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Tourments et lassitude [TERMINÉ]

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MessageSujet: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Lun 30 Juin - 22:27

Il y avait plusieurs minutes que j'observais Peach, mes stores étant entrouverts. Mon bureau était isolé des autres et seule une grande paroi vitrée ainsi que la porte donnaient sur l'aire commune où étaient situés les autres bureaux. Mon bureau était muni de longs stores blancs qui étaient souvent fermés par besoin d'un maximum de concentration sur mes dossiers. Officiellement. Dans les faits, je perdais beaucoup de temps à chaque jour, donnant l'impression que je travaillais, mais laissant mon esprit s'égarer sur Internet ou simplement par lui-même. Je ne comprenais comment la civilisation humaine pouvait s'abrutir durant la plus grande partie de la journée dans le simple but de s'enrichir. C'était la norme à suivre, norme sans laquelle tout le système déraillait. Quiconque y contrevenait était rejeté ou, pire, voyait sa survie menacée.

Lorsque je vivais encore une vie divine, je n'avais pas à accomplir des tâches ennuyantes ni à faire partie d'un grand tout qui devait bien rouler comme la ville de New York. Je vivais, tout simplement. Je profitais de mon existence et des belles choses de la vie. Désormais, il me fallait prévoir du temps pour ce qui était maintenant une sorte de récompense pour le temps passé à travailler. Je ne songeais néanmoins pas à renoncer à être dans les normes: les autres dieux réussissaient à mener une vie humaine et ils semblaient non seulement y arriver à la perfection, mais ils paraissaient bien dans cette nouvelle existence. De plus, je n'avais pas tellement le choix: c'était la vie selon les standards humains ou encore l'échec. Je ne voulais pas être le raté de service. J'acceptais joyeusement le titre du dieu le plus faible, le moins dangereux, le plus doux, le moins menaçant, le plus risible... Je ne voyais que du positif dans cette manière d'être perçu, mais je n'aurais jamais accepté qu'on pense que je ne réussissais pas ma vie. J'étais le seul à avoir le droit de ressentir des doutes à ce sujet.

Peach en était à son centième sourire niais à Raphael Stark. Elle venait de prendre son sac et ils semblaient bien rire ensemble. J'avais envie de me lever, sortir de mon bureau et vider celui de Stark sur le sol. On verrait s'il continuerait à faire les beaux yeux à mon épouse en ramassant papiers et stylos répandus par terre. Je baissai prestement les yeux sur mon ordinateur en remarquant que Peach se dirigeait vers mon bureau. Je les relevai vers elle lorsqu'elle entra et  me forçai à lui sourire. Il ne restait que quelques employés, mais il ne fallait pas qu'ils me voient regarder mon épouser avec ennui et dégoût.


-J'ai laissé quelques trucs à classer à Raphael. Il devrait rester encore un moment. Je pars prendre un verre avec une amie et on se revoit ce soir, mon amour.

Le baiser de Peach dura cent ans. Cent longues années de répulsion et de lassitude. Je ne la regardai pas partir, mais j'entendis son rire lorsque Raphael lui fit un commentaire que je n'entendis pas. Psyché se liait facilement avec les gens. Elle s'était déjà fait plusieurs amies avec qui elle passait du temps. Elle ne voyait pas d'hommes, car elle considérait que cela pouvait donner une mauvaise image à notre couple et notre entreprise et j'étais surpris qu'elle ait été capable d'un tel niveau de réflexion. Néanmoins, elle ne s'empêchait pas de rire et d'être agréable avec nos employés de sexe masculin, sans jamais l'être de manière déplacée.

Il n'y avait qu'avec ce Raphael qu'elle m'énervait particulièrement. Ou bien était-ce plutôt lui? Je voyais bien comment il la regardait. S'il avait eu cet air stupide lorsque je l'avais renconré avant de l'engager, il aurait eu à se chercher un autre emploi. Malheureusement pour moi et pour ma jalousie mal placée, Raphael  Stark était un excellent employé.

Ah, et probablement une personne meilleure que la moyenne... C'était certainement ce qui me dérangeait le plus: Raphael montrait un intérêt pour Peach et je savais que je n'avais pas à craindre qu'il agisse en rustre avec elle. Si Psyché n'avait pas été mienne depuis toujours, j'aurais certainement craint l'effet dévastateur qu'il pouvait avoir sur elle en se montrant mieux que moi.

Il y avait deux ans que ce M. Parfait travaillait pour nous. Avec le temps, j'avais appris à le connaître grâce à mon pouvoir d'hypnose. Je m'amusais à lui dire n'importe quelle horreur pour ensuite l'effacer de sa mémoire. Je m'étais d'ailleurs laissé aller à lui faire des confidences, quelques fois, avant de les faires disparaître. Raphael était de bon conseil et il ne paraissait pas juger ce qu'on lui disait. Je ne pouvais cependant pas lui faire confiance - simple question de prudence - et je ne lui avais permis de garder en mémoire que certaines discussions que j'avais soigneusement choisies.

J'attendis que tous les autres employés aient quitté les lieux avant de sortir de mon bureau pour aller déposer un dossier sur la pile bien ordonnée trônant juste à côté de l'ordinateur de Peach.


-Alors, Raphael... tu t'en bien amusé à fixer le décolleté de Peach tout l'après-midi? Ne nie pas: je t'ai vu.

J'avais passé une mauvaise journée et le chouchou de Peach allait payer un peu. Ce n'était pas de sa faute, mais il était là et je n'avais personne d'autre à tourmenter gratuitement.  Je m'installai au bureau de Peach et ouvrit son ordinateur. Il n'était pas rare que je travaille à partir de ses choses, mais je ne prévoyais pas travailler: je voulais seulement avoir l'air de ne pas m'être assis là simplement pour lancer des piques à celui qui faisait beaucoup trop sourire mon épouse.

-Tu restes tard, encore ce soir. Tu espères une promotion?

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Dernière édition par Christian C. Reaver le Lun 15 Sep - 21:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Mer 20 Aoû - 23:47

J'aimais la façon dont étaient disposés nos bureaux, ici. Le bureau vitré de Christian me permettait de le regarder à la dérobée et, souvent, de l'espionner sans être vu, selon la façon dont j’étais installé à mon propre bureau, car, parfois, mon écran d'ordinateur ou une pile de dossiers étaient les complices parfaits pour voir sans vraiment être vu. Ainsi, je passais souvent plusieurs minutes par heure à regarder Christian dans son habitat naturel. Surtout quand il restait tard le soir, puisque j’étais certain de n'avoir personne pour venir me surprendre. J'aimais la façon dont il se passait la main dans les cheveux en soupirant, quand quelque chose l’agaçait... Je trouvais cela attachant.

Le boulot que je faisais à l'agence Reaver était exigeant et parfois inintéressant parce que répétitif, mais j'aimais mon travail. De toute façon, j’étais d'avis qu'un emploi parfait n'existait pas. Peu importait l'endroit et le type de travail, il y aurait toujours quelqu'un ou quelque chose sur place qui nous fera nous plaindre. Rien ne peut fonctionner parfaitement, il y avait toujours des embûches et c’était parfait ainsi. Cela nous poussait à nous surpasser, à changer, à mieux nous connaitre. À l'agence, l'ambiance était agréable, j'avais l'impression de vraiment faire quelque chose de bien et, en plus, mes patrons étaient non seulement les plus gentils, mais aussi les plus beaux. C’était donc une joie de me rendre au travail chaque jour que je venais. Mes deux patrons étaient très jolis, mais c’était Peach qui m’intéressait le plus. Sans trop savoir pourquoi. Ou plutôt sans trop vouloir savoir pourquoi.

Elle s’était arrêtée devant mon bureau pour venir me dire qu'elle partait, mais qu'elle avait quelques trucs à me faire classer pour demain. Je l'avais traitée de tyran, mais de jolie tyran et elle avait rien. Je l'avais complimenté sur sa toilette, puis lui avait demandé plus d'informations sur sa soirée. Puis, je lui avais dit que je jalousais la personne qui passerait la soirée avec elle, puisqu'elle serait en sa compagnie. Elle avait rougi puis m'avait dit qu'elle devait vraiment filer. J'en avais mis plus qu'à l'habitude sur les compliments et les flatteries, mais c'est parce que j'avais cru remarquer que Christian nous observait. Peach s’était d'ailleurs rendue dans le bureau de son mari, lui avait dit quelques mots puis l'avait embrassé. Il m'avait semblé que le baiser avait duré mille ans. Mille ans de jalousie et de ressentiment. Quand elle était repassée devant mon bureau, je lui avais dit, avec un clin d’œil:


-Il est vraiment le plus chanceux du monde, ce Christian.

J’espérais l'avoir dit assez fort et aussi l'avoir dit trop bas. La réaction de Christian serait surement parfaite à voir, mais je ne savais pas si je voulais l'avoir sur le dos pour cela. Cela faisait maintenant deux ans que je travaillais pour eux et j’étais satisfait des relations que nous avions bâties. Avec Peach, c’était une courtoisie plus qu’évidente, qui lui faisait certainement plaisir puisqu'il lui arrivait de venir me voir exprès pour avoir mon avis sur une tenue qu'elle portait. De l'autre côté, avec Christian, c’était une franche camaraderie. En fait, pour moi, il était probablement mon meilleur ami. Nous passions souvent de grandes soirées ensemble, à boire et à se raconter nos vies, nos secrets. Le seul hic, c’était que Chris croyait que j'oubliais tout ce qu'il me disait, quand il me demandait de le faire avec son pouvoir. Je ne lui avais rien dit sur les miens. Donc, quand je sentais qu'il utilisait son pouvoir, je jouais le jeu; je faisais comme si je ne rappelais plus de quoi on parlait, mais en fait, je me souvenais de tout... Je commençais à me sentir mal de lui jouer dans le dos. J'avais été franc sur tout le reste, excepté ce détail. Seulement, maintenant que la machine était en marche, c’était plus compliqué de revenir en arrière et je ne voyais pas comment le faire. Le plus difficile de cette situation délicate était sans aucun doute de faire comme si je ne savais rien. Je ne pouvais pas lui poser des questions ni le relancer ni le taquiner à tel ou tel sujet, puisque je n’étais pas censé le savoir. Parfois, je devais me mordre la langue au sang pour ne pas parler.

Les gens quittaient désormais le bureau, selon un ordre peu précis. Rapidement, je me retrouvai seul sur les lieux avec Christian. Je commençais à être fatigué et j'avais encore une pile de dossiers à classer, selon les ordres de Peach, sinon je serais bien aller embêter mon ami. Il me tendit cependant la première perche, lorsqu'il passa de son bureau à celui de Peach.


-Alors, Raphael... tu t'es bien amusé à fixer le décolleté de Peach tout l’après-midi? Ne nie pas: je t'ai vu.

J'ouvris la bouche de surprise, un peu honteux, puis en bon joueur, je répondis:

-J'avoue, j'avoue, je suis coupable... mais j'ai pour mon dire que quand un décolleté est aussi plongeant, c'est une invitation à le regarder.

Je lui fis un clin d’œil et fis mine de recommencer a travailler. Tout comme lui. Je savais qu'il ne travaillerait pas réellement sur l'ordinateur de sa femme.

-Tu restes tard encore ce soir. Tu espères une promotion?
-Wouahou! Il y a quelqu'un qui a mangé de la viande enragée ou quoi? Tu es d'une humeur massacrante, on dirait.


Je mis le point final à un dossier, puis me levai et me dirigeai vers le bureau de Peach. Je déposai mon dossier sur une des piles sur le bureau, puis pris appui sur mes bras, mes mains appuyées contre le dessus du bureau de Peach.

-Pour ton information, les heures supplémentaires de ce soir, c’était un ordre de la reine du bureau... Je m'en serais bien passé, moi...

En effet, j’étais plus fatigue qu'à l'habitude. J'avais passe ma soirée de la veille à faire des recherches sur les démons dans le coin. Cela avait pris plus de temps que je le pensais et je n'avais pratiquement pas dormi de la nuit.
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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Lun 15 Sep - 21:08

Je passais beaucoup de temps à observer Raphael et Peach, et ce n'était pas parce que leur comportement m'amusait. En fait, il me dérangeait prodigieusement. Pourtant, personne ne semblait choqué, parmi mes employés. Tous traitaient Peach et son assistant avec respect. J'en avais même interrogé quelques-uns à l'aide de mon pouvoir d'hypnose, et ceux-ci m'avaient assuré qu'ils ne voyaient rien de déplacé dans l'attitude des deux quasi-tourtereaux. J'avais donc compris que j'étais le seul à connaître suffisamment Psyché pour m'offusquer de comment elle agissait avec Raphael. Jamais l'idée que le problème venait de moi ne m'aurait effleuré l'esprit, d'ailleurs.

Je ne craignais pas que Peach tombe amoureuse de Stark. Je la savais complètement soumise à de grands sentiments pour moi et, s'il advenait qu'elle se laisse séduire par un autre, je n'aurais qu'à l'hypnotiser magiquement pour qu'elle l'oublie et ne pense qu'à moi. Je n'aimais pas mon épouser, mais j'avais désespérément besoin qu'elle ressente de l'amour pour moi et que nous continuions à former un couple. Le passage par la brèche m'avait fait réaliser que ce sentiment pour lequel j'avais toujours vécu n'existait pas ou, du moins, pas au même titre que ce que j'avais toujours cru, et cette vérité me faisait plus mal encore que l'abandon de Vénus. Permettre à Psyché de perpétuer ce qui avait été mon premier et seul amour - un amour illusoire, uniquement généré par la magie, mais tout de même un amour que j'avais vécu et ressenti - me donnait la chance de m'accrocher à cet ultime mensonge pour tenir en équilibre dans ma nouvelle vie.

Le monde réel était vide d'amour; c'était ma plus grande certitude. S'il y avait eu en cet univers cet état de l'âme duquel on faisait si souvent l'éloge, je n'aurais pas cessé d'aimer Psyché en passant la brèche. Je cherchais, encore aujourd'hui, quelle était ma raison de vivre. J'avais été le dieu d'un sentiment aujourd'hui disparu, devenu une étrange lubie collective. Je n'étais plus le dieu de rien. Je n'avais ni but ni utilité. Tout ce qui me restait était cette femme qui me rappelait quotidiennement tout ce que j'avais si longtemps pensé être et à quel point j'avais été stupide d'y croire.

J'avais hypnotisé Raphael plusieurs fois concernant Peach. Il m'avait confirmé son intérêt et son attirance pour elle, mais aussi qu'il ne voulait pas donner une conclusion concrête à ce qu'il ressentait, puisqu'il souhaitait conserver son emploi qu'il adorait. Cette révélation avait un peu calmé ce que je savais être une jalousie très mal placée venant d'un homme qui ne se retenait pas d'aller visiter le lit des autres femmes. Cependant, je restais méfiant, mais ce trait faisait partie de ma personnalité depuis assez longtemps. Je devais la tenir de mon père. Le vrai.


-J'avoue, j'avoue, je suis coupable... mais j'ai pour mon dire que quand un décolleté est aussi plongeant, c'est une invitation à le regarder.

Je ne pouvais nier que savoir qu'un autre homme accordait plus d'attention à mon épouse que moi venait remuer en moi des émotions que je préférais étouffer rapidement. Je savais que j'aurais dû être celui dont le regard était aimanté par elle, celui qui perdait sa concentration quand elle était dans les parages...et je savais que je n'en étais plus capable. Juste la regarder m'emplissait la poitrine de plomb et m'écrasait les poumons.

-Wouahou! Il y a quelqu'un qui a mangé de la viande enragée ou quoi? Tu es d'une humeur massacrante, on dirait.

Il avait tout à fait raison. Je soupirai et fixai droit devant moi quelques secondes avant de parler.

-C'est ma mère.

J'avais besoin de me confier et, malheureusement pour nous deux, mon employé modèle était la seule personne que j'avais sous la main. Je devais lui concéder qu'il était celui avec qui je préférais parler des sujets les plus délicats concernant ma vie, mais je ne l'aurais jamais fait si je n'avais pas pu effacer chaque conversation compromettante de sa mémoire. Je n'étais pas prêt à faire confiance à quiconque. J'avais été déçu par chaque personne en qui j'avais placé ma confiance par le passé et je savais maintenant qu'il valait mieux que je ne compte que sur moi-même. Toutefois, je ne pouvais pas toujours tout garder pour moi et l'avis de Raphael m'éclairait toujours beaucoup.

-Pour ton information, les heures supplémentaires de ce soir, c’était un ordre de la reine du bureau... Je m'en serais bien passé, moi...

Il disait cela, mais il ne refusait presque jamais de rester travailler tard. Il fallait dire que nous ne surchargions habituellement pas nos employés et que nos horaires étaient flexibles. Les heures supplémentaires étaient habituellement les bienvenues et il était rare que quiconque s'en plaigne.

-Tu as l'air d'un mec avec un rendez-vous ce soir, toi.

J'eus un petit sourire moqueur qui se ternit rapidement quand mon regard rencontra l'écran de l'ordinateur de Peach. Juste de voir luire ce stupide écran m'avait ramené à ce qui minait mon moral.

-Pour ce qui est de ma mère...je t'ai déjà parlé d'elle; souviens-toi...

Je laissai mon pouvoir convaincre l'esprit de Raphael de relâcher les souvenirs effacés. J'avais fait plusieurs tests par le passé et j'avais découvert que je pouvais raviver la mémoire que j'avais altérée sans le moindre problème. Cette particularité de mon pouvoir m'était très utile avec Raphael. Je l'avais découverte avec Peach en effaçant par erreur toute une journée importante de sa mémoire et en arrivant, dans ma détresse, à trouver les bons mots pour ramener le souvenir. J'avais donc compris que les moments ne disparaissaient pas vraiment de l'esprit des victimes de mon pouvoir, ils devenaient simplement imperceptibles. Il y avait quelque chose d'incroyablement rassurant pour moi dans cette découverte.

-J'ai vu un article sur elle sur le net...Il parait qu'elle est en peine d'amour.

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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Jeu 23 Oct - 10:21

Depuis que je m'étais fais trahir par un démon à qui j'avais osé faire confiance, je m'étais moi-même lancé dans une petite guérilla contre ces créatures. Je voulais me venger, à n'importe quel prix. Je ne visais pas le génocide, bien que je croyais que ce serait une bonne chose que le monde soit débarrassé de ces déchets, je voulais seulement satisfaire ma soif de vengeance. Je ne savais pas combien de démons je devrais tuer pour atteindre mon but, pour que je sois satisfait de mes meurtres, mais je n'étais pas pressé. J'avais l'éternité devant moi et, de toute façon, après vérification, je préférais de loin prendre mon temps pour les éliminer. Les moyens rapides de les tuer ne réussissaient pas à combler ce que je recherchais. Certains de mes anciens collègues disaient qu'il n'y avait rien d'angélique dans le fait de tuer des démons sans raisons particulières et sans situation de danger, je m'en moquais bien. Ce que je faisais n'était que le retour du balancier. Si un démon m'avait fait croire qu'il était différent des autres alors qu'en fait, il était exactement comme tous les autres, me privant ainsi de toute ma vie, je considérais que j'avais le droit légitime de vouloir faire payer n'importe quel démon pour ce que celui-ci m'avait fait.

Par contre, depuis un certain soir dans un bar, j'avais dû revoir ma technique de destruction, puisque ma cible préférée, Matt Fowl, m'avait mis en garde de ne plus tenter de lui nuire et de ne plus l'approcher de quelque façon que ce soit, ni lui ni ses proches, sinon j'allais être en danger de mort. Ou quelque chose dans le genre, je n'avais pas retenu ses menaces exactes, mais je m'étais rappelé que je n'avais plus le droit de le torturer. Comme je tenais à ma vie, j'avais décidé de le laisser tranquille, même si ce n'était vraiment pas de gaieté de cœur que je l'avais fait. Ce faisant, il fallait que je trouve une autre cible parfaite. Le fait que les démons retournaient fréquemment en enfer rendait les choses plus difficiles pour les cerner et comprendre leurs habitudes. J'avais passé la nuit à traquer un individu que je croyais démoniaque. Avec mes pouvoirs un peu détraqués, c'était plus difficile à dire. Je savais que celui que j'avais suivi toute la nuit était magique, puisque je décelais sa magie, mais j'avais eu de la difficulté à bien voir ce qu'il était. Et puis, bref, quand j'avais fini par pouvoir confirmer sa nature, il était reparti en enfer et il était temps pour moi que j'aille travailler. La journée au bureau était donc longue et pénible...


-C'est ma mère.

Sa mère, cette perle. La graaaaaande Gabrielle Englebert, la graaaaande déesse romaine Venus. Il m'en avait parlé fréquemment, renforçant un peu plus chaque fois mon amertume envers elle. Je ne lui avais jamais parlé ni même rencontré ou croisé en vrai, je me faisais mon opinion à partir de ce que Christian m'avait raconté et elle ne m'inspirait rien de beau, outre son physique. Je ne comprenais pas pourquoi elle lui tenait toujours rigueur de l'accident que Christian avait eu avec une de ses propres flèches, il y avait des milliers d'années. Les accidents arrivaient à tout le monde, tout le temps, et les liens du sang devaient être plus puissants que tout le reste, à mes yeux. La famille devait être un pilier fondamental dans la vie de chaque personne. Mettre ainsi son enfant de côté pour une bagatelle était pour moi complètement ridicule, répugnant et égoïste. Mais bon, dans l'immédiat, outre me souvenir de cette amertume envers elle, je ne savais pas ce que j'avais le droit de me rappeler à son sujet... J'étais dans une situation délicate...

-Tu as l'air d'un mec avec un rendez-vous ce soir, toi.

-Non, vraiment pas... Je suis juste plus particulièrement fatigué, aujourd'hui...


Je fis un sourire crispé qui se rapprochait plus de la grimace que ce que j'aurais voulu.

-Pour ce qui est de ma mère...je t'ai déjà parlé d'elle, souviens-toi...

Je sentis qu'il utilisait son pouvoir et je compris que ce devais être pour libérer des souvenirs de ma mémoire. Du moins, c'est ce qu'il croyait faire, puisqu'il ne savait pas que je me souvenais d'exactement tout de nos conversations. Je savais qu'il avait fait des tests sur d'autres employés pour développer cette technique avec son pouvoir, donc, vu la situation, ce devait être ce qu'il faisait et que je ressentais. Mais comme je n'étais pas certain de ce qu'il voulait que je me rappelle exactement, je restai prudent.

-Oui, je me souviens...

-J'ai vu un article sur elle sur le net... Il parait qu'elle est en peine d'amour.


Les amours de sa mère ne m'intéressait aucunement. Je ne comprenais pas pourquoi il s'y intéressait lui-même. Je ne comprenais donc vraiment pas pourquoi cela semblait l'affecter autant, d'ailleurs.

-Ok...et...? Qu'est-ce que ça fait?

Je me rendis compte que j’étais plutôt bête et désagréable dans le moment. Ce n'était pas de la faute à Christian si j'étais fatigué - malheureusement - il n'avait donc pas à subir mon humeur. Je devais me calmer et changer d'attitude.

-Excuse-moi... Désolé... La fatigue me rend plus...raide? Donc, racontes-moi ce qui s'est passé exactement et pourquoi cela t'affecte?

Je lui fis un sourire en m'assoyant sur le coin du bureau.
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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Jeu 13 Nov - 19:00

Je détestais ce besoin que j'avais que Psyché m'aime. Chacune de ses attentions m'horripilait et ses mots d'amour me révoltaient. Si elle prenait ma main, j'avais aussitôt envie de lui broyer les doigts. Ses baisers me paraissaient plus désagréables que poser les lèvres sur de la lave en fusion. La brûlure était certainement encore plus douloureuse. J'en voulais à Psyché parce que j'étais incapable de l'aimer. Je la considérais responsable de ce qui, au fond, relevait principalement de moi. Mon épouse avait toujours été une femme irréprochable, en dehors de cette erreur de jugement, il y avait des siècles, quand elle avait trahi ma confiance en découvrant mon visage et mon identité. Elle avait de nombreux défauts et je me plaisais à les remarquer à la moindre occasion, mais ma haine envers elle ne serait jamais aussi bien justifiée que par sa beauté.

Psyché était esthétiquement parfaite. Elle possédait des traits symétriques et bien proportionnés. Son corps correspondait aux canons de beauté actuels. Elle était mince, légèrement musclée, avec des courbes idéales. Sans être spéciale, aujourd'hui, elle restait magnifique. Son charisme était flagrant. Elle n'avait qu'à sourire pour être adorée des humains normaux. Je n'éprouvais pas de haine envers cette beauté physique qui faisait partie d'elle. C'était la pureté de son âme qui me transperçait d'horreur. Rien n'était de travers chez elle. Ses défauts, même s'ils me hérissaient tous, n'étaient ni honteux ni dégoûtants. Psyché manquait de logique et d'intelligence. Elle restait tout de même une personne qui essayait de faire le bien autour d'elle et de rendre les autres heureux. Je la détestais parce que je n'arrivais pas à aimer cette femme pour laquelle n'importe quel homme normal aurait été prêt à tout. Je lui en voulais pour l'affront quotidien qu'elle me faisait de ne susciter en moi que regrets et culpabilité.

Si Psyché avait été toute débordante de laideur, je me serais plus facilement remis de notre passage à travers la brèche. J'aurais eu raison d'avoir arrêté de l'aimer, plutôt qu'être convaincu, désormais, que l'amour n'existait pas réellement en ce monde. Si j'arrivais à détester à ce point une personne comme Psyché, laquelle ne demandait que mon amour, c'était que ce dernier ne pouvait exister. Aucunement.


-Non, vraiment pas... Je suis juste plus particulièrement fatigué, aujourd'hui...

J'étais satisfait que Raphael n'ait pas de rendez-vous de prévu. J'avais besoin de compagnie dans ma tour d'amertume, ce soir. J'étais cependant assez étonné de l'entendre évoquer sa fatigue, lui qui paraissait habituellement presque indestructible.

-Et qu'est-ce qui peut épuiser une personne comme toi? Éclaire-moi.

J'avais parlé avec une pointe d'humour, mais je restais de mauvaise humeur à cause de cette journée passée sur le thème de la mère la moins aimante au monde.

-Oui, je me souviens...

Je savais qu'après tout ce temps, il aurait été normal que j'aie des amis, que ce soit parmi les dieux ou même parmi les humains, mais je ne m'étais profondément lié à personne. Je sortais avec Samson Lackey pour me moquer des filles faciles, mais je le craignais trop pour qu'il soit un réel ami, même s'il était la personne qui en savait le plus sur moi, avec Raphael. Mon employé étoile ne gardait pas activement en mémoire tout ce que je lui disais mais, si cela avait été le cas, il en aurait plus su que quiconque à mon sujet. Je ne lui mentais jamais. Pouvoir tout effacer ce que je lui confiais de compromettant s'avérait extrêmement pratique mais, parfois, j'avais envie d'oublier de gommer sa mémoire. Je me raisonnais toujours assez rapidement: mon envie de partager mes vrais sentiments avec une personne se devait d'être comblée par les moments que seule ma mémoire conservait. Il ne fallait pas que je prenne de trop grands risques. Ce que je racontais à Raphael pouvait me faire perdre tout ce que j'avais et tout ce que j'étais aux yeux des autres dieux ainsi que de toute la ville de New York.

-Ok...et...? Qu'est-ce que ça fait?

Je n'avais pas l'habitude d'être susceptible - c'était plutôt la spécialité de ma mère.  Néanmoins, je sentis comme une lame glaciale s'enfoncer dans ma poitrine à la réplique sèche de Raphael.

-Rien, laisse tomber.

Les autres dieux ne m'avaient jamais pris au sérieux et je les avais toujours laissés faire. J'étais le premier à souligner comment mes pouvoirs étaient lamentables. Certes, je le faisais en partie pour me protéger, parce que je ne voulais pas qu'on découvre mon potentiel guerrier mais, en même temps, j'aurais pu laisser les commentaires désobligeants des autres dieux me blesser, surtout quand ils soulignaient l'inutilité de cette magie que je savais moi-même limitée, à l'époque où elle reposait sur un arc et des flèches. J'avais l'habitude de ne revêtir qu'une valeur limitée pour quiconque n'était pas cette plaie de Psyché. J'étais donc moi-même un peu surpris de la violence de ma réaction au visible désintérêt de mon seul ami.

-Excuse-moi... Désolé... La fatigue me rend plus...raide? Donc, racontes-moi ce qui s'est passé exactement et pourquoi cela t'affecte?

Je le regardai s'installer sur le coin de mon bureau, retirant doucement l'invisible couteau gelé fiché dans ma poitrine, incertain de mon envie de lui expliquer. Je soupirai. J'avais trop besoin de parler et, même si ce que j'avais à dire n'intéressait visiblement pas Raphael, je lui étais reconnaissant de son effort pour faire semblant.

-J'ai vu un article sur un site...J'ai cliqué...et je me suis retrouvé comme aspiré à faire des recherches sur elle, sur sa vie. Je m'étais promis que j'arrêterais de le faire, depuis la mort du maire, mais je me suis encore laissé emporter.

Mal à l'aise, je me levai et commençai à remettre quelques dossiers en ordre, un peu distraitement. J'avais du mal à faire complètement face à Raphael dans les situations de ce genre, et me retrouver assis près de lui, dans un angle parfait pour que ses grands yeux me scrutent et reflètent à quel point j'étais pathétique, m'était insupportable.

-C'est que j'aimerais être ravi que son petit ami ne veuille plus d'elle et qu'elle se retrouve toute seule au milieu de débiles qui ne veulent que la sauter, comme elle le mérite...sauf que je n'y arrive pas.

Je glissai un bref coup d'oeil vers Raphael à la fin de cette phrase. Je me savais injuste de déverser ce que je ressentais sur lui, mais il ne semblait pas pressé de me fuir, encore ce soir.

-Si j'ai passé des heures à chercher des articles sur elle, c'était pour m'assurer qu'elle va bien...

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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Mar 2 Déc - 23:31

J'avais de la difficulté à faire confiance aux autres. C'était sans aucun doute causé par mon passé. J'avais fait confiance à quelqu'un, puis je lui avais fait une place importante dans mon cœur et dans ma vie, au point de vouloir tout risquer pour cette personne. J'étais tombé amoureux de ce démon qui m'avait juré être différent des autres. Je me voyais révolutionner les relations entre les anges et les démons, puisque j'avais la crédibilité nécessaire pour faire changer les choses, créant une nouvelle ère, avec celui qui me faisait perdre la tête à mon bras. Je me croyais capable de tout, tant que nous étions ensemble. Puis, ladite personne m'avais planté un coup de couteau dans le dos, trahissant ma confiance, ignorant ses promesses, faisant en sorte que tous tournent le dos à l'archange que j'étais et ainsi faire en sorte que je perde tout ce que j'avais. J'avais perdu ceux que je considérais comme une famille, mes amis, un poste que j'adorais, des responsabilités, une réputation, des projets, mes ailes, une bonne partie de mes pouvoirs, une partie de mon cœur et beaucoup d'amour-propre, envoyant sur Terre un ange déchu et brisé. Depuis, je n'avais pas permis à quelqu'un de se rapprocher sérieusement de moi, trop meurtri de toute cette histoire. Ce n'est pas que je ne croyais plus en l'amour, bien au contraire, je savais que l'amour existait et que, quand il était partagé, il était plus fort que tout. Je savais que ce que j'avais ressenti pour ce traître de démon était réel et sérieux. Je connaissais les avantages d'un cœur amoureux, d'une vie à deux, d'un couple. Seulement, je ne croyais plus en personne. C'était les êtres vivants qui me faisait douter, les démons en particulier. Je ne croyais plus que les gens pouvaient être sincères, qu'ils puissent s'intéresser réellement à moi, et ce, sans aucune arrière pensée ou sans but machiavélique précis. Je ne pouvais plus faire confiance à quiconque et je ne m'investissais plus réellement avec une autre personne. Les conquête se succédaient, les conversations banales affluaient, mais je n'étais plus profond avec quelqu'un.

Du moins, c'était avant Christian et Peach.

Ce couple, à première vue, m'avait redonné foi en l'espèce vivante. Ils étaient si présents l'un pour l'autre, si dévoués, si attentifs aux besoins et aux désirs de l'autre, que j'y avais vu une certaine pureté. Ils étaient beaux à voir ensemble. Et séparément aussi! En effet, Peach avait tout de suite plu à mes yeux. Et Christian me donnait chaud quand il me regardait dans les yeux. J'avais voulu me rapprocher, en découvrir plus, me faire raconter tous leurs secrets. Pour comprendre et apprendre. Si Peach se montrait aveugle à mes avances et à mes compliments, Christian, lui, s'était rapidement montré ouvert à ma camaraderie et à mon amitié. Je pouvais donc en apprendre beaucoup sur ce couple chéri du public et d'une perfection inégalée vu de l'extérieur. Christian se confiait, en pensant que j'oubliais tout quand il utilisait son pouvoir sur moi. Et moi, de mon côté, je m'attachais de plus en plus à lui.


-Et qu'est-ce qui peut épuiser une personne comme toi? Éclaire-moi.
-Une nuit blanche en épuise plus d'un... Et non, avant que tu t'imagines quoi que ce soit, je n'étais pas accompagné dans mon insomnie...


Je lui fis un clin d'oeil, espérant que le sujet serait clos. Je n'avais pas envie de lui mentir davantage, mais je ne pouvais pas tout lui raconter non plus.

-Rien, laisse tomber.

Je sentis la déception et la peine de mon ami. C'est vrai que j'avais été dur, il ne méritait pas ma mauvaise humeur. Il se confiait à moi, et moi, je le repoussais bêtement. Je m'en voulus immédiatement. Et j'aurais voulu tout effacer et pouvoir recommencer.

-J'ai vu un article sur un site... J'ai cliqué... et je me suis retrouvé comme aspiré à faire des recherches sur elle, sur sa vie. Je m'étais promis que j'arrêterais de le faire, depuis la mort du maire, mais je me suis encore laissé emporter.
-Foutu Internet...


Cette toile était épatante, mais dangereuse. Mon ami en était une victime, encore une fois. J'étais désolé pour lui, qu'il continue de se faire du mal avec cette pimbêche, mais je pouvais très bien comprendre. Loin de le trouver pathétique, je me voyais en lui et j'aurais aimé l'aider au mieux.

-C'est que j'aimerais être ravi que son petit ami ne veuille plus d'elle et qu'elle se retrouve tpue seule au milieu de débiles qui ne veulent que la sauter, comme elle le mérite... sauf que je n'y arrive pas.

J'y arrivais très bien moi!

-Si j'ai passé des heures à chercher des articles sur elle, c'était pour m'assurer qu'elle va bien...

Tant de douleur dans ces yeux et dans cet être et si peu qu'il méritait vraiment. Mais je ne pouvais pas lui dire. Ça ne l'aiderait pas. Et là, tout de suite, maintenant, je voulais seulement l'aider, faire en sorte qu'il se sente mieux. Je lui fis un sourire doux et sincère.

-C'est normal Chris... Malgré tout, elle reste ta mère. Vous avez ce lien à vie, quoi qu'elle en dise. Et, comme toi tu as un coeur, tu es sensible, tu ne veux que son bien, c'est donc un réflexe normal.

Il se faisait du mal pour rien avec Vénus ou Gabrielle ou peu importe son nom... Elle ne méritait pas qu'il pense à elle, qu'il veuille l'aider, qu'il s'en fasse pour elle... Si c'était lui à sa place, elle ne s'en soucierait même pas. Elle se dirait même sûrement que c'était bien bon pour lui, fils ô combien indigne et ignoble... Mais bon, je ne pouvais quand même pas lui dire ça... Par contre, normaliser ses comportements et ses émotions allait peut-être l'aider...

-Tu te dis que tu dois être là pour elle, pour prendre soin d'elle parce que c'est ta mère et qu'elle n'a plus personne d'autre. Je peux comprendre.

Quand Christian passa à ma hauteur, je lui caressai le bras doucement, voulant lui montrer toute mon affection et mon soutien.

-Avec ces infos et ces articles, qu'est-ce que tu vas faire maintenant?
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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Ven 9 Jan - 14:14

Vénus avait trouvé sa place en ce monde avec une facilité qui me déroutait. Elle représentait mieux que jamais la féminité et la beauté. Si désormais les gens ne la vénéraient pas concrètement, ils ne pouvaient se retenir de s'incliner inconsciemment devant elle, principalement les femmes. Ma mère possédait certainement encore son don magique pour asservir les hommes, mais elle n'avait besoin d'aucune aide surnaturelle pour planer au-dessus des autres femmes. Celles-ci se plaisaient aujourd'hui à l'admirer et à tenter de l'imiter. C'était justement sur ce dernier point que s'était construite la réputation de Gabrielle Englebert: les humaines achetaient ses produits pour être comme elles, le sachant ou non. Il y en avait bien pour la critiquer, parce que les femmes étaient toujours leurs propres ennemies, et pour juger son empire basé sur le culte de la beauté, mais il restait que sa couronne de reine de la magnificence restait vissée sur sa tête. J'étais convaincu que personne ne parviendrait à la lui enlever, sauf elle-même bien sûr. Ma mère ne se voyait jamais retirer quelque chose sans son consentement; il me semblait qu'elle contrôlait tout ce qui entrait et sortait de sa vie et cette force qui me faisait défaut me rendait extrêmement envieux.

J'aurais voulu ressembler à ma mère. Aux yeux de tous les aveugles convaincus que j'étais le fils de Vulcain, je tenais beaucoup plus de ma mère. Puisqu'il fallait choisir entre les deux, on m'écartait facilement de ce dieu que les années avaient rendu difficile d'approche, car il était vrai que, tout comme Vénus, j'allais vers les gens et je me montrais sous mon meilleur jour. Nous représentions l'amour, chacun à notre façon. Nous partagions secrètement plusieurs défauts et nous arrivions tous deux à les cacher à la face du monde. Néanmoins, je me savais très différent d'elle sur tellement de points qu'il m'était difficile de cibler les principaux. J'étais très certainement plus similaire à mon vrai père, Mars. Je n'avais pas eu l'occasion de le connaître de proche, mais je me retrouvais dans ce que je savais de lui, encore plus depuis que nous avions passé la brèche. Mars était un égoïste apparemment incapable d'aimer réellement. Il était difficile à cerner et volage. Plus que tout, j'avais compris qu'il était obsédé par son image, tout comme Vénus et moi. Voilà le fil qui liait toute notre famille secrète: le besoin de monter de toutes pièces une force que nous ne possédions pas totalement. Mars voulait être le chef de guerre inébranlable, mais il ne pouvait être que cette statue de marbre aux yeux constamment fermés à la douleur ou la tristesse. Vénus arrivait à faire croire à presque tout le monde qu'elle était la déesse la plus forte et confiante que l'univers ait connu, mais j'avais vu, au fil des années, sa peur d'être remplacée ou oubliée. Et moi...je me terrais derrière les sourires niais et les tendres baisers à Psyché alors que plus rien ne subsistait en moi que la désolation et le dépaysement. J'aurais tout donné pour revenir à cette époque bénie où je me croyais amoureux.

Lorsque ma mère s'était isolée du monde pendant des mois, j'avais été très curieux d'en apprendre les raisons. J'avais été mis au courant de sa rupture avec le maire et je m'étais inquiété, car je savais Loki au bord de la folie. J'avais donc engagé un type pour suivre Vénus, de loin, subtilement. Cet homme avait pour tâche de m'avertir si quelque chose de louche se produisait. J'avais mis fin à notre contrat quand ma mère s'était fait un nouveau petit ami et que Loki avait paru calmé. Je l'avais amèrement regretté lorsque Gabrielle Englebert s'était retrouvée parmi les condamnés de l'exécution publique de Laufey. J'avais donc réengagé mon espion suite à ces évènements troublants. Dès que ma mère recevait une visite anormale ou se rendait dans un lieu qu'elle n'avait pas l'habitude de fréquenter, je recevais un texto. Ce lien secret avec elle me sécurisait. Il m'avait permis de décrocher un peu de son cas et de cesser de lire ses moindres mésaventures sur les sites de potins sur les stars...jusqu'à aujourd'hui, par accident. Mon espion me permettait de connaître les dangers que pouvait courir ma mère, mais pas ce qui se tramait dans sa vie ou ce qui se passait dans sa tête.


-Une nuit blanche en épuise plus d'un... Et non, avant que tu t'imagines quoi que ce soit, je n'étais pas accompagné dans mon insomnie...

Tant qu'il n'était pas accompagné de Peach, il pouvait bien se taper la ville entière que cela ne me regarderait pas... Seulement, je ne pouvais m'empêcher d'être curieux sur la vie amoureuse de mon employé. Raphael me semblait assez solitaire. Il m'avait fait comprendre, lors de nos discussions dont j'étais le seul à me souvenir, qu'il préférait avancer tout seul parce que l'amour lui avait fait du mal... Toutefois, il me semblait que si une femme comme Peach l'avait aimé, il aurait pu finir par voir les choses autrement. Juste à la façon qu'il avait de m'écouter et de toujours trouver les bons mots, je savais qu'une partie de lui recherchait encore la complicité et l'affection. Si j'avais eu un grand coeur, j'aurais songé à hypnotiser Peach pour qu'elle tombe amoureuse de lui et ils auraient pu être heureux ensemble, mais je n'étais qu'un égoïste dont l'âme noircie se régalait de détester mon épouse chaque jour.

-C'est normal Chris... Malgré tout, elle reste ta mère. Vous avez ce lien à vie, quoi qu'elle en dise. Et, comme toi tu as un coeur, tu es sensible, tu ne veux que son bien, c'est donc un réflexe normal.

J'avais baissé les yeux sur un dossier fermé que je fixais résolument. Même en sachant que j'allais tout effacer à la fin de la discussion, je me sentais incapable d'affronter totalement mon confident. J'avais l'impression qu'il m'abreuvait de mensonges pour m'engourdir. Je ne me retrouvais pas dans cette description qu'il venait de faire de moi. Je n'étais ni sensible ni doté d'un coeur remarquable. Je connaissais mes défauts depuis le temps...

-Tu te dis que tu dois être là pour elle, pour prendre soin d'elle parce que c'est ta mère et qu'elle n'a plus personne d'autre. Je peux comprendre.

-Je serais la dernière personne sur terre qu'elle choisirait de mourir dans d'atroces souffrances plutôt que se tourner vers moi pour l'aider...

J'avais parlé d'un ton neutre, malgré mon évidente amertume. Je ne savais pas comment mettre en mots ce besoin que j'avais que ma mère cesse de me détester, mais je ne pouvais pas aspirer à lui apporter quoi que ce soit de bon, car elle ne me laisserait jamais faire.

Je ne me sentais pas comme un dieu de plusieurs siècles dont tout le monde connaissait le nom et les pouvoirs, ce soir. J'avais l'impression d'être même inférieur à un humain ordinaire. J'étais une loque, un lambeau...une pathétique créature qui devait se reposer sur un pouvoir magique pour qu'on l'aime un peu. Je ne pus néanmoins m'empêcher de ressentir un léger réconfort lorsque Raphael toucha mon bras en signe de soutien. Même si sa gentillesse allait être effacée dans quelques minutes, à cet instant précis, elle existait. Et c'était plus que ce que quiconque m'offrait, en dehors de Psyché.


-Avec ces infos et ces articles, qu'est-ce que tu vas faire maintenant?

-La même chose que d'habitude: essayer vainement de les effacer de ma mémoire.

Je tentai un sourire. Mieux valait tourner tout ce drame dont j'étais l'auteur en un peu d'humour.

-J'avais juste besoin d'en parler...Il n'y a pas grand chose à faire. Merci de toujours m'écouter; j'ose espérer que tu ne le fais pas dans le seul but d'obtenir un bonus.

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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Jeu 19 Mar - 0:07

Certains métiers étaient dangereux. Ils nécessitaient que ceux qui les pratiquait devait prendre des risques ou mettre leur vie en danger, à différents niveaux. Les policiers et les pompiers étaient ceux qui nous venait le plus rapidement en tête et c'était normal. Les situations auxquelles ils faisaient face étaient plus facilement identifiables comme étant dangereuses : une explosion, un immeuble en feu, un vol à main armée, une poursuite en voiture, une prise d'otage... C'était clair que les risques que les choses dégénèrent ou que cela se termine mal étaient plus grands. Les policiers et les pompiers étaient formés pour savoir comment réagir et quoi faire pour contrôler les choses, mais, malgré leur formation, le danger restait bel et bien présent. De même, certains métiers étaient dangereux, même si les risques étaient moins grands ou moins visibles. Un chauffeur de taxi risquait sa vie. Un accident était si vite arrivé et il passait ses journées sur la route. Il pouvait également laisser monter à bord de son taxi quelqu'un d'armé et de dangereux qui pourrait l'attaquer. Les risques étaient présents. Certains intervenants et infirmiers risquaient aussi leur vie en travaillant dans le domaine spécialisé de la santé mentale. Les cas auxquels ces travailleurs faisaient face présentaient souvent une agressivité et une imprévisibilité qui rendaient leurs épisodes de désorganisation particulièrement éprouvants. Les objets qu'ils pouvaient se faire lancer, les coups qu'ils pouvaient recevoir et les insultes qu'ils se faisaient balancer pouvaient devenir dangereux. Si une intervenante se faisait frapper à répétitions sur la tête ou dans le ventre, elle pouvait facilement perdre conscience et rendre ainsi toute l'aile dangereuse puisque sans surveillance. Dans le même ordre d'idée, si un patient en crise lançait des objets tranchants comme un couteau ou de la vitre, ou un objet très lourd comme un banc en bois ou une télévision, il pouvait se blesser et en blesser d'autres par le fait même. Et, comme les crises étaient imprévisibles, les gens qui travaillaient dans ce domaine étaient en constant danger.

Mais pas moi. J'étais bien en sécurité, entre les murs d'un établissement réputé, caché derrière mon bureau. Mon travail, bien qu'exigeant et demandant beaucoup de mon temps, ne mettait pas ma vie en danger. Ce qui était un plus sur la liste des raisons de rester assistant de Peach chez l'Agence Reaver. Le fait que j'adorais ce que je faisais était au sommet de cette liste, d'ailleurs. Et mes patrons en or venaient en seconde position.

J'adorais définitivement ce que je faisais ici. Je me sentais vraiment utile, tant pour l'agence en tant que telle, mais aussi pour mes employeurs et pour les clients de la boîte. Je sentais que je faisais vraiment une différence dans la vie de plusieurs personnes et cela me remplissait de joie. De plus, je me sentais apprécié dans ce que je faisais et je me sentais à ma place. J'étais vraiment heureux de travailler pour les Reaver. J'aimais le lien de confiance intense que nous avions. Je savais que je pourrais tout leur dire sans honte et c'était important pour moi. Je me sentais à l'aise et j'aimais ce que je développais avec chacun d'eux.


-Je serais la dernière personne sur Terre qu'elle choisirait de mourir dans d'atroces souffrances plutôt que se tourner vers moi pour l'aider...

-Les liens du sang ne s'effacent pas et ne s'oublient jamais... Même la plus sans-cœur et égoïste des mères finirait la entendre raison en situation de crise, j'en suis sur...


Ma main sur son bras se voulait rassurante et pleine de compréhension. Je voulais le consoler, le réconforter, lui faire comprendre que le problème dans cette situation précise, c'était sa mère, pas lui...

-La même chose que d'habitude : essayer vainement de les effacer de ma mémoire.

Le sourire que je vis sur le visage de Christian était faux et me brisa le cœur. Ce dernier se rompit si sèchement que j'eus peur que Chris puisse l'entendre se fendre. J'aurais voulu lui enlever sa peine et faire apparaître un vrai sourire sur son visage... Le bonheur de mon ami était important pour moi.

-J'avais juste besoin d'en parler... Il n'y a pas grand chose à faire. Merci de toujours m'écouter ; j'ose espérer que tu ne le fais pas dans le seul but d'obtenir un bonus.

Je savais que ce ton et ce genre d'humour annonçaient un retour à la normale. On allait finir de parler de sa mère, se lancer quelques petites phrases creuses de sens, puis il effacerait ma mémoire. Je ne savais jamais si j'étais satisfait de la façon de clore ce sujet. Je savais que c'était sensible, mais quand même...

-C'est rien voyons ! Un ami, c'est là pour ça ! Ne te gènes surtout pas, s'il y a quoi que ce soit...

Je lui serrai l'épaule et lui fis un clin d'œil, puis je me relevai et allai finir de classer la pile de papiers que j'avais laissé juste à côté.

-Et, je ne le fais pas pour un bonus... De toute façon, même si je le faisais, je sais que tu ne m'en donnerais pas un, parce que je sais que tu es coincé. Peach, elle, est plus facile...

Je me trouvais très drôle avec mes sous-entendus. J'espérais amuser mon copain un minimum...
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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Dim 29 Mar - 18:45

Ce qui me dérangeait le plus dans comment ma mère semblait gérer sa vie avec une volonté de fer était que cela représentait la confirmation qu'elle me tenait à distance par choix. Elle ne voulait pas de moi dans sa vie. Je savais que j'avais commis des erreurs, mais tout le monde en commettait. Je ne trouvais pas que me piquer avec une flèche magique, par accident, faisait de moi un monstre. Je n'avais pas pu lutter contre mon amour pour Psyché et, pour cela, ma mère m'avait rejeté. Son amour pour moi n'avait pas été assez fort pour la pousser à essayer de comprendre. Cela voulait donc dire qu'elle ne m'aimait déjà pas beaucoup avant cet incident.

Je savais que ne pas être le fils de Vulcain avait toujours joué en ma défaveur. Avant même de naître, j'étais un mensonge, une bombe à retardement. Puis, j'avais été la preuve vivante que Vénus n'était pas parfaite et qu'elle était capable de faiblesse, une preuve que même son mari ne voyait pas, ce qui me rendait encore plus odieux, j'en étais convaincu. Peut-être que si je n'avais pas existé, si Mars n'avait pas mis ma mère enceinte, le mariage de Vulcain et Vénus aurait eu une chance. Après son infidélité, la déesse de l'amour aurait pu revenir dans le droit chemin et travailler sur son mariage, avec son époux. Mais comment réparer quand une cassure se promène partout avec ses petits ailes à plumettes? Plus le temps passait, plus j'étais persuadé d'être en partie responsable de la séparation douloureuse de Vulcain et Vénus. À mes yeux, cela expliquait pourquoi ma mère ne m'avait jamais pardonné ma maladresse avec ma flèche et tout ce qui avait suivi: je n'avais jamais vraiment été une source de bonheur pour elle.

Je n'avais pas hérité du courage de Mars. Je ne me voyais pas aller faire la guerre, conquérir et combattre... Je ne savais pas si je devais blâmer en moi une certaine lâcheté ou s'il s'agissait plutôt du fait que je n'avais rien trouvé qui vaille la peine que je risque ma vie. Je n'avais jamais eu l'occasion de vérifier si j'étais capable de sacrifice. Il était facile de se dire capable de tout pour aider ou de dire que sa propre sécurité passait avant le reste mais, une fois un moment crucial venu, il arrivait souvent qu'on agisse instinctivement plutôt que de manière réfléchie. Gelé à l'amour magique pour Psyché et confortablement installé dans mon rôle de dieu de l'amour, je n'avais jamais eu l'occasion de vérifier de quoi j'étais capable. C'était une autre chose que je détestais de ma nouvelle vie sur terre: elle était prometteuse en risques de faire des erreurs que je ne me pardonnerais jamais.

Heureusement, pour la plupart des petites erreurs, mon pouvoir d'hypnose me permettait de m'en sortir. Si je disais quelque chose de travers, je pouvais l'effacer aussitôt de la mémoire de mon interlocuteur. Je ne faisais tout de même pas ce genre de bêtises continuellement, mais j'aimais savoir que j'étais à l'abri.


-Les liens du sang ne s'effacent pas et ne s'oublient jamais... Même la plus sans-cœur et égoïste des mères finirait la entendre raison en situation de crise, j'en suis sur...

Je souris faiblement pour que Raphael ait l'impression de m'avoir fait du bien, même si ce n'était pas le cas avec cette réplique. Je n'avais pas besoin de me faire dire que tout irait bien un jour. Je ne voulais pas me bercer d'espoirs sans fondements. Néanmoins, je savais que Raphael faisait de son mieux pour se montrer gentil envers moi et cette grandeur d'âme me touchait beaucoup, suffisamment pour que je garde mon ressentiment pour moi.

-C'est rien voyons ! Un ami, c'est là pour ça ! Ne te gènes surtout pas, s'il y a quoi que ce soit...

Raphael était toujours gentil avec moi. C'était à la fois agréable et extrêmement culpabilisant, compte tenu que je lui effaçais régulièrement la mémoire à mes propres fins. Sa main quitta mon épaule alors qu'il retournait à son travail en me laissant la tâche d'initier l'effacement de mémoire de ce soir. Il était hors de question que je le laisse se souvenir des faiblesses évidentes que je lui avais rappelées et précisées ce soir. Au début, je gommais ses souvenirs surtout parce que je n'avais aucunement foi en lui, mais j'avais de plus en plus confiance en lui avec le temps. Je doutais qu'il n'utilise un jour mes confidences contre moi, désormais. Toutefois, je savais que j'aurais du mal à regarder en face une personne qui savait à quel point je ne m'adaptais pas à ce monde et comment je n'arrivais pas à surmonter l'absence d'amour dans ma vie, que ce soit de la part de ma mère envers moi ou de la mienne envers Psyché. De la même manière que je me faisais croire que mon mariage valait la peine d'être sauvegardé, je me convainquais qu'il me fallait conserver cette admiration pour moi que je devinais chez Raphael et que j'étais certain de détruire un peu quand je lui avouais mes travers et mes faiblesses.

-Et, je ne le fais pas pour un bonus... De toute façon, même si je le faisais, je sais que tu ne m'en donnerais pas un, parce que je sais que tu es coincé. Peach, elle, est plus facile...

Volontaire provocation. Cette fois, mon sourire ne fut pas forcé. Même si ce genre de commentaires sur mon épouse m'énervait énormément, la blague était assez amusante et l'intention de détendre l'atmosphère était belle.

-Oui, j'ai pu remarquer. De proche.

Jouer la carte du mari privilégié me semblait la seule réponse adéquate. Je songeai à fermer ce que j'avais commencé pour repartir chez moi, car je ne me sentais jamais bien grand après avoir effacé la mémoire de Raphael, et l'avoir sous les yeux ravivait mon sentiment de culpabilité. Néanmoins, je décidai de rester un peu travailler, à la fois parce qu'il n'était pas faux que j'avais du boulot devant moi, parce que je n'avais pas envie de retourner dans mon appartement et, surtout, parce que peut-être que d'innocentes conversations que je n'aurais pas la nécessité d'effacer contriburaient à me remonter le moral.

-Raphael...

J'attendis d'avoir son regard et, une fois que je l'eus, je ne me laissai pas le temps de réfléchir.

-Tu vas ranger cette conversation bien loin dans ta mémoire, ainsi que les autres conversations dont tu t'es souvenu ce soir. Tu vas les oublier. Depuis que je suis sorti de mon bureau, nous avons travaillé et nous n'avons échangé que des banalités.

Je le fixai quelques secondes pour m'assurer qu'il réagissait normalement à mes ordres magiques. Puis, j'essayai de me plonger dans mes importants dossiers. Je me doutais qu'il ne faudrait pas trop de temps avant que Raphael ne fasse un commentaire intéressant ou amusant et le silence, bizarre seulement pour moi, le coupable de la place, se romprait enfin.

[Terminé.]

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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ] Lun 29 Juin - 23:50

J'aimais mes patrons actuels parce qu'ils étaient fiables et constants. On savait à quoi s'attendre avec eux, ce qu'ils disaient était toujours vrai, ils n'arrivaient pas en retard et ils prenaient leurs responsabilités. Il n'y avait donc pas de mauvaises surprises avec eux, contrairement à d'autres employeurs que j'avais eu dans le passé. En effet, j'avais déjà travaillé pour un couple qui avaient leur propre entreprise dont les bureaux se trouvaient à être adjacents à leur maison, comme une partie supplémentaire spécialement créée pour l'entreprise. Les employeurs en question avaient engagés un minimum d'employés pour ne pas avoir à travailler, mais ils demandaient à leurs employés de travailler douze heures d'affilée. Ils venaient souvent du côté de l'entreprise seulement à la fin de la journée pour s'assurer que tout avait bien été et que la fermeture se faisait normalement. Je ne pouvais pas fermer les dossiers et les bureaux tant qu'ils n'étaient pas venu pour me dire de partir. C'était une règle de l'entreprise, qui leur donnait bonne conscience, je pense. Parfois, ils ne venaient pas ou envoyait leur fille de 13 ans pour faire un bilan de fin de journée. Ces employeurs étaient également du genre à oublier des rendez-vous ou à ne pas faire des messages importants pour l'entreprise. Les employés devaient alors improviser et se débrouiller pour que tout ait l'air normal et sous contrôle devant les clients. Ils partaient également parfois des heures durant en laissant leurs enfants et leur chien seuls, dans leur maison, de l'autre côté. Nous devions alors garder une oreille alerte sur ce qui se passait afin de surveiller que tout se passe bien et que personne ne se blesse. Mais ce qui m'énervait le plus, quand je travaillais pour eux, était qu'ils me demandaient souvent de finir plus tard, mais ils m'en parlaient le jour même, souvent seulement quelques heures avant la fermeture. Ils venaient, par exemple, me demander de rester une heure ou deux de plus, à 17h, alors que je terminait normalement à 20h. Ils en mettaient épais sur la raison de leur absence, prétextant une conférence, une pratique de sport de leur enfant, un souper d'anniversaire, etc. Je ne pouvais alors pas refuser de rester et ils le savaient. Je serais alors le gros méchant qui les empêchait,eux et leurs enfants, de faire du sport ou d'avoir une vie sociale. De toute façon, j'avais déjà essayé de leur dire que je ne pouvais pas parce que j'avais quelque chose de prévu, ils me disaient alors qu'ils essaieraient de revenir à l'heure, mais revenaient finalement que très tard tout de même... Quand je faisais semblant d'avoir quelque chose, c'était agaçant, mais quand j'avais réellement un autre engagement et que des gens m'attendaient, c'était réellement désagréable. C'était comme si leurs employés leur appartenaient, qu'ils leur devait tout et qu'ils n'avaient pas de vie en dehors de travailler pour eux. Ces employeurs n'avaient aucune conscience et aucun respect pour les autres. Ils étaient égoïstes et ridicules. Je les détestais encore, même si je n'étais plus en contact avec eux.

Bref, je n'étais pas déçu de ne plus travailler pour eux et d'avoir trouvé des perles d'employeurs comme Peach et Christian. J'espérais pouvoir garder mon emploi longtemps, et pas seulement parce que j'aimais les regarder. J'étais vraiment bien au sein de cette entreprise et je croyais en son potentiel. Je voulais la voir grandir et évoluer, parce que nous étions comme une grande famille et tout ceci me tenait à cœur. C'était parce que je tenais à l'entreprise, mais surtout en ses propriétaires que je m'en faisais autant pour eux. Quand Chris n'allait pas bien, je me devais de avoir pourquoi, de l'écouter et de le conseiller au mieux de mes connaissances, parce que je me sentais comme si je les trahissais sinon.


-Oui, j'ai pu le remarquer. De proche.

-Arrête ça ou je vais avoir des images...


Je lui fis une grimace et retournai au travail, l'air vaguement jaloux. Les images, je ne savais pas si elles seraient plus claires concernant Christian ou Peach et, en ce moment, je ne voulais pas vraiment y penser... J'étais heureux de le revoir sourire et de l'entendre faire des blagues, mais je savais également que cela voulait dire qu'il m'effacerait la mémoire bientôt. Quand il ressortit de son bureau quelques temps plus tard, je savais que c'était l'heure. Je fis comme si je ne le remarquais pas jusqu'à ce qu'il ne dise mon nom.

-Raphael...

Je levai les yeux vers lui avec regret. Je ne pouvais pas l'éviter maintenant qu'il m'avait interpellé.

-Tu vas ranger cette conversation bien loin dans ta mémoire, ainsi que les autres conversations dont tu t'es souvenu ce soir. Tu vas les oublier. Depuis que je suis sorti de mon bureau, nous avons travaillé et nous n'avons échangé que des banalités.

Je sentais sa magie qui essayait vainement de me convaincre et je savais qu'il s'attendait à ce que je le regarde d'une certaine façon une fois ces paroles dites. Je ne le décevrais pas et je lui fit mes yeux de biche rencontrant une voiture pour la première fois sur l'autoroute et un sourire niais. Puis, je me concentrai de nouveau sur mes dossiers. Je me sentais un peu mal de lui mentir, mais je ne voulais ni le perdre lui ni perdre mon emploi, alors je devais faire ce qu'il fallait...

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MessageSujet: Re: Tourments et lassitude [TERMINÉ]

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Tourments et lassitude [TERMINÉ]

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