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Grand bal estival 2015

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 17 Sep - 16:46

J'avais mal dormi la nuit passée et j'avais eu une dure journée en plus. J'avais du mal à suivre, à me concentrer. Même si les tâches étaient simples, je devais y repenser à deux fois avant de les faire. Je m'en faisais pour cette soirée. J'étais toujours nerveux avant de me rendre dans une soirée mondaine. Je devais toujours beaucoup me préparer mentalement. Comme un gladiateur avant d'entrer dans l'arène. Je savais que j'allais en terrain ennemi, où tout le monde voulait ma peau à leur façon et où aucun n'en sortirait indemme. J'avais peur de me faire reconnaitre, je craignais les embuscades et les pièges, j'avais peur de mal me conduire. Je voulais faire bonne impression et me fondre dans la masse, mais je ne savais pas trop comment faire, alors j'étais nerveux. Depuis maintenant trente bonnes minutes, je me regardais dans le miroir plein pied de ma chambre avant de me rendre au bal et je n'étais pas certain que j'avais le meilleur ensemble. J'avais un habit gris pâle, avec une chemise rouge vif et une cravate rouge légèrement plus foncée, satinée.

Heureusement, j'y allais avec Natassia. Elle allait me calmer. Elle avait toujours eu le mot, l'attention, la bêtise pour me faire rire, et ainsi me changer les idées. Auprès d'elle, le monde était plus beau, moins menaçant, peut-être cela venait-il de la beauté de son âme, de la pureté au fond de ses yeux ou de la candeur qu'elle dégageait, mais elle me faisait du bien. J'avais besoin d'elle dans ma vie. Je me sentais réellement moi-même depuis qu'elle était de retour dans ma vie. Je regardai l'heure et me rendis compte qu'une ne pouvais plus faire de chichi ou nous serions en retard. Nat m'attendait et je ne voulais pas la faire attendre trop longtemps. Je pris rapidement la boite cadeau que j'avais mise sur la petite table dans l'entrée, la mis dans la poche intérieure de mon veston, et quittai les lieux.

Quand je vis Katherine, je fus estomaqué. Elle était splendide. Elle ne m'avait pas donné d'indications sur sa robe, outre la couleur, et j'en étais renversé. Elle entra rapidement dans ma voiture, tellement que je n'eut pas le temps d'aller lui ouvrir la portière qu'elle était déjà embarquée. Je me sentis mal et rustre. Je ne me sentais pas à sa hauteur. J'aurais dû être plus rapide aussi.


-Tu es tellement BEAU. Nous allons passer une soirée ma-gi-que. Merci, merci, merci!

-Tu es éblouissante! et c'est moi qui devrait te remercier de m'honorer de ta présence à mes côtés.


Son baiser me fit tout drôle, comme un choc électrique. Après m'être assuré qu'elle était installée de façon sécuritaire, je démarrai. Je devais faire beaucoup d'efforts pour rester concentré sur la route. Mes yeux ne voulaient qu'une chose et c'était regarder de nouveau ma sublime amie.

Arrivés sur place, la grosseur de la foule ne me plu pas du tout. Je me sentis plus nerveux, comme si ma cage thoracique se refermait tranquillement sur mon coeur et menaçait de m'étouffer. Je serrai fermement la main de Nat et cherchais désespèrent un visage connu à travers la vague de monde. Quand, finalement, j'aperçus Christian et Peach, je ne les lâchai plus du regard. Ils étaient une nouvelle bouée de sauvetage, un nouvel espoir.


-Me déplacer avec mon énorme robe parmi les gens enthousiastes 'aller vers le buffet est moyennement agréable. Si tu veux, tu peux aller noua chercher à boire et nous irons les saluer ensuite, avant que tu m'emmènes danser !

-Oh euh... Désolé pour ça... En passant, tu es de loin la plus jolie ici.


Ces paroles me sortirent de ma templeur. Ainsi, je me rendis compte que je n'étais vraiment pas un bon cavalier, à regarder les autres et ne pas m'occuper de mon accompagnatrice. Et je me sentis nul. En même temps, je ne pouvais pas ne pas y aller: c'était mes patrons! Du coup, son idée me semblait excellente. Je faisais mon poli pour les deux camps.

-Bonne idée! Je me souviens que tu aimais beaucoup les margaritas. Je vais t'en chercher une, je reviens tout de suite.

Je réussi à aller au bar et revenir auprès de Nat sans trop de problèmes. En sirotant notre boisson, je lui fis des compliments sur sa tenue et son maquillage. Elle m'expliqua sa technique pour bien appliquer son ombre à paupières de façon droite et je la trouvai très ingénieuse. Après avoir terminer nos verres, je pris Natassia par la taille et l'amenai vers mes patrons. Je fis bien attention qu'elle ne se fasse bousculer par personne et que sa robe ne soit pas piétinée ou déchirée par quoi ou qui que ce soit.

Arrivés près de Christian et Peach, je me raclai la gorge pour attirer leur attention et me donner contenance par le fait même.


-Bonsoir, j'espère que vous appréciez votre soirée jusqu'à maintenant.

Je détaillai des yeux la tenue de mes employeurs en serrant plus fort Nat contre moi.

-Vous êtes ravissants, tout en beauté. Laissez moi vous présenter ma cavalière : N... Katherine Sallander. Une TRÈS bonne amie à moi.
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 17 Sep - 18:50

Malgré le fait que j’avais l’impression que Lucas appréciait ma compagnie, je ne pouvais m’empêcher d’avoir peur de lui tomber sur le système, quand je le bombardais de messages. Souvent, il répondait de manière courte, sans élaboration, à mes messages et dans ces moments, j’avais peur que ce soit parce qu’il n’avait pas envie de me parler. Pourtant, quand nous passions du temps ensemble, je n’avais pas l’air de lui tomber sur les nerfs. J’avais beaucoup de plaisir, avec lui, il me rendait à l’aise et je ne voulais surtout pas tout gâcher en étant trop ou pas assez. C’était bien moi ça, me remettre en question sur tout et en tout temps, je n’étais jamais certaine d’agir de la bonne façon, même avec tous les cours de bonne conduite que j’avais reçu jusqu’à ce jour, il m’arrivait encore souvent d’avoir l’impression d’être une totale handicapée sociale, c’était plus fort que moi. J’avais l’impression de faire semblant, de ne jamais être vraie, de peur de faire un faux pas ou de tout gâcher. Il n’y avait qu’avec Lucas que je me sentais vraie, sans avoir l’impression de devoir m’envelopper de ma coquille de perfection, mais en même temps, c’était aussi ça qui me faisait peur : je croyais dur comme fer que personne ne pouvait réellement m’apprécier lorsque j’étais moi-même, que tout le monde finissait par se lasser, on m’avait tellement toujours ancré dans la tête le fait que seule une apparence de perfection ferait en sorte qu’on s’intéresse à moi.


Avec Jim, c’était beaucoup mieux depuis que j’avais accepté le fait de lui être promise. Comme j’étais détraquée, brisée, défectueuse et que cela m’empêchait d’être en couple avec quelqu’un pour qui je ressens quelque chose, j’avais accepté le fait de me marier, éventuellement, à Jim. Un mariage de raison était toujours, en apparence, parfait, et c’était tout ce qui comptait, dans ma race. Je règlerais les problèmes à l’interne en temps et lieu. Qui plus est, plus vite je me marierais à Jim, plus vite je quitterais cette maison de malheur hantée par mon paternel. D’ailleurs, en parlant de lui, j’avais fait tout mon possible pour l’éviter durant la soirée, j’étais nerveuse à propos de notre retour à la maison et je regrettais de n’être pas déjà mariée à Jim pour que l’on retourne chez nous en paix. J'avais toutefois omis de dire à Lucas que j'étais promise à Jim... je ne savais pas trop pourquoi je ne voulais pas lui en parler... J’étais accrochée au bras de Jim quand, à nouveau, je croisai le regard de mon père, chaque fois, il me glaçait le sang. Inconsciemment, je serrai le bras de Jim et j’eus une sorte d’étourdissement. Je le regardai.



-Excuse-moi, je vais aller me rafraichir un peu…


Façon bien élevée de dire que je me rendais aux toilettes, là où je pourrais reprendre mon air sans avoir à croiser ce regard gris qui me hantait chaque fois que je fermais les yeux. Je m’appuyai contre le mur un instant et je passai une main dans mon visage. Heureusement pour moi, les toilettes étaient vides à ce moment-ci dans la soirée, il était probablement encore trop tôt pour que les autres femmes aient décidé de venir se refaire une beauté. Je sortis rapidement mon téléphone, me souvenant que j’avais envoyé un message à Lucas, avant de partir. Une petite joie s’empara de moi quand je vis qu’il m’avait répondu.

*Le bal, lui, veut que tu y ailles. Tu es très belle. *

Je souris toute seule, il était rare que Lucas réponde à mes messages. Inconsciemment, je serrai mon téléphone dans ma main. J’aurais voulu qu’il soit là. Ceci étant dit, pour une raison obscure, ce simple petit message avait su me redonner le courage qu’il me fallait pour retourner à la salle de réception. Je lui répondis rapidement, tout de même, il avait bien pris la peine de le faire, lui.



*Oh merci… J’aimerais que tu sois là, ce serait plus amusant ! Bonne soirée ! *


Je sortis des toilettes en rangeant mon téléphone pour tomber sur un groupe de personnes, que j’identifiai rapidement comme étant mon père et certains de ses petits adeptes – je les avais déjà vus lors d’une soirée de promotion de mon père à la tête de la ville. Mon sang se glaça parce qu’avec la façon avec laquelle il me regardait, je savais que c’était moi qu’il attendait.


-Oh ! Te voilà enfin, ma chérie ! Quel père indigne je serais si je ne t’offrais pas la première danse de la soirée !


Il me tendit sa main, sous les regards attendris de tous ceux qui l’entouraient. Pétrifiée, je forçai un sourire. J’avais appris, avec le temps, que coopérer rendait les choses moins pires, au final. Il me traina sur la piste de danse où les gens avaient commencé à danser sur une chanson relativement douce. J’avais mal au cœur rien que d’y penser. Il glissa sa main dans le bas de mon dos. Je détestais quand il me touchait et ce, peu importe de quelle façon. Il approcha sa tête de mon oreille, cette simple proximité me donna un frisson d’horreur.


-J’ai tellement hâte de partir. Tu es si belle, tu es la plus belle de la place, définitivement.


Il avait murmuré, il voulait être certain que personne d'autre que moi n'entende. Je fermai les yeux… je voulais mourir.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 22 Sep - 21:09

Je ne faisais jamais souffrir Psyché volontairement. Je la pliais à mes volontés et endormais sa conscience dès que nécessaire, mais je ne faisais pas exprès de la blesser. Je la préférais heureuse, même si son bonheur contrastait douloureusement avec comment je me sentais depuis notre arrivée de ce côté-ci de la brèche. C'était pourquoi, en même temps, je mettais en œuvre toutes sortes de stratagèmes pour risquer de lui faire du mal au détour d'une maladresse ou d'un hasard. Je me plaçais dans la constante obligation de faire attention à ce que je faisais pour éviter de tomber dans mes propres pièges. Un exemple facile de ce type de comportement était mon infidélité. Je ne trompais pas mon épouse parce que je ressentais un grande vide charnel (Elle aurait facilement pu me combler à ce sujet, son corps étant sans défauts et son expérience à mes côtés s'étalant sur des siècles.), mais bien parce que j'avais ce besoin tordu de la trahir, de pousser encore plus loin le ridicule de son amour pour moi.

Je n'étais pas une bonne personne. Je ne l'avais jamais été et je savais que je ne le deviendrais pas magiquement ici, au milieu d'humains moins impressionnants les uns que les autres. J'avais répandu l'amour plus par besoin de me réaliser que par altruisme. D'ailleurs, je ne l'avais pas toujours fait gratuitement ou pour tout le monde. Lorsque Proserpine, ma meilleure amie de l'époque, m'avait mentionné son intérêt pour Pluton, mes mains ne s'étaient jamais posées sur mon arc pour lui rendre service. Je lui avais fourni des conseils, certes, mais je l'avais surtout fait pour qu'elle m'en soit reconnaissante et daigne voir que je valais plus son intérêt que ce débile de vieux dieu dépassé.

Comme à mon habitude, je m'étais réfugié dans la logique pour essayer d'ignorer mes sentiments. (Cette tactique durait rarement longtemps et n'était habituellement que peu effective.) Il était facile à voir que le dieu de l'amour, jeune et magnifique, méritait beaucoup plus l'affection d'une femme que le dieu des enfers, lequel n'était ni amusant ni populaire, non? Néanmoins, Proserpine était parvenue à charmer l'homme qu'elle avait choisi, ce qui ne m'avait qu'à demi étonné : mes conseils étaient bons, bien sûr, et elle était envoûtante, mais Pluton était si difficile à atteindre. J'avais espéré qu'elle n'y arrive pas et qu'elle remarque cet ami qui était toujours là pour elle et qui la voyait comme la déesse qu'elle était. Pluton avait fini par lui succomber et, si la joie de Proserpine avait réchauffé mon coeur, elle l'avait aussi transpercé de douloureuse jalousie. Pourquoi cet homme était-il si important pour elle alors qu'il ne l'avait longtemps même pas remarquée? J'avais été présent pour elle alors que cet imbécile ne la voyait même pas et j'en avais été récompensé par la vision de ce démon l'emportant loin de moi. Par la suite, les choses n'avaient plus été les mêmes pour moi, mais j'avais accueilli Proserpine avec une bonne humeur toute calculée à chacune de ses visites parmi les dieux.

J'avais toujours fait mon possible pour éviter de repenser à Proserpine et à ce qu'aurait pu être ma vie si elle avait vu en moi la même chose qu'en Pluton. Il ne fallait pas que je me laisse aller à ce genre d'idée si je souhaitais me retenir de nous tuer tous les deux, Psyché et moi.

Ce soir, heureusement, Psyché tenait bien la comparaison avec les autres femmes. Pour une fois, elle se taisait un minimum et ne rendait pas ma soirée infernale. Je fus satisfait qu'elle ne me harcèle pas pour aller danser, tout en sachant que je ne pourrais y échapper éternellement.


-Bonsoir, j'espère que vous appréciez votre soirée jusqu'à maintenant.

J'inspectai mon employé et sa cavalière et je réalisai que je mettais trop de temps à observer avant de répondre.  Heureusement, pour une fois, Psyché eut une utilité.

-Ohh bonsoir Raphael! Tu es magnifique!

Ma curiosité dépassait mes bonnes manières, mais je n'y pouvais rien : je n'avais jamais rencontré la jeune femme auprès de Raphael et celui-ci ne m'avait jamais parlé d'une personne assez importante pour qu'il l'emmène à un bal. Peut-être n'en avait-il simplement pas eu l'occasion puisque, surtout ces derniers temps, je me servais de lui comme d'un journal intime et ne lui laissais que peu de temps pour s'exprimer sur sa propre vie. Je me sentis subitement un peu mal et m'apprêtai à saluer le couple pour me redonner contenance, mais Peach était lancée et elle ne me laissa pas parler, se penchant vers la jeune femme sans défenses aux côtés de notre employé.

-Tu dois êtres Katherine! Je suis tellement heureuse de te rencontrer!

Je n'eus pas le temps de réprimer ma colère qu'un regard noir en direction de mon épouse m'échappa. Comment pouvait-elle savoir qui accompagnait Raphael si je l'ignorais? Passaient-ils donc tout leur temps à se confier des petits secrets? Je forçai un sourire et fit un signe de tête à mon employé. J'étais trop fâché pour articuler quoi que ce soit.

-Vous êtes ravissants, tout en beauté. Laissez moi vous présenter ma cavalière : N... Katherine Sallander. Une TRÈS bonne amie à moi.

-Raviiiiie de te rencontrer officiellement!

-Tout aussi ravi.


Peach était d'une mièvrerie sans bornes et j'étais tout sauf ravi de finalement rencontrer celle dont elle semblait connaître les moindres détails. Peut-être avaient-ils prévu de finir la soirée à trois..? Je tentai de me calmer, mais c'était sans compter le don inégalable de mon épouse pour me gâcher la vie.

-Christian allait justement m'emmener danser. Je meurs d'envie de voir ta robe bouger, Katherine!

-En fait, Christian devait aller voir rapidement une personne ou deux avant, mais je suis certain qu'il ne sera pas fâché si son employé modèle emmène son épouse danser. À plus tard.


Satisfait de comment j'avais rattrapé la situation, je fis une petite révérence de la tête et quittai les deux traîtres et leur victime. Je passai me prendre un verre au bar avant de me positionner le plus hors de leur champ de vision possible. Il fallait que je me calme.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 6 Oct - 19:51

J'en avais souvent marre de comment Ethan me traitait. Je savais que je recevais plus d'attention de sa part et qu'il faisait des efforts pour être moins condescendant avec moi qu'il ne l'était avec le reste de la population, mais cela ne m'empêchait pas de m'énerver un peu. Encore ce soir, alors que nous devions nous retrouver au bal, il me faisait attendre, comme si mon temps valait moins que le sien. Il devait s'être lancé dans une réflexion tellement importante qu'elle méritait qu'il se mette en retard pour la retourner dans tous les sens, parce que sa jouissance intellectuelle dépassait de loin son envie de se montrer un peu fiable. Je ne pouvais néanmoins pas me plaindre ouvertement de toutes les fois où Ethan oubliait de partir de chez lui ou celles où il se trompait de journée pour venir chez moi : son esprit fonctionnait différemment de la norme. Ses pensées se tournaient plus facilement vers ce qui naissait de son esprit que vers le monde extérieur. Je le comprenais mais, en même temps, pendant que Monsieur se caressait le cerveau, le monde continuait de tourner.

Il n'était secret pour personne que j'aimais attirer l'attention. Je ne me couvrais pas des paillettes les plus brillantes et des couleurs les plus voyantes pour me regarder clignoter avec tendresse. J'aimais qu'on me regarde, qu'on remarque ma présence et qu'on se souvienne de moi, en bien ou en mal. Peut-être cela résultait-il d'une sensibilité déformée aux médias : on décrivait toujours les vêtements d'une personne disparue et, si je venais à être kidnappé lors d'une soirée, il y en aurait long à dire au bulletin du soir. J'espérais toutefois ne pas être enlevé et, spécialement, ne plus être enfermé. Mon expérience en prison n'avait pas été la partie de plaisir de ma vie. J'avais eu la chance d'être seul dans ma cellule, m'évitant ainsi un grand nombre de dangers classiques de la prison, mais j'avais tout de même passé beaucoup plus de temps chaque nuit à paniquer qu'à dormir.

J'appréciais ma vie maintenant que je m'étais habitué aux changements que le courroux de Loki avait imposés. Je brillais dans le noir, ce qui me limitait sur plusieurs niveaux, notamment professionnellement : j'avais dû abandonner mon emploi au Velvet Dream et, même si j'y retournais fréquemment à titre de client, je n'avais toujours pas réussi à endormir complètement mon amertume à ce sujet. Ce soir, justement, quand je vis Deborah Lackey, mon ancienne patronne, ma frustration me regagna presque, mais elle fut vite chassée par mon admiration pour la jeune femme. Deborah était non seulement magnifique mais, en plus, elle sortait des normes, ce qui me charmait toujours assez facilement. J'adorais les gens qui ne s'embarrassaient pas de l'approbation des masses. Encore ce soir, avec sa tenue voyante et originale, Deborah laissait paraître sa force de caractère mais, en même temps, elle ne faisait pas une folle d'elle et portait un vêtement classe et approprié pour l'événement. Je l'adorais, tout simplement.


-...presse people qui rapporte les fausses rumeurs des grandes personnalités de la ville je suppose.

Je réalisai que mon regard sur Deborah Lackey avait aussi égaré mon esprit. J'espérai ne pas avoir manqué une trop grande partie de ce que la jolie femme me racontait. En même temps, ce ne serait pas la première fois qu'une jeune fille en tenue sexy ne retenait pas une écoute soutenue de la part d'un homme.

– Vous êtes trop aimable. Mais, si je suis installée ici depuis peu, je ne suis pas trop novice en conventions, et je serais fort amusée de voir une personne ici s'efforcer de me causer du tort, même si je serais tentée de vous faire croire le contraire…

-Ne me tentez pas sur le chemin des bêtises. J'essaie de dissimuler mon don pour gâcher la vie de ceux qui embarrassent les autres.


Pourquoi avais-je envie de faire équipe avec cette inconnue pour foutre la merde à cette soirée? Je devais blâmer silencieusement Ethan et Gabrielle. Ils ruinaient ma soirée, l'un par son absence et l'autre par son éloignement. Il me venait naturellement de retomber en enfance et de songer à gêner un innocent pour me venger d'eux. Ce n'était ni noble ni bien intelligent, mais j'en avais tout de même envie à cet instant, alors que je fixais la belle jeune femme au sourire malicieux.

– Et donc… Que faites-vous dans la vie, à part être absolument fantastique ?

-Ce n'est donc pas suffisant?


Je pris une pause dramatique avant de sourire.

-Je suis consultant en informatique, et vous?

Manière polie de dire : je supprime les trucs débiles que les petites dames ont téléchargés par accident sur leur ordinateur.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 13 Oct - 19:49

L'invitation de Misha à ce bal prouvait au moins qu'il n'avait eu envie d'être accompagné par aucune autre femme que moi. Je n'avais pas à craindre une rivale qui m'enlèverait la seule personne qui m'accordait une réelle attention. J'étais partiellement rassurée par cette constatation que je m'étais faite peu de temps après sa demande. Je continuais de redouter le moment où il se lasserait de moi et me jetterait, et l'absence d'une conquête mieux que moi ne suffisait pas à me garantir son affection.

J'aurais voulu avoir des amis. Je remarquais souvent comment les autres dieux semblaient se lier entre eux et avec les humains et autres créatures, et j'enviais leur aise. Je ne me sentais pas à la hauteur des autres dieux et j'avais du mal à comprendre comment me rapprocher des humains alors que j'avais passé toute ma vie à les considérer totalement différents de moi. Je ne les avais jamais vus comme inférieurs, simplement plus fragiles, éphémères… Je n'avais pas l'effronterie de nier à quel point nous leur étions similaires. Sans les humains, nous n'existerions pas.

J'aimais les gens du Velvet Dream, en général. La plupart des filles s'entraidaient et se montraient très gentilles. Les hommes qui travaillaient avec moi avaient une conscience rare de la sensibilité des femmes et s'adressaient habituellement à moi avec une grande courtoisie, même si certaines de leurs blagues étaient parfois douteuses. Atara et Deborah laissaient beaucoup de liberté à leurs employés et elles avaient un bon humour, mais je savais que les réels manques de respects étaient sanctionnés. J'en avais été témoin à plusieurs reprises, que ce soit un avertissement froid de Deborah, une remarque tranchante d'Atara ou, même, un raccompagnement à la porte par Samson.

Si ma conversation avec Misha ne s'était pas avérée aussi intéressante, je me serais probablement perdue dans mes pensées à fixer Deborah, ce soir. Sa tenue et sa coiffure étaient magnifiques. Jamais je n'aurais l'audace de porter une robe de ce genre, mais j'étais emballée de la voir sur ma patronne. Elle lui allait très bien...tout comme son cavalier! J'avais l'habitude de voir Charles Demers au Velvet Dream, mais lui ne devait pas me connaître puisqu'il n'avait toujours d'yeux que pour sa petite amie. J'essayais vraiment de ne pas être jalouse de ce genre de relation, mais voir des couples heureux me faisait toujours l'effet d'un solide coup de poing dans le ventre. Ma solitude me coupait l'air.


-Je... euh... tu comprendras bien assez vite.

La réponse de Misha ne me satisfaisait pas, mais je gardai silence. Je ne pouvais exiger tout savoir de lui alors que je lui cachais jusqu'à ma vraie nature. Ce n'était pas juste comme attente. Néanmoins, je sentis une profonde frustration bouillir en moi à ce sujet. Pourquoi me faisait-il des demi-aveux? Voulait-il me tester? Ou encore...peut-être regrettait-il, après avoir parlé, de s'être ouvert à moi. Peut-être avait-il rapidement réalisé qu'il n'avait finalement pas envie de me confier ses secrets.

J'oubliai une partie – mais une partie seulement – de mon ressentiment en voyant mon amant sourire. Il paraissait satisfait que j'aie envie de rester auprès de lui. J'osais croire qu'il s'imaginait que je préférais sa présence à celle d'autres connaissances et qu'il ne se doutait pas que je n'avais personne d'autre.

Je fus un peu décontenancée par les attouchements subits de Misha. J'étais à la fois flattée de son désir évident pour moi mais, en même temps, son comportement me gênait puisque nous étions en public. Je le laissai néanmoins s'amuser un peu. Avec ce qu'il venait de m'avouer, il devait se sentir un peu perdu. De plus, si je me montrais vraiment gentille, mes chances d'en apprendre plus sur son étrange virginité prolongée augmentaient.


-Viens avec moi, tu vas comprendre bien des choses sur moi dans peu de temps.

Je souris, ce qui pouvait passer pour une réaction complice avec Misha, mais ma joie provenait surtout de ma satisfaction de savoir ma curiosité bientôt rassasiée. Je le suivis au milieu de la foule, serrant sa main bien fort. Je faillis cependant faire demi-tour lorsque mon cavalier s'arrêta devant Elisa Wilde.

-Tu es magnifique ce soir, comme toujours. J'ai quelqu'un d'important à te présenter, voici Emilia, ma cavalière et la personne la plus importante à mes yeux.

Je restai figée quelques secondes. Venait-il vraiment de dire que j'étais la personne la plus importante à ses yeux? Je battis des cils quelques fois pour me reprendre. Je me pencherais sur cette révélation à la fois délicieuse et difficile à croire plus tard. Pour l'heure, je devais me montrer à la hauteur, ce qui n'était pas une force chez moi… surtout quand il était question de bien paraître devant les autres dieux.

-Emilia, je te présente officiellement Elisa Wilde... ma belle-soeur.

Naturellement, j'échouai lamentablement à avoir l'air d'une jeune femme décente. Mes yeux s'arrondirent et, même s'ils se posèrent sur mon amant, je savais qu'Elisa Wilde avait pleine vue sur mon expression faciale. Je ne savais pas ce qui m'habitait le plus entre la surprise, la colère et le désespoir. Misha venait de m'avouer clairement son lien avec Zeus et Héra – aucun mortel n'aurait eu le droit de se prétendre de leur famille – et cette révélation était pire qu'une bombe.

-Enchantée, Mme Wilde.

J'avais articulé une politesse, avec difficulté, sentant mes jambes faiblir sous ma belle robe.

-Si vous voulez bien m'excuser…

Même le plus crédule des enfants n'aurait pas eu foi en mon sourire, à cet instant. Je fonçai vers la sortie, me faufilant entre les gens. Je ne me sentais pas la force de rester auprès de Misha – ou qui que ce fusse en réalité – et d'Héra. J'avais besoin d'air. J'aurais voulu m'éclater les poumons.

Une fois dehors, je m'adossai au mur du gigantesque bâtiment et j'inspirai profondément, les yeux fermés. Il ne fallait pas que je pleure.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Sam 17 Oct - 9:25

Matt n'était pas un grand fan de la mode. On le voyait très peu faire les magasins pour se vêtir des dernières tendances. Il s'informait au minimum de ce qui devait être porté pour ne pas passer pour un arriéré ou un débile et s'en tenait à des habits simples et sobres. À cette époque, il portait surtout des jeans bien coupés ou des pantalons noirs ou gris avec des chemises et, plus rarement, des t-shirts unis, habituellement noirs. Il ne comptait pas sur sa garde-robe pour se démarquer et remarquait à peine les subtilités vestimentaires des autres. Naturellement, il en était différent lorsqu'il s'agissait de Gabrielle. Les yeux de Matt étaient si souvent rivés sur elle qu'ils savaient reconnaître la nouveauté d'une robe ou d'un haut. La jeune femme ne se couvrait pas que de noir, elle, et son amoureux trouvait que toutes les couleurs lui allaient à ravir.

Le démon n'avait pas eu le droit de voir la robe de sa dulcinée avant le soir du bal. Il n'en avait pas fait de cas puisque, pour lui, il ne s'agissait que de tissus informes jusqu'à ce qu'elle recouvre le corps de Gabrielle. Il s'était informé de la couleur du vêtement pour y agencer sa chemise – ivoire – ainsi que sa cravate – dorée.


-Je suis contente de te voir.

Matt lui sourit. Il avait déjà commencé à sourire, de ce petit étirement d'un seul côté des lèvres qui lui était propre, en la voyant arriver. Aucun étonnement ne l'avait habité en découvrant la splendeur de celle qu'il aimait. Gabrielle était toujours incroyablement belle.

-T’es beau, en passant, grand bébé. Ça te fait bien de ne pas toujours être en noir. Toutes les femmes du bal vont me jalouser, et même certains hommes, c’est sûr !

-C'est un grand compliment, venant de la plus belle femme au monde.


Le démon avait appris à cesser d'être horrifié de l'importance qu'avait Gabrielle pour lui. Depuis qu'il y était parvenu, il se sentait délivré, ce qui possédait une valeur certaine pour lui qui était si attaché à sa liberté. Il ne se souvenait pas avoir fait autant d'efforts pour une personne dans sa vie et, surtout, d'en avoir fait avec bonne foi. Habituellement, il ne faisait de réels efforts que pour lui-même. Désormais, il pensait à sa petite amie avant ses caprices de vieux démon. Ce soir, par exemple, il se rendait à la soirée débile d'Elisa Wilde pour faire plaisir à la belle déesse blonde.

Matt appréciait tout de même les événements officiels, de temps en temps, pour y manger, y danser et y juger tout le monde. Toutefois, il n'était pas fan des soirées organisées par la mairie, car elles étaient visiblement une forme de propagande pour assommer le petit peuple de la certitude que son gouvernement était bon et que tout allait bien. Il était facile à voir, pour lui, qu'Elisa avait pour but de distraire les gens des problèmes persistants de la ville et de montrer à ses alliés qu'elle savait rendre son peuple heureux. Pendant qu'ils dansaient, les gens oubliaient un peu que la mairesse avait très peu avancé dans sa promesse de faire une place pour chacun à New York. Matt le gardait bien en tête, lui, même s'il restait patient. Il gardait toutefois la déesse grecque à l'oeil. La dernière divinité qui avait dirigé la ville s'était volatilisée dans des circonstances violentes et dramatiques et il ne souhaitait pas que son alliée connaisse un destin similaire.

Pendant que Gabrielle s'occupait du champagne, Matt se dirigea vers la nourriture. Il avait faim, comme à son habitude. Il était en train d'avaler sa cinquième petite bouchée quand Gabrielle revint avec l'alcool. En mâchant le moins disgracieusement possible, il la suivit entre les gens.


Il ne fut pas surpris que leur premier contact social soit la mairesse. Gabrielle l'adorait. Il s'efforça de la saluer poliment, au moment opportun, avant de se désintéresser de leur conversation. Il laissa sa belle discuter avec Elisa et observa un peu les autres invités. Il remarqua une fille aux cheveux d'une couleur assez criarde qui agissait étrangement. Il garda les yeux rivés sur elle en cherchant ce qui clochait chez elle. Quand il la vit déposer un sac à main sur une table et repartir, tenant son propre sac contre elle, il comprit : elle volait. Elle vidait les sacs des femmes qui les avaient laissés de côté pour aller danser. Un sourire de pur amusement se dessina sur son visage. Le vol le divertissait toujours si bien.

Elisa passant devant lui le ramena à ce qui se passait à proximité. La réunion des deux amies avait été plutôt courte. Matt abandonna son observation de la petite voleuse aux cheveux d'automne pour se concentrer sur la plus belle. Il passa un bras autour de sa taille.


-Notre mairesse semble assez débordée, ce soir. Elle nous a vite quittés.

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CLARENCE:
 


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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Sam 17 Oct - 10:11

Une partie de moi aime dangereusement obéir aux ordres. Sans mon pouvoir de cerveau énorme, cette partie de moi dominerait le reste et je ne serais pas capable de prendre mes propres décisions. Il m'arrive parfois d'avoir des chutes d'individualité et de me perdre entre ce que je veux vraiment et ce qui est attendu de moi, zone neutre ou pas. Ce soir, justement, je suis à un bal, tout à fait hors de mon élément, parce que je me suis soumis à la volonté d'un supérieur. J'avoue qu'il y a quand même pire comme obligation que me mettre tout beau et emmener ma blonde danser et s'amuser.

Je suis assez stressé par cette soirée. Je suis plus habitué aux restaurants chaleureux, aux bars et aux réunions entre amis qu'aux bals officiels. En plus, aujourd'hui, il faut que je paraisse bien, un autre domaine qui n'est pas ma spécialité. Heureusement, j'ai Deborah pour me soutenir et pour détourner toute attention qui se porterait malencontreusement sur moi. Ce soir, elle est tellement belle que je risque de me prendre l'une de ces poutres gigantesques qui soutiennent le toit de la salle de bal en la fixant plutôt que regarder où je vais.

Je trouve Deborah sexy et j'ai constamment envie d'elle. Ce serait un peu gênant si nous n'étions pas tous les deux à l'aise sur ce sujet. Depuis que celle que j'aime connaît mon problème de santé, je suis beaucoup plus détendu avec elle et nous en profitons allégrement. Je n'ai plus peur de la surprendre avec une crise de douleur qu'elle ne comprendrait pas. Jusqu'à maintenant, d'ailleurs, je n'ai eu que quelques crises en présence de ma blonde et, bien qu'elle ait semblé assez inquiète à chaque fois, elle n'a pas eu l'air d'avoir peur de moi et, aujourd'hui, elle est encore à mes côtés. C'est une victoire que je goûte pour la première fois et j'en adore la saveur.

Je ne m'y connais pas en robes (j'en porte assez rarement), mais je trouve celle de Deborah très belle et très difficile à ignorer. Comme toujours, ma chérie a trouvé une tenue qui attire l'attention. Au Velvet Dream, je ne la cherche jamais longtemps parce que ses vêtements ne sont jamais très subtils. Je trouve ça adorable.

J'écoute le discours d'Elisa Wilde et, encore une fois, je suis admiratif de la prestance de notre mairesse. J'ai une tendance naturelle à me pâmer un peu devant l'autorité mais, quand je regarde Mme Wilde, je ne me sens même pas un peu brainwashé : elle est respectable et me paraît intelligente.


-Vous voulez faire quoi maintenant, monsieur l'agent? Danser ? Aller parler à quelqu'un ? Boire? Autre chose?

-Je pourrais payer une consommation à la plus belle de la place.

J'entraîne Deborah vers le bar. Je me commande une bouteille d'eau, mais je la demande dans un verre, avec un glaçon. Je n'aime pas parler avec des inconnus du fait que je ne consomme pas d'alcool et, dès qu'une personne ne boit pas, à une soirée de ce genre, elle se fait poser des questions indiscrètes. C'est pourquoi je déguise mon eau en alcool fort. Je veux avoir la paix et elle me coûte trois dollars et un pourboire plus généreux au barman. C'est peu cher payé pour garder le sourire.

Pendant que Deborah commande, je remarque quelques invités que je connais. Gabrielle Englebert, ma super amie de l'exécution publique est là et je ne pense pas aller la saluer ce soir. Il y a aussi Misha Wilde, un collègue de travail. Lui, il faudrait bien que j'aille lui adresser la parole même s'il n'est pas mon préféré du poste. Les petits nouveaux méritent leur chance aussi, non? Je suis un peu déçu de ne pas voir Justin. Je sais qu'il a des soucis, ces temps-ci, avec quelques loups qui créent des ennuis dans la ville. Il manque des sorties et des occasions pour les surveiller ou aller les sortir de prison. Ce soir, j'ai bien peur que ce soit exactement ce qui le retient. En pensant à Justin, je cherche Elisa Wilde du regard, malgré moi. Depuis que Justin m'a avoué ses sentiments pour elle, je la regarde un peu différemment. En fait, j'essaie de comprendre ce qu'il lui trouve. Politiquement, elle est irréprochable à mes yeux, mais au niveau affectif…? Elle n'a pas trop l'air de savoir rire et, surtout, elle a un mari. Pauvre Justin…

Je reviens vite à Deborah et je sens une chaleur éteindre mon intelligence quand mon regard se poser sur elle. Nous restons un peu au bar à discuter, comme si nous n'étions pas au milieu de dizaines d'invités, mais bien dans mon salon. Puis, armés de notre troisième série de consommations, nous décidons d'attaquer et de nous fondre parmi les gens. Le barman a l'air triste de voir son distributeur de pourboires le quitter. Je lui promets de revenir et m'éloigne avec celle que j'aime.


-Je m'excuse d'avance, encore une fois, de toute honte que je pourrais te faire ce soir.

C'est le moment que la traîne d'une robe autre que celle de Deborah choisit pour se ficher en-dessous de mon pied gauche. Je perds équilibre, mais je ne tombe pas parce que, instinctivement, je me rattrape à une autre fille, laquelle se trouve juste devant moi. Pus précisément : je pose une main directement sur sa poitrine. Mon autre main a miraculeusement réussi à minimiser la chute d'eau de mon verre. Je me recule le plus vite possible en me maudissant intérieurement, me prend encore les pieds dans la traîne, titube et m'empresse de me cacher derrière Deborah.

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Tu ne parles qu'une langue, aucun mot déçu
Celle qui fait de toi mon autre, l'être reconnu

Il n'y a rien à comprendre, et que passe l'intrus


Mais jamais trop loin de l'autre
Nous serions maudits:
 
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Sam 17 Oct - 11:22

J'avais quitté Vénus et son homme plus rapidement que je ne l'aurais souhaité, mais la vue de mon mari avec une autre femme m'avait mise hors de moi. On aurait pu croire que je m'étais habituée après tant d'années, et il m'arrivait bien de passer par des périodes de grande lassitude pendant lesquelles je me forçais à ignorer ses agissements, mais je ne me ferais jamais à l'idée que l'homme qui devait le plus m'aimer au monde ne s'empêchait pas de me faire souffrir. Son amusement passager avait plus d'importance que moi et cette réalité m'empoisonnait. Je n'avais jamais voulu mettre fin à notre mariage mais, depuis le début de notre nouvelle vie, l'idée de me séparer de Zeus ne me paraissait pas aussi impensable qu'auparavant.

Je restais avec mon mari malgré ses fautes par amour. Mon affection pour lui avait beau avoir grandement diminué avec les années, des siècles de complicité avaient existé et je ne pouvais pas les balayer et repartir à neuf. De plus, je le savais attaché à moi, même s'il ne me démontrait pas autant son amour que je l'aurais voulu. Je voulais lui éviter le plus de mal possible et voir que ce sentiment n'était pas réciproque me brisait chaque fois. Heureusement, depuis notre passage par la brèche, j'avais trouvé de nouveaux centres d'intérêts et je m'occupais à autre chose que surveiller ses fréquentations. Il y avait près de deux ans que je n'avais éliminé aucune de ses conquêtes et mon ancienne dépendance ne me manquait aucunement. Je me réalisais plus en aidant la population qu'en la décimant.

Du temps de l'Olympe, je n'avais aucun ami. Les humains ne m'intéressaient pas à ce niveau et, avec les dieux, c'était tout simplement impossible. Le statut de Zeus nous empêchait de nous lier aux autres divinités par crainte de trahison dans le but de lui retirer sa place de dirigeant. Entre cela et les infidélités de Zeus, je m'étais toujours sentie très seule et très triste. Peut-être était-ce ce qui avait motivé toutes les erreurs que j'avais commises et toute la colère que je n'avais su exprimer qu'avec violence.

Aujourd'hui, je me sentais à ma place dans le monde des humains. J'étais entourée d'alliés qui croyaient en moi, pour la plupart, et j'avais même quelques amis. Ils n'étaient pas légion, car je restais prudente et que cette réalité était très nouvelle pour moi, mais ils comptaient beaucoup. Je m'étais rapprochée d'Hébé et nous possédions maintenant un lien encore plus fort. J'avais aussi appris à connaître Vénus, malgré mes réticences de départ. Au début, je m'étais surtout intéressée à elle d'un point de vue stratégique. Puis, j'avais trouvé en elle intelligence, force de caractère et plusieurs autres qualités difficiles de ne pas aimer. Justin Blackburn demeurait toutefois mon ami le plus proche. Je lui confiais maintenant tous les détails de mes tâches de mairesse et de leur difficulté pour moi, même ceux que je ne révélais pas à Gabrielle par peur de paraître faible à ses yeux. Justin était d'une droiture que j'avais rarement rencontré et j'admirais la force et la sensibilité avec laquelle il menait sa meute.

Je n'étais pas encore arrivée au bar lorsque le pire se produisit. On attrapa ma main et je me figeai dans un mélange de colère et de terreur. Je n'avais pas autorisé mon fils à me toucher. Je l'avais autorisé à rester en vie, ce qui était déjà beaucoup plus qu'il ne le méritait. Le simple fait de l'avoir sous les yeux me transperçait la poitrine d'élancements glaciaux.


-Tu es magnifique ce soir, comme toujours. J'ai quelqu'un d'important à te présenter, voici Emilia, ma cavalière et la personne la plus importante à mes yeux.

Je ne posai même pas les yeux sur la pauvre jeune fille. Comment osait-il m'adresser la parole? Ne lui avais-je pas suffisamment montré mon dégoût envers lui pour le décourager de revenir vers moi? Je tenais à garder Voueko à distance. Il était imprévisible et dangereux et je craignais le mal qu'il pouvait me faire, mais aussi les horreurs qu'il était capable d'infliger à ceux qui m'étaient chers. Mon fils était une abomination. Néanmoins, j'avais chargé Matt Fowl de lui sauver la vie lorsqu'il s'était retrouvé piégé en Enfer et je l'avais toujours protégé. Voueko était un monstre dangereux et j'aurais dû écouter mon mari et le tuer lorsqu'il n'était encore qu'un bébé. J'avais été faible et je continuais de l'être. Ce lien de mère à son enfant m'empêchait de trouver la force de l'empêcher définitivement de nuire et je me détestais profondément d'être si faible. Toute la haine que j'éprouvais envers ma faiblesse me revenait à l'esprit à chaque fois que j'avais mon fils sous les yeux.

-Heureuse de vous rencontrer, Emilia.

Je persistai à ne fixer que mon fils. Dans quel but était-il venu me voir, ce soir? Je devais me méfier de lui.


-Emilia, je te présente officiellement Elisa Wilde... ma belle-soeur.
-Enchantée, Mme Wilde.

Je me forçai à accorder un bref regard à cette Emilia. Elle me paraissait terrorisée. Je n'en avais rien à faire. Mon fils terrible était ma seule préoccupation à cet instant.

-Si vous voulez bien m'excuser…

Je vis la fille fuir, en arrière-plan, alors que mes yeux s'étaient de nouveau portés sur Voueko. Je posai ma main sur son bras pour lui faire passer l'envie de partir aux trousses de la demoiselle. Je ne serrai pas bien fort, mais mon intention était claire. Je pris la parole le plus bas possible pour qu'on n'entende pas notre conversation, mais en essayant de ne pas trop avoir l'air de chuchoter, ce qui attirerait l'attention.

-Pourquoi viens-tu me parler ce soir, Voueko? Qu'est-ce que tu veux? Et qui est cette pauvre fille? Ta prochaine victime?

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Sam 17 Oct - 12:42

Jim Crowley était très sévère envers lui-même. Il n'acceptait pas ses erreurs. Lorsqu'il commettait une bévue, il la sur-analysait, cherchant ses causes et comment éviter de la répéter. Il ne se pardonnait pas de refaire la même erreur et pouvait s'en vouloir profondément pour un détail qui aurait paru insignifiant aux yeux d'une personne normale. Jim ne tolérait pas la médiocrité. Il savait qu'il était capable de grandes choses et se condamnait silencieusement quand il échouait ou aboutissait plus bas que ce qu'il visait. Il était un Felidae de grande descendance et, de ce fait, il était supérieur aux gens ordinaires. Ces derniers le dégoûtaient d'ailleurs à un point indicible. Comment pouvait-on se contenter de l'insignifiance? Comment pouvait-on accepter de faire partie de la banalité?

Il y avait toutes sortes de personnes à ce bal. Jim reconnut plusieurs visages célèbres de New York. Le succès l'impressionnait toujours, même lorsqu'il résidait dans des domaines qui étaient hors de ses champs d'intérêts. Le jeune Felidae dévorait les informations sur les personnes qui réussissaient bien et s'en servait à titre d'inspiration. Il accorda une attention admirative à Gabrielle Englebert, une femme d'affaires qui menait son entreprise avec savoir-faire et qui, ce soir, était spécialement magnifique. Elle discutait avec la mairesse de la ville en compagnie du rédacteur en chef du Times People. Plus loin, M. et Mme Crowley avaient emmené Melany discuter avec un directeur d'une chaîne de restaurants. Pourquoi sa cousine avait-elle l'honneur de se créer des liens d'affaires quand lui devait se plier à la danse en compagnie d'une personne avec laquelle il était déjà lié? Jim comprenait l'importance de bien paraître, mais il aurait préféré faire partie de la stratégie visant à trouver de nouveaux associés. Se forcer à sourire lui venait beaucoup plus facilement quand il devait se concentrer sur un but précis.

Jim préférait les complets gris en partie parce qu'il trouvait que les complets noirs lui donnaient un air trop rigide. Avec sa chevelure brun foncé et ses yeux noirs, les vêtements très foncés le faisaient paraître plus sévère. C'était parfait lorsqu'il était question de réunions d'affaires où il voulait sembler plus mature mais, pour une occasion festive, il optait habituellement pour le gris. On ne l'aurait d'ailleurs certainement pas vu en rouge vif comme ce clown, tout près, qui bavait devait une belle femme vêtue de manière obscène. Jim était heureux que Kayla ne soit pas du genre à se dénuder à outrance en public. Il aurait été mal à l'aise d'avoir à son bras une femme dont l'habillement criait le manque d'attention. Il fallait dire que ce couple rouge était bien assorti : tous deux avaient choisi leur tenue dans le but de se faire regarder par tout le monde. Jim en leva les yeux au ciel avant de cesser de leur accorder sa précieuse attention.

Il aperçut Kayla qui revenait de la salle de bain, mais il fut distrait par du bruit tout près d'où il l'attendait. Le Felidae tourna la tête dans la direction de laquelle avait semblé provenir le cri d'une femme et un bruit de verre brisé. Il aperçut un garçon qui tombait à la renverse, juste à côté de lui. Il le rattrapa de justesse, par les épaules, avant que sa tête ne se fracasse contre le sol. Puis, il l'étendit doucement sur le sol et, alors que les dames autour se rapprochaient, il se releva et recula pour donner un peu d'air à celui qui gisait sur le sol. C'est à ce moment qu'il le reconnut. Il avait été présent à une fête donnée par Kayla il y avait plus d'un an. Jim ne se souvenait pas de son nom, mais il se rappelait l'avoir vu. Il continuait à reculer lorsqu'il vit les yeux du jeune blond s'ouvrir. N'ayant pas envie de devoir lui faire la conversation après l'avoir rattrapé – ni à lui ni aux personnes l'entourant – il s'éloigna à la recherche de Kayla.

En remarquant que Kayla était maintenant en train de danser avec son père, Jim se sentit assez ennuyé. Voilà qu'il se retrouvait tout seul au milieu de la foule, lui qui détestait les gens. Il localisa le bar et considéra que tenir un verre lui donnerait une contenance. Il allait commander lorsqu'il entendit un autre homme demander de l'eau dans un verre avec un glaçon. Voilà qui était judicieux. Il demanda la même chose, satisfait de pouvoir paraître normal sans craindre d'effets du mélange de l'alcool et des calmants. Puis, il s'éloigna du bar pour éviter d'avoir l'air d'un ivrogne venu à ce bal dans le seul but de boire. Il ne s'enfonça pas parmi les gens et choisit de rester sur un côté de la salle. Il lui semblait que la foule était moins menaçante quand elle ne l'entourait pas.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Sam 17 Oct - 21:05

Miko s'était préparée pour ce bal comme une adolescente se prépare pour son bal de finissants. Elle avait fait plusieurs essais de maquillage et de coiffure avant de décider de son choix final: yeux maquillés foncés, avec des minuscules paillettes de la couleur de sa robe sous les cils inférieurs et rouge à lèvres rose pâle. Comme elle n'en avait jamais eu parce qu'elle avait terminé ses études par correspondance, c'était pour elle très spécial à vivre. Elle avait été ravie de sa robe offerte en cadeau. Elle lui avait dit qu'il était fou et que c'était un trop gros présent, mais comme il avait insisté, elle avait fini par accepter toute la situation. En plus, Miko l'aimait déjà à la folie. Elle adorait les bouts de tissus qui faisaient un effet plissé, mais elle aimait plus les paillettes dispersées dans le corsage qui sortaient comme des surprises entre les pans de tissus et elle aimait encore plus la couleur! Elle se sentait tellement choyée. Elle était contente de ce nouveau départ aux côtés de Loki. En fait, elle se sentait comme une reine vu comment son amoureux la traitait.

-Tu es belle à en faire mourir les immortels.

-Et toi tu sais comment parler aux femmes...


Elle lui fit un clin d'œil et répondit à son baiser. Elle se sentit toute légère et niaise jusqu'à ce qu'ils arrivent à la salle. Cela faisait tout drôle à Miko de sortir en communauté humaine. Loki et elle passait beaucoup de temps tous les deux ou alors avec sa meute, à faire semblant que Liam était un loup-garou lui aussi et à essayer de le faire intégrer au groupe. Le tout se passait plutôt bien pour le moment, personne ne semblait suspecter quoi que ce soit, leur couverture était sans faille. Tout se passait comme prévu. Avec tout ça, elle ne pensait presque plus à son grand-père, ce qui était bien pour elle. Mais elle avait encore de la difficulté à supporter Justin. Comme Miko ne savait pas la prochaine étape du plan de son amoureux, elle restait sur ses gardes, mais pour l'instant tout était parfait. Ils s'amusaient souvent à parler ensemble de leurs projets futurs. Dans un avenir plus ou moins rapproché, que voulaient-ils faire, visiter, posséder, manger? Que pensaient-ils du mariage et des enfants? Le genre de trucs que tous les couples normaux finissaient par prévoir et discuter. Si Miko avait mis ses projets de princesses romantiques de côté depuis un bon moment, Loki les lui faisaient ressasser. Miko avait mis beaucoup de choses sur la glace avec sa maladie, puis sa transformation. Elle avait d'ailleurs beaucoup de mal à assimiler le fait que maintenant, outre les jours de pleine lune, elle pouvait vivre une vie normale. Elle avait un amoureux qui l'aimait sincèrement pour ce qu'elle était, une meute qui lui servait de famille et une vie universitaire en suspend, mais qui reprenait tranquillement un sens à ses yeux.

Et donc, Miko n'était plus souvent entourée d'humains. Elle avait peur de faire une bourde. Les règles de conduite des humains étaient bien différentes de celles des loup-garous. Bien que plus faciles à retenir, elles étaient toutes en subtilité et en nuances, ce que Miko n'avait pas. Elle se serra un peu plus contre Liam en se disant que c'était un peu comme la bicyclette et qu'elle n'avait qu'à se faire confiance.

Sur place, Miko apprécia la décoration et trouva que le thème était bien respecté. On se sentait dans une clairière ou dans une villa de campagne. Les employés étaient polis et efficaces et les invités étaient de bonne humeur et bien mis. De façon générale, tout le monde respectait le thème. Mais Miko avait de la difficulté à trouver l'été dans des couleurs foncées et dans le rouge. L'été rimait avec frivolité et joie de vivre. Les couleurs sombres faisaient automne et le rouge était trop associée à la St-Valentin. Elle jugea donc le choix de couleur de ceux et celles qui étaient dans ces teintes. En analysant la salle, Miko croisa les yeux d'une jeune femme qui appuya son regard dans le sien en lui faisant une grand sourire. Elle la trouva jolie et élégante, mais ne pouvait pas replacer son visage avec ses souvenirs. Leurs regards restèrent accrochés relativement longtemps, pas assez pour être étrange, mais quand même. Discrètement, elle demanda à Loki:


-Est-ce que tu connais la femme habillée en blanc, avec des paillettes turquoises dans le bas, là-bas?

Sa recherche de souvenirs fut écourtée par la mairesse qui prenait place au micro sur la scène. Après le discours de la mairesse, Miko entraîna Liam sur lampiste de danse pour quelques morceaux. Elle s'amusait beaucoup, mais elle ne voulait pas nuire aux projets de son amoureux. Donc, elle attendit une chanson plus calme pour se coller sur Liam, mettre ses bras autour de son cou et approcher son visage de son oreille afin de lui demander:

-Alors mon amour, c'est quoi ton plan de match pour la suite de la soirée ? Je vais te suivre dans toutes tes folies...

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 22 Oct - 19:20

On ne pouvait pas dire que Drake donnait une grande satisfaction à sa curiosité. Au contraire, alors que je lui offrais de belles tournures de phrase pour en apprendre un peu plus sur son passé, le goujat laissa son regard traîner sur d'autres personnes et oublia de m'écouter. Je manquai mon occasion, mais il n'était pas dit que je ne reviendrai pas à la charge plus tard. J'ai pour principe de ne jamais abandonner un mortel sur lequel je jette mon dévolu. Où serait le jeu sinon ? Il ne faut pas céder devant la difficulté et j'adore explorer des personnalités différentes, même si je le fais surtout pour le plaisir de trouver les différentes manières de détruire un être humain. C'est une chose fascinante. Si j'étais informaticienne, comme ce jeune homme, j'aurais très certainement une passion pour le démontage des machines. Je traite mes petits chéris de la même manière, je mets à nu tous les composants de leur cerveau au point de les détraquer complètement. Tout en les désassemblant, j'accède à une meilleure connaissance d'eux-mêmes, mais les réparer ne m'amuse pas. On trouvera cela bien cynique de la part d'une psychologue, et je le suis totalement. A force de passer toutes les défenses mentales de ceux qui me résistent, j'ai assez de connaissance pour savoir comment les reconstruire et, surtout, les reconstruire de manière imparfaite, comme la technicienne d'une société peu scrupuleuse pourrait le faire afin de rendre un ordinateur en parfait étant de fonctionnement, mais déjà prêt à se détraquer. Je ne doute pas qu'une association avec une personne habituée à faire subir aux machines ce que j'imposais aux hommes serait très amusante, et j'avais souri avec grand plaisir quand il m'implora de ne pas le pousser à commettre quelques folies.

– Mais après tout, ne vaut-il pas mieux gâcher la vie avant d'être embarrassé par de véritables importuns ? Je suis sûre qu'une petite démonstration de vos talents rendrait un grand service à cette fête ronflante.

En jetant un regard circulaire autour de moi comme pour vérifier la véracité de mes propres affirmations, je remarquai avec étonnement une Psyché seule, et un Cupidon au bar. Surprenant. De ce que je savais de lui avant d'arrêter de prendre de ses nouvelles, rien n'aurait pu le décoller de sa stupide greluche. Je ressentis soudain l'envie d'aller lui parler. Au fond, il avait été mon seul véritable ami, et je gardais une certaine tristesse à la pensée d'avoir été séparée de lui par un accident qui l'avait emprisonné dans un amour factice pour une fille qui ne lui correspondait absolument pas. Même si j'étais navrée d'abandonner un peu Drake, il fallait bien que je tire cette affaire au clair. Je sortis une carte de visite de mon sac, au cas où je ne pourrais pas revenir vers lui, et la lui tendit en dépliant artistiquement mon bras :

– On me consulte aussi, mais pour d'autres genre de problèmes, je suis psychiatre. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de recruter de la clientèle, mais je suis moins douée avec les ordinateurs que les esprits humains, vous pourriez peut-être venir me donner quelques conseils. – J'appuyais ces mots d'un grand sourire charmeur. – Cependant, vous m'excuserez, j'ai une connaissance à saluer. A plus tard !

Et, lui faisant un signe d'adieu en agitant gracieusement mes doigts, je m'éloignais pour retrouver Cupidon. Je m'avançai sans précipitation, en prenant toujours le temps d'observer la foule autour de moi, notamment la manière dont les couples se tenaient sur la piste de danse. L'un d'eux attira particulièrement mon attention à cause de l'impression de malaise qu'il diffusait. Un homme tenait de manière assez perverse une fille qui avait l'âge d'être son enfant et qui avait l'air terrifiée. Je n'aimais pas que l'on abuse cruellement des autres, en les dominant par la peur, quand on pouvait le faire par l'amour. Par conséquent, j'eus l'envie de gâcher le plaisir immérité de ce sinistre personnage en envoyant mon fantôme le traverser et faire remonter toute la culpabilité bien enfouie qu'il devait ressentir au fond de lui. Les salauds savent toujours qu'ils en sont, la véritable sociopathie n'est qu'une légende urbaine, croyez moi. C'est une psy qui vous le dit après tout ! Je n'avais pas besoin de m'intéresser à la suite de l'affaire pour savoir que mon esclave spectral saurait gâcher l'ambiance. J'allai cette fois droit vers Cupidon qui semblait particulièrement contrarié ce soir, chose qui contrastait avec la béatitude idiote que je lui avais connue les dernières fois où je l'avais vu. Je me posai à côté de lui, et lui soufflai à l'oreille :

– La vie parmi les humains a l'air de te miner terriblement 'pidou…

Je le provoque mais sans y aller trop frontalement non plus et risquer de jeter de l'huile sur le feu sans le vouloir, même si nous ne nous étions pas vraiment quittés sur une dispute. Nous avions nos vies mais surtout, Cupidon avait arrêté de me regarder comme avant, et je n'ai pas l'habitude de m'accrocher à des personnes qui ne s'intéressent pas suffisamment à moi, surtout quand ma rivale est un être aussi inintéressant que Psyché.

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Dernière édition par Milena P. Nereth le Dim 22 Nov - 17:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 22 Oct - 20:34

Nicky avait toujours souhaité se marier. Depuis son enfance, les grandes robes blanches la faisaient rêver. Elle s'était imaginé des dizaines de fois ce dont ce grand jour pourrait avoir l'air et, plus les années passaient, comment serait l'homme auquel elle s'unirait. Elle lui avait toujours laissé une identité floue, mais des caractéristiques indiscutables : fidèle, amoureux d'elle et noble dans l'âme. Nichole voulait un prince charmant, rien de moins. Ce soir, elle était convaincue de l'avoir trouvé.

En attendant Merwyn, Nicky observa la foule, tout en tripotant sa bague. Elle fut estomaquée par l'énorme robe de Deborah, une jeune femme fascinante qu'elle avait rencontré à une petite fête, l'année précédente, et fut heureuse de la voir au bras d'un homme qui semblait déborder d'amour pour elle. La jeune femme chercha d'autres visages connus et aperçut Kayla, une connaissance de l'université, qui posait pour des photos avec un jeune homme fort séduisant. Elle aurait pu être jalouse de ce couple si ce n'avait été de la grande demande de Merwyn qui lui allégeait l'esprit. Il y avait d'ailleurs un bon moment qu'elle et Kayla ne s'étaient pas parlées. Il devait s'agir d'une autre relation à oublier une fois les circonstances facilitatrices effacées. Ni l'une ni l'autre n'était plus à blâmer. Après tout, elles n'avaient pas été des amies très proches.

Maddie n'avait rien voulu savoir de ce bal. Elle avait décrété cette soirée comme sa nuit de déchéance avec Atara – Nichole détestait cette fille – et avait mis les voiles vers l'appartement de celle-ci peu avant le départ de sa colocataire pour le bal. La jeune femme blonde avait fait semblant de ne pas voir les dessous affriolants qui trônaient dans le sac grand ouvert de son amie, tassés contre une jupe minuscule et une paire de talons plus hauts que tous ses propres talons empilés. Atara et Maddie semblaient avoir pour projets de se taper tous les hommes de la ville et Nicky, si elle les jugeait sévèrement d'être aussi peu respectables, n'en avait pas grand-chose à faire puisque…Merwyn était ici, avec elle. Il n'était pas sur la liste des deux furies, mais bien sur la sienne. Pour toujours. Il venait de lui annoncer sa promesse.

Merwyn revint rapidement, après être allé discuter brièvement avec Elisa Wilde. Nicky se sentit un peu offensée en réalisant que son futur époux était allé voir la femme la plus importante de la ville sans l'emmener pour la présenter, mais elle se raisonna avant même qu'il ne soit de retour auprès d'elle : il ne fallait pas qu'elle cherche les indices négatifs comme elle le faisait dans chaque relation. Son fiancé avait certainement simplement croisé Elisa et il aurait été impoli de l'éviter. Il la présenterait certainement à des tas de personnes importantes ce soir.


– A nous.

-Oui, au grand amour.


Dans ses rêves d'adolescente, le prince charmant l'emmenait très loin et lui faisait vivre de grandes aventures. Toutefois, l'adulte appréciait davantage un prince plus tranquille qui organisait savamment sa vie à un seul endroit.

-J'espère ne pas avoir été trop long. J'ai pu donner mes compliments pour la soirée à Elisa Wilde au bar, mais je ne pense pas qu'elle nous rejoindra. Elle a bien d'autres importuns à saluer avant de pouvoir engager une seule véritable discussion. Tout se passe bien pour toi ?

-C'est la plus belle soirée de ma vie.


Elle lui désigna sa bague en souriant.

-Tu as d'autres personnes à saluer? Je peux t'accompagner. En même temps, si on rencontre des gens que je connais, je pourrai te les présenter.

Ce fut donc avec bonne humeur que Nichole se laissa entraîner par son fiancé adoré parmi les inconnus. Elle s'efforça de retenir chaque nom et de participer aux conversations, même si sa gêne la rendait très souvent silencieuse. Ils étaient justement en train d'écouter un certain Maître Menzel qui racontait le succès de sa dernière défense, en cour, lorsqu'une gigantesque créature s'écroula sur Nichole, laquelle dut prendre appui sur Merwyn pour ne pas s'étaler sur le sol avec sa deuxième flûte de champagne. Celle-ci se déversa d'ailleurs partiellement sur l'avocat en plein discours au même moment que la main de l'homme qui venait de tomber sur Nichole appuyait sur sa poitrine – pourtant modeste – pour garder un minimum d'équilibre.

La jeune femme resta complètement figée, collée contre Merwyn, les yeux agrandis de surprise et, un peu, de panique. La main se retira vite, suivant l'homme qui s'éloignait vivement d'elle sans même un mot d'excuse. Nicky le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il soit derrière une jeune femme dont la minceur ne parvenait pas à le soustraire à la vue des témoins de l'incident.


-Deborah…? C'est ton...petit ami?

Nicky était encore trop sonnée par ce qui venait de se passer pour se laisser aller à la colère ou à l'amusement. Elle eut un regard pour la traîne de la robe, sur le sol, ainsi que pour la jeune femme qui vérifiait que son vêtement était intact, avant de revenir à Deborah, incertaine de l'attitude à adopter.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mer 28 Oct - 20:27

J'avais toujours aimé l'attention. À l'école, je faisais le débile pour amuser mes camarades de classe et pour faire enrager mes professeurs. Il fallait dire que je m'étais souvent ennuyé en cours. Les enseignants répétaient inlassablement les mêmes paroles soporifiques et n'arrivaient que rarement à soulever en moi une quelconque forme d'intérêt. J'étais donc le clown dans ce triste cirque scolaire. Tout le monde me connaissait, mais je n'avais pas de réels amis. Encore aujourd'hui, j'avais du mal à accepter que des gens soient trop proches de moi. Je tenais à me garder un périmètre de sécurité mental. Je n'aimais pas l'idée de m'attacher à quelqu'un, que ce soit en amitié ou, pire, en amour. Une fois qu'une personne savait qu'on la tenait en affection, elle se faisait un devoir de poser des dizaines de questions indiscrètes, comme si le passé des autres la concernait. Je ne voulais pas devoir des confidences, de l'affection ou ma confiance à une personne.

J'essayais de garder mes amis à une distance raisonnable. Je ne voulais pas me retrouver tout seul et, malgré mes tendances solitaires, je ne souhaitais pas les perdre complètement. Aussi, je leur signifiais mon appréciation, leur offrais parfois de petits cadeaux et ne négligeais pas de les appeler pour sortir. Toutefois, dès qu'il était question de sujets sérieux, je prenais le large. J'étais généralement mal à l'aise d'entendre parler de leurs problèmes sérieux et je ne rêvais de rien moins que de leur partager les miens. Ethan était certainement mon ami le plus proche et, à mon avis, il s'était aventuré suffisamment loin avec son pouvoir de télépathie pour que je me méfie. J'avais plus d'une fois songé à simplement couper les ponts avec lui mais, en même temps, je doutais que me le mettre à dos ne s'avère la solution la plus intelligente pour ce type de situation. De plus, il m'amusait bien, quand il ne me faisait pas attendre des heures.


– Mais après tout, ne vaut-il pas mieux gâcher la vie avant d'être embarrassé par de véritables importuns ? Je suis sûre qu'une petite démonstration de vos talents rendrait un grand service à cette fête ronflante.

-J'y songe de plus en plus.


Je remarquai que l'attention de ma nouvelle amie semblait attirée ailleurs que sur moi et je tentai de suivre son regard, mais je ne localisai pas la raison exacte la détournant de ma sublime personne.

– On me consulte aussi, mais pour d'autres genre de problèmes, je suis psychiatre. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de recruter de la clientèle, mais je suis moins douée avec les ordinateurs que les esprits humains, vous pourriez peut-être venir me donner quelques conseils. Cependant, vous m'excuserez, j'ai une connaissance à saluer. A plus tard !

Je tournai la carte entre mes mains en la regardant me quitter. Elle venait clairement de sous-entendre beaucoup de belles promesses si je la rappelais. Cette conclusion était plus qu'excellente. Si Ethan finissait par arriver, j'étais libre sans devoir abandonner une si belle conquête, mais je ne perdais pas ma chance auprès de celle-ci. Je souris et mis la carte dans une poche intérieure de mon veston éclatant. Je regardais encore Milena lorsque celle-ci engagea la conversation avec un très bel homme. Je choisis ce moment pour cesser de la fixer. Je n'étais pas un détraqué, après tout.

Je jetai un regard circulaire à la salle en me cherchant un nouvel amusement. J'effleurai mon téléphone du bout des doigts en songeant à appeler Ethan de nouveau ou à vérifier s'il m'avait enfin envoyé un message, mais je me ravisai : je n'étais pas dépendant de lui pour m'amuser. Mon regard s'accrocha sur un couple qui dansait. L'homme semblait s'être figé avec un expression traumatisée. Pourtant, sa cavalière était extrêmement séduisante. Sans me poser plus de questions, je m'élançai, me glissai entre eux et ravis la belle jeune femme.


-Désolé, vieux, mais je pense que tu as besoin d'une pause.

J'entraînai ma nouvelle meilleure amie entre les autres danseurs et je la reconnus : je l'avais remarquée, plus tôt dans la soirée, avec un cavalier hautement plus séduisant que celui duquel je venais de la kidnapper. Je m'empressai d'ailleurs de retirer de sur son corps la main qui s'était emparée d'elle.

-Veuillez m'excuser, chère dame. Mes manières sont peu excusables, mais j'ai eu l'audace de croire que je saurais vous amuser davantage que M. Visage Sérieux. Je suis Drake Varner.

Je lui fis une minuscule et brève révérence.

-Sentez-vous libre de voler le verre de quelqu'un pour me le lancer au visage dans votre outrage. Je le comprendrai.

Naturellement, j'avais revêtu mon sourire le plus charmeur.

J'en étais donc à être magnifique et parfait lorsque quelque chose, ou plutôt quelqu'un, capta mon attention. Un peu à contre-coeur, je décidai de quitter la belle jeune femme blonde après si peu de temps en sa douce présence. J'eus la chance de croiser le regard de celui qui avait eu la chance d'arriver en sa compagnie, ce qui m'offrit une excellente excuse pour l'abandonner.


-Je vois que votre cavalier initial s'est retrouvé tout seul, dis-je en lui indiquant le beau jeune homme aux cheveux sombres qui attendait plus loin. Je ne vous retiendrai pas plus longtemps.

Je lui fis mon plus beau clin d'oeil avant de la quitter pour m'élancer vers la personne qui avait attiré mon oeil un peu plus tôt.


-La ponctualité est définitivement ta plus grande qualité.

Je souriais, mais mon expression faciale n'avait rien de bien sincère et le ton de ma voix laissait entendre mon profond ennui de voir mon ami arriver aussi tard.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Ven 6 Nov - 22:11

Il y avait maintenant près d'un an qu'Alec Fleming avait cessé d'essayer d'entrer en contact avec Gabrielle Englebert. Il avait pris rendez-vous avec elle l'été précédent et elle ne s'y était pas présentée. Il avait très bien compris le message.

Il avait fallu beaucoup de courage à Vulcain pour demander cette rencontre, lui qui en possédait si peu. Le dieu romain avait cessé de se complaire dans son malheur suite à une discussion avec Chloe Harrisson. Cette dernière lui avait exposé son avis sur sa situation, sans douceur et avec encore moins de subtilité, un soir qu'Alec l'avait rencontrée par hasard dans un bar du quartier Grey. Elle lui avait fait comprendre que s'écraser ne lui apporterait rien. Elle l'avait même convaincu d'essayer de ravoir celle qu'il aimait auprès de lui puisque c'était ce qu'il désirait le plus au monde. Il avait fallu un certain temps à Vulcain pour se résoudre à un tel niveau d'effort et de bravoure, mais il y était parvenu. Il avait appelé à Venus Industries au milieu du mois d'août et avait convenu d'une date avec l'assistant de Gabrielle pour la semaine suivante. Il avait été très vague sur le sujet de la rencontre et avait prétexté des raisons professionnelles – il avait eu vent de la relation entre la patronne et son assistant et ne voulait pas éveiller les soupçons de celui-ci. La semaine suivante, lorsqu'il était allé au bureau de Vénus, on lui avait poliment laissé savoir que Mme Englebert était absente et n'avait aucun rendez-vous à son horaire pour ce jour-là.

Alec avait été détruit. Il lui avait fallu une volonté de fer pour se retenir de s'écrouler devant tout le monde. Il était parvenu à se rendre chez lui avant de s'effondrer.

Ce soir, il y avait quelques mois qu'il s'était remis sur la piste. Il était passé par une période sombre pendant laquelle il s'était, encore une fois, laissé aller à se complaire dans son malheur. Cette habitude devenait assez ennuyante chez lui. Il avait évité Chloe Harrisson, car il ne se sentait pas la force de lui avouer son échec auprès de Gabrielle. Le dieu avait passé beaucoup de temps à boire et s'était retrouvé de nombreuses fois au Velvet Dream. C'était cet endroit qui lui avait permis de tenir le coup...cet endroit et le souvenir des paroles de Chloe Harrisson. Il avait décidé de se reprendre en main. En tant que larve gémissante, il ne présentait aucun intérêt pour Vénus, et il ne valait rien à ses propres yeux.

L'inspiration créative lui était revenue un soir qu'il discutait avec Deborah Lackey, la propriétaire du Velvet Dream. Elle lui était apparue comme une muse. Il avait pris la décision de se concentrer sur son art et sur tous les intérêts qui n'étaient pas liés à l'amour pour se permettre de se remettre debout. Peut-être était-il voué à rester seul, le coeur brisé, pour le reste de sa longue vie. Si c'était le cas, il ne pouvait qu'essayer de trouver autre chose à apprécier de la vie.

Aujourd'hui, il venait à son premier événement public depuis sa rupture avec Gabrielle. Il les avait évités parce qu'il savait qu'il ne possédait pas la force nécessaire pour ne pas s'écrouler à la simple vue de celle-ci. Officiellement, il avait été très occupé par sa nouvelle ligne de bijoux, laquelle sortirait bientôt. Il en avait d'ailleurs envoyé des échantillons à Chloe Harrisson, sans mot ni rien, avec l'espoir qu'elle comprenne tout de même qu'il s'agissait d'une forme de remerciement. Deborah Lackey et sa sœur aussi en avaient eu quelques pièces, mais elles leur avaient été offertes en personne, avec un enthousiasme contagieux. Atara avait d'ailleurs hurlé et sauté en recevant un fin bracelet en argent recouvert de pierres de toutes les couleurs.

Le joaillier avait enfilé un complet très sobre et classique, noir. Sa chemise était rouge foncé. Le dieu avait changé la poignée de sa canne pour l'occasion. Elle était en or, sertie de rubis et de diamants, et surmontée d'une tête de lion. Alec en avait eu l'idée en croisant une fille extrêmement chevelue.

Après avoir écouté avec un brin d'ennui le discours prévisible d'Héra, Vulcain alla se chercher un verre. Il salua et discuta avec quelques gros clients et associés de son entreprise. Il posa pour quelques photos en compagnie de gens importants dans le domaine des affaires. Il aperçut Vénus, au loin, et fit comme si son coeur ne se crevait pas à sa simple vue, mais il la garda toujours dans son champ de vision, prêt à s'éloigner d'elle si elle approchait sans le remarquer. Tout au long de la soirée, son humeur se dégrada et son sourire se fit de plus en plus forcé. Se retrouver dans la même pièce que celle qui ne l'aimait plus ne lui faisait aucun bien.

Un mouvement non loin de lui attira son attention et il fut assez amusé de voir Charles Demers, le petit ami de Deborah, se mettre dans une situation gênante. Deborah en parlait toujours comme de l'homme parfaitement imparfait et, ce soir, il se montrait à la hauteur de sa réputation. Il faillit aller la saluer, mais il se ravisa après avoir franchi seulement quelques pas : il ne voulait pas rajouter à ce qui venait de se passer et trouva qu'il était préférable de laisser les amoureux entre eux pour le moment. Il aurait bien une occasion, plus tard dans la soirée ou lors de sa prochaine visite au Velvet Dream, de complimenter Deborah sur son apparence originale et soignée de ce soir.

En se retournant pour vérifier l'emplacement de Vénus, Vulcain eut la malheureuse surprise de croiser son regard. Il eut l'impression que la lave d'un volcan se déversait sur lui et lui faisait fondre chaque os jusqu'à faire de lui une marionnette désarticulée oubliée sur le sol. Il resta néanmoins très droit, la main bien serrée sur la belle poignée de sa canne. Il détourna les yeux avec difficulté et s'efforça de ne plus regarder dans la direction de la belle pendant plusieurs minutes.

Le dieu romain passa le reste de la soirée dans un état d'inconfort et de tristesse qu'il dissimula derrière les jolis sourires que son apparence humaine lui permettait. Une fois de retour chez lui, il mit des heures à s'endormir, ne pensant qu'à celle qu'il n'était toujours pas parvenu à oublier.


[Ceci aura été ma seule intervention au bal. Smile ]

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Ven 6 Nov - 22:42

Le mari d’Elisa rendait toujours Gabrielle plutôt froide. La déesse n’aimait pas cet homme, il ne dégageait rien qui était positif, à ses yeux. Elisa lui avait parlé avec légèreté de sa recommandation pour l’orchestre de la soirée, ce à quoi la jeune femme blonde avait répondu avec un sourire. Elle était toujours ravie qu’on complimente ses goûts qu’elle considérait comme irréprochables. Puis, il se passa quelque chose de curieux : Le visage d’Elisa changea radicalement d’émotion, son sourire chaleureux disparu en une fraction de seconde alors qu’elle sembla poser les yeux sur quelque chose qui se trouvait derrière Gabrielle. Celle-ci se retourna rapidement, par réflexe, pour apercevoir ce cher Zeus, en train d’offrir un verre à une jeune femme qu’elle ne connaissait pas. Gabrielle retourna vivement sa tête : Elle savait que le sujet Zeus était toujours délicat à aborder en présence d’Elisa… Celle-ci le défendait toujours bec et ongles et Gabrielle ne tenait pas particulièrement à se chicaner avec sa meilleure amie durant le bal, elle fit donc mine de n’avoir rien vu.


-Je vous souhaite une excellente soirée. Je vais faire un petit tour des gens que j'ai à rencontrer. On se revoit peut-être plus tard.




Gabrielle lui leva son verre et la regarda partir rapidement vers Zeus, pour ensuite dévier totalement sa trajectoire. Gabrielle était mal à l’aise pour son amie, elle était contente de ne pas être pris dans une telle situation malsaine. Elle jeta un coup d’œil vers son amoureux à lui et son cœur fit un bond. En fait, il en faisait un chaque fois qu’elle le regardait. Elle était si heureuse d’être avec lui, elle avait cette sensation d’être dans une mousse où personne ne pouvait la contrarier. Elle lui sourit et glissa sa main dans la sienne.


-Notre mairesse semble assez débordée, ce soir. Elle nous a vite quittés.


La jeune femme soupira.


-Pas étonnant : Son mari est un connard.


Elle désigna Alan Wilde d’un coup de tête, croisa les bras et l’observa un moment en train de courtiser une étrangère et ce, sans aucune gêne, durant l’événement public organisé par sa femme. Il était dégueulasse. Elle hocha la tête légèrement en signe de désapprobation et plissa même les yeux, sans s’en rendre compte.


-Cet homme n’a aucune classe. Je t’avais raconté que j’avais dû refuser ses avances dégueulasses ? Moi, la meilleure amie de sa femme… Je n’ai pas encore eu le courage d’en parler à Elisa… Elle est, disons, plutôt susceptible quand il s’agit de son mari… elle mérite tellement mieux que ce déchet.


Gabrielle avait fait bien attention pour parler juste assez fort pour que seul Matt puisse l’entendre. Alan Wilde lui avait effectivement fait de grandes avances, par le passé, il s’y était pris à plusieurs reprises et chaque fois, la jeune femme avait refusé de plus bel. Il avait fini par renoncer, au grand plaisir de Gabrielle, elle n’aurait jamais osé toucher au mari de son ami, ça allait contre tous ses principes. Sauf que les principes, ça ne semblait pas être un concept connu du grand Zeus.


En parcourant la salle des yeux, elle croisa le regard de son assistant, Liam Lawrence, à qui elle sourit chaleureusement. Cet homme était d’une compétence telle que Gabrielle en avait vite oublié tout ce que Cameron Evans avait fait avant lui. Il y avait maintenant plus de six mois qu’il travaillait pour elle et elle devait avouer que la chimie qui s’était installée entre eux était puissante. Elle lui faisait confiance parce qu’il avait su gérer ses responsabilités avec brio. Il faudrait qu’elle pense aller les saluer officiellement, lui et sa compagne, lorsqu’ils ne seraient pas occupés. Puis, ce fut le tour du sourire de Gabrielle de se volatiliser. Elle terminait son parcours de la salle lorsque son regard croisa des yeux qui lui étaient beaucoup trop familiers : Alec Fleming. La jeune femme sentit ses jambes se couper et son regard se vider. Elle savait qu’elle n’avait aucunement masqué ses émotions, mais c’était si soudain. Elle ne l’avait jamais revu depuis qu’il l’avait froidement laissée tomber. Elle sentit ses mains se mettre à trembler et dévia rapidement le regard pour se retourner vers Matt. Elle se sentait coupable de gâcher leur soirée de cette façon, mais Matt connaissait l’histoire, puisqu’elle lui avait raconté en détails tout ce qui s’était passé suite à l’exécution. Elle appuya son front sur le torse de son amoureux, ferma les yeux et soupira. Puis, elle se ressaisit, attrapa son bras et l'attira avec elle.


-Viens. On va danser.

Rien ne valait une danse avec Matt. Rien.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Lun 9 Nov - 23:20

Je ne savais pas pourquoi j'avais à ce point la certitude de ne pas valoir l'amour de Psyché. Je lui en voulais de m'aimer. Pourtant, je n'étais pas la première personne à ne pas retourner l'amour de quelqu'un d'autre, et cela ne faisait pas de tous ceux à qui cela arrivait des monstres. Seulement, ces autres n'avaient pas vécu un amour qui leur avait semblé parfait durant des siècles pour ensuite réaliser que toute cette grandeur n'était qu'une illusion basée sur un sort magique jeté par accident. Au final, je ne savais pas si j'avais réellement Psyché en horreur, s'il s'agissait plutôt de mon ancien pouvoir, de sa disparition ou encore simplement de mon incapacité naturelle à l'aimer. J'oscillais entre toutes mes options et choisissais habituellement de me concentrer sur les faiblesses de mon épouse pour me sentir mieux.

La complicité de Raphael avec Peach m'emplissait d'une aversion indescriptible. Comment pouvaient-ils s'entendre si bien et tout se confier alors que j'étais si seul, spécialement en présence de ma femme? J'en voulais à mon employé d'apprécier mon épouse plus que je n'y arrivais moi-même et j'étais hautement jaloux de sa capacité à se laisser charmer par ce qui était invisible à mes yeux chez Psyché. Il méritait que mon épouse l'apprécie. Beaucoup plus que moi. Cette certitude me rendait malade.

J'étais très seul dans ce monde. Je m'en fis la réflexion en avalant ma deuxième gorgée après avoir fui ce qui menaçait d'être une scène de crime si j'y restais. Je n'avais que Psyché et Raphael, et il me paraissait évident, ce soir, qu'ils pouvaient très bien se passer de moi. J'essayais de me calmer, mais je n'arrivais pas à chasser mes sombres pensées. J'étais la troisième roue du carrosse. Psyché et Raphael étaient évidemment liés d'une manière qui m'échappait. Je ne doutais pas de l'amour de mon épouse pour moi, mais je savais aussi que certaines amitiés dépassaient l'amour en intensité. Je ne l'avais pas connu moi-même, car j'avais toujours réussi à gâcher mes amitiés. Encore cette fois-ci, j'avais bien dû commettre une erreur pour que Raphael, de qui je me croyais proche, ne me fasse pas part de l'existence de cette Katherine assez importante pour qu'il l'accompagne à un bal officiel.

J'en étais à énumérer silencieusement toutes les confidences que j'avais faites à Raphael – celles que je n'avais pas effacées – en me détestant pour chacune d'entre elles lorsque mon regard croisa celui de ma mère. Je lui souris en lui faisant un petit signe de tête appréciateur. Je n'étais nullement étonné de voir qu'elle était la plus inoubliable femme de la soirée. La déesse de l'amour et de la beauté se montrait toujours à la hauteur de sa réputation. J'essayais de faire de même, mais je n'y excellais pas comme elle le faisait. Il n'y avait pas de mesure pour exprimer comment je me sentais depuis que je lui avais sauvé la vie. Il me semblait que, maintenant, j'avais une chance d'avoir une sorte de valeur à ses yeux.


– La vie parmi les humains a l'air de te miner terriblement 'pidou…

La voix détourna mon attention de sur ma mère. Je regardai en direction de la personne qui venait de s'adresser à moi et je la reconnus instantanément. On ne pouvait être proche d'une personne pendant tant d'années et ne pas être frappé par son essence divine en un seul coup d'oeil.

-C'est simplement une longue soirée… Une soirée à laquelle je ne m'attendais pas à te croiser.

Je lui souris. Je ne savais pas l'effet exact que me faisait son apparition subite dans ma vie. Ce n'était pas la première fois que je la revoyais depuis son mariage avec le cadavre ambulant et, à chaque fois, notre ancienne proximité me paraissait encore plus irréelle. Le temps pouvait-il à ce point installer une distance entre deux êtres? Devais-je le blâmer ou devais-je reporter la faute sur l'un d'entre nous, ou encore sur nous deux?

-Très joli choix d'apparence.

Je la complimentai sur son corps comme un humain l'aurait fait sur sa robe. Je n'étais pas surpris de la voir en jeune femme magnifique. Proserpine choisissait toujours le même type d'apparence et celui-ci ne laissait indifférent que ceux insensibles aux charmes féminins.

-Tu es dans le coin pour un bout de temps?

Une partie de moi ressentait le besoin de se préparer à une nouvelle disparition vers les Enfers. Proserpine m'avait fait comprendre, avec les années, qu'elle finissait toujours par repartir vers son mari, car rien n'avait plus de valeur à ses yeux que ce vieil imbécile.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mer 11 Nov - 17:22

Il lui semblait n'avoir fait sa demande en mariage à Nichole que dans le but d'admirer son visage épanouit toute la soirée. Sa fiancée était magnifique quand elle baignait dans le bonheur le plus intense. Elle n'était pas de ces jeunes filles modernes que tout ennuyait ou rendait vulgairement hystérique. Elle possédait une vie intérieure plus pure et authentique, qui lui rappelait les jeunes filles de sa première jeunesse. Au début du XXe siècle, les femmes apprenaient la modestie, la réserve. Elles restaient souvent naïves jusqu'à leur mariage et vivaient par conséquent chaque petite attention avec beaucoup d'intensité. Il était heureux d'avoir trouvé une compagne qui, malgré ses nombreuses expériences galantes, avait su garder des idéaux romantiques. Il jugeait d'ailleurs le monde actuel cruel et sale pour des âmes comme la sienne. Nichole souffrait souvent de ne pas ressembler à certaines personnalités délurées qu'elle prenait pour exemple, alors qu'il la trouvait bien plus proche de la perfection que nombre d'entre elles. Il voulait lui apporter tout le bonheur qu'elle méritait et l'entendre affirmer qu'elle passait la plus belle soirée de sa vie le comblait de joie. Il se sentit cependant un peu mal à l'aise quand elle lui demanda s'il avait d'autres connaissances à saluer. Comme les demoiselles polies de l'ère victorienne, Nichole évitait de lui énoncer directement les choses qui la gênaient, mais il décodait facilement ses allusions détournées. Elle s'était sentie mise de côté lorsqu'il avait adressé quelques mots à Elisa et prenait les devant par crainte de le voir partir vers d'autres gens sans elle. Il n'avait pas beaucoup impliquée la jeune femme dans ses affaires jusqu'à présent et n'avait pas pensé au sentiment d'exclusion qu'elle pouvait ressentir en le voyant discuter avec la mairesse sans elle.

– Je risque d'avoir trop d'obligations sociales si je commence à saluer d'autres connaissances, mais nous pouvons prendre ce risque, plaisanta-t-il.

Il n'avait pas osé aller vers d'autres personnes car la plupart étaient des relations professionnelles et il n'était pas certain que Nichole avait réellement envie d'entendre leurs conversations. Il supposait que sa vie d'avocat pouvait être ennuyeuse pour une personne en dehors de ce domaine, et se figurait que, malgré sa motivation, sa fiancée finirait par se sentir encore plus déplacée dans son cercle « d'amis ». En même temps, elle ne comprendrait pas ses réticences et pourrait se vexer s'il le lui refusait. Il l'entraîna donc et se laissa arrêter par ses divers clients et collègues. Au final, présenter Nichole comme sa future épouse suffisait à la réjouir. Elle souriait, déclinait de gentilles paroles, et écoutait avec attention les histoires des uns et des autres sans chercher à les interrompre. Elle était parfaite. Il ne voulait néanmoins pas abuser de sa patience, et donnaient des réponses évasives à ceux qui essayaient de le faire parler plus en détail de ses affaires en cours. Il maniait très bien l'art de signifier aimablement à ses interlocuteurs que le moment n'était pas bien choisi pour approfondir certains sujets. Tout se passait très bien. Nichole resta même intéressée devant Menzel, un collègue toujours très démonstratif qui parlait sans cesse de son travail, et de ses derniers succès avec force détails. Son côté haut-en-couleur avait heureusement tendance à amuser les personnes et donner le sentiment d'assister à une scène de procès digne du cinéma.

Il les occupa si bien qu'ils ne virent pas un homme perdre l'équilibre juste à côté d'eux en se prenant les pieds dans une robe. Le malheureux se rattrapa comme il put en essayant de ne pas renverser son verre, ce qui eu pour résultat de diriger l'une de ses mains sur la poitrine de Nichole qui se colla à lui pour ne pas s'effondrer à son tour. Merwyn la retint aussitôt d'un geste protecteur. Le maladroit s'éloigna presque aussi rapidement qu'il s'était introduit dans leur bulle pour aller se réfugier vers celle qui devait être sa petite amie et se cacher derrière elle comme un petit animal craintif. Le gallois resta perplexe quelques secondes, mais il était difficile d'en vouloir à un jeune homme qui avait juste joué de malchance. Même s'il semblait très gêné, ainsi que Nichole, Merwyn trouvait la situation assez cocasse. Menzel ne s'en offensa pas non plus, peut-être parce qu'il constata que le verre ne contenait rien de plus odorant que de l'eau. Il partit donc d'un grand rire et poursuivit son histoire en cherchant le regard de ceux qui voulaient bien l'écouter. L'attention de sa bien-aimée était cependant détournée par le fait qu'elle connaissait la petite amie du casse-cou et semblait très surprise. En observant bien l'homme qui peinait à se dissimuler derrière sa douce, il se souvint aussi l'avoir déjà aperçu. C'était un collègue de Talfryn, si sa mémoire était bonne. Il connaissait le visage de certains de ses coéquipiers puisqu'il s'était déjà arrangé pour que son fils commence ses missions avec les meilleurs policiers de New-York. Il rit doucement pour dissiper la gêne.

– Enchanté de rencontrer une connaissance de Nichole, sourit-il à la jeune femme. Et, se tournant vers son timide compagnon : Ce n'est pas grave, ne vous inquiétez pas. Nous n'avons pas eu l'honneur d'être présentés, et on ne choisit malheureusement pas toujours les circonstances les plus idéales, mais il me semble que vous êtes un collègue de mon frère, Talfryn. Je ne lui dirai rien, ajouta-t-il sur le ton de la confidence mais avec un regard espiègle.

Il ne se présenta pas puisque le protocole rendait Nichole plus adaptée à cette situation, et même s'il connaissait parfaitement le nom de Charles Demers, il ne voulait pas lui donner l'impression de trop en savoir sur lui. En tant que grand frère et humain, il n'avait pas tellement de raisons pour avoir épluché en détail les profils des collègues de Talfryn.

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L'espèce humaine est dangereuse
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Dim 22 Nov - 19:51

Dire que Cupidon ne m'a jamais manqué serait mentir. Je n'ai jamais eu l'intention de l'oublier après mon kidnapping organisé, mais les choses sont devenues plus compliquées. Je me suis mise à partager mon temps entre Pluton et lui, je crois qu'il l'a assez mal vécu même s'il ne disait rien. Du jour au lendemain, je me suis montrée moins disponible. Je devais m'occuper de mon amour naissant, explorer les Enfers, apprendre à connaître mon nouvel entourage et endosser mon rôle de reine. De jeune adolescente insouciante, presque toujours épaulée par son meilleur ami, je suis devenue plus distante malgré moi. Sur le moment, je n'ai pas été capable d'analyser correctement la réaction de Cupidon. Je n'ai pas vu notre éloignement arriver et me suis confortée plus tard dans l'idée que le sortilège accidentel avait tout gâché. En soi, on ne peut pas dire qu'il ait arrangé les choses. Mais, depuis que je saisis mieux les nuances du cœur humain, je me surprends à y réfléchir. Ça me revient de temps en temps. Il ne se passe pas un siècle complet sans que j'y pense au moins une fois. Je sais désormais qu'une amitié trop exclusive peut être détruite dès que les habitudes de vie changent pour l'un, et donnent à l'autre l'impression de rester au même point, d'être abandonné. Je ne l'ai pas voulu. Je n'aurais pourtant pas pu l'éviter. Quand j'ai compris tout cela, réalisé ce que j'avais perdu, j'ai eu l'envie de revenir vers lui et avoir une véritable explication, mais c'était inutile. Il ne jurait que par Psychée, ne voyait qu'elle, semblait avoir totalement oublié notre relation passée. Il ne restait plus grand-chose de l'ami que j'avais connu, élu parmi tous les autres jeunes dieux. L'amour exclusif est une maladie atroce. Je le sais bien, j'ai moi-même contaminé de nombreux hommes. Et ils en sont morts.

Mais ce soir, il est différent des autres fois, comme si son hypnose s'était estompée. Il a retrouvé cet air souvent soucieux et contrarié qu'il avait avant, une expression mélancolique qu'on ne lui connaissait plus depuis qu'il bavait constamment sur Psyché. Il n'a pas l'air particulièrement surpris ou heureux de me voir, mais les choses sont ainsi entre nous. La situation est étrange. Ou plutôt, notre situation n'a jamais été vraiment claire, et ce ne sont pas des siècles de silence qui peuvent arranger les choses. Il me confie juste qu'il s'ennuie, puis remarque que mon apparence est séduisante. Eh bien, je ne m'attendais presque pas au compliment. Je ne peux retenir une réplique pleine d'ironie :

– Je suis heureuse que tu aies retrouvé des yeux pour l'apprécier. Je suis plutôt fière de celle-ci. On allait vendre cette pauvre enveloppe au marché de la basse prostitution, j'ai trouvé cela révoltant. Sans moi, une beauté pareille serait déjà ravagée par la drogue et l'alcool.

Quand je revenais sur terre, j'élisais souvent une femme misérable, parfois kidnappée. En tout cas, un être que plus personne n'espérais revoir et qui était promis à un sort horrible. Ce n'était pas spécialement par mansuétude, même si je me sens toujours assez généreuse de donner une seconde chance à des corps sublimes maltraités par l'homme – je leur donne une revanche, à défaut de sauver leurs locataires. Il m'était tout simplement plus facile de me glisser dans la peau d'une personne dont la vie pouvait être réécrite, et si plaisant de manipuler ou transformer directement en souffre les salauds des scènes sur lesquelles je m'incarnais. Bien sûr, je m'adonnais parfois à d'autres expériences, mais je choisissais toujours des femmes faibles, incapables de prendre le contrôle sur leur vie. J'ai parfois investi des existences entières en possédant des fillettes maltraitées, mais je ne le ferai pas tous les jours. Vivre l'existence innocente d'une enfant est vite très ennuyeux, même quand on montre assez d'intelligence pour passer plusieurs niveaux scolaires d'un coup.

– Tu as une vraie bouille d'amour toi aussi. Comment dois-je l'appeler ?

Je n'avais encore jamais vu Cupidon sous une apparence humaine, mais son choix ne m'étonnait pas. Il y avait un peu de lui dans cette enveloppe là. Et puis, je ne l'imaginais pas prendre un homme sans charisme. J'aurais aussi parié sur les yeux bleus. Il me demanda aussi si je comptais rester longtemps, chose qui n'était jamais très certaine avec moi. Il m'était arrivé de choisir une vie et un pays qui, au final, m'ennuyaient au bout de quelques mois, et parfois, de disparaître vingt ans parce que je m'étais entichée d'un homme et lui avait donné des enfants. Mes absences duraient rarement plus longtemps, la vieillesse de mon compagnon m’écœurant presque autant que la flétrissure de mon propre corps. Alors je tuais tout le monde et rentrais aux Enfers. Pour cette fois, j'avais fait un choix assez prudent pour durer, à cause de la présence de tous les dieux sur Terre.

– On dirait qu'il se passe beaucoup de choses sur Terre en ce moment, et je serais contrariée de ne pas avoir une place de choix pour y assister. Nous avons été débordés ces dernières années avec tous ces morts, j'ai besoin de souffler. Je suis psychiatre maintenant, le docteur Milena Nereth. Tu pourras venir me voir, je fais des réductions pour mes vieux amis.

Je lui fais un sourire espiègle et lui tends une carte à lui aussi. Je ne suis pas certaine que le moment soit idéal pour discuter. J'imagine que Psyché va finir par me considérer avec méfiance, et puis le lieu reste exposé. Si des oreilles mortelles et indiscrètes nous entendent étaler nos existences divines, je crains qu'elles n'en ressortent un peu effrayées, ou avec la certitude d'avoir entendu discuter les deux personnes les plus étranges du monde.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Lun 23 Nov - 13:26

En situation possiblement hostile, je savais que le plus sécuritaire était de repérer mes ennemis. Je ne croyais pas ces conneries qui disaient de garder ses ennemis encore plus près que ses amis. Je trouvais que cela n'avait pas de sens. Je ne pourrais pas préparer mes coups et je ne verrais pas venir les leurs s'ils étaient proches de moi. Même les intervenants sociaux ou les infirmiers en contact avec des personnes présentant des problèmes grave du comportement, donc qui étaient imprévisibles et violents, ne restaient pas à proximité de ces usagers lors des situations à risque. C'était plutôt illogique de rester près de quelqu'un qui voulait nous faire du mal. Et donc, personnellement, je préférais éviter mes ennemis. C'est pourquoi je m'étais tenu loin de Matt. Je le gardais toujours dans mon champ de vision, mais en adoptant une distance sécuritaire entre nous deux. Je ne voulais courir aucun danger, mais je voulais surtout que Natassia soit en sécurité pendant toute la soirée. Je ne me pardonnerais pas s'il lui arrivait quelque chose par ma faute.

-Ohh bonsoir Raphael! Tu es magnifique! Tu dois être Katherine ! Je suis tellement heureuse de te rencontrer !

Pendant notre conversation, je remarquai l'attitude étrange de Christian. Je voulais le confronter, mais en même temps, je ne voulais pas être malpoli. Pourtant, je voyais bien que quelque chose tracassait mon patron. Il avait la mâchoire serré, le sourire forcé et il lançait des regards noirs à Peach, en plus de nous avoir longuement inspectés Nat et moi à notre arrivée auprès d'eux. Peut-être Natassia et moi avions interrompu une querelle entre les amoureux et Christian avait plus de difficulté à cacher ses émotions. Je ne voulais pas d'autres explications. Ou alors il trouvait que Nat et moi étions mal habillés et mal assortis et que nous lui faisions honte?

-Raviiiiie de te rencontrer officiellement.

-Tout aussi ravi.


Quelque chose dérangeait clairement Christian. L'ambiance était tellement lourde qu'on aurait pu la trancher au couteau et Christian était si froid qu'il était sur le point de faire en sorte que notre souffle se transforme en buée. Je le trouvais malpoli de si mal cacher ses frustrations et de nous faire sentir de trop.

-Christian allait justement m'emener danser. Je meurs d'envie de voir ta robe bouger, Katherine !

-En fait, Christian devait aller voir rapidement une personne ou deux avant, mais je suis certain qu'il ne sera pas fâché si son employé modèle emmène son épouse danser. À plus tard.


Christian fit une révérence et partit rapidement. Je ne comprenais toujours pas ce que j'avais fait de travers. En plus, j'étais maintenant un peu fâché contre lui, car il me mettait dans une situation très délicate. Je ne pouvais pas laisser Peach peinarde ainsi, mais je ne voulais pas laisser Natassia en plan pour autant. Toutes les deux étaient si jolies, mais l'une d'entre elles était ma patronne. Et l'une d'entre elle se retrouvait abandonnée dans tous les cas. Trop tourmenté par l'idée de ne pas faire plaisir à Peach, je décidai de l'emmener danser. Je m'expliquai à Nat :

-Je ne peux laisser une jolie femme insatisfaite. Je vais donc l'emmener sur la piste, mais pour une danse seulement, promis.

Puis, je pris la main de Peach et l'escortai jusqu'à la piste de danse. Une fois en place, je mis ma main dans la sienne et mon autre main autour de sa taille et la serrai légèrement contre moi. Je commençai à danser la valse lente en suivant le rythme des autres couples. Je me sentais tout drôle d'être aussi près de Peach. Je la trouvais jolie et j'avais parfois des idées déplacées dans lesquelles elle était le centre de mes fantaisies, mais jamais nous n'avions eu quelque chose qui se rapprochait à ce à quoi je pensais. Jusqu'à cette danse.

-Tu es vraiment belle. Et j'espère que Christian retrouvera sa bonne humeur. Tu mérites de t'amuser ce soir.

Je la serrai plus fermement contre moi pour commencer une série de tours sur nous-mêmes, puis je ralentis le rythme pour ne pas trop l'étourdir. Une fois la chanson terminée, je lui donnai deux baisers sur les joues avant de la ramener vers l'endroit où nous avions laisser Natassia. Une fois près de ma cavalière, je relâchai ma prise de sur Peach avant d'enlacer Nat par la taille.

-Ce fut un honneur, Peach. Je vais nous chercher à boire à tous les trois, je reviens vite.

Je me faufilai jusqu'au bar, tout en vérifiant du regard que Fowl n'avait pas bougé. Je fus rassuré de le voir au même endroit, soit au bras de Gabrielle Englebert. J'apportai finalement les trois martinis à la fraise que j'avais commandé au bar aux deux plus belles femmes de la soirée. En sirotant nos verres, nous parlions de tout et de rien. Peach et Natassia parlèrent beaucoup de leurs robes et de leurs chaussures. Je leur fis une tonne de compliments chaque fois que je le pus, mentionnant avoir remarqué la marque des souliers de Peach et le designer des bijoux de Nat. J'espérais voir surgir Christian de la foule, pour nous sortir de là, mais une fois nos verres terminés, il n'était toujours pas revenu. Sauf que, je ne voulais pas passer toute la soirée avec Peach, aussi belle pouvait elle être. J'étais venu avec Natassia, je voulais profiter de la soirée avec elle. Pas servir de chaperon pour ma patronne...

-Je ne voudrais pas paraître impoli, Peach, mais nous allons continuer notre chemin. Je sais que Katherine avait très hâte de danser, elle aussi. Et donc, nous allons y aller. Bonne soirée !

Je déposai un baiser sue chacune de ses joues puis je pris Natassia par la taille et l'amenai vers la piste de danse. Une fois bien positionné, j'approchai mon visage de son oreille pour lui dire:

-Désolé pour tout ça... J'espère que tu ne t'es pas trop ennuyée...
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Lun 23 Nov - 15:23

Il était facile de remarquer que ma cavalière enviait la vie des autres. Elle détournait régulièrement le regard de moi pour examiner les autres. Je n’étais pas jaloux du tout, je savais que toutes les personnes qu’elle regardait étaient des femmes, mais je n’avais aucune idée pourquoi. Peut-être était-elle envieuse de leur statut dans la société, il faut avouer qu’être une prostituée n’est pas l’emploi le plus gratifiant ni celui qui nous apporte le plus d’estime de soir. Savoir qu’elle faisait partie de la classe des dieux m’aurait grandement aidé, j’aurais facilement deviné que tout ce qu’elle voulait, c’était de s’intégrer aussi bien qu’eux. Si elle connaissait mes origines, elle aurait su que je ne n’étais pas mieux qu’elle. J’avais beau faire comme si j’étais régulièrement occupé avec d’autres personnes, elle était l’une des seules personnes que je voyais régulièrement. Les autres, c’était mes collègues, pendant les heures de travail. Il m’arrivait parfois de faire comme si j’étais occupé après mes heures de boulot, question de faire croire à Emilia que j’avais une vie, mais je me retrouvais seul sur mon divan à visionner des séries morbides pour calmer mes intentions de meurtre. Je devais régulièrement me battre contre ma nature de tueur toute la journée puisque je faisais affaire avec des personnes plus viles les unes que les autres, qui me tapaient royalement sur les nerfs ou qui méritaient tout simplement de mourir alors que les juges allaient décider qu’une simple peine de prison à vie avec possibilité de libération après 6 ans suffisait.

Ce que j’allais faire n’étais certainement pas correct, mais comme vous le savez, je suis le dieu de la vengeance. L’idée de voir ma mère abasourdie par mon retour sur terre, de lui présenter quelqu’un, de lui montrer que moi aussi je peux me faire des contacts et être apprécié de quelqu’un, avoir quelques mots avec elle question de la faire souffrir pendant cette belle soirée, j’en avais l’eau à la bouche. Lorsque j’attrapai Emilia par la main pour l’amener avec moi vers le bar, je sentis une certaine résistance lorsque l’on pouvait apercevoir clairement ma cible. Peut-être n’avait-elle pas envie de rencontrer la mairesse, celle que je venais d’insulter au début de la soirée. Peu m’importait en ce moment autre l’idée d’insulter celle qui m’avait fait souffrir si longtemps. Lorsque j’arrivai devant elle, accompagné d’Emilia, mon regard n’était orienté uniquement que vers ma cible. Je voulais voir chaque émotion qui passerait dans ses yeux, même si cacher ses émotions était l’une des forces de notre mairesse. La haine qui nous unissait était palpable et ma cavalière n’était certainement pas à l’aise en ce moment. En le réalisant, je senti sa main quitter la mienne alors qu’elle s’exprimait pour quitter notre rencontre. Je tentai de la rattraper d’un léger mouvement de bras manquant de conviction. L’idée de me retrouver seul à seul pour notre conversation n’était pas désagréable non plus. Pas que je me fichais d’Emilia, au contraire j’avais bien l’intention d’aller la rejoindre, après quelques échanges. Ma mère n’était pas contente de me voir, c’était évident et moi, j’étais extatique de la voir dans cet état. Un petit baume venait recouvrir mon cœur de pierre qui ne se faisait pas plus tendre pour autant. Lorsque je senti sa main sur mon bras qui tentait de me retenir, étonnamment puisqu’elle n’avait certainement l’envie d’avoir une grande conversation avec moi, je donnai un coup sec d’épaule pour qu’elle me lâche. Je n’étais plus le petit enfant qu’elle n’avait même pas tenté d’élever et il était trop tard pour commencer à le faire à mon âge. Stupide comme elle, elle pensait peut-être avoir encore emprise sur mon attitude, mais la seule chose sur laquelle elle avait encore de l’effet, c’était ma colère qui ne cessait de grandir alors que je n’arrivais pas à exercer de façon appropriée ma vengeance
.

-Pourquoi viens-tu me parler ce soir, Voueko? Qu’est-ce que tu veux? Et qui est cette pauvre fille? Ta prochaine victime?

Je répondis du tac au tac, ne prenant même pas la peine de penser avant de laisser les mots sortir de ma bouche. Étonnamment, c’était mieux que tout ce que j’avais réussi à lui dire jusqu’à maintenant.

-Et pourquoi je ne viendrais pas te parler? As-tu honte de ton fils indigne? Et cette pauvre fille comme tu la nomme si bien, ce n’est pas une victime; c’est la seule personne qui s’intéresse sincèrement à moi depuis ma naissance, pour ton information. Et sache que ce n’est pas parce que ton couple est un échec total et que ton mari n’est pas capable d’être fidèle alors que tu t’accroches comme une désespérée dans ses bras parce que tu sais que personne d’autre ne voudrait s’aventurer dans une relation avec une femme aussi contrôlante et malheureuse que toi que tous les couples sur cette terre sont voués à l’échec.

Mon regard changea subitement vers la malice. Après ma petite crise, j’étais fin prêt à entrer dans son jeu. Je me penchai doucement vers son oreille pour lui murmurer tout doucement.

- Si tu avais la moindre connaissance de moi, tu saurais très bien que la seule victime que j’ai en tête, c’est toi… Et le plus amusant dans cette histoire, c’est que puisque tu ne me connais pas du tout, tu n’as aucune idée de ce dont je suis capable.

Le sourire maléfique qui ornait mon visage inquiéta l’homme qui se trouvait accoudé au bar derrière ma mère. J’eu un petit rire en le regardant qui le fit fuir et oublier toute idée de s’intégrer à notre conversation pour sauver la pauvre femme qui m’avait donné naissance.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 3 Déc - 19:53

J'osais croire que les autres dieux n'étaient pas contaminés par autant de frustration que moi, depuis le passage par la brèche. Je passais par des phases pendant lesquelles tout me déplaisait dans ma nouvelle vie. Celles-ci s'alternait avec mon état normal, quand j'essayais de m'adapter à ce monde et à ma solitude depuis que mon univers ne pouvait plus tourner autour de la femme que j'aimais. Il m'arrivait parfois de m'imaginer mon destin si j'étais resté chez moi plutôt que traverser et, secrètement, je regrettais un peu de m'être aventuré en ce monde. Une mort violente, dans un univers qui implosait, aux côtés de Psyché – de laquelle j'aurais encore été follement amoureux – me paraissait une fin heureuse si je la comparais à mon quotidien tissé de rancoeur et de mal de vivre.

Ce soir, je me sentais glisser vers un gouffre de désespoir et je n'en étais pas très fier. J'aurais voulu pouvoir contrôler comment je me sentais. J'aurais souhaité que le vide qui prenait maintenant place en moi, là où s'était autrefois blotti mon amour pour Psyché, ne revête aucune importance à mes yeux. Plus que tout, j'aurais aimé avoir une utilité, un but...et compter pour quelqu'un qui ne m'aimait pas que parce qu'il y avait été magiquement conditionné durant des siècles. Une partie de mon dédain pour l'amour que me portait ma femme venait du doute qui subsistait dans mon esprit : m'aimait-elle encore réellement ou avait-elle simplement été touchée plus fortement que moi par la magie qui n'opérait plus sur mon coeur? Je ne savais pas ce que serait ma vie si elle cessait de m'aimer, et cette incertitude me terrifiait plus encore que l'idée de me taper l'éternité aux côtés d'une femme que j'avais en horreur.

Je savais que la manière dont je gérais ma vie amoureuse n'avait rien de bien honorable. C'était pourquoi je restais le plus discret possible. Je m'efforçais pour que tous soient convaincus de notre bonheur, même ma mère, dont je connaissais l'aversion envers Psyché. J'étais loin d'être persuadé que savoir le piètre état de mon mariage donnerait à Vénus de meilleurs sentiments à mon égard.


– Je suis heureuse que tu aies retrouvé des yeux pour l'apprécier. Je suis plutôt fière de celle-ci. On allait vendre cette pauvre enveloppe au marché de la basse prostitution, j'ai trouvé cela révoltant. Sans moi, une beauté pareille serait déjà ravagée par la drogue et l'alcool.

Je ne relevai pas le reproche. Je savais très bien que mon mariage n'avait pas enchanté Proserpine. Je n'avais jamais compris les raisons exactes de sa désapprobation, mais je la connaissais suffisamment pour savoir qu'elle n'aimait pas Psyché et qu'elle ne soutenait pas ma décision de l'avoir épousée. Avec le temps, j'en étais venu à la conclusion que ma vieille amie avait dû trouver spécialement ennuyant de ne plus m'avoir à ses pieds comme je l'avais été avant qu'elle ne laisse tout tomber pour son vieux con des Enfers. Proserpine aimait être admirée et adorée – c'était une déesse, après tout – et j'avais perdu beaucoup d'intérêt pour ce type de passe-temps depuis que j'avais rencontré Psyché. Si je pouvais toutefois concéder un point positif à mon amour aveugle pour ma stupide épouse, c'était qu'il m'avait permis de me concentrer sur autre chose que Proserpine et son abandon. Plutôt que me morfondre sur son départ, je m'étais engourdi d'amour pour une autre.

Je n'avais pas l’imbécillité d'ignorer que je me laissais parfois abattre par des trahisons qui s'avéraient simplement des décisions d'avancer d'autres personnes ou, plus simplement, des réactions à mes erreurs. J'avais une forte sensibilité à l'abandon. Je ne tolérais pas qu'on me laisse de côté. Ainsi, je n'acceptais pas encore totalement que Proserpine ait choisi de gagner le coeur d'un autre au prix de notre amitié...tout comme je ne passerais jamais totalement à autre chose en ce qui concernait la décision de ma mère de ne pas me croire lorsque je lui avais assuré que la flèche qui m'avait forcé à tomber amoureux de Psyché m'avait traversé par accident. Encore ce soir, je sautais vite au négativisme  à la première impression que Raphael ne me considérait pas comme son ami.


– Tu as une vraie bouille d'amour toi aussi. Comment dois-je l'appeler ?

-Christian Reaver.


Une partie de moi avait envie de lui en révéler plus, mais je restais prudent. C'était quelque chose que j'avais appris à me dépends avec le temps : l'attention de Proserpine à mon sujet se détournait toujours très rapidement.

– On dirait qu'il se passe beaucoup de choses sur Terre en ce moment, et je serais contrariée de ne pas avoir une place de choix pour y assister. Nous avons été débordés ces dernières années avec tous ces morts, j'ai besoin de souffler. Je suis psychiatre maintenant, le docteur Milena Nereth. Tu pourras venir me voir, je fais des réductions pour mes vieux amis.

Il ne fallait pas que je ressente de joie stupide à la mention de son séjour prolongé, mais une sorte de réconfort répandit une douce chaleur en moi lorsqu'elle me confirma qu'elle n'était pas sur le point de disparaître. Je pris sa carte avec un sourire que je voulus confiant et énigmatique, mais je devais avoir l'air d'un petit animal qui espérait qu'on le sorte de sa cage, au refuge.

-Je suis content de te rev…

-Chriiiiiistian! Te voilà enfin! Je t'ai cherché  paaar-tout!


Ma colère dura moins d'une seconde. Puis, je réalisai que mon épouse venait de m'empêcher de ramper devant Proserpine et je lui en fus reconnaissant.

-Mon soleil! J'étais en train de discuter avec Milena, ma vieille amie.

Je laissai mon épouse reconnaître Proserpine et je vis, chose rare, un nuage passer dans ses yeux. Je n'eus pas le temps de m'en réjouir, car Psyché s'empressa de se crever le visage d'un gigantesque sourire.

-Mais bien sûr! J'espère que tu passes une belle soirée, Milena. Je viens cependant te voler mon mari parce qu'il m'avait promis une danse.

Je savais que le contact subit et prolongé de Proserpine ne pouvait pas me faire de bien ce soir. Il fallait que je prenne un peu de temps pour réfléchir pour éviter de commettre une bêtise, comme lui dire à quel point ma vie me faisait moi-même pitié. Peach venait de m'offrir une chance de prendre du recul et je la saisis.

-Une promesses est une promesse. On se revoit certainement bientôt.

Je tapotai doucement la poche de mon veston, là où j'avais mis sa carte et, après avoir offert un ultime sourire à mon amie, je repartis avec mon épouse qui obtint finalement sa danse tant espérée...ainsi que plusieurs autres. Nous passâmes le reste de la soirée à alterner danses et discussions avec d'autres gens d'affaires avant de rentrer, épuisés.

[Terminé pour moi]

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 10 Déc - 21:23

Mon pouvoir de télépathie me permettait une compréhension des autres de loin supérieure à la moyenne. Avoir accès aux pensées des gens me donnait accès à leurs faiblesses, à tout ce qu'ils cachaient aux autres, même aux personnes les plus proches d'eux. Je savais donc très bien que plusieurs dieux n'appréciaient pas leur nouvelle vie à New York. Il fallait avouer que partir du statut d'être admiré des foules et adoré pour devenir, du moins officiellement, un humain au statut social plus élevé que ses semblables ne ressemblait pas à une amélioration. Je faisais toutefois partie de ceux qui appréciaient ce changement. Il m'avait fallu un temps pour m'adapter mais, maintenant, l'Olympe ne me manquait plus du tout et je n'y serais retournée pour rien au monde.

Je préférais ma nouvelle vie à celle que j'avais menée en tant que déesse. Mon existence ne tournait plus seulement autour du mal que Zeus me faisait en partageant la couche d'autres femmes que moi. J'avais une ville de laquelle m'occuper et, chose nouvelle, des amis. Auparavant, mon cercle de connaissances était très réduit puisque nous ne nous mélangions pas aux dieux provenant de mythologies différentes et, spécialement, parce que nous devions considérer les mortels comme des êtres inférieurs indignes de notre intérêt. L'Olympe avait fini par être une sorte de prison dorée pour plusieurs d'entre nous. Nous y étions confortables et adulés, mais nous manquions de contacts. Nous nous avions les uns les autres mais, pour la plupart, nous nous détestions cordialement. Nous étions le fardeau les uns des autres.

Je m'étais toujours sentie plutôt seule, surtout après que mes filles aient grandi et se soient un peu détournées de moi pour vivre leur existence d'adultes. Entre Zeus qui ne voyait pas notre amour de la même façon que moi, mes deux filles grandes et autonomes, les autres dieux desquels je ne me sentais pas proche, les humains qui me paraissaient alors trop différentes de moi et – ne l'oublions pas – Voueko, qui était une bombe à retardement, je ne trouvais à l'époque que peu de bonheur à ma vie. Je me concentrais sur les rares moments de complicité avec Zeus, ces instants figés dans le temps pendant lesquels j'avais l'impression d'être la femme la plus aimée et la plus belle. Des moments vite gâchés par les déceptions que mon mari semblait faire fleurir par pur plaisir.

D'ailleurs, le bouquet, ce soir, était de voir Voueko arriver devant moi, comme s'il avait le droit d'espérer quoi que ce soit de moi alors que sa simple survie s'avérait un cadeau que je lui avais fait par deux fois. Cet enfant se révélait perpétuellement stupide.

J'avais demandé à Voueko s'il venait de me présenter sa prochaine victime, mais ce n'était pas par considération pour la pauvre jeune fille. Si, aujourd'hui, je ne tuais plus des humains par plaisir ou par impression de représenter une justice divine, je continuais à trouver qu'un individu humain représentait une perte moins grave et, surtout, un danger moins important qu'un individu divin. Je concentrais mon attention et mon énergie sur mon fils.


-Et pourquoi je ne viendrais pas te parler? As-tu honte de ton fils indigne?

Bien sûr que j'en avais honte.

-Et cette pauvre fille comme tu la nomme si bien, ce n’est pas une victime; c’est la seule personne qui s’intéresse sincèrement à moi depuis ma naissance, pour ton information.

Je contins un amusement acide. Ainsi, mon fils avait rencontré une jeune femme – et cela ne devait pas faire plus de quelques mois puisqu'il sortait tout juste des Enfers – et il croyait avoir découvert le sens de la vie ?

-Et sache que ce n’est pas parce que ton couple est un échec total et que ton mari n’est pas capable d’être fidèle alors que tu t’accroches comme une désespérée dans ses bras parce que tu sais que personne d’autre ne voudrait s’aventurer dans une relation avec une femme aussi contrôlante et malheureuse que toi que tous les couples sur cette terre sont voués à l’échec.

Essayait-il de me faire du mal? Croyait-il être le premier à aborder ce sujet avec moi et, surtout, d'une manière aussi peu délicate? Je savais la liste d'hommes, et la plupart des noms la composant étaient ceux de dieux, qui prendraient volontiers la place de Zeus très longue. J'étais très loin de cette femme pathétique que mon fils venait de décrire. Je ne restais pas avec mon mari par peur d'être toute seule. Dans un tel cas, je l'aurais simplement laissé tomber pour un autre. Je savais que les hommes fidèles existaient. Je n'étais pas si stupide! Je chérissais mon union avec Zeus parce que j'étais convaincue qu'elle était spéciale, et que mon mari me vouait un amour qu'aucun autre homme ne pourrait égaler, et ce, malgré ses fautes. Naturellement, du point de vue d'un enfant qui connaissait sa première femme, cela pouvait être difficile à comprendre.

Je ne fis pas le plaisir d'une réplique à mon fils. Je me contentai de le fixer avec presque autant d'ennui que j'en ressentais.


- Si tu avais la moindre connaissance de moi, tu saurais très bien que la seule victime que j’ai en tête, c’est toi… Et le plus amusant dans cette histoire, c’est que puisque tu ne me connais pas du tout, tu n’as aucune idée de ce dont je suis capable.

Oui, il me faisait peur et, non, je ne le lui montrerais pas.

-Oh, tu penses que je ne sais rien de toi, Voueko ? Penses-tu que j'ignore que tu es assez stupide pour te faire attraper par un démon et que tu es incapable de sortir des Enfers sans aide ? Pauvre chéri, mais où en serais-tu si je ne t'en avais pas fait sortir par l'un de mes alliés ?

J'avais parlé avec une douceur et un calme d'une condescendance exemplaire, mais je bouillais de l'intérieur. J'aurais dû laisser crever cette pauvre créature aux mains du démon qui l'avait enlevée.

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Sometimes falling teaches us things too. In dreams you often fall before you wake.
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Dim 13 Déc - 21:56

Katherine passait beaucoup de temps avec Apple. Elle appréciait beaucoup l'autre déesse en tant que personne et elles partageaient rires et folies ensemble. La jeune femme blonde était la personne avec qui la demi-déesse passait le plus de temps. Elle avait l'impression qu'elles se comprenaient et qu'elles partageaient une rare complicité. Son absence l'attristait, ce soir, même si passer la soirée avec Raphael était loin d'être une corvée. C'était simplement qu'Apple était si divertissante dans ce genre de soirée que sa présence semblait presque obligatoire.

Kat respectait et comprenait les raisons de l'isolement de son amie. À sa place, elle aurait été tout autant en colère contre ses parents pour leur comportement honteux. Zeus était visiblement un débile. Il s'offrait le meilleur de son épouse tout en ne lui concédant que les restes de lui-même. Héra n'était pas tellement mieux en refusant d'ouvrir les yeux sur les torts de son mari. Comment ces gens pouvaient-ils être les parents d'Apple? Cette dernière avait été prête à tuer pour s'offrir une vie à sa mesure. Rien à voir avec sa mère. Apple ne faisait aussi jamais rien à moitié...et, en cela, elle était à des lieues de son père. Avait-elle développé ces différences avec eux par un genre de mécanisme de défense pour éviter de souffrir de leurs faiblesses?


-Tu es éblouissante! et c'est moi qui devrait te remercier de m'honorer de ta présence à mes côtés.

-Je sais, je sais.


Elle éclata d'un rire bref. Raphael était toujours de délicieuse compagnie!

***

-Ohh bonsoir Raphael! Tu es magnifique! Tu dois êtres Katherine! Je suis tellement heureuse de te rencontrer!

Peach était encore plus...sucrée que Raphael l'avait décrite. Katherine la trouva tout de suite assez sympathique, mais une partie d'elle était énervée par son existence. Elle osait croire qu'aucune jalousie ne l'habitait. Elle savait que son ami trouvait Mme Reaver très jolie et, justement, il en avait le droit. De plus, comme Peach était mariée, il n'y avait aucune chance pour que quoi que ce soit de sérieux n'arrive entre eux. Natassia était assez possessive de ses amis et se sentait menacée quand on l'écartait un peu pour faire une place à un ou une petit(e) ami(e).

-Vous êtes ravissants, tout en beauté. Laissez moi vous présenter ma cavalière : N... Katherine Sallander. Une TRÈS bonne amie à moi.

Natassia fut amusée du petit lapsus de son ami. Il avait failli l'appeler par son vrai nom plutôt que par celui qu'elle empruntait maintenant. C'était assez mignon. Une petite chaleur se répandit en elle à l'accent que Raphael mit sur l'importance qu'elle avait pour lui. Elle savait que Christian et Peach Reaver comptaient beaucoup aux yeux du bel ange déchu, et la manière dont Raphael la présentait à eux lui plaisait beaucoup.

-Raviiiiie de te rencontrer officiellement!

-Très heureuse aussi!


Elle lui servit son plus beau sourire, tout de même incertaine de la joie de son interlocutrice. Pouvait-elle vraiment être aussi enthousiaste de la voir? Raphael lui avait-il parlé d'elle à ce point?

-Tout aussi ravi.

Christian ne semblait pas partager l'engouement de son épouse. Il paraissait comme éteint. Natassia jeta un œil à Raphael et remarqua que celui-ci était fâché. Son visage n'affichait pas une colère évidente, mais la demi-déesse le connaissait suffisamment pour arriver à déchiffrer son regard.

-Christian allait justement m'emmener danser. Je meurs d'envie de voir ta robe bouger, Katherine!

-En fait, Christian devait aller voir rapidement une personne ou deux avant, mais je suis certain qu'il ne sera pas fâché si son employé modèle emmène son épouse danser. À plus tard.


Ok...Définitivement, Natassia avait manqué quelque chose. Raphael était silencieusement fâché et voilà que son Christian adoré, celui duquel il ne cessait de parler avec affection et admiration, quittait la scène avec une froideur non dissimulée.

-Je ne peux laisser une jolie femme insatisfaite. Je vais donc l'emmener sur la piste, mais pour une danse seulement, promis.

-Je comprends.


Oui, elle comprenait. Toutefois, cela ne l'empêchait pas de bouillir de rage. La jeune femme n'en voulait pas à Raphael : elle fulminait contre Christian Reaver. Pour qui se prenait-il d'ainsi mettre un ami dans ce genre de situation? Raph était son employé, pas son esclave. Il n'avait pas à lui obéir et à prendre le relais de son couple quand monsieur se retirait pour bouder.

Raphael revint vite et Natassia fit de son mieux pour reprendre sa bonne humeur, surtout parce que Peach était encore avec lui. Ils passèrent un bout de la soirée tous les trois ensembles et, bien sûr, M. Reaver ne leur fit pas l'honneur de revenir les voir.


-Je ne voudrais pas paraître impoli, Peach, mais nous allons continuer notre chemin. Je sais que Katherine avait très hâte de danser, elle aussi. Et donc, nous allons y aller. Bonne soirée !

Natassia se sentit un peu coupable d'être soulagée de se débarrasser de Peach mais, en même temps, ce n'était pas avec elle qu'elle était venue passer la soirée. Elle était heureuse de ravoir son Raph pour elle toute seule.

-Désolé pour tout ça... J'espère que tu ne t'es pas trop ennuyée...

Sachant que son ami de longue date la connaissait très bien, elle choisit de lui dire la vérité.

-Tu avais raison sur Peach : elle est adorable et très jolie! Je suis un peu moins certaine de ton jugement sur son mari par contre… Je le trouve séduisant...mais séduisant dans le genre bloc de glace de la chose. J'ai eu l'impression qu'il me détestait.

Elle allait ajouter d'autres commentaires sur la même lancée, mais elle se ravisa. Elle préférait oublier ce débile de Christian Reaver et se concentrer sur son cavalier pour passer une belle soirée.

***

Katherine rentra plutôt tard et d'excellente humeur. Raphael avait été parfait tout le restant de la soirée et il n'avait plus été question de son patron ou de Peach. C'est plutôt décoiffée qu'elle passa la porte de la chambre d'Apple pour aller s'asseoir sur le bout de son lit. Elle savait que, malgré tout, son amie mourait d'envie de connaître les moindres détails de la soirée et, justement, Kat avait noté de bien intéressantes choses sur les parents de la jolie blonde.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mer 16 Déc - 19:03

Christian était donc son nouveau nom. Mais ce n'était pas assez mignon à mon goût. Alors, avec un grand sourire, je formai dans un murmure des propositions de prénom. Christou ? Chrissou ? C'était un peu ma manière de déposer ma marque sur les personnes que j'appréciais, je leur donnait un surnom un peu ridicule mais qui les rendait adorables à mes yeux. Les hommes appréciaient généralement ce genre de gamineries. Le amour de la femme-enfant ne venait pas, à mon sens, d'un délire paternaliste, mais de besoin secret d'être traité comme des enfants sans avoir l'impression d'être dominés. Et ça tombe bien, puisque j'adore les cajoler. Cependant, je préfère rester sage avec Cupidon, nous avons beaucoup de choses à régler avant de retrouver une réelle complicité, même si je sens qu'un courant passe toujours entre nous, une entente, des souvenirs heureux et commun impossibles à nier. Je le sentais vraiment prêt à revenir vers moi. Il prit d'ailleurs ma carte sans une hésitation. J'étais certaine qu'en évoquant une vieille histoire qui nous avait toujours fait rire, les choses pourraient repartir comme au temps de notre jeunesse insouciante. Mais c'était sans compter la présence de Psyché. Alors que mon ami perdu semblait sur le point de se réjouir de mon retour, elle fondit sur lui en hurlant d'une voix stridente. J'étais une personne assez enthousiaste en général, mais l'attitude de cette nymphe m'avait toujours laissée sur la réserve. Peut-être parce que mon côté démonstratif avait toujours quelque chose de calculé, alors que le sien sortait de manière brute, et finalement agaçante, trop irréfléchie pour me plaire. Bizarrement, je relevais une fois de plus l'attitude troublante de Cupidon. Il ne lui sauta pas dans les bras, semblait gêné, même ennuyé d'être interrompu. Quelque chose avait changé, c'était indéniable.

Mon observation attentive de la scène ne me permis pas de saluer Psyché. Enfin, j'aurais pu le faire, mais j'aimais cette excuse, parce que je n'en avais pas plus envie que ça. Je me contentais donc de lui renvoyer un regard assez neutre pendant qu'elle m'évaluai avec une certaine méfiance. Pourquoi d'ailleurs ? Je n'ai jamais essayé de lui piquer son mari que je sache. J'étais parfaitement occupée aux Enfers à l'époque de leur rencontre, et je n'ai jamais été assez stupide pour m’immiscer au milieu d'un couple transi d'amour à cause d'un stupide sort. Ou alors, elle sentait aussi un changement chez son Christian et craignait de le voir partir. Mais dans ce cas, la magie opérait-elle toujours sur l'un comme sur l'autre ? Je devais tirer cela au clair, un autre jour, quand un face à face sera vraiment possible. Comme Psyché tenta hypocritement de se montrer plus aimable avec moi, je lui tournai un gentil sourire et laissai Cupidon s'en aller dans ses bras encore une fois, en lui lançant un amusé :

– En avant, fier cavalier !

Mais je n'étais pas amusée, au fond. Je n'étais pas jalouse, juste un peu agacée. En les regardant s'éloigner, je songeai à la tristesse d'une vie aussi réglée depuis plusieurs millénaires. A voir Psyché, ce genre d'existence avait l'air parfait pour mériter de durer éternellement. Ça l'était sans doute, mais c'était aussi très ennuyeux. Il existait trop d'âmes à la fois pour se limiter aux propositions d'une seule, à moins que celle-ci ne soit une distraction permanente pour d'autres choses que de l'amour peut-être ? Mais les esprits très indépendants et créatifs ont, comme moi, tendance à s'amuser aussi, alors ce genre de relation fusionnel ne peut exister dans un sens traditionnel. Je n'ai pas rencontré un homme que je veux séduire pour d'autres raisons que lui prendre son âme depuis longtemps d'ailleurs. Drake aurait pu être de ce registre, mais il semble occupé à autre chose, et je ne reviens jamais vers une proie que j'abandonne, ou alors j'attends un temps raisonnablement long. Du regard, je cherche donc une autre personne sur laquelle jeter mon dévolu. J'envoie des sourires, des regards, en évitant soigneusement les plus de trente ans. En piochant au hasard chez les jeunes, on est presque toujours sûr de vivre une aventure séduisante, ils ont souvent un manque d'expérience adorable. Les plus âgés sont souvent moins prompt à la passion, et s'ils manquent suffisamment d'expérience pour se laisser aller au lyrisme, ils le font avec une maladresse qui n'a plus rien de mignon. J'aime la fraîcheur. Et là, je le vois, mon éphèbe tout juste sorti de l'adolescence, qui ne semble pas trop où poser ses regards, ni s'éloigner de ses parents. On dirait un fils de bonne famille qui attend désespérément à ce qu'un événement incroyable change le cours de sa courte existence. Je veux bien être cet événement. En quittant mon siège, je me compose un air un peu plus égarée, commence à avancer vers lui d'un pas hésitant, comme à la recherche de quelqu'un ou de quelque chose. J'ai cru entendre des personnes se plaindre d'avoir perdu un bijou précieux plus tôt et je m'en inspire pour m'arrêter soudain devant lui et lui demander s'il n'avait pas vu un pendentif, en inventant une histoire sentimentale autour de l'objet, en exagérant ma panique pour lui donner envie de rester près de moi et me soutenir dans cette si dure épreuve.

[Terminé mes loulous I love you ]

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 19 Jan - 21:36

Certaines personnes n'étaient tout simplement pas capable de voir le positif dans une situation ou dans leur vie. Souvent, elles ne s'en rendaient pas compte, mais ceux autour d'elles pouvaient le voir. Ces personnes négatives ressassaient les événements, souvent les mêmes ou sur un même thème, et cherchaient l'approbation de leur proches sur le fait de se sentir mal ou frustré sur le sujet en question. Elles mettaient l'accent sur ce qui allait mal ou qui s'était mal passé, et ce, même si cela faisait des semaines ou des mois que c'était arrivé. Puis, elles se fiaient sur ces situations négatives pour dicter le reste de leur vie. Que ce soit une relation amoureuse qui s'était mal finie, un animal de compagnie qui décédait ou une entrevue pour un emploi qui de terminait en queue de poisson, ces personnes se disaient alors qu'elles n'aurait plus jamais d'opportunités parce que cela faisait trop mal ou qu'elles n'étaient bonnes à rien. C'était pourtant simple de comprendre que, si le négatif entraîne le négatif, le contraire était vrai aussi. Donc, si on voulait un changement dans notre vie, il fallait cesser de ruminer nos pensées sombres et plutôt créer des idées qui mettront de la lumière. Parfois, avec l'aide de conseils et d'amis, certaines de ces personnes finissaient par voir le positif, retrousser leurs manches et voir le verre à moitié plein. D'autres, s'enfonçaient dans leur malheur et finissaient par être toxiques pour ceux qui voulaient aller de l'avant, car elles les traînaient vers le fond. Quand je croisais des gens du genre, je voulais les secouer comme un cocotier pour les débarrasser de leur négativisme. J'avais envie de leur crier que les choses ne s'arrangeront pas en ne faisant que chialer. J'avais seulement envie de me sauver en courant et les laisser à leur sort. Mais comme j'étais un minimum civilisé, j'essayais de faire du sarcasme ou de l'exagération pour leur prouver qu'ils étaient ridicules. Ou alors je faisais tout ce que je pouvais pour réussir à changer de sujet avant que cela ne soit trop lourd.

J'essayais de ne pas rester coincé dans le passé. Je savais que si j'avais de la difficulté à me bâtir un futur, c'était en sachant que ce que je suis a été détruit à cause du passé. Et donc, il fallait que je trouve qui j'étais maintenant. Et, bien que j'aie de la rancune et de la rancœur en moi, je ne les laissais pas prendre toute la place et me dévorer de l'intérieur. Des soirées comme celles-là me faisaient du bien. Elles me permettaient de me lâcher, de passer du bon temps et de me découvrir en même temps. Natassia me faisait toujours me sentir léger, libre et heureux. Je souriais toujours à ses côtés, à cause de sa beauté et de ses blagues.


-Tu avais raison sur Peach : elle est adorable et très jolie! Je suis un peu moins certaine de ton jugement sur son mari par contre... Je le trouve séduisant... mais séduisant dans le genre bloc de glace de la chose. J'ai eu l'impression qu'il me détestait.

-Oui, mais il n'était pas comme d'habitude. Je l'ai trouvé très désagréable. Je ne sais pas ce qui lui a pris, mais ce serait impossible qu'il te déteste adorable et magnifique comme tu es...


Je la serrai plus contre moi et la fis tourner jusqu'à ce que je sois étourdi.

***

J'étais très content de ma soirée et, après avoir reconduit Natassia chez elle, je me concentrai sur ce qui s'était bien passé. Cela aurait été facile de ne mettre l'accent que sur le fait que Christian avait été dur et froid avec moi et que son attitude m'avait blessé, mais si je l'avais fait, j'aurais donné de l'importance à quelque chose qui n'en méritait pas. Surtout pas en cmparant avec le reste tout autour. À la place, je mettais l'accent sur ma cavalière superbe, le bon temps avec Peach et les nombreuses danses avec Nat. Ce qui me laissait une bien meilleure impression de la soirée!
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Grand bal estival 2015

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