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Samain en banlieue newyorkaise [Terminé]

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MessageSujet: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Ven 24 Oct - 20:21

Les journées de Merwyn étaient parfaitement réglées. Il se levait à 5h30 précises, s’occupait de ses animaux et prenait un petit-déjeuner copieux en écoutant la radio, quittait la banlieue Newyorkaise à 6h30, arrivait au travail vers 8h, toujours avec une belle longueur d’avance sur ses collègues. De treize à quatorze heure, il prenait son repas dans un bistro tranquille du quartier avec d’autres avocats, de bons clients qui désiraient profiter de leur propre pause pour parler affaires ou seul, en conversant aimablement avec un barman ou les clients accoudés au comptoir. Il fermait son bureau à 17h30, et selon l’obligation ou l’humeur, prenait des rendez-vous professionnel tardif dans un bar, s’autorisait une dernière bière seul avant de rentrer chez lui. Il retrouvait ses animaux, prenait un dîner léger vers 21h, lisait un peu, terminait quelque ouvrage manuel, et se couchait entre 23h et minuit. Pendant deux années, sa vie suivait une ligne presque parfaite. Ses semaines semblaient assez remplies pour ne pas souffrir de l’absence d’une famille, cette routine lui convenait. Il ne voyait d’ailleurs pas très bien comment il aurait pu intégrer une compagne, un enfant, au milieu d’un tel emploi du temps. De ce côté, il se répétait que son temps était passé. Comme les saisons, il reviendrait certainement un jour, mais certaines périodes de l’existence passaient très lentement et, avec un bon demi-millénaire à occuper, on peut accepter cette idée plus facilement qu’un humain. Il avait bien vécu, entouré des siens, il se résignait à la solitude avec sagesse. Ou, en tout cas, il voulait y croire.

Depuis le début du printemps, sa vie connaissait quelques changements. Les plus visibles se jouaient bien sûr sur le plan professionnel. Il devenait un avocat en vue, sa clientèle s’élargissait, les cartes d’invitation se multipliaient, de plus en plus de monde s’intéressait soudain à sa vie personnelle et lui renvoyait sa situation de célibataire en plein visage. Au début, il avait tenté de rester discret, puis, à demi-mots, il était passé aux aveux douloureux pour faire taire les curieux : sa femme n’était plus, ses enfants non plus – il prétendait généralement en avoir deux – et il ne se sentait pas encore prêt à s’engager dans une autre histoire. La technique avait fonctionné au début. Puis, à force de le voir trainer son deuil seul, un certain nombre de personnes bien intentionnées s’étaient mises en tête de « l’aider » en insistait lourdement sur le célibat de toutes les femmes de moins de trente-cinq ans qu’on lui présentait. En même temps, un événement tout à fait anodin prenait une importance inattendue. A cause d’une étudiante rencontrée dans un parc, il possédait un nouveau compagnon, un petit chien baptisé Aedd, pour honorer la mémoire du vieil épagneul de son enfance. Le nouvel arrivant le ramenait à son passé. Il avait toujours noué des liens très forts avec ses chiens, braves compagnons de toutes ses virées en forêt. Il s’occupait du chiot un peu comme de son enfant, chose qui, au lieu de combler un vide, ne faisait que l’élargir. Car il réalisait le manque, et un chiot ne pourrait jamais remplacer un enfant, ses enfants. Son affection pour la petite créature se superposait aussi, en quelque sorte, avec l’inconnue du parc. Elle lui avait fait une vive impression, assez pour rester en contact avec elle. Ce n’était vraiment pas une habitude. Pourtant, après de longues hésitations, il avait écrit un message à Nichole pour lui proposer un verre, en toute innocence pensait-il, simplement parce qu’il appréciait sa conversation, désirait en apprendre davantage sur cette personne à l’apparence si gentille et douce.

Et le rendez-vous s’était déroulé en toute innocence. Puis d’autres avaient suivis, plus ou moins espacés selon leurs disponibilités. Il était plus attaché qu’il ne voulait se l’avouer à ces heures de détente prises avec une jolie jeune fille après son travail. Assez rapidement, il s’était demandé si Nichole pourrait lui offrir un nouveau départ, mais il n’osait y réfléchir trop sérieusement. Pour lui, l’engagement restait une affaire sérieuse, qui ne pouvait se baser sur quelques belles discussions dans un bar. L’étudiante acceptait de le voir, il appréciait sa présence, n’était-ce déjà pas bien suffisant ? Mais les relations ne se nouaient plus comme au début du XXe siècle, et la patronne de Venus Industries – soit Vénus elle-même – le lui avait bien fait comprendre en l’invitant à un cocktail mondain. Il devait, comme à Londres, en finir avec son image de vieux garçon, trouver une bonne candidate et en faire sa compagne officielle. Malheureusement, Nichole ne correspondait pas aux critères souhaités. D’abord, elle était encore étudiante mais, surtout, il ne voulait rien précipiter avec elle pour l’utiliser… Le calcul était mauvais, cependant, Merwyn ne savait plus du tout où il en était. Par peur de blesser la jeune femme sans le vouloir, il se prétendait de plus en plus occupé pour éviter de la rencontrer, puis, ne pas avoir à lui avouer qu’il se rendait à une soirée huppée avec une autre femme qu’elle. Cette gêne, alors qu’ils n’étaient absolument pas ensemble, n’était-elle pas étrange ? Il avait tout fait pour ignorer ces premiers signes, il l’avait payé à la soirée de Vénus. A trop lutter contre ses penchants, on finit toujours pas craquer, et il se maîtrisait très bien, il restait un être vivant, un demi-faune, un être faillible qui osait se croire invincible.

Et il se sentait bête, très bête. D’une, d’avoir voulu gérer la totalité de ses pulsions. De deux, d’avoir mis en danger son image publique à cause de cela. De trois, de ne pas avoir davantage suivi, pour une fois, cette chose qu’il comprenait assez mal et que les gens normaux nommaient sentiments. Après avoir longuement culpabilisé, il avait éprouvé le besoin de reprendre contact avec Nichole, avec une femme tellement plus « vraie » que les mannequins déglinguées de cette horrible soirée. Dire qu’il se sentait prêt à franchir le pas cette fois serait surestimer Merwyn. Non, encore cinq minutes avant de retrouver l’étudiante, il ne se trouvait pas suffisamment certain pour se montrer plus aventureux. Et, finalement, les choses étaient allées toutes seules. Elle lui avait demandé ce qu’il devenait, il avait évasivement évoqué le cocktail, et ces soirées perturbées par les mondanités pour justifier son manque de nouvelles, mais la jeune femme s’était agrippée à se détail. Il comprit, à cet instant, qu’elle redoutait son abandon et, surtout, elle s’inquiétait d’apprendre qu’il fréquentait d’autres femmes, qu’elle imaginait plus belle que lui. Ils n’étaient liés par aucun serment et pourtant, à la manière dont elle lui forçait presque à jurer qu’il ne voyait pas d’autre femme, il semblait qu’elle était à lui. Et, à sa manière de soutenir qu’il n’avait fréquenté personne depuis leur dernière entrevue, avec la peur d’être démasqué, pris en faute, il comprenait qu’ils s’enlisaient pour n’importe qui alentour dans une de ces pénibles disputes de couple. Alors… s’ils en étaient déjà à ce stade, pourquoi pas ? Il n’était pas obligé de nouer un pacte avec un mannequin en vue, s’il pouvait donner une chance à une fille qui, apparemment, lui plaisait. De toute façon, Nichole savait plus clairement ce qu’elle désirait. La vile créature sut le prendre suffisamment au dépourvu pour le pousser dans ses derniers retranchements, lui faire dire qu’il préférait de loin sa compagnie à celle d’un modèle photo, et, au final, l’inviter chez lui pour samain, afin de lui « prouver » que toutes ces femmes qu’elle jalousait ne comptaient pas.

Ainsi, le sort était jeté, pour cette soirée du 31 octobre qui tombait avantageusement un vendredi. Merwyn avait pris son après-midi afin de tout préparer à la perfection. Il n’avait plus célébré la fête des morts depuis quelques années, et il s’agissait pourtant d’une date très importante dans son cœur celtique. Il ferait découvrir un bout de sa culture à Nichole, à elle de décider si elle voulait rester ou non ensuite. Une fois le repas préparé, il rangea sa maison – décorée avec l’intention visible de créer une sorte d’intérieur médiéval, avec ses meubles rares mais en bois épais, ses nombreux tapis et tapisseries d’inspiration médiévale -, dissimula quelques photos familiales trop anciennes pour ne pas éveiller les soupçons, mais n’eut pas le cœur à retirer une photo ovale de sa femme, et la peinture que la belle nymphe avait faite de deux de ses filles. Après tout, cela ressemblait juste à un tableau bucolique d’inspiration mythologique. Plus étonnant étaient la quantité de livres très anciens rassemblés dans sa bibliothèque, et un nombre assez invraisemblable de plantes en pot dans son salon. Pour ajouter la touche Samain de la soirée, il éteignit toutes les lumières, ne laissant qu’un très faible feu dans l’âtre, et des bougies dans toutes sortes de courges trouées sur le coin des meubles, et dans l’allée qui menait jusqu’à chez lui. La tradition avait l’avantage de forcer d’emblée une ambiance très intimiste.

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Dernière édition par Merwyn Caerwyn le Lun 3 Aoû - 18:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Mar 25 Nov - 19:29

La semaine de lecture, que certains osaient nommer semaine de congé, de Nicky était déjà derrière elle. Les cours avait repris depuis maintenant deux semaines avec encore plus de travaux et d'examens qu'avant ce qui, en réalité, était surtout une pause de coeurs pour se mettre à jour ou pour essayer de prendre de l'avance sur les tâches à accomplir. La jeune femme avait bien profité de ce temps supplémentaire pour travailler très fort. Nichole était intelligente, mais elle ne possédait pas cette facilité de compréhension et d'absorption presque surnaturelle dont certains élèves de ses cours semblaient dotés. Il lui fallait étudier et travailler pour obtenir de bons résultats scolaires. Elle se situait toujours au-dessus de la moyenne dans toutes les matières, mais elle ne devait pas se relâcher. Elle l'avait testé quelques fois et ses résultats désastreux l'avaient convaincue de concentrer le plus d'énergie possible sur ses études.

Nicky était toujours ponctuelle. Elle s'y prenait à l'avance, que ce soit pour se préparer, se déplacer, étudier, effectuer une recherche ou même acheter des cadeaux pour des occasions spéciales. Ainsi, tous ses travaux étaient remis avant la date demandée, lorsque c'était possible, ou alors au moment souhaité, mais terminés depuis un bon moment. Cette manière de fonctionner lui avait fait voir les travaux d'équipe comme un pur cauchemar. Les personnes normales faisaient tout à la dernière minute. Elles se convainquaient qu'elles avaient plein de temps et remettaient leurs tâches à plus tard. Puis, elles se retrouvaient avec une montagne à franchir quelques jours avant la date limite et elles bâclaient leur travail en se comportant comme si personne n'allait le noter. Nichole le remarquait toujours. Peu de choses la stressaient autant qu'attendre la partie du travail d'une autre personne qui prenait son temps. La jeune femme se devait d'inspecter les recherches et les textes des autres personnes, car elle ne souhaitait aucunement risquer de voir sa propre not en être affectée. Malgré sa timidité et son envie continuelle de passer inaperçue, Nicky se voyait parfois dans l'obligation de modifier les parties des autres, avec ou sans leur consentement. Elle n'était peut-être pas une leader prenant facilement les rênes d'un groupe, mais elle était suffisamment perfectionniste pour se permettre un peu d'altérations de textes.

Quand Merwyn avait contacté Nichole, celle-ci en avait presque dansé. Elle débordait toujours d'une joie stupide et immature lorsqu'un homme lui témoignait un quelconque intérêt. Elle avait trouvé leur premier rendez-vous très romantique et empreint de courtoisie, ce qu'elle avait beaucoup estimé. Les hommes d'aujourd'hui ne pensaient qu'à aller rapidement à la chambre à coucher. Merwyn savait tenir une conversation et traitait la jeune femme avec respect. Néanmoins, cette politesse l'avait un peu mise mal à l'aise avec le temps. Au bout de plusieurs rencontres, après que le bel homme n'ait rien tenté en sa direction, la jeune blonde s'était sentie rejetée. Elle appréciait Merwyn en tant qu'ami mais, à la base, elle avait espéré beaucoup plus.

Puis, son nouvel ami s'était mis à l'éviter. Nichole avait bien compris que ses soudaines occupations n'étaient que des excuses pour ne pas la voir. Elle en avait été fort blessée. Après Andrew qui l'avait bêtement laissée tomber sans même daigner répondre à ses messages ou encore lui dire clairement qu'il ne voulait plus la voir et Anthony qui l'avait vue nue et l'avait accompagnée à une fête pour l'y abandonner au profit d'une vulgaire fille aux cheveux rouge délavé et qui avait ensuite agi envers elle comme si cette soirée n'avait pas été un rendez-vous, Nichole en avait marre qu'on se joue d'elle. Elle avait donc décidé de l'ignorer, elle aussi. Elle avait cessé de le contacter et cessé de lui demander des nouvelles, même si elle avait conservé son numéro dans son téléphone. Quand Merwyn lui avait écrit, elle avait même résisté toute une journée avant de lui répondre. Elle s'était certes maudite d'avoir accepté de le revoir, mais elle n'avait tout de même pas pu résister. Savoir qu'elle lui avait manqué l'avait comblée de joie.

Malgré sa volonté de paraître indépendante et détachée, elle n'avait pu s'empêcher de poser mille questions à Merwyn ce soir-là. Elle voulait savoir ce qui l'avait éloigné d'elle et si cette soirée était un nouveau départ ou simplement un petit épisode isolé dans leur vie. Quand le bel homme avait mentionné les mannequins, elle l'avait bombardé de questions. Si Merwyn avait un faible pour les belles femmes misant sur leur corps pour se faire un chemin dans la vie, elle préférait le savoir dès maintenant et tourner la page. Nicky se savait moins belle que la moyenne, mais elle croyait de plus en plus que ce n'était pas une raison pour qu'on joue avec ses sentiments. Elle avait donc questionné Merwyn pour se faire une idée sur sa perception des femmes. Celui-ci lui avait justement assuré qu'il n'avait pas sérieusement fréquenté de mannequin, ce qui avait ravi la jeune femme. Le bel homme avait même ajouté qu'il préférait une vraie fille, comme elle, plutôt que ces créatures esclaves des appareils photos. Nicky n'avait pas été complètement convaincue par cette confidence: aucun homme ne pouvait lever le nez sur une femme magnifique. AUCUN. Toutefois, l'intention de Merwyn de lui faire plaisir l'avait touchée. Comme leur conversation l'avait convaincue que le jeune homme n'était pas un connard comme ses dernières fréquentations, elle avait accepté son invitation chez lui.

Nicky avait bien cherché quoi mettre pour cette soirée de Samain chez Merwyn. Elle avait cherché sur le Web sur le sujet mais, n'ayant rien trouvé de spécialement pertinent concernant les vêtements idéaux, elle avait décidé de se vêtir sobrement, mais avec chic. Elle avait donc enfilé une robe vert forêt à manches longues, serrée à la poitrine, mais retombant librement à partir de la taille jusqu'au bas de la cuisse. Une texture subtile et abstraite couvrait l'entièreté de la robe. Nicky y avait agencé des collants noirs, légèrement transparents. Elle n'avait pour seuls bijoux que de petites perles aux oreilles. Après avoir essayé plusieurs coiffures, elle s'était résolue à laisser sa chevelure onduler librement sur ses épaules. Quelques passages devant le miroir l'avait fait y ajouter quelques larges boucles avec l'aide de son fer à friser. Son maquillage était simple, peu apparent, mais efficace pour donner de la profondeur à son regard.

La jeune femme passa la porte de la demeure de Merwyn avec un sourire se voulant chaleureux, mais elle était plutôt nerveuse. Elle lui tendit son manteau noir et retira ses petites bottes de la même couleur.


-Merci encore pour l'invitation...mais il va falloir que tu me guides: c'est ma première soirée de Samain!

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Mar 16 Déc - 16:11

Au premier son d’un moteur dans l’allée, Aedd se mit à aboyer. Il alertait à la fois son maître qu’un intrus pénétrait ses terres et remuait la queue dans l’espoir de fêter la venue d’un nouvel ami. Il faut dire que le jeune chien n’avait plus eu l’occasion de rencontrer d’autres humains depuis qu’il vivait ici. Merwyn montra moins d’excitation. Au contraire, le fait de recevoir Nichole chez lui pour une soirée à la conclusion aussi implicite qu’incertaine, lui nouait la gorge. Mais il ne devait pas céder à la panique. Il se jurait d’être un hôte exemplaire, s’interdisait de mettre son invitée mal à l’aise. Avant d’aller l’accueillir, il jeta un dernier regard anxieux à son reflet. Choisir sa tenue pour une telle occasion avait été compliqué. Il ne pouvait paraître trop négligé et, en même temps, le dîner n’était pas assez officiel pour être sur son 31, dans une tenue qui risquait d’en dire un peu trop long sur ses possibles intentions. Il choisit donc une tenue de fête plus proche de ses goûts que les tristes costumes trois pièces qui, au fil des ans, devenaient de moins en moins fantaisistes. Sur un jean des plus classiques, il s’autorisa le port d’une tunique courte lie-de-vin, taillée dans un tissu souple et dont les bords étaient traversés par un fin liseré doré. Il voulait être vu avec une tenue plus traditionnelle, même s’il fallait toujours composer avec la modernité. Comme il n’était pas certain de la réaction de la jeune femme et que beaucoup de citadines détestaient tout ce qui sortait de l’ordinaire, il ne rajouta pas de bijoux. Il ne pensait pas qu’à ce stade de leur relation, et avec si peu d’information sur sa vie passée, elle comprît son sens très vieilli de l’élégance.

Il découvrit avec plaisir une Nichole très charmante. Même s’il l’aurait accueilli avec le même ravissement si elle s’était présentée avec un parfait naturel, il devait reconnaître que la trouver plus apprêtée qu’à leurs derniers rendez-vous faisait son petit effet. Il apprécia le vert de sa robe, la finesse évidente de sa taille, le maquillage discret de ses yeux, et, surtout, ses cheveux lâches aux boucles travaillées qui embellissaient son visage. La manière avec laquelle une jolie fille arrivait à se métamorphoser en créature sublime avec de simples artifices l’avait toujours impressionné. Les humaines réussissaient de ces moments à se faire les presque égales des déesses, quoiqu’il leur manquât toujours un petit quelque chose pour que ce fût aussi grandiose. Cependant, Nichole lui donnait l’impression d’être plus qu’une simple habitante de New-York. Elle n’était pas comme les autres, et il ne le pensait pas seulement parce qu’il appréciait sa compagnie. Il était convaincu que nombre de ses secrets ne demandaient qu’à se révéler. Un large sourire s’étira sur ses lèvres tandis qu’il s’avançait vers elle et lui tendait le bras pour l’aider à se repérer sur le chemin obscur qui menait jusqu’à sa maison.

- Bonsoir Nichole. Merci d’avoir bien voulu faire le déplacement jusqu’à mes terres hostiles, dit-il en plaisantant. Tu es vraiment ravissante. Je suis désolé de t’accueillir dans un jardin si peu éclairé mais il nous faudra céder à la tradition ce soir. La soirée de Samain marque le début des longues nuits, et le retour des esprits sur terre. La légende veut qu’une maison trop éclairée s’attire les mauvaises âmes égarées.

Il racontait cela tout en poussant la porte de la maison et en aidant la jeune femme à retirer sa veste. Une certaine ferveur dans sa voix laissait planer le doute sur la valeur qu’il accordait à ses histoires. Des légendes ? Oui, et non. Les fantômes pouvaient revenir, ce soir plus qu’aucun autre, mais seuls les mauvais esprits s’invitaient sans avoir été appelés. Les belles âmes pouvaient s’invoquer, mais Merwyn s’était toujours refusé à essayer d’appeler sa femme. On ne savait jamais vraiment à quoi l’on jouait lorsqu’on essayait d’entrer en contact avec les morts et personne ne pouvait affirmer que l’on réveillait plus qu’un souvenir évanescent, capturé dans le présent. Sa quelque chose de sa femme subsistait en ce monde, il espérait qu’il soufflait à travers les branches de leur forêt galloise, et entre les ruines de son château. Il ne serait pas cruel au point de l’attirer en Amérique.
Il conduisit Nichole jusque dans la salle à manger. Les flammes dansaient en tous coins, dans les courges, sur des bougies, près de fruits fraîchement cueillis, de plantes aromatiques et de viandes qui séchaient. Sa maison semblait presque sortie d’un conte de fée, un havre douillet, perdu au milieu des ténèbres. Merwyn proposa à la jeune femme de s’installer d’abord sur un canapé en cuir épais, couvert d’un plaid très doux, avant de passer au repas. Il avait déjà disposé une bouteille de champagne dans un saut à glaçon et quelques amuse-gueule sur la table-basse.

- J’espère que tu te sentiras à tes aises ici. J’ai vécu si longtemps à la campagne que j’ai voulu reconstruire un bout de mon ancienne vie. C’est toujours un réconfort après une journée en centre-ville.

Il leur servit un verre à chacun dans une flûte de cristal. Bien qu’il préférait la bière, il n’imaginait pas accueillir cette jeune fille de la ville avec une choppe. Ce serait pour le repas, si elle le souhaitait. Aedd les rejoignit en trottinant et se dandinait autour de Nichole en espérant recevoir des caresses. Bien qu’il le n’ait vue qu’une fois, il semblait en avoir gardé un assez vif souvenir.

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Lun 12 Jan - 19:52

Nichole menait habituellement sa vie amoureuse de manière plutôt désastreuse. Elle était facilement attirée par les mauvais garçons. Ce goût lui venait peut-être de son passé d'enfant et d'adolescente rejetée. Les garçons supposément bien élevés l'évitaient à l'époque, car elle représentait la classe à laquelle il ne fallait pas être associé. Si on était vu avec Quasinicky, on devenait comme elle: un paria. Les exclus se regroupaient donc ensemble et il ne restait à Nicky comme fréquentations que les cancres, les délinquants et autres cas tous moins reluisants les uns que les autres. Avec le temps, elle avait appris à voir les bons garçons comme des buts inatteignables pour elle, sans trop s'en rendre compte, et elle avait volontairement repoussé ou ignoré les avances de certains de ceux-ci, intimement convaincue qu'elle n'était pas assez bien pour eux.

C'était un peu ce qui s'était produit avec Anthony. Une partie de la jeune femme avait espéré bâtir autre chose qu'une relation d'amitié avec lui, mais elle avait fini par trouver des raisons pour garder le jeune homme dans une zone sécuritaire de laquelle il n'avait pas le droit de sortir. Elle s'était persuadée qu'Anthony ne pouvait pas être intéressé par elle et qu'il préférait des filles totalement différentes d'elle, comme cette bombe de la fête pour laquelle il l'avait abandonnée. Dans les faits, le journaliste avait réellement été appelé pour son travail, mais sa cavalière avait choisi de croire qu'il était parti avec Milda. Nichole avait retenu chaque détail de cette fille et s'était fait un honneur de tous les détester: son nom débile probablement donné par une maman qui voulait faire original, sa minceur certainement naturelle - donc sans possibilité de provenir de réels efforts générant satisfaction et mérite, sa poitrine plus généreuse que la sienne qui ne pouvait qu'être accentuée par un soutien-gorge rembourré, sa pâleur maladive, ses grands yeux trop mélancoliques pour ne pas être hypocrites, ses lèvres pulpeuses tellement vulgaires, sa chevelure d'une couleur si peu naturelle qu'on aurait dit celle d'une adolescente en manque d'attention... Nichole avait transformé en défauts toutes les caractéristiques qu'elle avait pu noter sur Milda, simplement parce que celle-ci avait retenu l'attention d'Anthony.

Il y avait des mois que cette soirée s'était déroulée et la relation que Nichole entretenait avec Anthony n'avait pas évolué. Ils étaient toujours de bons amis et rien de romantique n'était près d'arriver entre eux, malgré cette fête sur laquelle la jeune femme comptait pour changer les choses.

Rencontrer Merwyn avait beaucoup fait rêver Nicky, mais celle-ci était restée fidèle à ses habitudes: elle avait privilégié la crainte à la confiance. Aussi, plutôt que foncer et essayer de faire comprendre au bel homme son envie de se rapprocher de lui, elle avait accepté son amitié, puis son éloignement. Toutefois, quand il l'avait recontactée, elle avait bondi sur l'occasion avec enthousiasme.

Ce soir-là, la jeune femme avait fait des efforts pour être à son meilleur, espérant qu'il s'agissait bien d'un rendez-vous. Néanmoins, sa nervosité prenait racine bien plus loin que la fébrilité précédant une soirée romantique. Nicky ne se sentait pas à la hauteur. Pas du tout. Elle connaissait suffisamment sa valeur, aujourd'hui, pour être prudente et refuser les cas trop sévères qui s'intéressaient à elle, mais elle se sentait toujours toute petite à côté des calques de ces garçons populaires ou de ceux qui réussissaient bien et qui faisaient comme si elle n'existait pas, il y avait des années de cela.

Nichole fut agréablement étonnée de l'habillement de Merwyn. Habituellement, il était vêtu de manière normale pour un homme travaillant pour la mairesse de New York: avec un chic pratique et banal. Ce soir, il portait une tenue spéciale que la jeune femme devinait inspirée par l'évènement. Il ne paraissait pas costumé, bien sûr, mais sa tenue était originale. Ce fut d'ailleurs avec joie, et un peu de gêne, qu'elle s'agrippa au bras qu'il lui tendait.


- Bonsoir Nichole. Merci d’avoir bien voulu faire le déplacement jusqu’à mes terres hostiles.

-Je n'y peux rien: j'aime vivre dangereusement!


Cette blague était d'autant plus comique si on prenait en compte la vie bien rangée de la jeune femme.

-Tu es vraiment ravissante.

-Et tu es très beau...je veux dire ta tenue.

Les maladresses commençaient tôt.

-Je suis désolé de t’accueillir dans un jardin si peu éclairé mais il nous faudra céder à la tradition ce soir. La soirée de Samain marque le début des longues nuits, et le retour des esprits sur terre. La légende veut qu’une maison trop éclairée s’attire les mauvaises âmes égarées.

-Alors ne les attirons pas!


Nichole se sentait plutôt nerveuse quant à l'issue de cette soirée mais, en même temps, elle ressentait une joie certaine ainsi que de l'excitation à la pensée que Merwyn l'ait choisie pour partager ce moment avec elle plutôt qu'avec quiconque au monde.

La découverte de la maison de Merwyn de ses propres yeux n'aida pas Nichole à se sentir à l'aise. La richesse de la décoration, facile à deviner malgré la pénombre, était bien loin de la modestie de son appartement d'étudiante. La jeune femme remarqua spécialement les meubles massifs qui devaient valoir une fortune. À eux seuls, ils marquaient le fossé entre elle et son hôte. Nicky fit de son mieux pour ravaler les émotions négatives et elle reporta son attention sur les efforts mis par Merwyn pour créer une ambiance propre à ce genre de fête. Une fois installée sur le canapé, avec une désinvolture calculée, Nichole se força à avaler l'un des amuse-gueules disposés sur la table, et cette activité lui demanda beaucoup d'efforts. Elle ne voulait pas décevoir son hôte, mais manger était loin d'être ce qu'elle préférait faire.


- J’espère que tu te sentiras à tes aises ici. J’ai vécu si longtemps à la campagne que j’ai voulu reconstruire un bout de mon ancienne vie. C’est toujours un réconfort après une journée en centre-ville.

Si longtemps...son ancienne vie... Nichole avait eu l'impression que Merwyn n'avait que quelques années de plus qu'elle et elle ne l'avait jamais questionné à ce sujet, mais il s'exprimait comme une personne au bord de la retraite.

-Pardonne-moi si je suis indiscrète...mais quel âge as-tu exactement? Par pure curiosité...

En parlant, elle l'avait regardé préparer le champagne avec un certain délice: cette boisson n'était pas sa préférée, mais elle appréciait tout ce qu'il sous-entendait quant à l'importance de sa présence ce soir. Elle prit ensuite sa flute en laissant son regard vagabonder sur le décor au allures surnaturelles.

-J'adore ton éclairage...et tout le reste.

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Jeu 22 Jan - 19:17

Quand il y songeait, il était étrange d’accueillir quelqu’un dans cette maison pour la première fois depuis son emménagement, ce qui le ramenait plus d’un an en arrière. Il s’était créé son petit espace, avait commencé à y accumuler les affaires et un peu de désordre, sans qu’aucun autre regard que le sien ne vienne se poser sur les pièces, les meubles, les objets. Nichole pénétrait une maison plus curieuse qu’il ne le pensait, marquée par le passé, les souvenirs, le besoin de feindre sa vie au Pays de Galles. D’ordinaire, les portraits de sa défunte famille envahissaient les murs. Les retirer lui avait semblé criminel mais il avait fini par céder, le cœur serré, la main tremblante. Ce soir, au lieu d’ouvrir sa demeure aux fantômes, il les chassait, il apportait la vie dans un intérieur d’apparence douillet et, en vérité, profondément lugubre. C’était une bonne chose. Il en était convaincu et, pourtant, ses sentiments restaient ambivalents. Malgré sa certitude de connaître une longue vie, ses chances de rencontrer une humaine à laquelle il survivrait, Merwyn n’avait envisagé de plans au-delà de sa première femme. Bien sûr, en épousant une dryade, la question de l’âge ne se posait plus vraiment, mais, aujourd’hui, l’idée de devoir mener plusieurs existences le terrifiait. Etait-ce pour cela que le peuple des forêts rejetait l’idée de couple ? Parce que les chances de passer un millénaire avec une personne étaient ridicules ? Peut-être. Mais il voulait y croire. Et la pensée de remplacer sa femme par une autre restait douloureuse. Il craignait d’arriver à en aimer une autre autant, parce que ce serait, en quelque sorte, une insulte à sa mémoire, à ses promesses, et peut-être une négation de ce quelque chose qui subsistait d’elle et qui l’attendait dans un monde immatériel. S’il n’avait pas été à moitié faune, les choses auraient été moins compliquées, croyait-il. Mais sa nature lui refusait une totale abstinence. Et quelque part dans son subconscient, il rejetait la solitude, voulait revivre quelque chose d’assez fort pour ne pas passer les prochains siècles à remâcher tristement ses souvenirs.

Quand il retrouvait Nichole, le passé se dissipait un peu, il découvrait un présent agréable. Ce soir, même si quelques doutes subsistaient, il espérait que la jeune femme aurait assez de charme en elle pour l’empêcher de reculer. Et, après quelques plaisanteries complices échangées, assis à côté d’elle dans le canapé, il se sentait l’âme un peu plus légère. A nouveau, l’envie de lui parler, d’en apprendre un peu plus sur elle, et de lui livrer une partie de son monde, prenait le dessus. Nichole était mignonne, gentille, une fille simple, modeste, mais plus intelligente qu’elle n’en avait l’air, une compagne parfaite. Il ne voulait pas de ces beautés pulpeuses du cocktail de Venus Industries, plus intéressées d’attirer les regards, les compliments, que de construire des relations saines, stables. Elles finissaient souvent par avouer souhaiter tout le contraire de ce qu’elles laissaient paraître d’ailleurs, se plaindre des hommes qui les prenaient pour des trophées, des gens qui n’arrivaient pas à voir au-delà de leur plastique, mais Merwyn les trouvaient ridicules. Elles faisaient tout pour attirer ce genre de malheur, avaient une idée de ce qui était bon, mais étaient trop dépendantes de l’admiration des autres, de leur narcissisme creux, pour se donner les moyens d’accéder à leur bonheur. Elles rejetaient la faute sur les autres, à croire qu’il fallait entrer et sortir de leur jeu selon leurs désirs du moment. Nichole se dévalorisait toujours par rapport à ces femmes, mais il ne la pensait pas plus laide qu’une autre. Elle avait juste des valeurs trop suffisamment ancrées en elle pour ne pas réussir à les imiter. Au fond d’elle, elle cherchait le bonheur plus que l’admiration, il en était convaincu.    

En parlant plus à son aise, Merwyn n’avait pas beaucoup réfléchi à la curiosité de ses discours dans la bouche d’un homme qui semblait à peine âgé de trente ans. Aussi, la question hésitante de la jeune femme le figea un instant. Quel humain aussi jeune éprouverait-il le besoin de vivre dans une maison pareille, même si ses parents l’avaient habitué à un décor d’un autre temps ? Et il se rendait bien compte qu’il parlait du passé comme s’il avait déjà vécu une existence complète. Et c’était le cas. Il demeura pensif et plongea ses lèvres dans sa coupe. Nichole complimenta son intérieur. Au moins, elle ne s’y sentait pas mal à l’aise. Décidant de jouer la franchise outrageuse, Merwyn lança avec un sourire :

- Je suis bien plus âgé que je n’en ai l’air ! Mais tu sais, je crois surtout que je n’ai jamais réellement été jeune puisque je garde un goût pour les vieilles choses, ajouta-t-il plus sérieusement. Je trouve rassurant que les objets aient des histoires, même si je ne connais absolument pas celles de cette maison. Ma famille a réussi à conserver un château mille ans. Un petit château qui ne payait pas de mine mais tout de même, j’ai toujours eu l’impression que mes ancêtres se sont battus pour me laisser la chance d’en profiter à mon tour. Ça peut paraître ridiculement obstiné, mais j’ai du mal à accepter que toute cette mémoire ne vive aujourd’hui plus qu’à travers moi, alors si je n’essayais pas de faire semblant, ce serait pire.

Il avait parlé d’une voix légère, en commençant par ce qui lui semblait le plus facile à dire. Merwyn n’imaginait pas nouer une relation avec Nichole en restant dans la dissimulation. Ce ne serait pas lui, ce ne serait pas vrai. Il avançait déjà à visage caché au quotidien, il voulait une personne qui lui permettrait de se montrer au naturel. Cependant, la jeune femme ne serait peut-être pas capable de tout accepter. En laissant ouverte la possibilité qu’il fût bien plus âgé que son âge, il espérait bien sûr pouvoir évaluer sa réaction mais la tournure de sa question lui laissait penser qu’elle était assez informée pour envisager la possibilité qu’il ait « l’âge de la tombe » malgré ses allures de freluquet. Après tout, il devinait quelque chose chez elle, une force magique qui attirait les animaux. Des doutes subsistaient encore, beaucoup d’humains niaient leurs dons, mais même si elle ne croyait pas en la sorcellerie, il pourrait l’initier et donc la mettre dans la confidence sans crainte avec le temps. Il ne pensait pas, de toute manière, être capable de tomber sous le charme d’une simple humaine, et ce n’était pas souhaitable. Les humains étaient bien trop inférieurs à tous les autres.

- Je suis heureux que ma maison te plaise. J’aimerais te dire que j’avais peur que le manque de modernité te freine un peu, mais ce serait me mentir à moi-même… sinon, je n’aurais jamais été touché par ta sensibilité, continua-t-il en maquillant sa flatterie par une voix douce.

Dire que Merwyn ne séduisait pas souvent serait également mentir. Il savait particulièrement bien comment se faire apprécier lorsque la situation l’exigeait mais, le risque de faire succomber involontairement une femme avec son petit jeu le freinait souvent. Or, ce soir, l’envie de séduire prenait le dessus et l’avocat coincé auquel son entourage était habitué changeait subtilement de visage.[/color]

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Mar 10 Mar - 18:58

Nichole accordait beaucoup d'importance à l'apparence, autant pour ce qui était d'elle-même que des autres. Pour elle, une personne qui ne prenait pas soin de ce dont elle avait l'air ne méritait pas son attention. Nicky comprenait que certaines personnes préféraient s'habiller de manière moins féminine ou plus sexy, ou encore pas spécialement à la dernière mode, et elle n'avait rien contre en autant que la personne paraissait soignée. Elle était naturellement plus intéressée à apprendre à connaître une personne bien vêtue et bien coiffée qui respectait les meilleurs standards vestimentaires. Elle avait rapidement apprécié que Merwyn ne paraisse jamais négligé.

D'ailleurs, ce soir, elle adorait sa tenue originale et trouvait qu'elle lui allait très bien. Si Nicky privilégiait les tenues plus classiques pour sa propre personne, elle aimait observer les vêtements sortant de la norme. Dans ces magazines qu'elle épluchait assiduement, la section avec des photographies artistiques et colorées montrant les looks les plus poussés retenait toujours sont attention. Jamais elle n'oserait porter du jaune canari, mais il lui semblait que les jolies mannequins avaient le droit, elles, de sortir du lot. Elle se permettait parfois de petites fantaisies elle-même, mais il lui fallait beaucoup de courage pour les porter en public.

Lorsque Nicky regardait un homme, habituellement, elle cherchait insconsciemment des caractéristiques à apprécier chez celui-ci. Elle s'était programmée à admirer les hommes et à chercher comment leur plaire, souvent maladroitement. Quand il était question d'une femme, la jeune étudiante avait plutôt tendance à trouver machinalement des points à détester, ce qui lui permettait d'essayer de contourner son impression d'être inférieure aux autres femmes. Si une femme se mettait dans son chemin, comme Milda avec Anthony, l'animosité de Nichole envers celle-ci se multipliait par mille et elle se laissait aller à une haine peu justifiable pour chaque détail qu'elle pouvait tourner contre l'autre femme. Un joli sourire devenait hypocrite, de grands yeux brillants signifiaient des intentions impures, des courbes bien proportionnées criaient l'usage d'artifices cachés sous les vêtements... Nicky devait se convaincre que les autres femmes se sentaient aussi moches qu'elle et qu'elles se paraient de mensonges pour cacher leurs imperfections.  Si, par malheur, elle ne pouvait nier, par exemple, que la peau magnifique d'une autre femme ne devait pas sa couleur et son apparence lisse à l'usage de produits miraculeux, la vérité la plongeait dans un désespoir frôlant le ridicule. Soit elle faisait une obsession sur cette rivale mieux armée qu'elle, soit elle ne cessait de songer à comment son propre corps n'avait rien de très esthétique et féminin. Le même type de réaction pouvait suivre la découverte de grandes qualités psychologiques chez d'autres femmes.


- Je suis bien plus âgé que je n’en ai l’air ! Mais tu sais, je crois surtout que je n’ai jamais réellement été jeune puisque je garde un goût pour les vieilles choses.

Mais quel âge pouvait-il avoir? Nichole ne songea pas à la magie, à cet instant précis, et fut plutôt gagnée par un doute purement basé sur ses connaissances du corps humain. Merwyn ne pouvait pas paraître un si grand nombre d'années plus jeune que ce qu'il était en réalité, non?

-Je trouve rassurant que les objets aient des histoires, même si je ne connais absolument pas celles de cette maison. Ma famille a réussi à conserver un château mille ans. Un petit château qui ne payait pas de mine mais tout de même, j’ai toujours eu l’impression que mes ancêtres se sont battus pour me laisser la chance d’en profiter à mon tour. Ça peut paraître ridiculement obstiné, mais j’ai du mal à accepter que toute cette mémoire ne vive aujourd’hui plus qu’à travers moi, alors si je n’essayais pas de faire semblant, ce serait pire.

Un...châ...teau... Nichole n'avait rien d'une princesse sinon un goût pour les robes longues et une épaisse chevelure. Merwyn lui apparaissait de plus en plus comme un noble et elle craignait qu'il ne finisse par voir qu'elle n'était qu'une bourgeoise comme les autres.

-Mille ans? C'est toute une lignée.

Peu de gens accordaient tant d'importance aux objets ou aux lieux ayant appartenus à leurs ancêtres. Il était à la fois étrange  et intéressant de découvrir cette sensibilité singulière chez Merwyn. Tout comme il était dérangeant que sa réplique ait été aussi détaillée tout en évitant une réponse directe à la question de la jeune femme.

-Et est-ce que tes ancêtres paraissaient tous plus jeunes que leur âge réel?

Peut-être que se faire rafraichir la mémoire quant aux interrogations de son invitée donnerait envie au bel homme de lui offrir la réponse qu'elle attendait. Dans le cas contraire, bien que légèrement frustrée, elle passerait à autre chose et ne le harcèlerait pas.

- Je suis heureux que ma maison te plaise. J’aimerais te dire que j’avais peur que le manque de modernité te freine un peu, mais ce serait me mentir à moi-même… sinon, je n’aurais jamais été touché par ta sensibilité.

-J'apprécie les points forts de la modernité, mais je ne nie pas que les beautés des temps passés peuvent encore avoir leur place. C'est juste...étonnant, venant d'un avocat sérieux, d'avoir des goûts de ce genre...je veux dire...je...je trouve cela adorable.

La gêne créée par le compliment de Merwyn lui avait maladroitement fait prendre la parole rapidement pour souligner qu'il n'y avait rien qui clochait avec sa maison et qu'elle était à la fois surprise et charmée par ce qu'elle découvrait de lui. Elle s'empressa d'ailleurs de baisser la tête vers sa flute pour prendre une gorgée de champagne.  Ainsi, elle avait l'impression de paraître moins stupidement dominée par son enthousiasme et par l'effet que la présence du bel homme avait sur elle.

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Lun 16 Mar - 18:50

Il voulait être le plus sincère possible, mais n’allait-il pas finir par l’effrayer ? A voir ses expressions perplexes, hésitantes ou impressionnées, la jeune femme avait bien du mal à imaginer ce que pouvait être sa vie. Serait-elle capable de le comprendre si il lui en disait plus ou risquait-il de l’intimider davantage ? Car, de toute évidence, Nichole lui portait une certaine admiration. Même s’il ne désirait pas la charmer de cette manière, le gallois avait bien deviné, à sa réserve, ses sourires toujours polis, son absence d’initiative dans leur relation « amicale », que sa belle craignait le faux pas en sa compagnie. Il voulait paraître le plus naturel possible avec les gens qui lui plaisaient mais en était incapable. Il réfléchissait trop. Chez lui, le moindre sourire semblait codifié. Il n’arrivait pas à s’adapter à la modernité aussi bien que d’autres. Déjà au début du XXe siècle, certains londoniens le disaient trop guindé. Alors, aujourd’hui, avec sa bonne éducation d’un autre temps, les gens le prenaient pour un curieux personnage. D’où tenait-il cette éducation d’ailleurs ? Né dans un vieux château, on l’avait élevé assez librement. Ni son père, ni sa mère ne l’avaient assommé avec le traité des choses à faire et ne pas faire en société. Il s’était métamorphosé tout seul, comme un enfant élevé à la baguette, mais sans réelles entraves. Après la mort de sa mère, il avait simplement pris le rôle qui paraissait le plus apte à dissimuler son chagrin et à l’aider à grandir dans le monde. Aujourd’hui, ses manières de lord britannique lui collaient obstinément à la peau.

Il acquiesça doucement quand Nichole s’étonna de l’âge de sa lignée. Il était très rare que des familles parviennent à remonter aussi loin, sauf si leur nom avait marqué l’Histoire au Moyen-âge. Personne ne se souvenait des Caerwyn, mais les siens vivaient en dehors de la société humaine, ce qui était tout à fait possible sur les terres indisciplinées du pays de Galles. Il avait fallu attendre le début de l’ère industrielle pour que les anglais ne les obligent à se civiliser, en les privant de leurs langues, de leurs coutumes. Merwyn était né à cette dure époque de lutte entre les deux cultures. Avant la brèche, les gallois tentaient de se réapproprier leurs valeurs avec nostalgie, comme beaucoup d’autres régions écrasées par la nationalisation puis la mondialisation. Mais c’était déjà loin… Si loin… Il pouvait parler de ce sujet des heures, cependant, il doutait que cela passionnât la pauvre Nichole. Celle-ci restait curieuse de connaître son âge et, au lieu de lui demander son exact nombre d’année, préféra employer un chemin détourné. Il apprécia la ruse, c’était assez subtile pour lui arracher un sourire. Avait-elle deviné ? Il tenta une réponse un peu plus prudente. Il n’était pas certain de réussir à la mener à la vérité. Néanmoins, tant qu’elle ne le voyait pas comme un descendant des terrifiants satyres, se risquer à lui sous-entendre l’excellente santé de ses gènes pourrait peut-être passer pour acceptable…

- Je crains de ne pouvoir me prononcer pour tous mes ancêtres, dit-il en riant doucement. Mais, du côté de ma mère, ils ont souvent eu cette tendance oui…

En tout cas, Nichole semblait toujours attachée à lui plaire. Ils ne devaient pas avoir l’air très malins à s’envoyer ainsi des compliments qui se répétaient sans oser s’avouer qu’ils se plaisaient. A chaque fois que leur histoire aurait pu devenir sérieuse, ils avaient trébuché. Les maladresses de la jeune femme étaient touchantes mais, en un sens, il était cruel d’entretenir cette tension qui la plongeait dans le doute et le malaise. D’ordinaire, Merwyn savait très bien analyser les comportements des gens. Absolument tout dans l’attitude de Nichole disait qu’elle voulait être séduite, et se fichait pas mal, dans le fond, d’un bon repas, ou des traditions celtiques si cela n’était pas accompagné d’une belle déclaration. Son devoir de gentleman n’était-il pas, alors, de la tirer de l’embarras dans lequel il la jetait au lieu d’hésiter comme un adolescent devant son premier amour ? Ce n’était pas la peur du rejet qui le retenait, mais l’idée de se livrer.

- Tout le monde cache quelque part un côté fantasque… Et toi aussi, je suis certain que tu as des passions surprenantes, même si tu n’imagines pas un seul instant qu’elles pourraient être originales. – Il posa un regard plus pénétrant sur elle et risqua un premier contact en saisissant avec légèreté sa main quand elle reposa sa coupe sur la table. – Il fut un temps où j’étais une personne bien plus banale. J’espère ne pas te décevoir en t’avouant que je suis désespérément sérieux, juste obstiné à vouloir vivre dans un passé qui a été mon présent… Bon peut-être pas si présent que ça, tu me diras, ma famille est restée bloquée à l’époque médiévale, lui concéda-t-il, mais pour ne rien te cacher, je suis né en 1898.

Il essaya de garder l’air le plus détendu possible, en résistant à la tentation de crisper ses doigts sur sa main. L’aveu était un peu brutal. Si Nichole lui riait au visage, il pourrait au moins toujours prétendre lui avoir joué une bonne plaisanterie, et elle ne pourrait mettre cela en doute. Par contre, si elle connaissait l’existence de la magie, elle comprendrait et, alors, les choses deviendraient peut-être plus simples et évidentes.

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Dim 29 Mar - 14:22

Nichole avait une bonne capacité d'adaptation. Les nombreux déménagements imposés par sa mère l'avaient aidée à développer ce point fort. Son intérêt pour les magazines de mode était en partie venu de son besoin de trouver une place discrète dans chaque pays où elle avait habité. Si les occidentaux se rejoignaient souvent sur les grandes lignes vestimentaires, ils ne s'habillaient pas globalement de la même façon selon les lieux. Nicky avait un faible pour l'Allemagne et sa population aux habits plus souvents pratiques et simples. Les Allemandes cherchaient moins à sortir du lot que les Américaines, et aimer les looks ordinaires ne rendait pas une personne officiellement ennuyante. Malgré les différents lieux qu'elle avait habités, Nichole conservait son goût pour se fondre dans la masse, au quotidien. Jeans, pantalons sobres, hauts simples de couleurs neutres et souliers classiques et plats garnissaient sa garde-robe. Toutefois, comme New York placardait ses immeubles de publicités rappelant aux femmes qu'elles étaient toutes des vedettes, peu importe leur carrière ou leur statut social, Nicky avait aussi plusieurs robes féminines, des hauts sexys, des jupes colorés et des souliers aux talons de différentes hauteurs. Elle se sentait néanmoins beaucoup plus à l'aise dans ses jeans, mais l'impression de beauté et de puissance que les vêtements socialement appréciés sur une femme lui procurait justifiait souvent de combattre sa gêne de les porter.

Les coupes lui faisaient moins peur que les couleurs. Elle savait qu'elle se trouverait grosse dans la plupart des vêtements mais, au moins, le noir et les teintes foncées ne faisaient pas d'elle l'énorme centre d'attention dans une foule. Comme ses yeux étaient verts, Nicky aimait bien porter du vert foncé, comme ce soir, pour créer une harmonie entre son corps et ses vêtements. La couleur de ses yeux était l'une des très rares choses que Nichole appréciait dans son apparence physique.

Merwyn était si beau quand il affichait un petit sourire comme il venait d'offrir en réponse à la question de la jeune femme que celle-ci dut baisser les yeux une seconde. Il ne fallait pas qu'elle agisse comme une adolescente stupide. Elle devait se montrer intéressante, intelligente et posée, et non complètement obnubilée par son hôte.


- Je crains de ne pouvoir me prononcer pour tous mes ancêtres. Mais, du côté de ma mère, ils ont souvent eu cette tendance oui…

Nichole avait envie de lui demander directement s'il avait des origines magiques mais, si ce n'était pas le cas et que Merwyn n'avait jamais entendu parler de l'existence de la magie, elle passerait pour une dégénérée, ce qui ne lui disait pas du tout. Elle voulait à tout prix éviter que le bel homme ait une mauvaise opinion d'elle. Aussi se contenta-t-elle de garder le silence en donnant une chance à son interlocuteur de poursuivre et de préciser ses paroles.

- Tout le monde cache quelque part un côté fantasque… Et toi aussi, je suis certain que tu as des passions surprenantes, même si tu n’imagines pas un seul instant qu’elles pourraient être originales.

Comme se transformer en tigre, peut-être? Très peu de gens en dehors de sa mère connaissaient son don. Nichole savait qu'il était imprudent de le partager avec qui que ce soit et aucun de ses petits amis n'avait été mis au courant, tout comme ses amies. Seulement deux de ses amis l'avait découvert, mais c'était par accident, alors que Nichole n'avait d'autre solution que se transformer pour sauver la situation. La première ne lui donnait plus signe de vie et possédait elle-même des dons magiques, ce qui rassurait Nicky: on ne dénonçait que rarement ceux qui étaient coupables de la même bizarrerie que soi. L'autre était Anthony, et la jeune femme avait suffisamment confiance en lui pour ne pas douter de sa discrétion à ce sujet.

Nicky rougit malgré son intention de rester irréprochable lorsque Merwyn s'empara de sa main. Loin de résister, elle laissa même échapper un sourire.


- Il fut un temps où j’étais une personne bien plus banale. J’espère ne pas te décevoir en t’avouant que je suis désespérément sérieux, juste obstiné à vouloir vivre dans un passé qui a été mon présent… Bon peut-être pas si présent que ça, tu me diras, ma famille est restée bloquée à l’époque médiévale, mais pour ne rien te cacher, je suis né en 1898.

Alors, pour ce qui était de paraître plus jeune, c'était gagné. Nichole arrondit les yeux quelques secondes, le temps de laisser l'information faire son chemin dans sa tête. Elle était à demi étonnée. Une partie d'elle savait que Merwyn était hors normes, malgré son intégration très réussie à la société d'aujourd'hui. Il émanait de lui quelque chose de spécial, et voilà qu'il lui avouait qu'il s'agissait là d'un héritage magique provenant de sa mère. Cela lui faisait un point en commun: Nichole aussi paraîtrait aussi jeune dans plus d'un siècle grâce à sa mère.

Ce qui troublait Nicky était surtout comment un homme comme Merwyn, doté d'une magie le conservant jeune et magnifique, pouvait avoir choisi de s'investir auprès d'une humaine sans intérêt. Peut-être avait-il un moyen de détecter la magie? Il serait logique qu'il ait pu être mené à apprendre à la connaître en découvrant qu'elle aussi allait vivre plus longtemps que les autres humaines.


-Donc...tu es au courant que je ne vieillis plus et que je peux vivre éternellement?

Si personne ne l'assassinait et si aucun malheureux accident ne survenait, Nichole pouvait vivre des centaines d'années. Elle était généralement très prudente et elle faisait de son mieux pour ne pas fréquenter les foux furieux qui pourraient être tentés par l'idée de mettre fin à ses jours. Son espérance de vie était donc très élevée.

Nichole ne songea pas à demander à Merwyn s'il était autre chose qu'un sorcier, car il lui paraissait évident que s'il avait été une créature magique, il aurait été beaucoup plus bizarre. Il n'était pas étrange: il était merveilleux. Nicky serra sa main un peu plus fort, un court instant.


-Ta vie a dû être intéressante et...bouleversante aussi.

Nicky avait eu les explications complètes de sa mère, il y avait quelques années de cela, sur la tragédie qui venait avec le don de vie éternelle: les gens autour de soi mouraient tous. Les uns après les autres, ils se fanaient et tombaient. Tout était toujours à recommencer...à moins de s'entourer d'immortels.

-Tu as d'autres pouvoirs?

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Lun 6 Avr - 15:14


En lui prenant la main, Merwyn s’était donné un élan de courage. Il voulait réaffirmer sa volonté d’être proche de la jeune femme pour mieux lui faire accepter la nouvelle. Nichole écarquilla les yeux en découvrant son âge, mais elle ne le repoussa pas. Elle ne leva aucun sourcil sceptique non plus. Son cœur de demi-faune pouvait reprendre une cadence normale, il ne s’était pas trompé en supposant à sa belle invitée des liens avec la magie. Comme une évidence, elle lui demanda s’il était au courant de son don d’immortalité. L’information tourna un instant dans son esprit. Il n’avait pas la moindre idée du genre de sorcellerie qui agissait chez elle, mais, pour une fois depuis un long moment, il semblait que les dieux lui tendaient le meilleur scénario possible. Si Nichole ne vieillissait pas, il pouvait envisager une relation sur la durée avec elle, et non se retrouver dans l’obligation de délaisser une femme trop âgée dans trente ans, en s’excusant platement de la contraindre à probablement finir ses jours seule malgré tout ce qu’ils avaient construit. L’amour ne se contrôlait jamais de la manière la plus logique. Il était déjà trop engagé dans l’idée d’une histoire possible avec l’étudiante pour y renoncer, mais savoir qu’il n’aurait pas à l’abandonner était un soulagement. Au final, si sa vie était éternelle, peut-être se retrouverait-elle dans la situation inverse… Mais entre quelques dizaines d’années et plusieurs siècles, on ne relativisait pas de la même façon. Il hocha négativement la tête pour répondre à sa question.

- J’ai senti que tu avais de la magie en toi et peut-être un lien plus étroit que d’autres avec les animaux, là s’arrête ma perception.

C’était une intuition légère, surtout concernant un pouvoir lié aux animaux, mais en observant Nichole avec le petit chien Aedd, il avait ressenti qu’une relation différente s’établissait. C’était une chose très subtile, qu’aucun humain ne pourrait relever, mais il était lui-même suffisamment proche de la nature pour en être un peu troublé.
L’idée qu’il ait déjà vu passer un siècle semblait fasciner la jeune fille. Elle serra plus fermement sa main dans la sienne, avide d’entendre de grandes aventures d’un autre temps. Dans un premier mouvement, Merwyn fut tenté de répondre modestement que sa vie n’avait rien de très grandiose mais, au fond, c’était vrai qu’elle pouvait paraître incroyable. Il était un témoin vivant d’une époque qui avait perdu tous ses contemporains, avait vécu le traumatisme de la perte de sa mère, étudié à Londres pendant les années folles, comploté plusieurs années pour venger sa famille et unir les clans sorciers gallois autour de son nom. Ensuite, il était vrai que vers trente ans, une fois la situation stabilisée autour de lui, il s’était considérablement laissé aller. Mais il existait des aventures dans ce demi siècle de rien, ses nombreux enfants ne lui avaient jamais véritablement laissé le temps de s’ennuyer. Et, enfin, il y avait eu la destruction de tout, le retour dans un Londres contemporain ravagé, la fuite chez le peuple des forêts dans les Balkans, et sa nouvelle vie à New-York, ou comment il se retrouvait mêlé à des intrigues politiques de dieux dont il n’aurait jamais pu affirmer l’existence avant de les rencontrer en chair et en os. Alors, tout bien considéré, il avait peut-être de quoi raconter sa vie sur des années sans devenir ennuyeux.

- Oh j’ai connu des périodes plus agitées que d’autres dirons-nous… Je t’en parlerai peut-être un jour, si tu as assez de patience pour entendre les radotages d’un vieux monsieur, plaisanta-t-il.

Il espérait qu’elle ne tiendrait pas à en savoir davantage trop tôt. Toutes les révélations ne pouvaient arriver en même temps et il ne voulait pas lui mentir ou dire la vérité et la mettre mal à l’aise. Nichole était une jeune femme timide. Il craignait de lui faire perdre toute assurance si elle découvrait qu’il appartenait à une espèce particulièrement reconnue pour ses prouesses sexuelles, et que sa plus longue partenaire était une dryade, une créature avec laquelle il était clair qu’elle ne pouvait espérer rivaliser. Nichole devait être assurée de l’importance qu’elle avait pour lui avant de se perdre dans des comparaisons qui pourraient lui donner envie de tout arrêter sans leur donner une chance ou, pire, imaginer qu’il ne voyait en elle qu’une victime toute choisie pour assouvir ses pulsions. Aussi, quand elle l’interrogea sur ses autres pouvoirs, il se garda de mentionner ses talents pour exacerber les désirs des humains et leur ôter toute impression de danger en sa présence. Il avait, heureusement, un autre talent dans sa manche. Il acquiesça doucement et tourna son regard vers un petit arbre fleurit en pot sur un meuble à côté d’eux. Son pouvoir ne se limitait pas seulement à vitaliser les plantes, il pouvait accélérer leur croissance en dépassant considérablement les limites de leur espèce. Ainsi, les branches de l’arbuste s’étirèrent jusqu’à envahir le canapé en couvrant ses accoudoirs de petites fleurs blanches délicatement rosées.

- Je peux aussi faire ce genre de choses… - Il réalisa qu’il tenait toujours sa main et la relâcha un peu, pour caresser doucement sa paume. – Je suis heureux de pouvoir le partager avec toi, et désolé d’avoir mis tout ce temps à en parler mais comme tu le sais sans doute, il est difficile de révéler ces choses qui nous rendent si spécial aux yeux des autres. Mais je ne pense pas me tromper en passant aux aveux ce soir, j’aimerais que tu puisses me connaître autant que je voudrais te découvrir si tu m’en donnes le droit. Que me réserves-tu d’autres ?

Sa voix était devenue beaucoup plus douce et enveloppante. Il savait qu’un peu de sa magie agissait malgré lui dans son désir de plaire à la jeune femme, dans son envie de la posséder aussi, maintenant qu’elle était si proche de lui et qu’il arrivait à mettre des mots sur une partie de ses sentiments. Après un tel discours, si Nichole le suivait, ils pourraient être officiellement ensemble sans que rien n’ait été encore consommé, et cette situation l’émouvait beaucoup. Il ne l’avait plus connue depuis très longtemps, dans les débuts de sa vingtaine, quand une femme de bonne famille ne pouvait s’offrir sans être une épouse. Si son histoire avec la dryade avait été la seule longue et véritable, il continuait de considérer, dans le fond, que ce flirt était sans doute l’amour le plus vrai de sa vie. Mais que pouvait une simple humaine contre une nymphe ?

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Mer 17 Juin - 22:47

Nichole aimait ses yeux verts, mais elle avait longtemps secrètement souhaité qu'ils soient bleus. Cette couleur était la préférée d'une majorité de gens et, de manière générale, celle dont on vantait la beauté quand elle se retrouvait dans un regard. Nicky avait eu quelques amies aux yeux bleus et il lui avait semblé que chacune d'entre elles portait une obsession à ce trait de son apparence physique. Elles soulignaient toujours à quel point leurs yeux étaient magnifiques et comment absolument toooouuuut le monde les remarquait. Avec le temps, à force de se faire répéter les mêmes âneries, Nicky avait développé un mécanisme de défense un peu stupide: elle s'était convaincue que les yeux bleus étaient ordinaires. Elle s'était mise à se forcer à ignorer tout regard hypnotisant s'il était bleu, et elle soulignait mentalement le charme des iris foncés à chaque fois qu'elle en avait l'occasion. Elle avait nourri cette attitude négative jusqu'à la fin de son adolescence, quand elle était tombée amoureuse d'un garçon aux yeux bleus qui, lui, n'en faisait pas de cas.

Nicky avait la fâcheuse habitude de détester tout ce qui lui paraissait supérieur. Elle se devait de dédaigner ce qu'elle ne pouvait atteindre. Dans le cas contraire, le sentiment d'échec l'anéantissait, et la jeune femme ne pouvait se permettre de s'écraser. Elle voulait être une femme forte et en contrôle, comme sa mère l'était. Elle ne serait certainement jamais à la hauteur de celle-ci mais, au moins, elle travaillerait fort pour y parvenir. Mme Harvelle avait toujours souligné l'importance de l'effort, même si sa fille ne pouvait nier l'hypocrisie de cette attitude venant d'une personne qui accumulait les réussites. En effet, la mère de Nichole réussissait à merveille sa vie professionnelle en plus d'être épanouie, très jolie et visiblement heureuse de tous les autres aspects de sa vie. Toutefois, contrairement à toutes les autres femmes dans une situation similaire, elle ne suscitait pas la haine de Nicky. La jeune femme admirait sa mère et, si elle l'enviait sur beaucoup de points, son affection pour elle dépassait les émotions négatives que son manque de confiance en elle faisait si souvent naître.

Pour la jeune femme blonde, il était évident que Merwyn s'était certainement intéressé à elle parce qu'ils partageaient une longévité hors normes. Si elle en avait eu la capacité, elle aurait cherché, elle aussi, un homme qui aurait la possibilité de rester auprès d'elle très longtemps. Nicky trouvait l'idée de partager sa vie éternellement avec une même personne extrêmement romantique et belle. Élevée aux grands classiques de Disney, elle avait non seulement rêvé d'être une jolie princesse, mais aussi de ce prince charmant qui saurait voir en elle l'amour de toute une vie. Elle savait qu'à son âge ce genre de débilités ne faisait pas sérieux, mais son envie de se lier avec un homme de manière permanente était très sincère.


- J’ai senti que tu avais de la magie en toi et peut-être un lien plus étroit que d’autres avec les animaux, là s’arrête ma perception.

Nicky arrondit subitement les yeux, mais refoula son envie de parler à Merwyn de ses transformations. Elle ne devait pas s'emballer et laisser l'euphorie prendre la parole à sa place. Tout ce qui était en train de se passer était très excitant, mais elle ne devait pas perdre la tête. Elle avait appris qu'il était beaucoup plus rare de regretter d'avoir mis un peu plus de temps avant de se confier que de se détester d'avoir étalé trop rapidement ses secrets.

- Oh j’ai connu des périodes plus agitées que d’autres dirons-nous… Je t’en parlerai peut-être un jour, si tu as assez de patience pour entendre les radotages d’un vieux monsieur.

-Bien sûr!

Pourquoi (mais POURQUOI?!) fallait-il qu'il soit si charmant? Nicky était certaine d'avoir l'air complètement débile à sourire et à battre des cils à tout ce qu'il disait.

- Je peux aussi faire ce genre de choses…

Nichole tendit la main que Merwyn venait de lâcher et caressa doucement, du bout des doigts, la réalisation de celuici. Elle essaya de contenir son enthousiasme en voyant la démonstration des pouvoirs du bel homme. Nicky aimait beaucoup la nature et trouvait que ce registre de pouvoirs - à la fois mystérieux et créatif - offrait des possibilités très intéressantes. C'était, d'ailleurs, drôlement moins inquiétant que si Merwyn avait eu des pouvoirs violents.

– Je suis heureux de pouvoir le partager avec toi, et désolé d’avoir mis tout ce temps à en parler mais comme tu le sais sans doute, il est difficile de révéler ces choses qui nous rendent si spécial aux yeux des autres. Mais je ne pense pas me tromper en passant aux aveux ce soir, j’aimerais que tu puisses me connaître autant que je voudrais te découvrir si tu m’en donnes le droit. Que me réserves-tu d’autres ?

-C'est que le monde dans lequel nous vivons n'est pas très ouvert à ce qui sort des normes. Je suis heureuse que nous puissions partager ce côté de nous et, moi aussi, j'aimerais bien en découvrir plus sur toi...parce que tout ce que je découvre me fait devenir complètement f... Non, Nichole. ...me fait t'apprécier toujours un peu plus.

Le charme que dégageait Merwyn ne l'aidait aucunement à se concentrer à paraître totalement en contrôle. Ne sachant pas très bien quoi faire pour diminuer la gêne que ce moment de tension créait en elle, Nichole glissa sa main dans celle de Merwyn. Puis, après une brève inspiration, elle retira sa main pour se tourner vers lui et approcha son visage du sien, avant de s'immobiliser en plein mouvement, hésitante. Allait-elle trop vite? Merwyn avait vécu à une autre époque et était un homme de grande classe. Si elle se jetait sur lui, il se pouvait qu'il croie qu'il avait affaire à une traînée comme cette blonde peroxydée avec qui Maddie passait beaucoup de temps. Nichole amorça donc un mouvement de recul, nerveuse, en se mordillant la lèvre inférieure.

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Dim 5 Juil - 16:52


Sa voix était devenue beaucoup plus douce et enveloppante. Il savait qu’un peu de sa magie agissait malgré lui dans son désir de plaire à la jeune femme, dans son envie de la posséder aussi, maintenant qu’elle était si proche de lui et qu’il arrivait à mettre des mots sur une partie de ses sentiments. Après un tel discours, si Nichole le suivait, ils pourraient être officiellement ensemble sans que rien n’ait été encore consommé, et cette situation l’émouvait beaucoup. Il ne l’avait plus connue depuis très longtemps, dans les débuts de sa vingtaine, quand une femme de bonne famille ne pouvait s’offrir sans être une épouse. Si son histoire avec la dryade avait été la seule longue et véritable, il continuait de considérer, dans le fond, que ce flirt était sans doute l’amour le plus vrai de sa vie. Mais que pouvait une simple humaine contre une nymphe ?

Nichole n'était pas tellement douée pour masquer ses expressions. A peine eût-il supposé que son pouvoir était lié aux animaux qu'elle écarquilla assez largement les yeux pour lui signifier qu'il brûlait. Il s'en amusa intérieurement. Il ne pensait pas la jeune femme incapable de dissimuler un secret. Au fond, elle ne lui cachait rien, les éclaircissement viendraient plus tard. Était-ce bien important ? En terme de spectacle, il donnait déjà assez du sien avec son influence sur les plantes. La réaction tranquille mais impressionnée de la belle continua de la rassurer. La magie ne l'inquiétait définitivement pas, et elle semblait recevoir positivement ses liens particuliers avec la nature. Comment recevrait-elle la vérité sur ses origines ? Il avait le sentiment de lui faire un sale coup fourré en choisissant de ne rien lui révéler. Mais, sur ce coup, son côté faune l'incitait à être un peu égoïste. Il ne voulait pas prendre le risque de la perdre si près du but. Se sentirait-elle bafouée en se découvrant trompée par omission ? Les femmes réagissaient rarement mal à une expérience avec une créature de son espèce. Cependant, le monde moderne avait changé quelques points dans les règles de la séduction. Certaines femmes avaient si peur d'être violentées sans le savoir – nouveau concept étrange qui lui échappait un peu – qu'elles pouvaient consentir et revenir sur l'affaire quelques jours plus tard en estimant, après y avoir bien réfléchi, ne pas s'être trouvées suffisamment en possession de leurs moyens pour assumer leur attitude. Les gens étaient perdus, ils rendaient tout compliqué. Mais, en tant qu'homme de loi, Merwyn veillait scrupuleusement à ne pas provoquer un scandale de mœurs idiot.

Ses paroles étaient encourageantes. Elle voulait en apprendre davantage sur lui, et il était évident qu'elle commençait à perdre le contrôle de la situation. Malgré tout, elle tentait de reprendre contenance et sa manière de corriger ses phrases était adorable. Quand elle lui reprit la main, Merwyn se sentit frémir. La chaleur entre eux devenait de plus en plus difficile à contenir et Nichole semblait prête à aller plus loin. Elle fit un mouvement pour l'embrasser. Il la laissa venir, à la fois plein d'émotion et d'appréhension, mais elle s'interrompit au dernier moment, gênée d'avoir osée se montrer entreprenante. Un sourire touché effleura ses lèvres. Cependant, il était trop tard pour poursuivre sur une note romantique. L'envie de cette femme le comprimait tant qu'il n'arrivait plus à trouver assez de souffle pour prononcer le moindre mot. Il n'arrivait d'ailleurs plus à réfléchir tout court, et les choses arrivèrent un peu comme avec cette nymphe qu'il venait de rencontrer, même si tout cela avait tout de même mis de long mois pour se décider. Il s'empara de la bouche tremblante de la jeune femme et l'instinct trop contenu du faune l'embrasa littéralement. Pendant les minutes qui suivirent, Merwyn ne s'inquiétait plus de savoir si la jeune femme était vraiment consentante ou non. Elle répondait assez favorablement à ses gestes pour l'inviter à poursuivre, se laissant aller tout naturellement au baiser fougueux qu'il lui imposa. Entre ses mains, il lui semblait que son corps délicieux ne pesait rien. Il ne lui fallut qu'un mouvement un peu brusque pour l'asseoir à califourchon sur lui et il aurait été bien incapable d'expliquer de quelle manière il s'était débrouillé pour écarter sa culotte et entrer en elle la presque seconde qui suivit. Son corps en éprouva un plaisir si intense qu'il poussa un cri plus rauque en s'agrippant fermement à Nichole, comme pour s'assurer que tout cela était bien réel. Le temps lui échappa un peu. Il jouit une première fois en elle, puis la laissa s'allonger sur le canapé en la débarrassant de sa robe pour toucher ses seins, la goûter toute entière avec sa bouche, et la reprendre encore, à deux reprises avant de se sentir enfin un peu plus apaisé pour se comporter en homme un minimum civilisé. Une odeur à la fois humaine et sucrée envahissait l'air. C'était la sienne, il le savait, ce parfum qu'il dégageait et qui l'étourdissait presque autant qu'il égarait ses partenaires. Il se sentait moite, mais incroyablement bien, apaisé comme il ne l'avait plus été depuis plusieurs années.

– Tu es magnifique Nichole, souffla-t-il en basculant sur le côté pour observer les traits plus relâché de sa compagne. Oui, sa compagne. Il espérait du moins qu'elle serait prête à le rester plus d'une nuit. Je suis désolé si je t'ai un peu brusquée… Je ne t'ai pas encore tout dit sur ce que je suis, et il y a quelques années que je n'avais plus vécu ça… Je ne veux pas que mon désir pour toi t'effraie…

Et comme il disait cela, il sentait déjà son envie d'elle revenir. C'était à la fois gênant et grisant. Plus tard, il pourrait se contenir, mais ce soir, il savait que si la jeune femme le laissait faire, il pourrait continuer encore longtemps sans arrêter. Au fond, c'était une prévision qui l'avait assez effrayé pour qu'il repousse sa relation avec Nichole. Il était arrivé à un stade d'abstinence où il savait que retrouver une partenaire risquait de lui faire perdre un peu l'esprit, et même si le vide sensuel était pénible, devoir se retenir de coucher avec une femme qui était « à lui » était peut-être encore plus cruel pour le faune en lui.

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Mar 28 Juil - 12:44

Nicky ne couchait jamais le premier soir. Elle avait lu dans de nombreux magazines l'impression que cette attitude pouvait donner aux hommes. La jeune femme suivait à la lettre beaucoup de conseils de femmes certainement aussi peu confiantes qu'elle ou, tout simplement, douées pour l'écriture et la manipulation. Ses relations s'étaient toutes mal terminées ou n'avaient jamais commencé et elle ne pensait jamais à blâmer les conseils stupides lus dans les magazines parce qu'il lui semblait que ceux qui les produisaient savaient de quoi ils parlaient.

Nichole avait tout de même remarqué que les différents magazines ne s'entendaient pas sur tous les points, ce qui pouvait mener à une certaine confusion. Par exemple, l'un mentionnait que porter des talons hauts avec des mini-shorts était inacceptable alors qu'un autre répertoriait les plus jolies paires de talons aiguilles à agencer avec tel ou tel short. Nicky ne portait pas de shorts, parce que ses cuisses étaient trop grosses, mais elle avait tout de même été choquée par cette différence marquée entre des spécialistes de la mode. Elle épluchait donc consciencieusement les rubriques de conseils et accordait de l'importance seulement à ceux qui n'étaient pas contredits d'un magazine à un autre. Cette histoire de shorts lui revenait souvent en tête dès qu'il était question de réfléchir un peu avant de croire tout ce qui était écrit.

Naturellement, ses magazines avaient conseillé à Nichole de prendre son temps et de bien apprendre à connaître Merwyn avant de s'engager avec lui. Toutefois, elle avait aussi lu plusieurs fois que se lâcher pouvait mener à d'agréables résultats. Il lui était donc souvent arrivé de se perdre entre les deux extrêmes, jouant involontairement avec la patience de ses (peu nombreux) prétendants et donnant l'impression qu'elle ne savait pas ce qu'elle voulait. Entre cette instabilité presque calculée et son habitude de choisir des hommes mauvais pour elle, Nicky avait trouvé très peu de bons candidats. Merwyn était le premier à lui faire un effet aussi positif, même au-delà de la forte attirance physique qu'elle ressentait pour lui.

La jeune femme avait réellement envie d'embrasser Merwyn et, après tout ce temps à le côtoyer et à ne penser qu'à lui, l'idée d'aller plus loin lui souriait aussi. Néanmoins, elle avait suspendu son geste après s'être approchée de lui par peur de le choquer. Rien au monde ne la terrifiait plus, à cet instant, que décevoir cet homme qui lui paraissait sorti tout droit de ses rêves les plus lumineux. Quand le bel homme entreprit ce baiser qu'elle avait laissé flotter entre eux, rien en elle n'eut envie de résister. Elle ne réfléchit pas à ce qui se passait et permit à Merwyn de faire d'elle tout ce qu'il voulait, en participant avec enthousiasme. Son désir dépassait sa conscience de ce qui se déroulait et qu'elle aurait habituellement trouvé un peu inquiétant parce que hors normes.

Merwyn ne faisait pas l'amour comme les autres hommes. Quand il lâcha Nichole, celle-ci se fit instantanément cette réflexion. Était-ce parce qu'il était plus expérimenté? Ou encore avait-il une prédisposition magique dans ce domaine? Il restait indéniable qu'aucun homme n'avait à ce jour mis la jeune femme dans cet état. Ses anciens amants étaient-ils nuls? À cet instant, il semblait qu'aucune expérience passée n'égalait ce qu'elle venait de vivre.


-Tu es magnifique Nichole.

Elle aurait aimé être en mesure de lui répondre mais, à cet instant, elle était encore incapable d'autre chose que fixer droit devant elle sans bouger. Elle était comme étourdie, assommée par ce plaisir inhabituel.

-Je suis désolé si je t'ai un peu brusquée… Je ne t'ai pas encore tout dit sur ce que je suis, et il y a quelques années que je n'avais plus vécu ça… Je ne veux pas que mon désir pour toi t'effraie…

-Je…

Elle était au moins capable de produire des syllabes. C'était déjà ça. Elle cligna des yeux plusieurs fois pour reprendre au mieux possible ses esprits.

-Je ne me suis pas sentie brusquée, ça va. C'était juste...très spécial.

Elle avait failli ajouter qu'elle avait connu des amants plus brusques, mais beaucoup moins doués, mais elle ne voulait pas passer pour la fille facile qui avait connu des centaines d'hommes dans sa courte vie et qui les comparait tous les uns aux autres. Elle avait envie de dire à Merwyn à quel point son expérience avait été différente de tout ce qu'elle avait connu, mais sa retenue habituelle l'en empêchait. Nicky connaissait suffisamment le bel homme pour lui faire confiance, mais pas au point de lui révéler toutes ses pensées, surtout celles qui montraient sa vulnérabilité. Il lui fallait cependant dire quelque chose, à la fois parce qu'elle savait par expérience que les hommes avaient besoin de se faire rassurer sur leurs performances et parce qu'il fallait chasser la gêne qui menaçait de gâcher le moment. Elle commença par un brin de taquinerie affectueuse.

-Et ça n'a même pas paru...ton âge. Tu es un excellent amant, Merwyn. Je doute de pouvoir te résister à l'avenir.

Elle caressa son torse du bout des doigts en lui souriant. Déjà, atteindre cette intensité au lit ne lui était jamais arrivé mais, surtout, avoir envie de recommencer après avoir atteint l'extase était tout à fait nouveau pour elle. Certes, ses anciens amants ne lui avaient pas vraiment donné l'occasion de se poser la question, puisqu'ils s'endormaient bêtement une fois leur propre plaisir assouvi. Nicky avait vraiment mis la main sur un homme différent. Elle n'osait réfléchir à si elle avait enfin trouvé un prince charmant.

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MessageSujet: Re: Samain en banlieue newyorkaise [Terminé] Lun 3 Aoû - 18:12

Quand on tenait à garder une image d'homme très sérieux et propre sur lui, posséder une double nature comme la sienne était très dérangeant. Merwyn ne pensait pas qu'il se serait senti plus libre d'aller vers n'importe qu'elle femme s'il ne risquait pas de passer pour une sorte de bête de sexe, mais il l'aurait en tout cas fait avec plus de facilité. Il était très fier du sang qui coulait dans ses veines, il avait fait don de cet héritage à ses enfants, dédié sa vie à la cause du peuple des forêts mais, pourtant, il gardait une gêne vis-à-vis de son rapport au désir charnel. Quand il n'avait d'yeux que pour son épouse, sa pudeur s'était envolée. Il avait laissé ses enfants gambader nus dans la forêt, faire il ne savait quoi entre eux, avec les autres, sans plus beaucoup de soucier de la morale de la civilisation humaine. Il gardait de grands idéaux en matière d'amour, bien sûr, mais, au-delà de ça, il savourait de ne faire plus qu'un avec ses instincts de faune, dans un monde où rien ne semblait moins tabou que les élans du corps. Le retour dans les villes l'avait beaucoup perturbé. Le carcan de la bonne conduite s'était refermé sur lui comme à l'époque où il était étudiant. Les règles avaient changées, évidemment. Mais, en substance, les choses ne semblaient pas si différentes. On n'était pas une personne très respectable et sérieuse si on aimait trop la luxure, et, néanmoins, on devenait suspect, pathétique si l'on s'en détournait. Trouver un juste équilibre n'était pas simple. Nichole était sa deuxième partenaire humaine. Il regrettait un peu la première, une femme pour laquelle il n'avait jamais rien ressenti, mais il était perdu, seul dans une ville ravagée, étouffé par le chagrin comme le manque.

Il était délicat d'expliquer sa nature. Les femmes appréciaient les pouvoirs du faune mais ne sautaient pas forcément de joie lorsqu'elles se découvraient courtisées par l'un d'entre eux. Elles préféraient les dangereux vampires, allez comprendre la logique… Il ignorait quelle serait la tolérance de Nichole sur ce point, mais la jeune femme se laissa faire sans lui opposer de résistance. Jusque là, les choses étaient plutôt normale. Elle n'avait aucune raison de se méfier de lui, et la magie faisait le reste. Il était passé à ce stade où rien ne lui semblait plus important que profiter du moment avant de poser les questions gênantes. A cause de sa longue abstinence, il s'était montré plus démonstratif qu'il ne l'aurait souhaité et, maintenant qu'ils s'accordaient une trêve, il redoutait la réaction à rebours de sa nouvelle amante. Elle ne débutait pas dans le domaine. Selon toute vraisemblance, elle avait même connu plus de personnes que lui. L'époque avait bien changé là-dessus. Les jeunes femmes occidentales ne restaient pas chastes et vertueuses en attendant le mariage. Pour un faune, il était plus difficile de les tromper en leur faisant croire que leur vie intime n'avait rien d'incroyable. Une chose jouait cependant en sa faveur, la recherche désespérée du désir absolu. On en faisait une telle montagne depuis ce qu'on appelait « la libération sexuelle » que presque toutes les femmes redoutaient de ne pas avoir connu la vraie jouissance. Il y avait beaucoup réfléchi avant de franchir le pas avec Nichole, pour en arriver à la conclusion que son élue redoutait bien trop le regard des autres pour imaginer qu'il avait un problème parce qu'il lui donnait plus de plaisir que n'importe quel autre homme. Il s'en voulait un peu de lui laisser croire que tous ses amants étaient moyens, voire peu investis avec elle en comparaison, mais il n'avait pas de meilleure solution dans l'immédiat. Elle reconnut tout de même que leurs ébats avaient eu quelque chose de « très spécial ». Une petite gêne le traversa, mais elle ne lui en voulait pas. C'était l'essentiel. Comme il se doutait que jouer un peu trop sur la naïveté d'une sorcière serait un combat perdu, il souffla avec un sourire :

– Mes pouvoirs sont liés à la nature, je suppose que ça me donne des talents plus cachés.

Il s'était bien gardé de lui dire que ses anciennes partenaires l'avaient déjà remarqué. Déjà parce que ce n'était pas tellement vrai, et cela lui semblait un peu déplacé. Nichole ne faisait jamais qu'évoquer ses anciennes relations. Ils avaient la même réserve sur le sujet, sans doute parce qu'ils auraient tous les deux souhaité se rencontrer encore vierges et prêts à se livrer entièrement, sans l'ombre d'une ancienne relation pour se glisser entre eux. Ce n'était pas possible mais, au moins, ils faisaient de leur mieux pour en préserver l'illusion.
Elle restait serrée contre lui, s'attachait à le complimenter, et continuait de faire courir ses bras sur sa peau comme si elle n'en avait pas eu assez. Elle le voulait encore. Cependant, il devait faire attention. Ses pouvoirs pouvaient perturber grandement les sensations de son corps. Si il ne se refrénait pas un peu pour elle, elle risquait de le regretter le lendemain, et rester marquée plus marqués par les douleurs, courbatures et brûlures qu'elle aurait à supporter le reste de la semaine que par la merveilleuse soirée passée avec lui. Il était pourtant difficile de se tenir, surtout quand elle affirmait ne pas pouvoir lui résister et qu'il était si tentant de répondre :

– N'inverse pas les rôles, c'est moi qui ne peux déjà plus te résister.

Il la fit rouler sur lui pour lui laisser le choix de la décision. C'était un peu biaisé puisqu'il lui faisait toujours de l'effet, que son vis restait bien gonflé, qu'il l'embrassant en lui caressant le creux des reins mais, au moins, il n'en serait pas entièrement responsable, n'est-ce pas ? Mais ensuite… ensuite, il faudrait qu'il se calme un peu, qu'il prenne au moins une pause en se distrayant pour préparer le repas avant de s'autoriser de céder une autre fois. Bon, si Nichole le suivait dans la cuisine, il ne savait pas ce qui d'elle ou du plat se retrouverait sur la table, mais il allait essayer.

FIN LES COQUINOUS Cool

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Samain en banlieue newyorkaise [Terminé]

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