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Exécution publique [TERMINÉ]

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The Fallen King
avatarLiam L. Lawrence


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MessageSujet: Exécution publique [TERMINÉ] Sam 30 Nov - 22:10

[Doooonc. Référez-vous au sujet d'inscription pour les modalités. Notons que je (Loki) contrôle la foule.]

Une exécution publique… Ce genre d’idée lui avait trotté dans la tête pendant longtemps, mais l’initiative de la mettre en mots et en projets était venue de sa fille, Hel. Loki était heureux de l’avoir retrouvée. Il considérait qu’elle était le bras droit qui lui manquait. Si elle avait été à ses côtés plus tôt, son pouvoir sur la ville aurait été incontestable aujourd’hui.

L’exécution avait lieu sur un immense terrain asphalté près de l’hôtel de ville qui servait habituellement de stationnement municipal. Pour l’occasion, aucune voiture n’était présente sur les lieux. On avait érigé d’immenses clôtures grillagées tout autour de l’espace servant à l’exécution. Il y avait seulement deux sorties : une toute petite par laquelle Loki et les victimes allaient entrer, et une plus grande par laquelle la foule venue assister au massacre était passée. Chaque personne avait été fouillée pour éviter que toute arme n’entrer sur le site.  Le maire avait choisi cet endroit en particulier, plutôt que tout autre endroit offrant plus de visibilité, parce qu’il s’agissait d’une zone neutre. Personne ne pourrait utiliser de pouvoirs, facultés, objets ou formules magiques sur les lieux, ce qui lui garantissait une sécurité supplémentaire.

Des dizaines de policiers étaient en service pour protéger le maire et pour garantir la sécurité générale. Ils avaient été avertis de ne pas hésiter à tirer s’il fallait le faire pour protéger le maire. Tous étaient armés et la plupart d’entre eux arborait des automatiques, ce qui ne laissait pas douter l’assistance sur le sérieux qui était mis à la sécurité des lieux.  Les policiers étaient postés devant la scène énorme sur laquelle allait se tenir l’exécution, aux sorties de la zone et un peu partout dans la foule.

Au-dessus de la scène, on avait installé un écran géant sur lequel on verrait le maire dont les paroles allaient être transmises par les gigantesques haut-parleurs tournés vers l’assistance.

Loki regretta de ne pas avoir mis un manteau plus épais. Sans ses pouvoirs de bouclier et de boule de feu, il peinait à se réchauffer en attendant que tout soit prêt pour son arrivée. Il songea qu’il aurait préféré que l’exécution ait lieu en mai plutôt que le trois janvier, mais il n’avait pas eu le loisir d’attendre. Trop de choses dépendaient de cette exécution.

Lorsqu’il eut enfin le signal, le maire entra sur scène et salua de la main la foule qui avait été sommée de rester silencieuse.


-Nous sommes ici aujourd’hui pour voir ce qu’il advient de ceux qui trahissent notre gouvernement. Nous avons décidé de faire de New York une puissance mondiale, et ce, tous ensemble. Il est malheureux de voir que des gens tentent de nous nuire et nous devons faire comprendre à quiconque aurait envie de les imiter quel sort les attend.

Loki laissa ses paroles faire écho chez les New Yorkais. Il savait qu’il poussait un peu mais, en même temps, en cette période de déséquilibre chez l’humain moyen, se faire dire quoi penser et à quoi se rallier était comme un cadeau du ciel. Aussi, les réactions négatives furent-elles discrètes. Ou  peut-être que les gens préféraient rester tranquilles devant les policiers armés comme des soldats prêts à l’attaque.

-Qu’on fasse entrer les traîtres.

Les trois victimes furent escortées sur scène, par la même entrée que le maire, par des policiers gigantesques qui les tenaient bien par les épaules, même s’ils n’auraient pas pu fuir bien loin avec leurs menottes  et tous ces policiers qui n’attendaient même pas d’ordres supplémentaires pour leur tirer dessus s’ils faisaient quoi que ce soit.

-Je vous les présente : Drake Varner, espion pour le compte de Londres tenu de rapporter nos moindres faits et gestes, Gabrielle Englebert, qui a tenté d’assassiner lâchement votre maire – merci à mes gardes du corps si vigilants et Kyle Harrisson, trafiquant d’armes alors que nous nous efforçons de rendre nos rues plus sécuritaires.

Loki laissa le temps à la foule de digérer ces informations et s’éloigna un peu de victimes pour s’approcher du bord de la scène le plus près du public. Comme il avait un micro, tout le monde pouvait l’entendre, ce qui ne serait pas le cas des tristes futurs cadavres sur la scène avec lui qui ne seraient entendus que des gens les proches de la scène. Les policiers lui assurant une sécurité presque impénétrable lui donnaient confiance en lui. Peu importaient les réactions des spectateurs : quiconque semblait dangereux serait fusillé. Il n’avait pas de comptes à rendre à ce sujet; les règles étaient bien claires pour tous ceux venus assister à l’exécution.

-Néanmoins, nous sommes à New York, la plus belle ville au monde. Il ne serait pas juste de n’accorder aucune chance à ces criminels. C’est pourquoi je vous donne le choix, New Yorkais : vous pouvez sauver l’une de ces personnes de la mort. Les deux autres seront exécutées parce que c’est la justice, mais celle-ci aura notre pardon. Criez pour celle que vous voulez sauver, mais ne criez qu’une seule fois : mes policiers ont des yeux et des armes. Personne ne triche.

Ce sentiment de pouvoir était magnifique. Il n’y avait rien comme donner un spectacle devant un public attentif, sinon cette peur qui se dégageait de la foule, comme une fumée noire et glaciale.

-Varner, l’espion. Gabrielle, la meurtrière. Harrisson, le trafiquant.

Le maire laissa quelques instants à la foule pour sortir de sa torpeur après avoir nommé Drake Varner. Puis, après que les cris se furent calmés, il nomma Gabrielle, puis Kyle Harrisson, et c'est avec joie qu'il entendit la foule répondre docilement à sa demande de vote.

[J'ai dépassé de quelques mots, mais je devais établir l'essentiel.]

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Sam 30 Nov - 23:51

[I'm so excited!!!!!!!]

Gabrielle ne pouvait clairement dire ce qui s’était passé, tout était un peu flou. Elle était sortie de sa limousine, ce soir-là, pour retourner chez elle après une journée de travail. Elle s’était prévue une petite soirée tranquille avec son chat puisqu’Alec et elle n’avaient pas prévus se voir ce soir-là. Ah Alec ! Plus le temps avançait, plus elle était persuadée qu’il était l’amoureux parfait pour elle. Il était toujours attentionné et gentil, elle se sentait enfin vivante et aimée. En tant que déesse de l’amour, le fait de se sentir aimée la faisait évidemment se sentir plus forte, plus énergique. Elle était définitivement heureuse avec lui.

Toujours est-il que ce soir-là, elle eut un black out. Elle est sortie de la limousine, mais ne s’est jamais rendue à la porte de l’immeuble. Elle s’était réveillée dans ce qui semblait être une prison. Elle ne pouvait pas moins comprendre ce qui lui arrivait. Elle n’était pas restée éveillée longtemps. À son réveil suivant, elle était menottée derrière ce qui semblait être une scène. Elle avait mal à la tête et elle était particulièrement étourdie. La jeune femme tenta tout de même de reprendre ses esprits afin de réfléchir à qui avait bien pu la mener là et pour quelle raison, surtout, était-elle menottée ? Elle n’eut pas à se poser plus de question alors qu’elle vit l’Homme de la situation s’approcher d’elle, tout en gardant une assez bonne distance entre elle et lui. Il lui expliqua ce qu’elle faisait là, qu’il l’avait choisie pour une exécution publique parce qu’il trouvait qu’elle manquait de défis. Le sourire sadique de Loki rendit Gabrielle folle de rage, si elle n’avait pas été si loin de lui, elle lui aurait certainement craché au visage.


-Loki, espèce de déchet, j’ai hâte que quelqu’un prenne le temps de t’arracher les yeux, mais qu’avant tout ça, qu’il ait brisé toute ta misérable réputation.

Venus voyait noir. Elle n’était plus Gabrielle, elle était Venus, déesse rancunière qui n’hésitait point à charcuter celui qui tentait de lui faire du mal. Mais elle se sentait faible, terriblement faible, comme si le sol aspirait son énergie, sa vitalité. Elle comprit donc qu’elle était en zone neutre et qu’elle ne pourrait faire éclater la pauvre petite tête enflée de Loki. Elle n’avait jamais autant haït quelqu’un de toute sa longue vie. Qu’est-ce qui lui était passé par la tête de faire un marché avec cet imbécile ? Elle se le demandait encore… Ça l’avait conduite à sa perte, elle allait mourir devant tout le monde cette journée-là. Elle eut une pensée pour Alec et même pour Matt, qu’elle n’avait pas revu depuis l’épisode de l’âme de son fils. Puis, elle attendit sagement qu’on annonce le moment d’entrer sur la scène, elle ne pouvait pas faire bien plus, elle avait l’impression que le mélange entre sa perte de conscience et la zone neutre lui donnait même peine à marcher. C’est à ce moment qu’elle entendit l’ignoble voix de Loki résonner, annonçant le début de l’exécution.

-Nous sommes ici aujourd’hui pour voir ce qu’il advient de ceux qui trahissent notre gouvernement. Nous avons décidé de faire de New York une puissance mondiale, et ce, tous ensemble. Il est malheureux de voir que des gens tentent de nous nuire et nous devons faire comprendre à quiconque aurait envie de les imiter quel sort les attend.

Gabrielle leva les yeux au ciel. Quelle stupidité allait-il inventer pour la tenir coupable de nuisance à la ville. Elle était l’une de celle qui faisait le plus tourner l’économie de cette ville pourrie et qui lui amenait le plus de richesses. Quand on est plein d’orgueil comme Loki, on exécute son ex-fiancée parce qu’elle refuse de faire un autre enfant avec lui. Elle se sentait comme dans une torpeur, elle ne réalisait pas complètement qu’elle allait mourir, elle ne se demandait même pas de quelle façon le maire s’y prendrait pour le faire, elle avait l’impression de regarder sa vie de haut, comme si rien de tout cela se déroulait, présentement.

-Qu’on fasse entrer les traîtres.

Elle n’était donc pas la seule à qui ce maire cinglé en voulait. Ils furent tous trois escortés sur la scène, et Gabrielle eut le temps de reconnaître Drake Varner, son ami, et elle fut beaucoup plus triste pour lui que pour elle-même. Elle s’efforça tout de même de garder la tête haute en marchant sur la scène, comme elle l’avait toujours fait, mais elle avait la haine dans les yeux. En aucun cas, elle ne démontra quelque faiblesse que ce soit, même si marcher était pour elle un effort surhumain, à cet instant. Elle entendit le maire l’accuser de tentative de meurtre à son égard. La jeune femme leva exagérément les yeux au ciel et lança un long rire fort et arrogant. Après tout, elle n’avait plus rien à perdre, alors pourquoi ne pas en profiter pour se moquer de ce bon vieux Loki avant de mourir.

Savoir que c’est la foule qui choisirait lequel des trois serait épargné lui rappela Rome, et elle fut dégoûtée par cette façon de faire de Loki, comme de toute sa personne. Elle espérait que la foule sauverait Drake, il était son ami après tout. Encore une fois, elle ne réalisait pas complètement dans quel merdier elle était prise…

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 1 Déc - 10:20

Je devais cesser de bouillir de rage. Il fallait que je me calme si je voulais arriver à réfléchir convenablement en ce jour si grave. Toutefois, je ne savais comment éteindre cette fureur qui me tenait en otage depuis plus de deux heures. Mon mari ne venait pas à l’exécution. Il m’avait dit qu’il ne voulait pas être pris entre son devoir de policer de protéger la population et mon implication certaine contre Loki. Il restait donc au poste de police pendant que presque tous ses hommes étaient sur les lieux de l’exécution. Je devais être blanche de rage encore maintenant, au milieu de la foule.

Je n’avais rien dit de mon plan à Zeus. Il savait bien sûr que je tentais quelque chose aujourd’hui, mais je ne lui avais pas donné de détails, car il ne me paraissait pas intéressé par ce que j’entreprenais. En fait, j’aurais aimé qu’il me pose des questions, qu’il veuille s’impliquer, mais je n’osais pas le lui dire de peur de passer pour capricieuse et exigeante. Alors, je me laissais couler dans la frustration et dans cette impression d’être laissée à moi-même. Un mari ne devait-il pas être présent pour sa femme en toute occasion? Je me sentais bien seule ce jour-là et je prenais comme une sorte de trahison le refus de mon époux de venir me soutenir.

Loki n’avait bien entendu pas fait dans le minimum pour la sécurité. La zone avait été érigée quelques jours plus tôt et son accès n’avait été autorisé au public qu’une heure avant le début de l’exécution, ce qui m’avait un peu ennuyée. Comme quelques lycans faisaient partie des forces de l’ordre, je pariais sur la présence de quelques bombes déjà sur les lieux, mais Blackburn et l’essentiel de ses loups n’avaient eu qu’une heure, au final, pour les installer, et ce, avec la présence de civils en plus de policiers. J’espérais qu’ils y étaient parvenus et je cherchais le chef de mes alliés lycans des yeux dans l’intention d’obtenir une confirmation visuelle que tout était en ordre – je n’avais pas envie de faire sauter de pauvres hommes ayant encore des explosifs sur eux!

J’avais rapidement repéré le démon, Matt Fowl, ce qui m’avait rassurée. Il représentait une partie importante de mon plan et son absence aurait signifié l’échec le plus cuisant de toute l’opération. Je souhaitais seulement que son affection pour Gabrielle ne l’aveuglerait pas au point de le faire agir stupidement. J’avais prévu faire sauter les bombes juste avant que Loki n’exécute sa première victime. Donc, idéalement, il n’aurait même pas le temps de toucher une petite parcelle de la peau de la belle blonde qu’une série d’explosions le forcerait à aller se mettre à l’abri. N’était-ce pas parfait?

Je fixai avec dégoût le joker entrer sur scène et écoutai son sermon avec une envie de vomir très présente. J’eus envie de hurler au mensonge lorsqu’il énuméra les accusations sordides qu’il avait certainement inventées de toutes pièces, mais je me retins, autant pour ma propre sécurité que pour le bon fonctionnement de mon plan.


Je constatai que Vénus avait l’air d’avoir accepté la mort avec une rage au ventre que je lui connaissais bien. Je souhaitais vraiment qu’il ne lui arrive aucun mal, mais mon plan allait passer avant tout, car je pensais à tout un monde en premier, tout un monde qui méritait mieux que cet allumé qui se prenait pour un roi. Toutefois l’idée de risquer de perdre la belle déesse dans cet évènement ne me charmait pas du tout.

- C’est pourquoi je vous donne le choix, New Yorkais : vous pouvez sauver l’une de ces personnes de la mort. Les deux autres seront exécutées parce que c’est la justice, mais celle-ci aura notre pardon.

Même moi, sachant mieux que beaucoup comment Loki était dérangé, je fus estomaquée de cette horreur qu’il imposait à la foule. La foule, d’ailleurs, fut bien forcée de réagir, et je m’entendis crier, moi aussi, pour faire partie de la norme et ne pas éveiller l’attention. Je hurlai au tour de Gabrielle, la main bien à plat sur la poche de mon pantalon contenant mon téléphone. Dès que Loki s’approcherait d’une des victimes, le côté à droite de l’assistance, quand on était face à la scène, allait exploser.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 1 Déc - 17:59

Ce maire était vraiment un débile. On aurait dit ces rois du Moyen Âge qui ne se fiaient que sur la peur pour régner. Vulcain devait au moins concéder que cette technique avait fonctionné dans beaucoup de cas. Encore aujourd’hui, un grand nombre d’humains se laissait marcher sur la tête par les plus forts et les plus menaçants.

Quand Alec avait entendu parler de cette histoire d’exécution publique, quelques jours plus tôt, il avait été bien découragé d’où la ville de New York était tombée. Aurait-il dû s’exiler à Londres quelques années plus tôt? Il avait néanmoins décidé de venir voir de lui-même de quoi il en retournait. Il avait été assez impressionné par l’envergure de l’évènement se tenant sur un immense stationnement entouré de clôtures en métal et de policiers tous plus énormes les uns que les autres. Comme tous les autres spectateurs, il avait été fouillé et passé au détecteur de métal avant de pouvoir entrer dans la zone. Il avait d’ailleurs dû retourner à sa voiture, car on avait refusé de le laisser emporter sa cane, laquelle était considérée comme un objet dangereux. Alec avait bien failli repartir chez lui, mais une sorte de pressentiment l’avait poussé à repasser au détecteur pour pénétrer dans la zone, malgré sa démarche peu charmante et la douleur que ses pas lui causaient. Sa jambe et sa hanche les faisaient d’ailleurs terriblement souffrir lorsque le maire entra sur scène, environ une éternité et demie après qu’Alec se soit choisi une place où il verrait très bien la scène.


-Qu’on fasse entrer les traîtres.

À partir du moment où les futurs exécutés entrèrent sur scène, Alec oublia complètement sa souffrance physique. Ses yeux se rivèrent sur Gabrielle et une panique proche de la démence s’empara de lui alors qu’il se mettait à trembler. Ce n’était tout simplement pas possible. Vénus ne pouvait pas être sur cette scène.

-NON!

Il avait hurlé avec force et il était certain qu’on l’avait très bien entendu de la scène. Vulcain ne pouvait concevoir que Vénus était sur le point de perdre la vie. Comment pourrait-il vivre sans elle? Il y avait des siècles que tout son monde tournait autour d’elle. Il l’avait d’abord aimée à la folie, réduisant toutes ses autres passions au rang de vagues passe-temps, et ne gardant à l’esprit que l’intérêt de l’adorer sous toutes ses coutures. Puis, il l’avait détestée à s’en arracher le cœur et l’âme, à rouvrir de lui-même chaque blessure se cicatrisant un peu. Vulcain avait choisi de souffrir pendant des années plutôt que laisser s’effacer le souvenir de Vénus. Alors aujourd’hui, il était impossible qu’elle disparaisse, qu’elle ne devienne qu’un passé tissé de déceptions. Vénus était le présent et l’avenir et il était dans l’ordre des choses que cela reste ainsi.

-LAISSEZ-LA PARTIR!

Alec avait avancé vers la scène, bousculant maladroitement des gens, boitant et manquant d’air. Il avait l’air bon pour la camisole de force mais, sans Vénus, il ne pouvait être bon à rien du tout.

-Monsieur, reculez et calmez-vous.

Vulcain posa rapidement les yeux sur le policier qui avait parlé entre ses dents avant de regarder rapidement les autres policiers autour de lui. Puis, il regarda à nouveau Vénus. Et s’il arrivait à monter sur scène et à l’entraîner par la porte par laquelle elle était passée pour entrer? Il était improbable qu’il y parvienne, mais il était persuadé qu’une force quelque part serait de son côté. Son amour pour Vénus avait toujours été plus fort que tout. La preuve : il l’avait retrouvée après tant d’années à être éloigné d’elle. Il ne pouvait pas la perdre maintenant qu’elle l’aimait à nouveau. Vulcain bouscula donc un policier et bondit vers la scène. Il faillit bien s’écrouler à cause de sa jambe, mais il se força à avancer, convaincu que lui seul pouvait sauver sa belle.

La rafale de balles le traversa en moins de trois secondes et il cessa subitement d’avancer. Il tomba d’abord à genoux, puis sur ses mains, avant de s’écrouler complètement contre le sol dans une flaque de sang. Il se demanda un instant s’il était toujours un dieu même s’il se trouvait en zone neutre ou s’il était plus humain. Allait-il mourir de cette blessure qui ne l’aurait qu’écorché s’il s’était trouvé ailleurs? La réponse s’imposa d’elle-même : Loki avait emmené Vénus en ces lieux pour la tuer. Les zones neutres permettaient donc aux dieux de mourir des mêmes manières que les humains.

Alec voulut tourner la tête vers Gabrielle pour lui dire qu’il était désolé de ne pas pouvoir faire plus, mais il n’était plus capable de bouger. Il faisait si noir et si froid, maintenant.

Vulcain avait voulu reconquérir Vénus dans le but de la blesser, mais il réalisait maintenant que mourir en essayant de la sauver était exactement ce qu’il considérait comme la chose à faire. Il avait cultivé pour elle une haine sans égale pendant des siècles, meurtri par la trahison de la déesse de l’amour mais, au final, aujourd’hui, il l’aimait encore plus qu’avant qu’ils ne se séparent pour la première fois. Il s’était bien laissé prendre à son propre jeu et il regrettait, maintenant qu’il était persuadé qu’il allait mourir là, comme un vulgaire chien abattu, que Vénus ne sache pas à quel point il l’avait toujours aimée.


[Vous aurez deviné que ceci sera certainement mon unique réponse. XD]
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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 1 Déc - 19:55

Je ne sais pas si j’aime les zones neutres. À chaque fois que je me retrouve dans l’une de ces zones, mon pouvoir de cerveau surdéveloppé s’endort complètement, comme s’il n’existait pas. Je deviens donc presque exactement comme ceux qui m’ont créé m’auraient voulu : à peine capable de penser par moi-même et prêt à obéir à tout ordre venant d’une personne avec un grade semblant supérieur au mien.

Je suis donc là, aujourd’hui, ma mitraillette de brave petit soldat dans les mains, prêt à fusiller toute personne contrevenant aux règles établies pour cet événement. J’ai bien écouté les ordres de mes supérieurs et je suis bien décidé à les faire respecter à tout prix. On m’a donc dit que mon arme n’était pas là par parure et que, si une personne se montrait menaçante, je devais la descendre, tout simplement. J’ai bien vu certains de mes collègues grimacer ou se lancer des regards à l’annonce de cet ordre, mais je me suis bien gardé d’avoir un avis. Sans mon pouvoir de cerveau surdéveloppé, un ordre est un ordre.

Sur place, je n’y pense pas, parce que mon esprit est complètement éteint à l’exception de cette partie nécessaire à l’exécution d’ordres simples, mais j’ai l’habitude de détester les zones neutres. Lorsque j’en sortirai, j’en aurai pour plusieurs jours à m’en remettre. Sur le moment, j’apprécie presque ce vide dans ma tête, ce repos de mes fonctions cognitives, même s’il me fait peur de devoir abandonner ma volonté sous les décisions d’autres personnes. Par contre, dès que je retrouve le monde réel et, de ce fait, mon super cerveau de dingue, celui-ci devient comme possédé de l’envie de me faire regretter de l’avoir laissé se mettre en veille. Il devient très actif et se met à analyser chaque détail étant survenu alors qu’il ne pouvait réagir. Et c’est ça qui me tue.

Quand je réfléchis trop fort, je finis par être pris de crises de douleur et ce n’est vraiment pas agréable. C’est pourquoi j’ai l’habitude de prendre les choses à la légère et de préférer des loisirs simples à des passe-temps intellectuels. Je sais que je pourrais essayer de pousser mon pouvoir pour arriver à accomplir des prouesses impressionnantes, mais je ne suis pas prêt à souffrir pour me montrer intelligent. Oh non. De toute manière, je suis beaucoup plus heureux devant un dessin animé que devant une émission scientifique. Ça me vient naturellement, la connerie.

J’entends le maire parler, mais je ne l’écoute pas vraiment. Il fait son petit discours et je n’en ai vraiment rien à faire, car ça ne me concerne pas. Je me concentre à observer la foule, prêt à réagir si un quelconque danger se manifeste. Mon visage est probablement sans émotions, car je n’en sens aucune – un autre cadeau de la zone neutre. Quand mon cerveau de phénomène de foire s’éteint, je suis beaucoup plus proche du robot que de l’humain. Quand j’y réfléchis, ça me terrifie, mais je vous rappelle que je n’aime pas réfléchir.


-NON!

Je regarde l’homme qui a crié. Il semble vraiment hors de lui. Je le vois dans les traits de son visage. Je resserre les mains sur mon arme alors qu’il s’approche de la scène.

-Monsieur, reculez et calmez-vous.

Trop de mots. Je suis satisfait que l’un de mes collègues ait parlé parce que je ne suis pas capable, dans la situation de faible intelligence dans laquelle je me trouve, de faire une phrase si complète pour expliquer à l’homme que son comportement est inadéquat, voire même dangereux.

L’homme semble vraiment dépassé par ce qui se passe. Je le vois bousculer un policier et cette action déclenche une sorte d’alarme en moi. Je dois mettre en action un ordre qu’on m’a donné : un civil se montre menaçant et je dois l’éliminer. Je le vise donc avec précision pour éviter qu’une balle perdue ne se loge dans le corps d’un innocent et je tire, sans émotion ou autre pensée que l’obligation d’obéir. L’homme s’écroule sur le sol, hors d’état de nuire. Je ne sais pas s’il est mort, mais je sais que j’ai touché des organes importants – je vise très bien – et, honnêtement, à ce moment-là, je n’en ai rien à faire que l’homme soit décédé ou simplement au bord de l’agonie. Il est maîtrisé, tel qu’on me l’a ordonné. Je me remets donc en place, comme s’il ne s’était rien passé, sans accorder d’attention à ce collègue, tout près de moi, qui me regarde comme si j’étais le dernier des monstres. Plus tard, je me souviendrais de ce regard et je m’en voudrais à mort.

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Tu ne parles qu'une langue, aucun mot déçu
Celle qui fait de toi mon autre, l'être reconnu

Il n'y a rien à comprendre, et que passe l'intrus


Mais jamais trop loin de l'autre
Nous serions maudits:
 
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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 1 Déc - 22:04

Comme Elisa l’avait prévu, cet ignoble maire avait annoncé l’exécution une semaine avant la journée en question. Malheureusement pour mes lycans et moi, le site n’avait été accessible seulement qu’une heure avant l’événement, ce qui ne nous avait pas laissé beaucoup de temps pour placer les bombes. Heureusement pour moi, j’avais quelques un de mes lycans de confiance qui étaient policiers, j’avais donc pu compter sur eux pour en placer quelques unes au cas où ne réussirions pas à entrer avec les nôtres. Bien entendu, il ne fallait pas que mes lycans policiers se fassent prendre, c’est pour ça que je ne leur avait confié qu’une infime partie des bombes. Comme Elisa comptait sur nous pour camoufler les bombes sur nous afin qu’elles soient indétectables, j’avais cachées les miennes au niveau de mes chevilles. S’ils me fouillaient grossièrement, ils ne trouveraient rien, puisque les bombes étaient dans mes souliers qui, eux, étaient recouverts du bas de mes jeans. J’avais attendu patiemment l’ouverture des portes et j’avais dispersé mes loups dans la foule avant d’entrer. Nous ne devions pas attirer l’attention. Nous irions un à un du côté droit de la scène et nous n’aurions aucune interaction entre nous. Nous avions exactement 4 minutes chaque pour placer nos bombes. Il avait été convenu que si nous n’arrivions pas à les fixer, nous avions l’obligation de sortir du site avec nos bombes afin de ne pas blesser qui que ce soit.

J’eus envie de hurler de joie envers Hera lorsque je passai le détecteur de métal sans que celui-ci ne sonne. J’avais beau savoir qu’elle avait tout prévu, je ne pouvais m’empêcher d’avoir un petit doute. Lorsque j’entrai sur le site, je devais attendre avant de me diriger vers le côté droit de la scène, j’étais le dernier à placer mes bombes puisque j’étais celui qui devait faire un signe à Hera que tout était en place, j’étais le seul des lycans qu’elle connaissait. Une fois mon tour venu, tout se passa comme prévu et je me dirigeai ensuite vers le côté gauche de la scène, où je savais que je trouverais la déesse. L’exécution était sur le point de commencer et je savais que je devais la trouver avant qu’elle ne commence. Soudain, je l’aperçu, elle semblait chercher quelque chose. J’accrochai son regard et je lui fis un simple signe de tête d’approbation.

Je ne mis qu’une seule seconde à réaliser que son mari n’était pas avec elle. Comment pouvait-il bien vivre avec le fait de laisser sa femme venir ici, alors qu’il connaissait le danger auquel elle s’exposait ? Ou peut-être ne le savait-il pas ? Je pris donc la responsabilité de la protéger. Je en savais pas pourquoi, mais je me sentais responsable d’elle, elle était mon chef et j’avais toujours été loyal. Je me postai donc à proximité de la déesse, sans toutefois être trop près d’elle pour que cela évoque quelconque soupçon.

Quand Loki se mit à parler, je pris le temps de regarder autour de moi et je fus choqué de voir à quel point la foule était docile et buvait ses paroles. Tout ceci me révoltait, j’avais envie de hurler et de faire tout éclater… comment pouvaient-ils être aussi dupes ? Ne voyaient-ils pas que d’exécuter ces trois personnes sur la scène était un geste ignoble impraticable, de nos jours ? Ce qui ajoutait à tout ça, c’était surtout le fait qu’il fasse épargner l’une des trois personne par la foule, comme dans une de ces stupides émissions de télé-réalité. Tout de même, après un regard en biais à Elisa pour voir pour qui elle criait, je hurlai en même temps qu’elle. J’eus le cœur brisé de voir ce pauvre homme qui hurlait pour Gabrielle Englebert, qui criait à Loki de la laisser partir, mais ce qui eut comme effet de faire éclater quelques cellules de mon cerveau, ce fut de voir mon ami Charles le cribler de balles alors qu’il tentait de sauver sa belle, sans le moindre sentiment. Ma bouche s’ouvrit d’horreur de voir le pauvre homme s’effondrer sur la scène dans une marre de sang. Comment pouvait-on accepter de laisser faire ce genre de chose ? J’avais très hâte que tout ceci s’arrête, il y avait déjà trop de morts inutiles à mon goût…


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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Lun 2 Déc - 8:36

Gabrielle entendit à peine la foule répondre à la question de Loki. Elle avait l’impression de ne pas être vraiment là, elle ne distinguait rien dans la foule. C’est comme si personne n’avait de visage. Elle n’avait certainement rien à faire de sa mort ou de sa survie à ce moment-là, tout ce qu’elle voulait, c’était que quelqu’un fasse payer à Loki son existence, elle ne l’avait jamais détesté autant. En plus, faire subir à une foule, le choix de la personne épargnée était simplement dégueulasse, comme Loki lui-même. La jeune femme trouvait cette histoire ridicule… N’avait-on pas déclaré ce genre de pratiques inhumaines il y a bien longtemps ? Ce genre d’exécution se déroulait au temps de l’Inquisition et des sorcières de Salem, pas en 2014 !?

La jeune femme espérait que sa mort et celle des deux autres inspirerait assez de vengeance et de haine envers Loki pour qu’il tombe. On pouvait régner sur un peuple par la terreur, pendant un certain temps, mais pas éternellement. Les plus audacieux d’entre eux verraient le vrai visage de Loki grâce à cette exécution. Rappelons que plusieurs d’entre eux étaient probablement contre la peine de mort pour les prisonniers qui, eux, avaient eu droit à un procès grandement médiatisé. Elle était sur la scène pour la simple raison qu’elle avait quitté Loki, mais si elle avait à revenir dans le temps, elle tenterait vraiment de le tuer. Au moins, elle serait sur cette scène pour une bonne raison et elle aurait probablement le sourire fendu jusqu’aux oreilles.

Gabrielle porta attention à la foule seulement lorsqu’elle entendit crier.


-NON !

Elle aurait reconnu cette voix parmi des milliers, Alec. Elle perdit aussitôt son air suffisant et tourna son regard plein de panique vers l’origine de la voix. Le voir dans cet état lui fendit le cœur, il était complètement dément. Jusqu’à cet instant, peu lui importait le dénouement de cette exécution, mais elle avait oublié un détail : La peine qu’Alec aurait à vivre après sa mort. Le regarder dans cet état lui fit tellement de peine que deux fines larmes coulèrent sur les joues de la jeune femme. Il n’y avait plus que lui, elle aurait voulu courir vers lui et le serrer si fort, pour le consoler, lui dire que tout irait bien, mais elle ne pouvait lui promettre une telle chose.

-LAISSEZ-LA PARTIR !

Certains policiers commençaient à s’agiter, à l’endroit où Alec faisait sa crise de panique. Elle sentit ses entrailles se tordre à la pensée qu’il puisse songer à monter sur la scène… elle murmura pour elle-même :

-Non Alec… ne fait pas ça…

Elle crut que son monde allait s’écrouler lorsqu’elle le vit, avec difficulté, dépasser la ligne de policier pour venir la rejoindre, c’était comme si tout se déroulait au ralenti. Elle le vit monter, puis au même moment elle vit le policier se retourner vers lui et le cribler de balles. Tout ça était irréel, ça ne pouvait pas arriver pour vrai. Elle vit son amoureux s’effondrer doucement dans son propre sang, comme mort.

-NON !

Elle avait crié si fort, un cri déchirant qui venait du fond de son cœur, Alec ne pouvait pas être mort c’était impossible. Les jambes de Gabrielle lui firent faux bond et elle tomba à genoux, les yeux vides et la mort dans l’âme. Elle se contenta de fixer un point par terre, devant elle. Maintenant, tout ce qu’elle voulait, c’était que la foule ne l’épargne pas, surtout pas. Alec était tout ce qui lui restait, après Matt, après le bébé, il ne lui restait qu’Alec, il était celui qui l’avait remise sur pied, qui l’avait aidée, il était celui qu’elle aimait de tout son cœur et son âme. C’était comme si chaque moment passé en sa compagnie lui revenait en tête, à ce moment, pendant qu’elle regardait le sol et que de douces larmes coulaient incessamment sur ses joues. Elle était secouée par un infime sanglot, par moments. Elle ne comprenait pas comment ces humains, devant elle, pouvaient laisser faire ce genre de chose immonde, il y avait certainement des dieux dans la foule, des dieux qui ne pouvaient accepter que l’un d’entre eux ne fasse une telle chose, mais personne ne réagissait au sort d’Alec, probablement par peur, Loki avait gagné.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Mer 4 Déc - 16:25

Kyle avait bien eu le temps de réfléchir à ce qui s’en venait pour lui, puisqu’il avait croupi plusieurs semaines en prison. Cependant, jamais il n’avait envisagé ce qui allait réellement se passer. En effet, il savait bien que Chloe devait être lié à la raison de son arrestation, puisque c’était elle qui commettait les crimes. Alors voilà, peut-être l’avait-on arrêté en tant que Chloe, puis, en entrant dans la zone neutre de la prison, Kyle avait repris son apparence normale et maintenant on le gardait prisonnier pour sorcellerie? Bien sûr, on ne lui avait rien expliqué. Il ne savait même pas comment il s’était rendu dans sa cellule. Il se rappelait seulement de s’être couché en boule pour pleurer, suite au départ sournois de Cameron de chez lui, puis il avait senti Chloe prendre le contrôle. Ensuite, il s’était réveillé dans une cellule miteuse et crasseuse, en prison. On ne lui avait presque pas parlé. Les gardiens ayant surement reçu l’ordre de ne pas lui adresser la parole, une espèce de torture psychologique. Kyle n’avait pas pu sortir de sa cellule, sauf pour aller aux douches, qui se trouvaient au même étage que sa cellule. Il n’avait pas eu de visite ou de divertissement quelconque non plus. On le nourrissait seulement une fois par jour, deux ou trois quand c’était ses gardiens favoris qui étaient de garde. Avec le temps, Kyle avait fini par perdre le décompte des jours, des nuits et des minutes. Il ne savait plus quelle heure il était, ni quel jour nous étions. Par contre, il commençait à devenir expert dans le calcul des pierres de sa cellule. En effet, à force de les compter, il se trompait de moins en moins et finirait bien, un jour, par réussir à avoir le bon nombre. C’était plus difficile que ça en avait l’air parce que, parfois, les pierres de béton suintaient tellement à cause de l’humidité présente que cela créait des reflets qui faisaient en sorte que Kyle ne voyait pas bien les délimitations de chaque pierre.

Quand il avait été amené à l’extérieur, donc, Kyle avait eu l’impression que ses yeux allaient s’enflammer tellement la lueur du soleil lui avait fait mal. Bien sur, en prison, il avait de la lumière, mais ce n’étaient que quelques néons dans le couloir, rien comparé à la lueur vive et naturelle su soleil. Aussi, quand il prit une grande respiration, il s’étouffa. Comme si, l’humidité et les bactéries présentes dans sa cellule avaient fini par boucher ses sinus et ses bronches. Un peu comme un fumeur qui prenait une bouffée de tabac pour la première fois et qui envoie la fumée à la mauvaise place. Sa gorge l’irritait et il avait de la difficulté à respirer, en plus d’être plutôt faible sur ses jambes. Il n’allait pas en mourir, mais il aurait être plus en forme. Ses yeux étaient creux, son corps amaigri et affaibli, ses mains menottées tremblaient. Ce mouvement incontrôlable faisait retentir un bruit froid du métal qu’on bouge. Les chaines de ses menottes cognant les unes contre les autres à un rythme irrégulier. Elles jouaient une drôle de mélodie discordante. S’il avait su où il s’en allait, Kyle aurait pu dire que c’était la musique de sa mort.

Quand Kyle était descendu de son fourgon, il en avait vu un deuxième et un troisième amener deux autres détenus sur les lieux. Une femme et un homme, mais comme deux grands colosses de policiers s’étaient positionnés devant et derrière lui pour éviter tout contact entre les détenus, il ne put les reconnaître ou leur parler. Ils furent amenés derrière une grande scène, puis durent attendre qu’on les appelle. Au soleil, la chaleur qu’il dégageait faisait un drôle d’effet avec la froideur du fond de l’air que Kyle ressentait. Il ne pouvait pas dire si le froid était réel ou s’il se l’imaginait, mais il grelottait. Ses jambes tremblaient, trop faibles pour supporter son poids aussi longtemps. Quand il monta sur scène, il trébucha sur une marche et, si le molosse armé, positionné derrière lui, ne l’avait pas rattrapé par le bras gauche, Kyle se serait écroulé lamentablement face contre terre sur la scène. Kyle se positionna là où son chien de garde l’amenait et devait y rester debout. Le jeune homme sentait encore la chaleur du soleil et la froideur de l’air se livrer bataille sur sa peau. Il se concentra sur cette sensation quelques instants. Il avait fermé les yeux, incapable de supporter ces milliers de paires d’yeux fixés sur lui. Incapable également de chercher Cameron, parce qu’il ne savait ce qui lui ferait le plus de mal : le trouver ou ne pas le voir…

Kyle avait levé les sourcils et avait eu un petit rire étouffé quand le maire de la ville avait énoncé son petit jeu. Logan Laufey était encore plus atteint que ce que tout le monde croyait. En plus, il venait de faire exécuter un simple civil qui voulait sauver son amour… Loki ne pourrait pas rester au pouvoir après ça, voyons! Les gens étaient imbéciles, oui, mais pas à ce point!

Pendant toute la durée du discours et du vote, Kyle était resté les yeux baissés, parce qu’il se concentrait à ne pas perdre l’équilibre encore une fois. Il sentait ses genoux commencé à frémir dangereusement et ses chevilles le faisaient souffrir également. Son corps manquait d’énergie, ses muscles de nourriture et d’exercice. Kyle voulait seulement réussir à garder sa dignité le plus longtemps possible…

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Mer 4 Déc - 20:57

J’avais passé des semaines en prison et, forcément, je n’étais pas à mon meilleur. J’avais maigri et pali. Je manquais de sommeil parce que dormir, en prison…Bref. Mes nuits avaient été d’autant plus raccourcies parce que je pensais en permanence à cette exécution – la mienne – qui approchait. Je ne voulais pas mourir. En fait, si on m’avait donné le choix, j’aurais décidé d’être immortel, d’avoir une existence sans fin, de traverser les années comme les humains normaux comptent les jours. J’aimais vivre, et l’idée de voir mourir les gens autour de moi, d’année en année, ne me faisait pas revenir sur ma certitude que j’aurais voulu être immortel. Je ne m’attachais pas aux gens. La seule personne qui avait compté pour moi était ma mère et je considérais que je m’étais très bien remis de sa mort. Je ne croyais pas en cette lubie que les gens étaient uniques et irremplaçables. Différents les uns des autres, oui, mais pas spéciaux au point qu’on ne puisse jamais les effacer. De toute ma vie, je n’avais rencontré personne qui ait pu m’atteindre pour que je l’aime plus que moi-même. En fait, je ne m’étais attaché réellement qu’à peu de personnes. L’une d’elles se trouvait d’ailleurs sur cette scène-bûcher avec moi.

Je comptais Gabrielle parmi mes rares amis depuis quelques années. Cette fille était tout simplement adorable. Son physique avait été ce qui m’avait attiré vers elle et, après quelques nuits fort mémorables en sa compagnie, j’avais fini par découvrir que de l’autre côté de son décolleté se cachait une personnalité très divertissante. Je ne l’avais donc pas poussée hors de ma vie après avoir profité de son corps comme je le faisais habituellement avec mes conquêtes. Gabrielle avait d’ailleurs agi à la perfection sur ce point : quand j’avais cessé de lui faire des avances, elle n’avait pas essayé de comprendre mon comportement ou mon attitude plus distante envers elle. Je ne m’étais pas complètement lassé de son sublime corps, mais je voulais éviter, comme toujours, le risque de tomber dans une relation plus stable avec quiconque. C’était d’ailleurs ce qui me retenait de me faire des amis : je me lassais tellement vite des gens et ceux-ci s’attachaient souvent à moi d’une manière qui m’étouffait.

En dehors de Gabrielle, il n’y avait qu’une seule personne réelle comptant dans ma vie : Ethan Wilson…ou Thot, de son vrai nom. Mon ami ne m’avait pas littéralement avoué sa véritable identité, mais il m’avait dit qu’il était un dieu égyptien et j’avais eu trois semaines de solitude pour réfléchir sur ce sujet. Il m’apparaissait évident qu’il s’agissait du dieu du savoir, car Ethan avait une connaissance impressionnante sur presque n’importe quel sujet qu’on pouvait aborder avec lui. Pour beaucoup de gens, cet aspect de sa personnalité était plutôt chiant, mais je trouvais cette partie de lui totalement fascinante.

Ethan était la seule personne à tenir suffisamment à moi pour venir me voir en prison et, plus important encore, pour essayer de me sauver d’une mort certaine. Le dieu égyptien s’était mis en danger pour moi et je ne l’oublierais pas – surtout qu’il me restait très peu de temps à posséder encore une tête sur les épaules. (Mon humour me tuera, si ce n’est pas Loki qui le fait.) Grâce à lui, j’avais pu envoyer un message à mes amis de la toile, d’autres pirates informatiques, pour qu’ils essaient de m’aider ou, du moins, pour que ma mort soit mémorable et utile. Je n’étais pas d’un naturel dévoué aux autres, mais mon envie de faire payer à Loki cette condamnation injuste n’avait fait que grandir au fil des jours et des nuits passés en prison.

J’écoutai en silence le maire parler à la foule. À quoi bon répliquer? La seule personne à m’entendre serait ce gigantesque policier qui était en train de me faire des bleus dans les épaules à force de me tenir si serré. Il fallait avouer que mon bourreau paraissait bien, sur l’écran géant. Costume impeccable, barbe parfaitement taillée, sourire calculé… Logan Laufey arriverait peut-être même à charmer la foule au point de lui faire avaler le genre de barbarie qu’il était sur le point de commettre. J’étais en train de chercher Ethan des yeux lorsque j’entendis un homme crier. Je le reconnus : il s’agissait de ce designer de bijoux qui sortait avec Gabrielle. Il me parut complètement détraqué. J’entendis les cris, ensuite, les siens et ceux de Gabrielle, ainsi que ceux d’autres personnes que je ne connaissais pas et, entre tous ces cris, celui de l’automatique qui força l’homme à s’étendre sur le sol, immobile.

Je devais être encore plus blanc que lors de mon entrée sur scène lorsque je quittai le corps inerte des yeux pour balayer la foule du regard. J’entendis Loki parler, mais je n’écoutai pas. On nomma mon nom et des cris provinrent de la foule. Je finis par repérer Ethan et lui fit un demi-sourire forcé. J’étais tellement désolé pour lui. Parce que je savais qu’il avait vraiment crû que je m’en sortirais. Je me demandai s’il avait bien reçu mon message automatique.


Le message à Ethan:
 

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Mer 4 Déc - 21:23

En prévision de ce jour, je m’étais exercé. En effet, depuis que j’avais été voir Drake à la prison de New York, je m’étais juré de ne plus me retrouver en aussi flagrante et importante situation de faiblesse. Que Drake m’ait vu dans un état si pathétique passait encore, parce que c’était Drake, mais je me devais de me préparer en vue du jour de l’exécution. Avec la foule et Laufey si imprévisible, cela allait être suffisamment le chaos sans que le fait d’être privé de mes pouvoirs ne me ralentisse en plus. Ainsi, j’avais passé plusieurs heures par jour, à différents moments de la journée, en zone neutre. Après quelques jours, je m’étais apporté un de mes romans – ils étaient si bons, j’adorais me relire – et mon défi était de réussir à lire un paragraphe, puis une page, puis un chapitre… J’avais réussi à faire quelque chose de potable. Être en zone neutre n’était pas encore agréable et facile à gérer, mais je n’étais plus la larve que j’avais été en prison.

Ce matin, je savais que c’était le grand jour. Tout le monde le savait. J’étais nerveux. Je faisais confiance aux idées de Drake, même si je ne les connaissais pas. C’était plutôt le maire qui m’inquiétait. Je m’étais mis tout beau très tôt et avait envoyé le fameux message texte à Drake tout de suite après, comme il me l’avait bien demandé lors de ma visite dans sa cellule. Quelques secondes à peine après que j’eus envoyé le message informant Drake de sa mort prochaine, mon téléphone sonna et vibra un coup. Je le sortis donc de ma poche et le déverrouillai. Le message texte que j’avais reçu me donna l’impression que j’avais plongé dans un lac glacé. Mes os et mon âme se gelèrent et je tenais mon téléphone tellement fort que mes doigts me faisaient mal. Je ne répondis pas. Cela donnerait peut-être trop de véracité aux paroles de Drake. Il avait raison sur un point : l’espoir rendait les journées moins sombres et nous donnait la force de mettre un pied devant l’autre. J’essuyai les larmes froides et amères qui avaient roulées sur mes joues et quittai ma demeure.  

Je m’étais rendu sur le lieu de l’exécution relativement tôt, mais pas encore assez tôt pour être dans les premières rangées tout près de la scène. J’étais dans le premier quart de la foule sur le côté, mais j’étais à une distance raisonnable de l'estrade. En entrant dans l’espace prévu pour l’évènement, je me senti tout de suite plus étrange. Je regardai autour de moi, afin de mieux analyser la situation. Logan Laufey avait bien tout prévu, avec ses chiens de gardes armés jusqu’aux dents qui bordaient toute la scène et d’autres qui étaient postés un peu partout sur le site, la menace était grande, évidente et réelle. Personne ne serait assez stupide pour contredire ce qu’il dirait. Il avait ainsi le beau jeu.


-Qu’on fasse entrer les traîtres.

Lorsque je vis Drake sur scène, mon cœur arrêta de battre quelques instants. Je ne me concentrai plus sur rien d’autre que sur lui. J’entendais mon cœur dans mes oreilles, tellement il battait fort. J’étais nerveux. Je ne voulais pas qu’il meure. Il ne pouvait pas, il n’avait pas le droit. Il devait être sauvé. Et dire que tout cela était de ma faute. J’étais responsable de le voir sur cette scène, menotté, fatigué et pâle, juste devant moi. J’avais l’impression qu’il  avait maigri et qu’il allait s’écouler, craquer, pleurer à gros sanglots. Mais peut-être était-ce plutôt mon propre désarroi que je transposais sur lui? Je n’écoutais plus ce que le maire disait. J’avais les yeux rivés sur Drake, dans l’espoir que nos regards se croisent, qu’il me voit, qu’il me fasse un sourire moqueur dont lui seul avait le secret…

Du mouvement dans la foule. Des cris. Une escalade. Des coups de feu. Un homme par terre. Alec mort. Un dieu mort. Un de plus dans l’oubli. C’était triste, mais n’était-ce pas tous notre sort? Vulcain - j'avais depuis longtemps deviné son identité - était mort en supposé héros, devant tout le monde. Mais combien de dieux étaient morts faibles et amaigris, oubliés dans un coin noir, par la faute des humains? Leur mort avait été beaucoup plus lente et sournoise. Eux, ils n’avaient pu rien faire, rien arrêté. Alec Flemming était en grande partie responsable de ses blessures. Il avait été imprudent. Il aurait dû savoir qu’il était en zone neutre. Il aurait dû réfléchir. Il était victime des lubies de Loki, c’était bien vrai, mais avait principalement été victime de son inconscience. Un peu comme les jeunes qui boivent, se droguent, puis conduisent à des vitesses exagérées et meurent, malgré tous les avertissements reçus. Vulcain avait agi en adolescent attardé et était mort comme l’un d’eux. C’était triste, mais cela ne m’atteignait pas. De toute façon, quand bien même j’aurais voulu réagir, j’étais moi-même trop faible et vulnérable en zone neutre. J’étais un dieu, oui, mais je voulais vivre d’abord et avant tout. Il était clair que quiconque tenterait une autre manœuvre du genre finirait de la même façon. Très peu pour moi, merci.


- Criez pour celle que vous voulez sauver, mais ne criez qu’une seule fois.

Tout ceci était ridicule. Loki se croyait de retour à une époque bien lointaine, avec une monarchie qui régnait par la peur. Il avait beau essayer de nous faire croire que c’était de la démocratie, tout ceci était aberrant! Le pire, c’était bien que le maire de New York s’amusait, lui, de ce spectacle. Il y prenait gout. Il s’en délectait, je pouvais le voir sur son visage.

-Varner, l’espion. Gabrielle, la meurtrière. Harrisson, le trafiquant.

Je me soumis tout de même à sa demande et hurlai à pleins poumons lorsqu’il nomma Drake. Je criais avec ma voix, mais j’y mis toute mon âme et tout mon cœur. J’espérais qu’avec leur aide, ma voix soit plus forte, qu’elle porterait plus loin. J’espérais que je puisse réussir à crier assez fort pour donner l’impression que nous étions cent mille à hurler pour Varner. Je savais bien que contre Vénus, personne n’était de taille. La panique me gagnait de plus en plus, bloquant l’air dans mes poumons et hydratant exagérément mes yeux…



[HJ : Oui, je sais, j’ai dépassé un tout petit mini peu le nombre maximum de mots, mais comprenez moi… pour un écrivain, c’est plutôt difficile de faire court… :PAlors voilà, pardonnez moi et, je comprendrais parfaitement si les admins voulaient réduire mon bonus de participation pour non conformité aux règles de l’évènement...!]

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Sam 7 Déc - 11:55

Avec son blouson de cuir même pas refermé sur son t-shirt noir, son jean et son air complètement neutre, Matt avait simplement l’air d’une personne ordinaire – quoique fort jolie – de la population de New York. Il s’était composé une expression indéchiffrable qui cachait bien sa nervosité. Parce que oui, Matt Fowl était stressé, ce jour-là. Naturellement, le démon ne se laissait pas dominer par ses émotions et avait confiance en ses capacités, mais il était assez intelligent et conscient pour savoir quels étaient les dangers qu’il courait ce jour-là.

Matt faisait partie d’un plan visant à assassiner le maire de New York. Celui-ci n’impliquait aucune arme que ce soit autre que la ruse. Le démon devait attendre le bon moment pour agir, soit le moment où le maire serait forcé de quitter à la hâte la zone neutre. Ainsi précipité et ne pouvant complètement compter sur les forces de l’ordre pour assurer ses arrières, il serait vulnérable comme il ne l’était jamais habituellement. Elisa Wilde avait assuré à Matt que Loki était toujours sur ses gardes et que s’approcher de lui dans des circonstances normales était suicidaire. Il fallait donc une bonne stratégie pour l’isoler, et le forcer à quitter précipitamment une zone où il se croyait en sécurité semblait être une bonne solution.

Le démon ne savait pas comment Loki serait forcé à partir, car Héra ne lui avait pas tout dit, mais il avait bien en tête sa propre marche à suivre qui consistait d’abord en une poursuite de Loki jusqu’à l’extérieur de la zone neutre. Il était prêt.

Le bouffon fanfaronna quelques minutes, mais Matt n’était pas intéressé par ce qu’il disait. Il préférait analyser ce qui l’entourait. Il avait vite repéré Wilde qui, malgré sa chevelure récemment brune, était facile à voir au milieu des gens ordinaires parce qu’elle dégageait quelque chose de fort, même en ces lieux où elle était réduite à la condition humaine. Dès qu’il était arrivé, le démon avait mémorisé chaque détail concernant les entrées, sorties, barrières, éléments entravant les déplacements, policiers, etc. Il avait rapidement localisé la sortie qu’il était logiquement plus probable que Loki prenne plus tard et s’était choisi une place lui permettant de gagner du temps pour se rendre à cette sortie.

Matt était justement en train de calculer le meilleur chemin entre lui et l’issue quand le bruit d’une rafale de balles, tout près de lui, le ramena au présent. Instinctivement, il baissa un peu la tête, mais il remarqua bien vite qu’il ne risquait plus rien. Il regarda le corps s’effondrer, à seulement quelques mètres, dans une flaque de sang. Et c’est à ce moment-là qu’il reconnut la voix de Gabrielle et daigna poser les yeux sur la scène. Il eut l’impression que tout son corps s’était vidé de son sang : elle faisait partie des condamnés.

L’envie de se retourner vers Wilde pour lui hurler des injures fut presque aussi grande que celle de risquer sa vie stupidement, mais Matt ne bougea pas. Il ne pouvait tout de même pas se faire tuer. C’était inutile. Il essaya de se concentrer sur ses tâches, sur l’utilité de ce qu’il allait accomplir pour lui-même, pour les démons et pour New York, mais il avait l’impression que plus rien ne comptait maintenant. Plus rien, sauf regarder Gabrielle avec impuissance.

Loki annonça son idée de vote, mais Matt n’écoutait plus rien. Ses yeux clairs étaient vrillés sur la seule femme qu’il ait vraiment aimée et il était comme déjà mort. Seulement, une partie de sa conscience s’éveilla alors qu’il laissait une certaine lourdeur prendre possession de sa volonté, une partie qui voulait le ranimer, le ramener à la vie. Celle-ci lui souffla une phrase, une simple phrase échappée par Elisa Wilde à laquelle Matt n’avait même pas fait attention lorsqu’elle avait été prononcée, mais qui prenait une importance immesurable aujourd’hui : « Avec ce plan, aucune des victimes de Loki ne mourra ce jour-là. » Gabrielle n’allait pas mourir. Héra était intelligente, trop intelligente pour laisse le dieu nordique savourer la mort de ses otages aujourd’hui. Le démon se raccrocha à cette certitude pour se retenir d’aller se faire descendre comme ce grand blond qui gisait maintenant dans son sang.

Matt eut un deuxième choc en remarquant Kyle Harrisson. Il avait juré au père de ce jeune homme de le prendre sous son aile et de l’aider, et voilà qu’il se retrouvait sur une scène, à quelques minutes d’une mort publique. Échec glacial. Le démon se concentra sur la promesse d’Elisa et inspira profondément. Il ne devait pas se laisser submerger. Ceux qui le faisaient se noyaient. Il l’avait appris en mer, il y avait bien longtemps.

Le démon ne cria pas. Ni au tour de Gabrielle, ni au tour de Kyle. Que valait une voix parmi des centaines? Un silence ou un cri de plus ne comptait pas. De toute manière, ce monstre de maire devait avoir fait un choix bien avant de laisser à la foule le loisir de s’époumoner avec espoir. Matt sentait brûler en lui la hâte d’entraîner Loki vers la mort.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Mer 11 Déc - 19:22

Cameron n’avait pas passé un très beau temps des fêtes. Il était resté tout seul, sans rien fêter. De toute manière, qu’aurait-il eu à célébrer d’autre que sa solitude? Kate, sa seule famille à New York, était morte. On avait retrouvé son corps mutilé il y avait maintenant environ un mois. Le meurtrier n’avait pas été retracé.

Le vampire avait senti un poids indescriptible s’abattre sur sa poitrine et le frapper dans les jambes lorsqu’on lui avait annoncé la terrible nouvelle. La souffrance, la peine et l’impuissance l’avaient submergé. Il avait eu l’impression de tomber à l’infini, aspiré par un vide noir et froid qui effaçait tout autour.

Encore aujourd’hui, il n’arrivait pas à accepter l’information dans son esprit. Il avait refusé de voir ou d’essayer d’identifier le corps. On avait confié cette tâche à un collègue de Kate. On l’avait bien sûr interrogé à titre de suspect, sans aucune sensibilité à son égard, et il avait docilement répondu aux questions. Heureusement pour lui, Cameron travaillait au moment où Kate avait été assassinée. Il avait donc vite été innocenté. On ne lui avait pas moins posé de questions : on l’avait harcelé pour en savoir plus sur sa cousine, sur ses fréquentations, ses ennemis… Le vampire avait dit aux policiers tout ce qu’il savait avant de se taire définitivement à propos de Kate. Il avait d’abord voulu en parler à Kyle, malgré ce qui s’était passé, mais il avait finalement décidé que personne n’aurait droit à sa douleur. Elle était sienne, et s’y accrocher en silence lui permettait de ne pas perdre la tête. Il lui semblait que le simple fait de dire que Kate était morte la tuait une nouvelle fois.

Quelques jours après la mort de sa cousine, Cameron avait contacté Kyle. Il était allé chez lui sans l’y trouver, plusieurs fois. Puis, s’inquiétant, il l’avait appelé, mais son ami n’avait pas décroché. S’en était suivie une panique sourde pour le vampire, laquelle s’était manifestée dans un bar du quartier Grey où il était allé pour essayer de se détendre. Son pouvoir de douleur avait presque tué six personnes avant qu’on ne l’assomme et ne le jette hors des lieux. Cameron n’avait pas cherché à comprendre pourquoi on ne l’avait pas tué. Il aurait été bien, mort.

Puis, Kyle lui avait envoyé un message, quelque chose de distant expliquant qu’il était sur un projet photo dans une autre ville, pour le Times. Cameron avait essayé de savoir quand il reviendrait et s’il y avait un moyen pour qu’ils se voient, mais les messages de son ami avaient été vagues et assez froids. Le vampire en avait donc déduit que soit Kyle regrettait cette nuit qu’ils avaient passée ensemble, soit il lui en voulait de l’avoir laissé tout seul, au matin, et de l’avoir évité pendant des jours ou soit il n’en avait plus rien à faire de lui maintenant que ce moment particulier était venu se mettre en travers de leur amitié. Dans tous les cas, il était encore plus seul.

Le vampire ne savait pas vraiment pourquoi il était venu à cette exécution. Il se forçait à sortir, depuis la mort de Kate, car il savait que son envie de s’isoler du monde ne lui apporterait rien de bon. Cameron ne ressentait que le besoin de se couper de tout et de se laisser mourir lentement de froid et de solitude. Il n’avait plus rien sans Kate et sans Kyle. Il ne se raccrochait certainement pas à son emploi peu valorisant d’esclave des plus belles femmes de Venus Industries ou à sa passion déchue pour le violon – il avait d’ailleurs failli en jouer, un soir. Il avait songé à emporter son violon pour aller le faire hurler sur le toit d’un immeuble pour ensuite en sauter. Son obsession à se punir en se refusant le droit de jouer de la musique l’avait en partie retenu chez lui, ce soir-là. Il s’était aussi dit que son mentor ne l’avait pas sauvé de la mort en le transformant en vampire pour qu’il essaie encore de se tuer. Il avait donc choisi d’honorer celui qui avait essayé de donner un sens à sa vie, mais il se sentait aussi vivant qu’une roche.

Quand Cameron vit Kyle sur la scène, avec les autres condamnés, quelque chose s’embrasa en lui. La volonté de vivre. Au moment où il comprit ce qui attendait son ami, peu lui importait qu’il l’ait abandonné alors que Kate venait de mourir, l’important était de l’empêcher de mourir. Le vampire ne pouvait tout simplement pas accepter de rester en vie si la personne qu’il aimait le plus au monde s’éteignait. Il esquissa donc un mouvement vers la scène, mais il se figea net lorsqu’un homme ayant eu la même impulsion que lui se fit trouer de dizaines de balles. Le vampire n’était pas plus puissant qu’un humain en zone neutre et il savait que, mort, il ne pourrait pas aider Kyle.

Cameron analysa très rapidement les lieux et convint que la meilleure tactique s’avérait l’attaque par derrière. Il devait donc quitter la foule, sortir de la zone clôturée et la contourner pour se retrouver derrière la scène. Une fois à cet endroit, peut-être pourrait-il maîtriser un policier ou encore mettre en œuvre les techniques de vol de voiture que Chloe lui avait enseignées un soir de délire alors qu’ils avaient bu. Le vampire se dirigea vers la sortie.


[Ma seule réponse. À suivre dans un sujet dans les ruelles du quartier Helheim.]

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Mer 11 Déc - 19:49

Loki avait adoré son idée de s’en prendre à Vénus en cette occasion si spéciale qu’était l’exécution publique qui allait soulever le dégoût et la crainte. Le maire savait que cette action était vile et dangereuse pour son image mais, en même temps, une partie de lui n’en avait rien à faire. Il en avait marre de ces humains stupides qui attentaient trop de lui et ne lui offraient presque rien. Il était temps qu’ils voient qui menait, même si cela impliquait de risquer gros. Le sentiment que lui apportait cet évènement valait très bien le malheur qui lui tomberait peut-être dessus ensuite.

Voir cette traîtresse en situation de totale merci avait comblé Loki d’une joie enfantine et presque chantante. Il savait qu’il chérirait ce moment toute sa vie. Il ne digérait toujours pas l’abandon injustifié de cette garce. Aussi, quand il l’entendit rire, il perdit le fil de ce qu’il devait dire, pendant à peine une seconde. Cette déesse était vraiment cinglée. Il veillerait certainement à la tuer plus tard, lorsque le moment serait adéquat. Aujourd’hui, devant toute cette foule, éliminer une vedette était de la folie. Loki ne voulait pas risquer une émeute.

Le maire recula avec surprise lorsque le fou furieux escalada la scène. Sa satisfaction fut grande lorsque son sang se répandit sur la scène, mais sa mâchoire resta serrée. Ces policiers étaient-ils tous des incompétents? Comment un homme seul était-il parvenu à s’approcher autant de lui sans être maîtrisé plus tôt? Ces imbéciles auraient dû le flinguer avant même que ses mains ne touchent le bord de la scène. Au moins, l’un d’eux avait eu la présence d’esprit d’agir de la bonne manière pour préserver la sécurité de son roi. Loki resta néanmoins un peu plus sur ses gardes. Sa joie s’était ternie avec cet évènement. Il se garda bien, d’ailleurs, de faire des commentaires à la foule. Son silence en disait beaucoup plus sur les dangers courus par ceux qui ne respecteraient pas les règles. Il se contenta d’un signe de tête à l’un des policiers sur la scène, lequel se chargea de descendre le corps inerte sur le sol. Le maire songea que le glisser doucement n’était pas nécessaire : un cadavre aussi ridicule aurait simplement pu être poussé du pied. Ces policiers étaient si sentimentaux…

La tristesse de Vénus ne le ravit même pas. Loki avait simplement en tête sa propre vulnérabilité, maintenant. Ses petits soldats étaient plus lents qu’il ne l’avait d’abord crû et il doutait de leur efficacité pour protéger sa vie. Après tout, en zone neutre, il était si faible. Il devait donc accélérer les choses.

La foule cria de manière presque égale pour chaque condamné. La popularité de Gabrielle était à double-tranchant : certaines personnes devaient avoir choisi de voter pour quelqu’un d’autre juste parce qu’elle était belle et qu’elle avait du succès. Les gens étaient si…petits. Néanmoins, même si la foule avait majoritairement choisi un autre candidat, Loki avait fait son choix depuis le début.


-Vous avez choisi la belle Gabrielle. Elle retourne donc avec vous et a la vie sauve.

Son sourire bienveillant peinait à ne pas s’étirer avec sadisme après la douleur dont il venait d’être témoin. Si cet homme venait de mourir pour Vénus, il était probable qu’elle l’aime. Peut-être était-il la raison de son abandon de leur alliance? Loki n’en savait rien, mais il adorait jouer ainsi avec la déesse. Il attendit donc patiemment que des policiers escortent la belle jusque parmi la foule où l’un d’eux lui retira ses menottes.

-Les deux autres doivent donc mourir tous les deux et nous commencerons par ce traître d’Anglais.

Loki tendit une main et l’un des policiers sur la scène y déposa un gigantesque poignard.

-Naturellement, je ne passe pas par un bourreau. Un vrai dirigeant doit être capable d’accomplir les pires tâches lui-même.

Dos à la foule, il s’approcha de sa victime avec une expression complètement froide. C’est alors qu’un son strident le fit sursauter au point qu’il en échappa presque son arme. Ce qu’il aperçut en se retourna le glaça de panique. Quelque chose n’allait pas selon ses plans.

-Qu’on éteigne cet écran.

-Les techniciens essaient, M. le maire, mais le contact semble coupé.


-Eh bien qu’ils le rétablissent!

Loki posa le regard sur l’écran et inspira profondément.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 15 Déc - 9:20

J’étais une femme forte, le genre de femme capable de mener une guerre, et je ne doutais pas de cette partie de moi. Il me fallait cependant admettre que je me laissais influencer plus que je ne le voulais par mes émotions. En ce jour où je devais être complètement absorbée par mon plan, je ne pouvais chasser de mon esprit l’abandon de mon époux. Je lui en voulais de s’être à ce point détaché de mes projets. Je comprenais qu’il ne veuille plus se mêler de politique dans sa nouvelle vie, mais je n’arrivais pas à accepter qu’il ne me soutienne pas au moins un minimum. J’avais l’impression qu’il ne faisait pas partie de ma vie, aujourd’hui, et cette pensée me donnait envie de pleurer. Je me sentais stupide. Stupide et seule au monde.

Je me sentis mieux lorsque je croisai le regard de Blackburn, comme plus légère, moins perdue. J’inspirai profondément avant de rompre le contact visuel pour poser le regard sur la scène. J’avais eu ma confirmation : les bombes étaient bien en place. Au moment opportun, elles exploseraient et sèmeraient la panique dans la foule et très certainement dans l’esprit du maire.

Je faillis appuyer sur mon détonateur lorsqu’Alec Fleming fut criblé de balles. Je savais que Vénus l’aimait et qu’il lui avait permis de remonter la pente après les horreurs que lui avait fait vivre Loki. Je m’étais longtemps méfiée de lui et, jusqu’à ce que je le voie risquer sa vie pour mon amie, j’étais persuadée que quelque chose de grave clochait à son sujet. Je n’arrivais pas à lire son esprit et cela me dérangeait au point de ternir mon opinion déjà peu reluisante à son sujet. Toutefois, quel homme dangereux ou vil aurait accepté la possibilité de mourir pour essayer de sauver la femme qu’il aimait? Je m’en voulus de l’avoir classé parmi mes ennemis potentiels lorsque je me laissai transpercer par le cri de Gabrielle.

J’avais hâte de sortir de cette zone neutre. Je ne m’y sentais pas moi-même. Je ne pouvais pas lire l’esprit des gens et je me devinais extrêmement faible. Extrêmement humaine. Je n’osais pas imaginer – parce que je ne pouvais pas m’offrir de certitude à ce moment-ci – comment les lycans de Blackburn avaient dû se sentir en plaçant les bombes, eux dont la nature était moins humaine que celle des dieux. S’étaient-ils perdus un temps dans une terreur face à cet état imposé qui ne ressemblait pas à qui ils étaient?

Je fixai avec une rage noire et sourde le bouffon qui envoyait mon amie dans la foule, non loin de celui qui était injustement mort en exprimant trop fort un sentiment que Loki ne pouvait certainement pas comprendre. Oui, j’étais injuste : j’avais vu chez Loki la possibilité tordue d’aimer une femme ou sa famille. Je préférais seulement, à ce moment-là, le haïr comme le monstre qu’il était, sans aucun égard pour quoi que ce soit de positif chez lui. De toute manière, ses défauts prenaient une telle importance chez lui que tout le reste ne comptait pas.

Je vis le maire prendre théâtralement un grand couteau et je serrai les dents. Au moins, il ne se livrait pas à cette folie de bûcher que j’avais d’abord lue dans sa tête. Je m’apprêtais à lancer l’explosion lorsque quelque chose attira mon attention sur l’écran géant : Loki n’y était plus retransmis. Je posai à nouveau les yeux sur le monstre pour me réjouir de sa frustration évidente. J’hésitai quelques secondes entre l’idée de profiter de l’agitation qui commençait déjà à se faire sentir et celle d’attendre un meilleur moment. Je me dis qu’il valait mieux agir maintenant que manquer ma chance. Je ne savais pas qui avait pris possession de l’écran et si cette personne avait d’autres plans que voler la vedette devant la foule. Je ne pouvais pas non plus risquer que Loki ne prenne peur et quitte la scène avec une protection trop grande.

Je m’efforçai donc de paraître détendue en déclenchant l’explosion des bombes d’un simple mouvement du doigt sur mon téléphone cellulaire, mais je sursautai en entendant le vacarme provenant de ma droite. Je remarquai rapidement que les lycans avaient bien fait leur travail : les bombes avaient été posées de manière à ce que presque aucun civil ne soit touché. J’étais très satisfaite d’eux. Il me fallait donc maintenant quitter les lieux, ce qui paraîtrait naturel venant d’une simple femme alors que des explosions venaient d’avoir lieu.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 15 Déc - 11:12

Une partie de moi espérait que la foule se révolte. J’avais envie que les gens se mettent à hurler contre le maire. Toutefois, je savais que les gens étaient beaucoup trop moutons pour s’élever contre l’autorité, surtout quand cette autorité en question braquait des automatiques sur eux. Les grands dirigeants des époques passées avaient souvent réussi à faire accepter les pires atrocités à leur peuple. Pourquoi en serait-il autrement aujourd’hui?

-Vous avez choisi la belle Gabrielle. Elle retourne donc avec vous et a la vie sauve.

Je regardai mon amie se faire escorter en bas de la scène avec un mélange de joie et de frustration. J’étais content pour elle; elle avait la vie sauve. Même si, à ce moment-là, elle ne devait pas se sentir à son meilleur, je savais qu’elle se relèverait et profiterait de sa chance. Je l’avais connue ainsi, ces dernières années, comme une femme qui se relevait quand elle s’effondrait. Rares étaient les gens qui acceptaient de tomber. La plupart des gens préférait se tenir en semi-équilibre pour tromper les gens plutôt que se retrouver au sol. Se relever était beaucoup plus noble et salvateur que s’imposer une position vacillante et précaire.

J’étais néanmoins extrêmement jaloux de cette opportunité qui ne m’était pas offerte. Je ne possédais pas en moi la générosité nécessaire pour que mon affection pour Gabrielle prenne le dessus sur mon envie de vivre. J’aurais préféré cent fois la peine de la perdre que ma propre mort. J’étais égoïste et je ne le niais pas. Penser aux autres en premier n’apportait que des déceptions. Au final, la seule personne qui restait toujours était soi-même, et c’était pourquoi le don de soi était une sorte de suicide lent. Les gens se préféraient toujours eux-mêmes, même lorsqu’ils prétendaient le contraire. La générosité et la gentillesse n’étaient que des moyens de se sentir meilleur, plus digne de vivre. Chaque action posée pour une autre personne s’avérait en fait une façon de se féliciter soi-même pour sa bonté. Je ne possédais pas de milliers de qualités, mais je savais que je n’étais pas assez hypocrite pour le lancer là-dedans. J’acceptais mon égoïsme et, ce jour-là, celui-ci me disait qu’il était injuste que je meure.


-Naturellement, je ne passe pas par un bourreau. Un vrai dirigeant doit être capable d’accomplir les pires tâches lui-même.

Un demi-sourire cynique prit place sur mon visage. Ce vieil imbécile pensait-il vraiment que quiconque possédant un cerveau allait croire que tuer ne lui plaisait pas? Mon sourire s’éteint rapidement : il s’adressait naturellement à la foule stupide, laquelle le croyait certainement en majorité. Je me tins bien droit alors que le maire s’approchait de moi. Je ne lui ferais pas la joie de montrer de la peur ou même n’importe quelle émotion. Je ne cherchai pas le regard d’Ethan parce que je n’avais pas envie de lire ce que j’y trouverais certainement. Je fixai droit devant moi avec un air totalement neutre.

C’était donc ainsi que Drake Varner allait mourir. J’aurais préféré porter quelque chose de joli. Genre un costume tout noir brodé de paillettes. Avec un nœud-papillon, aussi. J’aurais souhaité prendre le micro et dire quelque chose, me donner en spectacle une dernière fois. J’aurais aimé tourner en ridicule ce dieu dément qui allait m’enlever la vie. Plus que tout, j’aurais voulu vivre.

Puis, un son strident, comme quand on colle un micro sur un haut-parleur. Le maire se détourna de moi pour regarder cet écran énorme qui montrait encore la scène quelques secondes plus tôt. À l’écran apparaissait le visage d’Anonymous, et cette vision me fit presque tomber les yeux des orbites. Et pleurer de joie. Un espoir fou me fit presque perdre l’équilibre alors que le personnage masqué se mettait à répéter la même phrase sur un ton monocorde.


-Le maire est un traître. Le maire est un traître. Le maire est un traître…

Une adresse web apparaissait à l’écran, en grosse lettres pour que tout le monde dans l’assistance puisse très bien lire. Je cherchai Ethan des yeux une seconde. Sans lui, mes amis pirates n’auraient pas eu accès à suffisamment d’informations pour agir. Je lui en étais reconnaissant tout comme je l’étais aussi ravi que ces gens que je n’avais jamais rencontrés dans la vraie vie aient répondu à mon court appel. Il fallait que je concède que je n’avais pas proprement demandé de l’aide, mais plutôt lancé un défi…Néanmoins, le résultat était indéniable : le maire était bouleversé et la population semblait moins hypnotisée par son charme et sa manipulation. Ou bien je me laissais emporter par l’espoir d’éviter la mort.

Sur ma gauche, des explosions se firent entendre et je vis des flammes monter très haut dans le ciel. Il était très possible que cet attentat soit l’œuvre des pirates que j’avais contactés. Je fus soulagé, tout de même, que ces explosions aient eu lieu loin d’où j’avais vu Ethan quelques minutes plus tôt.

Nouveau bruit strident. L’écran était maintenant teinté de rouge. Anonymous avait changé de phrase.


-Ouvrez les yeux ou nous vous les ouvrirons.

L’écran devint totalement rouge et je fus un peu déçu par le manque de synchronisation : normalement, à mes yeux de pirate, l’explosion aurait dû avoir lieu à la fin du message, alors que l’écran était devenu rouge, et non au milieu, alors que des gens allaient détourner leur attention. Je n’eus qu’une seconde pour me faire cette réflexion parce qu’une explosion beaucoup plus impressionnante et violente que la précédente eut lieu du côté opposé à la première. J’en ressentis même sa chaleur. Une partie de moi se sentit un peu mal : il était certain que des gens avaient été blessés, sinon tués, par cette deuxième explosion. De plus, maintenant, la foule était presque entourée par le brasier.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 15 Déc - 18:23

Il faisait presque noir, si tout était flou quand elle était arrivée sur cette scène, maintenant, tout était noir. La belle tait à la fois si proche et si loin d’Alec. Elle continuait d’être doucement secouée de sanglot. Elle n’y croyait pas, ce devait être un mauvais rêve ! L’année 2014 commençait bien mal, en tous cas. Elle n’avait pas vraiment entendu de distinction dans les cris de la foule, Loki ne pouvait pas cerner clairement qui la foule avait décidé de sauver, elle compris donc qu’il n’avais jamais eu l’intention de laisser la foule choisir, son choix était déjà fait, à la base. Gabrielle ne releva la tête que parce qu’elle vit des policiers s’approcher du corps d’Alec. Elle les regarda le traîner hors de la scène avec une douleur indescriptible au cœur. Elle aurait voulu leur hurler de ne pas lui toucher, qu’il méritait mieux que de se faire traîner hors de la scène. Il était le seul qui avait su montrer du dégoût pour cet acte de Loki. Certes, il n’avait pas agit avec beaucoup d’intelligence, mais c’était déjà plus que les poissons qui restaient plantés à regarder le spectacle sans rien faire. Gabrielle le considérait comme son héro, même si elle savait que beaucoup devaient le trouver stupide et irréfléchi, Loki étant le premier.

Lorsque Loki annonça qu’elle était sauvée par la foule, la jeune femme ne ressentit aucun soulagement, bien au contraire. Savoir qu’elle aurait à survivre à Alec, lui ajoutait un poids dans l’estomac. Elle aurait voulu qu’il sauve Drake… Mais on n’était pas dans les Hunger Games où on peut se porter volontaire pour prendre la place du condamné. Elle avait honte de ne plus vouloir vivre alors les deux autres condamnés auraient probablement voulu sa place à elle. Des policiers virent la chercher pour l’escorter hors de la scène et ce fut comme si l’espace d’une seconde, elle perdit le fil de ses pensées. Précisément au moment où elle passait devant Loki.


-J’espère que tu vas CREVER comme un chien, sombre crétin. Tu me paieras tout ça, en plus du reste, je peux te le promettre.

Elle voyait rouge, elle ne savait même pas pourquoi elle avait hurlé tout ça à Loki, comme si ça allait changer quoi que ce soit au sort de son amoureux. Toutefois, ça lui fit du bien. Si elle avait pu, elle se serait simplement mise à hurler sans cesse jusqu’à ce que toute sa douleur ait évacué son corps. Ils la menèrent au même endroit où ils avaient amené le corps d’Alec et ils lui enlevèrent ses menottes. La jeune femme ne regarda personne. Une fois que l’attention de Loki fut portée vers ses autres victimes, elle se laissa sombrer dans une douleur et une peine indescriptible. Elle tomba à genoux près du corps inerte d’Alec et s’empressa de vérifier son pouls, même si elle se doutait bien du résultat. La confirmation de sa plus grande peur la transperça comme une épée. Elle s’effondra sur son amoureux, se tachant intégralement du sang de celui-ci. Elle pleurait tellement qu’elle avait de la difficulté à respirer. Elle n’avait bien rien à faire de ce que les gens penseraient d’elle après l’avoir vue dans une situation de telle faiblesse, de toute façon, après tout ça, il ne lui resterait plus rien. Elle s’accrochait à la chemise d’Alec comme s’il s’agissait de la vie de son amoureux et flattait doucement ses cheveux blonds, comme si elle essayait de le réveiller après une longue sieste d’après-midi. Elle n’entendit même pas les bruits étranges venant de l’écran jusqu’à ce que la voix se mette à parler.

À ce moment, elle leva ses yeux rougis par les larmes vers l’écran et vit un masque qui ne semblait pas faire partie des plans de Loki. Quelqu’un l’avait déjoué. Si elle n’avait pas été aussi démolie, elle aurait surement hurlé de joie. À la place, elle sursauta lorsqu’une explosion retentit à droite de la scène. Elle prit peur, elle ne voulait pas partir et laisser Alec là, mais elle était si faible qu’elle avait de la difficulté à se mouvoir elle-même. Puis, l’écran devint rouge. Gabrielle sentait que ce n’était pas bon signe et elle compris qu’elle avait eu raison de la croire quand une autre détonation, beaucoup plus puissante et impressionnante survint à la gauche de la scène. Alec et elle se trouvaient plus au milieu de la scène alors ils ne furent pas touchés par l’explosion, mais beaucoup de gens avaient certainement été touchés. Il fallait qu’elle sorte Alec que là, il n’était pas question qu’elle le laisse cuire là, il valait beaucoup plus que ça. Malgré sa faiblesse, elle se leva et tenta de toutes ses forces de soulever Alec. Elle plaça le bras du jeune homme dessus son épaule et tenta de se lever. L’adrénaline fait bien des choses, alors elle réussit à faire deux pas en soutenant Alec, puis elle s’effondra, vidée. Elle n’y arriverait pas. Elle regarda Alec et lui flatta à nouveau les cheveux, les larmes aux yeux.


-Je m’excuse… Je ne suis même pas capable de te sortir d’ici… Mais je ne te laisserai pas seul.

Elle prit place à ses côtés et coucha sa tête sur son torse. Elle ne partirait pas de cet endroit sans lui.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 15 Déc - 21:51

Plus je regardais le spectacle, plus j’avais l’impression de faire le bien, d’agir pour le bien. Quand je m’étais engagé auprès d’Hera, je ne savais pas vraiment ce qui nous attendait, j’ai mis mes espoirs dans le fait que ça ne pouvait pas être pire que sous le règne de Logan Laufey. Maintenant que je voyais les horreurs qu’il était en mesure de faire, je ne regrettais pas d’avoir risqué ma vie pour poser ces bombes, au moins, elle aurait un impact bénéfique sur notre futur. Du moins, je l’espérais fortement. Je ne cessais de jeter des coups d’œil en direction d’Elisa. Je n’aimais pas la savoir seule en zone neutre. Effectivement, j’avais tendance à être un peu surprotecteur… envers pratiquement tout le monde. Après cette histoire avec ma sœur que je n’avais pas su protéger adéquatement, je m’étais promis que plus personne ne mourrait sous ma garde. Et puis, l’absence de son mari m’avait poussé à décider que j’étais responsable de sa sécurité dans la zone neutre.

J’étais complètement sans voix lorsque je vis le policier traîner le corps du grand blond hors de la scène, sans plus de cérémonie. C’était une scène très triste, digne d’un cauchemar. Je me demandais à quelle époque nous étions, cette scène aurait été bien dans un film noir et blanc, non pas dans un écran couleur en HD. Loki annonça ensuite que la foule avait choisi de protéger Gabrielle, je fus content pour Elisa, elle semblait avoir une certaine affection pour cette femme. Du moins, autant d’affection qu’une femme aussi froide est en mesure de démontrer. Cette femme ne risquait plus rien, désormais, l’endroit où elle se trouvait était sans danger. Je regrettais toutefois de n’avoir rien pu faire pour le grand blond… J’assumais un peu la responsabilité de sa mort, j’aurais voulu sauver tout le monde.

Quelque chose n’allait pas selon le spectacle de Loki. J’étais un peu loin, mais je pouvais constater que quelque chose lui faisait perdre son sang froid. Sans doute était-ce le fait que l’image de l’écran géant avait changé du tout au tout… Je ne connaissais pas le reste du plan d’Elisa, mais je trouvais que c’était grandiose de sa part d’avoir réussi à pirater ce système. Je devais avoir les yeux pleins d’étoiles en regardant enfin un acte de rébellion contre ce bourreau. Par contre, quelque chose m’agaça, nos bombes n’explosèrent pas à un moment stratégique pour que le spectacle soit impeccable. Se pouvait-il que cette vidéo ne fasse pas partie du plan d’Elisa ? Je regardai dans sa direction, mais son regard était indéchiffrable. Lorsque l’écran devint rouge, mon instinct me cria que quelque chose n’irait pas. Au moment de la détonation je me jetai sur elle en la poussant par terre et en m’étendant par dessus elle, faisant ainsi de moi un bouclier humain. Cette explosion n’avait rien des petites bombes que j’avais placées avec mes acolytes, cette explosion était monstre.

Je reçu... je ne sais quoi dans le dos qui me coupa le souffle net ainsi qu’un morceau de métal qui se logea confortablement dans mon épaule droite. Mon visage s’étira en une expression de douleur indescriptible. Je luttais pour recommencer à respirer et je tardais à réussir. La douleur était horrible mais je ne voulais pas me laisser tomber sur Elisa, je l’aurais écrasée, littéralement. Surtout par orgueil, je me relevai, tant bien que mal. Mon dos me tuait tellement que je ne sentais même pas le morceau de fer dans mon bras droit. La douleur menaçait de me faire sombrer dans l’inconscience, mais je m’étais promis de protéger Elisa et je la sortirais d’ici, même si je me retrouvais en plusieurs morceaux.


-Vient avec moi, il faut sortir d’ici au plus vite.

Au diable le vouvoiement et les cérémonies, il y avait beaucoup plus important pour l’instant. J’attrapai sa main pour l’aider à se remettre debout. Chacun de mes pas m’occasionnait une grimace de douleur, mais au moins, mes jambes marchaient encore, c’était déjà presque réconfortant. Tout ce que je voulais, c’était de sortir de cette zone neutre pour pouvoir guérir un peu. En même temps, je redoutais atrocement le moment où mon adrénaline tomberait… Je doutais fortement que je pourrais encore courir comme je le faisais à ce moment là pour atteindre la sortie la plus proche.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Mer 18 Déc - 6:48

[Vous comprendrez que, vu mon emploi, je me devais d'être présent! J'ai envoyé un message privé à Cameron, tout est arrangé malgré que je ne m'étais pas inscrit à temps... Merciiii!  bounce  What a Face  Rolling Eyes  I love you ]

Quand j'avais appris la nouvelle concernant l'évènement qu'organisait le maire de notre ville, j'avais eu l'impression de faire un voyage dans le temps et de me retrouver à quelque part entre le Moyen-Age et la Renaissance. Il me semblait que cette pratique avait été abolie depuis longtemps. Je détestais quand les politiciens nous ramenaient en arrière... Un peu comme certains premiers ministres étrangers qui parlaient d'interdire l'avortement ou le mariage homosexuel... C'était ridicule et abusif! Ce n'est pas parce qu'ils sont au pouvoir que les politiciens pouvaient faire n'importe quoi. Ainsi, quand mon supérieur m'avait mis en charge de couvrir ledit événement et d'en faire un topo d'au moins une page dans l'édition du lendemain, j'avais refusé. Je ne voulais pas avoir l'air d'approuver de quelconque façon les méthodes régressives employées par le dirigeant de la ville. Je ne voulais avoir aucun lien avec cet événement, je ne voulais pas m'avouer qu'il avait bel et bien lieu et que personne ne pouvait l'en empêcher. Cependant, comme je refusais de le faire, mon supérieur m'avait dit que si je ne le faisais pas, il donnerait cette opportunité à ne pas refuser à quelqu'un d'autre qui auraient les valeurs au bon endroit, ce qui voulait clairement dire que je descendrais d'un échelon dans la hiérarchie du journal et perdrais tous les dossiers sur lesquels je bossais... je n'avais donc pas vraiment le choix, au final...

Convaincu que cette pratique était illégale, je fis de nombreuses recherches. Rien dans les règlements ou les lois n’indiquait que nous puissions sortir un grief ou une poursuite contre Laufey... de toute façon, comme c'était le maire, il avait dû lui-même vérifier qu'aucune loi n'entrave son plan de dictature... Les recherches que j'avais faites m'avaient conduites à réaliser que Logan Laufey était tout simplement retourné en arrière, à une époque où l'exécution des prisonniers et des criminels constituaient la seule distraction de la semaine, ou même parfois du mois pour les villageois. À l'époque, les gens aimaient voir les mises à mort, car celles-ci les sortaient de leur routine et leur donnait l'impression, pour quelques minutes, qu'ils participaient à un système de justice qui se prétendait équitable... Les gens sortaient voir les mises à mort parce qu'ils n'avaient rien d'autre à faire. Cependant, il fallait s'ouvrir les yeux... En 2014, les gens avaient des tonnes de moyens de se divertir et de passer le temps. Ils n'avaient donc aucunement besoin d'une mise à mort pour s'amuser! Organiser un tel événement était un affront à l'avancée technologique et aux changements de valeurs. Logan Laufey voulait reprendre le contrôle de sa ville, et il le faisait par la peur. S'il réussissait à faire suffisamment peur aux résidents de New York, il réussirait à les avoir à sa main. Ils feraient tout exactement comme Laufey voudrait et quand il le voudrait parce que le peuple allait être trop amorphe et effrayé pour réagir aux abominations que le maire leur dicterait. Un peu comme le peuple allemand avait accepté l’holocauste de la seconde guerre mondiale, parce qu’il croyait tellement en leur Hitler… D’ailleurs, les deux hurluberlus au pouvoir en question avaient tous deux six lettres dans leur nom de famille… c’était peut-être un signe?

Sur place, on sentait tout de suite que le règne par la peur avait commencé. Les policiers armés postés partout autour de la foule ne laissaient aucun doute sur les intentions du maire. Personne ne le contredirait ou n’essaierait de lui nuire sans en payer le prix. Comme j’étais loin de la scène, je ne pouvais pas voir exactement tout ce qui se passait. J’avais bien essayé de me rapprocher en me faufilant entre les gens, mais ceux qui m’entouraient maintenant refusaient de me céder leur place. Je devais donc me référer aux écrans géants qui transmettaient des images de la mascarade en cours. J’avais un travail à faire, mais je comprenais qu’il fallait respecter la hiérarchie de priorité qu’installait une foule. En entendant le discours de Laufey sur les crimes de ses victimes – que je soupçonnais inventés, d’ailleurs – puis sur la façon que nous allions sauver quelqu’un grâce à nos votes, je trouvais que sa reconstitution d’une téléréalité était plutôt moche. De toute façon, c’était perdu d’avance pour les deux jeunes hommes, ils n’étaient pas de taille contre la belle blonde. D’ailleurs, j’étais peiné de voir mon collègue et ami sur la scène. J’aurais aimé pouvoir l’aider, mais je n’étais pas de taille. C’était cependant de mon devoir que de lui rendre justice et de montrer le vrai visage de Laufey, afin que sa mort imminente ne soit pas vaine… J’eus conscience du mouvement dans la foule, puis des coups de feu et des exclamations provenant du devant de la foule, mais je ne pus pas tout comprendre. Les caméras ne captaient principalement que le maire. Nous avions eu droit à des gros plans des accusés, mais elles étaient restées figées sur le maire lors de tout ceci. Peu de temps après cette altercation, je fus bousculé par un jeune homme qui me disait vaguement quelque chose – probablement un ami d’un ami – et qui se frayait un chemin vers la sortie. Il devait se dire qu’il en avait assez vu. J’étais d’accord avec lui, si ce n’était de mon travail, je l’aurais suivi. Bien évidemment, la foule avait sauvée Gabrielle Englebert, elle fut donc libérée. J’étais content de voir qu’au moins, Laufey tenait sa parole…

Puis, soudainement, tout était allé très vite. Les sons stridents, les nouvelles images sur les écrans, signe qu’on les avait piratés. L’expression du maire, sa détresse, la perte de contrôle, la peur insidieuse qui rampait dans les rangs, les explosions en décalé, la panique générale. Tout à coup uniquement en mode survie, je ne pensais plus correctement. Je me dirigeai vers la sortie la plus proche, en enjambant ceux qui avaient été moins chanceux que moi et qui me semblait morts. Je vis une jeune femme paniquée essayé de se débarrasser de quelques corps qui étaient tombés sur ses jambes et je me précipitai vers elle. Après avoir dégagé ses jambes, je l’avais aidé à se mettre debout. Elle avait son bras autour de mes épaules, j’avais mon bras autour de sa taille et je l’aidais à marcher pour se sortir de cet enfer, qui ressemblait de plus en plus à un camp de concentration!

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Ven 27 Déc - 13:01

Le seul point positif aux zones neutres: pendant que j’y suis, je me sens bien. Il n’y a pas de sensation qui soit comparable à cette impression de flotter dans l’inconscience la plus parfaite. C’est comme si j’étais vidé de toute responsabilité autre que celle d’obéir à une personne me paraissant détenir le savoir absolu. Je suis envahi par la certitude de servir des intérêts grandioses et importants. Sur le moment, rien ne peut me faire douter et c’est justement ce sentiment de vérité absolue qui me grise; mon cerveau est verrouillé sur cette lubie.

Je suis toujours perdu entre ma haine et mon affection pour les zones neutres. Une minute, je les hais et, la suivante, je les adore. Je me complais dans cette inintelligence qui me fait oublier toutes les laideurs de la vie, ces horreurs que je ne peux qu’ignorer en surface lorsque je suis moi-même. Une partie de moi voudrait toujours rester ainsi, vide. Je m’imagine souvent sans mon pouvoir de cerveau surdéveloppé (généralement suite à une crise de douleur) et, même si l’idée de ne plus avoir mal brille au soleil, perdre qui je suis ne vaut pas un bien-être similaire à celui d’un animal bien dressé. Je ne veux pas être un chien de garde comme celui en lequel les zones neutres me transforment.

Je continue ma tâche de surveillance, mais plus personne n’ose montrer d’agressivité. Je reste donc immobile pendant que le maire parle, balayant la foule du regard. Je sursaute lorsqu’une explosion survient et je me prépare à tirer à la moindre menace pouvant être anéantie par balles, mais je ne trouve que des civils paniqués dans la foule. Une seconde explosion vient bouleverser encore plus les spectateurs et sa violence projette une femme sur moi. Il me faut bien quatre secondes pour conclure qu’elle ne représente pas une menace puisqu’elle est morte (probablement même avant d’atterrir). Son visage est complètement brûlé. Je me contente de la repousser doucement en me relevant. Je ne remarque même pas que l’un de ses souliers à talons a transpercé mes vêtements et ma peau, dans le haut du dos.

J’entends l’un de mes supérieurs hurler qu’il faut faire sortir les civils pour les mettre à l’abri. J’analyse ma position ainsi que les gens autour de moi à la recherche du meilleur moyen d’accomplir ce qui m’a été demandé. Je repère une jeune femme blonde agenouillée près d’un homme qui semble gravement blessé. Je me souviens vaguement avoir vu cet homme, mais mon cerveau restreint a déjà relégué son identité dans la catégorie des informations inutiles et voilà que je ne sais plus pourquoi je le connais. Je n’ai pas besoin de le savoir, de toute manière. À ce moment-ci, il s’agit d’un civil en danger. Je m’approche donc du couple que j’ai choisi d’aider. Je regarde la femme se lever alors que je me fraie un chemin parmi les civils capables d’avancer. Elle essaie de tirer l’homme vers la sortie, mais elle en est incapable et s’effondre.

Je mets la main sur son épaule quelques secondes après qu’elle se soit allongée près de l’homme.


-Je dois vous sortir d’ici. Vous pouvez marcher. Je vais porter…lui.

J’ai beaucoup de mal à m’exprimer parce que mon cerveau n’a pas été créé pour que je communique efficacement. Je n’attends pas la permission de la femme et je soulève l’homme près d’elle, ce qui accentue la douleur de la plaie créée par la femme qui m’a pris pour une piste d’atterrissage, mais je ne grimace pas et je ne fais aucun son. Je suis concentré sur ce que je fais. J’emmène donc mon fardeau comme s’il s’agissait d’une belle mariée sans plus trop accorder d’attention à la femme puisque je ne peux porter qu’une seule personne à la fois et que la femme me semblait pouvoir avancer d’elle-même. De toute manière, l’état de l’homme est critique, ce qui le fait passer en priorité et, de plus, je sais que la femme va suivre le blessé : elle allait se laisser mourir avec lui.

Je passe la sortie et finis par rejoindre la rue, car je dois emmener cet homme à l’hôpital. Mon supérieur a bien dit de mettre les civils à l’abri et le lieu le plus sûr pour un blessé est là où on peut le soigner. Néanmoins, lorsque je mets les pieds dans la rue et que je sors de la zone neutre, mon cerveau se rallume soudainement, ce qui me fait un drôle de choc. (Pas drôle dans le sens de rire, hein.) Je perds un peu l’équilibre et j’en échappe presque l’homme dans mes bras. Je pose les yeux sur lui et je le reconnais maintenant que mon cerveau est revenu de sa pause. L’horreur me secoue et je dois mettre un effort considérable pour me reprendre : je dois vérifier s’il est mort pendant que je le transportais. Mon cerveau minuscule n’y avait pas pensé quelques minutes plus tôt, mais il est toujours dangereux de transporter un blessé.

C’est avec un soulagement énorme que je constate que l’homme respire encore. Il y a un espoir. Je dois me focaliser sur celui-ci si je ne veux pas m’effondrer en pensant que j’ai peut-être tué un homme. Surtout, je ne dois pas me dire que Mégane respirait encore, elle aussi, quand on l’a emmenée à l’hôpital.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Sam 28 Déc - 10:36

C’était irréel, elle entendait les cris, mais c’était comme si elle n’était pas vraiment là. Au fond, elle était dans son lit, lovée contre Alec et tout ceci n’était qu’un cauchemar et elle le réaliserait seulement lorsqu’elle ouvrirait les yeux et qu’elle serait à bout de souffle et couverte de frissons, mais au moins ça ne serait qu’un rêve et Alec aurait seulement besoin de la coller contre lui et elle finirait par se rendormir. Oui. C’est comme ça que cette histoire se terminerait. Pourtant, la douleur qu’elle ressentait au cœur était tellement réelle. Le bruit des bombes avait été tellement assourdissant, les cris d’horreur étaient tellement près… Elle rouvrit les yeux, dans l’espoir de se retrouver dans son lit, malheureusement, ce ne fut pas le cas. Le chaos l’entourait, quelle vision irréelle. Ce n’était pas juste, pourquoi avait-il fallu qu’Alec meurt alors qu’il n’avait rien à voir avec cette histoire. Tout ça étaient entre Loki et elle, et évidemment, il n’avait pas pu faire l’adulte et régler son problème avec elle en lui en parlant. Non. Il avait fallu qu’il montre à toute la population à quel point il était fort et grand et c’est ça qui avait causé la mort d’Alec. Elle aurait tellement aimé qu’il reste chez lui ce matin-là.

Elle était sur le point de se recoucher vers sa mort lorsqu’elle sentit une main sur son épaule qui la fit sursauter. Elle se tourna vers la personne à qui appartenait cette main et elle le reconnut aussitôt, ce déchet.


-Je dois vous sortir d’ici. Vous pouvez marcher. Je vais porter…lui.

Elle eut envie de lui sauter au visage pour lui arracher toute sa peau. La jeune femme bouillonnait. Comment cet homme pouvait-il oser leur offrir son aide alors qu’il était celui qui avait criblé Alec de balles, lui infligeant des blessures qui avaient eu raison de lui. Et puis c’était comme s’il n’avait as une once de culpabilité, il n’avait même pas l’air de faire ce geste pour racheter son geste ou quoi que ce soit. Son air était complètement neutre comme si Alec avait été un pur inconnu qu’il voyait pour la première fois.

-VOUS…

Le visage de Gabrielle était accablé de haine. Elle s’apprêtait à lui dire qu’elle préférait mourir ici, que de toute façon c’en était finit pour Alec - *Thank’s to Him* -, mais l’homme avait déjà pris Alec dans ses bras et se dirigeait vers la sortie la plus proche. Bouche bée, le jeune femme trottinait derrière lui, mais elle n’arrivait pas à formuler des mots qui signifiaient de le lâcher, qu’il ne ferait qu’empirer son cas, s’il pouvait être encore empiré, ce dont elle doutait. Pourquoi avait-il fallu qu’il se mêle de sa douleur, Gabrielle ne comprenait pas quelle étaient ses intentions. Cet homme était complètement dérangé.

Lorsqu’ils furent sortis de la zone neutre, Gabrielle se sentit aussitôt plus forte, moins vide. Elle s’affaira rejoindre l’homme qui avait kidnappé son amoureux et le trouva dans un état étrange. Il regardait Alec comme s’il le voyait vraiment pour la première fois, comme s’il venait de la reconnaître. Gabrielle ne comprenait plus rien, qu’est-ce qui se passait avec cet étrange policier.

-Vous venez de réaliser qui il est ? Vous avez encore le temps de le retourner dans le carnage…

Elle avait été méchante, oui, mais ce policier avait tué son amoureux de sans froid, sans même une émotion. Elle s’approcha tout de même d’Alec. Le voir ainsi la détruisait, elle avait vérifié son pouls et sa respiration à maintes reprises et tout était fichu. Elle eut envie de le dire au policier qui s’affairait à vérifier s’il était toujours en vie lorsqu’elle vit le visage de celui-ci s’illuminer. Elle se concentra sur la poitrine d’Alec et elle vit qu’il respirait. Elle faillit en mourir. Elle se projeta près de lui et lui flatta les cheveux.

-IL FAUT L’AIDER… Ne t’en fait pas Alec je vais trouver quelqu’un qui va te soigner, tu vas voir, tout va s’arranger.

Comment était-ce possible ? Il s’était passé énormément de temps entre le moment de la supposée mort d’Alec et leur sortie de la zone neutre. Alec était donc effectivement magique ? Mais quel genre de créature pouvait survivre à ce genre de châtiment ? Gabrielle était incroyablement perplexe, mais elle n’avait pas le temps pour ces questionnements, il fallait qu’elle trouve un guérisseur pour sauver son amoureux.

-Connaissez vous quelqu’un qui pourrait l’aider ?

Tant qu’à avoir ce policier pour elle, elle allait bien l’utiliser un peu, il fallait qu’il se rachète, sinon, elle trouverait bien le moyen de lui faire exploser la tête un de ces jours.

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 29 Déc - 20:04

Je n’avais pas eu le temps de faire un seul pas vers la sortie lorsque j’entendis le bruit assourdissant d’une seconde explosion. Je figeai sur place à la fois à cause de la peur et à cause de la surprise générée par cet évènement. Le seul mouvement que mon corps fit fut causé par celui d’un autre corps le projetant au sol. Je m’étendis lourdement sur l’asphalte dur, écrasée par quelqu’un de beaucoup plus lourd que moi. Je mis quelques secondes à comprendre qu’il s’agissait de Justin Blackburn et encore plus de temps à mettre suffisamment mes idées en place pour comprendre ce qui se passait.

Il était évident qu’une seconde série d’explosions avait eu lieu, et ce, de l’autre côté de l’assemblée. Je regardai autour de moi en me relevant, une fois que Blackburn eut retiré son gigantesque corps de sur le mien – cet homme était tellement grand!  Les deux séries d’explosions avaient créé un brasier très dangereux et il était impératif que les civils quittent la zone. Comme je n’étais pas une déesse puissante à ce moment-là, j’étais tout autant en danger que n’importe quelle faible humaine en ces lieux. J’eus un frisson de terreur. Je risquais de mourir.

J’étais encore plus triste que mon mari ne soit pas avec moi. Sa présence m’aurait donné confiance… Je me surpris à penser, pendant une seconde, qu’il aurait mérité que cette journée se termine mal pour moi, pour qu’il se sente mal et s’en veuille. Je chassai vite cette réflexion immature pour me concentrer sur le moment présent, lequel était déjà suffisamment dramatique sans que j’en rajoute avec ces stupides émotions qui venaient entraver mon intelligence.


-Vient avec moi, il faut sortir d’ici au plus vite.

Je fixai Blackburn quelques secondes, détachant avec peine mon regard des flammes immenses qui montaient tout autour de la foule et je hochai la tête avec un air qui devait être assez absent. Je le suivis vers la sortie la plus proche et, quelques fois, en chemin, je tentai d’apercevoir le maire ou Matt Fowl, mais je n’arrivai à voir ni l’un ni l’autre. Je finis par me concentrer sur ma survie, tout en rageant parce que Loki risquait de s’en sortir en vie. Nous nous étions donné tant de mal pour organiser son assassinat…

Le lycan et moi passâmes la sortie de la zone de l’exécution et je faillis bien être broyée par la foule qui s’y pressait comme dans un entonnoir. Je réalisai d’ailleurs que je n’aurais certainement pas trouvé avec autant de rapidité et de facilité que Blackburn cette issue. J’étais assez petite et, au milieu d’une foule paniquée, mes chances de survie diminuaient beaucoup. Sa hauteur lui avait permis de mieux repérer une sortie et sa forte carrure avait certainement impressionné quelques personnes qui s’étaient un peu écartées sur notre passage. Sans lui, je serais probablement restée prisonnière du fourneau plus longtemps.

Je me sentis d’ailleurs un peu mal, en prenant conscience de tout cela, parce que je n’avais pas remercié celui qui venait de m’aider avec tant de bonne volonté. En tant que déesse, il me venait naturellement de prendre pour acquis qu’on me protège et me vénère, mais j’étais consciente que Justin Blackburn n’avait aucunement le devoir de veiller sur moi au péril de sa vie, ce qui ne l’avait pas empêché de me servir de bouclier, instinctivement, alors que le bruit terrible de la seconde série d’explosions s’était fait entendre. Cet homme n’avait rien d’ordinaire.

Nous nous éloignâmes un peu plus de la zone qui dégageait maintenant une épaisse fumée noire et je remarquai que mon sauveur saignait. Je pris délicatement son bras pour le tirer dans la direction que je voulais prendre.


-Il faut aller te soigner.

Ma voiture était très près. Une fois à côté de celle-ci, je cherchai mes clés et, quand je les échappai sur le sol, je pris conscience de ma nervosité. Je ramassai les clés brusquement et fit entrer Blackburn du côté passager avant de prendre place au volant et de verrouiller les portes pour éviter que des invités indésirables ne prennent ma voiture pour leur taxi. Les gens paniqués étaient toujours débiles…

-Naturellement, les lycans ne vont pas à l’hôpital…

Je levai un sourcil. Je me sentais mieux maintenant que j’étais hors de la zone neutre et que j’avais retrouvé ma puissance. Beaucoup mieux.

-Je connais un endroit où il y a le nécessaire pour soigner une personne.

J’avais décidé d’emmener Blackburn à cette petite maison délabrée qui me servait, ainsi qu’à mon mari, de lieu de torture pour punir ceux qui le méritaient. Je savais que nous y gardions des produits de tous les genres pour rallonger la vie de nos victimes.


[À suivre pour Justin et moi dans un autre sujet, à la Maison de torture des Wilde.]
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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Mar 31 Déc - 15:50

Quand je suis en zone neutre et que mon pouvoir de cerveau surdéveloppé part en vacances, j’arrive à peine à parler. Après m’être bien informé sur les circonstances de ma naissance (j’ose encore dire que je suis né et non que j’ai été créé…ça me permet de me sentir encore un peu humain), j’ai compris que je n’ai été pensé comme une personne, mais bien comme une machine de guerre. Donc, sans mon pouvoir de grosse tête, je suis tel qu’on m’a voulu : puissant, obéissant et stupide. Vraiment stupide. Un soldat imbécile est une arme très efficace. Tout ce qu’un combattant a besoin de connaître me vient naturellement : tenir une arme, m’en servir, me battre, survivre… Je comprends les ordres et je sais reconnaître l’autorité. Comme mes facultés communicationnelles ne sont pas développées, si on me capture et m’interroge, je ne sers à rien à un ennemi, car je ne peux pas trahir les miens.

Les miens, justement, pendant qu’on en parle… J’essaie de ne pas trop y penser, mais je trouve aberrant qu’on ait crée des hommes diminués pour en protéger d’autres qui vivent la belle vie. À vrai dire, de ce que j’ai perçu des laboratoires qui m’ont créé, l’intention de mettre au monde une armée invincible n’était pas basée sur la protection, mais plutôt sur la conquête. Qui peut s’opposer à celui qui a une armée parfaite? Heureusement, le projet n’a jamais abouti : trop de cas manqués, des cas comme moi. Les scientifiques les plus éminents n’ont toujours pas trouvé l’origine de la magie et cette dernière joue un rôle trop dangereux quand on pratique le clonage. Elle rend les résultats incertains et aléatoires. Donc, grâce à la magie, il n’y a pas eu trop de générations de chanceux comme moi, nés pour combattre et obéir.


-Vous venez de réaliser qui il est ? Vous avez encore le temps de le retourner dans le carnage…

Je regarde la fille quelques secondes et je me souviens que je lui ai volé le type dans mes bras pour le sortir de la zone dangereuse. Si elle pense que j’ai du temps pour ses émotions…

-Si tu préfères te plaindre et me détester, amuses-toi bien, mais je ne trouve pas qu’on a beaucoup de temps à perdre.

Déjà, je n’aime pas me disputer avec les gens… Donc, si en plus la situation était critique, je trouve grandement inutile l’idée de répondre aux paroles agressives de la belle jeune femme par d’autres injures. De toute manière, je ne me sens pas particulièrement en situation de totale innocence.

-IL FAUT L’AIDER… Ne t’en fait pas Alec je vais trouver quelqu’un qui va te soigner, tu vas voir, tout va s’arranger.

Je me retiens lui dire qu’il est certain que ce Alec ne l’entend pas. Je préfére me faire la tranquille réflexion que les femmes sont toutes folles, une pensée qui m’aide toujours à garder mon calme quand je dois faire face aux émotions des personnes de l’autre sexe. Les femmes resteront certainement un mystère pour moi toute ma vie. Je dois m’y faire! Je ne parviens toujours pas à bien les comprendre. Elles montrent tellement d’émotions…Et moi, je ne sais qu’agir au mieux de ma connaissance. Il me semble que mes sentiments sont toujours si simples alors que ceux des femmes m’apparaissent complexes et brûlants.

-Suivez-moi.

Il me faut regagner ma voiture avant que la foule ne disjoncte et qu’il ne se crée une émeute qui m’empêchera de sauver la vie de cet homme. Parce que j’ai décidé que je sauverais sa vie. Point final.

-Connaissez vous quelqu’un qui pourrait l’aider ?

J’ai une pensée pour l’hôpital mais, maintenant que j’ai retrouvé toute ma tête – pour le peu qu’elle me sert habituellement – l’idée d’y emmener un cas aussi grave m’apparait complètement débile. Les médecins normaux ne peuvent plus rien pour cet homme. Il me faut un guérisseur magique. J’en connais d’ailleurs quelques uns, grâce à mon ami Justin Blackburn qui a l’habitude de les côtoyer parce qu’il ne peut pas faire soigner des lycans dans un hôpital bourré d’humains.

-Je l’emmène chez un guérisseur. Tu peux venir.

J’ai plutôt envie de la laisser plantée là, au milieu des gens apeurés qui quittent le brasier. Qu’elle s’arrange toute seule et qu’elle engueule tous ces gens qui n’ont pas levé le petit doigt pour l’aider, si ça peut l’aider à se défouler. Je n’ai pas du tout envie de l’entendre se plaindre alors que j’essaie de sauver son…son quoi, au juste? Son petit ami, probablement…

Je trouve finalement ma voiture. On lui a cassé une vitre et mon coffre à gants est ouvert, comme si le vandale espérait y trouver des clés pour démarrer le véhicule. Les gens sont cons. Je déverrouille les portes avec ma télécommande avant d’allonger mon chargement sur le siège arrière. Pour une fois, j’aime bien mes pouvoirs magiques : ma force surhumaine m’a permis d’emmener ce colosse comme s’il était aussi léger qu’un chiot. Il est beaucoup moins mignon qu’un chiot, pendant qu’on en parle. Surtout avec tout ce sang. Je referme la porte et je ferme les yeux une seconde en secouant vivement la tête. Me concentrer.

Je monte dans la voiture et démarre.


-Écoute…je sais que ça ne te plaira pas, mais c’est la réalité et je dois t’avertir : un guérisseur magique, ça va te coûter une fortune…

J’aurais bien voulu payer pour les soins du pauvre homme, mais je n’étais pas vraiment classé parmi les plus monétairement avantagés de New York… Parfois, les guérisseurs acceptaient les paiements différés mais, si je l'emmenais chez le meilleur de ceux que je connaissais, il allait exiger un bon montant avant de commencer. De toute manière, en cherchant ma voiture, j’avais fini par reconnaître la fille : Gabrielle Englebert, femme d’affaires sexy au succès indéniable et, surtout, très riche.

[Oups, j'ai fait plus long. Immolons-moi. Ok, je suis pas drôle.
À suivre pour nous aussi dans une maison du Quartier Gaia.]

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 5 Jan - 22:06

-Vous avez choisi la belle Gabrielle. Elle retourne donc avec vous et a la vie sauve. Les deux autres doivent donc mourir tous les deux et nous commencerons par ce traître d’Anglais.

Kyle se savait condamné. Avant même qu’on ne le sorte de sa cellule, avant même qu’on le mette sur une estrade, avant même que Loki les présente, avant même que Gabrielle ne soit sauvée par le public. C’était une impression au fond de lui, comme une cloche qui sonnait son heure. On dit que les animaux sentent leur heure venir, ce qui fait en sorte que plusieurs d’entre eux vont se cacher pour mourir. C’est le cas aussi pour certaines personnes âgées, qui commencent à trier leurs biens personnels et à mettre de l’ordre dans leurs papiers, afin de laisser leurs proches sans problèmes puisqu’ils savent qu’ils mourront bientôt et ne veulent que le bien pour leur famille. Kyle n’en était pas là, mais il sentait un poids dans son estomac et pouvait sentir dans sa poitrine comme une vibration qui faisait le rythme d’un hymne mortuaire connu. C’était peut-être son cœur qui commençait à ralentir. Ou alors c’était le rire de Chloe qui résonnait dans tout son être, trop contente d’avoir enfin gagné. S’il n’avait pas été en zone neutre, il aurait été persuadé que ce qui le convainquait de la sorte était bel et bien le rire sadique de l’être maléfique qui se cachait en lui. Cependant, Kyle avait appris par cœur toute les zones neutres de la ville et se rappelait très clairement qu’il n’avait pas réussir à se métamorphoser la dernière fois qu’il était venu à cet endroit. Il savait donc que l’espèce de rire sadique qui lui martelait les côtes ne pouvait réellement appartenir à Chloe.

Quand Kyle avait été enlevé, puis séquestré, quelques semaines plus tôt, il avait su qu’il ne s’en sortirait pas vivant. Et il savait aussi que Chloe était derrière tout ça. Cette dernière s’était faite insistante pour sortir de plus en plus, dans les derniers temps avant son arrestation. Elle avait effectivement exigé le contrôle à plusieurs reprises pour aller à des soit disant rendez-vous de mannequinat, alors qu’elle revenait souvent sous une allure soignée, mais pas étudiée comme lorsqu’elle rencontre vraiment des gens du domaine de la mode. Et elle était aussi devenue de plus en plus puissante. Prenant plus de terrain et de force à chaque jour. Réussissant à prendre les rennes plus fermement, faisant en sorte que Kyle perdait souvent la carte de ce qui se passait. Il n’avait donc plus aucun indices de ce que Chloe tramait, encore moins sur ce qu’elle faisait réellement de son corps lorsqu’elle le guidait. En effet, habituellement, quand Kyle laissait la place à Chloe, il restait tout de même conscient, puisque Chloe n’était qu’une prolongation de lui-même. Par contre, avec le temps, les choses avaient changées. Comme si Chloe commençait à avoir sa propre volonté, sa propre personnalité. Kyle trouvait tout ce phénomène étrange, mais n’en avait pas vraiment fait de cas. Bien qu’il soupçonnait tout de même une présence intérieure plus forte que lui, qui se serait emparée de Chloe à son insu, alors qu’il était à son plus bas. Il n’avait pas les moyens ni la force pour le vérifier, mais il en était persuadé. Et vu contre qui il devait se battre maintenant, Kyle était convaincu que c’était une déesse alliée de Loki. Elle devait s’être servie de Kyle pour reprendre des forces magiques, et maintenant, elle avait trouvé le moyen de s’en débarrasser avant qu’il ne la remarque et ne l’éjecte lui-même de son corps de sorcier. Kyle allait donc mourir, mais, au moins, Kyle mourrait satisfait de lui-même d’avoir réussi à assembler toutes les pièces du puzzle…

Kyle n’avait pas le courage de regarder Drake Varner mourir. Peut-être parce que ça rendrait son propre tour trop réel, sa mort trop rapide. Kyle regarda donc la foule. Inconsciemment, c’était principalement pour essayer de repérer Cameron. Il aimerait au moins voir un visage sympathique avant de mourir. Il vit des centaines de Cameron; tous les jeunes hommes aux cheveux bruns et aux yeux perçants lui rappelaient son meilleur ami. Mais il ne réussit pas à voir clairement le vrai Cami. Des milliers de paire d’yeux étaient soit rivés sur la scène, soit entrain de regarder le sol ou le ciel. Tous conscients de l’horreur qui se déroulait sous leurs yeux, de l’absurdité de la situation, mais trop apeurés pour réagir. On disait que l’âge mental d’une foule était semblable à celui d’un enfant de trois ans. En regardant les gens devant lui, Kyle se dit que ces recherches ne prenaient surement pas en considération les situations de panique extrême auxquelles pouvaient être soumises les foules. En effet, en ce moment, en regardant ces yeux immenses et ces bouches béates, Kyle avait plutôt l’impression d’avoir affaire à une foule à l’âge mental d’un bébé de six mois.

Puis, un son strident, difficile à supporter. Une vague de panique générale. Et surtout, la colère du maire.


-Le maire est un traître. Le maire est un traître. Le maire est un traître…

Kyle ne comprenait rien, sauf peut-être que tout ceci ne faisait pas partie de la mascarade prévue et analysée par Logan Laufey. Bien que la panique fasse de plus en plus son petit bout de chemin entre les gens, s’infiltrant dans les pores de leurs peaux et tout, Kyle n’avait pas d’espoir de se sauver, car les deux molosses qui le tenaient par les bras n’avaient pas desserré leur prise une seule seconde.


Soudain, des explosions à gauches de la scène. Puis encore d’autres à droite. Ces dernières étaient plus impressionnantes. Kyle en aurait ressentit la chaleur s’il ne s’était pas retrouvé face contre terre sous deux policiers qui avaient évité de justesse un bout de bois immense, propulsé vers eux sous la force de l’explosion. Kyle profita du fait que les policiers se relevaient avec une certaine gêne dans leurs muscles et regardaient autour pour vérifier que personne de leur troupe n’était gravement atteint, pour tenter de s’enfuir. Cependant, ses jambes n’étaient pas assez fortes et rapides. Il retomba sur ses genoux après trois pas et ses molosses gardiens le relevèrent en le tenant comme avant que tout ne disjoncte…

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 12 Jan - 11:31

Loki avait compris, en remarquant la lenteur de réaction des policiers lorsque le fou était monté sur scène, que les forces de l’ordre ne le défendaient vraiment que par devoir. Ainsi, ces policiers débiles ne semblaient pas avoir foi en lui, croire qu’il était leur sauveur. Ils n’obéissaient que parce que c’était leur travail. Voilà pourquoi ils avaient mis tant de temps à neutraliser la menace et, surtout, pourquoi un seul d’entre eux avait agi alors que tant d’autres l’avaient fixé avec incompréhension, voire même dégoût. En cas de problème où ils auraient à choisir entre leur vie et celle de leur maire, leur choix était évident. Loki eut envie de tous les tuer, et il était probable qu’il en élimine quelques uns par simple plaisir, une fois cet évènement achevé.

-J’espère que tu vas CREVER comme un chien, sombre crétin. Tu me paieras tout ça, en plus du reste, je peux te le promettre.

Le maire ne lui répondit pas et ne lui accorda aucun regard. Elle avait voulu le trahir et, maintenant, elle en payait le prix. Ce n’était que justice, non? Une justice noire et sadique, mais une justice tout de même aux yeux de celui qui en était l’auteur.

La première explosion se fit entendre et Loki faillit bien éclater en sanglots. Sa journée venait d’être gâchée et ses projets volaient en éclats. Quelqu’un – probablement cette connasse de Wilde, parce que c’était bien son genre – avait réussi à installer des explosifs pour faire rater l’exécution. Était-il possible que quelqu’un ait su la réelle utilité de toute cette mise en scène et ait voulu la faire rater? Y avait-il d’autres pièges installés sur les lieux? Loki commença rapidement à craindre pour sa vie.


-Qu’on m’escorte hors de…

La chaleur de la deuxième série d’explosions le fit taire. Si la vidéo l’avait rendu nerveux, cet attentat encore plus impressionnant que le premier lui donna la nette impression que toute cette histoire avait pour but de l’atteindre et le tuer. Il devait sortir de là au plus vite, avant que la scène n’explose ou que la foule ne se retourne contre celui qui avait organisé cet évènement qui avait attiré tous ces gens dans le danger. Le maire eut un bref regard pour les cadavres créés par la seconde explosion, mais il ne leur accorda pas une trop grande attention : il devait fuir et terminer ce qu’il avait commencé.

Il entendit les chefs policiers hurler des ordres tout autres que ceux qui auraient dû être prononcés : aucun policier ne resta sur scène pour assurer sa protection, tous préférant aller aider les civils. Ingrats. Ceux qui gardaient les condamnés les laissèrent même sans surveillance, toujours menottés, une fois les ordres reçus. Loki accourut près de Kyle Harrisson. Il n’était pas question que cette larve s’en sorte, quitte à ce que le dieu y laisse sa vie.


-Tu t’es bien amusé à faire la vie dure à ma fille? Va en enfer, misérable sorcier fragile.

Le maire n’avait jamais laissé tomber son couteau. Il l’avait mis sur la gorge du sorcier en lui parlant, appuyant de plus en plus fort. Après avoir parlé, il éloigna un peu sa main du cou de l’autre homme pour lui donner un élan avant de lui trancher la gorge d’un cou sec et puissant. Il agrippa le corps agonisant sans aucune considération pour le sang qui tachait son beau costume neuf et le tira avec lui vers la sortie derrière la scène. Il aurait apprécié avoir l’aide des policiers qu’il payait grassement avec le budget de la ville, mais ces lâches préféraient écouter leurs supérieurs débiles plutôt qu’attendre les ordres du vrai chef sur place. Heureusement, ce corps qu’il avait fait à l’image de qui il était – l’une des dizaines d’images qui lui allaient – était suffisamment musclé pour qu’il ne soit que légèrement ralenti par le poids d’un cadavre.

Loki réussit à quitter la zone en flammes et s’en éloigna le plus possible avec son chargement, regardant fréquemment derrière lui, de peur qu’on l’ait suivi. Il s’engagea dans une petite ruelle sombre et tranquille et déposa le corps sur le sol. Ils étaient hors de la zone neutre, maintenant. Le dieu avait-il été rapide? Son plan comportait tellement de variables…

Il était certain que sa vie allait être différente, maintenant, après cet attentat et son attitude des dernières minutes. Même si la majorité des civils avait été absorbée par la panique, il devait y avoir suffisamment de gens l’ayant vu assassiner Kyle Harrisson et emporter son corps sans explication pour que cela lui attire des problèmes. Et c’était sans parler de cette stupide vidéo qui avait certainement semé le doute dans les petits esprits simples venus assister à l’exécution. Le roi avait échappé sa couronne en voulant mener son plan au bout, malgré les complications, mais il ne le regrettait pas. Il avait gagné beaucoup plus et, pour le moment, cela lui allait.


[Terminé pour moi. À suivre dans un sujet dans les ruelles du Quartier Helheim.]

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MessageSujet: Re: Exécution publique [TERMINÉ] Dim 12 Jan - 12:16

J’attendis la mort avec une sérénité apparente alors que la tempête m’habitait. J’étais à la fois désespéré et révolté. Il m’était impossible d’accepter la mort, même alors qu’elle était si imminente. Il me semblait que je n’avais pas eu de temps, que je n’avais été qu’une loque inutile toute ma vie, que je n’avais rien connu qui me donne la certitude que vivre en avait valu la peine. Mon existence ne pouvait pas s’achever ainsi, alors qu’elle m’apparaissait comme un clin d’œil, un éclair, un simple gloussement, une toute petite seconde. Je n’avais rien terminé, rien de quoi être fier, rien à quoi penser pour rendre la fin de ma vie plus acceptable. Avais-je été si vide pendant près de trente ans? Aucun clavier d’ordinateur ne me consolait ni ne me sauvait, finalement…

Ou peut-être que si. La panique du maire m’aurait fait sourire si je n’avais pas été en mode survie. Il fallait que je profite de la diversion créée par la vidéo pour fuir. Toutefois, les molosses ne me lâchaient pas. Ils ne bougèrent pas non plus quand les explosions survinrent. Je vis un énorme morceau de bois arriver sur la scène, projeté par l’une des explosions et je voulus me jeter au sol, mais mes gardiens ne bougèrent pas et je ne pus que baisser la tête alors que le bâton géant passait tout près de moi, m’arrachant le gardien de droite dont le thorax fut écrasé par le projectile. L’autre policier me lâcha pour aller à la rescousse de l’autre homme et je ne perdis pas une seconde pour commencer à m’éloigner d’eux. Je ne me retournai que lorsque je fus presque sorti de scène pour apercevoir le policier non atteint descendre à l’avant de la scène pour aider des civils…l’autre étant aplati par le morceau de bois. Je remarquai le maire s’approchant de Harrisson, l’autre condamné, et son visage haineux me cloua sur place et je ne bougeai pas jusqu’à ce que sa victime se soit vidée d’une quantité assez impressionnante de sang. Puis, mon cerveau se remit en marche et je me dirigeai en vitesse vers l’endroit par où j’étais entré vers ma condamnation.

Une fois hors de la zone de sécurité érigée pour l’exécution, je regardai autour de moi en cherchant où me diriger. Mes jambes étaient affaiblies par des semaines d’inactivité en prison, par la peur et par l’épuisement que je ressentais de plus en plus depuis des jours. Je m’éloignai néanmoins de l’énorme clôture, en ligne droite, préférant aller vers un endroit indéterminé que rester près du lieu des explosions et, surtout, de ce débile de maire assoiffé de sang. Je ne voulais pas finir comme ce Kyle Harrisson.

Je m’engageai dans une ruelle, me disant que quiconque fuyant l’exécution ne se réfugierait pas dans un endroit aussi glauque, et je me laissai tomber le long d’un mur, à côté d’un container, les jambes repliées sur moi-même. Je devais me reposer quelques minutes. Ensuite, je trouverais un endroit avec un téléphone et j’appellerais Ethan. Il me faudrait d’ailleurs trouver une solution à ce problème de menottes qui me donnaient certainement un air assez louche. J’espérais que mon ami ait réussi à se sortir de la zone des explosions sain et sauf, mais j’étais certain de l’avoir vu près d’une sortie avant que tout ne s’enflamme. Logiquement, il avait pu s’enfuir. Du moins, je préférais m’en convaincre le plus possible pour éviter que la panique ne me gagne. Je n’avais aucunement été en possibilité de l’aider, puisqu’une foule violente et désespérée nous séparait encore lorsque j’avais quitté la scène, mais une partie de moi s’inquiétait férocement pour lui.

Comment allais-je retirer ces foutues menottes? Je ne possédais ni clés ni instruments. Peut-être trouverais-je quelque chose chez moi, mais mon appartement était encore plutôt loin et je ne savais pas si mes jambes allaient m’y porter ou si j’allais m’effondrer lamentablement dans la rue – surtout que je ne pouvais pas me promener nonchalamment avec des menottes aux poignets! Quiconque me verrait appellerait la police…

J’entendis un bruit et je me penchai pour voir au-delà du container, à l’entrée de la ruelle par laquelle j’étais passé. Mon sang se glaça et je manquai d’air. Ce monstre de maire venait d’entrer dans la ruelle. Je me reculai le plus loin possible et je priai – même si je ne croyais en aucune force supérieure présente pour aider les humains – pour que Loki ne me voie pas.


[À suivre dans le même sujet que Loki.]

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Exécution publique [TERMINÉ]

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