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Mon âme... frère? [Mon semblable]

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J'aime le bruit des os qui se brisent
avatarBrook A. Hendrix


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MessageSujet: Mon âme... frère? [Mon semblable] Mar 22 Mar - 19:10

L'avant-midi avait été tranquille au gym. Des habitués étaient venus s'entraîner gaiement. J'avais fait pas mal d'exercices cardiovasculaires et, naturellement, j'avais frappé quelques inoffensifs sacs. Cela m'avait fait beaucoup de bien parce j'étais passée par toutes sortes d'émotions ces derniers jours. Principalement la rage, celle qui me venait le plus facilement en toute situation.

J'avais rencontré une fille fort sympathique dans un bar gay plutôt tendance que mes amis fréquentaient. Elle avait attiré mon attention avec ses cheveux violets, mais c'était son regard qui m'avait réellement captivée. Ses yeux d'un brun très foncé irradiaient de vie. On aurait dit qu'ils projetaient de petites étincelles. En tant que divinité guerrière, j'avais toujours préféré les gens actifs aux gens tranquilles. À voir comment cette fille dansait, il m'avait semblé évident qu'elle faisait partie de la première catégorie.

Le problème avec les gens qui pétillent, c'est qu'ils sont souvent des bombes à retardement. J'aurais dû me douter que c'était le cas de cette fille, mais j'avais toujours eu un don pour la connerie. Mon histoire avec Aphrodite avait été un désastre et, avec le recul, je dirais qu'elle était tout de même ma relation la plus réussie. Je n'étais pas douée en amour. Je ne l'avais jamais été. J'essayais de ne pas trop m'en faire sur le sujet. À quoi bon déprimer et désespérer? Peut-être n'avais-je simplement jamais eu l'occasion de me lier avec une femme qui me convenait réellement. Peut-être aussi n'étais-je pas faite pour l'amour à long terme. Je profitais tout de même de la vie et, sans jouer les chasseresses, je ne laissais pas passer les belles occasions.

Talia, ses cheveux violets et moi avions donc passé de très beaux moments, et ce, durant presque deux mois. Puis, j'avais commencé à en avoir marre de ses opinions arrêtées sur tous les sujets – Vous croyez avoir déjà eu affaire à une féministe détraquée? C'était probablement une fanatique de la même sorte que Talia. - et j'avais commencé à la contredire. Moi qui étais si douée avec les guerres, j'en avais eu pour mon argent. Les petites attaques avaient commencé : piques, remarques sur ce que je portais, disparitions d'objets… J'avais rapidement mis fin à notre relation, me disant que je préférais me tenir loin d'une telle débile, mais Talia n'avait pas décidé de mettre fin aux hostilités de son côté. J'avais appris aujourd'hui qu'elle était allée pleurer sur l'épaule de certains de MES amis pour la méchanceté avec laquelle je la traitais. Non seulement avait-elle rapporté des situations la mettant en valeur, en déformant les faits et en effaçant ce qui lui nuisait, mais elle avait complètement inventé des faits. Et moi qui me demandais pourquoi certains de mes amis semblaient me snober depuis quelques jours!

Tête de raisins avait choisi le mauvais ami à essayer de retourner contre moi : un grand gay roux qui me faisait toujours rire. Il m'avait téléphonée dès qu'il avait réussi à se débarrasser d'elle pour me dire ce qui se passait. Comme à mon habitude, ma première idée avait été d'aller confronter la fautive directement, mais j'avais décidé d'user de stratégie. Le problème était que je n'en avais toujours pas trouvé et cela faisait trois jours que j'y réfléchissais en frappant partout.

Ce qui m'avait le plus ennuyé était comment mes autres amis ne m'avaient rien dit. Mon ami à la chevelure de lave en fusion avait OSÉ donner comme explication qu'il était crédible de penser que je puisse agir avec brusquerie et méchanceté puisque j'étais grande et que je me comportais parfois comme un mec. L'homme en moi, justement, en avait été profondément outré. Je n'avais pas maltraité de femmes à l'époque juste parce que j'étais gigantesque et viril.

J'en étais à frapper un sac jusqu'au bord de l'éventrement de celui-ci lorsque la réceptionniste vint me chercher. On me demandait à l'avant. Je grognai que je serais là dans une minute et me rendis à la salle de bain. Je m'épongeai le visage et la poitrine avec une serviette imbibée d'eau, me recoiffai sommairement d'une queue de cheval – très courte – qui n'était maintenant plus totalement ébouriffée et me dirigeai au comptoir.

Ma déception fut assez notable en voyant que la personne qui m'avait fait demander n'était pas une nouvelle cliente sexy qui avait des questions. Il s'agissait d'un homme assez grand, lequel n'était donc pas du tout mon type de femme.


-Bonjour. C'est à quel sujet?

Je forçai un sourire. Après tout, j'étais la tête d'affiche des lieux. D'ailleurs, vêtue d'un short, d'espadrilles et d'un haut court de sport, je n'apparaissais pas comme patronne de manière évidente pour un nouveau venu.

-Pardon. Je ne me suis pas présentée : Brook Hendrix, propriétaire.

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MessageSujet: Re: Mon âme... frère? [Mon semblable] Mar 31 Mai - 17:28

Que pourrais-je bien faire aujourd'hui ? C'est à peu près la question que j'ai posé à mon assistant après avoir répondu à tous mes mails urgents et fait le tour de mon bureau à bord de mon fauteuil à roulettes. Sandro avait commencé à consulter l'agenda avec une parfaite soumission. Sandro n'était pas du tout formé au secrétariat, je l'avais recruté parce qu'il était prêt à faire n'importe quel travail pour garder son visa après des études de langue parfaitement inutiles. J'aimais son accent italien par nostalgie, et j'étais un tel bienfaiteur pour lui qu'il n'aurait jamais osé me montrer autre chose qu'une profonde gratitude. Mais pourquoi un homme puissant comme moi voudrait-il un jeune éphèbe plutôt qu'une adorable femme pour gérer ses affaires ? Eh bien je continue de croire que le monde moderne n'a rien compris à ce qu'est la réelle affirmation de son ascendant. Les femmes ont été si bien plantées dans un rôle de soubrettes que je n'aurais aucun plaisir à leur demander d'exécuter les tâches les plus ingrates. Et, ces dernières années, les demoiselles étaient prêtes à porter plainte contre tout ce qui ressemblait à du harcèlement sexuel ou une humiliation sexiste. Ça ne m'arrangeait pas. Cela signifiait garder un contrôle de mon comportement sous peine de me retrouver avec une armée de féministes devant la porte parce que je m'amusais à jeter des stylos sur la tête de ma secrétaire comme un horrible macho. Au moins, si je jetais un stylo, une gomme, voire tout un pot à crayons sur Sandro pour attirer son attention, il n'avait aucune association bizarre à me mettre sur le dos pour dénoncer un comportement intolérant vis-à-vis de sa communauté. Et les hommes n'aimaient généralement pas se plaindre, ils craignaient trop de perdre la face. Je le laissai énumérer toutes les choses importantes que je devais faire pour consolider mon parti, mais j'avais déjà plus ou moins fait le programme de ma journée. Ça m'amusait juste de le voir si dévoué et vainement sérieux.

– Alors tu pourras noter que je vais m'absenter quelques temps pour un rendez-vous d'affaires dans une salle de sport.
Il contempla un peu bêtement la liste de l'agenda.
– Je n'ai jamais pris ce genre de rendez-vous, par contre, à 11h…

– Oh tu lui diras que j'ai eu une urgence, fis-je en soupirant d'ennui. Ça lui fera les pieds.

Je devais effectivement recevoir un annonceur pour un nouvel entretien de négociation, le dernier ayant été très peu concluant. La marque Mars estimait qu'un parti politique, et surtout le mien, n'était pas assez pertinente pour financer une partie de ma campagne, même si je mettais leurs distributeurs dans tous mes bureaux. Dans ce genre de situation, il était préférable de laisser les gens réfléchir, ignorer leurs relances, annuler leurs rendez-vous et les contacter plus tard pour les trouver dans de meilleures dispositions. Forcément, ça vous secouait un peu les neurones de sentir un contrat vous filer complètement, réaliser que vous étiez remplaçables, sans réel intérêt. Enfin, entre ces gesticulations pour le plaisir, je cherchais aussi de vraies alliances, des partenariats qui dépassaient l'esprit limité des mortels. J'avais Bellone et les furies, mais toute une clique de magiciens, créatures et divinités gonflaient les rangs d'Héra, comme ceux de Loki avant elle. La guerre était peut-être purement diplomatique pour les humains, mais derrière les masques des pantins publics que nous étions, c'était une confrontation de puissance brute. Proserpine me soutenait à distance. Elle avait les Enfers et se fichait de régner sur la Terre. Je ne pouvais pas réellement compter sur elle, mais je pouvais me fier à son sens de l'observation prudent dès qu'elle investissait un nouveau territoire pour en drainer les âmes. Nous étions un peu pareils là-dessus, totalement désordonnés en apparence, mais attentifs aux moindres éléments susceptibles de nous nuire. Je n'avais donc pas été déçu de constater que Proserpine tenait à jour un registre des divinités qu'elle avait pu croiser, avec des précisions d'identité, pouvoir, caractère, lorsqu'elle le pouvait, quand Bellone, elle se posait en observatrice mais manquait d'initiatives. C'était tout à fait le genre à vous dire « Oui, je le savais déjà. Je pensais que toi aussi. » quand vous reveniez vers elle, glorieux d'un travail acharné pour dénicher une information essentielle.

Proserpine donc, avait été en mesure de me donner le nom de divinités qui ne semblaient pas liées de près ou de loin à Héra. Elle m'avait déjà avertie sur le caractère de certaines et, bien entendu, la curiosité me donnait envie d'aller d'abord vers celles qu'elle connaissait le moins. Je préférais l'aventure ! Et, franchement, une divinité qui avait implanté son QG dans une salle de sport me laissait rêveur. J'imaginais forcément un dieu guerrier, dynamique, charismatique, combatif, le genre de personne idéale à mes côtés. J'avais donc décidé de partir à l'inconnu, en prenant de court l'hôtesse d'accueil qui ne s'attendait certainement pas à voir débarquer Lance Larian en personne, en tenue de ville décontractée, manches de chemise relevée et main dans les poches pour réclamer de parler à Brook Hendrix. Je fus de la même manière surpris – mais agréablement – en découvrant que la dite Brook était en fait une femme, bien gaulée, avec au premier abord, toutes les qualités que j'espérais, le sexy en plus. Le sourire forcément appréciateur que je lui tournai ne risquait pas de dénoncer ma surprise. Comme la secrétaire retournait sagement à sa place, je lui adressai un tract avec ma photo, suivi d'un pouce en l'air et d'un « Votez Larian ! » avant de me diriger vers Brook. Je ne la sentait pas très ouverte à la discussion, mais son ton un peu bourru m'amusait. Il était évident que je ne pouvais pas de but en blanc lui annoncer que je voulais en faire un allié, ça tombait sous le sens.

– Enchanté Brook, Lance Larian, même si tu m'as sans doute déjà vu à la télé ou… – J'avais été stupide de donner mon tract. Je fis donc un pas sur le côté pour attraper celui que la secrétaire avait posé sur son bureau. – ...sur des affiches ! Mais je ne viens pas ici pour parler politique, pas d'inquiétude. J'ai besoin d'une mise en forme et on m'avait dit du bien de tes entraînements mais je crains avoir été mal orienté par mon assistant. J'ai déjà un bon niveau, je ne pense pas pouvoir prendre une femme en coach… On ne peut décemment pas risquer d'abîmer un si beau corps.

Là, oui, j'admets que je me comporte en macho primaire, mais je suis au courant, pas de problèmes. Je voulais juste tester sa manière de gérer l'insulte, et sa combativité aussi. Une divinité guerrière ne pouvait pas laisser passer ce genre de remarque. J'avais déjà tout un plan en tête si ça fonctionnait, la prendre de haut puis lui faire croire que mon opinion sur elle évoluait à ma plus grande surprise d'homme peu habitué à se faire dominer par une femme. La flatterie progressive avait tendance à toujours remporter beaucoup de succès sur les personnes qu'on voulait se mettre dans la poche sans le leur montrer d'entrée de jeu.

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MessageSujet: Re: Mon âme... frère? [Mon semblable] Dim 7 Aoû - 17:34

Peut-être ne trouvais-je pas de solution concernant mon ex simplement parce qu'il n'y en avait pas. On ne raisonne pas une fanatique ou une folle. Mon ancienne petite amie était les deux à la fois. Je n'étais pas contre le féminisme – contrairement à ce que Talia avançait à mon sujet – mais je n'étais pas obnubilée par la condition de la femme au point d'en perdre tout jugement logique. Je ne cherchais pas les affronts, ne les inventais pas là où ils n'étaient pas et ne faisais pas de ma vie une croisade contre les hommes. C'était ce dernier point, spécialement, qui avait le plus fait déraper ma relation avec Talia. Ça et le fait que je ne sais jamais fermer ma gueule. Apparemment, dire à une fille de ce genre que détester les mecs ne faisait pas d'elle une féministe pure n'était pas le meilleur moyen de l'avoir de son côté. Cela montrait ma soumission aux idéaux patriarcaux, m'avait-elle dit sans m'expliquer comment ni pourquoi, parce qu'elle ne savait toujours que répéter des termes et définitions débiles appris par coeur. Elle épluchait les blogues tenus par d'autres demeurées et prenait leurs pseudo-analyses pour la parole divine. Talia et ses semblables me rappelaient les philosophes qui parasitaient la Grèce durant ma jeunesse, mais en encore moins pertinentes.

La colère me venait toujours beaucoup plus facilement que la tristesse. Quand une situation m'échappait, je rageais. Je ne m'effondrais pas en me roulant dans ma peine. Je n'étais pas faible. La colère pouvait servir de motivation à combattre, mais je n'avais jamais vu de guerrier remarquable se servir de sa tristesse. Pleurer ne m'arrivait presque jamais. Voir les autres pleurer me mettait toujours mal à l'aise… J'avais envie de les secouer en leur disant de se bouger et de régler leurs problèmes plutôt que se laisser submerger. On m'avait déjà dit que je manquais d'empathie… C'était peut-être vrai, mais les autres manquaient souvent de combativité.

J'en voulais à ceux de mes amis qui avaient pris parti pour Talia. Je n'étais pas démolie par le chagrin, j'étais hors de moi, au bord de cracher le feu. Je les détestais. Et je ne savais pas comment réagir. Riposter contre Talia était en fait secondaire. Je risquais de l'avoir oubliée dans quelques semaines. Ceux à qui j'avais accordé ma confiance méritaient de payer leur trahison. Je n'avais jamais été une divinité gratuitement sadique. Je n'étais pas douée pour faire souffrir. En ce moment, j'avais envie de les réduire en poussière mais, habituellement, lorsqu'on se montrait indigne de moi, je passais simplement à autre chose. Je l'avais fait avec ma famille, après tout.


– Enchanté Brook, Lance Larian, même si tu m'as sans doute déjà vu à la télé ou...sur des affiches !

Je ne regardai pas l'affiche. Je savais qui était ce clown : je l'avais effectivement vu à la télévision. J'avais même voté pour lui lors de l'élection à la mairie qu'avait remportée ma débile de mère. Lance Larian m'avait déçue. Je comptais sur lui pour envoyer Elisa Wilde au tapis et il avait échoué. Résultat : Héra gouvernait maintenant la ville, comme elle avait été à la tête de l'Olympe, à la différence qu'elle ne s'encombrait visiblement plus de se cacher derrière Zeus pour le faire.

- Mais je ne viens pas ici pour parler politique, pas d'inquiétude. J'ai besoin d'une mise en forme et on m'avait dit du bien de tes entraînements mais je crains avoir été mal orienté par mon assistant. J'ai déjà un bon niveau, je ne pense pas pouvoir prendre une femme en coach… On ne peut décemment pas risquer d'abîmer un si beau corps.

Le coup de poing dans son ventre partit tout seul. J'étais déjà de mauvaise humeur. Fallait pas me tester.

-Leçon numéro un: se méfier en tout temps. Et t'inquiètes, je fais attention à mes clients. Si je les abîme trop, ils ne reviennent pas.

Je n'étais pas stupide: je savais que c'était à mon corps que Lance avait fait référence. Je lui retournais simplement son commentaire condescendant. J'espérais qu'il ne se pensait pas le premier à me faire ce type de remarque. Je l'avais tout de même trouvé assez bien pour voter pour lui. Je n'avais pas envie de découvrir qu'il était finalement un connard ordinaire, de la même trempe que toutes les brutes qui venaient se taper dessus sans technique ni but.

-Si tu te sens à la hauteur, je peux regarder avec toi si on peut trouver des plages horaires compatibles pour tes entraînements ici.

Je n'allais pas laisser cette vedette de la politique à l'un de mes employés. J'espérais que me formulation empêcherait Lance de se défiler sans avoir l'air d'un lâche qui fuit devant une fille. Il m'énervait bien et j'avais envie de lui taper dessus sur une base régulière.

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MessageSujet: Re: Mon âme... frère? [Mon semblable] Dim 21 Aoû - 16:07

La petite dame n'est pas du tout contente. Elle a de la force, pas assez pour couper ma respiration sous mes abdos en béton, mais il est certain qu'elle se contient, et qu'une humaine avec son gabarit n'aurait pas pu faire claquer son poing si fort contre mon ventre. Je me courbe quand même en deux, pour feindre la surprise. A-t-on idée de frapper sans sommation un candidat à la mairie de New-York ? Cette divinité est impulsive, complètement cinglée. Ça me plaît. Mais Lance Larian n'est pas censé applaudir tant d'impertinence. Je me redresse en prenant un air offusqué. Il y aurait plusieurs cartes à jouer. En retournant dans mon rôle de politicien, j'opte pour celle qui me créera un ennemi mortel à jamais. Mon expression se détend doucement, mes sourcils se lèvent avec une certaine pitié et j'éclate de rire.

– Tu es sérieuse ?? Ce sont les films de kung-fu qui te montent à la tête ? Qui crois-tu impressionner comme ça ? Tu n'es pas un maître de dojo mais l'entraîneuse en chef d'un ridicule petit club coincé entre des restaurants de pizza. - Bon, j'exagère sans doute un peu. Je n'ai pas détaillé tous les commerces des alentours mais j'ai croisé des restaurants de pizza sur le chemin, donc je touche une vérité, et elle est assez dégradante pour me plaire. – Ne pense pas que je vais laisser un pauvre citoyen qui ne contrôle pas ses pulsions attenter à mon intégrité physique sans rien dire. J'ai des relations, les meilleurs avocats de la ville. Attend-toi à une plainte écrasante sur la tête, et je t'assure que ce sera plus radical qu'un coup de boule pour ton avenir tout entier !

Je pousse le drame jusqu'à agiter mon index d'une façon ridiculement menaçante en me dirigeant vers la sortie. J'espère qu'il y avait des caméras de surveillance pour immortaliser ce moment. Très franchement, si un humain s'était amusé à faire ce genre de chose, j'aurais exagéré pour le plaisir, mais je ne me serais pas privé de mettre mes menaces à exécution. Les amendes étaient un peu moins drôles qu'envoyer quelqu'un au pilori et le fouetter devant un public hilare, mais ça avait son petit effet aussi. A force, j'étais devenu connu pour coller des procès sur des coups de tête. Même si je ne les gagnais pas toujours, je souffrais nécessairement moins que les individus non préparés à l'affrontement qui se retrouvaient perdus au milieu des démarches judiciaires et ruinaient plusieurs mois de leur courte existence pour essayer de sauver un inutile commerce de boîtes à thé ou l'argent qu'il gardaient si précieusement de côté pour le flamber dans une voiture neuve décapotable. Je n'avais pas le moindre doute sur ma capacité à nuire à Brooke si je le souhaitais, et sa secrétaire avait d'ailleurs renoncé à toute envie de sourire. Ceci dit, je n'avais pas dit mon dernier mot. Puisque Madame Hendrix m'avait lancé un défi, il n'était pas question d'attendre de se fixer de bons horaires pour combattre. Je n'avais pas fait dix pas sur le trottoir que je revins à la charge tout en retirant les boutons de ma chemise. Très fier de ma mise en scène improvisée, j'ouvre violemment la porte à peine refermée et je jette théâtralement mon vêtement au milieu du hall en m'exclamant :

– En fait non, je crois que nous pouvons régler ce différend sans nous ennuyer avec les procédures. Je réclame un duel à l'ancienne maintenant ! Nous déciderons d'éventuelles plages horaires plus tard.

J'espère une fois de plus que des caméras de surveillance ont pu immortaliser ce moment. Mais je ne fais pas tout cet esbroufe pour le simple plaisir de faire de l'esbroufe. Je suis venu ici pour obtenir des informations intéressantes et je ne partirai pas sur une demi-victoire. Mon temps est précieux, il n'est pas à la disposition d'une obscure divinité qui n'a même pas eu l'intelligence d'atteindre les plus hauts échelons de la ville grâce à ses millénaires d'avance. Je n'allais pas me laisser frapper, accepter bien gentiment de fixer un prochain rendez-vous et attendre. J'avais décidé de connaître Brook aujourd'hui, pas demain, ni dans une semaine. Je ne pensais pas qu'une personne capable de réagir sur un coup de sang pourrait refuser mon offre, et le combat était toujours un excellent moyen d'analyser son adversaire, surtout lorsqu'il se montrait ouvertement hostile.

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Dernière édition par Lance M. Larian le Mar 31 Jan - 8:32, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mon âme... frère? [Mon semblable] Sam 28 Jan - 23:34

J'avais cette fâcheuse tendance à frapper les gens. Oh, je n'y mettais pas toujours beaucoup de force, surtout lorsque je tapais des filles, mais j'avais du mal à me retenir d'exprimer mon mécontentement de cette façon. Ce politicien condescendant n'avait pas reçu l'un de mes coups les plus forts puisque, lorsque je tapais impulsivement, ce n'était ni avec technique ni avec puissance. D'ailleurs, j'étais convaincue que, avec le bon angle, je pouvais le mettre au tapis en moins de dix secondes.

– Tu es sérieuse ?? Ce sont les films de kung-fu qui te montent à la tête ? Qui crois-tu impressionner comme ça ? Tu n'es pas un maître de dojo mais l'entraîneuse en chef d'un ridicule petit club coincé entre des restaurants de pizza.[/color]

Je levai les yeux au ciel sans même prendre la peine de soupirer. Croyait-il me blesser avec ces remarques déjà entendues mille fois? Je suis une déesse de la guerre, grand débile. J'avais perdu le contrôle une seconde, mais ce petit contact brusque m'avait grandement détendue. La violence me calmait tellement. Je n'étais jamais plus sereine qu'après m'être battue. C'était pourquoi j'adorais cet endroit : comme j'en étais la patronne, il était plus difficile de me refuser une petite bagarre amicale.

- Ne pense pas que je vais laisser un pauvre citoyen qui ne contrôle pas ses pulsions attenté à mon intégrité physique sans rien dire. J'ai des relations, les meilleurs avocats de la ville. Attend-toi à une plainte écrasante sur la tête, et je t'assure que ce sera plus radical qu'un coup de boule pour ton avenir tout entier !

Je le laissai faire quelques pas vers la sortie. Décidément, il était bien loin de celui que j'avais en tête lorsque j'avais voté pour lui.

-J'aurai qu'à t'accuser de viol alors. Ça justifiera que je t'ai frappé.

Cet arme féminine, j'en abusais depuis que je n'étais plus un homme. Cette société dans laquelle j'avais atterri me permettait ce genre de menace et je m'en étais servi plus d'une fois contre des débiles. Je n'étais jamais allée jusqu'à faire une plainte officielle parce que les mecs avaient tous pris peur avant que je ne doive attaquer légalement. Ce n'était pas la technique la plus glorieuse, mais il y avait longtemps que la gloire m'avait fait savoir qu'elle ne voulait rien avoir à faire avec moi. Je me battais avec les armes que je trouvais, simplement.

Je soupirai en le voyant passer la porte. Quel but avait-il pu avoir en venant ici s'il n'était pas prêt à se faire bousculer un peu? Le Warrior était connu en ville spécialement pour sa spécialisation dans le combat. Il ne s'agissait pas d'une salle de gym merdique où les petites dames venaient essayer de faire fondre leurs nombreux bourrelets en courant sur des tapis.


-Comme quoi on a pas besoin d'être sain mentalement pour être politicien…

J'avais déjà fait quelques pas vers l'arrière de la salle lorsque j'entendis tinter la clochette de la porte.

– En fait non, je crois que nous pouvons régler ce différend sans nous ennuyer avec les procédures. Je réclame un duel à l'ancienne maintenant ! Nous déciderons d'éventuelles plages horaires plus tard.

Je réprimai un sourire amusé et me retournai. Je me doutais bien qu'il allait revenir : poursuivre une femme qui l'aurait frappé aurait trop nui à sa réputation et il n'avait pas l'air tellement du genre à laisser le dernier mot à quelqu'un d'autre. Néanmoins, son entrée était franchement farfelue et théâtrale.

-On se calme, Superman.

En le regardant, cette fois-ci, je pris conscience d'une réalité qui aurait dû me frapper plus vite que mon poing l'avait fait avec le ventre de Lance Larian : j'étais en présence d'un dieu. Je ne l'avais pas remarqué dès le départ parce que ma concentration était à plat, mais je ne pouvais maintenant plus le nier. Voilà qui était intéressant… et vaguement inquiétant. Un dieu ne venait certainement pas me rencontrer juste pour discuter forme physique.

-Remets tes vêtements. On n'est pas au Velvet Dream… pour le moment, dis-je en me faisant la réflexion qu'il y avait un bon moment que je n'étais pas allée y faire un tour pour draguer Jenna. Je ne fais des duels que sur rendez-vous, alors suis-moi dans mon bureau.

Je trouvais que mon bureau, bien que petit et moins bien éclairé que la grande salle, se prêtait beaucoup mieux à une rencontre avec un autre dieu. Il n'y aurait ni réceptionniste curieuse ni client pour nous écouter.

-Déballe tout. Je pense que t'as vu que je suis pas patiente.

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MessageSujet: Re: Mon âme... frère? [Mon semblable] Ven 31 Mar - 20:56

En revenant sur Terre, j'avais trouvées très drôle que l'idée qu'une accusation de viol puisse détruire une réputation. Ce monde devenait vraiment fou. Mais, le pire était de constater que ça fonctionnait assez bien pour créer au minimum une grande confusion dans la carrière d'une personne. Après, il fallait relativiser. Prouver de manière définitive ce genre de chose au grand public était quasiment impossible. On n'était jamais à l'abri d'une vengeance, les féministes étaient toujours prêtes à croire n'importe qui sans vérifier aucune source, et une partie de l'opinion, à l'inverse, se sentait plus intelligente en jouant les sceptiques. Et puis, qui aimait voir un modèle, quelqu'un qui réussissait mieux que soi, tomber ? Des envieux, oui, mais pas la majorité. La majorité préférait croire que leurs dirigeants étaient des êtres éminemment moins faillibles qu'eux ! C'était un peu triste pour les filles vraiment violées. Attention, n'allez pas croire que je soutiens ce genre de goujaterie même si mon comportement a parfois été légèrement ambivalent de ce côté si on considère qu'on ne doit pas chercher à obtenir des faveurs par la manipulation. Mon avis, quand je vois comment les deux parties sont humiliées et détruites quoiqu'il arrive dans ce genre de litige, c'est que rien ne vaut de se faire justice soi-même avec de bons coups de poings dans la gueule du méchant violeur. Il y a des choses qui se résolvent assez bien par la violence. Ça réduirait par exemple le problème des fausses accusations. Parce que quand une fille geint qu'un mec l'a violée dans une soirée, et que vous vous élancez en retroussant les manches pour aller lui péter la mâchoire, il y a de fortes chances pour que, soudain, ô surprise, elle s'exclame que ce n'était pas aussi grave, qu'elle aurait dû mesurer un petit peu mieux ses propos. Enfin, de toute manière, la secrétaire pouvait témoigner en ma faveur, et si elle osait mentir, j'ai assez de contacts pour lui envoyer un cartel. J'ai un gros problème avec les menteurs vous savez.

Mais Brook n'était pas le genre de femme à vraiment crier au viol. Elle semblait plutôt, comme moi, de ceux qui sortent les poings et j'allais le prouver. Mon retour en fanfare ne la fit pas hurler de peur, ni de rire d'ailleurs. Elle me rappela néanmoins à la raison avec un humour qui me fit sourire. Je récupérai ma chemise, non sans lui envoyer un petit regard coquin quand elle souligna que la soirée stip-tease n'était pas « encore » d'actualité. Bien sûr, ce genre de réflexion méritait un :

– Je ne voudrais pas dévoiler mes meilleurs atouts trop vite.

A défaut d'une séance sur le ring, j'eus droit à un rendez-vous immédiat dans son bureau, ce qui était tout aussi bien. Je finissais de reboutonner le col de ma chemise quand ma belle amazone me demanda soudain de tout déballer. Il fallait avouer que la demande avait de quoi me confondre ! OK, ce genre de scène arrivait plus souvent dans un porno que dans la vraie vie, mais quand une jolie femme bien sportive vous invite dans son bureau et vous demande avec impatience de « tout déballer », il était tentant de croire que l'heure était venue de faire tomber la ceinture.

– Je ne m'attendais pas à ce que mon torse nu te fasse tant d'effet…

Mais je vois bien à son regard sombre qu'elle ne pensait pas du tout à un double sens et n'a malheureusement pas une envie pressante d'évaluer mes qualités d'amant. C'est un tort bien regrettable, vraiment ! Il semblait que la jolie Brook ne croyait pas un instant à mon numéro de politicien désireux de suivre un entraînement de remise en forme. En même temps, je lui ai laissé apprécier ma forme olympique et, il faut être réaliste, j'ai la carrure d'un homme drogué au sport. Ceci dit, je ne suis pas ce genre de malade mental qui se lève aux aurores pour faire un footing avant d'aller au travail. J'ai installé tout ce qu'il faut dans mes locaux et je me ménage régulièrement des pauses pour faire travailler mon corps, comme d'autres vont discuter devant la machine à café ou prendre des pauses cigarettes. Je suis le collègue, ou plutôt le patron, qui vous propose de venir faire quelques pompes avec lui en attendant de trouver la solution à un problème. Et puis on se sent tout de suite moins coupable et plus léger pour aller prendre un verre en fin de journée. Donc, Brook savait que je n'étais pas réellement venue pour l'attractivité de son gymnase, même si j'avais maintenant très envie de m'inscrire et de lui proposer un duel. Je voyais à son air qu'elle savait que nous étions plus égaux que nous n'en avions l'air. Inutile de tourner plus longtemps autour de la question : elle savait, je savais, il fallait bien en faire quelque chose !

– Bon, alors faisons simple, dis-je en tirant une chaise. J'espère que nous serons bien d'accord pour dire que les clés de la ville sont entre les mains d'une personne qui a un peu trop d'années de domination derrière elle et que ses opposants actuels ne font pas le poids pour la détrôner. Entrer dans ses faveurs représente un avantage pour de nombreuses personnes comme nous, mais il paraît que tu te tiens éloigné. J'ai mes raisons de ne pas apprécier notre mairesse, à commencer par nos points de vue opposés, et de chercher l'appui de mes semblables. On sait très bien que le combat politique n'est qu'une façade, alors je préfère m'entourer de guerriers… Suivant cette logique, ai-je bien raison de m'adresser à toi ?

Pour se réfugier dans une salle de sport, il était évident que la divinité face à moi ne privilégiait pas l'esprit tacticien et qu'un discours trop politique risquait de l'ennuyer. Je devais lui montrer que j'avais identifié ses qualités, que je croyais en sa capacité à briller au-delà de son petit quartier. On ne me fera pas croire au dieu qui cherche à se faire oublier, à vivre comme un humain normal et banal. Nous n'étions pas fait pour cela. Nous étions fait pour faire perdurer notre culte à travers les âges, et plus notre rôle prenait de l'ampleur, mieux nous nous portions.

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Quant’è bella giovinezza,
che si fugge tuttavia!
chi vuol esser lieto, sia:
di doman non c’è certezza.

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Mon âme... frère? [Mon semblable]

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