AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

Épaves de désespoir [LIBRE]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage

Messages : 64
Date d'inscription : 27/01/2015
Emploi/loisirs : Serveuse au Velvet Dream. Prostituée.


Feuille de personnage
Phobie: Être oubliée.
Ambition secrète: Trouver l'amour et un titre de déesse.

MessageSujet: Épaves de désespoir [LIBRE] Lun 23 Mar - 23:02

J'avais trois jours de congé et passer tant de temps sans obligation me faisait souvent paniquer. Je n'avais de la valeur, me semblait-il, que lorsque je servais à quelque chose. Voir le bonheur dans les yeux des autres me faisait me sentir en vie. Je n'étais plus la déesse de l'amour et je ne valais pas grand chose désormais, mais je pouvais encore rendre les gens heureux, un à la fois. C'était pourquoi j'avais décidé de sortir, ce soir: pour être utile.

J'avais passé toute la journée de la veille à m'occuper de la maison. Comme Lucy n'était pas réelle, elle ne pouvait pas se charger des tâches ménagères. Je devais donc m'occuper du ménage, des réparations (mais comme la maison était récente il y en avait très peu), du jardin, des courses... Au moins, cela m'occupait et me permettait d'accomplir quelque chose de mes journées de congé. J'étais très fière de mes beaux cèdres en boule, même si c'était le plus souvent Lucy que mes invités voyaient en train de les tailler.

Aujourd'hui, je m'étais installée sur le balcon, recouverte d'écran solaire pour éviter d'être brûlée par les rayons du soleil, pour lire un peu. Je me devais de consommer beaucoup de livres pour que les gens discutant avec Grace soient convaincus de son intelligence et son intérêt pour la lecture. Je venais de terminer La voleuse de livres, un roman de Markus Zusak dont la narratrice était la Mort elle-même. De très beaux mots, ce Zusak.

''Pensez à des épaves de désespoir qui flottent.''

Je n'avais pas eu de mal à saisir l'image. J'avais facilement vu le New Yorkais moyen, cet humain déchiré et perdu errant depuis les catastrophes créées par l'ouverture de la brèche. Le monde avait été bouleversé, tout comme ses habitants. Je m'attristais parfois de ma vie moins savoureuse qu'auparavant, lorsque j'étais la déesse de l'amour, mais je savais que j'étais loin d'être la plus éprouvée par le chagrin. Les humains avaient été les plus atteints. Leur monde avait changé et la plupart d'entre eux n'en avait vu que les cataclysmes naturels inexpliqués alors que les transformations réelles étaient complexes et magiques. On cachait aux plus nombreux habitants de la terre la vérité sur leur monde. J'en étais à la fois choquée et frappée d'un sentiment d'injustice et d'impuissance. Il me semblait que connaître le monde autour de soi était un droit essentiel de tout être mais, en même temps, je savais que je ne ferais que passer pour une folle si je me mettais à répandre un peu partout la vérité sur la magie. Alors, je me taisais.

J'étais, moi aussi, l'une de ces épaves. Il était habituel que les épaves coulent plutôt que flotter. Il était normal que l'inertie mène à la solitude dans les tréfonds noirs et froids. Ce qui me distinguait de ces noyés banals était ma faculté à me débattre. Sans grande vigueur, bien sûr, mais avec beaucoup de volonté, je ne me laissais pas chavirer et entraîner vers le fond, et ce, malgré mon impression constante d'être un morceau de casse-tête dans la mauvaise boîte. Peut-être ne trouverais-je jamais la place idéale pour moi parce que celle-ci n'existait pas, mais il était tout autant possible que je trouve la place d'un morceau manquant, quelque part, un morceau me ressemblant assez pour que je ne sois ni trop petite, ni trop grande, ni trop terne pour me tenir là.

Ce soir, j'avais décidé de séduire. Sans mes anciens pouvoirs, cette activité me faisait un peu peur, mais je comptais sur mes charmes physiques pour y parvenir. J'étais très jolie et je savais me mettre à mon avantage. Ce soir, j'avais revêtu une robe noire et framboise. Le haut de la robe était noir, à large bretelles avec un col en coeur, recouvert d'une fine dentelle de la même couleur, laquelle continuait par-dessus la jupe framboise à taille empire, très ajustée, se terminant juste au-dessus du genou. Une boucle noire en satin délimitait la taille. J'avais remonté et bouclé mes cheveux et, à mes oreilles, pendaient de fines boucles d'oreilles argentées. Mes souliers étaient de très simples escarpins noirs et lustrés. Mon maquillage était léger: crayon noir et mascara pour les yeux ainsi qu'un rouge à peine plus rosé que la couleur naturelle de mes lèvres.

J'avais beaucoup hésité avant de sortir, revenant sans cesse sur ma décision. J'étais toujours nerveuse d'interagir avec les gens depuis mon passage par la brèche. Néanmoins, je savais que je me détesterais le lendemain matin si je restais à la maison ce soir. Je n'étais plus une déesse impressionnante, mais je devais rester une jeune femme un minimum intéressante. Je ne pouvais vivre exclusivement pour mon travail. Je craignais après chaque congé qu'on me demande ce à quoi je m'étais occupée, car il me semblait que je n'avais rien d'intéressant à raconter. Voilà pourquoi j'étais sortie ce soir: je voulais avoir vécu autre chose que la solitude durant ces trois journées.

La soirée était maintenant assez avancée et je n'avais toujours pas fait de rencontre particulièrement intéressante. Les mecs qui m'avaient semblé gentils étaient partis danser avec d'autres filles, une en robe à fleurs et une autre avec une longue tresse blonde, et ceux qui étaient venus me parler ne l'avaient fait que pour me draguer avec vulgarité. Aucun d'eux n'avait eu autre chose à dire que des banalités en reluquant ma silhouette. Je n'étais pas ici ce soir pour offrir un service gratuit de prostituée. Je commençais de plus en plus à perdre patience et cela résultait en un alignement plus ou moins ordonné de verres vides devant moi. Après un verre de plus, je me levai subitement en me convainquant mentalement que danser me rendrait beaucoup plus heureuse. Je m'appuyai toutefois une seconde au comptoir, car la pièce vacillait légèrement, et j'hésitai entre me rasseoir, aller danser tout de même ou quitter les lieux et rentrer me morfondre chez moi.


[Selon votre préférence pour l'interaction entre les persos, je suis encline à ce qu'Emilia aille danser, se rassoie ou sorte du bar (ou se dirige vers la sortie).]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Épaves de désespoir [LIBRE]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Dieux de New York :: Ville de New York :: Quartier Empire :: Restaurants et bars :: The Golden Snake-