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Mille raisons de faire la gueule [Raphael]

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Date d'inscription : 09/02/2014
Emploi/loisirs : À la tête d'une grande agence de rencontres


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Phobie: Qu'on me déteste
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MessageSujet: Mille raisons de faire la gueule [Raphael] Jeu 3 Déc - 20:59

Le lundi suivant le bal estival, j'avais fait de mon mieux pour ne pas laisser paraître mon envie de tuer Raphael et d'utiliser sa carcasse pour battre Peach. J'y étais parvenu en ne quittant presque pas mon bureau de la journée. J'avais adopté la même attitude pendant plusieurs jours. Puis, à force de me répéter en silence que ce n'était pas grave si Raphael ne me considérait pas assez son ami pour me confier des trucs sur sa vie et, surtout, de me dire que, tout le temps que je passais derrière la porte close de mon bureau, il le passait à draguer Peach dans l'aire commune, j'avais fini par travailler la porte ouverte. J'avais mis jusqu'au mardi suivant avant de lui adresser la parole le premier et je ne savais même pas s'il l'avait remarqué. Mon but n'était pas de le bouder jusqu'à ce qu'il s'agenouille et m'intime de lui expliquer les causes de mon insatisfaction. Je n'étais pas la reproduction de l'un de ces insipides clichés de femmes exigeantes comme on en voyait dans les émissions stupides qu'affectionnaient trop de nos clientes esseulées. Je ne ressentais simplement pas l'envie d'adresser la parole à Raphael, car je ne savais plus de quoi lui parler. Il me semblait que notre complicité avait été fausse et cette réalisation me causait trop de tristesse pour que je fasse les premiers pas vers une camaraderie sans profondeur.

Il avait fallu moins d'une semaine pour que nous nous parlions, bien sûr, puisque nous devions traiter des dossiers à la manière d'une équipe, mais je l'avais laissé venir vers moi pour chaque cas jusqu'au second mardi suivant le bal. Au début de l'après-midi, j'avais cessé remettre à plus tard le moment où je serais celui qui se lèverait pour aller à son bureau et, une fois debout, j'avais trouvé la tâche beaucoup moins insurmontable que prévu, même si je n'en avais tiré aucun plaisir. Puis, de jour en jour, nous avions réinstallé une sorte de pseudo-complicité. Nous nous étions remis à faire des blagues et j'avais cessé de me cacher dans mon bureau le plus clair du temps. Comme si mon attitude des derniers temps avait été mise sur le compte de la fatigue ou de la mauvaise humeur.

Les semaines avaient passé et je les avais laissées aller sans m'expliquer auprès de Raphael. Il me semblait que ça ne valait pas la peine. Notre relation était redevenue agréable au travail et je ne voulais pas risquer de l'assombrir avec une affliction qui s'avérait certainement déplacée. J'avais cependant cessé de prolonger mes soirées au travail les soirs où Raphael restait tard juste pour discuter avec lui comme je le faisais avant le bal. À quoi bon passer du temps avec lui si j'étais le seul à faire des confidences? Je n'avais pas envie d'être la pathétique créature qu'on soutient par pitié. Je préférais me tenir à distance.

Ce soir-là, environ une demi-heure après la fermeture de l'agence, j'avais ramassé mes affaires et m'apprêtais à partir. Peach avait quitté les lieux en début d'après-midi pour une rencontre et elle avait une soirée de filles d'organisée avec ses amies. J'avais prévu passer la soirée à regarder des trucs débiles sur mon téléphone devant des émissions télévisées encore moins intelligentes. Le rêve.

En passant près du bureau de Raphael pour le saluer, je remarquai son air sombre...un air qu'il avait affiché toute la journée, en fait. Un air que je m'étais efforcé d'ignorer. Ma première idée fut de lui souhaiter une bonne soirée et de partir chez moi sans m'intéresser à sa vie. Après tout, il avait prouvé qu'il ne souhaitait pas m'en partager les détails les plus significatifs. Je me vis toutefois déposer ma mallette sur son bureau et me tirer une chaise pour m'asseoir en face de lui. Ma mère et Prosepine ne m'avaient pas assez servi de leçons sur ma tendance à m'écraser devant les gens qui comptaient pour moi et pour lesquels je comptais beaucoup moins.


-Qu'est-ce qui ne va pas, Raph?

Je lui posai ma question franchement, mais doucement, en le regardant dans les yeux avec insistance, et je gardai ensuite le silence, sachant très bien que c'était le meilleur moyen de pousser une personne à parler.

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MessageSujet: Re: Mille raisons de faire la gueule [Raphael] Lun 21 Nov - 17:26

Je n'étais pas du genre à vouloir tout laisser tomber, laisser ma vie derrière moi et recommencer ailleurs, sur une île déserte ou quelque part où personne ne me connaissais. Je ne voulais pas d'une autre vie et je ne rêvais pas d'un nouveau départ. Je voulais ma vie, même si elle n'était pas parfaite. Je voulais travailler pour la rendre meilleure, faire les efforts nécessaires pour bâtir mon bonheur, faire les compromis et les sacrifices appropriés pour chaque situation, afin d'obtenir le meilleur et le plus intense de chaque occasion et de chaque relation. Pour moi, ceux qui laissaient tout derrière pour fuir et recommencer une vie ailleurs, sans menace de mort imminente, étaient lâches et irresponsables. Incapables de faire face à des problèmes, de faire ce qu'il fallait pour gérer un conflit ou de prendre le temps d'arranger les choses, ils fuyaient. C'était comme se mettre la tête dans le sable, et ça, je n'étais pas capable de le supporter.

J'aimais mon emploi. L'emplacement et la dimension de mon appartement me convenaient. Les relations que j'entretenais me comblaient et ne me traînaient pas vers le bas. Donc, je pouvais dire que j'aimais ma vie, si je ne pensais pas trop longtemps aux raisons pourquoi j'avais cette nouvelle vie.

Le positif amène le positif, tout comme le négatif entraîne le négatif. Toujours se plaindre sur son emploi et sa vie en général ne les rendraient jamais mieux. Au contraire, cela ne ferait que continuer le cycle de négativité. Il fallait donc se débarrasser des gens dans notre entourage qui étaient toujours négatifs. Il fallait aussi se tenir loin de ceux qu'on semble déranger, qui ne nous écoute pas et/ou qui ne font que parler d'eux. Un ami devait être là pour nous, autant que nous l'étions pour lui. S'il n'est pas prêt à s'impliquer autant que nous, il n'en valait pas la peine. Je m'étais donc entouré de gens qui me faisait me sentir important. Et j'étais heureux ainsi. Pourtant, j'avais appris une nouvelle qui ne me plaisait pas. Une nouvelle qui aurait dû me réjouir, mais qui était plutôt amère puisque je l'avais appris par hasard.


-Qu'est-ce qui ne va pas, Raph?

J'avais sursauté quand Christian avait parlé. Je posai mes yeux sur lui. J'avais été complètement absorbé par mes pensées. Je pensais avoir réussi à cacher mon désarroi, mais apparemment il n'en était rien. Je n'étais pas fier de laisser ainsi ma vie privée affecter ma vie professionnelle.

-Quoi? Moi? Rien...

Je descendis mes yeux sur mon clavier. Je vis que mes doigts étaient crispés sur la tablette dudit clavier, alors je soupirai en secouant légèrement les bras vers le bas, comme pour rétablir la circulation, et relevai finalement mes yeux sur Christian, qui était resté en silence.

-J'avais un ami, que je me suis fait en arrivant ici, c'était mon voisin de pallier et il a décidé de partir vivre sa vie comme un gitan à Londres. Avec le temps, on a fini par moins se donner de nouvelles, chacun pris dans nos vies respectives... Et puis là, je suis allé prendre mon café quotidien et ma serveuse préférée m'as dit qu'elle avait revu l'ami en question. Il est revenu en ville apparemment. Mais n'a jamais pensé à me le dire... Je n'en valais pas la peine... Ce qu'on avait ne devait pas être vraiment important pour lui...

Je me passai les mains dans le visage, pour chasser les larmes de mes yeux. Je pris une grande respiration parce que ma rage faisait accélérer mon cœur. Comment Henry avait pu ne rien me dire, revenir en ville et ne même pas vouloir me voir? Je n'étais donc pas vraiment son ami? Je laissai un petit grognement de mécontentement s'échapper. Exprimer mes émotions ne les faisaient pas diminuer en intensité. Je me levai d'un bond et tournai sur moi-même avant d'aller m'asseoir sur le bureau derrière le mien, pour me retrouver face à Chris. Je croisai les bras sous la poitrine. J'étais tellement enragé et triste...

-De toute façon, je ne sais pas pourquoi tu t'en préoccupe? Ça fait des semaines que tu ne t'intéresses pas à moi. Tu me salue d'un léger signe de tête, quand je suis chanceux. Alors pourquoi soudain j'existe à nouveau? Pour que tu puisses me juger et me traiter de haut ?

J'avais lancé mon venin sur Christian sans vraiment pouvoir le retenir. Oups. En même temps, il n'avait qu'à ne pas faire la gueule en premier...
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MessageSujet: Re: Mille raisons de faire la gueule [Raphael] Mer 4 Jan - 21:57

J'aimais beaucoup regarder des séries télévisées. Je ne pouvais pas complètement expliquer pourquoi. Peut-être était-ce parce qu'elles me permettaient de me sentir moins seul. Les personnages devenaient des amis et chaque épisode me donnait fidèlement de leurs nouvelles. Je les comprenais, les écoutais, les aimais et les jugeais quand ils prenaient des décisions stupides. Ils me laissaient entrevoir leurs secrets en toute honnêteté. Même quand les intrigues d'une série devenaient moins intéressantes, je ne pouvais arrêter de la suivre, car il me fallait absolument connaître le destin des personnages. J'observais leurs existences inventées avec fascination, mais aussi avec cynisme, bien sûr. Et avec envie. Je critiquais mentalement les relations entre les personnages, les prenant de haut à partir de mon statut de dieu de l'amour. Je soupirais parfois devant les amitiés trop niaises. Personne n'était un ami inconditionnel; c'était une invention des auteurs et des scénaristes qui voulaient faire rêver les gens esseulés. Parfois, aussi, j'étais touché par une relation qui me semblait vraie, un lien comme je ne possédais avec personne depuis que mon pouvoir magique avait cessé de me rendre amoureux de Psyché.

Je laissais Peach regarder certaines séries avec moi, mais je lui ordonnais toujours de rester silencieuse. De rares fois, nous avions des discussions sur nos personnages préférés, mais je ne poussais jamais vraiment loin parce que le simple son de sa voix finissait par gâcher mon plaisir.


-Quoi? Moi? Rien...

Je fus légèrement blessé que Raphael ne s'ouvre pas tout de suite à moi, mais je fis l'effort de rester calme et lui donner une chance.

-J'avais un ami, que je me suis fait en arrivant ici, c'était mon voisin de pallier et il a décidé de partir vivre sa vie comme un gitan à Londres. Avec le temps, on a fini par moins se donner de nouvelles, chacun pris dans nos vies respectives... Et puis là, je suis allé prendre mon café quotidien et ma serveuse préférée m'as dit qu'elle avait revu l'ami en question. Il est revenu en ville apparemment. Mais n'a jamais pensé à me le dire... Je n'en valais pas la peine... Ce qu'on avait ne devait pas être vraiment important pour lui...

Je le vis essuyer de discrètes larmes qui apparaissaient et je ressentis sa brûlure comme si c'était la mienne. C'était stupide que je sois à ce point touché par sa situation après de longues semaines à lui en vouloir et le tenir à distance, mais j'étais ainsi. Je ressentais de l'empathie pour les autres, même si je la couvrais souvent de cynisme pour essayer de me donner une sorte de distance. Jusqu'à présent, en dehors de m'offrir accidentellement un amour magique factice, ma sensibilité ne m'avait pas apporté grand-chose. C'était pourquoi j'essayais de prendre du recul quand quelque chose arrivait… mais je n'étais pas très doué.

-Mais c'est dégueulasse de sa part!

J'inspirai subitement en serrant les lèvres : voilà! je venais de parler sans réfléchir. Il n'était pas très intelligent de ma part d'ajouter de l'huile sur le feu. Je pris un instant pour réfléchir alors que Raphael se levait et s'éloignait.

-Je veux dire… oui, son comportement est vraiment blessant. As-tu essayé de le contacter pour savoir ses raisons exactes?

Je trouvais toujours très important de comprendre le pourquoi des choses. C'était en partie ce qui n'allait pas dans ma relation avec Proserpine. Je ne comprenais pas ses raisons de disparaître en me laissant derrière. Ses explications ne me satisfaisaient jamais complètement.

-De toute façon, je ne sais pas pourquoi tu t'en préoccupes? Ça fait des semaines que tu ne t'intéresses pas à moi. Tu me salue d'un léger signe de tête, quand je suis chanceux. Alors pourquoi soudain j'existe à nouveau? Pour que tu puisses me juger et me traiter de haut ?

Je baissai les yeux un instant. J'avais plusieurs fois passé dans ma tête ce moment où Raphael allait me demander pourquoi je m'étais éloigné de lui. J'avais préparé la réponse parfaite à mes yeux : acide et tranchante, pour qu'il comprenne à quel point il avait été blessant. Toutefois, ce soir, après cette confidence, je n'avais pas envie de l'attaquer. Je voulais retrouver mon ami et, par-dessus tout, comprendre pourquoi il ne m'avait rien dit de cette Katherine alors qu'il en avait parlé à mon épouse.

-Je ne montre pas d'intérêt pour toi parce que tu m'as clairement fait comprendre que tu n'as pas envie de tout me dire… en racontant des détails de ta vie à Peach et pas à moi, comme cette Katherine sortie de nulle part… Enfin, sortie de nulle part pour moi.

Je soupirai. J'étais lamentable. J'aurais peut-être dû lui sortir ma réplique assassine finalement.

-C'est pas grave… J'aurais juste aimé que ce soit clair depuis le début.

Je m'enfonçais, je le sentais. Je fixai un point juste à côté de Raphael pour éviter son regard.

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