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Tranche de vie [TERMINÉ]

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MessageSujet: Tranche de vie [TERMINÉ] Jeu 21 Aoû - 0:11

Habituellement, je me promenais dans le quartier Grey la tête haute et l'air nonchalant. Je passais tellement de temps ici que c’était pratiquement comme une seconde maison. Je le connaissais presque par cœur. Chaque graffiti, chaque poubelle, chaque âme en peine m’était familière et je finissais par presque tous les trouver sympathiques. Mais pas ce soir-là. Ce soir-là, j’étais plutôt nerveux. Je regardais mes pieds le plus clair du temps, car chaque coin d'ombre et chaque reflet faisait faire trois tours a mon cœur. J’étais penché vers l'avant, car je me tenais les côtes à deux mains, pour tenter de stopper l’hémorragie au mieux, pour ne pas mourir au bout de mon sang avant d'arriver a l'auberge des Salander. Je m’étais fait attaquer lors de mon dernier deal de drogue de la soirée. C’était un petit blanc-bec qui voulait me faire peur en me faisant croire que j’étais sur son territoire. Quelques coups de couteaux gratuits dans le flanc plus tard, me voilà qui quittait Grey vers Empire. D'accord, je l'avais peut-être mérité un peu. Je m’étais rendu un peu plus loin que d'habitude, mais j’étais encore chez moi. Le petit fendant essayait juste d’élargir son terrain, en venant dans mes plates-bandes. Seulement, il ne savait pas à qui il avait affaire. Dès que je serais remis sur pieds, j'allais aller lui régler son compte, et prendre sa clientèle en même temps...

Heureusement que Nat m'avait contacté dès son retour à New York. Son absence avait été lourde pour moi. Ne pas la voir et avoir des nouvelles sans horaire précis était difficile à gérer. Sa nouvelle identité et sa nouvelle famille allaient m’être plus qu'utiles ce soir. Depuis qu'on se connaissait, on avait toujours mis toutes les cartes sur table entre Nat et moi. Nous savions tout de la vie de l'autre, de son passé et de ses aspirations. Je me sentais si bien en sa présence. Comme si elle faisait remonter le bien en moi, alors que je le croyais disparu. Elle était la seule à qui je disais tout, la seule qui savait toute l'horreur et la laideur qui se terrait au fond de moi et qui influençaient mes actions et mes décisions. Elle était la seule à qui je ne cachais rien, car elle était la seule avec qui je sentais que je pouvais être moi-même sans l'effrayer et la faire fuir. À son retour, c'était comme si nous n'avions jamais été séparés. Je ne lui en voulais presque plus d’être partie, en premier lieu. Bien que je comprenne ses raisons, celles-ci me faisaient mal. Mais ce qui comptait était qu'elle était ici, avec moi. Nat était tellement importante pour moi... Elle représentait l'espoir, la pureté et la beauté, malgré toutes les zones d'ombre de son histoire. Je m’étais senti vide tout le long de son absence et il me semblait que depuis qu'elle était de retour, quelque chose recommençait a vivre en moi.

J'arrivai finalement à l'auberge des Salander et me mis presque a pleurer de soulagement. Mes mains, couvertes de sang, poussèrent les portes de l’établissement en y laissant de grandes traînées rouges. Heureusement, il y avait déjà quelqu'un derrière le comptoir. J'en fus soulagé. Vu l'heure tardive de ma visite, ils auraient pu être ailleurs, occupés a autre chose, mes soins auraient donc tardés a venir et j'avais peur qu'ils auraient alors mis trop de temps. La jeune femme en poste derrière le comptoir leva la tête vers moi en m'entendant entrer. Mais, ce n’était pas Nat. Avant même de lire son badge, je sus donc que c’était sa sœur Karoline, la seule qui travaillait a l'auberge familiale. Du moins, il me semblait. Mais la douleur et la perte de sang m'Avaient peut-être embrouillé l'esprit. Elle sortit de derrière son comptoir en trombe et me tira la chaise la plus proche. Je ne me fis pas prier pour m'asseoir et reprendre mon souffle. La jeune femme butinait autour de moi, s'affairant à je ne savais quoi. Trop épuisé et inquiet pour tenter de comprendre, en fait. Je réussi à lire son badge. J'avais vu juste. J'eus un petit sourire satisfait. Une fois capable de parler, je lui demandai:


-Est-ce que Katherine est là? C'est une amie à moi et j'aimerais que ce soit elle qui m'aide, si possible...?

C’était toujours étrange pour moi de ne pas appeler Nat par son vrai nom. Pour moi, elle restait ma petite Nat peut importait son visage ou sa nouvelle vie. Il me fallait donc bien réfléchir avant d'ouvrir la bouche. Surtout devant sa famille. Il n'aurait pas fallu grand chose pour me mettre les pieds dans la bouche et nous mettre en danger tous les deux, Nat et moi. J’étais content que ce soit Karoline, d'ailleurs, et non Papa Salander. Il aurait surement posé beaucoup plus de questions, et, vu mon état, ma concentration n’était pas a son meilleur. J'aurais donc sûrement fini par faire une gaffe. Je vis Karoline au téléphone et fut content de voir ses lèvres bouger, cela voulait dire qu'elle avait réussi a rejoindre Nat. Pourvu que celle-ci arrive vite...
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MessageSujet: Re: Tranche de vie [TERMINÉ] Lun 20 Oct - 20:49

Natassia avait croisé une femme, ce jour-là, et la vue de son visage avait ramené de vieux souvenirs. Des décennies plus tot, elle avait eu une relation avec une femme qui ressemblait à s'y méprendre à celle qu'elle avait croisée ce jour-là. La demi-déesse se définissait comme attirée presque exclusivement par les hommes, mais elle avait eu deux liaisons avec des femmes au cours de sa longue vie. La plus ancienne, celle avec la femme dont elle avait rencontré le sosie, datait du début des années 20. À l'époque, la fille du Baron Samedi avait décidé de posséder le corps d'un homme plutôt que celui d'une femme, par souci de meilleure survie. Ce n'était pas d'hier que les hommes menaient une existence plus simple!

Natassia avait jeté l'âme de James Tyrell hors de son corps pour prendre sa place de modeste homme d'affaires. La demoiselle avait souvent préféré mener une existence simple, ce qui lui évitait d'attirer l'attention sur l'usurpatrice qu'elle était à perpétuité. Depuis la mort du seul corps qui n'avait été attribué qu'à elle seule, elle vivait en voleuse et en menteuse. Tyrell lui avait servi de maison pendant près de vingt ans. Plusieurs points forts de sa personnalité la rejoignaient beaucoup et, de plus, sa vie était confortable sans être monotone. Le nouveau James Tyrell avait donc mené sa vie tranquille de commerçant sans qu'on ne se doute qu'il était en réalité une déesse de plusieurs centaines d'années.

Tyrell était déjà fiancé à une femme, à l'époque, et Natassia l'avait détestée en moins de deux heures passées en sa compagnie. Cette chipie avait été le principal différend qu'elle avait entretenu avec l'ancien possesseur de son identité. Elle s'était vite faite détester par la mégère, mais elle avait bien remarqué qu'un homme célibataire attirait une attention fort négative. Le célibat n'était pas à la mode à Londres, en 1923. James Tyrell avait donc dû trouver une épouse.

Alicia Hiddleston avait mis du temps avant d'attirer l'attention de Natassia. Elle était une femme discrète au regard constamment baissé malgré des yeux pailletés de cuivre. Après lui avoir adressé la parole quelques fois, la demi-déesse s'était prise d'affection pour cette jeune veuve dont l'ancien mari avait péri à la guerre. Il n'avait fallu que quelques semaines pour qu'Alicia prenne le nom de Tyrell devant famille et amis.

C'était le sosie d'Alicia que Katherine avait croisé ce jour-là. Elle en avait échappé son sac à main, puis son sac de course en se penchant pour ramasser le sac à main. Elle savait bien que sa défunte épouse ne pouvait pas être cette femme qui sortait d'une cabine d'essayage, une longue robe métallisée voletant autour de ses jambes, non seulement parce que, justement, Alicia était morte, mais surtout parce qu'elle n'aurait jamais porté un vêtement de ce genre...!

Le clone était retourné dans la cabine sans remarquer la jeune femme désemparée qui réunissait les articles de St-Valentin qui s'étaient répandus sur le sol. Natassia avait jeté un regard vers l'endroit où s'était tenue l'autre femme et elle avait hésité quelques secondes avant de s'éloigner en secouant la tête. Tous les humains qu'elle aimait mouraient et ne revenaient pas. Elle avait elle-même déjoué la mort plusieurs fois sans nier qu'il s'agissait là d'une chance et non d'un règle à laquelle les autres devaient se conformer.

Une fois chez elle, elle s'était installée pour étudier, après un bon repas. Puis, elle avait pris une douche brûlante de moins de cinq minutes pour éviter que Karoline ne coupe l'eau chaude, comme elle le faisait dès qu'une personne non cliente de l'auberge exagérait sur le temps passé sous l'eau. Après sa douche, Katherine s'était installée avec son tout nouveau matériel, lequel comportait une somme considérable en maquillage spécialisé. Parce que les petits coeurs dans tous les présentoirs ne la ramenaient pas plus en février que la froideur de l'air. Pour elle, c'était encore Halloween, comme tous les jours depuis qu'elle avait quitté son premier corps.

Elle avait choisi le côté gauche de son visage pour faire des tests. Elle avait regardé des images de calaveras toute la semaine et elle s'était fait une bonne idée de ce qu'elle avait envie de faire comme maquillage. Elle avait remarqué des affiches d'un film d'animation nouvellement sortie sur DVD sur ce volet de la culture mexicaine et elle avait vite songé à se transformer en calavera d'un soir. Toutefois, elle devait faire des essais avant de montrer ses résultats à qui que ce soit.

Elle venait de finir une série de décorations minutieuses tout autour de son oeil lorsqu'on frappa violemment à sa porte. Elle faillit bien en faire une rayure dans son maquillage. D'un bon, elle se dirigea vers la personne qui venait de l'interrompre.


-Y a un mec plein de sang qui veut te voir en bas. Je te prépare la salle de soins.

-Merci...


Karoline ne sembla pas faire de cas du maquillage de sa soeur, trop concentrée sur sa tâche de bonne hôtesse. C'était bien dans ses habitudes...

Natassia se retint de porter ses mains à son visage en voyant dans quel état se trouvait son ami. Elle était sous le choc, mais elle n'oubliait pas les deux heures qu'elle venait de passer sur sa création.


-Raph...dans quelle merde es-tu encore allé te vautrer?

C'était beaucoup plus une expression de découragement qu'une réelle question. La jeune femme l'attrapa par le bras, avec précaution mais sans trop de ménagement, et elle l'entraîna vers la salle de soins située à l'arrière de l'auberge. Une fois dans celle-ci, elle fut soulagée de constater que, non seulement Karoline avait mis bien en évidence pansements et onguent, mais qu'en plus, elle avait déserté les lieux. Katherine n'aurait pas besoin de s'expliquer avec elle.

Une fois Raphael bien installé sur une civière. La jeune femme commença à lui retirer les vêtements qui couvraient le haut de son corps.


-M. Antimagie va devoir se contenter de soins naturels... Donc, n'espère pas trop de miracles.

Une fois que les vêtements furent retirés, elle alla inspecter les produits étalés sur le comptoir.

-Un deal qui a mal tourné ou un démon sans humour?...À moins que ce ne soit une dispute de ménage?

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MessageSujet: Re: Tranche de vie [TERMINÉ] Jeu 19 Mar - 21:00

Au paradis, mes anciennes conquêtes amoureuses avaient été presque exclusivement des hommes. Je ne m'étais pas questionné sur mon orientation sexuelle pour autant, comme il y avait significativement plus d'hommes que de femmes au paradis, il était normal de se satisfaire entre nous. Mes relations avaient donc toutes été avec des personnes du même sexe que moi, du temps ou j'étais un archange. De plus, il n'y avait aucun mal à le faire, selon les grands dirigeants du ciel et j'avais été choqué d'apprendre ce que certains osaient dire de l'opinion de Dieu sur le sujet, à mon arrivée sur la Terre. Bien que je n'ai jamais rencontré Dieu en personne, je me doutait bien qu'il - ou peut-être était-ce elle - n'autoriserait pas ses représentants à faire quelque chose qu'il désapprouve réellement, surtout pas dans son propre paradis... Bref, ces allégations étaient ridicules et inventées. J'aimais, à l'époque, la chaleur des muscles masculins et la sécurité qu'un corps viril apportait. Depuis que je n'étais plus au paradis, je fréquentais souvent des femmes. Je n'avais pas de genre en particulier ou de critères bien précis. Je me fiais à mon instinct qui me faisait ressentir un frisson ou non. Si ma peau frémissait et que les papillons dans mon ventre commençaient à s'énerver, je savais que c'était un bon choix et je faisais alors tout ce que je pouvais pour la séduire. Pour une nuit ou pour quelque chose de plus sérieux, là encore, j'y allais d'instinct et de sentiments. Depuis ma dernière petite amie qui voulait un enfant de moi après quelques mois de relation seulement, mon instinct me disait souvent de ne pas m'attacher... J'accumulais alors les conquêtes et les visites d'appartements inconnus. Je préférait aller chez elles. C'était mon côté parano qui me disait que j'étais plus prudent en n'emmennant personne n'ayant pas déjà fait ses preuves chez moi. Je n'avais pourtant pas grand chose, ce n'était pas tant par peur de me faire voler que par peur de me faire découvrir. Je n'aimais pas que les gens fouillent dans mes affaires et jugent chaque petit détail. Je ne voulais pas être obligé de me forcer à ranger certaines choses, juste sous prétexte que mon appartement aurait meilleure allure en n'ayant pas de vaisselle qui séchait sur le comptoir ou parce que la lettre que j'ai reçu cette semaine ne serait pas sur le coin de la table. J'étais propre et rangé quand même, n'allez pas croire n'importe quoi, mais je n'avais pas besoin que tout soit maladivement nettoyé. Je ne voulais donc pas qu'une fille me juge sur ce point en venant chez moi pour une nuit et en tirant des conclusions hâtives.

J'avais été soulagé que quelqu'un réponde à l'auberge. Vu l'heure tardive, ils auraient pu décider de ne pas ouvrir la porte. Puisque, bien qu'ils n'étaient pas dans le quartier Grey, Empire pouvait avoir son lot de tarés et de violence... Heureusement pour moi, donc, les Sallander ne craignaient pas ce qui pouvait se trouver à l'extérieur et ils m'avaient accueilli. Karoline avait été polie et gentille, même si j'avais senti qu'elle n'était pas particulièrement ravie de m voir couvert de sang. En attendant Nat, je jetai un regard autour de moi. La décoration me plaisait bien ici, les propriétaires avaient un goût certain pour créer une ambiance chaleureuse et reposante, car je me sentis tout de suite un peu mieux. Quand Nat arriva, je fus surpris de voir son visage à demi décoré. Mon amie ne me surprenait plus vraiment, mais je trouvais que c'était un bien drôle de costume pour l'heure qu'il était...


-Raph... dans qu'elle merde es-tu encore allé te vautrer?

J'eus un demi-sourire.

-Si je te le dis, je vais devoir te tuer... Quoique la mort a l'air devoir déjà pris la moitié de ton visage...

Je lui fis une grimace et la suivi vers la salle de soins, puisqu'elle me traînait par le bras. Je trouvais sa prise plutôt vigoureuse, d'ailleurs, mais j'hésitais à lui en parler, de peur de passer pour une petite nature. Une fois bien installé sur une civière qui me servirait de lit, Nat commença à me retirer mes vêtements sur mon torse. Je grimaçai de douleur à plusieurs reprises, mais ne gémis pas de tout le processus, malgré mon envie de le faire.

-M.Antimagie va devoir se contenter de soin naturels... Donc, n'espère pas trop de miracles.

Je fis une blague à mon amie, par contre, pour lui retirer cet air si sérieux du visage.

-Vais-je quand même m'en sortir, docteur? Oh et, au fait... Tu ne devrais pas enlever quelques morceaux, toi aussi, question que ce soit juste...?

Je m'étais bien ennuyé de Natassia pendant son absence. Elle me faisait me sentir important, car elle me confiait beaucoup de choses. De même, je savais que je pouvais me confier à elle et qu'elle ferait son possible pour me conseiller. Nous avions aussi exactement le même humour, je savais donc que je pouvais dire ce que je voulais. De plus, comme elle était ma seule vraie amie de l'époque, je m'étais retrouvé complètement seul. La retrouver m'avait fait tout drôle à l'intérieur. Nat me faisait du bien, et pas seulement parce qu'elle me soignait. J'étais ravi de l'avoir dans ma vie.

-Un deal qui a mal tourné ou un démon sans humour?...À moins que ce ne soit une dispute de ménage ?

-Première option... Tu sais que les démons sont prévisibles et que je ne vois personne de sérieux en ce moment...


J'eus un frisson. De froid, celui-là. La fatigue, la perte de sang et le torse découvert me faisait sentir la pièce plus froide qu'elle ne l'était réellement.

-Et toi, ton visage... il lui est arrivé quoi?
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MessageSujet: Re: Tranche de vie [TERMINÉ] Mar 14 Avr - 21:05

Karoline paraissait très froide, et ce, quotidiennement. Katherine n'en avait pas été proche, même avant que Natassia la chasse et lui vole son corps et son identité. La demi-déesse avait conservé ce lien avec sa nouvelle soeur, car il était drôlement plus pratique de conserver l'illusion qu'elle était réellement la même personne que Katherine Salander si elle ne devait pas le prouver à des gens la connaissant en profondeur.

Natassia admirait le pragmatisme de Karoline. Cette dernière était professionnelle, intelligente et efficace, le genre de femme qu'on voit à la tête d'une grande entreprise. Si M. Salander n'avait pas été aussi attaché à l'idée de conserver son auberge à l'image de ce qu'elle avait été du temps où sa femme était encore en vie, il était probable que Karoline aurait pu lui donner de l'ampleur avec les années. Néanmoins, sous ses couches de bon sens et de froideur, Karoline avait un évident respect pour les valeurs des autres, surtout son père.

Karoline était aussi assez discrète. Jamais Katherine n'avait eu à se soucier qu'elle ne répète à d'autres des détails sur sa vie - pour le peu qu'elle en savait - et jamais sa soeur ne lui avait raconté un potin quel qu'il soit sur une autre personne. Cette qualité était rare, même chez les plus gentilles personnes. Au cours de sa longue vie, Natassia n'avait rencontré qu'une petite minorité de gens dont la médisance ne faisait pas partie des habitudes. Même les personnes bien intentionnées finissaient par raconter les malheurs des autres, ne fusse-t-il que pour souligner leur affliction à leur sujet. Les gens aimaient parler les uns des autres car, qu'ils en soient conscients ou non, cela leur donnait l'impression, souvent fausse, d'être plus près les uns des autres. Détester une personne nous la rendait beaucoup plus réelle que si on ignorait son existence.

Katherine savait que sa soeur ne lui poserait pas de questions sur Raphael et que, si elle venait à en poser, ce ne serait que des interrogations de base sur des éléments ne relevant pas de sa vie privée. Cela lui plaisait et elle remerciait Karoline en adoptant la même attitude qu'elle. Elle ne lui demandait pas où elle sortait ou encore avec qui, ou de quoi étaient meublés ses temps libres. Elles vivaient dans la même maison en étrangères et cela apportait une grande impression de sécurité à la demi-déesse.


-Si je te le dis, je vais devoir te tuer... Quoique la mort a l'air devoir déjà pris la moitié de ton visage...

Elle lui tira brièvement la langue.

-Ne critique pas, il est tard et je suis faaa....

Natassia resta silencieuse une poignée de secondes avant d'arrondir les yeux. Il parlait de son maquillage, bien sûr!

-Merci, merci.

Au moins, comme Raphael était blessé, il y avait de fortes chances pour qu'il soit trop épuisé pour saisir chaque occasion de se moquer d'elle.

-Vais-je quand même m'en sortir, docteur? Oh et, au fait... Tu ne devrais pas enlever quelques morceaux, toi aussi, question que ce soit juste...?

-Tu as l'humour d'un mourant. Allez, reste calme pendant que je joue à la docteure avec toi.

Elle n'aurait bien sûr pas fait cette remarque, et surtout pas d'un ton aussi léger, si Raphael avait réellement été à l'article de la mort. Il était certes bien amoché, mais son autoguérison, sa bonne constitution et les soins que son amie allait lui offrir garantissaient sa survie et son rétablissement complet.

-Première option... Tu sais que les démons sont prévisibles et que je ne vois personne de sérieux en ce moment...

Il y avait un certain temps, justement, que Raphael ne fréquentait personne en particulier et, bien qu'il fusse libre de mener sa vie comme il l'entendait, cette solitude imposée inquiétait Natassia. Elle connaissait suffisamment son ami et, plus encore, les tendances au manque d'équilibre psychologique de celui-ci, pour savoir qu'il avait besoin d'être entouré et aimé. Sa chute et tout ce qui l'avait entourée avaient encore un effet très néfaste sur lui et son amie craignait toujours qu'il finisse par faire une bêtise. Au moins, quand il était amoureux et aimé, il se concentrait sur quelque chose de positif plutôt que ruminer mille vengeances sur des démons anonymes.

La jeune femme acheva de nettoyer les blessures de l'homme sur la civière et s'affaira à appliquer le meilleur des onguents sur celles-ci.


-Et toi, ton visage... il lui est arrivé quoi?

-Oh, tu me connais: j'aime tout ce qui est déguisement et maquillage. J'ai vu une affiche de film et j'ai voulu la reproduire sur mon visage. Tu as mes tests sous les yeux.


Elle lui sourit avec un air mi-amusé mi-désolé. Elle n'y pouvait rien si elle succombait à sa passion du déguisement au moindre détail surgissant sous ses yeux.

-Il me reste encore plusieurs tests à faire avant d'essayer un maquillage complet, tu l'auras deviné.

Une fois l'onguent bien appliqué, la demi-déesse massa doucement la peau pour que celui-ci soit bien absorbé.

-Ils ne t'ont pas manqué.

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MessageSujet: Re: Tranche de vie [TERMINÉ] Lun 29 Juin - 23:42

J'avais de la difficulté à faire confiance aux autres. Je ne savais jamais quand je me trouvais devant quelqu'un de sincère et quand je ne l'étais pas. Avant, je donnais tout ce que j'avais à mes amis jusqu'à ce qu'ils me fassent du mal. Je ne croyais pas que les gens pouvaient être méchants, je leur faisais donc instinctivement confiance, jusqu'à ce que j'aie une preuve de ne plus le faire. J'étais prêt a tout donner, à tut sacrifier si cela m'assurait de leur bonheur. J'étais toujours prêt à aider, à écouter, à conseiller. Je rendais service, j'accompagnais des gens à des rendez-vous, je préparais des fêtes et des repas à mes frais et j'offrais toujours des cadeaux. Mais avec le temps, j'avais fini par réaliser que quand c'était mon tour de vivre quelque chose, de positif ou de négatif, je n'avais personne qui était réellement là pour moi. Je devais me rendre à l'évidence : les gens ne sont pas tous gentils. En fait, les gens sont méchants et ne pensent qu'à eux. Ils vont vous abandonner et vous mettront de côté pour quelqu'un qui a plus à offrir que vous à un certain moment de la vie. Les gens vous décevront toujours et finiront toujours par vous blesser. J'ai appris cette leçon à la dure, en me faisant jeter et déchiqueter le coeur après avoir tout donné. Je peux vous le dire, à trop donner, on n'en retire que de la souffrance. Donc, par prudence, maintenant, je ne faisais plus confiance à personne. Je n'attendais plus rien de personne non plus. J'avais eu trop de déceptions par le passé en me faisant croire des amitiés. Des peines d'amitié faisaient tout aussi mal, sinon plus même, que des peines d'amours.

La seule personne en qui j'avais vraiment confiance aujourd'hui était Natassia. Et pourtant, nous n'avons pas été sans notre lot de malentendus et de déceptions. Quand elle était partie sans rien me dire, cela m'avait fait mal. Je ne croyais pas pouvoir lui reparler ou lui refaire confiance un jour. Et aujourd'hui, bien que les choses ne soient plus totalement comme avant, nous étions redevenus amis et proches. Je me sentais bien avec elle, comme si elle était la seule personne au monde avec qui je pouvais être réellement moi et qui ne me jugerait pas. Cela faisait du bien d'être aussi confortable avec quelqu'un, de ne pas devoir tout surveiller ce que je faisais. J'étais vraiment bien avec elle.


-Ne critique pas, il est tard et je suis faaa... Merci, merci.

J'étais à demi-satisfait. J'adorais essayer de faire enrager mon amie pour le plaisir de le faire, c'était une sorte de jeu entre nous à savoir qui piégerait l'autre le plus souvent. Et sur ce coup, je ne pouvais avoir le point puisque Nat s'était reprise avant de s'enflammer.

-Tu as l'humour d'un mourant. Allez, reste calme pendant que je joue à la docteure avec toi...

-Tout ce que tu veux, doc... J'adorerais jouer à un autre type de docteur avec toi, tu le sais...


J’essayais de faire rougir mon amie. Elle était très belle et elle savait que je n'étais pas insensible à son charme. Je lui disais souvent à quel point elle était belle et séduisante. Et je le pensais. Nat changeait souvent d'apparence et si elle avait du des beautés plus modestes dans le passé, celle de Katherine Sallander était frappante. Bien sur, il n'y avait pas que le physique, je veux dire, un mystère et une attirance venait directement de l'âme de Natassia. C'était ce mélange qui me plaisait vraiment.

-Oh, tu me connais : j'aime tout ce qui est déguisement et maquillage. J'ai vu une affiche de film et j,ai voulu la reproduire sur mon visage. Tu as mes tests sous les yeux. Il me reste encore plusieurs tests à faire avant d'essayer un maquillage complet, tu l'auras deviné.

Je regardai plus sérieusement les motifs et le design sur le visage de mon amie. J'avais de la difficulté à me concentrer sur ce qui était vraiment important de détailler ici, parce que ses faits étaient magnétiques. Le maquillage était très audacieux et coloré, mais c'était surtout très réussi. Je croyais bien reconnaître l'inspiration, d'ailleurs.

-En tout cas, moi j'aime beaucoup ce que je vois. Et je ne parle pas seulement de ton visage, mais aussi de ton maquillage. Tu as beaucoup de talent, braAH...

Je ne terminai pas ma phrase parce que la douleur me frappa soudainement. Je retins mon souffle en faisant une légère grimace. Je voulais garder un minimum de dignité en retenant mes gémissements.

-Ils ne t'ont pas manqué.

-Come on, c'est pas si mal... Et, tu me connais, je me suis assuré qu'ils ne puissent pas terminer leur oeuvre avant de venir ici...


Je pris une de ses mains qui massait ma blessure et la lui caressai doucement.

-Merci Nat... merci d'être toujours là pour moi et de prendre soin de moi... Tu es la seule qui est toujours là depuis tout ce temps et... ça compte beaucoup pour moi.

J'avançai doucement sa main et portai ses doigts à mes lèvres où je déposai un léger baiser. Puis, je remis sa main sur mon flanc, sans la lâcher. Je commençais à sentir le sommeil me gagner, mais je lutterais le plus longtemps possible.
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MessageSujet: Re: Tranche de vie [TERMINÉ] Mar 30 Juin - 19:54

Il tait difficile pour Natassia de conserver des amitiés sur le long terme, car sa propre personnalité variait en fonction de ses nouvelles identités. Si elle possédait une personne qui avait démontré des traits de caractère très forts, Natassia se les appropriait involontairement. Elle conservait sa propre personnalité comme base, mais celle-ci avait fini par se modifier et par prendre de petites parcelles de chacune de ses identités passées. Ainsi, lorsqu'elle passait à une nouvelle existence, la demi-déesse ne laissait pas complètement derrière qui elle avait été avec le visage qu'elle quittait.

Lorsqu'elle avait quitté New York sans avertissement, Natassia avait été en partie poussée à le faire par l'anxiété chronique de la jeune femme dont elle avait volé la vie. Elle considérait encore aujourd'hui qu'elle avait pris la meilleure décision en s'éloignant, mais elle ne ressentait plus la peur glaciale qui l'avait traversée, à l'époque, à la simple idée du danger qui guettait. Cette terreur était à blâmer pour son silence. Il lui avait semblé que parler s'avérait imprudent et que fuir au plus vite était la seule solution. Depuis son retour et après quelques recherches, elle savait très bien que son départ avait eu les résultats escomptés.

Katherine n'était pas une femme stressée et cette désinvolture avait aidé Natassia à chasser l'anxiété qu'elle traînait depuis déjà deux identités. Désormais, bien qu'elle ait tendance à s'inquiéter plus que la moyenne sur des sujets en particulier, elle s'en sortait assez bien.


-Tout ce que tu veux, doc... J'adorerais jouer à un autre type de docteur avec toi, tu le sais...

-Ouais et tu gâcherais mon maquillage avec ton sang.

Le plus difficile, avec Raphael, était de savoir quand il était sérieux. Il aimait tellement s'entourer de mystère qu'il devenait difficile à décoder. Du moins, c'était ce que Natassia trouvait. Parfois, c'était facile de l'analyser: s'il rageait contre quelque chose, il était toujours sincère. Kath et lui s'entendaient très bien sur ce point, désormais. Raph avait toujours eu une forte tendance à s'aveugler de rage, et ce, d'un manière assez triste du point de vue de son amie. Il avait été blessé si profondément qu'il transformait sa peine en colère dès que possible pour éviter de trop se laisser sombrer. Être fâché donnait une impression de contrôle que la tristesse ne pouvait prétendre offrir.

-Come on, c'est pas si mal... Et, tu me connais, je me suis assuré qu'ils ne puissent pas terminer leur oeuvre avant de venir ici...

C'était fou comment cet homme savait déborder d'une joie déplacée en situation critique. Il avait dû emmerder un bon lot de démons, dans le temps. Nat se garda bien de lui en faire la réflexion...

-Merci Nat... merci d'être toujours là pour moi et de prendre soin de moi... Tu es la seule qui est toujours là depuis tout ce temps et... ça compte beaucoup pour moi.

-Parce que tu es mon préféré au monde, voilà tout!


La demi-déesse força un rire léger à sa réplique mais, en regardant son vieil ami poser ses lèvres sur sa main, une ombre passa dans ses yeux. Sa confiance était bouleversante si on considérait que la trahison l'avait mené à tout perdre, de ses amis à sa nature même, et Natassia espérait ne jamais en être indigne, mais elle doutait. Par le passé, il lui était arrivé de mentir, d'abandonner des gens, de tuer... Elle était loin d'être une personne idéale et la perspective de décevoir Raphael lui était insupportable. Elle n'avait jamais autant eu l'impression qu'on comptait sur elle. Il lui fallait à tout prix s'avérer à la hauteur des attentes de Raphael.

La jeune femme sourit en voyant que son ami s'était endormi. Elle termina les soins qu'elle avait à lui prodiguer et alla lui chercher une mince couverture. Puis, après avoir bien vérifié qu'il dormait, elle s'éclipsa rapidement pour aller retirer son maquillage, non sans l'avoir photographié, comme elle le faisait avec chaque oeuvre et chaque test. Elle revint auprès de Raphael avec une couverture pour elle-même et s'allongea sur la civière à côté de la sienne et ferma les yeux en se demandant si son ami méritait d'aller déjeuner au restaurant le lendemain. Il n'avait pas été très sage.

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Tranche de vie [TERMINÉ]

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