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We Aim To Please [Terminé]

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ORBIS NON SUFFICIT
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MessageSujet: We Aim To Please [Terminé] Mar 22 Juil - 21:43

Il y avait maintenant plus de deux mois qu'il n'avait pas revu Vénus. Bien sûr, son regard s'était posé sur des images, animés ou imprimées, de son visage à plusieurs reprises.  Il était difficile d'oublier une personne quand celle-ci était l'une des personnes les plus connues de la ville. Gabrielle Englebert était partout: magazines, télévision, écrans d'affichage... Vulcain en avait renié la télévision et les journaux. Il évitait même d'aller regarder les nouvelles sur Internet, de peur de tomber sur un article sur elle. Il limitait aussi ses sorties au minimum: travail, achats de première nécessité et...le Velvet Dream.

Alec Fleming n'avait pas trop été du genre à être vu dans les bars de cette catégorie auparavant. Avant sa relation avec Gabrielle, l'idée ne lui était même pas venue, car il se concentrait à séduire des femmes qui n'auraient eu aucune estime pour un homme prêt à payer pour se retrouver dans un tel lieu. Suite à sa rupture, il n'avait eu aucune envie de sortir. Il peinait déjà à simplement se rendre à son travail. D'ailleurs, il peinait à créer de nouveaux bijoux. Il n'avait aucune inspiration, aucune idée, aucune créativité...aucune âme.

Il avait entendu parler du Velvet Dream par l'un de ses employés. Celui-ci racontait à un autre comment ce bar différait des bars d'effeuillage habituels. Il avait même comparé l'endroit à un cabaret. Alec n'y avait porté qu'une attention modérée et avait presque oublié l'information une fois revenu chez lui. Ce soir-là, il avait décidé de regarder
Goldeneye, l'un de ses films de James Bond favoris. Depuis qu'il avait dû se séparer de Vénus, Vulcain se concentrait surtout sur James Bond pour éviter de sombrer dans la folie. L'espion imaginaire l'avait sauvé une fois et, maintenant, Alec le considérait comme un ami, puisqu'il n'en possédait pas de réel. Il regardait donc un film presque chaque soir, ou il lisait quelques chapitres d'un livre. Ce fut en voyant Bond dans le décor d'un bar-cabaret, dans une film qu'il avait choisi de regarder, qu'il se souvint du Velvet Dream.

L'idée mijota dans son cerveau plusieurs jours avant qu'il ne se décide à aller y faire un tour. Sa première sortie depuis sa rupture avec Vénus se passa étonnamment bien. Il ne s'amusa pas particulièrement et il ne se laissa pas vraiment aller, mais il parvint à se concentrer un peu sur autre chose que son ancienne épouse. Le décor était joli, l'ambiance était chaleureuse, les filles étaient jolies...

Il revint la semaine suivante, ayant revêtu une chemise blanche, un veston noir et un pantalon assorti. Il se sentait plus proche de James Bond quand il choisissait ce genre d'agencement. Il avait laissé tomber le noeud-papillon par souci de confort et, surtout, pour éviter de paraître trop guindé. Même dans son isolement, il portait une attention particulière à ce que les autres pensaient de lui.

Ce soir-là, c'était la huitième fois qu'il venait au Velvet Dream. Installé au bar avec son verre de vodka martini, il conservait cet air énigmatique et penseur qu'il avait affuté devant le miroir, à l'époque où il draguait les femmes dans le but de les démolir. En ce début du mois de mai, comme il commençait à faire plus doux, il avait laissé tomber son veston noir (un peu à contre-coeur) et ne portait qu'une chemise blanche à manches longues légèrement retroussées sur ses avants-bras.

Il ne se retenait pas de laisser son regard dévier sur les corps des filles du Velvet Dream, mais il était l'un des très rares clients dont la principale motivation à être là ne s'avérait pas la beauté des danseuses. Alec Fleming aimait ce qui se dégageait de cet endroit. Il aimait s'y sentir comme dans un film de James Bond. Parfois, il se plaisait à imaginer l'une ou l'autre des danseuses dans le rôle d'une Bond Girl et lui inventait brièvement une histoire. Il n'était ni écrivain ni scénariste, mais il s'amusait à le faire. Ces sorties lui procuraient assez de bien-être pour qu'il arrive à s'endormir en revenant chez lui. Cela lui permettait de sommeiller quelques heures avant de se réveiller en paniquant parce que la place à côté de lui était froide et vide.

Alec en était à sa deuxième boisson lorsqu'il remarqua que Deborah Lackey n'était pas loin. Il l'avait déjà observée en train de danser et elle était douée. Elle ne dégageait pas cette vulgarité qui émanait de plusieurs autres danseuses. Ce soir-là, elle n'était pas encore montée sur scène, mais elle allait probablement le faire puisqu'elle portait un costume plutôt original. Le bel homme fit de son mieux pour éviter de la fixer, à la fois par politesse et parce qu'il n'avait pas envie d'engager la conversation avec qui que ce soit. D'ailleurs, depuis sa rupture, il devait avoir prononcé un maximum de quinze phrases complètes et au moins douze d'entre elles avaient été dites dans un contexte professionnel.

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MessageSujet: Re: We Aim To Please [Terminé] Lun 6 Oct - 15:21

[Tellement désolée du temps d'attente... J'espère que mon look saura me faire pardonner!]

Il y avait maintenant un bout de temps que je sortais avec Charles. Tout était exactement comme je l’espérais. Mes sentiments étaient plus forts chaque jour. Charles me faisait de douces attentions à l'occasion, généralement quand je m'y en attendais le moins, et j'adorais ça! Nous faisions plusieurs activités ensemble, sans tenter de nous changer. Nous étions tombés amoureux de ce que nous avions appris à connaître, pas seulement de l'image magnifiée que l'autre personne dégageait. Bien sur, nous gardions chacun une partie plus secrète de nous, mais nous respections cela. Nous continuions de garder des activités avec nos amis respectifs, tout en passant le plus de temps possible ensemble. Nous ne forcions rien, nous profitions de chaque moment. Nous nous voyions souvent, au travers de nos obligations personnelles et professionnelles respectives, mais nos rendez-vous étaient généralement chez lui. Atara prenait assez mal ma relation amoureuse, convaincue que celle-ci me changerait complètement et que ma sœur perdrait tout son intérêt. Elle était ridicule et je commençais à en avoir marre de me battre avec elle. Le fait que j'aie un petit ami ne changeait rien à la personne que j'étais ni à mes centres d’intérêts. Cela affecterait simplement mon humeur et légèrement mon emploi du temps. Mais j'étais assez responsable et adulte pour savoir comment gérer mon temps adéquatement, sans que ma sœur ne s'en mêle et me dise quoi faire. Je voyais le plus souvent possible mon amoureux, parce que je l'aimais tant et que je me sentais si bien avec lui. J'aimais tout ce qu'on faisait ensemble, même les corvées devenaient amusantes parce qu'on se taquinait, se chamaillait et s'embrassait au travers de deux brassées de lavage. Évidemment, je gardais aussi du temps pour mon travail et ma famille, surtout pour ma sœur, mais j'avais l'impression que ce n'était jamais assez pour elle. Même quand je passais plusieurs jours d'affilés seulement avec elle, elle me faisait la gueule quand je partais chez Charles. Et, quand Charles venait à la maison, soit elle ne lui adressait pratiquement pas la parole, soit elle était juste assez désagréable pour que ce soit trop subtil que c'était intentionnel. Ainsi, je ne pouvais lui en faire la remarque, je ne pouvais lui demander d'arrêter, même si je la connaissais assez pour voir clair dans son petit jeu. Charles et moi étions donc plus à l'aise chez lui. Nous étions plus libres de nos activités, de nos conversations, de nos rapprochements et c'était le seul endroit où j'avais l'impression que j'avais le droit d'être heureuse.

Ce soir-là, c'était une grosse soirée au Velvet Dream. Il y avait un enterrement de vie de jeune fille et aussi un de vie de garçon. Du même couple. Les conjoints avaient les mêmes goûts, apparemment. Tous les employés avaient donc été convoqués pour travailler, pour rendre le meilleur service possible, offrir une grande variété de numéros et surtout assurer au grand groupe une excellente soirée. Nous voulions tout mettre en oeuvre pour que leur dernière soirée de célibataires reste gravée dans leurs mémoires longtemps. Nous avions plusieurs numéros de groupe et plusieurs à thèmes également. Nous les avions tirés au hasard plus têt dans la semaine et j'avais bien sûr dû piger le thème de la soirée à Rio, question d'avoir un des costumes les plus détaillés à confectionner. J'étais donc vêtue de principalement de pierres, de dorures et de plumes. J'avais des sandales de style romaines, rappelant les gladiateurs, à talons hauts, qui remontait tout le long de mon mollet et qui s'arrêtaient juste en dessous de mon genou. Je portais également de très petites culottes qui couvraient l'essentiel devant et derrières et qui retombaient également sur mes hanches. Mon top était une brassière dorée. Je portais également de gros bracelets, un immense collier et une coiffe immense, toute faite de pierres, encore une fois. Mes cheveux étaient à demi-remontés, la partie du haut placée en un haut coq. Dans mon dos, s'attachant avec des élastiques dorés autour de mes épaules, des plumes immenses, orange et rouge, allant aussi haut que ma coiffe et finissant a mes chevilles.

Je savais que j'attirais les regards. Je le faisais déjà, en étant habillée normalement, alors, ainsi vêtue de couleurs vives, c'était encore plus intense. Je venais de terminer d'aller distribuer une tournée de shooters du côté des garçons lorsque je vis Alec au bar. Il venait souvent, depuis quelques temps. Nous ne nous étions jamais vraiment parlé en profondeur, mais j'avais cru remarqué qu'il me regardait plus que les autres filles. Et j'en étais très flattée. Le bon goût d'Alec Fleming était réputé et je le voyais comme un compliment. J'avais toujours aimé son travail et son physique, j'avais donc fait une marque sur le calendrier chaque fois qu'il était venu, comme honorée de sa présence dans mon bar. Je ne pouvais l'expliquer, mais il dégageait un si grand charme que je le considérais vraiment comme un client à part des autres. Un peu comme un Dieu... J'eus une pensée pour Charles et je compris que mes sentiments pour lui étaient forts. Bien qu'Alec était très attirant, je ne l'aimais pas comme j'étais amoureuse de Charles. Mon amoureux me manquait, j'aurais aimé qu'il voit mon costume ce soir et qu'il me dise ce qu'il en pensait...

Je me rendis derrière le bar et comptai les marques au stylo mauve, puis je préparai seize shooters et je les lui apportai, après être passée du même côté du bar que lui.


-Cadeau de la maison, pour votre huitième visite ici, M. Fleming.

Je séparai les shooters en deux rangées égales, une devant lui et l'autre devant moi. J'en pris un et le levai, en le regardant dans les yeux.

-Ou peut-être puis-je te tutoyer?

Je lui fis un clin d’œil et eus un petit rire gêné. Est-ce que ça avait l'air de ça, une fan-girl?

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: We Aim To Please [Terminé] Jeu 13 Nov - 16:38

Depuis sa rupture avec Vénus, Vulcain n'avait presque pas créé de bijoux. Son inspiration était morte en même temps que ses espoirs de rebâtir une vie avec celle qu'il considérait comme le seul amour qu'il aurait. Désormais, les pierres et les métaux n'éveillaient en lui que découragement et honte. Il se détestait d'ainsi trahir ce qui avait toujours été sa passion, mais il était incapable de quoi que ce soit de grandiose ou créatif. Lui qui, auparavant, trouvait exaltation et fièvre dans l'invention de nouvelles pièces de joaillerie ne savait désormais plus de quelle manière il était autrefois parvenu à agencer avec délicatesse ou effrontement cristaux et or. Il ne savait aujourd'hui que répéter ses oeuvres passées, en déclinaisons ennuyeuses toutes semblables les unes aux autres. Le dieu n'était pas assez aveuglé par la perte de celle qu'il aimait pour être inconscient de la médiocrité qu'était devenu son art.

Les ventes de Volcano Designs ne diminuaient pas, malgré l'espacement entre les sorties de nouveautés et la baisse d'originalité de celles-ci. Depuis l'exécution publique, Alec avait lancé une seule collection et moins d'une dizaine de pièces exclusives. Ses anciennes oeuvres se vendaient d'ailleurs beaucoup plus que les récentes. Comme sa valeur était désormais ancrée dans la ville et puisqu'on connaissait les évènements par lesquels le bel homme était passé, peu d'encre avait coulé au sujet de cette moitié d'année hautement décevante côté bijoux. De toute manière, Vulcain n'avait pas besoin de se le faire souligner pour remarquer la chute dans laquelle sa compagnie s'était lancée dans les derniers mois. Il aurait voulu profiter de l'abandon de Vénus pour se concentrer sur son art, mais ce dernier refusait de fleurir. Toute puissance créatrice avait quitté le dieu.

Le dieu avait toujours aimé ce qui était beau, à commencer par les bijoux. Il était spécialement sensible aux vêtements, dans leurs étoffes et leur coupe, ainsi qu'aux souliers, aux accessoires de mode et à l'architecture. Il ne s'extasiait pas devant n'importe quelle création étiquetée «art», mais il savait reconnaître les qualités esthétiques des objets. Ce soir-là, le costume de Deborah, s'il ne se révélait évidemment pas pratique dans un contexte plus banal, remplissait à merveille ses fonctions au niveau de l'émerveillement, du spectacle et de l'originalité. Il était à la fois sexy et festif.


-Cadeau de la maison, pour votre huitième visite ici, M. Fleming.

Le dieu baissa les yeux sur les shooters quelques secondes. Lui-même n'aurait su dire avec exactitude à combien de visites au Velvet  Dream il en était et, pourtant, Deborah Lackey l'avait noté, elle. Agissait-elle ainsi avec tous ses clients...? Certainement pas. Les vieux hommes solitaires et suants qui bavaient devant les danseuses ne devaient pas recevoir de ces «cadeaux de la maison» pour les remercier de leur présence. Alec devait probablement ce traitement de faveur à sa célébrité en tant qu'homme d'affaires et créateur de bijoux.

-Je vous remercie, Miss Lackey.

La propriétaire du bar se montrait stratégique en tissant un lien spécial avec un client aussi riche et réputé. Alec soupçonnait que c'était justement en tant qu'excellente femme d'affaires que Deborah s'occupait spécialement de lui, et cette constatation ne le décevait pas. Il n'avait pas envie d'être dragué, même si la jeune femme éveillait en lui un désir indéniable, malgré la torpeur sociale dans laquelle il s'était confortablement glissé depuis sa rupture avec Gabrielle.

-Ou peut-être puis-je te tutoyer?

-Naturellement.


De toute manière, il aurait été gênant de  refuser, puisqu'elle avait déjà pris les devants dans la formulation de sa phrase.

Le dieu s'empara de l'un des petits verres déposés devant lui avant de planter son regard dans les yeux sombres de Deborah. Il perdit contenance un court instant, car il avait commencé à perdre l'habitude de regarder franchement les gens droit dans les yeux. De plus, ceux de Deborah avaient quelque chose de spécial... une intensité, une folie, peut-être?


-Buvons à tout ce qui sort de l'ordinaire.

Il aurait pu mentionner le nom de la jeune femme devant lui, mais il avait agi avec plus de subtilité et seul son regard et son sourire laissaient comprendre la réelle intention derrière ses paroles. Il se dégageait d'elle une énergie spéciale, une sorte de magie qui n'avait rien à voir avec les banals dons surnaturels dont les sorciers et les dieux étaient pourvus. Cette lumière qui émanait de Deborah se reflétait un peu dans les yeux d'Alec. Il avait tellement besoin qu'on le sorte de la noirceur dans laquelle il se complaisait depuis le nouveau départ de sa Vénus. Une partie de lui avait envie de se laisser doucement avaler par une mort lente alors qu'une autre se raccrochait à ce détail, à cette étincelle que Deborah avait en elle et qui éveillait de petites parcelles du dieu. C'était en partie pourquoi il était revenu sept fois au Velvet Dream depuis qu'il y avait vu Deborah. L'ambiance du lieu lui avait plu mais, avant tout, il avait ressenti le besoin illogique de poser de nouveau les yeux sur cette jeune femme dont il ne connaissait rien.

Il eut une pensée pour Vénus lorsqu'il déposa le verre. Elle n'aurait pas aimé le savoir dans un lieu de ce genre. Elle aurait détesté qu'il discute avec une fille comme Deborah. Par-dessus tout, elle aurait certainement dédaigné sa nouvelle complicité avec l'alcool. La déesse de l'amour savait tellement se montrer parfaite sous toute ses coutures. Il la chassa de ses pensées. Habituellement, il n'arrivait pas à la faire partir rapidement, mais un nouveau regard partagé avec Deborah envoya le souvenir de Vénus se terrer assez loin pour ne plus être visible sur le visage de Vulcain. Celui-ci souleva un nouveau verre.


-À ton tour. À quoi veux-tu boire?

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Dernière édition par Alec V. Fleming le Mar 10 Mar - 19:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: We Aim To Please [Terminé] Mer 4 Fév - 9:32

Je ne pensais pas tellement souvent à mon ancienne vie. Pas par honte ou par regrets, juste par souci de progresser dans ma vie actuelle. Avoir un pied toujours dans le passé nous empêchait d'avancer, d'aller de l'avant, d'aller plus vite et plus loin. Je ne voulais pas avoir un boulet en permanence à la cheville. De toute façon, je voyais mal ce que ressasser le passé m'apporterait. Ce qui était fait était fait et nous n'y pouvions rien. Par contre, nous avions une chance de bien faire les choses, dans le présent. Aussi bien me concentrer sur ce que je pouvais faire dans l'ici et le maintenant au lieu de me détruire avec ce que j'aurais dû faire dans le passé. Je n'en parlais pas vraiment avec mes soeurs et mon frère non plus. Je ne voulais pas me rappeller ce que nous étions, ni m'imaginer avec eux ce que les choses auraient été si Esther n'avait pas été si égoïste et lâche. Si je parlais du passé avec ma vraie famille, j'accordais de l'attention à celle qui n'existait plus. Et elle ne le méritait pas.

Par contre, je pensais souvent à l'ancienne moi. Comme elle n'était vraiment pas si éloignée de moi, je me devais de faire des bilans pour savoir où j'en étais. Évidemment que j'avais évolué. Je devais m'adapter à l'époque, à la société. Certes, j'étais un peu plus réfléchie maintenant que je dirigeais une entreprise fleurissante avec Atara. Bien sur, je ne tuais plus autant et je ne le faisais plus pour les même raisons. Et c'était tant mieux que j'aie changé! J'étais maintenant plus ouverte, plus consciente, plus libérée, plus moi-même... Je me sentais mieux dans mon corps et je ne faisais plus les choses pour plaire aux autres. La société me permettait de mieux vivre selon qui j'étais réellement. Avec le temps, j'avais repris le contrôle de ma vie, comme si je n'avais pas passé toutes ces années prisonnière d'un corps intangible ou en étant une petite flamme. Je profitais de ma vie, tout simplement. Chaque sentiment, chaque sensation, chaque saveur et chaque couleur me remplissait d'une joie immense et me comblait. Et c'était bien à cause de (ou grâce à) mon ancienne vie et de l'ancienne moi que je savais que je devais en profiter.


-Je vous remercie, miss Lackey.

Je ne me gênais habituellement pas pour flirter avec les clients, surtout les beaux et les importants. Le traitement qu'on leur offrait faisait en sorte qu'ils aient envie de revenir. La santé de mon entreprise passait par la présence de clients importants et respectable. Flirter avec eux faisait donc partie de mon travail, en quelque sorte. Ainsi, le sourire charmeur et mystérieux que j'offris à Alec Flemming m'étais venu naturellement, comme une seconde nature. Je savais qu'il illuminait mes yeux d'une étincelle particulière et que les hommes n'y résistaient pas longtemps. J'avais envie que Flemming tombe sous mon charme, ce soir. Assez pour qu'il revienne et veuille me revoir.

-Buvons à tout ce qui sort de l'ordinaire.

Si je ne m'étais jamais fait séduire, je n'aurais peut-être pas compris toute la charge émotionnelle silencieuse que contenait le regard que m'offrait Alec. Par contre, puisque j'étais habituées aux rondes de séduction des hommes et parce que mon regard était aussi mon arme spéciale, je compris tout de suite les allusions et les intentions de mon interlocuteur. En plongeant mon regard dans le sien, je me sentis glisser sur une pente raide et dangereuse. Le visage d'Alec comme seule barrière m'empêchant de m'écraser lamentablement au fond du gouffre. Ses yeux me rendait toute chose et je ne pouvais plus détacher mes yeux des siens. Instinctivement, je me rapprochai de lui juste avant de trinquer, ce faisant, nos bras et nos jambes se touchaient. Là ou je pouvais sentir le corps d'Alec contre le mien, je sentais comme une décharge électrique... Décharge remplie de vie et de sensualité.

-À ton tour. À quoi veux-tu boire?

-Levons notre verre à la spontanéité...


Je me penchai légèrement en avant pour manipuler nos verres, offrant inconsciemment une vue intéressante sur ma poitrine à celui qui se trouvait à mes côtés. Puis, je mis ma main sur le bras d'Alec et avançai mon visage vers le sien, pour lui murmurer à l'oreille:

-Et aux nouvelles rencontres significatives...

Puis, je m'éloignai pour reprendre ma position initiale et pour pouvoir engloutir deux de mes shooters. Je restai collée contre lui, parce que j'avais peur de ne plus sentir le choc électrique, mais en gardant une distance plus raisonnable que quand je lui chuchotais à l'oreille. J'avais besoin de son contact contre mon corps. Mais... Pourquoi voulais-je autant le séduire ?

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MessageSujet: Re: We Aim To Please [Terminé] Mar 10 Mar - 20:23

Parfois, les gens avaient tendance à vouloir prouver leur capacité à avancer et à se relever. Suite à une rupture, ils se mettaient en forme, commençaient un grand projet mis de côté depuis des années, changeaient de voiture... Même les plus petits accomplissements devenaient des victoires sur le malheur imposé par la personne qu'il fallait cesser d'aimer. Vulcain ne se sentait pas cette force que d'autres démontraient si bien. Il aurait voulu progresser mais, même en se mettant devant le travail à accomplir, même en essayant de toutes ses forces, il n'arrivait pas à être autrement que vide.

Il lui paraissait évident que l'inspiration l'avait quitté en même temps que Vénus, ou plutôt, en même temps que ses derniers espoirs de réussir une vie à ses côtés. Même après l'échec de leur mariage, Vulcain avait continué à l'adorer. Il avait détesté la déesse de toute sa volonté, mais il n'avait jamais cessé de l'aimer et de l'admirer. Il réalisait aujourd'hui que cette obsession pour elle lui avait insufflé l'énergie créatrice nécessaire pour inventer les pièces les plus originales. Il en était convaincu et cette certitude le paralysait complètement quand il se retrouvait devant ses pierres et ses métaux, ou devant ses feuilles et ses crayons. Il n'était rien sans Vénus. Et le fait qu'il créait des bijoux et des armes bien avant leur rencontre n'avait pas de valeur pour lui: il lui était tellement plus facile de se laisser gagner par un désespoir incurable que de chercher des solutions tout seul.

Vulcain avait commencé sa vie avec un abandon. Puis, les départs s'étaient succédés: Vénus, les dieux qui étaient ses amis seulement par affection pour son épouse, son fils qui ne s'était jamais lié à lui, Vénus encore... Toute sa vie, il avait cherché à être aimé et s'était représenté l'affection des autres comme l'ultime paiement à tout ce qu'il pouvait accomplir. En même temps, que pouvait-on rêver de mieux qu'une personne pour laquelle on représentait quelque chose de grand? Pour être mieux accepté, il avait perdu une grande partie de sa magie pour devenir physiquement irréprochable. Cependant, Vulcain était encore seul, aujourd'hui, et c'était probablement pourquoi il n'arrivait pas à avancer. Il n'avait plus l'espoir de gagner le coeur de Vénus, n'avait pas plus d'amis que de famille. Il n'était entouré que d'étrangers desquels il se méfiait.

Malgré sa retenue générale, Alec était revenu au Velvet Dream pour revoir Deborah Lackey. Même si le dieu savait qu'il ne tomberait plus amoureux maintenant que la seule femme qu'il ait aimée l'avait quitté en emportant son coeur avec elle, il ne pouvait nier que la belle brune exerçait sur lui une fascination indéniable. Elle était attirante, comme l'étaient des centaines de filles dans cette ville, mais elle avait quelque chose de plus. Une énergie particulière émanait d'elle. Elle n'était pas ordinaire. Et elle était la première à lui permettre de chasser Vénus de ses pensées.

Lorsque le regard de Deborah s'attarda dans le sien, Alec oublia de respirer quelques secondes. Son trouble ne s'améliora pas quand la jeune femme se rapprocha de lui, mais il ne tenta pas de s'éloigner. Il y avait bien longtemps qu'une autre personne ne lui avait pas fait ressentir quelque chose de positif.


-Levons notre verre à la spontanéité...Et aux nouvelles rencontres significatives...

Alec eut deux secondes de décalage pour boire ses shooters, hypnotisé par Deborah. Une fois ceux-ci engloutis, il fixa le visage de la jeune femme à la recherche d'une explication à l'effet qu'elle avait sur lui. Qu'avait-elle de différent? Était-elle réellement si spéciale ou bien s'agissait-il de l'attitude du dieu qui n'était pas la même qu'avec les autres femmes? Ou encore y avait-il un peu des deux?

Le corps en grande partie dénudé de Deborah lui semblait brûlant à travers ses propres vêtements. Ses courbes harmonieuses avaient tout d'une oeuvre d'art et le dieu ne pouvait y être insensible. Le contact de sa main sur son bras le troublait plus qu'il ne l'aurait dû. Il venait de réaliser qu'il ne disait plus rien depuis que la jeune femme était si près de lui quand une très belle blonde portant des plumes roses dans ses cheveux vint s'adresser à Deborah pour lui dire qu'un certain Charles était à la porte avant de repartir sur ses talons vertigineux rejoindre d'autres visions de rêve.


-Je vois que tu es bien occupée ce soir. J'apprécie ma chance d'avoir pu t'avoir à moi tout seul pendant quelques minutes.

Inconsciemment, Alec s'était penché vers Deborah en parlant, approchant ainsi son visage du sien. Il le remarqua après avoir commencé à parler et sentit une certaine gêne s'emparer de lui, mais il ne recula pas avant d'avoir terminé.

-Je te remercie pour les shooters.

Sa dernière phrase était sortie plus difficilement, parce que la proximité de Deborah le décontenançait. Aussi, avant de commettre une bêtise, il s'éloigna à une distance sécuritaire et sourit à la belle jeune femme.

Le dieu ne s'attarda pas longtemps au Velvet Dream après que Deborah soit partie rejoindre ce fameux Charles - probablement un autre client séduisant et riche. Une fois chez lui, contrairement à ses habitudes, il ne se plongea pas dans un roman ou un film de James Bond et il n'ouvrit pas une bouteille qu'il finirait en s'endormant devant la télévision. Il fila droit à son atelier, aligna ambres, topazes et chaînes en or sur son bureau et entreprit d'assembler un bracelet fluide, étincelant et surprenant. Il ne se demanda pas s'il venait de trouver une muse. Il ne se posait pas de questions quand il était absorbé par une vague d'inspiration.

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MessageSujet: Re: We Aim To Please [Terminé] Mar 28 Avr - 22:24

Depuis que j'en avais un, j'aimais mettre mon corps à l'épreuve, ne pas lui laisser de chances, le pousser au maximum. Par exemple, je courais jusqu'à ne plus avoir de souffle, je pratiquais mes chorégraphies jusqu'à ce que mes jambes ne me soutiennent plus et je me couchais quand je tombais endormie n'importe où. J'aimais la sensation de brûlure dans mes poumons et dans mes muscles, qui me rappellaient que j'avais un corps maintenant. J'aimais aussi pratiquer les sports extrêmes comme le parachute, le bungee, le surf, l'alpinisme, le parkour, etc. La sensation de liberté et l'euphorie que je ressentais lorsque je m'adonnais à ces activités n'avaient d'égales que le sexe... Ma soeur Myriam ne comprenait pas pourquoi je faisais toutes ces choses dangereuses. Elle, si terre-à-terre, se disait que je devrais prendre soin de ce corps que j'avais obtenu après tant de sacrifices et de choses horribles. Selon elle, je devrrais le voir comme un cadeau fragile à manipuler avec soin. Mais je ne pensais pas comme elle. Je me permettais de vivre toutes ces choses extrêmes justement parce que je célébrais le fait d'avoir un corps, enfin. Pendant de si longues années, je n'avais pas pu toucher les choses, sentir la chaleur sur ma peau ou ressentir quelque chose de physique. Alors maintenant, je me permettais de tout vivre à fond. Pour me rappller que j'étais en vie et en chair maintenant.

Depuis que j'avais un corps, ce que j'aimais faire aussi c'était de le montrer. J'avais travaillé si dur pour l'obtenir que je voulais que les gens le voit et l'admire. Il n'était pas le plus parfait et ne plaisait pas à tout le monde, mais je le savais parfaitement proportionné et relativement hypnotisant. Par contre, je me permet de spécifier que je n'avais pas décidé de bâtir un bar du genre seulement pour me montrer. Ce qui comptait, en tout premier lieu, c'était le plaisir et la détente de nos clients et de nos employés. Nous voulions créer un endroit où il fait bon être en bonne compagnie et où nous pouvions avoir confiance et respect mutuel. Dans une ville en ruines, rien de mieux que la luxure et le plaisir pour faire remonter des âmes en peine. Je n'utilisais pas non plus mon pouvoir pour charmer plus facilement les clients et ainsi faire plus d'argent, sauf quand je devaus commencer la soirée. Je mettais en marche mon pouvoir, mais légèrement et pas spécifiquement, plus pour que ce soit comme un doux parfum de charme, de bien-être et de romance qui flottait dans l'air du Velvet Dream.

Ce soir, je n'avais pas utilisé mon pouvoir de charme ni sur la salle en général ni sur Alec Fleming. Je voulais jouer, mais je voulais que la partie soit juste. Je voulais m'amuser avec lui, prendre les choses à la légère, vérifier mon effet sur lui, flirter, voir jusqu'où tout cela nous mènerait. Là où nos corps se touchaient, je sentais une décharge électrique qui me donnait de l'énergie, qui faisait battre mon cœur plus vite et qui réveillait les papillons dans mon ventre. J'avais l'impression que même si je m'éloignais, on verrait un éclair bleu relier nos deux corps. Il y avait définitivement quelque chose de magnétique, je ne voulais pas m'éloigner, j'avais peur que mon coeur cesse de battre séparé de son électricité.

Je pouvoir voir au fond des yeux d'Alex et de par son absence de réaction que ce que je ressentais n'était pas totalemont imaginaire. Son non-verbal et son comportent en général me laissait croire qu'il avait le même genre de pensées que moi. J'avais déjà vu un homme sous le charme et troublé de ces sensations, je pouvais les reconnaître maintenant. Alec était troublé par ma proximité, j'en aurais mis ma main à couper. Cette constatation me fis tout drôle, je me sentais les joues en feu et le ventre tout aussi brûlant. Je mis ma main sur la sienne en la flattant légèrement. C'est à ce moment que Jenna vint nous interrompre, en nous parlant de Charles. Ce retour à la réalité fut aussi brutal qu'une gifle.


-Désolée, Alec, mais je vais devoir y aller.

-Je vois que tu es bien occupée ce soir. J'apprécie ma chance d'avoir pu t'avoir à moi tout seul pendant quelques minutes.

-Tout le plaisir est pour moi...


La fin de ma phrase fut étouffée, murmurée. Mais comme il s'était rapproché de moi, je ne doutais pas qu'il entende mes mots malgré le bruit ambiant. La proximité de son visage me troublait donc à ce point...

-Je te remercie pour les shooters.

-La prochaine fois que tu viens, demandes à me voir, on fêtera ta neuvième visite ensemble.


Je lui fis la bise sur les joues, un peu trop doucement peut-être, mais au moins j'étais relativement loin de ses lèvres, je ne pouvais pas penser à tout... Je le laissai s'éloigner, puis j'engloutis un autre shooter avant de me diriger vers la porte. En chemin vers mon amoureux, je regardai mon bras et ma cuisse qui avaient été en contact avec Alec, parce qu'il me semblait que je ressentais toujours un picotement et je voulais aussierifoer qu'il n'y avait pas de traces de brûlures...

En voyant Charles, mon amour pour lui et mon désir pour lui me frappèrent encore plus que d'habitude et je me sentais mal de mon comportement avec Alec, même si je n'avais rien fait de bien mal. J'embrassai Charles avec une fougue que je gardais habituellement pour nos moments intimes, mais ce qui venait de se passer, additionné à l'alcool, me faisait perdre le nord un peu. Comme la soirée était encore jeune, je fis entrer Charles et le fis passer derrière le bar. Je lui montrai comment faire quelques verres et shooters et il était presque bon. Je savais qu'il ne buvait pas et je respectais ça, j'avais d'ailleurs cessé de boire depuis son arrivée, mais je ne voulais non plus qu'il s'ennuie le temps que je travaille. Je ne faisais pas toute la soirée, Jenna et Shawn s'occuperaient de la fermeture, mais il me restait environ une heure de travail.

Une fois l'heure passée, j'allai me changer, puis je partis chez Charles, mon seul grand amour et fantasme...


[DONE! *.*]

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La force de ma foi
Ma faiblesse et ma loi
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