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Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine)

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MessageSujet: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Mer 4 Mar - 22:36


Le récit de ces derniers mois est assez compliqué à raconter mais je vais essayer de faire simple pour poser des bases solides dans un monde moderne qui aime toujours aller de plus en plus vite. J'ai brillamment réussi à mettre à genoux mes principaux adversaires économiques dans la sylviculture grâce à mes « compétences » en effet je n'avais besoin que d'une journée pour créer des plants prêt à être planter alors que mes concurrents devaient attendre des années j'ai naturellement pris le dessus et atteint des sommets devenant leader mondial. Ce que je n'avais pas pris en compte c'était la fourberie de l'Homme qui arrive toujours à diviser un pouvoir en plusieurs têtes alors qu'une seule aurait suffit. Après avoir réussi à hisser ma société au premier rang mondiale mon conseil d'administration m'avait évincé et même si officiellement je commandait toujours ma société ces gratte-papier avait posté un directeur par intérim le temps que de me refaire une santé physique et morale alors que je gérait tout d'une main de maître. Le problème dans tout cela ? Mon retranchement sur moi même et le peu de gratitude que j'apportais à mes subalternes qui finalement ont pensé que j'avais un léger soucis psychique m'empêchant de conduire à bien la barque de l'entreprise que j'avais créée. Je me retrouvais donc un lundi en milieu de matinée à me rendre au cabinet Nereth pour aller voir un psychiatre qui allait juger si j'étais capable de reprendre les rênes de mon entreprise ou non.

L'immeuble était beau, flambant neuf et recouvert de vitre bleuté. Plus qu'un sequoia centenaire il me donnait le vertige. Il était à lui seul le symbole du besoin des bipèdes à braver la nature pour obtenir une belle et brève impression de puissance. Habillé d'un cuir plus ou moins délavé, d'un simple jean et de chaussures montantes également en cuir je progressait sur le pavé d'un pas pesant profitant au passage de la pauvre politesse d'une potiche pianotant sur son PC avant de m'apporter un porte-document afin que je le paraphe sans piper mot. Mon ennuie déjà extrème ne faisait que grandir et lorsqu'elle m'indiqua l'étage je ne pu empêcher un soupir de s'échapper. Calmement je me dirigeais vers la cage d'escalier et m'apprêtait à monter les 15 étages tranquillement quand on me proposa l’ascenseur pour me permettre de rejoindre mon point d'arriver. D'une voix posée bien que profondément sèche je protestais que mes pieds pourraient sans aucun problème me porter jusqu'au pallier 15 sans se plaindre.

Le cabinet est spacieux et une deuxième personne attend derrière son bureau, sans doute la secrétaire du cabinet en particulier. Calmement je lui donne ma carte de visite sans même ouvrir la bouche et elle me demande d'attendre dans la salle d'attente ouverte sur le bureau de la dite secrétaire. Je m'asseoit avec autant de souplesse qu'un ours et prend entre les mains un magazine people que je feuillette avec un air renfrogné pendant pratiquement une demi-heure avant que l'assistante m'appelle et me propose de rentrer dans le bureau de la psychiatre.

Le bureau est spacieux, bien aménagé, une petite plante en pot sur le bord du large bureau et un fauteuil devant. Je crois même apercevoir un sofa contre le mur de droite mais ce qui me frappe ce n'est pas la pièce mais la personne qui trône au milieu. Avant même de poser mon second pied dans la pièce je savais à qui j'avais à faire. Je ne savais pas exactement mais je connaissais sa race et ca ne faisait aucun doute. Je claquais la porte et fusillais du regard mon interlocutrice tout en parlant d'un ton qu'on ne pouvait qualifié d'amical.

« Les hommes m'étonneront toujours mais je remarque que toi tu tiens la palme. Des millénaires à nous traîner plus bas que terre et maintenant tu reviens pour les écouter pleurnicher dans ton giron. J'espère qu'il y au moins une explication logique à cette situation ridicule ! »

La colère m'emporte et je la sens venir même si j'essaye de la contrôler mais il faut relacher la pression alors que je finis ma phrase le pot de terre cuite explose, les racines grandissent et courent sur une bonne partie du bois du bureau comme commandé par une force invisible.
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MessageSujet: Re: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Dim 8 Mar - 16:24

- … mais vous comprenez, comme ces rêves reviennent toutes les nuits, je suis vraiment persuadé qu’ils essayent de me dire quelque chose. Je pense vraiment que j’ai une culpabilité énorme vis-à-vis de cet ami. Est-ce que cette femme m’a retourné la tête ? Est-ce qu’au fond, je voulais vraiment détruire le bonheur de Tyler ?
Je lance un vague regard vers le ciel bleu et l’immeuble d’en face, puis sur l’horloge et, enfin, sur le jeune homme au bout du rouleau qui me fixe d’un air béat. Il attend la réponse, le fin mot de son histoire stérile qu’il imagine, comme tous les humains, d’une importance capitale et déterminante pour la suite de sa courte existence. Je suis installée depuis à peine un mois, c’est la troisième fois que nous nous voyons. Au début, il était assez difficile d’obtenir quelque chose de lui. Il n’avait de toute évidence pas très envie de se trouver en face de moi mais ses parents l’y avaient envoyé de force, lassés de subir ses crises nerveuses, ses insomnies, et de le voir rater ses incroyables études en économie. Vingt-deux ans, absolument pas armé pour la vie adulte, d’une faiblesse assez navrante. La première fois, ce gros bébé n’a rien trouvé de mieux à faire qu’éclater en larmes sur mon bureau en bredouillant que personne ne l’aimait. De ce que j’avais pu comprendre, il était entré dans le jeu de la copine de son meilleur ami – sur laquelle il fantasmait depuis des années, évidemment – sans comprendre que cette dernière le séduisait pour essayer de rattraper un égo brisé. La gamine avait fini par se donner la mort, le copain officiel le jugeait responsable, et mon pauvre patient, mon petit Tommy, n’arrêtait pas de me répéter qu’il vivait un véritable enfer. Comme c’était touchant. Au demeurant, sans être d’une incroyable beauté, sa fragile innocence le rendait plutôt adorable, et je m’appliquais à ce qu’il me voit comme une confidente. Je m’étais donc mis un chemisier au décolleté faussement discret et lui envoyais à chaque occasion de grands sourires compatissants.
- Ne dites pas de bêtises Tom, il n’y a pas une once de méchanceté en vous, et vous le savez. Qu’avez-vous fait de plus qu’essayer d’aider une fille perdue. N’est-ce pas plutôt à votre ami de se remettre en question, demandez-vous plutôt ce qu’il peut bien avoir à se reprocher lui pour vous traiter avec tant de mépris aujourd’hui et… Oh… Le temps passe si vite, notre heure est déjà terminée !
Tommy, qui semblait très concentré sur le nouvel angle de réflexion que je lui tendais, reposa un pied brutal dans la réalité. La graine pour le dresser contre le petit Tyler semblait prendre doucement racine, j’étais très satisfaite de cette séance.
- Ah oui… Déjà… Mais je… Heu… Pouvons-nous nous revoir la semaine prochaine ?
Deuxième victoire. Et je vois que son regard anormalement agité dénonce d’autres intentions derrière sa volonté d’être traité. Au premier rendez-vous, Tommy m’avait assuré qu’il ne viendrait que pour une séance, mais j’arrivais à l’accrocher à chaque fois pour repartir un jour de plus avec lui. Je feins donc de regarder mon calendrier, et fais une moue dépitée.
- Je crains que tout mon agenda soit réservé la semaine prochaine…
- Ah…, il est adorablement déçu. Et… la semaine d’après ?
- Hm… ça doit être possible, mercredi matin ?
Je sais pertinemment qu’il a un examen ce jour-là.
- Oh je suis censé passer un module mais… après tout je n’ai rien révisé alors…
- Hors de question Tom. Je m’en voudrais vraiment de contribuer à vous faire manquer cette année… Bon… Alors voyons… Mon cabinet est fermé le samedi après-midi, mais nous pouvons nous retrouver dans le café d’en face, qu’en dites-vous ?
Il me fixe un instant, la bouche pendante d’un air abasourdi, puis acquiesce avant de trouver les mots.
- Samedi… heu… Oui ! Oui d’accord, je devrais pouvoir me libérer.
- 15h ?
- 15h, d’accord.

Il me salua en serrant mes doigts d’une main fuyante et disparut d’un pas très nerveux. Ah… De tous mes nouveaux patients, il était ma victime la plus facile pour les Enfers. L’y envoyer ne serait sans doute qu’une question de semaines, même s’il ne me serait jamais d’une grande utilité. Trop de fragilité, vraiment. Ces négociations ayant fait déborder mon entretien sur le second (déjà décalé à cause de tous ces bavards qui s’obstinent à continuer à parler alors qu’on leur signifie que leur temps est passé), je vais signe à la secrétaire d’appeler le prochain, un certain Sylvan Blackwood. Un nouveau. Pleine de curiosité, j’attends son entrée, mais une énergie puissante m’indique avant même qu’il ne franchisse le seuil de la porte que cette séance risquait d’être plus sérieuse, plus surprenante que les autres. Apparemment, le dieu qui a eu la curieuse idée de prendre un rendez-vous ici ne s’attendait pas à tomber sur l’un des nôtres puisque je le sens particulièrement énervé. Il me présente un visage fermé, et m’adresse aussitôt un discours confus où il m’accuse d’être assez bienveillante pour perdre mon temps à écouter les jérémiades des humains. Allons… Pourquoi tant de haine ? Je lui tourne un regard perplexe sans m’émouvoir plus qu’il n’en faut et me laisse un instant distraire par l’explosion de mon pot de fleurs et la mutation spectaculaire de ma plante. Les racines ont la soudaine fantaisie d’envahir mon bureau, ce qui n’est pas très pratique pour continuer à taper sur un clavier et traiter ses papiers.

- Je sais que la décoration de ce bureau est encore très basique, mais vous seriez gentil, Monsieur Blackwood, de ne pas m’imposer vos goûts de cette manière. – Et, tout en disant cela, j’attrape une racine et la réduis en cendres. – Je conçois aussi qu’il soit peut-être vexant pour vous de vous trouver en compagnie d’un semblable, et je ne vois pas en quoi il serait plus illogique que je tienne ce cabinet que de prendre un rendez-vous ici. Des soucis avec l’immortalité ? Ce n’est pas tellement dans mon domaine de compétences – un sujet peu traité par Jung et ses amis je dois dire – mais je suis sûre que je peux faire quelque chose…

La jeune femme tout en douceurs qui faisait face à Tom a légèrement changé. Face à l’impudence de ce nouveau patient, c’est un regard plus acéré, et un sourire narquois qui répond. Sa réaction n’est-elle pas celle d’un homme acculé ? Je suis sûre que cette heure sera bien plus enrichissante pour ma culture personnelle que tout ce que j’ai pu voir depuis le début de ma journée.

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MessageSujet: Re: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Mar 10 Mar - 18:21


Juste avant de rentrer je vois un de ces puceau sortir du cabinet avec un air béat et légèrement satisfait mais cette image est relativement vite oubliée au moment ou je pète les plombs. Je ne suis même pas entré totalement dans la pièce que je commence déjà à hurler ou presque. Je claque la porte derrière moi alors que la plante devient totalement folle. Le psy la fait brûler d'un simple contact et cela me donne encore plus envie de lui sauter à la gorge mais en entendant sa voix presque enchanteresse je la laisse terminer. C'est vrai que vu de l'extérieur voir un dieu se faire psychanalyser n'est pas très reluisant. Je souffle tout l'air que je détiens dans mes poumons et fait se rétracter la branche de la plante grimpante qui s'apprêtait à lui tordre le cou. Néanmoins elle conserve cet air presque orgueilleux. Je fais craquer ma nuque et tire la chaise en face du bureau en arrière. Quel dommage ce n'est pas du bois massif mais du contreplaqué. Je lui demande si je peux m'asseoir mais n'attend pas la réponse avant de me laisser tomber lourdement avec la souplesse d'un ours sortant de sa caverne.

« Je suppose que le feu ne vous dérange pas? »

Je ne la laisse pas répondre non plus et allume une cigarette dans le but de me calmer. C'est vrai que je me suis un peu emporté et c'est également exact qu'en fournissant les deux tiers des arbres de New-York j'ai servis la cause des humains d'une certaine manière. Je fais attention de ne pas souffler la fumée dans sa direction et pose mon pied gauche sur mon genoux droit en la regardant dans les yeux. J'essaye de savoir qui elle est vraiment et je ne veux pas dire par là que je veux connaître l'origine de son diplôme de psychologie. Elle est puissante, autant que moi peut être plus. Une déesse majeure ? Je ne pense pas. Son aura est plus nuancé, plus agressive ce qui veut dire sans doute qu'elle n'a pas à se soucier de protéger ses arrières. Au bout d'une minute de silence je rends les armes et rejette la fumée par mes narines.

« Vous croyez sérieusement que quelqu'un comme moi prendrait un rendez-vous chez quelqu'un comme vous et raconterais sa petite enfance sans aucun problème ? »

Je m'enfonce définitivement dans le fauteuil et continu de fumer tranquillement la cigarette coincée entre mon index et mon majeur. Elle n'a pas l'air dangereuse ou du moins elle ne me veut pas de mal sinon elle aurait été capable de le faire depuis que je suis rentré dans le bureau. D'ailleurs sa manière d'avoir réduit en cendre les racines de cette fleur m'ont juste donné des sueurs froides. Il faut réfléchir, réfléchir très vite mais à part Vulcain je ne connais personne capable de faire cela. Je termine ma cigarette et l'écrase dans le cendrier ouvragé ,placé là seulement pour décorer à mon humble avis, avant de m'enfoncer à nouveau dans le fauteuil.

« Écoute si je viens ici ce n'est pas de gaité de cœur alors tu pourrais juste prendre un papier, dire que je suis un « homme » tout à fait sociale et comme ca je récupère mon boulot et on ne se reverra plus. Je pourrais même te donner une nouvelle plante en pot si tu le souhaite. Ca te convient ? Et non je n'ai pas de problème avec l'immortalité juste avec l'humanité. J'ai répondu à ta question donc tu peux me faire ce papier attestant que je suis psychologiquement stable ? »
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MessageSujet: Re: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Dim 15 Mar - 16:40

Une psychanalyste, surtout aussi jeune que moi, n’est jamais à l’abri de se retrouver un jour devant un patient violent, et je crains que l’entrée énergique de ce cher Sylvan n’ait inquiété ma secrétaire. La brave femme serait capable d’entrer pour s’assurer que tout va bien. Que verrait-elle alors ? Une plante anormalement grandie qui essaye de me caresser la gorge, un pot brisé, et un homme bien costaud qui tire insolemment sur une cigarette. On ne fume pas dans un cabinet "comme il faut". Cependant, je m’inquiète plus pour les manifestations de magie. Mon employée ne doit surtout pas pousser la porte. Avant de répondre à la question toute rhétorique du dieu à propos du feu, je tends l’oreille vers le couloir. Les talons frappent le plancher, ils approchent. Je m’exclame d’une voix claire :
- Tout va bien Tilda !
Elle ne répond pas et retourne à son bureau, où le téléphone sonne désespérément pour la cent-cinquantième fois de la journée. Cette fois, je peux m’intéresser à mon nouveau sujet sans craindre d’être interrompue. Et, en ce qui concerne la cigarette, je suis bien navrée d’être obligée de lui signaler qu’elle n’est pas la bienvenue, d’une voix un peu exagérément embarrassée mais ferme.

- A vrai dire, si le feu ne me dérange pas, je suis à peu près certaine que mon prochain rendez-vous appréciera très peu d’entrer dans une salle qui sent le tabac froid. Il semble que la bienséance humaine de ces dernières décennies ait changé sur la question…

Le but n’est bien sûr pas de lui donner une interdiction, je serais contrariée de passer pour une psychorigide, mais il sera gentil de ne pas abuser. Il n’est pas chez lui, et les règles de ce domaine m’appartiennent. Derrière mes sourires faussement aimables, il semble assez évident, je pense, que son arrogance ne me plaît pas. Qui est-il donc ? Mes yeux se posent pensivement sur mon bloc-notes et son nom. Entre Sylvan et le pouvoir lié aux plantes, se pourrait-il que ce soit si évident ? Comme il persiste dans sa mauvaise volonté, j’interromps ma réflexion pour répondre à sa nouvelle « agression ». Cette fois, un petit soupire m’échappe. Je roule des yeux comme s’il était d’une folle naïveté.

- Beaucoup de personnes entrent ici en me disant précisément la même chose tu sais. Ils sont sceptiques et ne veulent pas parler mais… C’est ce qu’ils finissent toujours par faire, puisqu’ils viennent pour cela, en réalité. L’esprit de contradiction…

Oui, Sylvan n’est pas très différent d’une certaine catégorie de clients. Je ne reçois presque que des hommes et nombreux sont ceux qui se présentent devant moi à reculons. Ils sont ennuyés d’être là, ont la fâcheuse tendance à vouloir affirmer leur position de force quand ils découvrent que la spécialiste n’est qu’une jeune diplômée bien trop mignonne pour être capable de sonder avec intelligence toute la complexité de leur esprit. Ils entrent, m’affirment très vite, avec énormément de condescendance, que je ne suis pas capable de comprendre leurs problème vu la pauvreté évidente de mon expérience (sans vouloir me vexer, n’est-ce pas) et certains ont l’audace de me traiter de stagiaire. Ils espèrent toujours reprendre une position de force, avec leur égo surdimensionné d’humain pourvu d'un organe externe entre les jambes. Je me suis souvent demandée comment faisaient les filles réellement sorties d’études dans cette situation. Quelle patience il faut avoir ! Quelle capacité de don de soi doivent-elles posséder pour garder l’amour du métier, l’envie d’aider ces gens. Ou, en réalité, elles deviennent aussi très rapidement comme moi, cassantes, gardent au final ceux qui se découvrent un certain plaisir masochiste à voir une jeune patricienne effeuiller leur trop grande prétention, et laissent les plus mauvais partir. Quel intérêt de conserver un client qui vient vous insulter, après tout ? Mais, la plupart du temps, ils sont comme des enfants, ils jouent les vilains garnements pour voir si on sera capable de les remettre à leur place. Je ne traiterais pas Sylvan différemment parce qu’il est un dieu. Et… oh oui, revenons à ce mystère, de quelle divinité parlons-nous ici ?

Si j’en crois son discours plus développé, notre ami a quelques soucis à s’intégrer parmi les humains, au point de passer pour fou et de se retrouver devant moi. Amusant ! Je ne sais si le dieu des forêts, Sylvanus, était aussi misanthrope, mais cela ne m’étonnerait guère. Le pauvre a eu de quoi perdre la raison, avoir mille sueurs froides, en voyant ce à quoi l’Homme a réduit la nature en l’espace d’un siècle. J’en sais quelque chose. Ma mère est profondément nostalgique aussi de cette époque où ces adorables créatures mortelles faisaient de chaque changement de saison une grande fête. Tout a foutu le camp avec le culte des usines et du béton. Moi, à l’inverse, je ne suis pas à plaindre. Les environnements sinistres, cloisonnés, stressants, sont le royaume du vice et des maladies de l’âme. Si Sylvanus méprise autant les hommes, je ne serais pas surprise que son nom sur Terre soit d’une si grotesque évidence. Sa demande me fait doucement ricaner.

- Et prendre le risque que tu empales des humains sur des pousses fraîchement sorties de terre la semaine prochaine ? Je me suis trouvée une passion pour la psychologie depuis un mois, et je tiens à être prise au sérieux l’ami. Je ne vais certainement pas te délivrer une attestation en deux secondes parce que nous sommes de la même espèce. D’ailleurs, sommes-nous seulement du même panthéon ? Te serais-tu nommé Sylvan par nostalgie du temps béni où les hommes vénéraient la nature, pensaient que toute plante avait une âme, chaque animal un cœur ?

Je lui tourne un sourire qui hésite entre amusement et compassion. Mes réticences sont à moitié vraies. Bien sûr, je pourrais lui délivrer son papier sans faire d’histoires, en misant sur le fait qu’il sera capable de retenir la leçon pour ne pas avoir à venir une seconde fois, ou risquer de provoquer mon courroux en ruinant ma réputation. Cependant, c’est moins drôle. Je veux le faire parler, obtenir des réponses et, surtout, pour qui me prend-il ? Pour une personne à laquelle on peut ordonner ? Sans rire !

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Dernière édition par Milena P. Nereth le Lun 27 Avr - 15:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Dim 19 Avr - 14:22

Son ton m'énerve particulièrement mais j'essaye de l'écouter religieusement derrière mes airs d'homme des cavernes. Son emploie brutal de la deuxième personne du singulier m'exaspère, elle se croit sur le même niveau que moi alors que je n'ai à voir avec cette déesse de bas étage. Elle essaye sans doute de me rendre fou avec ses propos m'accusant presque de pouvoir tuer des population entière, je ne compte pas détruire les hommes de cette manière ce serait particulièrement idiot et mal-venu de ma part. Sans compter que j'ai une chance insolente, les gens gérant ma société ont tout simplement choisis le seul cabinet dirigé par une déesse et en écoutant ses paroles je commence à cerner d'où elle vient. Ce coté hautain ne peut venir que d'un dieu sachant utilisé ses charmes pour pervertir les plus faible que soit. J'essaye de me calmer en entendant ses derniers mots avant de répondre le plus calmement possible.

« Ecoutez, docteur, je m'appel Sylvan tout simplement parce qu'il s'agit de mon nom et ce je ne suis pas près de l'abandonner. Mon identité est pour moi aussi important que la sève l'est pour un arbre. Je refuse de me plier aux règles des humains sous prétexte qu'en ce moment ce sont les plus fort. Bientôt cela changera et je serais là pour observer leur décadence déjà bien avancée. »

Malgré mon ton tout à fait calme je sentais que je commençais à m'énerver encore une fois. Calmement je me lève pour me coller le nez à la fenêtre en regardant les centaines de fourmis qui courent dans tous les sens à la recherche d'un bonheur futile qu'ils n'atteindront jamais. Poussant le battant pour laisser infiltrer un air quelque peu frais du haut du cabinet je ressort une cigarette et tire dessus le plus calmement possible. Cette femme, ces flammes elle ne peut venir que du point le plus terrible de cette terre et j'ai peur de comprendre à qui je m'adresse. En y réfléchissant j'aurais mieux fait de disparaître en même temps que la plupart de mes frères et laisser les hommes nous oublier au lieu de gagner un sursis en échange d'avantage que je n'avais pas réussit à conserver de toute manière.

« Panthéon ? Que veux bien dire ce mot à l'heure actuelle docteur ? Je vous le donne en mile il ne signifie plus rien. L'homme ne croit qu'en ses machines, il pervertit la nature et espère ne jamais recevoir le revers de bâton qui lui est dû depuis maintenant plusieurs siècles. Nos forêts se meurent, nos sources se tarissent, tout ce que nous avons construit en des millénaires n'est plus que cendres et rouages. Le monde que j'ai connu à été consumé dans les flammes de l'industrie, la poésie et la raison ont été remplacé par l'argent et la politique. Mais celui qu'ils considèrent comme leur Dieu n'est plus que l'ombre de lui même. Sa faiblesse est telle que je peux sentir l’Achéron bouillonner et son passeur charrier de nouveau ses cargaisons d'âme incroyante et destiné aux flammes du Royaume d'Hadès. Quelle plaie est ce là que ce sont les Romains et les Grecs qui obtiennent encore une fois la récolte que d'autres ont semés... »

Du coin de l'oeil je guette le reflet de mon docteur dans la vitre, son air satisfait, son œil narquois et fier. Ses traits fins et régulier ressemble à un miroir beaucoup trop lisse pour être totalement crédible et réel. Pour un Homme elle est sans doute attirante voir désirable et je comprend à présent pourquoi elle a choisit ce métier de communication. C'est le meilleur moyen d'attirer ces mortels dans ses filets pour les emporter vers dieu sait quelle fosse chaude et obscur. Au beau milieu de ma réflexion je fronce des sourcils, pourquoi donc afficher cet air de satisfaction en entendant la constatation du renouveau des enfers. Pourquoi ce revirement de situation lui fait il aussi plaisir. Doucement je me retourne et m'appuie sur la base de la fenêtre en conservant toujours la cigarette à la main.

« Mais j'oses croire que ces nouvelles n'en sont pas vraiment pour votre humble personne n'est ce pas ? Le plus vieux de mes amis me disait toujours de me méfier des belles femmes et des choses trop parfaite en général et peu importe leur origine car cette dernière ne garantis rien.  Voyez vous je connaissait une femme vraiment très bien quoi qu'un peu irrespectueuse des forêts mais elle aimait tendrement la nature et la nature le lui rendait bien je dois l'avouer. Je ne sais pas ce qui est arrivé à cette honorable déesse mais ce n'est pas la question. »

Je jette la cigarette par la fenêtre et referme cette dernière et me pose à nouveau dans le fauteuil.

« Cette femme avait une fille. Elle était jeune, belle à ce qu'on m'a dit et remarquablement attirante et bien qu'étant la fille d'une des plus farouches défenderesse de la Nature elle l'a finalement trahis pour s'enfermer sous terre avec son dernier amant en date. Cette petite anecdote démontre parfaitement que les gens de notre espèce ne sont pas de toute confiance et je ne crois pas que vous le soyez contrairement à moi, tout dieu que vous soyez. Cerès était pourtant si fière de sa fille avec sa peau pâle, ses boucles brunes et ses immenses yeux bleus. Vous voyez ce que je veux dire ? »
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MessageSujet: Re: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Lun 27 Avr - 17:19

Il est une chose que l’on apprend très rapidement aux Enfers : ne jamais se laisser dominer par ses émotions. Face aux démons, le premier qui s’amuse à suivre ses sentiments a perdu. Je sais invoquer la passion, car j’ai été une jeune fille entière et pleine de vie. Mais pour régner, j’ai taillé mon âme, retiré le superflu, arrêté d’accorder de l’importance aux affaires personnelles des autres. Que Sylvan perde patience ne m’inquiète absolument pas. Des millénaires, et toujours obligés de lutter contre sa colère… C’est amusant… Et, en même temps, le côté caractériel de la plupart des dieux a quelque chose de désolant. Nés à un âge où tout n’était qu’élans du cœur, où la fureur était une inspiration de leur volonté pour les hommes, ils n’avaient pas su évoluer. J’ai parfois le sentiment d’être l’unique représentante d’une autre race, celle qui s’est suffisamment mêlé à toutes les époques pour comprendre qu’aucun destin n’a de véritable importance. Les choses meurent, renaissent, et disparaîtront dans le souffre un jour. Mais je m’acharne à garder ma place pourtant. Je sais trop quel néant nous attend pour vouloir disparaître. Tenir mon rôle dans le jeu est donc la seule chose qui importe, et je ne laisserais personne me voler mon domaine. J’imagine que Sylvan pourrait dire la même chose. Hélas, il est une des divinités vaincues par l’expansion des hommes, de ces milliards d’âmes qui détruisent sa chère nature avant de nourrir mes terres. Je lui sers un sourire un brin railleur. Son discours est celui d’un adolescent en pleine rébellion contre ses parents. Or, ce qu’apprend l’adolescent intelligent, est qu’il n’est pas de meilleurs manière de contourner une règle qu’en commençant à la suivre.

- Les règles sont partout Sylvan. Il faut savoir se les approprier pour entrer dans la partie et devenir plus qu’un observateur ruminant. Si tu vis parmi les hommes, laisse les croire que tu es l’un des leurs. Qui fait confiance à la mauvaise personne n’est jamais maître en son royaume très longtemps.

Quoiqu’il en dise, il a besoin de parler. Il a besoin de réorganiser sa stratégie. Là, dans mon cabinet, le pauvre dieu des forêts est sur le banc de touche, bouillonnant de colère contre lui-même et non contre moi. La rage n’est rien d’autre qu’une affaire publique. Un psychiatre aussi doit apprendre à laisser ses émotions de côté d’ailleurs. Dans ce bureau moins qu’ailleurs, je n’oserais me faire toucher par des attaques verbales. Je ne hausse le ton que sur mon patient déraisonne dangereusement, ne sait plus s’arrêter et commence à m’ennuyer. Une fissure sur le bureau trahit un geste de fermeté un peu trop exagéré pour la force que ce corps est censé avoir. Néanmoins, même un gros balourd à moitié drogué ne bronche plus quand on frappe du poing de cette manière au milieu de sa logorrhée. Mais Sylvan se tient. Je le suis calmement du regard jusqu’à la fenêtre. Il a trouvé un interlocuteur réceptif, et il vide son sac, toute sa rancœur accumulée au fil des siècles, toute la haine qu’il voue à ce nouveau monde dans lequel il ne se reconnaît pas. Je ne peux retenir un rictus amusé lorsqu’il mentionne les Enfers triomphantes.

- Je trouve qu’observer le changement est une douce distraction pour des existences si longues que les nôtres. J’aurais été contrariée d’en rester aux vertes années de l’Arcadie. Mais vous avez raison, la mort est partout, le culte de l’individu est celui de l’éphémère, de l’immédiat. Il n’y a plus de place pour les croyances, le futur, les espèces animales et végétales, pour rien d’autre que la satisfaction de passer un demi-siècle de plaisirs factices, et le reste à se laisser sombrer tranquillement.

Je parle d’une voix égale. L’Histoire de l’humanité n’est pas la mienne. Ils se retrouvent tous dans l’Après, qui n’est pas une fin, juste une zone de transit avant la fin définitive, un genre de seconde existence inutile à ceux qui n’ont pas la consolation d’être incarnés en démon. Alors, oui, tout cela n’est pas un grand souci pour moi. Mais, je l’ai dit, je lui là pour recevoir les doléances de mes patients, et rien d’autre. Mon patient semble cependant réussir à me cerner à force de m’observer et de m’écouter. Je ne sais tout d’abord pas s’il mentionne Cérès à dessein mais la suite de sa tirade ne fait aucun doute. Il me soupçonne d’être la reine des enfers, et il connaît visiblement la vraie histoire. Il aimerait que je sois Proserpine parce qu’il s’attend à ce que la mention du chagrin probable de ma mère me touche. Et que sont encore les liens du sang maintenant ? C’est un caprice d’adolescente qui m’a coupé de Cérès, cependant, nous n’avons jamais réussi à nous comprendre ensuite. Ma mère a tenu Pluton responsable de mon changement. Elle avait perdu la plus belle et appréciée de ses filles. Elle avait caressé le rêve de me laisser gouverner la nature à ses côtés, je me terrais sous terre, insensible aux beautés qu’elle s’évertuait à créer. Malheureusement pour elle, j’étais d’avantage l’enfant du Styx que le sien.
Il termine par une question et j’approuve doucement sans changer d’expression.

- Il faut d’abord faire les choses pour soi et ne jamais espérer un retour. Ce qui est notre inclination ne sera pas nécessairement celle de notre prochain. Cérès a fait la même erreur que de nombreux humains, celle d’espérer un enfant à son image, et n’importe quelle création peut nous échapper à tout moment. Et en même temps, Pluton n’est-il pas le dieu de l’abondance et de la terre ? Sans lui pour veiller sur les sols, point de semences et de renouveau. Cérès voulait célébrer la vie en méprisant la mort, son chagrin égoïste a rendu certains hivers si rigoureux que le Styx n’a pas désempli. Tu n’as pas à te méfier de moi Sylvan, je n’ai aucune raison de vouloir t’empêcher d’essayer de rendre la Terre plus proche de tes convictions personnelles, à chacun sa chance, je saurai m’adapter.

Peut-être bien qu’il arrive à me faire parler après tout. Évoquer cette vieille affaire réveille quelques sentiments que je pensais enfouis. Je ne me suis jamais expliquée très clairement avec ma mère. A cette époque où j’étais plus douce, le tempérament ombrageux de Pluton m’avait touché, la manière qu’avaient tous les dieux de se moquer de lui aussi. Jupiter et Neptune surtout fanfaronnaient avec leurs territoires tellement plus séduisants, leur visage avenants, leur musculature conquérante. On disait Pluton laid parce qu’il n’essayait pas de se rendre intéressant, ne cherchait ni la gloire, ni la luxure, il avait des traits plus renfermés, une attitude plus distante. Au moment du partage, il avait choisi la terre calme et immobile, élément naturel et donc moins fascinant pour les hommes, et sans lesquels ils n’étaient pourtant rien. Cérès, déesse de la Nature elle-même, avait osé le condamner. Elle n’aimait que la surface du monde, et rejetait l’élément même dans lequel ses petites graines pouvaient espérer prendre vie, et grandissaient grâce aux vers, à la pourriture. Son opposition à notre union m’avait beaucoup affectée à l’époque. Aujourd’hui, ceux qui croient à la version selon laquelle je me suis faite enlever me voient victimes et ceux qui en doutent, comme Sylvan apparemment, me voient coupable. Personne n’imagine un instant que Cérès a provoqué la rupture elle-même. Il faut dire qu’en bonne comédienne, elle aura mis en scène son chagrin de manière assez spectaculaire, et je ne doute pas qu’elle continue de pleurnicher sur cette histoire. Après tout, sans l’enlèvement de Proserpine, qui connaîtrait quoique ce soit de sa vie ? Peut-être suis-je restée un peu moins neutre que je ne l’aurais voulu dans ce discours, et alors Sylvan m’a percée à jour. Mais, sans avouer, je finis par demander, un air faussement amusé de convenance plaqué sur le visage :

- Mais je suis assez surprise par ta version. Il me semble que tout le monde se soit accordé à dire que la fille de Cérès a été la victime innocente de l’entêtement de Pluton.

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MessageSujet: Re: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Ven 22 Mai - 21:44

Je suis toujours partie du principe que les chiens de faisait pas des chats. Un humain célèbre a dit que les jugements de nos prochains dépendent de notre place dans la société. C'est tout à fait ces deux choses qui rentre en compte dans l'histoire de Cérès et sa fille. La première n'est qu'égoisme et ne vit que pour ses belles plantes auxquelles elle a donné la postérité en offrant leur secret aux Hommes, ceux ci ont cru qu'ils pouvaient domestiquer la nature grâce à elle et elle était heureuse de paraître une véritable bienfaitrice pour eux. Oublions deux minutes la belle histoire de la mère qui ne peut contenir ses larmes deux minutes et regardons la vérité en face, elle voulait que sa propre fille suive ses directives comme les hommes l'avaient fait et elle n'a pas supporté qu'une enfant l'envoie sur les roses. Se connaissant elle aurait dû savoir que sa fille ne pouvait pas résister à une personne aussi puissante que Pluton à qui elle plaisait. La mère comme la fille désirait le pouvoir, elles désiraient de tout leur être avoir le dessus sur ceux qui les entourait, elle voulait avoir leur vie entre leur main. Je m'arrête quelques secondes et continu de regarder le jeune docteur Nereth qui mine de rien me fait parler, m'étudie, recherche mes points faibles pour les utiliser à son compte. L'intelligence est une chose curieuse, on peut se creuser la tête longtemps et finalement la solution arrive d'elle même.

Je fais un geste de la main qui devrait lui faire comprendre que je suis lassé et je me lève en me dirigeant vers la porte. Je passe longuement ma main sur le fil du bois, du contreplaqué, elle a vraiment un manque de goût certain. Je l'entrouvre et découvre le regard inquisiteur de la secrétaire, je lui souris en prenant un air gêné et referme la porte, je profite du claquement du battant pour tourner le loquet et nous enfermer dans la pièce je me doute qu'elle capterait tout de suite le manège mais c'est surtout pour éviter que son chien de garde nous dérange, une pauvre femme ne pourra pas défoncer la porte. Je reviens vers le bureau et pousse la chaise du pied avant de poser mes deux mains à plat sur la plaque de bois et me rapprochant d'elle, mes mots devenant presque un murmure.

« Ecoutez, Docteur. J'en ai plus qu'assez de votre psychologie de bas étage j'ai déjà rencontré des satyre bien plus intelligents que vous et je suppose que vous connaissez nos petits amis à corne ce ne sont pas les êtres les plus futés de la création. Je ne compte pas racontez ma vie à une enfant qui se croit maline parce qu'elle a réussie à se faire passer pour une victime auprès d'un panthéon remplis d'ignorant et d'attardé. Ce que je peux avoir par vous je peux l'avoir par d'autre mais je me demande ce que votre belle clientèle dira si les journaux et autres magazine titre que votre secrétaire c'est retrouvé étranglée voir pire par sa plante en pot ? »

Poussant un léger grognement je me laisse retomber dans le siège que j'ai préalablement rapproché et sort mon paquet de cigarette avant de le ranger à nouveau. Maintenant plus qu'avant on me prendrais pour un ours mal léché qui vient de sortir d'un très long hiver. Je garde mon regard fixé sur la psychologue pour analyser sa réaction tout en faisant craquer ma nuque. Voyant son manque de prise au sérieux je fais un simple geste de la main comme ceux que l'on fait lorsqu'on est exaspéré et un oiseau vient s'écraser contre la fenêtre du bâtiment comme si une mouche l'avait piqué. L'impact sur le verre renforcé de l'immeuble est quasiment inexistant mais la trace de sang qui coule goutte à goutte est peu ragoutante. Je croise les jambes et reprend mon paquet dans les mains.

« Donc chère docteur, si la légende dit effectivement la vérité à propos de votre inénarrable beauté et votre charme envoûtant j'espère que la partie sur votre esprit rayonnant n'est pas mensongère et que ce dernier vous aidera à me signer ce misérable bout de papier. Si cependant vous manquez d'envie ou de motivation je pourrais très bien faire poussez un Séquoia géant au milieu de votre immeuble vous semblez tant aimer la nature. Ca ne vous coûtera que quelques centaines de milliers de dollars en réparation mais bon vous savez ce qu'on dit. »

Lentement il tire un cigarette du paquet et l'allume dans la foulée.

« Plaie d'argent n'est point mortelle n'est ce pas ? »
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MessageSujet: Re: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Mar 9 Juin - 18:16

Mon client devenait plus calme, un peu plus disposé à écouter et échanger. Je pensais sincèrement que lui donner raison en argumentant à sa place l'aiderait à stabiliser son humeur. La plupart des personnes qui s'adressent à un psychiatre ont souvent besoin que l'on place des mots sur leurs douleurs. Ils viennent, parce qu'ils sont incapable de trouver l'origine du problème, comme une douleur physique diffuse dont l'origine est interne. Il faut la pointer du doigt, mettre quelques phrases dessus, et retirer, pour commencer, le poids de l'ignorance. Oui, tout cela m'amuse beaucoup. Pendant ma dernière vie, j'ai fait le tour de l'anatomie humaine, mais la psychée n'a pas fini de m'amuser. Et la psyché des dieux est particulière. Il est certain qu'elle mériterait une étude approfondie. Quand on voit les horreurs que s'infligent les humains en un pauvre demi-siècle, on peut bien imaginer les ravages de plusieurs millénaires à lutter contre son égo, à chercher des buts à son existence. Pour une mortelle, je suis sans doute dans la catégorie des âmes dangereuses. Pour une déesse, je trouve que je ne m'en sors pas si mal. Ce qui est cliniquement mauvais pour une espèce éphémère peut garantir la survie de l'autre. Mais Sylvan ne maîtrise rien. J'ignore s'il a des grieffs particuliers contre Cérès ou moi-même, mais mon aveu implicite semble le plonger dans un véritable désordre mental. Je n'ai pourtant rien fait de plus que lui signifier que je n'avais aucune intention de m'impliquer dans ses affaires. Allez savoir pourquoi, cela ne lui suffit pas. Il faut qu'il me joue une parade d'intimidation assez ridicule en fermant la porte et en donnant un coup de pied dans la chaise. Est-ce donc ce que lui ont appris toutes ces années d'existence ? Que pour obtenir ce que l'on souhaite face à quelqu'un de plus puissant – je suis la déesse des enfers et, dans le monde présent, il n'est rien de plus que mon patient – en piquant une grosse colère. Je hausse un sourcil sans m'émouvoir et lui laisse le plaisir de déverser cette tempête qui afflige son pauvre crâne.

Le procès qu'il me dresse est assez injustifié et, surtout, inutile. Il a déjà été largement prouver qu'on ne peut attaquer efficacement quelqu'un en mentionnant un déficit d'intelligence en argument absolu, c'est à dire, dénué d'exemples concrets. Des clients qui se la jouent plus futés, j'en vois défiler des tas. Et, à travers tous mes corps de femmes, j'ai sérieusement eu le temps de me lasser de ce genre de certitudes toutes faites. Il prétend qu'il peut obtenir la même chose par d'autres personnes. Là, mes amis, je ris. Comme je ris doucement à ses tentatives d'intimidations. Certes, je serais navrée que ma secrétaire aient à subir la colère d'un dieu mal embouché, mais la vie humaine n'est que cendres, et les cendres se soufflent, s'éparpillent dans l'air et s'oublient.

- S'ils pouvaient encore retrouver son corps… Ma secrétaire aurait mystérieusement disparue comme des centaines de femmes chaque jour, et alors ? Fais pousser un séquoia chez moi, et c'est à peu près tous les dieux de la ville que tu auras sur le dos pour avoir osé mettre en danger le secret de notre existence. Je constate en effet que tu me prends vraiment pour une idiote pour vous imaginer que je pourrais prendre au sérieux ce genre de menaces. Enfin, je pourrais aussi te prendre au sérieux, admettre que tu es trop inadapté pour ce monde et ensuite… Et ensuite… pas de petit billet magique.

Je lui fais un sourire arrogant, triomphant. Son combat est celui d'un désespéré, de n'importe quel humain misérable pris en tenaille dans un système qu'il aimerait rejeter. Un système qui ne se pliera jamais à sa volonté. Ces gens là finissent à la rue. Sylvan peut faire ce choix, mais il ne pourra pas détruire mon immeuble sans risquer excessivement plus de problèmes que moi. Face à une déesse capable de donner à l'atmosphère la chaleur étouffante d'un volcan, je le sais très contrarié. Et écraser des pauvres oiseaux sur mes fenêtres ne changera rien. Je pourrais lui envoyer toute mon armée d'âmes, le contraindre à se calmer. Mais je n'ai pas encore envie d'en arriver à ces extrémités. Je n'aime pas la violence, je préfère le dialogue. Seulement, je crois qu'il ne saisit pas très bien où est sa place, où est la mienne. Sylvan est un dieu solitaire, je suis entourée par plus de divinités du panthéon qu'il ne semble se l'imaginer, en plus d'avoir entretenu ma puissance tout ce temps. Monsieur est assez gonflé d'insulter ces pauvres satyres, ce sont peut-être les seuls qui continuent encore de le vénérer. Et c'est assez malheureux pour eux. Mes yeux rougeoient un instant, j'avance un doigt vers les braises de la cigarette pour laisser le tabac s'embraser. C'est une ultime provocation, il ne faut tolérer aucune provocation.

- Puisque tu m'as si bien cerné, tu dois aussi te douter que ce genre de petit numéro ne servirait à rien. Un autre psychologue ferait autant d'histoires que moi. Tu crois qu'un professionnel se satisfait des belles paroles d'un client, sans établir le moindre diagnostic, pour donner son avis ? Mais tu es totalement à la ramasse mon pauvre. Va ailleurs si ça te chante, si tu préfères jouer le rôle du petit humain perdu en ayant la certitude de passer pour complètement sain d'esprit. Là, je ne peux pas dire que tu aies passé très brillamment le test. Alors, tu te calmes, acceptes de décider d'un arrangement entre adultes, ou tu tentes ta chance ailleurs, avec un antécédent chez moi et un patricien qui sera par avance sur ses gardes ?

Je continue de sourire mais, en réalité, je crois que la situation m'amuse presque autant qu'elle m'agace. Côté sentiment, j'ai assez peu d'impressions très nettes, je me base sur ce qui est plus distrayant qu'autre chose. Gérer un dieu en colère pour rien est distrayant un temps, mais ça ne le sera plus s'il continue. J'ai établi un contact avec mes plus fidèles soldats pour leur demander de rester prêts à réagir et lui insuffler une bonne dose de démotivation venue d'outre-tombe s'il persiste dans ses coups d'éclats insensés. De toute manière, il est coincé, il peut décider de partir bredouille, et me laisser triomphante, ou insister, et ne pas avoir le dernier mot de toute manière. Je ne signerai rien de force. A lui de voir. Je pense qu'il devrait réellement envisager la négociation.

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MessageSujet: Re: Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine) Mer 2 Mar - 13:48


Si cette situation l'agace moi elle m'énerve et est très loin de m'amuser. Je l'écoute religieusement mais ne perd pas mon air renfrogné. La cigarette fume dans le vide et je tâche de me contrôler le plus rapidement possible. Si elle est un volcan que dire de ma propre personne qui se supporte plus son air fier et arrogant. Ce n'est qu'une fillette qui s'amuse à faire un herbier sans s'inquiéter que les arbres qu'elle mutile pourraient se venger. Elle se trompe sur un point je n'ai pas fait une grosse colère sinon ça ne se serait pas passer ainsi. Mon corps se détend en même temps que mon regard qui se pose sur la silhouette frêle de la psychiatre. Je déteste les Dieux, ils doivent toujours faire sentir aux hommes qu'ils sont parfaits, ça me donne envie de vomir. Je tapote l'accoudoir avec ma main gauche et reprend la parole.

« Donc si je comprends bien Madame la Reine du pré des asphodèles se tient prête à répondre trait pour trait et sang pour sang ? Je respecte cela, vous remontez dans mon estime malgré la nature de votre commerce »

Aucun aurait vu une habile manœuvre pour reprendre la situation à son avantage mais comme pour les plus petites pousses ne peuvent trahir leur essence le dieu de la forêt n'est pas habituer au mensonge et sous mes traits animaux la duperie m'est étrangère et la sincérité suinte de mes mots comme de la résine sur l'écorce d'un pin maritime. Il n'y a rien que je ne respecte plus que la force d'un esprit ou la vigueur d'un bras, surtout quand ce bras est aussi jolie, tant qu'elle est utilisé à bon escient évidemment. Je fais un léger geste de la main qui tient ma cigarette et la plante rattrape ses racine en reprenant sa forme d'origine au détail près que ses feuilles se teinte de vermeil et de cramoisis. Je me lève à nouveau et jette le mégot par la fenêtre que je referme aussitôt pour m'appuyer contre elle.

C'est vrai qu'en y regardant d'un peu plus près on peut comprendre que Pluton l'ait intéressé. Un esprit vif, un cou fragile mais un tronc respirant la puissance qui donne à l'ensemble un feuillage des plus intéressants et qui permettrait de s'enraciner dans un monde moderne qui court sans connaître son but ni l'issue d'une percée vers le ciel qui pourrait être fatale. C'est une femme d'affaire ni plus ni moins et elle n'a jamais été autre chose. Sa mère savait qu'elle suivrait ses pas, elle l'a fait et avec la manière en contemplant du haut d'un immeuble dantesque l'échec de l’œuvre sa mère commencé il y a des milliers d'années.


« Voyons jeune madame Nereth je suis certain que nous pouvons trouver un terrain d'entente sans faire rugir le bois et la flamme dans votre bureau. Je suis certain d'avoir quelque chose qui pourrait intéresser votre affaire si vous prenez la peine de me rendre les clefs de la mienne vous ne pensez pas ? »
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Si vous vous sentez mal allez voir un psy. (PV: Proserpine)

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