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Bittersweet Straitjackey [Terminé]

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Emploi/loisirs : Directrice du Velvet Dream


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Phobie: Être éloignée de Deborah
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MessageSujet: Bittersweet Straitjackey [Terminé] Dim 22 Juin - 19:18

J'aimais follement le Velvet Dream. Même les petits inconvénients, comme ramasser derrière les clients ou engueuler les imbéciles qui nous prenaient pour des objets, ne parvenaient pas à ternir ma joie d'avoir ouvert ce bar. C'était le trésor au milieu de l'île paradisiaque après toutes ces années à naviguer dans la tempête.

L'heure officielle de fermeture du bar était de trente minutes avant le début du couvre-feu auquel devaient se soumettre les habitants de New York. Toute la ville s'était ajustée à cet horaire ne permettant pas de fêter toute la nuit. Le plaisir commençait donc beaucoup plus tôt. Le Velvet ouvrait ses portes au début de l'après-midi. Si un policier (comme ce damné Charles Demers) avait surpris notre bar ouvert une fois passé le couvre-feu, nous aurions eu droit à une très grosse amende. De plus, aucun client respectable ne voulait se promener dans les rues la nuit et risquer un sympathique séjour derrière les barreaux. Les autorités ne rigolaient pas avec les règlements, et ce, même maintenant que le maire les ayant instaurés était mort.

Je n'avais pas peur de me promener dehors la nuit. Je me savais beaucoup plus dangereuse que beaucoup de ceux que je pouvais rencontrer au fond d'une ruelle sombre. Je ne faisais pas exprès de chercher les problèmes (en général...), mais il m'arrivait de dépasser de quelques minutes le couvre-feu, s'il me restait des trucs à terminer au Velvet. L'appartement que je partageais avec Deborah n'était qu'à quelques rues et je savais me faire discrète.

Le bruit de la porte des loges  me fit sursauter alors que je mettais la dernière bouteille vide dans la poubelle. J'étais persuadée d'être toute seule depuis plusieurs minutes. Tous les employés s'empressaient habituellement de quitter les lieux dès la fermeture annoncée. Certains traînaient quelques minutes, particulièrement les danseurs et danseuses voulant changer de tenue avant de sortir sur la rue, mais ils disparaissaient généralement dans les dix minutes suivant le verrouillage des portes du bar.

Je reculai de quelques pas, sur mes talons vertigineux, en étirant le cou pour voir qui pouvait bien être encore ici. Mon regard trébucha sur l'horloge murale indiquant très exactement trois minutes avant le début du couvre-feu. Qui que ce soit, cette personne ne craignait pas les ennuis.


-Jenna?

J'avais l'habitude de voir le chien de garde de Jenna venir la chercher presque chaque soir, quand il n'était pas déjà présent sur les lieux, et repartir avec elle assez rapidement pour éviter d'être dehors quand les policiers pouvaient arrêter qui bon leur semblait. Son absence me semblait bien mystérieuse, ce soir.

Je m'avançai vers mon employée, plus près de la sortie que je ne l'étais, après avoir ramassé mon sac. Je retirai d'une main ma perruque écarlate pour l'y engouffrer tout en avançant. J'étais encore en train d'ébouriffer ma vraie chevelure pour lui redonner du volume lorsque j'arrivai près de Jenna. Avec mes cheveux blonds, mon look était beaucoup moins éclatant puisque mes vêtements étaient simplement noirs. Je portais une robe courte en cuir à minces bretelles, très simple. Mes souliers étaient noirs, mais le talon et la semelle étaient transparents et avaient l'aspect du verre.


-Ça tombe bien que tu sois là, j'avais un truc à te demander...

Je la contournai pour me rendre au bar. Je pris place sur l'un des bancs hauts et je sortis de mon sac des souliers plus modestes qui ne se prenaient pas pour le Mont Everest.

-Oh...à moins que tu ne doives te dépêcher? Le couvre-feu est déjà dépassé...alors je me disais que tu avais peut-être quelques minutes de plus à passer ici?

Je retirai mes gratte-ciels et enfilai les petits souliers noirs que j'avais apporté exprès pour mon retour à la maison. Si je devais fuir des policiers, je préférais éviter de me tordre une cheville.

-C'est rare que Lucas ne soit pas là à la minute près où on ferme pour passer te prendre. Vous ne sortez plus ensemble?

J'avais parlé candidement, mais je savais depuis longtemps que ces deux-là ne formeraient jamais un couple. Je le savais déjà à l'époque, lorsqu'ils étaient nos amis et que Lucas avait jeté son dévolu sur Deborah dans le but naïf de vivre une belle histoire d'amour avec elle. Il y avait entre eux une amitié impressionnante que je ne pouvais que respecter, malgré ma haine facile envers chaque être vivant. Seulement, je n'avais pas décelé d'amour possible entre eux. Je n'avais pas de pouvoir magique me permettant de l'assurer et je n'avais jamais été spécialement intuitive, mais il me paraissait évident qu'ils seraient amis jusqu'à ce que la mort les sépare. Je le voyais encore maintenant, de nombreuses années après ma première rencontre avec eux: ils étaient presque les mêmes, à quelques minuscules différences près, et leur relation n'avait été ternie ni par les disputes et ni par les relations qu'ils avaient pu avoir avec d'autres personnes.

Je fis à Jenna mon plus grand sourire moqueur en espérant que mon maquillage n'ait pas assez coulé durant la soirée pour me rendre totalement effrayante.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Straitjackey [Terminé] Ven 19 Sep - 14:44

[Désolée du délai!!! Sauras-tu me pardonner? *yeux du chat dans Shrek*]

Il y avait déjà plusieurs mois que je travaillais pour les Lackey. Et, si plusieurs de plaignaient parfois des heures de travail et des consignes qu'ils qualifiaient d’hitlériennes, juste parce qu'il fallait ramasser nos effets personnels et nos costumes à la fin de chaque soirée, moi, j'adorais ce que je faisais. J'avais été très satisfaite quand, après avoir passé une audition, j'avais finalement été retenue pour le poste qui s’était libéré. Je n'avais jamais bien compris si oui ou non j'avais eu un avantage sur les autres qui avaient passés l'audition étant donné que je connaissais déjà les propriétaires, mais j’espérais que oui. Je n’étais pas très portée sur la tricherie, mais j'avais appris jeune à profiter des avantages que la vie vous donnait. Dans le temps, c’était ma vitesse, aujourd'hui c’était sûrement le fait de connaître les Lackey. J'aurais tout fait pour réussir à reprendre contact avec Atara Lackey. Je l'avais cherché longtemps, puis, nous étions tombés dessus, un peu par hasard, et j'en avais sauté de joie. Lucas n'avait pas compris, parce qu'il ne les aimait plus, depuis leur trahison. Personnellement, je ne leur en voulais pas d’être parties, mais je leur reprochais de ne pas nous avoir expliqué. Atara avait été ma plus grande joie, après Lucas, puis ma plus grande perte, lorsqu'elle était partie sans rien m'expliquer. Je dansais donc maintenant dans son bar et j’étais très heureuse de ma vie.

Je savais que, pour plusieurs, un emploi en tant qu'effeuilleuse dans un bar n'avait rien de glorieux et de noble. Par contre, pour moi, c’était un excellent moyen de m’émanciper, de m'accomplir, de tester mes capacités, mes pouvoirs et mes talents, en plus de renouer avec ma plus grande passion: la musique. Je me sentais bien au Velvet, à faire quelque chose que j'aimais, dans des conditions exceptionnelles, selon mes capacités réelles. Je divertissais les gens, dans une ambiance extra, entourée d'une équipe solide et, le tout, dans le respect. Je me savais incapable intellectuellement de devenir la prochaine Marie Curie. Et je savais que mon charme et mon corps étaient des atouts importants pour mon avenir, pour ne pas dire les seuls, en fait. Développer, mon art et mon corps dans un établissement aussi bien que le Velvet était donc une chance inestimable pour moi.

Ce soir-là, j’étais sortie de scène la dernière. J'avais donc dû ramasser mes affaires,et mon numéro en comportait beaucoup, mais aussi celles de toutes les autres. Je n’étais pas du genre ménagère, dans le sens où, à l'appartement, je me laissais souvent traîner partout, mais, au Velvet, il fallait tout remettre en ordre en quittant et, comme les autres employés du bar ne l'avait pas fait et que je voulais seulement que mes patronnes, surtout Atara, soient contentes de mon rendement, je me dévouais à la tâche pour les autres. Mais je ne me gênerais pas pour en faire la remarque aux autres lors de ma prochaine soirée de travail. Je ramassais donc, en chantant un grand succès de Queen, et ne portant pas vraiment attention au boucan que je pouvais bien faire, me croyant seule et me foutant de déranger quelqu'un de toute façon.


-Jenna?

Je sursautai en lâchant un petit cri en échappant les souliers que je tenais dans mes mains.

-Oh, salut Atara!

Je lui fis un grand sourire et replaçai une mèche de mes cheveux nerveusement. Je la regardai quelques instants, portant surtout attention à ses souliers qui étaient magnifiques et qui lui faisaient des jambes tout aussi belles, puis avant que ce regard ne devienne déplacé, je ramassai ce que j'avais échappé et entrepris de continuer le ménage qu'il me restait. Je fis un rapide aller-retour de la scène aux loges, avant de revenir au bar, tout près d'Atara, les mains vides.

-Ça tombe bien que tu sois là, j'avais un truc à te demander...

J’étais toute ouïe. J'etais tellement heureuse quand Atara et moi avions des conversations privées, comme avant...

-Oh... à moins que tu ne doives te dépêcher? Le couvre-feu est déjà dépassé... alors je me disais que tu avais peut-être quelques minutes de plus à passer ici?

-Oh non.. euh, je veux dire, oui ça va, je peux rester, pas de problèmes, on peut discuter...


Je savais que le couvre-feu était dépassé et, bien que je préférais quand je ne devais pas avoir peur de me promener dans New York sans craindre de finir en prison, j'avais aussi assez confiance en mon pouvoir de charme pour ne pas trop craindre de traîner au Velvet non plus.

-C'est rare que Lucas ne soit pas là à la minute près où on ferme pour passer te prendre. Vous ne sortez plus ensemble?

J’éclatai de rire.

-Lucas et moi ne sortons pas ensemble... Mais merci de t'en préoccuper...

Je lui fis un clin d’œil.

-Et, il avait une réunion pour un travail d’équipe pour l’université ce soir et... disons que je ne crains pas les policiers...

Je la regardai directement dans les yeux, sentant un drôle de frisson, puisque j’étais tellement heureuse de l'avoir si près de moi à nouveau, après tout ce temps...

-Donc, j’espère que ce n’était pas seulement de Lucas que tu voulais me parler?

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MessageSujet: Re: Bittersweet Straitjackey [Terminé] Mer 5 Nov - 20:32

Je savais que je n'avais pas choisi le domaine le plus facile. Deborah le savait aussi parfaitement, et ce, depuis le début. Nous avions décidé ensemble de créer le Velvet Dream en étant tout à fait conscientes des difficultés que ce genre d'entreprise nous apporterait dans un monde où les stars se dénudent dans leurs vidéoclips pendant que des femmes sont jugées responsables du viol dont elles ont été victimes si leurs vêtements ne couvrent pas un pourcentage assez élevé de leur peau. Nous avions choisi ce domaine en toute lucidité, malgré les tourments qu'il nous promettait, à la fois par envie de défi et d'amusement et parce que, à nos yeux, la liberté de la femme passait par cette sphère en particulier et il nous appartenait de la faire tourner dans un sens qui nous plaisait.

Plus encore qu'avec une autre profession, nous avions affaire à une clientèle en partie hypocrite. Les pervers représentaient, pour leur part, une portion de ceux qui franchissaient les portes du Velvet Dream. Nous avions des gardiens pour ceux qui posaient problème. Ils représentaient toutefois une minorité de nos clients, lesquels savaient habituellement comment se tenir pour éviter d'être jetés dehors. Je considérais que les pensées des gens ne me regardaient pas. Si un vieil homme poilu et ventru se plaisait à imaginer que mon corps ondulant s'approchait du sien et assouvissait ses désirs, j'étais bien contente pour lui tant qu'il ne me suivait pas jusque chez moi pour que je m'occupe de lui. Nous avions parfois ce problème, justement: certains clients ne comprenaient pas que nous étions d'honnêtes travailleurs et que nos services ne s'étendaient pas au-delà de l'enceinte de l'établissement ainsi que des heures d'ouverture du bar. Nous n'étions pas des bombes sexuelles maniaques venant danser et se dénuder avec l'espoir ardent qu'une âme solitaire nous délivre de notre soif de luxure. La plupart de mes employés étaient d'ailleurs des personnes normales, à mes yeux. Oui, ces gens pratiquaient un emploi peu commun mais, une fois sortis du Velvet avec leurs vrais vêtements, ils se confondaient dans la foule uniforme qui arpentait inlassablement la ville.

Les hypocrites étaient plus difficiles à repérer. Les plus évidents se retrouvaient sur la liste noire et les gardiens leur refusaient l'entrée. Les autres, ceux qui attendaient d'être chez eux pour se transformer en véritables petites vipères, revenaient s'aveugler de beauté et d'érotisme sans que nous ne puissions y faire quoi que ce soit. Beaucoup d'hommes venaient admirer nos spectacles tout en se croyant plus vertueux que les artistes les présentant. Ils n'hésitaient pas à payer un surplus pour obtenir une danse plus intime et plus rapprochée mais, une fois dehors, après s'être allumé une cigarette avec des amis venus profiter de la vue, ils dénigraient les femmes du Velvet. Nous qui étions quelques minutes plus tôt leurs chéries, leurs beautés, leurs sirènes ou même leurs déesses, nous étions subitement des salopes, des véhicules de choix pour la transmission de l'herpès, des droguées... Du fantasme, nous passions à la honte, et ce, simplement parce que le désir était acceptable entre les murs du Velvet Dream, mais humiliant dans la bonne société qui séjournait au-dehors. Il suffisait qu'un employé en entende un une fois pour que Deborah, Samson ou moi allions lui expliquer les choses de la vie.

Nous tenions à offrir les meilleurs conditions de travail possibles à nos employés, tout comme nous attendions d'eux des résultats satisfaisants. Nous exigions professionnalisme et passion. J'aimais beaucoup Jenna en tant qu'employée parce qu'elle ne me décevait sur aucun point, en aucunes circonstances. Elle dansait comme si elle détenait un pouvoir spécial lié à la musique, elle était souriante et elle ne se dérobait pas aux tâches moins gratifiantes. Elle était parfaite. Je songeais régulièrement à la cloner.

J'avais laissé échapper un petit rire en voyant que j'avais surpris Jenna au point qu'elle en lâche ce qu'elle tenait. J'aimais faire peur aux autres. Je ne m'en laisserais jamais.


-Lucas et moi ne sortons pas ensemble... Mais merci de t'en préoccuper... Et, il avait une réunion pour un travail d’équipe pour l’université ce soir et... disons que je ne crains pas les policiers...

Je me moquais bien de Lucas. Je trouvai cependant Jenna mignonne de répondre en détails à ma question, même si je ne l'avais posée que sur le ton de la blague. Ce pauvre petit Asner n'avait rien pour m'impressionner ni m'intéresser.  Il était un bon employé, point. Il faisait partie de ces anciens copains de Deborah qui ne valaient rien ni pour elle ni pour moi.

-Vilaine fille qui n'a pas peur des policiers...

Ce fut mon tour de lui faire un clin d'oeil. Je faisais bien la dure à cuire, mais je me montrais prudente depuis que j'avais découvert que les policiers étaient équipés contre la magie. J'avais bien failli me faire menotter par un type que je pensais avoir charmé, un soir. Puis, j'avais fait des tests pour découvrir que les policiers se montraient tous insensibles à mon pouvoir psychique.

-Donc, j’espère que ce n’était pas seulement de Lucas que tu voulais me parler?

Je me mordis la langue une seconde pour retenir un commentaire sur Lucas. Je me doutais que Jenna ne serait pas enchantée de m'entendre évoquer le manque de caractéristiques intéressantes de son meilleur ami.

-Je veux te parler de deux filles, de vieilles amies qui se sont connues il y a plus de cent ans...

Je levai les sourcils en esquissant un sourire qui se flétrit rapidement, car ce qui suivait me gênait un peu.

-Pourquoi es-tu revenue vers nous...vers moi? Tu ne m'en veux pas de t'avoir abandonnée sans rien dire?

Il y avait maintenant 110 ans, j'étais partie avec ma famille sans me retourner. Nous avions quitté nos amis de l'époque sans rien leur expliquer, fuyant dans une ville lointaine pour y refaire notre vie. Jenna avait été la seule que j'avais eu du mal à quitter.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Straitjackey [Terminé] Jeu 12 Fév - 22:30

Mon monde tournait presque exclusivement autour de Lucas, d'Atara et du Velvet Dream. Je ne parlais plus à ma famille, car ils étaient presque tous encore sous l'eau. Je ne partageais pratiquement rien avec eux, à l'époque, et j'avais alors une envie de folle de vivre selon mes propres règles. J'avais donc décidé de prendre un nouveau départ, avec Lucas. Il avait décidé de me suive et c'était la chose que je regrettais le moins dans mon existence. Nous étions déjà des meilleurs amis, mais ce renouveau nous avais soudés. Maintenant, et depuis longtemps, nous étions tellement proches que les gens nous prenaient souvent pour un couple, puisque nous finissions les phrases de l'autre et que nous nous comprenions sans trop de mots. Parfois, nous nous parlions en onomatopées et nous saisissions les propos de l'autre. Notre complicité était telle qu'elle avait effrayé plusieurs conquêtes de mon ami. J'étais triste pour lui, mais en même temps, j'aimais la relation que j'avais avec Lucas parce qu'elle était simple. J'aimais ce que nous avions parce qu'après tout ce temps, nous avions traversé ensemble toutes les tempêtes sur notre route et nous étions aussi forts qu'au début, peut-être même plus. J'aimais que Lucas soit à mes côtés, parce qu'il me faisait me sentir toute puissante. Et j'aimais qu'il soit resté avec moi, parce qu'un vrai ami décidait de rester avec toi et de faire les efforts nécessaires pour faire fonctionner la relation, c'était un choix, tandis qu'un frère serait resté par obligation.

Si je passais tout mon temps avec Lucas ou au Velvet, Atara, elle, était le plus clair du temps dans mes pensées. Je me demandais souvent ce qu'elle faisait et ce qu'elle pensait. J'étais ravie de l'avoir retrouvée. Et, bien que notre relation était différente aujourd'hui, elle me comblait. J'aimais comment Atara me regardait et toutes les choses gentilles qu'elle me disait. J'aimais rire avec elle, faire fâcher Samson poules autres employés, faire de nouvelles chorégraphies et décider de certains thèmes. J'aimais ce que nous bâtissions. Atara était occupée avec son poste de gérante, ce qui faisait qu'on se voyait moins que dans le temps, mais j'avais espoir. Les choses avaient beaucoup changées, à commencer par nous-mêmes, ce qui rendaient les choses plus compliquées et bizarres, mais j'avais espoir de réussir à bâtir une relation comme celle que nous avions avant, un jour... Pour passer plus de temps avec Atara, je ne refusais jamais d'heures supplémentaires.

J'adorais passer du temps de qualité avec Lucas et avec Atara. Je faisais tout ce que je pouvais pour les voir le plus souvent possible. Les amis étaient la famille que nous choisissions, c'était donc important de bien les traiter et de prendre soin de nos relations. Je faisais donc en sorte de passer le plus de temps possible avec mes amis. Et pas seulement parce que j'étais célibataire. Je n'étais pas le genre à oublier mes amis et mes proches quand je me faisais une petite amie. Celle-ci devait les aimer et accepter ce que j'avais avec eux. Mes amis étaient là depuis toujours et je savais qu'ils resteraient dans ma vie pour longtemps, tandis que je n'avais aucune preuve sur la fidélité et l'engagement de mes conquêtes. Je ne voulais pas gâcher les relations sérieuses que j'avais pour une paire de jambes sublimes ou un sourire charmeur.


-Vilaine fille qui n'a pas peur des policiers...

-Je crois bien que je ne suis pas la seule vilaine fille ici...


Le clin d'œil d'Atara me fit tout chaud en dedans et j'esperai avoir le droit d'en avoir un autre. J'eclatai de rire et regardai par terre en riant, essayant de dissimuler mon trouble.

-Je voulais te parler de deux filles, de vieilles amies qui se sont connues il y a plus de cent ans...

Je relevai la tête avec un petit sourire et replacai une mèche de mes cheveux qui était tombée devant mes yeux quand j'avais baisse la tête.

-Pourquoi es-tu revenue vers nous...vers moi? Tu ne m'en veux pas de t'avoir abandonnée sans rien dire?

-J'ai eu de la peine, je l'avoue, mais on fait tous des erreurs. Et, sans trop savoir pourquoi, j'avais plus envie de te comprendre et d'essayer de recoller les morceaux pour nous que de t'en vouloir...


Je pris place à côté d'elle sur un tabouret haut et je déposai ma main sur sa nuque, en la lui flattant doucement.

-Tu es très importante pour moi et je ne pouvais supporter d'être loin de toi.

Je remontai ma main de sa nuque vers la base de ses cheveux et l'agrippai légèrement, quelques secondes. Puis, je laissai redescendre ma main en effleurant sa colonne vertébrale tout le long de son dos.

-Pourquoi tu demandes ça? Oh et sinon, je vais les avoir mes explications après le temps, ou pas?

Je lui fis un autre clin d'œil et une grimace coquine, puis je lissai mon vêtement nerveusement.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Straitjackey [Terminé] Lun 23 Mar - 16:56

Notre famille n'était pas dans la catégorie de celles dominées par la crainte. À l'époque où nous étions humains, mon frère, mes soeurs et moi, nous n'écoutions personne, menant notre vie à notre guise. Myriam s'était toujours montrée plus douce et prévenante mais, entre l'avis commun et l'opinion de sa famille, elle avait toujours su faire le bon choix.  Voilà pourquoi elle avait accepté l'offre de Maddie d'utiliser la magie pour nous sauver de la mort, et ce, même s'il aurait été attendu de nous que nous attendions notre fin en priant le Sauveur pour sa clémence, comme le faisaient nos semblables.

Il en avait toujours été ainsi: personne en dehors de nous ne décidait de notre vie. Les normes sociales ne nous arrêtaient pas, tout comme les commérages, les lois ou la morale. Nous étions au-dessus des barrières imposées par le monde.

J'aimais qu'on m'admire, qu'on me trouve jolie, désirable et intéressante. Je n'orbitais pas autour de ce principe, mais je préférais de loin être respectée que détestée. Mon bonheur passait avant tout par ma famille et par l'amour que nous nous portions les uns aux autres, mais d'autres personnes comptaient aussi pour moi, et j'étais facilement prête à faire des folies pour quelqu'un d'important pour moi, et ce, même au risque de perdre l'intérêt ou l'admiration d'inconnus. Maddie m'inspirait pour ce qui était d'accomplir toutes sortes d'actes répréhensibles, comme jeter une jeune fille dans une piscine, insulter un adolescent aux allures de petite fée-vampire ou encore faire l'innocente devant un mec qui nous drague. Pour ce qui était de Jenna, aujourd'hui, je ne savais plus où j'en étais. Revêtait-elle la même importance que plusieurs décennies auparavant? Pourrais-je encore courir nue sous la pleine lune avec simplement un bouquet de fleurs sauvages pour me cacher pour lui remonter le moral? Serais-je aujourd'hui trop intimidée  pour me transformer en une copie exacte d'elle et me faire passer pour sa jumelle avec un retard mental? Je n'avais pas développé beaucoup d'inhibitions avec les années, mais je ne me laissais pas aller à ce point avec tout le monde, et je ne savais toujours pas si Jenna méritait suffisamment ma confiance pour que je prenne des risques pour elle.

J'étais celle qui était partie. J'avais subitement abandonné mon ancienne vie sans trop d'explications pour Jenna. Il me fallait partir pour préserver ma famille et il ne m'était pas venu à l'esprit de prévenir ma seule amie de l'époque ou de l'inviter à nous suivre. De toute manière, elle serait restée avec son frère siamois, Lucas, lequel s'était donné pour mission de se consumer de haine pour Deborah. Je savais qu'elle ne serait pas venue avec nous, mais je m'étais quand même posé la question souvent, dans les années qui avaient suivi notre séparation.


-Je crois bien que je ne suis pas la seule vilaine fille ici...

-Je vois que tu me connais très bien.


Je ne pouvais tout simplement pas m'empêcher de faire ce genre de sous-entendus un peu grivois dès que j'en avais l'occasion. Peut-être était-ce à force de charmer les clients du Velvet Dream...


-J'ai eu de la peine, je l'avoue, mais on fait tous des erreurs. Et, sans trop savoir pourquoi, j'avais plus envie de te comprendre et d'essayer de recoller les morceaux pour nous que de t'en vouloir...

Crac. Voilà: elle avait fendu mon coeur.  EN DEUX. J'aurais préféré qu'elle m'en ait voulu. J'étais douée avec la colère: je la ressentais si souvent! Je pouvais la comprendre, l'analyser, voire même la vivre pour une autre personne. Cette douceur et cette beauté qui transparaissaient des paroles de Jenna m'étaient étrangères. Je m'étais attendue à ce qu'elle m'ait détestée, ce à quoi j'étais habituée: j'avais ressenti tellement de haine au cours de ma vie. J'avais appris à faire comme si elle ne m'atteignait pas, à ignorer sa morsure brûlante à l'intérieur de moi. La souffrance qui perçait au-travers du besoin de comprendre et de me retrouver que Jenna avait eu me fracassait le coeur, ce soir. Pourtant, j'avais blessé un nombre incalculable de gens, de manières plus durables et définitives que je l'avais fait avec Jenna. Pourquoi étais-je aussi touchée? Sur le moment, je penchai vers l'évidence: c'était la première fois qu'on me faisait sentir mes torts sans me les jeter au visage, mais plutôt en me montrant l'effet que mes actions avaient entraîné. C'était horrible.

La main de Jenna sur ma nuque me fit sombrer davantage. Pourquoi était-elle aussi gentille avec une personne qui l'avait jetée comme une vulgaire poupée qu'on laissait de côté une fois l'adolescence arrivée? C'était bien ce que j'avais été: une adolescente ingrate à la recherche de nouveauté. Oui, j'avais voulu protéger ma famille, mais je n'avais rien fait pour minimiser les dégâts.


-Tu es très importante pour moi et je ne pouvais supporter d'être loin de toi.

Elle était folle, c'était impossible à nier. Masochiste et folle. On ne pouvait être équilibrée et rechercher à ce point la présence d'une personne toxique. Ma famille et moi étions de mauvaises personnes. Nous n'en parlions que très rarement, mais nous le savions. Il n'y avait pas d'espoir pour un feu follet, pas après tous ces meurtres. Je resterais à jamais un monstre et je ne m'en plaignais pas vraiment. Je me plaisais en monstre, mais je ne voyais pas en quoi quelqu'un comme Jenna pouvait avoir besoin de moi.

Le mouvement de sa main sur ma nuque et dans mon dos me plongea dans un questionnement sur ses réelles intentions: était-elle en train de me draguer? J'avais remarqué que Jenna préférait les femmes. Je n'étais ni aveugle ni conne. Sa gentillesse, ce soir, était-elle honnête ou ne lui servait-elle qu'à atteindre un but pervers? Étant moi-même assez ignoble et ayant rencontré beaucoup d'exemples de la laideur du monde, j'avais une facilité à voir le mal là où il se trouvait et, aussi, à l'inventer quand il se cachait. Jenna me semblait sincère, mais ce rapprochement physique ni conventionnellement amical ni officiellement amoureux me faisait douter.


-Pourquoi tu demandes ça?

Je me levai de mon banc et fit quelques pas dans un sens, puis dans l'autre. Je n'arrivais pas à parler. Trop de mots me venaient à la fois et, tous pressés contre mes lèvres, ils formaient une grosse boule qui ne sortait pas. Comment résumer cent ans en quelques mots?

-Oh et sinon, je vais les avoir mes explications après le temps, ou pas?

Je m'arrêtai, de dos à elle et fermai les yeux quelques secondes pour reprendre mes esprits. J'avais toujours du mal à gérer mes émotions. C'était pourquoi on me disait souvent que j'étais folle. Il me fallait des efforts pour rester calme.

Je me retournai vers elle et rencontrai un clin d'oeil et une grimace qui diminuèrent le poids dans ma poitrine. Je répondis d'une grimace des plus affreuses avant de prendre la parole avec le ton le plus léger possible.


-Oh tu sais comment sont les Lackey... ils font des bêtises, se sauvent tous ensembles et réalisent seulement plus tard qu'ils ont fait l'erreur de laisser derrière eux des personnes exceptionnelles.

Je revins à mon banc et m'y hissai de nouveau.

-Heureusement que les feux follets ont une longue vie pour apprendre de leurs erreurs, non?

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MessageSujet: Re: Bittersweet Straitjackey [Terminé] Mer 1 Avr - 11:28

J'aimais le sentiment de toute puissance que me donnait mon emploi comme effeuilleuse au Velvet Dream. Certains me voyaient comme la seule solution à leurs problèmes, d'autres me voyais comme une ange descendue du ciel en réponse directe à leurs prières et pour d'autres encore je représentais la sensualité ultime à leur vie déprimante. Les clients venaient pour s'évader, se défouler, se changer les idées et, tant qu'ils restaient civilisés et qu'ils respectaient les règles, il me faisait plaisir de les aider à s'echapper de la routine. Le Velvet était à la fois classe et déjanté, créant ainsi l'ambiance parfaite pour la détente et les fantasmes. Nous, les artistes de la scène, devenions ce que nous voulions, grâce aux décors, aux éclairages et aux costumes. Nous avions une grande liberté en ce qui avait trait aux numéros que nous présentions et, lors de soirées à thématiques spéciales, le sort décidait qui ferait quoi puis chacun décidait du reste. La créativité et les productions originales étaient mises de l'avant et les clients aimaient qu'on les amènent ailleurs. Le fait que l'ambiance et la qualité des numéros passent avant la nudité présentée sur scène faisait du Velvet un bar vraiment différent des autres. Nous n'étions pas obligé de tout enlever nos vêtements à chaque fois que nous montions sur scène et nous n'étions jamais obligé d'accepter une danse dans une des salles privées à l'arrière. Bien sûr, certains clients étaient plus insistants que d'autres en ce qui avait trait aux danses privées et devenaient parfois insistants, mais la sécurité était faite de telle sorte qu'un seul regard à un des gardes et ceux-ci venaient nous sauver de ces indésirables.

Au Velvet, j'avais l'impression d'avoir le contrôle sur ma vie. Si j'étais contente que mon ami Lucas ait réussi à se tailler une place à l'université dans un programme réputé, cela m'avait aussi fait terriblement mal au cœur. Je savais que je ne réussirais jamais comme lui. Lire était pour moi trop ardu, écrire sans fautes me prenait un temps fou et compter était encore pire. Si je devais passer des tests, je ne sais même pas ou je me situerais par rapport à un enfant. Je savais que je n'aurais aucune chance de me sortir de la petite vie que j'avais. J'étais prisonnière de mon étang vaseux, je n'aspirais pas à plus, mais c'était pourquoi j'avais choisi un emploi que j'aimais avec les capacités que j'avais. Cela rendait l'eau de l'étang plus propre. Et, si le fait d'être à deux à patauger là-dedans n'était pas plus réconfortant pour autant, le fait d'avoir quelqu'un avec qui le partager me rassurait. Lucas avait des rêves d'une vie meilleure, me rappellent sans le vouloir la misère de notre vie du moment. Maintenant, Lucas aspirait à plus grand et il réussirait à se sortir de cette marre obscure pour aller nager dans une piscine privée. Mais moi, je ne verrais jamais rien d'autre que mon eau sale et trouble. Et j'avais peur qu'il finisse par m'oublier dans mon étang, moi...


-Je vois que tu me connais très bien.

-Je n'ai rien oublié...


J'avais cru déceler une pointé de grivoiserie et j'espérais avoir réussi à faire passer la mienne. Cette allusion me rendit toute drôle et je fus ravie de m'être assise, car je crois bien que j'en aurais eu une faiblesse dans les jambes. Le rouge m'était monté aux joues et je fis mine de mettre de l'ordre dans mes vêtements, encore une fois, pour me redonner contenance.

Je savais que je devais paraître dingue de continuer à m'attacher à Atara après ce qu'elle m'avait fait. Lucas n'approuvait pas et peut-être même que mon amie aussi pensait la même chose. J'aurais voulu ne plus l'aimer, sur le coup. Réussir a faire comme Lucas et tout oublier, tout balayer du revers de la main. Mais je ne pouvais pas faire ça, parce que moi, dans la vie, soit j'aimais soit je détestais. Dans les deux cas, c'était à l'extrême. Et dans tout. Par exemple, Lucas et Atara, je les aimais tellement que ça me faisait mal parfois, mais cet amour me portait en même temps et je n laisserais jamais personne leur faire du mal. À l'inverse, je détestais les champignons, tellement que juste l'odeur me répugnait et je ne mangeais rien qui en contenait ou qui avait été en contact avec des champignons, un peu comme les végétariens et les végétaliens... Et donc, c'était ça ma vie: tout ou rien.


-Oh, tu sais comment son les Lackey... ils font des bêtises, se sauvent tous ensemble et réalisent seulement plus tard qu'ils ont fait l'erreur de laisser derrière eux des personnes exceptionnelles. Heureusement que les feux follets ont une longue vie pour apprendre de leurs erreurs, non?

Je me penchai vers l'avant pour pouvoir toucher sa main. Sa peau était chaude et douce et ce contact me donna du courage.

-Je suppose que ce devra être mes explications...

Je ris de bon coeur.

-Je vais te dire quelque chose, Atara... je n'ai jamais rencontré personne d'autre comme toi.

Puis, en soutenant son regard et en serrant légèrement sa main, je lui avouai:

-J'ai besoin de toi dans ma vie...

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MessageSujet: Re: Bittersweet Straitjackey [Terminé] Jeu 9 Juil - 18:33

Jenna aimait le regard des hommes et certaines personnes trouvaient cela déplacé, puisqu'elle ne s'offrait qu'à des femmes. Ce type de logique m'électrifiait de rage. Pourquoi n'aurait-elle pas le droit d'apprécier qu'on soit attiré par elle, tout simplement? Elle n'étais pas obligée de remercier les hommes de leur admiration en se soumettant à leurs désirs. Je trouvais justement, au contraire, qu'il aurait été hypocrite de sa part de leur en vouloir de la désirer. Aimer la présence des femmes ne signifiait pas détester les hommes, et beaucoup avaient encore du mal à le comprendre.

Je ne savais pas rester calme. J'avais toujours été ainsi, même du temps où j'étais encore humaine.  J'avais toujours eu besoin de me sentir en vie au point où je ne contrôlais pas très bien mes réactions, qu'elles soient positives ou négatives. J'explosais de rire, je hurlais, je dansais et je sautais quand j'étais heureuse. Je ne pouvais me contente d'un petit rire discret, derrière la main en penchant la tête, ou de sourire tendrement.  Il fallait que le visage m'en fasse mal. Je pleurais à en avoir les yeux qui brûlaient et la gorge sèche et je m'effondrais lorsque j'étais triste. Je brisais des objets, insultais les gens, lançais des choses, claquais des portes, m'enfermais dans ma chambre et allais même jusqu'à littéralement me transformer en boule de feu lorsque j'étais en colère. Tout était extrême en moi. Je savais que cette caractéristique faisait souvent reculer les gens. Ma famille, elle, ne m'avait jamais laissée tomber pour un cendrier lancé au visage, une fenêtre cassée ou un cri ayant alerté la police.


-Je n'ai rien oublié...

Il avait toujours existé ce petit jeu étrange entre nous. Les remarques à double-sens coulaient sans avoir de fondement. Il ne s'était jamais rien passé de sexuel entre nous, et ce, malgré l'attirance évidente de Jenna pour les femmes et la mienne, plus subtile parce que camouflée par mon attirance tout aussi grande pour les hommes.

Je frémis lorsque sa main toucha la mienne et je me trouvai un peu sotte. Il fallait que je me calme, même si ce n'était pas ma spécialité. J'avais enfin la chance de ramener Jenna dans ma vie et je ne voulais pas la perdre une nouvelle fois.


-Je suppose que ce devra être mes explications...

J'avais conscience que c'était maigre, mais je ne savais pas à quel point je pouvais lui faire confiance. Je ne voulais pas lui révéler une histoire de meurtre sordide, ce soir, et comprendre demain matin que j'avais signé l'arrêt de mort de toute ma famille. J'osais croire que Jenna avait de bonnes intentions, mais des années de malheur me poussaient à envisager le pire. Et si elle ne me faisait les yeux doux, ce soir, que pour endormir ma méfiance avant de me poignarder dans le dos?

-Je vais te dire quelque chose, Atara... je n'ai jamais rencontré personne d'autre comme toi.

-Tu savais que j'ai une jumelle?


Je blaguais, mais j'étais très touchée de ce qu'elle venait de dire. Je n'avais seulement pas l'habitude de dire des choses sérieuses en situations critiques. J'avais plutôt tendance à perdre la tête, et je ne devais surtout pas perdre la tête à ce moment-ci.


-J'ai besoin de toi dans ma vie...

Je dus baisser les yeux une seconde.  J'avais souhaité entendre cette phrase avant de l'abandonner derrière moi, des années auparavant. Je la savourai quelques secondes avant de relever les yeux vers les siens. Je pris doucement sa main entre les deux miennes en la caressant doucement.

-Alors, je te fais la promesse que tu n'auras pas à t'inquiéter à l'avenir. Si je dois disparaître, tu seras avertie. Tu ne te retrouveras pas devant l'enseigne éteinte du Velvet Dream, mon appartement vide et mon numéro sans service.

Je faisais rarement des promesses parce que j'avais beaucoup de mal à les tenir. Entre faire plaisir à Deborah et honorer la confiance d'un mec rencontré il y avait à peine quelques années, le choix était difficile, mais penchait toujours vers ma famille. J'avais brisé bien des coeurs de cette manière, par le passé.

-J'ai l'habitude de jeter les gens et de passer au suivant...Je suppose que c'est le meilleur moyen d'avancer quand on a des siècles devant soi et qu'il faut essayer d'éviter de les remplir de regrets. Sauf que je ne t'ai jamais oubliée depuis mon départ.

Je lâchai sa main pour mettre les deux miennes sur ses épaules.

-Si tu acceptes, nous pourrions essayer de redevenir amies...pas comme avant, parce que le temps a passé et que je suis certaine que, comme moi, tu as changé, mais avec la folie qui nous a rapprochées dans le temps.

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MessageSujet: Re: Bittersweet Straitjackey [Terminé] Mer 20 Juil - 10:11

La musique avait une place importante dans ma vie. En tant que sirène, le chant avait toujours été une sorte d'arme et pas seulement contre mes ennemis. C'était une arme contre moi-même et contre la négativité du monde. Je chantais pour m'amuser, me désennuyer et exprimer mes émotions. J'oubliais tout le reste, j'étais dans le moment présent. Je chantais aussi pour me rappeller d'où je venais, me souvenir de mes origines et du combat que j'avais eu à vivre.

Autant j'aimais la musique et elle était toute ma vie, autant j'avais parfois besoin de silence. De plus, dans un monde comme le nôtre, où tout allait vite et où il y avait toujours du bruit, j'avais l'impression de ne pas être à ma place. Les sons ambiants finissaient par m'agresser. Que ce soit la respiration de la personne qui attendait en file derrière moi, les conversations bruyantes à la buanderie, les klaxons des voitures quand je circulais dans la rue, la mastication du maïs soufflé de mon voisin de siège dans une salle de cinéma, la musique trop forte du jeune homme assis devant moi dans le bus, les pleurs d'un enfant au restaurant, les talons hauts d'une vendeuse qui claquaient sur le plancher de la boutique ou les rires exagérés au café du coin, je me sentais prise au piège, parfois jusqu'à en faire des crises de panique. Mes oreilles bourdonnaient et j'avais l'impression que les sons les plus aggressants résonnaient encore plus dans mon crâne. Je devais alors me retirer du monde bruyant, afin de retrouver une quiétude et ainsi ne pas devenir folle et/ou agressive. Je restais parfois seule dans ma chambre à fixer le plafond et à écouter le silence. Idéalement dans le noir, rideaux tirés, fenêtres et porte close, je me sentais alors mieux. En effet, cela me rappelait les profondeurs de l'océan, là où peu de créatures marines vivaient mais où les épaves de bateaux et d'avions étaient nombreuses. À une distance où je ne me faisait pas déranger par n'importe qui puisque seul Lucas connaissait ce repère où j'aimais souvent aller, du temps où je vivais sous l'eau, en tant que sirène. C'était un endroit isolé, comme sacré, mytique. À cette profondeur, la densité de l'eau créait comme une bulle, une bulle de silence et de béatitude où je me sentait bien. Je recherchais donc ce type d'endroit, maintenant sur la terre ferme. Un endroit où je pouvais être simplement bien et en paix. Le Velvet Dream devenait de plus en plus cet endroit. Je m'y sentais bien, et ce, même les néons ouverts et les tabourets relevés sur les tables, donc même complètement vide je m'y sentais bien.


-Tu sais que j'ai une jumelle ?

J'eus un petit rire, la blague était bien bonne.

-Oui, mais elle est bien moins merveilleuse que toi, selon moi...

Et je lui fis un clin d'oeil. Quand Atara pris ma main, je sentis comme un courant électrique le long de mon échine. J'eus un frisson sur la nuque et je rougis légèrement. Les contacts physiques avec Atara étaient toujours spéciaux, et ce, depuis nos tous débuts. J'étais contente de ressentir toujours autant notre connexion et j'espérais qu'elle ressentait la même chose.

-Alors, je te fais la promesse que tu n'auras pas à t'inquiéter à l'avenir. Si je dois disparaître, tu seras avertie. Tu ne te retrouveras pas devant l'enseigne éteinte du Velvet Dream, mon appartement vide et mon numéro sans service.

Ces paroles voulaient dire beaucoup pour moi. Cela voulait dire que je comptais, que j'étais importante. Et cela valait tout pour moi... J'étais figée par l'émotion, le souffle court et je ne savais pas quoi lui dire.

-Je... Mmmh... C'est...

-J'ai l'habitude de jeter les gens et de passer au suivant... Je suppose que c'est le meilleur moyen d'avancer quand on a des siècles devant soi et qu'il faut essayer d'éviter de les remplir de regrets. Sauf que je ne t'ai jamais oubliée depuis mon départ.


Je sentis mes yeux pivoter parce qu'ils se remplissaient d'eau.

-Merci Atara. J'aime que tu ne veuilles plus décider pour moi si je veux te suivre ou pas... Et j'aime encore plus savoir que tu ne m'aimes pas oubliée !

Quand mon amie lâcha ma main, je fus un peu déçue. Quand elle mis ses mains sur mes épaules, je rougis d'avantage de notre proximité.

-Si tu acceptes, nous pourrions essayer de redevenir amies...pas comme avant, parce que le temps a passé et que je suis certaine que, comme moi, tu as changé, mais avec la folie qui nous a rapprochées dans le temps.

-AVEC PLAISIIIIIIIIIIR!


Je passai mes bras autour de sa taille et l'approchai de moi pour la serrer très fort. Je la relâchai seulement quand j'entendis qu'elle avait de la difficulté à respirer.

J'étais folle de joie de retrouver mon Atara et je me faisais une fête de pouvoir la redécouvrir après toutes ces années! Je nous voyais déjà passer des nuits blanches à bavarder et à rigoler, passer des heures à jouer a des jeux vidéos ou des jeux de société et tout autant d'heures à regarder des séries en rafale et des films. J'avais hâte aussi de sortir en ville avec Atara et de faire les quatre cents coups... Bref, mon amitié avec Atara ne me ferait que du bien et j'avais bien hâte de vivre nos nouvelles aventures avec elle dans la ville de New York!

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