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Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé]

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MessageSujet: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Sam 25 Avr - 20:16

Malgré le retour du soleil, l’humeur de Lenny restait morose. Le jeune homme n’était pas particulièrement connu pour ses élans de bonne humeur, mais il était évident qu’il filait une très mauvaise période depuis plusieurs mois. Depuis janvier on le voyait, constamment fatigué, raser les murs de l’université. Sa peau naturellement pâle avait pris un ton fantomatique, et sa maigreur était devenue alarmante. Il se gavait d’anxiolytiques, de somnifères combinés à la vodka la nuit, tournait aux énergisants le jour. Tombé malade en février, il avait passé près de deux mois à cracher ses poumons mais continuait de travailler comme un forcené pour réussir son année. Devant la gravité de son état, même sa mère avait changé de comportement. Elle n’envahissait plus son espace personnel, lui parlait avec douceur, ne l’avait jamais autant respecté même s’il savait que d’ « enfant chéri », il était simplement passé à « mourant ». Toutes les semaines, elle lui imposait une visite chez le psychiatre de la famille en espérant que celui-ci parviendrait à lui extraire toutes les mauvaises pensées de son esprit. Mais Lenny s’obstinait à soutenir qu’il souffrait du rythme de l’université, et dissolvait dans l’évier les antidépresseurs qu’il lui prescrivait. Tout ce qu’il pouvait dire ne ferait qu’aggraver son cas. Il s’endormait difficilement et se réveillait souvent en larmes à cause des cauchemars. Seulement, ces terreurs nocturnes n’appartenaient pas vraiment à son inconscient. Elles le poursuivaient depuis que des victimes de tortures sexuelles avaient pris possession de son corps. Un médecin pourrait le trouver assez dérangé pour l’envoyer en hôpital psychiatrique, ou même demander à ouvrir une enquête auprès de ses proches, qui forcément, le traiteraient d’ignoble diffamateur. Il était pris au piège. Seul Ezra connaissait la vérité. Il l’appelait parfois, quand il se sentait au plus mal, mais il ne se sentait pas la force de le revoir. Il n’était pas en état de mener une vie sociale tout court. En plus de sa fatigue constante, la simple idée de sortir ailleurs que chez lui et l’université, de risquer de tomber sur une autre âme en peine qui lui imposerait un bout de sa mémoire, le terrifiait.

Au début, les rêves s’étaient révélés cruellement réalistes. La douleur, les sévices qu’on infligeait à des parties bien trop intimes de son anatomie étaient palpable. Il se sentait sale et humilié au réveil, évitait les miroirs, se lavait les yeux fermés et n’arrivait même plus à se toucher. Tout ce qui se rapportait au sexe, à son désir propre lui semblait absolument odieux. Plusieurs fois, il s’était levé au milieu de la nuit pour vomir de la bile, et son ventre semblait noué en permanence. A force, il avait fini par se demander s’il n’était pas préférable d’en finir tout de suite. Mais, au bout de deux mois à s’efforcer de vivre malgré tout en se concentrant sur ses études, les symptômes avaient fini par diminuer. Les cauchemars n’étaient plus assez violents pour le tirer du sommeil, il ressentait de moins en moins les douleurs, et les détails s’effaçaient. Il se répétait qu’il ne s’agissait que d’images après tout, le vécu d’autres personnes ne pouvait avoir plus de valeur qu’un film d’horreur dans son inconscient… Il se réappropriait péniblement son corps. Cela passa d’abord par l’écriture. Il reprit son histoire après de longues semaines d’interruption pour offrir, à la consternation de ses fans, un chapitre terrible où son héroïne, jusque là encore très chaste, perdait son honneur sous la contrainte d’un brigand dans une cave. Il fallait expulser le mal, comme on disait. Beaucoup de réactions avaient suivi la publication. Même si tout le monde se disait choqué, les commentaires étaient étonnement encourageants. Les lecteurs se disaient impressionnés par le réalisme viscéral de la scène. Il avait même reçu de gentils messages venant de personnes qui s’inquiétaient de savoir s’il avait vécu un traumatisme similaire. Alors, de manière indirecte, Lenny avait partagé son expérience avec des inconnus. Il avait ensuite fait son possible pour remplacer les souvenirs d’une sexualité sordide par des images érotiques beaucoup plus « normales ». L’inconvénient de cette thérapie était que, depuis un mois, il s’abrutissait de pornographie à un rythme totalement déraisonnable qui le rendait aussi frustré que mentalement inapte à chercher quelqu’un dans la réalité. Pour ce que ça lui en avait coûté… en même temps.

Comme il ne toussait plus depuis début avril, sa mère l’avait trouvé pour lui parler d’une soirée organisée par quelques étudiants de bonne famille pour fêter la fin des cours et l’approche des examens. Sa volonté de le tenir éloigné des lieux « à risque » avait fondu depuis qu’elle le voyait aussi solitaire. Elle estimait qu’il était grand temps qu’il se reprenne en main, se fasse de nouveaux amis et lui présente une petite amie. La dernière précision l’avait, bien évidemment, mis de mauvaise humeur. S’il sortait, ce serait pour voir Ezra dans une salle de spectacle « sûre » où, à priori, aucun esprit frappeur n’était en cavale. Comme le jeune homme n’était pas étudiant, aucune chance de le croiser là-bas. Cependant, Fred l’était. En dehors de l’handicapé, Fred était la seule personne « de la vraie vie » avec laquelle il discutait de temps à autre par internet. Même s’il n’avait pas été très agréable de découvrir sa nature vampirique, cela lui avait au moins permis d’établir un certain contact avec lui. Il avait même osé lui avouer qu’il possédait quelque chose en plus. Pas de manière très claire, juste qu’il dégageait apparemment une sorte d’énergie qui repoussait les créatures maléfiques. Comme il avait eu besoin de se confier depuis l’attaque de janvier, il n’avait pu résister à lui dire qu’il s’était passé un événement très perturbant mais n’avait pas eu la force, ni même l’envie d’aller très loin dans ses précisions. L’explication s’était donc arrêtée à « pendant un instant, j’ai vu une salle telle qu’elle était un siècle plus tôt ». Fred n’avait pas trouvé grand-chose à répondre, mais ce n’était pas très grave. Il lui important surtout de se sentir moins seul face à ces phénomènes absolument terrifiants. Sa relation avec le garçon n’était d’ailleurs pas très claire. Il appréciait de lui parler, et Fred se montrait toujours très aimable, mais, sans doute à cause de ce qui les avait séparés, il semblait difficile de dépasser les discussions par internet. Ils se souriaient dans les couloirs de l’université, mais ça n’allait généralement pas très loin. Aussi, la fête étudiante serait peut-être un bon prétexte pour savoir s’ils pouvaient s’entendre en dehors du cadre virtuel. Il était donc venu lui demander l’air de rien comment il allait occuper son week-end, et Fred avait mentionné la fête avec ennui. Il lui avait dit que sa mère voulait qu’il s’y rende avec le même ennui et il avait été conclu qu’ils se retrouveraient et se soutiendraient là-bas. Même s’il restait de plus en plus méfiant quand une soirée s’annonçait positive – étant donné ses échecs constants – Lenny s’était senti heureux. Il avait peut-être passé quatre mois dans un presque isolement mais, au moins il avait trouvé le moyen de revoir ce beau et mystérieux vampire qu’était Fred.

L’arrivée du pâle blondinet de première année que toute sa promo soupçonnait d’être gravement dépressif provoqua un petit événement dans l'appartement cossu laissé à la merci des post-adolescents. Des personnes à qui il n’avait absolument jamais parlé lui firent part de leur étonnement : « Woh ! ça alors, on ne s’attendait vraiment pas à ce que tu viennes ! » lui avait-on dit avec assez d’insistance pour lui faire comprendre qu’ils l’estimaient déjà à moitié enterré. « Oui, tu as repris un peu de couleurs au moins », lança une fille qui voulait se montrer gentille. Il était vrai qu’il devenait doucement un peu moins cadavérique qu’en février et mars. Le garçon qui voulut se moquer de lui en lançant « Alors, tu nous as rapporté quoi ? Du jus de fruit je parie ! », reçut un regard noir. Il sortit une bouteille de vodka de premier choix en la posant un peu rudement sur la table pour résister à la tentation de l’exploser sur la tête de l’autre crétin. Les idiots de sa classe le fixèrent avec des yeux ronds. « Oh putain ! s’exclama le même garçon, Jonathan, s’il se souvenait bien. C’est de la vodka polonaise, le grand luxe, tu en bois vraiment ou c’est la réserve de tes parents ? » Il ne connaissait pas ce type, et pourtant, il avait décidément envie d’être très pénible. Même si sa dernière question restait innocente, elle sentait le mépris à des kilomètres. D’une voix très tendue, il répliqua :
- Elle se boit glacée et sans diluant. Tu me feras signe quand tu voudras l’ouvrir.
- Bah elle sort du réfrigérateur là non ? On a qu’à l’ouvrir tout de suite, parce que dans ce genre de soirée, elle va juste être vidée en trente minutes dans du jus d’orange. Ça devait dommage de ne pas en profiter avant que la troupe débarque !
- Si tu veux…, dit-il en haussant les épaules.
- Alors, les filles, ça vous dit ?lança Jonathan aux jeunes étudiantes qui observaient l’étiquette avec curiosité. On fait péter les shooters et surtout, cul-sec, comme des bonhommes !
Ils étaient pathétiques. Des enfants en extase devant un alcool fort et qui, pour un certain nombre sans doute, n’avaient jamais bu de vodka pure de leur vie, voire d’alcool au delà de 5% tout court. Lenny avait conscience de filer sur une mauvaise pente de manière un peu trop précoce depuis un an, et son traumatisme n’avait rien arrangé. Au fil des semaines, il était devenu de plus en plus manifeste que le petit verre de vodka qu’il s’autorisait pour troubler ses pensées, assommer ses rêves devenait inefficaces. Le mois dernier, il avait lâché l’affaire pour boire de vraies gorgées au goulot. Mais, au moins, il pourrait se consoler ce soir d’être plus renseigné sur les autres sur LE grand sujet qui rendait un « jeune » important avec le sexe et la drogue. Grâce à cette bouteille, il avait droit à un accueil un peu plus agréable que d’habitude. Jonathan le crétin trinquait tout sourire avec lui, mais ça ne l’empêchait pas de trouver tout cela profondément déprimant. Il espérait que Fred viendrait vite le tirer d’affaire.

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Dernière édition par Lenny Pinsker le Dim 14 Juin - 17:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Lun 1 Juin - 17:46

Depuis que Frederik était un vampire, il avait de la difficulté à se comprendre. Il savait que sa soif était vitale et nécessaire, mais il avait aussi pu remarquer, au contact de Cameron, que l'envie de mordre et le désir sexuel se ressemblaient beaucoup. Et donc, le jeune homme devait essayer d'analyser froidement ce qui se passait en lui, pour ne pas faire de faux pas, mais c'était difficile en même temps de contrôler certaines pulsions, sous le coup de l'émotion. La fois où il avait attaqué Lenny Pinsker était un exemple de ses messages contradictoires. Avec le recul, il avait fini par comprendre que Lenny n'avait pas aidé les choses. Ils n'en avaient pas vraiment discuté ensemble en profondeur, mais Fred savait que Lenny était magique d'une certaine façon et avait remarqué un changement en lui chaque fois qu'ils étaient ensemble. Comme l'envie de le protéger, de lui faire du bien... Ce sentiment, mêlé à son envie de sang, avaient fait un cocktail explosif au lancement du parfum. De plus, depuis qu'il n'était plus humain, Frederik ressentait toutes ses émotions décuplées. Il ne savait pas si c'était commun à sa race et n'en avait pas encore parlé à Cameron parce qu'il ne savait pas trop comment expliquer ce qu'il ressentait. Il avait seulement l'impression que ses déceptions étaient plus grandes qu'avant, que ses colères étaient plus violentes et que ses joies étaient plus intenses. Mais il ne saurait pas comment mieux l'expliquer aux autres. Alors, il n'en disait rien. Il essayait de rester toujours le plus calme possible, mais cela aussi, c'était devenu difficile depuis sa transformation. Avant, il aurait réussi à moduler ce qu'il ressentait, mais maintenant, tout était tranché au couteau. Et finement! Il n'y avait plus de gris, que du noir ou du blanc. Soit il détestait, soit il adorait. Soit il s'en souciait trop, soit il s'en foutait complètement. Parfois, il avait envie de ne pas s'en foutre, parce qu'il sentait que c'était important pour les autres, mais il n'arrivait pas à faire semblant. C'était comme si, maintenant qu'il allait vivre pour l'éternité, il ne pouvait plus jour les hypocrites. Ou alors, il gérait simplement très mal toutes ses émotions. Mais c'était d'un extrême à l'autre, maintenant.

C'était principalement pourquoi il passait de moins en moins de temps chez lui. Il trouvait sa mère de plus en plus conne et avait de plus en plus de mal à contenir ses pulsions violentes envers son père. Il essayait le plus possible de ne les voir qu'au matin, parce que son père était habituellement plus calme, puisqu'il partait pour le travail et n'avait pas le temps de se mettre en colère, parce qu'il disait toujours qu'il ne voulait pas arriver au bureau de mauvaise humeur, que ses collègues et son rendement n'avaient pas à payer parce que sa famille était une bande d'imbéciles. Ainsi, M. Holmes gardait son calme au maximum le matin, et son fils pouvait en faire tout autant. Depuis qu'il était vampire, Frederik n'avait passé que deux ou trois soirées dans le grand appartement qu'il partageait avec ses parents. Et toutes les fois, ils avaient évités la catastrophe de justesse, mais seulement parce que Frederik avait fini par quitter les lieux. Il ne supportait plus les coups, les pleurs et les cris de ses parents. Il ne supportait pas plus l'ambiance lourde qui régnait dans l'appartement quand c'était le silence entre ses murs. Le silence était pire que les pleurs. Le silence était inquiétant, sournois et hypocrite. Parce que quand M. Holmes ne disait rien, c'était seulement parce qu'il préparait quelque chose de gros. Un nouveau moyen original de s'en prendre à sa femme, de la prendre en défaut pour pouvoir la battre d'une nouvelle façon. Ce silence rendait Frederik sur les nerfs. Et un vampire sur les nerfs, ce n'était vraiment pas bon à avoir chez nous... Alors, Frederik sortait. Il allait ailleurs, dans un bar, dans une librairie, un petit café, quelques soirées organisées par l'université, parfois chez Cameron, mais il ne restait pas chez ses parents. Parce que si son père le rendait agressif, sa mère le rendait impatient. Il avait l'impression qu'elle était seulement une victime et qu'elle ne voulait pas vraiment se sortir de là. Il pouvait comprendre qu'elle l'aimait, puisqu'elle s'était mariée avec lui, mais il ne pouvait pas comprendre qu'elle ne voit pas que l'homme qu'elle avait aimé et épousé n'existait plus. Elle vivait dans un rêve, un fantasme, d'une vie parfaite avec son époux adoré. Mais cet époux tant espéré s'était fait la malle. Il avait abandonné le navire, ne laissant qu"un corps vide et violent dans l'appartement familial et Mme Holmes se raccrochait tant à cette épave qu'elle commençait à couler avec lui. Frederik voulait la sauver, mais il avait de moins en moins l'impression qu'elle voulait l'être.

Et donc, à force de ne pas être chez lui, il s'était fait quelques contacts. Dont Lenny. Mais aussi celui qui organisait cette fête. Cela s'était avéré être également un enfant de bonne famille que côtoyait son père et celui-ci avait été ravi de fortifier les liens entre les deux familles. Aussi, quand Frederik avait d'abord refusé l'offre de son père d'aller à la petite fête, ce dernier avait envoyé en renfort la mère de Frederik pour jouer la carte du ''Ton-père-aimerait-beaucoup-que-tu-y-ailles-et-cela-lui-fait-énormément-de-peine-que-tu-ne-veuilles-pas-lui-faire-plaisir-et-à-moi-aussi-tu-me-fais-de-la-peine-pendant-qu'on-y-est'', car il savait que le jeune Holmes ne pourrait résister. Frederik avait donc confirmé à Lenny sa présence là-bas, à contre-cœur. Mais le fait de savoir qu'il y aurait au moins un visage familier et pas complètement hostile, lui faisait du bien. Frederik avait mis un jean bleu parfaitement ajusté, des souliers décontractés avec la semelle jaune et un chandail noir avec le logo de Batman au niveau de sa poitrine. Il avait également mis un veston en cuir, qui lui moulait les épaules, parce que le temps était encore frisquet. Bien qu'il ne le ressentait pas, il aurait l'air étrange d'arriver seulement en chandail sur place. Et sa mère ne l'aurait pas laissé faire de toute façon.

Frederik croyait être arrivé tôt à la fête, mais finalement pas tant que cela. Il y avait plusieurs jeunes femmes présentes, ainsi que quelques garçons de sa promotion, dont le petit blondinet qu'il connaissait. Il salua quelques personnes en entrant, puis rejoignit Lenny et les autres qui levaient déjà leur verre autour de la bouteille de vodka polonaise.


-Wouahou! Impressionnant! Belle cuvée! C'est à qui?

Frederik avait un doute, quand même, un alcool d'une telle qualité ne pouvait venir que de Lenny, mais il savait qu'en soulignant l'importance de cette bouteille, cela donnerait au petit blond plus de crédibilité et de popularité, au moins pour ce soir. Et cela lui faisait plaisir de faire cela pour Lenny.

Une fois le verre pris, quelques jeunes filles qui étaient autour d'eux s'éloignèrent pour aller danser, en se plaignant que cette vodka était vraiment mauvaise à boire. Frederik eut un petit sourire, se demandant ce qu'elles penseraient d'une gorgée de sang, si elles trouvaient cette bouteille de première classe dégoûtante... Jonathan, lui, resta avec eux et servit de nouveaux verres.


-Alors, ça fait longtemps que tu es là, Lenny? Tu t'amuses bien?

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MessageSujet: Re: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Mar 16 Juin - 17:16

Quelques mois plus tôt, Lenny n'aurait jamais imaginé se trouver dans cette situation, entouré d'étudiants de son âge, pour déguster l'alcool qu'il avait apporté. Ils s'intéressaient davantage à l'alcool qu'à lui mais, de manière cynique, il réalisait que la réussite d'une vie sociale tenait à peu de choses. Même involontairement, les gens retenaient ce que vous pouvez leur apporter de neuf, d'excitant. Si on l'associait à la promesse d'une bonne vodka, il avait des chances pour figurer sur les listes des prochaines soirées. Mais avait-il réellement envie de cela ? Il n'y a pas si longtemps, il aurait répondu qu'il s'en fichait sans hésiter. Aujourd'hui, il se sentait dans un état d'esprit différent, comme si le traumatisme causé par les fantômes le forçait à considérer les choses autrement. Rester seul avec ses propres démons, se projeter dans la peau d'être torturés à mort, réaliser le vide de sa propre existence, l'avait poussé à balayer son passé, à rejeter l'image de l'adolescent trop prude, pour devenir une personne plus consistante au regard de son entourage. Ce soir, il était décidé à ne pas se laisser marcher sur les pieds, à boire, à arrêter de se poser un tas de questions avant d'agir. Tout ce qu'il avait vu en janvier dans le sous-sol de l'opéra lui avait tragiquement prouvé qu'il était vain de s'imposer trop de limites par fierté. Un jour, tout pouvait basculer. A quoi songeait la plus vertueuse des femmes quand on la laissait moisir dans la saleté avec le vagin en sang ? Pleurait-elle sur son humiliation, sur son futur détruit, ou sur un passé de privations qu'elle aurait bien mieux utilisé si le destin ne s'était pas montré si ironique ? Il n'existait jamais de règles très claires. Lenny avait longtemps voulu croire qu'une bonne étoile veillait sur lui mais, quand on vivait la souffrance d'une dizaine de personnes qui, toutes, se demandaient ce qu'elles avaient bien pu faire pour mériter leur sort, la plus grande foi du monde s'étiolait, et les prières à un dieu quelconque perdaient toute leur ferveur. Il ne voulait pas prendre le risque de finir en victime sans avoir jamais profité avant, même s'il continuait de tâtonner cette autre part de lui en reculant plus souvent qu'il ne le voudrait. Il ne suffisait pas de vouloir changer ses habitudes et ignorer ses réserves pour y arriver, mais il sentait qu'à force d'y songer, la pulsion nécessaire lui viendrait. Il finirait par oser franchir le pas, et boire cul-sec un verre de vodka à jeun par simple provocation était un début.

Jonathan se rappela soudain de son nom et lui demanda s'il n'avait pas des origines d'Europe de l'Est. Il acquiesça doucement. Tous les regards étaient tournés vers lui, comme si ses chers camarades réalisaient qu'il avait peut-être des histoires plus intéressantes à raconter qu'un américain moyen. Un peu gêné par leur engouement, il acquiesça doucement.
– Oui, mes grands-parents viennent de Pologne. Mais mon nom de famille n'est pas vraiment polonais, c'est ashkénaze.
– Ashkéquoiiiii ?? demanda une imbécile en ouvrant de grands yeux.
– J'ai de la famille juive aussi ! enchaîna sa voisine en ignorant complètement la question. Il y a eu d'importantes migrations après la deuxième guerre mondiale.
– Oui, voilà…
Il n'aimait pas vraiment parler de ce sujet et fut soulagé quand Jonathan, qui n'avait posé la question que pour assouvir sa curiosité immédiate et se fichait totalement des détails demanda :
– Bon c'est cool, on dit comment santé en polonais, et en yiddish ?
– En polonais c'est na zdrowie et…
– Ah mais comme en russe !!!
– Oui… si on veut… Et en yiddish comme en hébreu, lekhaïm.
– Alors, naa… Oh, mais attend, je vais resservir des verres sinon on ne peut plus trinquer !
Incompréhensiblement heureux de pouvoir trinquer dans d'autres langues que la sienne, Jonathan servit son verre et celui de Lenny. Les autres filles n'avaient pas encore touché au leur. Il incita tout le monde à lever son shot de manière cérémonieuse et fut interrompu par l'arrivée d'un autre invité. Pour une fois, quelqu'un au ciel avait entendu ses prières, Fred était parmi les premiers à la soirée. Son regard, en connaisseur, tomba sur la bouteille avant de rencontrer le visage des autres convives et il apprécia directement le choix de la marque. Lenny se sentit un peu rougir mais Jonathan le devança pour lui répondre : « C'est Pinsker qui nous a ramené ça, on a décidé de se la siffler avant que trop de monde se rue dessus, tu en veux aussi ? Nassssdrôviééééé ! » Il fit apparaître presque comme par magie un autre shot dans sa main et tous purent déguster la liqueur. Deux des filles trempèrent timidement le bout de leurs lèvres et firent une grimace écoeurée en s'exclamant que c'était « dégueulasse », classe. La dernière, celle qui avait de la famille juive, roula des yeux en murmurant dès qu'elles eurent le dos tourné de ne pas faire attention, elles étaient gentilles mais un peu « cruchonnes ». Jonathan continuait quand à lui d'être fasciné par la bouteille et servait déjà une autre tournée en appelant d'autres amis à lui qui venaient d'arriver. Fred en profita pour se rapprocher de Lenny et lui demander comment se passait sa soirée.

– Oh pas si longtemps, le temps d'ouvrir la bouteille et de boire un premier verre comme ils se sont tous jetés dessus… Mais… Ce n'est pas si terrible, admit-il. Je crois qu'ils s'intéressent à moi par politesse, le temps de boire tout ce que j'ai apporté… Ce qui est toujours mieux que rien…

Il s'interrompit pour lever son verre en sentant le regard insistant de Jonathan qui s'exclamait bêtement « lerayaaaam ! ». Puis, après l'avoir observé encore un instant, il murmura à Fred :

– On dirait qu'il tient sa première bouteille d'alcool fort de sa vie. S'il continue comme ça, il va finir par piquer du nez avant de pouvoir accueillir le dernier invité… Tu connais du monde ici ?

Il entama son troisième shooter avec plus de modération. Jonathan se comportait clairement comme un idiot et il ne tenait pas à être ivre mort en trente minutes. Il aurait aussi pu dire à Fred qu'il était heureux de le voir, qu'il lui sauvait probablement sa soirée, mais ça ne lui semblait pas nécessaire. Quand on voyait les énergumènes qui les entouraient, cela semblait assez évident.

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Dernière édition par Lenny Pinsker le Lun 14 Sep - 18:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Lun 24 Aoû - 23:41

La plupart des gens de son âge se comparaient les uns les autres ou se comparaient avec leurs parents pour savoir de quoi leur vie était supposée avoir l'air et où ils devraient être rendus selon les autres. Si leurs parents, à leur âge, ou si leurs amis dans le même groupe d'âge étaient mariés, avaient des enfants ou avaient une carrière en perspective, cela faisait en sorte que quelqu'un qui n'était pas tout à fait rendu au même point se questionnait et se comparait. En fonction de cette comparaison, ils jugeaient s'ils étaient corrects ou non, ils jugeaient s'ils étaient sur leur X ou pas. Par exemple, Frederik avait trois cousines qui étaient toutes sœurs. L'aînée avait à peine terminé ses études, qu'elle s'était mariée avec son conjoint et avait maintenant trois enfants et un quatrième en route. La plus jeune n'avait pas terminé ses études et elle était déjà mariée et avait un enfant. Celle du milieu, par contre, n'avait ni enfants ni mari, car elle avait décidé de bien commencer sa carrière avant de fonder sa famille. Elle voulait être bien établie dans son domaine, pour avoir une sécurité financière avant de faire des enfants. Ses raisons étaient logiques et légitimes, mais pourtant, sa mère, ses sœurs et certaines tantes lui mettaient la pression pour qu'elle fasse comme les autres. Comme si elle était obligée de faire exactement comme les autres. Comme s'il y avait des règles précises à suivre et que c'était inconcevable et dangereux de ne pas les respecter. Comme s'il y avait une police de la vie qui viendrait arrêter quiconque dérogeant du sentier. Comme s'il n'y avait qu'un seul modèle de vie auquel se conformer et que les autres chemins n'étaient pas bons...

Frederik vivait sa vie comme il l'entendait. Il ne se fiait sur l'opinion ni la vie de personne pour décider s'il devrait faire telle chose plutôt qu'une autre ou avant une autre. Il suivait son cœur pour toujours faire ce qui lui semblait bien pour lui. Il ne se sentait définitivement pas prêt à devenir père, même si certains de son âge l'étaient. Il ne voulait pas non plus trouver à tout prix une relation amoureuse, juste parce que la plupart des jeunes de son cercle de connaissances étaient en couple. Il préférait prendre son temps et respecter son rythme plutôt que de chercher à la va-vite et tomber sur n'importe qui. Frederik ne voulait pas faire les choses juste parce que tout le monde le faisait ou parce qu'on s'attendait à ce qu'il le fasse. Le jeune Holmes suivait ses envies propres. Et quand, il se rendait dans des événements et des soirées où on s'attendait à ce qu'il soit présent, il s'y rendait parce qu'il trouvait que c'était mieux que de subir une crise de colère et une vague de violence. Il faisait donc le choix du moindre mal et se résignait à y aller quand même.


-Oh pas si longtemps, le temps d'ouvrir la bouteille et de boire un premier verre comme ils se sont tous jetés dessus... Mais... ce n'est pas si terrible. Je crois qu'ils s'intéressent à moi par politesse, le temps de boire tout ce que j'ai apporté... Ce qui est toujours mieux que rien...

-Ouais, ils ont l'air plutôt intéressés par tes origines en fait, même s'ils n'écoutent déjà juste à moitié, mais bon, profites en pendant que ça passe.

-Lerayaaam!


Jonathan prononçait extrêmement mal et Frederik eut du mal à reconnaître le mot prononcé plus tôt par Lenny. Frederik roula les yeux au ciel. Il en connaissait un qui buvait pour suivre le rythme des autres, sans se respecter et qui ne veillerait pas tard...

-On dirait qu'il tient sa première bouteille d'alcool fort de sa vie. S'il continue comme ça, il va finir par piquer du nez avant de pouvoir accueillir le dernier invité...

-En effet, il en est clairement à sa première soirée du genre... On dirait moi à quatorze ans... En même temps, on sera débarrassé de ses conversations bruyantes et gênantes plus vite...


Frederik fit un clin d'œil en riant doucement de sa propre réplique, mais surtout de leur hôte. Il trouvait hilarant de voir la façade du petit garçon parfait et de bonne famille s'effriter après seulement quelques verres. C'était signe que son image n'était pas très solide et le jeune Holmes aimait bien voir les doubles-jeux exposés si lamentablement.

-Tu connais du monde ici?

Frederik jeta un regard autour de lui pour analyser ce qui se trouvait autour. Il y avait plusieurs consoles de jeux vidéos et deux écrans géants, une table de billard, une de tennis de table et une de football miniature. Frederik était ravi, car c'était toutes des activités qui lui plaisait. Il se concentra alors sur les visages qu'il pouvait voir sur place, afin de répondre à la question de Lenny. Il n'avait pas tissé beaucoup de liens avec ses camarades de classe cette année. Avec sa transformation et tout, il avait trouvé plus prudent de mettre une distance entre lui et les autres, pour leur propre bien. Il cherchait donc un regard éclatant, un trait reconnaissable ou un visage familier dans la foule. Il y avait beaucoup de gens qu'il connaissait de vue seulement, à force de les avoir dans les mêmes cours, mais aucun ami proche.

-Je connais pas mal de monde de réputation ou de vue, mais je ne suis pas proche d'eux dans la vie en général... Et toi?

Frederik remarqua que la table de billard venait de se libérer. Le petit groupe autour de Lenny et lui s'était dispersé également, il ne restait que Jonathan et un autre jeune homme qui bavaient presque devant la bouteille de Lenny. Leur présence à leurs côtés ne changeait donc rien pour eux. Frederik mis une légère pression sur l'épaule à Lenny pour attirer son attention dans la direction qu'il voulait, puis il pointa la table de billard.

-Viens on va jouer tous les deux!

Frederik se dépêcha de se rendre à la table, pour être certain de ne pas se faire piquer son tour et commença à installer les boules.

-À toi l'honneur de commencer!

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MessageSujet: Re: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Lun 14 Sep - 20:35

Pourquoi certaines personnes réussissaient-elles à monopoliser la parole, même quand elles n'avaient rien à dire ? C'était un grand mystère. Ses camarades lui témoignaient enfin un peu d'intérêt mais celui-ci ne durait que le temps de poser une question. Ils semblaient incapables de l'écouter plus de quelques secondes, mis à part l'autre jeune fille juive, mais il était certain que leurs origines communes lui donnerait surtout un prétexte pour parler d'elle s'ils s'engageaient dans une conversation. Lenny n'arrivait jamais à s'imposer en groupe. S'il ne trouvait pas rapidement une personne avec laquelle s'isoler toute la soirée, il finissait frustré, contraint au silence à cause de toutes ces personnes qui braillaient plus fort que lui dès qu'il commençait à ouvrir la bouche pour donner son avis, ou qui le coupaient violemment au milieu d'une phrase. Fred ne semblait pas approuver leur attitude, et cela le rassurait. Il aurait un allié. Ils discuteraient tous les deux, tiendraient le plus longtemps possible, et, comme tout le monde finirait par terre, il serait facile de faire croire qu'ils avaient bien profité de l'ambiance. S'il le fallait, Lenny était prêt à inventer des discussions avec des personnes tirées au hasard parmi les plus ivres. Au mieux, elles s'excuseraient de ne plus s'en souvenir et viendrait vers lui pour se rattraper la prochaine fois, au pire elles riraient et diraient qu'elles étaient trop ivres. Qui pourrait mettre sa parole en doute quand toute la mémoire de la veille devenait brumeuse, incohérente et désordonnée ? En plus, la plupart était jeune, sans grande expérience avec l'alcool. Le cerveau traitait très mal les souvenirs de ce genre d'état au début, il en savait quelque chose, même s'il n'avait pas connu de grosse cuite à proprement parler.

Il avait vraiment commencé à boire depuis un an, mais il le faisait dans les réceptions où le traînait sa mère et ne pouvait se permettre de partir en vrille avec elle, mais, surtout, seul dans sa chambre. Au départ, il avait commencé en tapant discrètement dans la réserve de ses parents la nuit, poussé par l'urgence de faire disparaître ses visions par tous les moyens puis, quand ça avait fini par se voir, il se les était procuré lui-même en utilisant son pouvoir pour persuader les épiciers qu'il avait bien vingt-et-un an. La volonté de survivre, le soutien d'Ezra le poussait à utiliser son pouvoir de plus en plus naturellement. Il avait compris qu'il n'avait pas nécessairement besoin de pleurnicher pour manipuler les gens, il lui suffisait juste de le vouloir très fort. Les résultats étaient assez incroyables. Il pouvait par exemple sortir sa carte d'identité, la mettre sous le nez des vendeurs et les persuader qu'ils lisaient une autre date de naissance que celle qu'ils voyaient vraiment. Il n'était pas plus expérimenté que ses camarades pour de bonnes raisons, mais cela ne l'empêchait pas de les mépriser profondément, mais aussi de se poser des questions. Pourquoi Jonathan avait-il un comportement aussi dangereux ? Avait-il quelque chose à compenser, finalement ? L'inexpérience n'excusait pas tout. Fred estimait quand à lui qu'il avait des airs de collégien à sa première soirée alcoolisée clandestine. Un instant, Lenny essaya d'imaginer son ami dans la même situation, et un sourire fit écho au rire du jeune homme. Si c'était vrai, il avait beaucoup changé. Sa transformation y était certainement pour quelque chose, tout comme ses expériences avec l'au-delà le rendaient peu à peu différent.

– Tu as déjà un long passé de soirées par rapport à eux, observa-t-il. Je suppose qu'ils prennent conscience seulement maintenant de la possibilité de s'émanciper sans leurs parents. Quand on a pas d'imagination, une bouteille d'alcool doit prendre des allures de Graal… Enfin… J'étais encore moins populaire à quatorze ans que maintenant, alors personne ne m'invitait, mais ma mère m'a traîné à beaucoup de réceptions très ennuyeuses… la plupart du temps.

Il avait ajouté les derniers mots sur un coup de tête, sans autre arrière pensée que celle d'être gentil avec Fred en lui signifiant que la fameuse réception qui les avait liés restait, malgré l'incident, un bon souvenir, une chose dont il valait mieux plaisanter aujourd'hui. Il avait franchement d'autres préoccupations plus graves.
Frederik lui confirma ensuite qu'il n'avait aucun autre ami à retrouver dans cette fête. Lenny en fut satisfait, il n'avait pas envie de le partager pour des raisons plus ou moins claires. Mais, au final, la soirée était plus un prétexte pour passer officieusement du temps avec lui qu'une opportunité de nouvelles rencontres. Comme il lui demanda qui il connaissait en retour, il haussa donc les épaules avec flegme.

– Si on veut. Je connais toutes les personnes de première année littéraire qui sont venues, Jonathan et d'autres puisque nous sommes dans les mêmes cours. Jusqu'à aujourd'hui, je crois qu'ils ne m'avaient pas adressé la parole pour autre chose que me demander de leur rappeler des dates d'examens…

Pendant qu'ils discutaient, le reste du groupe était d'ailleurs déjà passé à autre chose. Jonathan continuait de faire l'imbécile avec des personnes qui venaient d'arriver et semblaient vraisemblablement celles qu'il attendait, et les autres s'étaient dispersés. Les deux personnes qui s'étaient apparemment ruées sur le billard en attendant le reste des convives venaient de laisser leur partie en plan, et Fred se montra d'un coup très pressé de profiter de l'occasion pour investir la table de jeu. Lenny ne savait pas vraiment jouer au billard. Ses vagues expériences remontaient à son enfance, quand il allait dîner chez des amis de ses parents équipés d'un billard et qu'il jouait maladroitement avec son frère pour passer le temps pendant que les adultes parlaient. Il ne voulut cependant pas contrarier Fred et le suivit en attrapant deux bières à la hâte. Il sentait que les trois shot n'avaient pas fait énormément de bien à sa tête, et préférait laisser la bouteille à Jonathan pour ne pas se retrouver allongé sur un canapé dans moins d'un quart d'heures. Pendant que son compagnon mettait les boules en place, il ouvrit les boissons afin de repousser le moment gênant où il serait bien obligé de reconnaître qu'il n'allait pas être un adversaire très intéressant. Et, justement, Fred voulut lui donner l'honneur par politesse. Il prit la queue et tenta de trouver comment la tenir de lui-même, mais ce n'était absolument pas convainquant. Il ne voyait pas du tout de quelle manière prendre le bon point d'appui et craignait de trouer le tapis vert s'il s'obstinait à faire un truc.

– Heu… En fait, ça fait longtemps que je n'y ai pas joué. Je ne sais plus très bien comment je dois placer mes mains…

Son père le lui avait montré une fois, il en était à peu près certain. Il ne l'aurait jamais laissé jouer sur la table d'amis à huit ou dix ans sans l'initier un minimum pour éviter, justement, qu'il n'abîme le billard. Seulement, toutes ses explications techniques étaient passées à la trappe.

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MessageSujet: Re: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Mar 19 Jan - 21:53

Du temps où il était encore humain, Frederik Holmes détestait commencer ses journées tôt. Tout était pénible et même le café était moins bon. Il se traînait hors de son lit de peine et de misère, parfois il avait l'impression d'être une flaque qui coulait dehors des couvertures. Ses yeux restaient collés jusqu'à ce qu'il soit dehors. Il n'aimait pas les matins, n'aimait pas avoir de longues journées et n'aimait pas se coucher tôt. Il n'aimait principalement pas se lever avant le soleil pour aller ensuite s'enfermer pendant des heures dans des salles de cours grises et sombres, car sans fenêtres. Il trouvait cela déprimant. Frederik n'aimait pas non plus se lever avec le soleil, car la lumière lui faisait mal aux yeux et cela lui prenait plusieurs dizaines de minutes pour s'y habituer. Il n'aimait pas voir la belle journée commencer, la nature l'impressionnait mais pas le matin. Rien ne pouvait être beau et joyeux quand on savait qu'on aurait pu rester dans la douce chaleur des couvertures. En fait, il n'aimait pas être obligé de se lever. Point. Non seulement parce qu'il était un oiseau de nuit - il ne se couchait jamais avant le milieu de la nuit et souvent ne ressentait même pas la fatigue - mais aussi parce qu'il n'aimait pas qu'on lui dise quoi faire.

C'était l'une des raisons pourquoi le jeune homme n'aimait généralement pas non plus les nombreuses soirées où ses parents le traînait. Il n'était pas libre de ses faits et gestes. Il était scruté, analysé et surveillé tout le long et cela l'énervait beaucoup. Il avait beaucoup de pression pour être propre, poli et ponctuel, car c'était très important pour ses parents de conserver et d'entretenir leur image de petite famille parfaite et ils le faisaient clairement comprendre à leur garçon. À la longue, Frederik avait travaillé son personnage de soirée. Au final, le seul avantage que Fred avait trouvé était qu'il avait fini par tisser des liens avec certains autres jeunes fréquentant ce genre de soirées. Jim Crowley et Lenny Pinsker, surtout. Même si Jim et lui se voyait également en dehors des soirées pour les cours particuliers du jeune Holmes, ils ne se seraient sûrement même pas parlé s'ils ne s'étaient pas vus avant. Et si leurs parents n'étaient pas associés. Quant à Lenny, ils s'étaient d'abord seulement vus dans des soirées et à l'Université, mais leur dernier contact avait été, disons... mémorable. Fred s'était senti affreusement mal des jours après l'incident et ce, même sans l'effet du pouvoir de Lenny. Et depuis, ils avaient eu plusieurs discussions plus personnelles qui les avaient rapprochés en tant qu'amis. Frederik les gardait tous les deux encore à distance pour l'instant, car les squelettes dans le placard de sa famille devaient restés cachés.

Cependant, cette soirée était un peu différente des autres du genre, et pas seulent parce qu'il n'y avait pas d'adultes, mais plutôt puisque Frederik avait eu envie d'y aller. Il s'était dit que cela lui ferait du bien de sortir de chez lui et de vivre une soirée normale, comme un étudiant normal. Alors il avait décidé de venir pour boire et s'amuser, sans se poser de questions.


-Tu as déjà un long passé de soirées par rapport à eux, je suppose qu'ils prennent conscience seulement maintenant de la possibilité de s'émanciper sa leurs parents. Quand on a pas d'imagination, une bouteille d'alcool doit prendre des allures de Graal... Enfin... J'étais encore moins populaire à quatorze ans que maintenant, , alors personne ne m'invitait, mais ma mère m'a trainé à beaucoup de réceptions très ennuyeuses... la plupart du temps.

-Oui je suis plutôt d'accord avec toi... Ce genre de soirées est ennuyeuse, habituellement.

-Si on veut. Je connais toutes les personnes de première année littéraire qui sont venus, Jonathan et d'autres puisque nous sommes dans les mêmes cours. Jusqu'à aujourd'hui, je crois qu'ils ne m'avaient pas adressé la parole pour autre chose que me demander de leur rappeler des dates d'examens...


Frederik se rappela ses premières soirées du genre à lui. Il buvait toujours trop vite et finissait par s'endormir dans un coin sans vraiment voir ce qui se passait. Quand elles étaient plus mondaines, sa mère surveillait tout ce qu'il buvait afin qu'il ne boive que le minimum et qu'il ne leur fasse pas honte. À la longue, le jeune Holmes avait donc appris comment boire de façon responsable afin de profiter et des effets de l'alcool et des soirées auxquelles il participait.

Il regrettait un peu d'avoir bu autant de shooters en si peu de temps tout à l'heure, car maintenant la pièce tournait un peu...


-Heu... en fait, ça fait longtemps que je n'y ai pas joué. Je ne sais plus très bien comment je dois placer mes mains...

-Oh, euh, pas de problèmes, je vais te montrer.


Frederik s'approcha de Lenny, se plaça dans son dos et passa ses bras sous ceux de ce dernier pour réussir à manipuler les bras de son ami et la queue de billard en même temps. Il déposa ses mains sur celles de Lenny se servit de son propre corps pour incliner celui de Lenny avec le bon angle. Puis, tour doucement il plaça adequattement les main et les bras de Lenny pour qu'il frappe correctement la boule blanche. Une fois certain de l'angle, il demanda à Lenny, en restant derrière lui:

-Tu veux que je t'aides à frapper la première boule aussi ou si tu peux te débrouiller pour ça ?

Frederik avait un grand sourire et il était certains que ça s'entendait dans sa voix.[/color]

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MessageSujet: Re: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Mer 3 Fév - 19:24

Intérieurement, Lenny maudissait un peu Fred de l'avoir attiré vers un jeu qu'il ne maîtrisait pas du tout. Ils auraient pu continuer à discuter de leurs vies, se moquer des autres, apprendre à se connaître et nouer une meilleure complicité que derrière un clavier mais non, il allait juste se ridiculiser en échouant une partie de billard. En plus, il détestait les jeux. Il n'en comprenait pas l'intérêt. Pour lui, il s'agissait d'une activité destinée aux personnes qui n'avaient simplement rien à dire. Car enfin, qu'est-ce que le fait de gagner pourrait lui apporter ? Une meilleure entente avec Fred, certes. Mais il aurait pu y arriver autrement si le jeune vampire ne lui avait pas posé cette sinistre condition. Malgré sa contrariété, il faisait donc de son mieux pour montrer de la bonne volonté. Il se sentait ridicule, à tortiller ses doigts autour du bâton sans trouver la position adéquate. Heureusement, Fred ne se moqua pas. Il vint même lui porter secours mais rendit la situation encore plus embarrassante en se plaçant derrière lui pour glisser ses bras le long des siens. Un peu surpris par ce contact soudain, la chaleur de son corps, son torse qui lui frôlait le dos, les mains qui se fermaient sur les siennes, Lenny se crispa. Il se sentait un peu comme un lapin figé de panique sous la pression d'une main géante humaine. Les conséquences de sa dernière proximité avec le jeune homme ne l'avaient pas suffisamment inquiété pour lui faire craindre d'être vidé de son sang, il était juste très mal à l'aise, troublé, un peu comme la dernière fois. Au fond, n'avait-il pas regretté de voir Fred s'éloigner de lui ? N'aurait-il pas préféré lui abandonner un peu plus ses veines pour prolonger l'étreinte ? Il y songeait parfois. En près d'un an, il n'avait rien vécu d'aussi intense, si on acceptait le moment où Ezra lui avait tenu la main, mais c'était une satisfaction assez minable au final.  

Comment pouvait-il prêter attention à ce qu'il lui montrait dans ses conditions ? Il semblait qu'une bulle entourait sa tête et qu'il ne percevait plus rien d'autre que la présence si proche et si attirante de Fred. Fred qui était toujours passionné par ses explications. Avec l'alcool par-dessus tout, Lenny se sentait vraiment perdu. Une chaleur de plus en plus désagréable lui montait à la tête. Aussi, quand le jeune homme lui demanda s'il voulait aussi qu'il l'aide à frapper sa première boule, il l'imagina se pencher encore plus sur lui, coller son corps contre le sien, et l'idée l'affola. Il essaya de se dégager un peu trop vivement en bafouillant :

– Je… non… ça va aller… Enfin… Merci, je veux pas t'embêter plus je veux dire… Enfin… Je vais me débrouiller…

Il devait avoir le visage profondément rouge. Et, pour ne rien arranger, des regards curieux ou goguenards s'étaient posés sur eux. Fred abusait ! Il n'y avait pas plus suspicieux que deux garçons qui jouaient au billard, surtout avec la position qu'il venait de lui imposer. De l'embarras, son regard passa à la colère sans qu'il ne s'en rendît compte. Son pauvre ami ne devait vraiment rien comprendre, d'autant plus qu'une fois la queue de billard entre ses mains, il retrouva un air parfaitement penaud. Il avait déjà oublié. La panique lui avait aussi fait monter l'alcool à la tête et il n'arrivait plus à se concentrer. C'est une fille blonde qui vint à son secours en lui proposant de prendre la relève puisqu'il ne savait visiblement pas jouer. « Tu pourras nous observer et revenir dans la partie quand tu te sentiras familiarisé », précisa-t-elle gentiment. En temps normal, Lenny l'aurait détestée, surtout qu'il était certain que son intention était juste de passer du temps avec Fred. Mais là, il saisit l'occasion pour lui mettre presque de force la queue entre les mains et se sauver sans un regard il ne savait où. Des personnes de sa classe l’interceptèrent soudain, deux filles, Joy et Sabrina.
– C'est qui ton ami, lui demandèrent-elles d'un air qu'il trouva vraiment curieux.
– Il s'appelle Fred.
– Et tu le connais d'où ?
– On s'est déjà vu dans d'autres soirées, pourquoi ?
Il commençait à montrer un peu plus d'agacement.
– Oh rien… en fait… Elles s'échangèrent un regard interrogateur. Le prend pas mal, c'est juste qu'on se demandait s'il y avait quelque chose entre vous…
– Ah heu non pas… spécialement…
L'esprit un peu anesthésié, Lenny les regarda d'un air à moitié abruti avec la certitude de ne pas avoir une réaction normale. Parce qu'en temps normal, il se serait énervé et aurait tout nié de bloc. Mais là, le fait qu'on lui demande presque le plus naturellement du monde si un garçon était son petit ami alors qu'il n'avait jamais vraiment discuté avec les personnes de sa promotion le troubla et il se laissa embarquer malgré lui par ses deux camarades qui lui offrirent à boire et l'assommèrent de questions, apparemment ravies d'avoir deviné qu'il était gay, même si elles faisaient quasiment toutes les réponses pour lui. Il les trouva étonnamment bienveillantes mais, puisqu'il avait besoin de parler, leur indiscrétion lui allait, et puisqu'elles avaient l'air de trouver son homosexualité intéressante, en parlaient de manière très libéré, avec la désinhibition de l'alcool il se prit au jeu en commentant avec elles le physique de tous les garçons et filles de la soirée. Au final, ce fut assez amusant, mais il buvait beaucoup trop et beaucoup trop vite. Ses regards continuaient à aller vers Fred, et il continuait cependant à regretter son attitude, qui le retenait désormais de revenir vers lui. Au bout d'un certain taux d'alcoolémie, il finit par soupire et aborder ce qui le tracassait tant avec Joy et Sabrina.
– J'ai fait n'importe quoi tout à l'heure. Je l'ai planté comme ça parce que je n'arrivais pas à jouer, j'aurais pas dû… Je lui avais dit qu'on passerait la soirée ensemble et au final je la passe avec vous… Je suis sûr qu'il me déteste maintenant, déclara-t-il bêtement sentimental.
Elles prirent aussitôt des regards attendris.
– Oh nooon… Tu dois vraiment aller lui parler, en plus regarde le, il est tout seul, c'est sûr que tu lui manques.
– Oui ! C'est vrai ! réalisa-t-il en voyant que Fred n'était plus à la table de billard mais seul sur un canapé.

Comme poussé par une décharge électrique, il se redressa d'un coup et alla droit vers le canapé pour s'asseoir assez peu gracieusement à côté du jeune homme. Il le prit dans ses bras la seconde qui suivit et se lova contre lui en lui demandant de l'excuser de l'avoir planté tout à l'heure comme si c'était une faute particulièrement grave. A ce moment là, ses capacités cognitives étaient bien entamées. Il voyait à peine les personnes autour de lui, tout était flou, confus, bruyant. Les mots lui sortaient de la bouche sans passer par son cerveau, et il ne s'en souviendrait d'ailleurs plus en détail le lendemain. Mais, il est cependant possible de les restituer :

– Je suis désolé si tu l'as mal pris. C'était pas parce que j'avais peur de toi je te jure. J'ai pas peur de toi. Et puis, même la dernière fois, c'était plus agréable qu'effrayant. Je t'aime bien Fred. Même si tu me mords je t'en voudrai pas.

Sans plus savoir ce qu'il faisait, il se redressa un peu pour l'embrasser dans le cou, puis sur les lèvres. Il n'avait pas hésité un seul instant mais son geste incongru et inhabituel le réveilla un peu. Qu'est-ce qui lui prenait ? Il n'avait pas embrassé quelqu'un depuis… Il n'avait jamais embrassé quelqu'un ! Le seul baiser qu'il avait reçu était un accident daté de plusieurs années. Malgré l'ivresse, son cœur se mit à battre rapidement à nouveau, il pria de toutes ses forces pour que Fred ne le rejette pas.

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MessageSujet: Re: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Mer 24 Aoû - 12:14

Frederik aimait s'amuser et se détendre. Il aimait donc beaucoup les jeux, et ce, de tous les genres: arcades, de tables, gonflables, d'eaux, à boire, télévisés, vidéos, mais surtout ceux de société. Rien de tel qu'une partie de Risk ou de Monopoly pour secouer les bandes d'amis, ou encore une partie des Loups-Garous de Tiercelieux pour découvrir des leaders et créer des alliances. Le jeune Holmes trouvait que les jeux étaient naturellement rassembleurs, c'était donc un bon moyen de briser la glace lors d'une soirée. Cela permettait aux plus gênés de tisser des liens qu'ils n'auraient pas faits s'ils étaient restés dans leur coin et cela permettait aux plus parfaits de perdre la face un peu et de laisser leur orgueil de côté, le temps d'une partie. Les jeux étaient également un bon moyen d'apprendre à se connaître, que ça fasse cinq minutes ou cinq ans, on en apprenait toujours. Puisque la façon de jouer pendant une partie et aussi la façon que les autres avaient de réagir face à la réussite ou la défaite nous en disait beaucoup sur eux. Par exemple, quelqu'un qui ne suivait pas les règles ou qui omettait d'en suivre certaines, juste pour ne pas faire gagner un autre joueur, nous montrait bien sa vraie nature. Quelqu'un ne voulant pas échanger de terrains au Monopoly, alors que la contre-offre était largement plus payante pour lui, juste pour qu'une personne en particulier soit bloquée, nous montrait qu'elle n'était pas honnête. Ce n'était pas être stratégique ou vouloir gagner, c'était être de mauvaise foi et faire semblant qu'elle n'avait pas besoin de construire les terrains qu'elle aurait en échange. Ou encore, si dans un jeu nous devons faire un vote pour établir quelle est la meilleure carte, la plus drôle ou la plus perturbante, qui complète un énoncé donné et qu'une personne ne vote toujours que pour ses cartes à elle, même si ce n'est pas toujours la meilleure carte, ça nous montre que cette personne est égocentrique et égoïste. Elle ne pense qu'à elle et elle est tout ce qui compte. Ces personnes ne s'en rendent pas compte, mais avec aussi peu d'informations de leur part lors d'un jeu de société, elles nous en apprenaient beaucoup sur elles-mêmes.

Pour Fred, le but des jeux n'était pas seulement de gagner, mais de s'amuser surtout. Ça ne l'embêtait pas de perdre à un jeu, si ses adversaires avaient été honnêtes pendant la partie. Comme il ne maîtrisait pas tous les jeux et qu'il avait lui-même été débutant, il ne se moquait jamais de quelqu'un qui commençait l'apprentissage d'un nouveau jeu. C'est pourquoi il avait été naturel pour lui d'aller vers Lenny pour l'aider plutôt que de se rester là à rire de lui. En lui montrant la position exacte pour bien manipuler la queue de billard, Frederik put entendre le coeur de Lenny commencer à s'affoler. Il dut donc se concentrer très fort pour continuer ses explications sans prendre une petite croquée de son apprenti, alcool aidant, il avait moins de retenue qu'à l'habitude. Il ne se trouva pas brillant d'avoir bu autant dans un contexte aussi précaire pour lui. Quand Lenny se dégagea vivement de lui, Frederik s'en voulu immédiatement et recula de plusieurs pas. Il avait été inconscient de Lenny et espérait ne pas lui avoir fait peur. Le coeur du jeune homme battait clairement la chamade et Frederik était stressé que ce soit causé par de mauvais souvenirs que Lenny aurait pu avoir de la dernière fois qu'ils avaient été aussi proches.


-Je... non... ça va aller... Enfin... Merci, je veux pas t'embêter plus, je veux dire... Enfin... Je vais me débrouiller...

-Tu ne m'embêtes pas, voyons! Mais tu as raison tu devrais essayer seul, tu es un grand garçon après tout...


Frederik avait du mal à déchiffrer les émotions de Lenny. S'il semblait gêné de prime abord, il avait eu l'air fâché quelques instants après et il semblait maintenant paniqué. Frederik allait lui proposer de faire une autre activité quand une jeune femme vint les interrompre.

-Tu pourras nous observer et revenir dans la partie quand tu te sentiras familiarisé...

Frederik allait s'opposer et dire à la jeune femme qu'ils lui laissaient la table, afin de passer la soirée avec son ami, tel que prévu, mais Lenny s'éclipsa avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit. Le jeune Holmes eut un pincement au coeur de se faire abandonner de la sorte, d'autant plus qu'il était convaincu que c'était sa faute. Frederik laissa donc la jeune femme l'honneur de commencer la partie. Pendant son deuxième tour, Frederik cherche du regard Lenny et le repéra assis avec deux jeunes femmes qui lui faisaient la grande conversation. Il n'avait pas l'air de lui manquer. Frederik se concentra donc sur sa partie de billard, en buvant de la bière tiède. La jeune femme était bonne. Ils échangèrent plusieurs blagues et Fred remarqua qu'elle était particulièrement intense sur les sourires, les mouvements de cheveux et les contacts physiques subtils et il comprit donc sa manœuvre. Elle avait fait partir Lenny pour le draguer. Elle serait bien déçue, au final... Une fois la partie terminée, Frederik la remercia, mais s'excusa et s'éclipsa. Il alla s'asseoir sur un canapé miraculeusement vide, avec un verre de whiskey pur et se mis à réfléchir.

Si Fred affichait et montrait rapidement ses émotions, il n'avait pas facilement peur et n'était pas facilement impressionnable. Peut-être était-ce parce qu'il était un vampire quasi immortel et qu'on ne pouvait pas blesser à cause de son pouvoir d'auto-guérison décuplé ou alors c'était parce qu'il avait eu un père violent, qui l'avait habitué à une dose de violence et d'imprévisibilité, mais toujours était-il que le jeune homme se sentait rarement pris au dépourvu, surpris ou apeuré. Il en avait vu d'autres et il avait confiance en ses pouvoirs. Ce faisant, il restait conscient du danger. Il aimait tester ses limites, pour la dose d'adrénaline encourue, mais ne faisait rien qui le mettait en réel danger.

Ses pensées furent interrompues par Lenny qui se laissa choir dans le sofa à ses côtés. Frederik fut très content de retrouver son ami pour ce qu'il restait de la soirée.


-Je suis désolé si tu l'as mal pris. C'était pas parce que j'avais peur de toi je te jure. J'ai pas peur de toi. Et puis, même la dernière fois, c'était plus agréable qu'effrayant. Je t'aime bien Fred. Même si tu me mords je t'en voudrai pas.

-Je ne comptais pas te mor...


Lenny s'était penché sur lui et lui donnait des baisers dans le cou. Frederik ne savait pas à quoi Lenny jouait. Il était figé et ne savait plus trop quoi faire. En même temps, il ne pouvait pas dire que c'était désagréable. Son cerveau était comme au ralenti.

-...dre... Ça va...

Puis, Lenny l'embrassa sur les lèvres, son coeur battant la chamade. Frederik répondit naturellement au baiser, impulsion normale de sentir d'autres lèvres sur les siennes. Alcool aidant, il prolongea le baiser quelques instants en retenant légèrement la nuque de Lenny. Puis, soudainement, Fred sentit au fond de lui quelque chose qui clochait. Ce n'était pas une envie de sang, juste un sentiment que, s'il était sobre, les choses se passeraient autrement. Lenny était son ami, il était mignon, mais Fred ne l'avait jamais vu autrement qu'un ami. Il lâcha donc finalement Lenny et le repoussa légèrement et doucement. Il soupira en reprenant son souffle.

-Je crois que l'alcool nous fait faire des bêtises ce soir...

Frederik se leva du sofa et lissa ses vêtements pour les remettre en ordre, en restant de dos à Lenny. Il eut un petit rire, puis un autre soupir. Le baiser avait été agréable et surprenant. Tout ceci était surréaliste. Frederik était soudainement extrêmement fatigué, sûrement l'effet de l'alcool. Il se mit de face à Lenny pour lui dire:

-Je ferais peut-être mieux de te raccompagner chez toi. Qu'est-ce que tu en penses? ...Tu viens?

Frederik tendit une main à Lenny pour l'aider à se lever.

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MessageSujet: Re: Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé] Dim 28 Aoû - 20:01

Même si Lenny pouvait se vanter de boire en plus grande quantité que la plupart de ses camarades, il ne le faisait jamais dans le but de sa lâcher. L'alcool était plutôt un bon moyen de laisser le temps glisser sur soi pendant une réception ou un repas de famille ennuyeux, ou de forcer le sommeil quand la nuit blanche et les pensées angoissées menaçaient. Il ne s'amusait jamais assez pour oublier que des personnes l'observaient, en particulier sa mère. Qu'allait-elle dire si elle le surprenait en train de tituber ? Il avait déjà vu de sombres individus s'effondrer au milieu d'une piste de danser, en se renversant tout le contenu de leur verre dessus par la même occasion, et c'était un spectacle véritablement lamentable. Ce soir, pourtant, les pulsions de son inconscient prenaient les commandes. Il voulait ne pas passer une fête de plus, rentrer sans n'avoir rien fait de particulier en énumérant les occasions manquées. Il discutait depuis un moment avec Fred et, s'il n'essayait pas d'aller plus loin, il ne saurait jamais s'il ne se fermait pas à une possibilité réelle de vivre des sensations un peu plus intenses dans son existence. Et, actuellement, il ne se sentait pas en phase avec son environnement, ce qui était une humiliation constante. Comment avouer qu'à presque dix-neuf ans, il n'avait jamais embrassé personne sans attirer des regards pleins de pitié ? Il avait envie d'arracher les yeux de tous les invités rien que d'y penser. En attendant, il gardait pour lui ce terrible secret. Fred ne lui inspirait pas particulièrement d'amour, mais il espérait découvrir une affection cachée de son côté, la possibilité de vivre quelque chose et voir où cela pourrait bien mener. En l'abandonnant sèchement devant le billard, il avait vu tous ses mauvais réflexes prendre le dessus. C'était un échec. Alors il s'était mis à boire plus que de raisons, et comme, on lui parlait, il s'était jeté à corps perdu dans une nouvelle distraction en lâchant complètement prise. Il lui semblait que c'était la première fois que l'on s'intéressait vraiment à lui, même si d'ordinaire le blocage était surtout de son côté. Plus exactement, c'était la première fois qu'il osait s'ouvrir sur ses sentiments du moment.

Était-il le « vrai Lenny » quand il se livrait de manière confuse sur ses doutes au sujet de Fred, quand il se moquait sans vergogne des autres et s'essayait à noter le physique des autres garçons ? C'était un moment agréable, mais il n'était pas certain d'aimer toutes les libertés qu'il s'autorisait, au risque de donner une image trop émotive de lui pour être réelle, trop méchante pour que l'on croit plus tard à sa sobre retenue. Cependant, il ne se posait pas toutes ces questions en enchaînant les verres comme du soda, il vivait l'instant et perdait de plus en plus la mesure de ce qu'il disait. Ce n'est qu'en arrivant près de Fred qu'il s'efforça de mettre un peu d'ordre dans ses idées. Il luttait déjà à moitié pour ne pas tomber de fatigue, mais les oreilles commençaient à bourdonner d'une manière assez désagréable. Très franchement, il aurait été bien incapable de dire ce qui lui était passé par la tête au moment où il s'était penché pour l'embrasser. L'alcool concrétisait souvent des idées qui nous avaient effleurées un peu plus tôt, et il était vrai qu'il avait voulu réussir à obtenir une ouverture du jeune homme pendant la soirée. Le manque d'expérience l'incitait malgré tout à une certaine retenue. Il embrassa son cou comme pour tester le terrain avant d'approcher ses lèvres. Sobre, s'il avait osé aller si loin – chose déjà peu probable – il aurait sans doute fini par reculer. Là, il était dans une sorte de rêve éveillé, aucune de ses actions de semblait porter à conséquence. Mais quand le baiser fut réel, la peur le rattrapa. Il n'allait pas oser un contact plus intime avec la langue, il craignait trop d'être mauvais, comme il redoutait l'inconnu de la sensation. Pourtant, il était lancé, apparemment décidé à profiter de l'expérience, puisqu'il revint une deuxième fois en pinçant doucement la lèvre inférieure de Fred entre les siennes, et le vampire répondit à l'invitation.

C'était étrange mais, au final, il ne vécut pas le baiser approfondit comme la chose la plus bouleversante du monde. L'ivresse l'engourdissait assez pour qu'un trop plein émotionnel ne le mette pas au bord de l'évanouissement. Il maîtrisait encore assez ses sensations pour saisir la nouveauté de l'instant et réfléchir à la manière dont il devait s'y prendre pour ne pas trop ressembler à un débutant. La chaleur qui parcourait son corps n'était plus tout à fait celle de l'alcool. C'était agréable. Il en oublia ses réserves, mémorisa l'odeur de Fred, s'en imprégna en appuyant ses mains sur ses hanches. Le fait qu'ils avaient un public devenait assez secondaire. Il ne savait pas très bien à quoi il jouait, ni si cette situation était vraiment sérieux. Puisque ce qu'il découvrait lui plaisait, il voulait en profiter au maximum. Et après ? Il ne savait pas. Il pensait pouvoir continuer longtemps sans penser à rien d'autre, même si le contact prolongé lui donnait aussi envie de se presser un peu plus contre le jeune homme. D'ailleurs, ce dernier commençait à avoir une main plus caressante qu'il n'avait pas du tout envie de repousser. Difficile de savoir jusqu'où la folie aurait pu les mener si Fred n'avait pas fini par prendre la mesure de ce qu'il faisait et le repousser. Lenny se laissa faire assez mollement, le visage rouge, mais le regard vague. Pendant le baiser, le bourdonnement s'était mis en sourdine. Il lui revint violemment, couvrant à moitié ce que son presque amant lui disait. Il comprit confusément qu'il lui proposait de partir et estima que c'était la meilleure chose à faire. A vrai dire, il ne voyait plus grand-chose. Ce qu'il venait de vivre avait achevé de détruire sa conscience. Il s'était laissé pleinement aller, et il ne comprenait plus rien. Il serra donc la main de Fred et se laissa guider dans un monde flou, se souvint qu'il devait appeler sa mère mais réalisa que son téléphone avait plusieurs appel en absence. Il était minuit passé et sa mère avait fini par se coucher en supposant qu'il restait sur place. Cet effort pour retrouver un peu de discernement et lire les petits caractères de son écran acheva de lui faire tourner la tête et vomir lamentablement il ne savait où, peut-être dans une poubelle sous le conseil plus ou moins lucide de Fred. Lenny ne savait pas exactement par quel miracle il s'était retrouvé dans le métro puis devant chez lui, mais il passa un certain temps caché sous la couette le lendemain partagé entre des fragments de souvenirs honteux qui lui donnaient envie de s'enterrer, et une tête qui lui tournait au point qu'il pensait mourir s'il osait se redresser. Si Fred n'avait pas détesté le rapprochement et était prêt à le revoir, l'honneur serait peut-être sauf, mais il en doutait. Le vampire avait répondu à son initiative, il en était certain. Il ne pensait pas que la suite pourrait être aussi parfaite, il ne savait même pas s'il voulait vraiment sortir avec lui. Ceci dit, en retirant toute la gêne que lui inspirait son souvenir, il n'aurait pas été contre recommencer, et sans alcool pour rendre trouble la plupart des sensations qui lui restaient au réveil. Là, il se souvenait plutôt d'une impression générale.

[Fiiiin]

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Les fêtes étudiantes se suivent et se ressemblent [Terminé]

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