sont des ennemis du maire et qui lui veulent du mal. Donc, ils se disent qu’ils vont envoyer un message clair à leurs opposants en te…

Je toussotai et pris une pause. Je sentais l’émotion prendre toute la place dans ma gorge et menacer de rompre ma voix. J’allais détruire une partie de son monde, mais je n’avais pas le choix. C’était pour son bien. Il devait savoir.

-Drake… ils t’ont… tu es condamné à mort…

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MessageSujet: Re: De profundis [TERMINÉ] Dim 13 Oct - 19:57

Je m’étais fait remettre à ma place quelques fois, mais je ne pouvais m’empêcher, de temps à autres, de draguer ouvertement les gardiens. Cette activité immature (et inutile) me permettait un peu de décrocher. Naturellement, je ne draguais pas ceux qui violentaient les prisonniers, ne voulant pas attirer leur attention sur mon si joli visage, mais je m’amusais à charmer ceux qui faisaient attention à nous – voilà que je me considérais vraiment comme faisant partie de l’endroit… – et qui, je le sentais, ne verraient dans mon attitude que l’envie de m’amuser un peu malgré la situation dramatique dans laquelle je me trouvais.

J’évitais tout contact avec les autres détenus. J’avais entendu suffisamment de choses, dans ma vie, pour savoir qu’il valait mieux que je reste anonyme. J’évitais donc de faire le fanfaron devant les autres prisonniers. Je ne leur adressais la parole que s’ils me parlaient en premier, ce qui était rare, et je répondais le plus simplement possible, en faisant de grands efforts pour réprimer mon envie de remettre à sa place quiconque me lançait une pique. Je mangeais seul et n’établissais de contact visuel qu’avec le sol, mon cabaret, la nourriture… Je me confondais avec les murs, malgré notre différence de couleur notable. Il n’aurait pas fallu que mes nombreuses conquêtes me voient dans cette situation : elles ne m’auraient certainement pas reconnu. Je me sentais tellement loin de l’homme qui se pointait aux fêtes auxquelles il n’était pas habillé vêtu comme un clown gentleman. J’avais l’impression d’être plus proche d’un zombie que d’une personne et, même si je ne jouais ce rôle que par stratégie de survie, il me rongeait un peu plus chaque jour. Je n’osais pas imaginer de quoi j’aurais l’air si je restais ici encore longtemps. J’avais besoin d’air, de vie et de gens. Surtout, j’avais besoin de me connecter.

Je fus heureux de voir Ethan et je réalisai qu’au fond, je n’espérais personne d’autre que lui. Il était l’une des très rares personnes à pouvoir se dire mon ami, car je m’appliquais à tenir les gens à distance, car ceux-ci finissaient toujours par m’ennuyer. Je préférais mille relations éphémères et folles que quelques liens durables et chiants. En dehors d’Ethan, je n’avais pour amis que Gabrielle Englebert et des connaissances sur le net, d’autres pirates qui ne connaissaient que mon pseudonyme et mes accomplissements en tant que pirate informatique. La majorité d’entre eux ne savait même pas dans quel groupe d’âge je me trouvais, si j’étais un homme ou une femme ou à quelle race j’appartenais. Je n’avais même pas osé imaginer Gabrielle venir se mêler d’une histoire de prison, sachant qu’elle craignait le maire et qu’elle devait rester discrète. Alors, si vraiment j’étais là parce qu’on me considérait comme un traître à la nation, il ne fallait pas qu’elle me montre son soutien au risque de couler avec moi.

D’ailleurs, mon écrivain préféré s’attirait peut-être des problèmes en venant me voir, mais mon égoïsme l’emporta sur mon affection pour lui, ce qui me rassura sur le fait que ma personnalité ne ramollissait pas parce que j’étais enfermé. Je me dis qu’il avait bien dû réfléchir avant de venir ici, car Ethan réfléchissait toujours avant de faire quoi que ce soit, ce qui le plaçait assez haut dans mon estime. Habituellement, les gens ne pensaient pas avant d’agir et se retrouvaient au milieu de problèmes bien mérités. Ethan calculait et visualisait avant de bouger et cela lui donnait généralement un tour d’avance.


-Toujours aussi comique… Désolé que ça ait été si long. Je serais venu avant, mais je devais me renseigner sur ce que tu foutais ici et ça a été un peu plus long que prévu trouver les informations…

Ethan avait pris ma main dans la sienne et, dans des circonstances normales, j’en aurais probablement profité pour vérifier qu’il était bien au courant que je n’étais pas du genre à aimer me faire cajoler comme si j’étais son petit ami ou, mieux pour le tirer vers moi et profiter de son corps, mais me retrouver dans ce lieu sordide me fit apprécier ce premier contact autre que la poigne solide des gardiens sur mes bras en plus d’une semaine.

-Heureux de savoir que tu me sers d’espion.

Je me trouvais délicieux d’avoir employé ce terme alors que c’était probablement mon travail qui était à la source de mon enfermement. Je terminai justement ma phrase sur ce sourire séducteur qui n’avait pas osé se montrer depuis mon arrivée ici.

-Je sais que tu ne sais pas pourquoi tu es là…

Ethan était doué pour savoir. Il était toujours au courant de plein de choses étranges et inaccessibles, à première vue. Je n’avais pas encore trouvé comment il s’y prenait, mais j’avais parfois l’impression qu’il savait à quoi je pensais, ce qui était impossible grâce à cette puce implantée dans ma nuque.

-Tu as été arrêté parce qu’ils ont découvert que tu es un espion pour la ville de Londres.

-Ça n’a pas spécialement l’air de t’étonner. Comment l’ont-ils su?

Après des dizaines et des dizaines d’hypothèses, on allait enfin me servir une réponse.

-De plus, ils ont su que tu es lié avec des gens qui sont des ennemis du maire et qui lui veulent du mal.

Aux dernières nouvelles, je ne complotais rien contre le maire. Du moins, pas à ma connaissance. Les autorités avaient-elles inventé cette folie à mon sujet?  Je ne traînais qu’avec des fêtards, un auteur à succès et une belle femme…qui s’avérait l’ancienne fiancée de Logan Laufey. Sérieusement, Gabrielle était considérée comme dangereuse pour le maire au point que sa fréquentation soit un argument? À bien y penser, il y avait une certaine logique à cela si on considérait qu’elle était la déesse Vénus, en réalité. Peut-être ne l’avait-on justement pas enfermée parce qu’elle était trop puissante et que son seul ami écopait…? Sauf qu’Ethan venait de parler au pluriel. Il y avait donc au moins une autre personne.

-Qui? Et comment? Je sors danser avec son ex, mais je ne vois pas en quoi ça fait de moi un ennemi public…Et il y a qui d’autre?

Je détestais incroyablement ne pas comprendre quelque chose.

-Donc, ils se disent qu’ils vont envoyer un message clair à leurs opposants en te…

-En meeee?


Pourquoi mettait-il autant de temps? En plusieurs mois, il avait suffisamment appris à me connaître pour savoir que la patience n’était pas ma première qualité.

-Drake… ils t’ont… tu es condamné à mort…

J’écoutai le silence qui suivit sa phrase. Un silence lourd, froid et brutal, comme un coup de masse en métal en pleine poitrine. J’inspirai en fixant un point devant moi. Si j’évitais de croiser son regard, j’avais une chance de conserver mes facultés cognitives. Je lâchai sa main.

-J’ai combien de temps?

Je ne devais laisser aucune émotion prendre le dessus. Il fallait que je me concentre et que je trouve une solution.

-Il me faut un maximum de détails pour trouver une solution. Ont-ils décidé de…

Je déglutis.

-…de quelle manière ce sera fait?

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MessageSujet: Re: De profundis [TERMINÉ] Jeu 17 Oct - 8:35

J’avais pris des risques en faisant cette enquête. Habituellement, les gens qui posent des questions sur les arrestations finissent eux-mêmes en salle d’interrogatoire, car la sécurité publique ne laisse rien passer en ce qui à trait à l’espionnage. Le moindre soupçon et on était déjà pratiquement sous la guillotine. Imaginez donc une personne qui questionne sur l’arrestation d’un espion anglais… Les soupçons allaient être doublement plus intenses et, bien que les policiers de la ville soient plutôt bêtes, ils étaient bien dressés aux commandements (de vrais petits chiens galeux!) et s’ils avaient reçu l’ordre d’arrêter sur le champ quiconque s’intéressait au cas Varner, j’allais finir par être dans de beaux draps… Heureusement, mes pouvoirs de télépathes m’aidaient beaucoup à savoir des choses sans même le demander. Récolter des informations cruciales avait été trop facile pour moi. Je n’avais qu’à me renseigner sur qui menait l’enquête, bien que toute cette affaire soit restée top-secrète, avec mes talents de logique et de déduction, j’avais réussi à cerner automatiquement le mec. Et donc, ensuite, je me pointais dans les mêmes endroits que lui, en me faisant le plus discret possible et je fouillais sa tête. Un jeu d’enfants. Surtout pour moi. Comme je vous ai dit, j’adore les défis, seulement celui-là n’en avait pas été un très gros. J’étais très déçu que la médiocrité du genre humain transparaisse si aisément, encore une fois. J’avais pu faire mon petit jeu jusqu’au jour où le mec en question avait décidé d’arrêter de sortir de son bureau. Je ne savais pas comment c’était possible, mais je m’étais rendu à l’évidence qu’il avait dû finir par remarquer que je le suivais. Et donc, j’avais demandé une rencontre privée avec lui. C’était plutôt délicat. Je montrais soudainement ouvertement un intérêt pour le mec qui s’occupe d’une affaire top-secrète d’espionnage. J’avais intérêt à avoir de bons prétextes, mais j’en avais toujours. J’avais ainsi fait semblant de m’intéresser à son métier et à ses cas pour un futur roman que je commençais à écrire. J’avais pu lire dans sa tête tous les morceaux du casse-tête que j’avais déjà, mais surtout ceux qui me manquait : la sentence, le lieu de détention, la trappe secrète sous son classeur pour aller et venir de son bureau sans être vu… Plus brillant que ce que je croyais. Il ne devait pas être celui qui y avait pensé. Laufey devait être le responsable de si bonnes idées… J’avais pris des risques tout au long de mon enquête…

Et encore plus en venant ici. Je ne devais pas être vu et encore moins reconnu ici. Si, d’habitude, je m’habillais avec un grand soin et un grand chic, j’avais, cette fois, opté pour quelque chose de plus décontracté, quelque chose qui passerait plus inaperçu. Voir un aussi bel homme que moi, bien mis, avec un veston bleu roy, c’était beaucoup plus frappant et mémorable qu’un adonis en chemise blanche, cravate blanche et jeans. Je m’étonnais souvent moi-même de mon intelligence et de ma débrouillardise. Avant de venir, j’avais dû réfléchir à toutes les conséquences et j’avais eu peur qu’on me suive. Bien que rien ne me laissait paraître que quiconque aie eu des soupçons à mon égard, sur le fait que je m’étais intéressé d’un peu trop près à cette affaire, je préférais ne prendre aucun risque supplémentaire. Ainsi, avant de me rendre à la prison, j’avais bien fait cent détours, pour voir si quelqu’un me suivait. Après une heure à errer dans les rues, à alterner entre le taxi et la marche à pied, j’avais fini par me rendre compte que personne n’était à mes trousses. Et j’étais arrivé à la prison normalement.

Donc, au final, personne n’avait remarqué. Et c’était exactement ce que je voulais. Je devais ne rien laisser paraître et avait tout fait pour y parvenir. J’avais été doué, comme toujours, pour cacher mon jeu et faire en sorte que personne ne puisse se douter de quoi que ce soit. J’avais pris des risques, mais j’avais calculé au quart de tour tout ce qu’ils impliquaient. Bien que j’aimais bien Drake, je n’allais pas foutre en l’air ce qui m’avais pris des décennies à bâtir juste pour ses beaux yeux… Si je l’avais fait, je me serais abaissé au niveau des plus imbéciles de ce monde, qui se dédient corps et âme aux autres, en s’oubliant au passage. Personnellement, j’étais beaucoup trop formidable et merveilleux pour pouvoir m’oublier, alors voilà, je ne le ferais pas!


-Heureux de savoir que tu me sers d’espion.

Je lui fis un petit sourire. Il utilisait l’humour, en toutes circonstances. C’était un mécanisme de défense qu’il utilisait fréquemment pour ne pas trop vivre ses émotions, mais j’aimais constater que la prison ne le dénaturait pas trop, pour le moment.

-Oui, mais j’ai encore beaucoup à apprendre… Faudra que tu me montres…

Je serrai légèrement plus sa main, mais pas très longtemps. Je savais que Drake n’aimait pas beaucoup ce genre d’affection, mais j’en avais besoin. Je ne me sentais pas du tout bien. J’étais en zone neutre et donc, j’avais perdu une partie de moi en entrant dans cet établissement. J’avais laissé la plus grande partie de ma personne dans les méandres de cette zone neutre. Mes pouvoirs m’étaient bloqués et je me sentais encore plus vulnérable d’un radeau dans un ouragan. J’avais besoin d’un point d’appui fort et rassurant. D’une bouée pour ne pas couler dans cette banalité. Et cette bouée c’était Drake. Je suis certain que lui aussi, au fond.

-Ça n’a pas spécialement l’air de t’étonner. Comment l’ont-ils su?

Je ne comprenais pas pourquoi je devrais être étonné qu’il soit un espion. Je le savais depuis le début, j’avais pu le lire dans son esprit. Il y pensait souvent à ce qu’il faisait pour son gouvernement. Il s’était d’ailleurs parfois demandé si je n’étais pas moi-même un espion pour les américains… Et je savais qu’il connaissait la magie, nous en avions régulièrement parlé. Sans entrer dans les détails, puisque je ne lui avais jamais dit ma nature profonde. J’avais peur que cela change nos rapports d’une quelconque manière.

-Ils ont des télépathes à leur service.  Donc… euh… ils l’ont lu dans ta tête… Et… ce qui n’a certainement pas aidé à ta cause c’est que je n’ai pas pu m’empêcher de faire remarquer comment ça avait été facile pour toi de tout savoir sur le maire….

Bien que je le regrette aujourd’hui, sur le moment, cela avait été un bonheur extrême que de remettre à sa place Loki.

-Qui? Et comment? Je sors danser avec son ex, mais je ne vois pas en quoi ça fait de moi un ennemi public…Et il y a qui d’autre?
-En soi, Gabrielle est un ennemi public depuis sa séparation d’avec Logan. Disons qu’ils ne se sont pas quittés en très bon termes et il veut la faire payer et sinon, il y a moi…  Oh Drake, je me sens tellement mal… tout est de ma faute!


J’essayais de ne pas avoir l’air trop dramatique ou pleurnichard, mais plutôt sûr de moi. Je savais que j’étais la source de tout ce merdier, mais je savais aussi que je réussirais à l’en sortir. Si Drake Varner était entré en prison à cause de moi, il se sortirait vivant de toute cette histoire grâce à moi également. Je ne savais pas encore où cela nous mènerait exactement, mais je pensais sincèrement parvenir à régler les choses. Je n’échouais jamais rien, et comme j’ai dit tout à l’heure, je n’allais pas foutre en l’air ce qui m’avait pris des décennies à bâtir. Ici, c’était rien de moins que ma réputation, mon ego et une vie qui étaient en jeu. J’allais donc gagner.

-J’ai combien de temps?
-Trois semaines.


Drake avait retiré sa main de la mienne. Mon radeau prenait le large… J’avais de la difficulté à avaler ma salive, j’avais l’impression que ma bouche était complètement sèche et que ma gorge rétrécissait lentement. Un peu comme une personne qui passe tout près de se noyer et qui cherche son air après être revenue à elle, en ayant encore la brûlure et le gout du sel dans sa bouche.

-Il me faut un maximum de détails pour trouver une solution. Ont-ils décidé de…de quelle manière ce sera fait?

Drake avait fait une pause. Je le sentais nerveux. J’aurais tout donné pour pouvoir lire ses pensées en ce moment et comprendre ce qui se déroulait dans son esprit.

-Ce sera un grand évènement public. Et il y aura d’autres condamnés. Ils ne sont pas certains encore, ils parlaient d’une pendaison… mais je sais que Laufey, lui, préférait l’idée d’un bûcher…

Même si je savais déjà tout ce que je disais à Drake, tout lui répéter faisait en sorte de rendre les choses très réelles. J’avais eu l’impression que tant que c’était seulement dans ma tête, au cœur de cet océan si vaste qu’était ma connaissance, ce n’était peut-être pas si réel, finalement. Mais voilà, je devais me rendre à l’évidence. Drake Varner allait passer au bûcher.  Et je devais tout faire pour l’empêcher de mourir.

-Alors… qu’est-ce qu’on fait?

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MessageSujet: Re: De profundis [TERMINÉ] Dim 20 Oct - 15:47

J’avais choisi d’être espion pour la ville de Londres parce qu’elle m’offrait une bonne sécurité en plus d’un amusement élevé. En effet, l’organisation qui prenait en charge l’espionnage avait des moyens économiques de grande envergure pour équiper ses employés des dernières technologies, citons les puces anti-télépathie. J’aimais beaucoup tout ce qui était électronique et, même si j’avais détourné des sommes ridiculement élevées vers des comptes qui m’appartenaient, je savais que l’argent ne pouvait pas acheter ce que les personnes détenant le pouvoir décidaient de conserver sous haute sécurité. Je m’étais donc dit qu’en faisant partie du système, j’arriverais mieux à en abuser et à obtenir pour mon propre compte toutes sortes d’inventions impressionnantes.

On m’avait permis de travailler avec des logiciels qui m’avaient demandé plusieurs heures de réflexion avant de comprendre leur fonctionnement. N’allez pas croire que j’étais un imbécile : je saisis toujours très rapidement comment faire fonctionner un logiciel. Seulement, Londres m’avait quelquefois confié des programmes si complexes que j’avais dû faire des efforts plutôt élevés pour parvenir à décortiquer de quelle manière ils avaient été construit, ce qui m’avait empli de joie. Si je détestais ne pas comprendre quelque chose, rien ne me plaisait plus que découvrir la bonne méthode pour arriver à mes fins.


-Oui, mais j’ai encore beaucoup à apprendre… Faudra que tu me montres…

Je lui souris. Ethan était beaucoup trop visible comme espion. Oui, cela pouvait sembler extrêmement comique venant de quelqu’un affectionnant les costumes à paillettes, mais je trouvais que mon ami aurait été repéré plus facilement que moi en tant qu’espion. Ethan aimait rappeler à tous à quel point il était brillant et les gens intelligents attiraient la mauvaise attention, celle qui nuisait aux bons espions. On me remarquait très facilement dans une foule, mais qui pouvait croire que j’étais un dangereux espion à la solde d’une nation ennemie? Personne. Je passais pour un débile coloré et superficiel, exactement le contraire de l’idée qu’on se faisait d’un espion. Ethan aurait été tellement trop parfait qu’il aurait justement aimanté les soupçons sur lui.

-Ils ont des télépathes à leur service. Donc… euh… ils l’ont lu dans ta tête…

-Foutaises.

On l’avait mal informé; c’était clair.

-Je ne suis pas un imbécile, Ethan. Je n’ai pas accepté, en connaissant les possibilités infinies de pouvoirs magiques de ceux qui allaient devenir mes ennemis, de me jeter au-devant du danger sans protection. Ils m’ont mis une puce qui protège de la télépathie. Elle a été testée avant que je parte. Donc, forcément, on t’a raconté n’importe quoi. Ils l’ont su autrement.

Mais comment? J’étais déçu. J’espérais vraiment avoir une réponse à cette question qui me hantait depuis le début de mon incarcération.

-Et… ce qui n’a certainement pas aidé à ta cause c’est que je n’ai pas pu m’empêcher de faire remarquer comment ça avait été facile pour toi de tout savoir sur le maire….

Je fixai Ethan, interloqué.

-Explique-moi en quelles circonstances tu discutais aussi familièrement avec Laufey, s’il te plait.

J’avais des doutes qu’Ethan avait des relations avec les dieux, même s’il ne m’en parlait jamais et que mes recherches ne menaient à rien à son sujet. Il était trop intelligent pour laisser filtrer quoi que ce soit. Je ne le soupçonnais pas vraiment d’être un dieu à cause de son intérêt étrange à mon sujet. Les dieux n’en avaient que pour leur race et, même si je comptais Vénus parmi mes amis, je sentais qu’à ses yeux, je ne me trouvais pas à la hauteur de quelqu’un comme Elisa Wilde, qui était une déesse elle aussi. Ethan me parlait, m’écoutait et dévorait tout ce que je disais comme si j’étais son égal. Enfin, presque. Mon ami était obsédé par sa réussite personnelle et par ses nombreuses qualités au point qu’il en assommait les gens qui lui parlaient plus de trois minutes. Seulement, j’avais remarqué qu’il prêtait réellement attention à ce que je disais et, avec la personnalité qu’il avait, je n’aurais pu me justifier qu’il décide de passer du temps avec moi plutôt qu’avec des dieux qu’il aurait considérés beaucoup plus dignes d’occuper son précieux temps.

-En soi, Gabrielle est un ennemi public depuis sa séparation d’avec Logan. Disons qu’ils ne se sont pas quittés en très bon termes et il veut la faire payer et sinon, il y a moi… Oh Drake, je me sens tellement mal… tout est de ma faute!

J’étais un échec. Comment avais-je pu ignorer qu’Ethan était à ce point lié au gouvernement américain? Bien sûr, j’avais eu quelques soupçons à son sujet, mais je m’étais laissé avoir puisque, aujourd’hui, c’était avec surprise que j’apprenais que notre proximité avait contribué à ma mise en prison. Je n’aimais pas être étonné. Je préférais voir les choses venir et me préparer à être fabuleux. Je n’aimais les surprises que lorsque j’avais participé à leur création. Dans le cas contraire, elles me faisaient paniquer. Je les trouvais toujours trop semblables à des complots.

-En quoi es-tu si détesté par le maire au point que ça me condamne? Et pourquoi ne te trouves-tu pas en prison dans ce cas?

C’est à ce moment que la réalité me frappa en plein visage, comme si j’avais foncé à cent kilomètres à l’heure dans un mur de béton. Ethan Wilson était un dieu, lui aussi. Un dieu brillant, imbu de lui-même et, pou d’obscures raisons, assez attaché à moi pour prendre des risques en venant me voir en prison alors que sa seule parole m’y avait jeté. J’eus envie de lui exposer ma grave découverte, mais je la gardai pour moi, non pas parce que je craignais de me tromper et de le vexer, mais parce que j’étais justement certain d’avoir touché la vérité et que je voulais garder pour moi cette information. Je verrais bien si Ethan allait continuer à me cacher sa réelle identité, ce qui était l’attitude la plus logique et la plus prudente, ou s’il allait céder sous l’insistance de mes dernières questions.

-Trois semaines.

Autant dire que je n’allais pas mourir. En trois semaines, j’avais le temps de faire des miracles, avec un peu d’aide.

-Donne-moi ton téléphone; je sais qu’ils te l’ont laissé… Penses-tu pouvoir revenir me voir ou non avant…ma sortie?

J’avais beau me convaincre que je trouverais une solution avec tout le temps dont je disposais, le danger restait bel et bien réel.

-Ce sera un grand évènement public. Et il y aura d’autres condamnés. Ils ne sont pas certains encore, ils parlaient d’une pendaison… mais je sais que Laufey, lui, préférait l’idée d’un bûcher…

-Quel homme charmant! Il invite la population à un barbecue géant…

Je fus presque déçu d’apprendre que je ne serais pas l’unique vedette de l’évènement, mais je me ressaisis rapidement. Je ne devais pas perdre mon temps dans des considérations stupides. Il fallait que je me dédie à comment m’en sortir.

-Alors… qu’est-ce qu’on fait?

Il était adorable, non? Je tentai un sourire confiant et je sentis que mon expression était extrêmement convaincante, tellement qu’elle amortissait un peu le vide croissant dans ma poitrine.[/i]

-Pour commencer, je vais m’amuser un peu avec ton téléphone. Quand tu vas sortir d’ici, tu vas t’installer dans un endroit tranquille et tu vas créer une adresse hotmail de laquelle tu vas envoyer un message crypté que je vais avoir rédigé à une adresse que je vais noter dans ton téléphone. Dès que c’est fait, tu effaces TOUT. C’est très important.

Pourvu que Mantel ressorte de l’ombre. Sinon, il ne me fallait plus compter que sur des pirates de niveau inférieur, ce dont j’étais prêt à me contenter pour survivre.

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MessageSujet: Re: De profundis [TERMINÉ] Mar 22 Oct - 15:34

Je n’avais pas été honnête avec Drake. Je lui avais délibérément caché des choses sur ma si fabuleuse personne. Pour moi, ce n’était pas vraiment des mensonges. Des mensonges étaient, pour moi, quelque chose d’inventé, de complètement faux, qui sert à ne pas dire la vérité. Dire, par exemple, à une vieille dame que les mèches rouges dans ses cheveux gris vont totalement avec son teint et que cela lui va bien est un mensonge odieux, puisque c’est clairement une invention. Une personne âgée avec du rouge dans les cheveux, c’était affreux et surtout, très déplacé. Lui dire le contraire serait lui mentir, par peur de la froisser, de la décourager, peut-être, mais cela restait un mensonge. Par contre, ne pas dire totalement une information n’était pas mentir, mais plutôt dissimuler la vérité. Je n’ai pas tenté de le tromper ou de ne pas lui dire la vérité… seulement, l’occasion précise ne s’était pas pointée le bout du nez… Si Drake m’avais posé plus de questions, je lui aurais dit la vérité, au bout d’un temps. Je n’aurais pas inventé que je n’en avais pas. Je savais pourtant pertinemment comme le genre humain avait de la difficulté à différencier les deux et j’appréhendais le moment où je devrais dire la vérité. Ne pouvant plus lire les pensées de Drake, j’étais complètement dans le brouillard, sur une route que je ne connaissais pas, sous une légère pluie et donc, je ne savais pas trop par où m’en aller. J’espérais seulement ne pas rencontrer de blocs de béton soudainement…

Le genre humain avait aussi de la difficulté à comprendre pourquoi on pouvait parfois lui cacher des choses. Toute vérité n’est pas bonne à savoir et ce n’était pas nécessaire de chercher à absolument tout contrôler en connaissant chaque chose de chaque personne que nous rencontrons. Les gens ont droit à leur jardin secret, donc ceux à qui ils parlent aussi, non? Les humains ne comprenaient pas que, parfois, c’était simplement pour leur propre protection. Certaines choses étaient mieux cachées, car elles étaient trop laides et faisaient peur. Seulement, c’était vrai, dans ce cas, ce n’était pas totalement nécessaire. J’aurais très bien pu dire avant aujourd’hui à Drake quels étaient mes pouvoirs et ma nature profonde. Je ne comprenais plus très bien mes motivations de l’époque, surtout maintenant que j’étais en zone neutre et que j’étais privé de mes pouvoirs. J’étais forcé de me résigner au fait que je réfléchissais comme une personne normale, c'est-à-dire comme un poisson-rouge pour moi. J’étais lent, perdu et stupide ici. Je détestais cela!


-Foutaises.

J’avais envie de le reprendre, parce que ce n’était pas tout à fait la bonne utilisation du mot, mais en même temps, je comprenais ce qu’il voulait dire et je sentais que ce n’était pas tout à fait le bon moment. Je devrais l’épater de mon intelligence exceptionnelle sous un autre prétexte.

-Je ne suis pas un imbécile, Ethan. Je n’ai pas accepté, en connaissant les possibilités infinies de pouvoirs magiques de ceux qui allaient devenir mes ennemis, de me jeter au-devant du danger sans protection. Ils m’ont mis une puce qui protège de la télépathie. Elle a été testée avant que je parte. Donc, forcément, on t’a raconté n’importe quoi. Ils l’ont su autrement.

Il est vrai que j’aurais dû me douter que quelque chose n’état pas normal quand j’ai lu ce qu’il était et ce qu’il faisait. Ces informations auraient dues être cachées… J’aurais dû lui en parler sur le coup… Tout était réellement de ma faute! J’aimerais tellement avoir mes capacités normales, je réfléchirais tellement plus facilement. C’était foutrement enrageant que de ne pas pouvoir faire ce que j’avais l’habitude de faire… Surtout dans une telle situation d’urgence.

-Ou alors… c’est à toi qu’on a raconté n’importe quoi…? Écoutes Drake, je sais que j’aurais dû te dire cela avant, mais… euh… je suis doté de télépathie et j’ai toujours eu accès à tes pensées, voilà…

Je parlais avec beaucoup d’hésitations, mon discours était décousu… Je me trouvais ridicule. Je me faisais honte.

-Peut-être… peut-être que ta puce a fini par faire défaut… avec le temps?

J’essayais de comprendre ce qui avait bien pu se passer, mais, je le répète, je ne suis pas au sommet de ma forme dans cette zone neutre. Je me concentrais tellement à réfléchir que je commençais à en avoir mal au crâne…

-Explique-moi en quelles circonstances tu discutais aussi familièrement avec Laufey, s’il te plait.
-Est-ce vraiment nécessaire? N’a-t-on pas mieux à faire que de discuter de mes discussions?


Je ne voulais pas perdre de temps sur de longues discussions ardues et inutiles. Nous avions mieux à faire que de parler de mes occupations en dehors de lui. Je ne comprenais pas où il voulait en venir, où il s’en allait ni ce à quoi il pensait. Ne pas avoir accès à mes pouvoirs était en train de me faire devenir fou. Nous devions régler tout ça rapidement pour que je retourne dans la vraie vie et que je recommence à respirer et fonctionner normalement…

-En quoi es-tu si détesté par le maire au point que ça me condamne? Et pourquoi ne te trouves-tu pas en prison dans ce cas?

J’allais devoir lui révéler une autre partie de mes cachotteries, c’était clair, je n’avais pas le choix…

-Je suis dans le cercle de confiance de Laufey parce que je suis un allié de taille, mais je suis également du côté d’Héra… Ils avaient déjà des soupçons sur moi… je crois… mais en comprenant que je traînais avec un espion pour une nation ennemie, ils ont compris certaines autres choses… et je ne suis pas derrière les barreaux parce que cela montrerait au peuple la tension et le chaos qui existe au gouvernement en ce moment… en plus, je suis un dieu égyptien et ce serait très mal vu pour Loki de le faire sans preuves…

J’espérais que j’avais été un peu plus clair que ce que je trouvais que j’avais sonné. Peut-être que de lancer l’information aussi banalement la ferait passer plus inaperçue? J’espérais aussi que mes explications suffiraient à Drake pour le moment. Il ne devait pas penser à moi, mais il devait plutôt penser à sa libération future. On devait lui sauver la peau, pas me faire une psychanalyse.

-Donne-moi ton téléphone; je sais qu’ils te l’ont laissé… Penses-tu pouvoir revenir me voir ou non avant…ma sortie?
-J’ai pris beaucoup de risques en venant ici aujourd’hui, Drake. Je ne sais pas si je pourrai recommencer… Je suis désolé!


Je lui tendis mon téléphone, les larmes aux yeux, en vérifiant bien que le gardien ne regardait pas trop. Oui, ils m’avaient laissé mon téléphone, mais c’était plus en cas d’urgence que pour partager avec les détenus. Heureusement, notre gros balourd était quelques cellules plus loin, à discuter avec un autre gardien. J’espérais que mes impôts ne le payait pas trop cher pour ne rien faire, et pourtant, j’étais heureux qu’il ne soit pas plus dévoué, en ce moment…

-Quel homme charmant! Il invite la population à un barbecue géant…

J’eus un petit rire. Ce n’était pas drôle, mais ce n’était tellement pas drôle que cela en devenait drôle. Oh non, aidez-nous… je devenais complète ridicule et infect, comme les humains qui se gavaient de téléréalités et qui trouvait que tout était divertissant…

-Pour commencer, je vais m’amuser un peu avec ton téléphone. Quand tu vas sortir d’ici, tu vas t’installer dans un endroit tranquille et tu vas créer une adresse hotmail de laquelle tu vas envoyer un message crypté que je vais avoir rédigé à une adresse que je vais noter dans ton téléphone. Dès que c’est fait, tu effaces TOUT. C’est très important.

Je l’écoutais me raconter tout cela et je comprenais son plan. Il comptait surement sur ses amis pirates informatiques pour l’aider à faire foirer l’exécution publique. En même temps, j’étais jaloux qu’il puisse continuer à fonctionner normalement, lui. Il ne devait pas utiliser toutes ses facultés pour suivre ce qu’il disait, c’était facile. Tandis que pour moi c’était tout le contraire, même que cela semblait s’empirer à force de rester ici. J’avais l’impression d’avoir de plus en plus de difficulté à me concentrer et donc je paniquais carrément.

-Parfait! J’ai tout compris… C’est tout?

J’espérais à la fois qu’il me dise non et qu’il me dise oui, parce que je commençais à suffoquer intellectuellement à force d’être ici. Et si mon cerveau rapetissait, à force d’être privé de ses pouvoirs magiques? En même temps, comment pouvait-on abandonner derrière les barreaux notre seul ami?

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MessageSujet: Re: De profundis [TERMINÉ] Dim 3 Nov - 10:42

Il ne fallait pas croire que j’avais des préjugés envers les dieux. Mes deux amis réels les plus proches étaient des dieux – même si je venais à peine de le comprendre dans le cas d’Ethan. À force de côtoyer Gabrielle et d’analyser ses moindres paroles et actions, j’avais réalisé que les dieux, en dehors de leur puissance inégalable et de leur égo démesuré, étaient presque pareils aux humains. Mes conclusions s’étaient avérées encore quand j’avais commencé à démasquer les dieux pour mon bon plaisir. Ils ressentaient les mêmes émotions, vivaient les mêmes sentiments, aspiraient aux mêmes choses, possédaient qualités et défauts, avaient presque tous peur de mourir… Ils mentaient et essayaient de se montrer plus solides qu’ils ne l’étaient. Ils faisaient des erreurs, aussi, et je leur devais la possibilité de les découvrir. D’ailleurs, comme Ethan était extrêmement intelligent, certainement au moins autant que ce qu’il répétait à tout le monde, il n’avait pas commis beaucoup de bévues, ce qui expliquait pourquoi j’avais mis tant de temps à comprendre qu’il n’était pas humain.

-Ou alors… c’est à toi qu’on a raconté n’importe quoi…? Écoutes Drake, je sais que j’aurais dû te dire cela avant, mais… euh… je suis doté de télépathie et j’ai toujours eu accès à tes pensées, voilà…

Voilà, je venais de mourir, là, devant Ethan. Je sentis l’air quitter complètement mes poumons, les os de mes jambes s’égrainer et ma cage thoracique se compresser lourdement sur mon cœur. Je fermai les yeux quelques secondes pour éviter qu’ils ne tombent de leur orbite. C’était un cauchemar. Je trouvais cette révélation beaucoup plus effrayante que l’annonce de ma mort sur un bûcher. Pendant plus d’un an, n’importe qui avait pu avoir accès à mes pensées sans que je ne m’en doute seulement une seule seconde. Je me sentais sali et abusé. Je savais que les télépathes étaient beaucoup plus nombreux qu’ils ne le laissaient paraître. La plupart d’entre eux avait la prudence de cacher leurs facultés inquiétantes pour les utiliser plus sournoisement. Combien de fois avait-on fouillé mon esprit? À quels souvenirs avait-on touché sans mon consentement? Quelles parties de moi avaient été mises au jour sous le regard insolent d’un spécialiste de l’indiscrétion? Je sentais une stupide envie de pleurer monter en moi. La panique me rendait vraiment ridicule. Je tâchai de me concentrer sur ce qui se passait. J’aurais bien le temps d’angoisser une fois que mon ami serait parti. Je fus d’ailleurs comblé de me souvenir que ma cellule se trouvait en zone neutre, comme presque toute la prison, et que, de ce fait, Ethan ne pouvait pas savoir à quel point je me laissais submerger par son annonce.

-Ça m’aurait peut-être évité la prison, en effet.

Je me mordis la langue. Vraiment? Je lui servais un reproche voilé?  Ethan m’avouait ce qui était certainement un secret très important pour lui et je ne trouvais rien de mieux à faire que soulever chez lui une sombre culpabilité. Bravo, Drake. J’essayai de me reprendre.

-Merci pour ta confiance…et ton pouvoir pourra être utile pour sauver mes jolies fesses de la grillade.

Je forçai un sourire pour montrer ma bonne foi.

-Qui d’autre est au courant de ce pouvoir?

Surtout, ne pas réfléchir à toutes ces choses qu’Ethan avait dû lire dans ma tête. Je me souvenais très bien ne pas m’être censuré en pensées en fantasmant sur son corps, ses lèvres, ses mains…et ce, en sa présence, bien évidemment. Ma gêne était diminuée par le fait que, quelques fois, Ethan avait matérialisé mes folles idées et que, de ce fait, il ne devait pas avoir été trop choqué par mon désir pour lui mais, en même temps, il me prenait certainement pour un obsédé sexuel. D’ailleurs, je n’avais pas décidé si je trouvais moi-même que j’en étais un.

-Tu ne lis que les pensées immédiates ou tu peux fouiller l’esprit des gens?

Je me forçai à nouveau à ne pas laisser mon esprit déraper. Je devais réfléchir au meilleur moyen d’utiliser Ethan et es facultés secrètes et non à tout ce que je ne voulais pas qu’on sache à mon sujet. Je n’avais pas, en soi, de grand secret pouvant me faire couler, sinon que j’avais détourné des fonds pour ma fortune personnelle, ce qui était bien léger à côté de mon métier d’espion comme raison de m’attirer des problèmes. J’aimais cependant qu’on ne sache de moi que ce que je montrais et non ce que je taisais. Je pouvais accepter, à la limite, qu’Ethan ait su tout ce que je pensais alors que j’étais avec lui, même si cette idée me faisait froid dans le dos, mais imaginer qu’il ait pu retourner chaque partie de moi pour voir ce qu’elle cachait risquait de me rendre fou. Je refusais qu’une personne puisse me connaître à ce point, même si cette personne était devant moi aujourd’hui pour me sauver de la mort. Je préférais cent fois mourir entouré de cette gloire superficielle que je m’étais créée que vivre en sachant tous mes travers découverts, même si ce n’était que par une seule personne.

-Peut-être… peut-être que ta puce a fini par faire défaut… avec le temps?

-J’ose le croire…Mes employeurs n’auraient pas eu l’imprudence de me laisser en territoire ennemi sans que leurs intérêts ne soient protégés. Il n’est pas dans l’intérêt de Londres que les magouilles comme celles dans lesquelles je trempe soient découvertes publiquement… Reste que ce n’est pas d’hier que les gouvernements s’espionnent les uns les autres.


Si ce n’avait été de cette puce défectueuse, aurais-je été épargné? Ou bien avais-je été sciemment abandonné par Londres? Peut-être que ma chute avait été prévue. J’en aurais pour bien longtemps à méditer sur ce sujet.

-Est-ce vraiment nécessaire? N’a-t-on pas mieux à faire que de discuter de mes discussions?

-Tu as raison, mais tu dois me dire quels sont les projets de Laufey. Pourquoi cette exécution? Tu as accès à ses pensées? Plus j’en sais, mieux je vais pouvoir le faire couler.


J’avais comme idée de transmettre à mes amis du net toute information intéressante pour qu’ils l’utilisent, sinon pour me sauver, au moins pour entraîner mon bourreau dans ma chute.

-Je suis dans le cercle de confiance de Laufey parce que je suis un allié de taille, mais je suis également du côté d’Héra… Ils avaient déjà des soupçons sur moi… je crois… mais en comprenant que je traînais avec un espion pour une nation ennemie, ils ont compris certaines autres choses… et je ne suis pas derrière les barreaux parce que cela montrerait au peuple la tension et le chaos qui existe au gouvernement en ce moment… en plus, je suis un dieu égyptien et ce serait très mal vu pour Loki de le faire sans preuves…

Je ne m’expliquais pas pourquoi, soudainement, Ethan s’ouvrait aussi imprudemment à moi. Il me semblait beaucoup moins brillant qu’à son habitude et, même si j’appréciais à quel point il me devenait de plus en plus utile et me témoignait une confiance invraisemblable, son attitude me rendait perplexe. La peur d’être responsable de ma mort était-elle si grande qu’elle diminuait ses facultés de réflexion? Je ne savais pas si je devais me sentir honoré ou effrayé.

-J’ai pris beaucoup de risques en venant ici aujourd’hui, Drake. Je ne sais pas si je pourrai recommencer… Je suis désolé!

-Justement. Si tu veux que mon plan fonctionne, à partir de maintenant, tu te tiens tranquille. Je te sais assez intelligent pour accomplir certaines tâches de nature informatique et je veux que t’en tiennes à cela. N’essaie pas de m’aider d’une autre manière ou tu pourrais couler avec moi.


Je commençai à jouer dans son téléphone, me sentant comme un noyé refaisant surface en entrant en contact avec ce petit concentré de technologie.

-Parfait! J’ai tout compris… C’est tout?

-Oui…et non. Tout ce que tu ne me dis pas aujourd’hui et que tu découvres, concernant Loki ou l’exécution, je compte sur toi pour l’envoyer à la même adresse, en crypté – et je sais que tu vas être capable de crypter tes messages, avec ton cerveau surdimensionné.

Je laissai ensuite mon ami de côté pour me concentrer exclusivement sur son téléphone, ce qui dura environ douze minutes. Je me féliciterais plus tard de ma rapidité et de mon talent.

-Aussi… le jour de l’exécution, envoie un message à mon numéro disant juste exécution.

Je lui redonnai son téléphone. Maintenant, je ne pouvais qu’espérer et faire confiance, ce qui n’était franchement pas dans mes habitudes. Néanmoins, ma logique me soufflait qu’après tout ce que venait de m’avouer Ethan, et après les risques qu’il avait pris pour venir m’apporter son aide, j’avais au moins une personne en qui avoir confiance. Je souhaitais seulement que mes amis pirates se montrent aussi dévoués. D’ailleurs, les connaissant, j’avais plus poussé sur l’aspect défi que sur l’aspect aide pour les attirer.

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MessageSujet: Re: De profundis [TERMINÉ] Ven 15 Nov - 17:18

J’aimais la vie que je menais. Elle me comblait de par son côté ludique, imprévisible et fantastique. C’était effectivement un jeu pour moi de vivre comme les humains. Je me devais de passer pour le plus banal des hommes, comme si mon cerveau ne fonctionnait pas au moins cent fois mieux que celui des humains, comme si je ne pouvais pas savoir exactement ce qu’ils voulaient et comme si je ne pouvais pas contrôler le nombre de fois que je faisais une première impression auprès des plus influents. Je devais faire semblant de n’avoir rien de particulier. Et c’était le seul domaine dans lequel j’échouais lamentablement. En effet, je pouvais bien atténuer certaines de mes qualités, mais je ne pouvais tout simplement pas complètement les effacer. Mon intelligence, ma supériorité et mon savoir devaient être étalé à tout le monde si je voulais pouvoir les impressionner et les instruire. Au fond, en leur montrant une partie – parce que non, je ne pouvais tout de même pas me permettre de tout dire en entrevue! – de ma si parfaite personne, je me disais que cela aidait les plus faibles. En leur montrant que quelqu’un d’aussi merveilleux que moi, à la fois instruit, grand, beau, intelligent, dévoué, comique sympathique et tous les autres qualificatifs positifs qui nous venaient en tête, existait et était si influent dans la communauté, j’étais convaincu que j’en inspirerais plus d’un. Je savais déjà que certains enfants rêvaient d’être comme moi plus tard. En fait, ils rêvaient d’être moi, pas juste comme moi. Ils recherchaient la perfection et j’étais ce qui s’en rapprochait le plus à notre époque. Je l’avais lu dans leur tête lors d’un salon du livre où certains étaient venus me voir pour avoir des autographes. Ainsi, étaler mon savoir et ma supériorité avait réellement un impact positif sur la société dans laquelle je m’étais glissé.

J’eus un petit et rapide sourire en pensant à ces enfants. Certes, ils m’admiraient, (qui ne le faisait pas en ce bas monde?), cependant, s’ils me voyaient en ce moment même, ils auraient surement honte et tomberaient de leur petit nuage. Je ne les berçais pourtant pas d’illusions. Mes pouvoirs magiques me donnaient un petit coup de pouce côté mémoire, instinct et perfection, mais ce n’était pas inventé de toutes pièces. J’étais, à la base, un canevas assez impressionnant. Ma beauté ne venait pas de mes pouvoirs et mon sens de l’humour ou ma répartie non plus. Mes pouvoirs faisaient partie intégrante de moi et ne me rendaient qu’encore plus exceptionnel. Je sentais que toute ma crédibilité prenait de plus en plus de coups et qu’elle s’écrasait de plus en plus sur elle-même. J’avais de la difficulté à faire des phrases complètes, elles me demandaient toute ma concentration et certains mots simples de mon vocabulaire s’envolaient également vers le ciel sans que je ne puisse les retenir. J’avais trop de choses à gérer en ce moment, trop de pensées en tête, trop d’inquiétudes… Les choses se bousculaient dans ma tête, ce qui faisait en sorte que je ne pouvais pas tout assimiler et comprendre, pour le moment. Dès que je serais revenu en zone normale, je pourrais refaire un tri dans ma tête et mieux organiser le tout, mais pour l’instant, j’étais, comme mentionné précédemment, un poisson-rouge…


-Ça m’aurait peut-être évité la prison, en effet.

-Je sais…Et  je t’ai dit que j’étais désolé… J’ai déjà à vivre avec ma propre culpabilité, alors ça va, merci…


À cet instant, je fus déçu de Drake. J’avais fait tout mon possible pour rattraper ma bévue et j’avais pris tous ces risques pour lui en venant ici et en faisant mon enquête, en plus je lui avouais mes pouvoirs de télépathie et il me remerciait en me crachant du venin en plein visage? En même temps, je le comprenais. Je ne pus donc pas lui en vouloir longtemps. La déception s’éclipsa et la honte repris toute sa place, plutôt.

-Merci pour ta confiance…et ton pouvoir pourra être utile pour sauver mes jolies fesses de la grillade.

Son sourire me fit chaud au cœur. Je lui souris en retour.

-Qui d’autre est au courant de ce pouvoir?

Me souvenir, me rappeler. Sonder mon esprit. Lentement, trop lentement. Ah ce que cela pouvait m’enrager! Bon, voilà, je l’avais enfin!

-Je sais que Logan Laufey le sait… je l’ai lu dans sa tête… et donc, nécessairement, son équipe de détecteurs le sait aussi… En fait, n’importe quelle personne ayant la faculté de détecter les pouvoirs magiques serait au courant de mes pouvoirs… Je n’ai aucun dispositif de protection contre cela.

J’étais peut-être pire qu’un poisson-rouge, finalement? Qu’est-ce qu’il y avait de plus stupide que ce poisson qui ne retenait les informations plus de trois secondes que si celles-ci étaient des informations de douleur ou si on l’entraînait pendant des mois pour le faire…?

-J’ose le croire…Mes employeurs n’auraient pas eu l’imprudence de me laisser en territoire ennemi sans que leurs intérêts ne soient protégés. Il n’est pas dans l’intérêt de Londres que les magouilles comme celles dans lesquelles je trempe soient découvertes publiquement… Reste que ce n’est pas d’hier que les gouvernements s’espionnent les uns les autres.

-Ce n’est pas d’hier, cela est bien vrai. Cependant, il est nouveau dans la politique de New-York de sentir que la menace ne viendrait de l’intérieur. Je veux dire, bien sûr Laufey est au courant qu’il est surveillé par les autres grandes puissances de ce monde, seulement, il ne se doutait pas qu’il avait tellement d’ennemi au cœur même de sa si précieuse cité.


Je repris mon souffle quelques secondes. J’avais un peu la tête qui tournait. J’avais parlé vite, avec un discours qui se tenait, mais j’en payais le prix. La tête m’élançait et je croyais commencer à voir des petits points noirs danser au coin extérieur de mes yeux. La zone neutre m’affectait surement plus que ce que je croyais. Elle était peut-être vraiment entrain de me rendre stupide…?

-Tu as raison, mais tu dois me dire quels sont les projets de Laufey. Pourquoi cette exécution? Tu as accès à ses pensées? Plus j’en sais, mieux je vais pouvoir le faire couler.

-J’ai accès à ses pensées, mais c’est de plus en plus compliqué. On dirait qu’il est entrain de trouver un pouvoir de protection ou de dissimulation et qu’il travaille pour le rendre efficace.

Je pris une pause. Ma tête me faisait souffrir de nouveau…

-Laufey fait une exécution pour rappeler au gens qu’il est le plus fort et qu’il est dangereux. Il est le maitre de la ville et rien d’autre. Le règne de la peur… il veut que les gens le craignent… Donc il va leur montrer de quoi il est capable.

J’avais cette douleur lancinante à la tête qui faisait en sorte que j’avais encore plus de difficulté à me concentrer. Pourquoi être en zone neutre me donnait cette impression d’avoir le cerveau qui allait défoncer mon crâne…? Je me massai rapidement les tempes, en espérant que cela eut un quelconque effet, en vain.

-Justement. Si tu veux que mon plan fonctionne, à partir de maintenant, tu te tiens tranquille. Je te sais assez intelligent pour accomplir certaines tâches de nature informatique et je veux que t’en tiennes à cela. N’essaie pas de m’aider d’une autre manière ou tu pourrais couler avec moi.

Je n’eus même pas la force de répondre. Je ne fis qu’hocher la tête en signe d’approbation, les yeux fermés, les paumes qui pressaient mes tempes. Ses commentaires me faisaient du bien. Il me rappelait que je n’étais pas cette vulgaire larve en permanence. J’étais intelligent, débrouillard et efficace en dehors des zones neutres. Je devais me raccrocher à cela si je voulais réussir à tenir le cap.

-Oui…et non. Tout ce que tu ne me dis pas aujourd’hui et que tu découvres, concernant Loki ou l’exécution, je compte sur toi pour l’envoyer à la même adresse, en crypté – et je sais que tu vas être capable de crypter tes messages, avec ton cerveau surdimensionné.

Surdéveloppé et surdimensionné, c’était pareil, non? Je levai vers lui de grands yeux remplis de points d’interrogations. Il ne pouvait pas lire mes pensées, il ne pouvait donc logiquement pas savoir que j’avais également ce pouvoir, je ne lui en avais dit aucun mots…

-Co… comment tu l’as su…? En tout cas, ce n’est pas important pour le moment… on y reviendra une autre fois. Pour l’instant on doit se concentrer sur ta survie et ta libération!

Pendant qu’il s’affairait sur mon téléphone, je me concentrais à essayer de diminuer la tension que j’avais dans le crâne et dans la nuque. Je pris de grandes respirations et essayai d’entendre autre chose que le bourdonnement aigu qui résonnait dans mon crâne. Peut-être que mon cerveau rapetissaient…? Peut-être était-ce le bruit de mon savoir qui s’échappait par les pores de mon cuir chevelu qui faisait ce bruit…? Peut-être n’allais-je jamais réussir à redevenir comme avant…?

-Aussi… le jour de l’exécution, envoie un message à mon numéro disant juste exécution.

Je ne fis qu’hocher la tête. Je savais que même si je lui posais des questions, je n’obtiendrais rien d’autre de sa part. Quand Drake avait décidé de ne pas m’en dire plus, je ne réussirais pas à lui tirer les vers du nez… Surtout pas en zone neutre. Je repris donc mon téléphone et me rapprocha de lui. Je le pris dans mes bras et le serra contre moi. Je pris une grande respiration, pour m’imprégner de son odeur. Je restai quelques instants comme cela, à le tenir fermement contre moi, à sentir son odeur et son corps contre le mien. Puis, je me reculai suffisamment pour voir son visage et planta mes yeux dans les siens. Avec les yeux luisants de larmes, je me perdis un peu dans la profondeur et la beauté de la couleur de ses iris, puis je lui donnai un léger baiser sur les lèvres. Court, mais d’une douceur incomparable pour moi. Puis, je me levai et quittai les lieux sans me retourner. Je ne voulais pas le voir plus longtemps dans ce décor et j’avais un urgent besoin de retourner à la surface. Je commençais à vraiment suffoquer là-dedans… Je partais avec encore la chaleur de Drake sur mes lèvres, sur mon âme. Mes yeux et mon corps avaient parlé pour moi. Ils avaient dit bien plus que ce que des mots auraient pu faire. Il ne me restait plus qu’à espérer que Drake avait un bon plan, car je ne voulais pas le voir brûler vif devant mes yeux…

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MessageSujet: Re: De profundis [TERMINÉ] Jeu 21 Nov - 23:45

« Je suis l’un de ceux faits pour les exceptions, pas pour les lois. »
Oscar Wilde


Je n’avais jamais imaginé que j’aboutirais en prison. Je ne me conformais pas aux normes et j’étais insolent, mais je ne commettais que peu d’actes criminels et, lorsque je les accomplissais, j’étais d’une telle prudence! J’avais transféré des fonds dans des comptes à mon nom de manière totalement illégale mais, même moi, j’aurais eu du mal à remontrer la trace de mes magouilles, tellement je les avais bien faites. De plus, avec tout ce qui se passait depuis l’ouverture de la brèche qui avait laissé entrer les dieux sur terre, les autorités avaient bien d’autres malheurs à gérer que quelques dollars de plus ou de moins dans les comptes en banque des simples citoyens.

Je fouillais bien dans quelques banques de données et sites gouvernementaux top secrets, mais j’étais loin d’être le seul à le faire. Je connaissais au minimum trois autres pirates, en dehors de Mantel et moi, qui étaient assez doués pour traverser toutes les sortes de sécurités informatiques. Aucun de nous n’avait été appréhendé d’une quelconque manière que ce soit, même avant cette histoire de brèche, alors que la police n’avait rien de mieux à faire qu’embêter la population.

Du temps de mes années d’études, j’avais passé pas mal de temps en salle de retenue ou dans le bureau du directeur. Je n’avais pas subitement développé ma peu subtile répartie et ma grande gueule. Je les avais aiguisées contre mes professeurs, entre autres, qui n’avaient pas tous eu un grand sens de l’humour. Les cours m’ayant toujours passablement ennuyé, j’avais pour habitude de faire le débile, dire des blagues, lancer des avions en papier, répondre des conneries au professeur, me porter volontaire pour aller devant la classe et en profiter pour me donner en spectacle… Bref, je n’étais pas de tout repos, mais je m’amusais bien. Faire le clown était beaucoup plus intéressant qu’écouter les enseignants expliquer quarante fois la même matière assommante.

Entre une retenue et un séjour en prison, j’étais désormais bien placé pour savoir qu’il y avait une bonne marge. En retenue, je n’avais pas constamment peur de me faire battre ou…pire. Et j’essayais d’éviter la paranoïa qui me venait très facilement à ce sujet. J’étais musclé, oui, mais mon corps étaient beaucoup plus esthétique que pratique et, contre une montagne de muscles emprisonnée ici pour meurtre, je ne valais pas mieux qu’un lapin albinos à poils longs. Je me tenais donc tranquille tout en sachant malheureusement que mon apparence physique avantageuse se trouvait justement dans la liste des points en ma défaveur pour rester anonyme. J’espérais donc que mon silence permanent était suffisant pour qu’aucun colosse n’ait envie de me mettre la main – ou autre chose – dessus.

D’ailleurs, toutes ces histoires de barre de savon… Quand un type grand et musclé veut quelque chose de toi, il n’attend pas que tu échappes ta foutue barre de savon comme dans les mauvais films d’humour des débuts du cinéma amateur : il te fait de force ce qu’il a envie de te faire. Point. Et c’était justement de ce genre d’images qu’étaient peuplés mes cauchemars depuis mon arrivée dans cette prison. Avec de la chance, les pervers de la place devaient déjà s’être trouvé leurs petits préférés… Je le souhaitais ardemment.


-Je sais…Et je t’ai dit que j’étais désolé… J’ai déjà à vivre avec ma propre culpabilité, alors ça va, merci…

Je me mordis les lèvres. Mon égocentrique préféré était vexé et il avait bien raison de l’être. J’étais nul, voilà. Tout absorbé par mes plans de survie, je n’avais néanmoins pas la tête à essayer de le consoler. Lorsque je serais hors de danger, j’aurais bien le temps de le remercier et de lui faire comprendre que j’étais extrêmement reconnaissant de son aide.

-Je sais que Logan Laufey le sait… je l’ai lu dans sa tête… et donc, nécessairement, son équipe de détecteurs le sait aussi… En fait, n’importe quelle personne ayant la faculté de détecter les pouvoirs magiques serait au courant de mes pouvoirs… Je n’ai aucun dispositif de protection contre cela.[/i]

Aucun dispositif de protection? Ethan m’apparaissait un peu moins comme la personne la plus intelligente au monde à ce moment-là. Je le trouvais imprudent. Il possédait l’un des pouvoirs les plus dangereux et les plus craints et il ne le dissimulait même pas de toutes les manières imaginables. Une fois que je serais libre, je lui fabriquerais ou lui trouverais un objet pour le protéger des curieux. Je savais que des sorciers s’amusaient à éliminer les télépathes, et seulement les télépathes, parce qu’ils étaient répugnés par l’idée qu’on puisse lire dans leur tête. Une partie de moi comprenait comment ils se sentaient à ce sujet, mais j’étais fondamentalement contre les génocides.

[b]-Ce n’est pas d’hier, cela est bien vrai. Cependant, il est nouveau dans la politique de New-York de sentir que la menace ne viendrait de l’intérieur. Je veux dire, bien sûr Laufey est au courant qu’il est surveillé par les autres grandes puissances de ce monde, seulement, il ne se doutait pas qu’il avait tellement d’ennemi au cœur même de sa si précieuse cité.


Laufey était un imbécile. Les ennemis étaient toujours partout. On me traitait de paranoïaque quand je lançais ce genre de remarque à mes amis pirates, mais je ne démordais pas de ma certitude qu’il fallait toujours rester sur ses gardes. Je n’en revenais pas de m’être fait jeter en prison par un bouffon comme ce Laufey qui ne se prenait même pas assez au sérieux pour se méfier de la deuxième puissance mondiale.

-J’ai accès à ses pensées, mais c’est de plus en plus compliqué. On dirait qu’il est entrain de trouver un pouvoir de protection ou de dissimulation et qu’il travaille pour le rendre efficace.

Je fixai mon ami en me demandant ce qu’il pouvait bien avoir qui rendait son discours aussi morcelé.

-Laufey fait une exécution pour rappeler aux gens qu’il est le plus fort et qu’il est dangereux. Il est le maître de la ville et rien d’autre. Le règne de la peur… il veut que les gens le craignent… Donc il va leur montrer de quoi il est capable.

Je détournai le regard de sur Ethan quelques secondes en frissonnant. Ce vieux con se prenait vraiment pour le roi du monde. Il ramenait les pires caractéristiques de la monarchie et souhaitait s’en servir pour dominer le pauvre peuple New Yorkais…peuple que je ne savais si je devais le considérer apte à se révolter contre une telle horreur. Les gens aimaient bien se laisser diriger par les figures d’autorité. Un roi meurtrier, cela faisait une excellente figure de puissance derrière laquelle se ranger.

-Plus tu me parles de lui, plus il me charme…

Je ne regrettais aucunement toutes les informations à son sujet que je venais de transmettre à mes alliés de la toile.

-Co… comment tu l’as su…? En tout cas, ce n’est pas important pour le moment… on y reviendra une autre fois. Pour l’instant on doit se concentrer sur ta survie et ta libération!

Mais de quoi me parlait-il? Ethan était vraiment étrange. Je le fixai en essayant de comprendre le sens de sa question. Se pouvait-il que son cerveau…

Ethan me prit dans ses bras et je me forçai à reporter à plus tard mes réflexions sur ses paroles mystérieuses. Je le serrai contre moi en fermant les yeux, me gardant bien de penser à comment nous étions ridicules, parce que j’avais besoin de ce réconfort pour me tenir au chaud quand il serait parti, dans si peu de temps, alors que la terreur allait reprendre la place qu’elle s’était taillée tout près de moi depuis que j’étais confiné à cette cellule.

Le regard intense d’Ethan me mit mal à l’aise. Je ne voulais pas être la cause de l’eau qui rendait ses yeux aussi luisants. Je me préférais dans le rôle du jeune homme frivole qui faisait rire par ses bêtises et ses folies que dans celui du condamné à qui il était impoli de faire ses adieux officiels, parce qu’on essayait de le convaincre qu’il existait encore une chance de le sauver.

Je fermai les yeux une seconde alors qu’Ethan m’embrassait d’une manière que je préférais habituellement interdire aux gens de le faire. Je le regardai ensuite partir et j’eus l’impression que l’air se faisait de plus en plus rare, à mesure qu’il s’éloignait.

J’étais de nouveau tout seul, à la différence que, maintenant, je savais que j’étais condamné à mourir.

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De profundis [TERMINÉ]

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