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Sympathique boucherie [Misha]

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MessageSujet: Sympathique boucherie [Misha] Mer 21 Sep - 19:02

Le problème quand on sait qu'on a l'éternité devant soi, c'est qu'on peut facilement se perdre parmi les possibilités. J'avais toujours plein d'idées et de projets et il m'arrivait souvent de les abandonner en chemin pour de nouvelles folies. Je savais que j'aurais le temps d'y revenir si l'idée en valait la peine. J'étais assez contradictoire dans ma manière d'aborder les choses. J'étais à la fois extrêmement enthousiaste et pressé ainsi que patient et désinvolte. Je voulais tout, tout de suite, mais j'étais prêt à prendre mon temps, à étaler un projet sur une longue période pour maximiser les résultats tout en minimisant les efforts.

J'étais très doué en combat magique ainsi qu'en combat physique pour quelqu'un de mon âge. Maman avait veillé à ce que mon éducation se concentre sur les choses importantes : me battre, avoir des connaissances étendues sur les différentes espèces de créatures magiques, contrôler mes pouvoirs, résister à la torture, tuer rapidement et efficacement… Je n'étais pas une machine à semer la mort aussi impressionnante que Tristan ou Olivia, mais j'avais éliminé plus d'un démon puissant. Notre famille était respectée par la plupart des autres démons, mais il y en avait toujours pour nous tenir tête avec hargne et stupidité. Maman se méfiait d'eux et s'appliquait à offrir un enseignement complet à ses enfants pour qu'ils soient en mesure de se défendre.

Maman nous avait appris à aimer détruire. Nous n'en parlions que rarement, mais je savais que mon frère et mes sœurs aimaient démolir psychologiquement des gens ou les tuer. Lydia était la moins sadique d'entre nous, mais c'était seulement parce qu'elle se sentait coupable d'avoir tué notre autre sœur. Tristan jouait le mec tout digne et au-dessus de ses affaires, mais il tirait une jouissance inégalable du meurtre. Ce soir, justement, j'étais sorti pour chasser. J'aimais bien me promener dans le quartier Grey pour choisir un chanceux à ramener aux Enfers. Cet endroit m'offrait une grande variété de cas sociaux, de criminels, de désaxés et de paumés. J'avais du choix. Je préférais raccourcir la durée de vie des gens mauvais pour plusieurs raisons. D'abord, cela faisait plus d'âmes aux Enfers. Les méchants offraient aussi plus de résistance, ce qui ajoutait du plaisir au jeu. Il croyaient souvent qu'ils réussiraient à s'en sortir et, lorsqu'ils réalisaient qu'ils n'avaient aucune chance de survivre plus loin que le bout de ma patience, ils entraient souvent dans une grande colère… généralement suivie par un lamentable désespoir. Tout un spectacle! Les innocentes victimes étaient plus ennuyantes : pleurs, supplications, prières… Meh.

J'étais en train de faire un tour dans une rue peu fréquentée pour mieux réfléchir quand j'entendis un très bref cri. J'avais visité quelques bars et j'hésitais entre quatre victimes potentielles. Je voulais être certain de faire le meilleur choix et je savais que je me jetterais sur n'importe laquelle si je ne prenais pas un peu de recul. Oubliant temporairement mes tas de viande potentiels, je tournai dans une ruelle. Il me semblait que le cri était provenu de cet endroit. Il fallait que j'assouvisse ma curiosité. Je n'arrivais jamais à m'en empêcher, d'ailleurs. J'avais toujours le nez dans les affaires des autres.

J'avais comme obsession depuis maintenant quelques années de découvrir qui était le père de ma petite sœur. Il s'agissait d'un dieu, mais Maman ne voulait pas me révéler lequel. Elle considérait que ma sœur devait être la première à en être informée et qu'il fallait attendre qu'elle soit adulte. Je pouvais donc compter sur son silence. Tous les dieux de sexe masculin étaient donc suspects jusqu'à preuve du contraire.

Misha Wilde, ou Voueko, avait quitté la liste des suspects depuis bien longtemps. En fouillant magiquement sa mémoire, j'en avais assez appris sur lui pour l'innocenter. J'avais d'ailleurs découvert plein de choses complètement inutiles que je me régalais de savoir. Posséder des armes, même contre ceux qui n'étaient pas mes ennemis et même s'il était possible qu'elles ne me servent jamais, me procurait une grande satisfaction. Je n'attaquais que rarement pour rien un opposant de force menaçante. Je tuais des mortels assez régulièrement, mais je ne m'en prenais habituellement pas à quelqu'un pouvant réellement me faire du mal. J'aimais la bagarre, mais je détestais perdre. Voilà pourquoi je m'étais efforcé de ne pas me mettre ce dieu à dos. Je lui avais même rendu ses souvenirs! Enfin… en bonne partie!

C'était justement Misha qui était la source du bruit qui m'avait attiré dans la ruelle. Le cri avait dû échapper à la personne couverte de sang qui gisait à ses pieds, et sa brièveté avait probablement été causée par un coup du dieu pour faire taire sa victime.


-Je vois que tu t'amuses bien. Y en a pour deux?

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MessageSujet: Re: Sympathique boucherie [Misha] Mar 22 Nov - 22:57

Voilà déjà quelques mois que j'avais remis les pieds sur terre, prêt à reprendre du service et à me lancer de nouveau dans ma quête éternelle d'assassiner mes parents. Ce séjour en enfer ne m'avait pas fait oublier l'objectif principal que je m'étais fixé depuis tant d'années, malheureusement pour eux. Il m'arrivait quelque fois de me demander ce qui arriverait de moi lorsque j'aurais accompli ma mission, quel serait mon but dans la vie? Bien sûr, il y avait toujours ces petits succès tels que réussir à s'intégrer un peu plus, s'inscrire à l'université, monter en grades à mon emploi, tuer des personnes qui le méritaient... mais il ne s'agissait que de mission passagères et satisfaisantes à trop court terme. Lorsqu'on a accompli ce à quoi on rêve depuis que l'on est tout petit, que nous reste-t-il? J'avais l'impression que je me baladerais dans ces rues sombres tel une âme vagabonde à la recherche d'un but, d'une petite lumière, mais que je n'arriverais jamais à en trouver. Il m'arrivait parfois aussi de me demander si de les assassiner m'apporterait vraiment la satisfaction que je cherchais. Égoïste allez vous croire... certainement, mais c'est la seule chose pour laquelle je vis. On ne m'a jamais poussé à avoir quelconque autre rêve, jamais. La vengeance était ce dont je vivais, assez qu'on m'en avait attitré un rôle de dieu, tout nouveau titre créé uniquement pour moi. Tellement de dieux avaient plusieurs rôles tels l'amour et la famille, les cultures et l'abondance... moi je n'avais que cela. Si je ne pouvais accomplir ma propre vengeance, en quoi pouvais-je en être le représentant officiel? Quelle réputation allais-je me bâtir au fil des années si je n'étais capable d'accomplir ce pourquoi on m'avait créé? Contrairement à bien d'autres, mes parents entre autres, je n'avais pas un solide réputation depuis des siècles et des siècles. Ils pouvaient se permettre quelques erreurs dans leur parcours et on allait les excuser sans même poser de questions. Moi, dont presque personne ne connaissait l'existence, je ne pouvait me permettre de bâtir l'idée d'un dieu faible. Je n'étais pas l'héritier de personne et si je ne pouvais donner de la force à mon rôle, plutôt m’abattre immédiatement qu'on en finisse de me torturer. Peut-être était-ce une nouvelle raison de vivre? Bâtir l'identité d'un dieu fort, puissant, inébranlable et aussi méritant que tous les autres.
Pour cela, il me fallait assassiner mes géniteurs, j'en étais persuadé.

Bien que cette idée guidait chacun de mes pas, cela ne m'empêchait tout de même pas de dévier rapidement de ma trajectoire afin de combler d'autres missions. Ma plus récente? Retrouver le salaud qui a osé me piéger, m'emmener en enfer, m'enfermer pendant tout ce temps et me faire je-ne-sais-quoi qui m'a tout bousillé. Je n'étais plus le même depuis que j'étais revenu, j'en étais grandement conscient. Même des souvenirs dont je ne me souvenais absolument pas refaisaient parfois surface à n'importe quel moment. Pas de petits souvenirs, mon frère par exemple. Je n'avais pas oublier seulement les contes qu'ils me racontait, les mouvements de combat qu'il m'avait apprit, j'avais aussi oublié son visage, la couleur de ses cheveux, sa grandeur... tout! Jusqu'à en oublier même que j'avais quelqu'un de ma famille qui avait déjà compté pour moi. Puis tout d'un coup, alors que j'étais en service à faire du radar sur le bord du boulevard le plus passant, tout cela m'était revenu. Le mal de crâne du à cette soudaine reprise de mémoire m'avait plaqué au sol, ratant de peu les roues d'un camion. Je n'arrivais pas à croire qu'il était possible que des souvenirs aussi basiques que celui-ci m'avaient échappé. Peut-être était-ce les effets secondaires de l'enfer, je n'en écartait pas la possibilité, mais ce n'était pas l'impression que j'avais réellement de la situation. J'avais plus l'impression qu'on avait joué dans ma tête et même si j'étais incapable de me rappeler de ce genre de chose pendant mes nuits enchaîné en enfer, c'était la seule explication logique que je pouvais sérieusement envisager. Pourquoi quelqu'un me ferait-il cela? Je n'en avais aucune idée, que pouvais-je avoir comme renseignement si important à leur offrir? Peut-être l'avais-je même oublier?

Cette impression de vide me hantait jour et nuit et c'était ma motivation principale à retrouver cet ennemi. Je n'avais pas de visage, absolument rien, ce qui rendait les choses beaucoup plus compliqué. Je savais que la seule piste que j'avais était de trouver un moyen de retourner aux enfers. Je n'en connaissais malheureusement pas les dangers, je n'avais même pas idée de ce que ça pouvait réellement avoir l'air en dehors de la cage dans laquelle j'avais passé tout mon séjour. Être en terrain inconnu ne m'avait jamais réellement inquiété, étant un chasseur né, mais me retrouver en terrain inconnu en enfer, probablement infesté de démons et surtout d'un individu qui avait réussi à me capturer, c'était le genre de chose qui m'inquiétait. Je n'abandonnais pourtant pas, mais chaque fois que je demandais à un démon de m’amener en enfer, il me traitait de 'sale dieu de merde' et si je ne le tuais pas, il le faisait lui-même. Ils ne me connaissaient pourtant pas, que pouvaient-ils craindre à transporter un dieu inconnu en ces terres maléfiques? Probablement beaucoup et c'était fort à parier la raison pourquoi ils refusaient toujours. Je regrettais ne pas avoir de pouvoir de persuasion, cela aurait été si simple d'obtenir tout ce que je voulais. Mais non, je m'étais plutôt retrouvé avec un foutu pouvoir de créer du diamant. Sérieusement, du diamant! Peut-être cela pouvait-il m'apporter la richesse éternelle, mais quoi d'autre? Ces enfers m'avaient tellement bousillés que c'en avait remplacé mon seul pouvoir vraiment offensif par... ça! Je m'entraînais chaque jour afin de voir en quoi cela pouvait-il m'être utile, mais j'avais encore beaucoup de mal à voir ce qu'il y avait de blessant à créer des petites pierres précieuses. Peut-être était-ce mon manque d'ouverture d'esprit ou alors la colère que je ressentais à avoir perdu mes ondes de choc, mais je n'aboutissait à rien. En fait, j'avais l'impression d'avoir atteint la limite de ce pouvoir lorsque j'avais fait un joli bracelet de diamants hier soir. Des bijoux... je me voyais bien tabasser quelqu'un à coups de colliers, de bracelets et de boucles d'oreilles. Côté virilité, j'étais vraiment comblé.

Ce soir, j'avais décidé de sortir en ville. Oui oui, Misha Wilde qui sort en ville. Je n'étais certainement pas dans mon état habituel pour ressentir un tel désir, mais l'envie de boire un coup avait surpasser mon envie de rester dans le confort de ma demeure et de ma saouler à l'abris de tous les regards. J'avais donc choisi un bar pas trop occupé, un endroit assez calme où je pourrais profiter d'un peu de solitude avec mon verre si j'en avais envie. J'avais rapidement regretté mon choix, il n'y avait rien de pire que de se retrouver seul avec son verre alors que des demoiselles en manque venaient m'harceler régulièrement. Je les avais toutes repoussé, sans même en avoir regardé un seule. Il y avait même un homme au grand coeur qui avait tenté de me faire la discussion en voyant à quel point j'étais piteux. Je lui devais bien cela, il était particulièrement sympathique pour un humain, mais il avait abandonné le projet lorsque je lui avais dit que s'il prononçait un autre mot de plus, j'allais lui ouvrir la gorge avec les restes du verre que je venais de briser sur le comptoir. Une fois assez bourré pour perdre pied à chaque dizaine de pas, j'avais quitté l'endroit pour retourné dans mon logis, prenant bien soin d'acheter une bouteille de rhum épicé directement au bar. Ce petit cadeau que je m'étais fait serait idéal pour finir une journée aussi horrible. Titubant à travers quelques ruelles, empruntant un détour incroyable sans même m'en rendre compte, des bruits de pleurs et de cris étouffés avaient attiré mon attention. Les pantalons aux pieds, une homme d'une bonne carrure s'en prenait à une femme qui ne semblait pas apprécier l'expérience de se faire violer en public. Je lâchai un gros soupir et m'approchai du duo qui cessa tout contact physique lorsque je frappai l'homme assez fort pour le mettre k.o. J'avoue avoir triché, usant de mon pouvoir d'arrêter le temps pour faire parraître la quarantaine de coups que je lui avais donné pour un seul. La femme à moitié nue s'était mis à pleurer encore plus fort en se lamentant de ce qu'elle venait de subir, à quel elle ne se sentait plus propre, qu'il était impossible pour elle de vivre une vie normal après cela, bla bla bla, bla bla bla. Ces humains! Quelles victimes!


- Attends je vais t'aider, tout va s'arranger très rapidement.

Je m'étais retiré un peu, fouillant les alentours comme si quoi que ce soit qui traînait dans cette ruelle pouvait réellement arranger les choses. Je trouvai quelque chose qui fit mon affaire, une bouteille de bière. Je me rapprochai de la femme qui pleurnichait toujours mais qui se demandait sérieusement ce que je faisais alors que je brisais le bout de la bouteille sur un mur tout près. Je passai mon doigt sur chacune des parties lacérées de ce qu'il restait de la bouteille que j'avais en main et une fois que je fus convaincu de cette arme, je lui plantai dans la cuisse d'un mouvement rapide et fluide. La terreur dans ses yeux raviva cette étincelle d'énergie qui m'avait manqué toute la journée. Le cri qui en suivit m'alluma encore plus. J'étais tellement surpris de cette émotion que je ne me rendis même pas compte que la traînée qui était maintenant ma victime prenait les jambes à son cou.

Désireux de retenter l'expérience, je voulus lui replanter la bouteille dans l'autre cuisse, mais elle était déjà à plusieurs pas de ma position. C'était excitant, l'instinct de chasseur en moi se réveillait à nouveau, mais je ne voulais pas faire les choses trop facilement. Bien sûr, j'aurais pu tout simplement l'arrêter de courir en stoppant tout autour d'elle, mais ce n'était pas amusant si je faisais ainsi. Laissant tomber mon arme pas très efficace, je me mis à sa poursuite, cherchant rapidement du regard quelque chose de plus efficace pour lui transpercer le corps. Mais rien, que voulez-vous trouver en ruelle qui est assez solide pour transpercer une colonne vertébrale? *Merde, il me faut une arme!* Et pouf! J'avais une jolie dague en main! Je décidai figer le fugueuse quelques instants, le temps de comprendre ce qu'il se passait. Cette dague parfaitement sculptée était faite... de diamant!?

En voilà enfin une bonne nouvelle! Il suffisait simplement que je penses hors des sentiers battus. On connaissait les diamants pour leur beauté, leur association aux bijoux, mais mon pouvoir n'était pas de créer du diamant, c'était de matérialiser le diamant, en faire ce que je voulais, donner forme à mes pensées. J'étais complètement ébahi de cette découverte, comment n'avais-je pas pu réaliser cela avant? Je savais pourtant que j'étais capable de créer toutes les formes possibles de cette pierre précieuse alors pourquoi pas créer d'autres formes? L'excitation que je ressentais atteignit son comble de découvrir que ce pouvoir pouvait vraiment me servir à quelque chose en j'en sautai en placer pendant plusieurs secondes. Quel soulagement!
Je repris un peu de mon calme, commençant aussitôt à réfléchir comment tester cette découverte sur la victime qui ne pouvait toujours pas bouger. C'était un arme, mais certainement pas le bon dans ma situation. Elle était à une quinzaine de mètres de moi, une dague n'était donc pas un bon choix. J'attrapai d'une main la lame, de l'autre la poignée, fermai les yeux et me concentra, puisant de toutes mes forces pour forger ce que j'avais en tête. Écartant doucement les mains, je sentais l'arme prendre tranquillement une nouvelle forme. Je ne savais s'il s'agissait encore de ce que j'imaginais, fort probablement pas, mais je sentais le tout se fragiliser. Mon manque d'expérience avec mon pouvoir et le fait que je n'avais jusqu'à aujourd'hui jamais créé autant en un coup ne me permettait pas de faire tout ce que je désirais, mais c'était toute de même une magnifique réussite. J'ouvris les yeux, découvrant la dague grandement modifiée. La lame beaucoup plus fine était aussi plus élancée, le manche avait pris une forme cylindrique, mince et long d'une soixantaine de centimètres. C'était une arme parfaite pour la situation, bien plus adapté. Je défigeai ma victime, la fixant des yeux, prenant comme cible le haut de son dos. J'avais toujours eu un oeil de lynx, même avant les enfers lorsque j'étais aveugle et je ne pouvais rater ma cible. Un pas de recul, je pris mon élan et propulsa ma lance de diamant sur la distance qui me séparait de ma cible. Les yeux brillants comme un enfant de cinq ans, je regardai le projectile atteindre sa cible. Vraiment pas où il était sensé atterrir, mais il prit place dans sa jambe encore en bonne condition pour la plaquer violemment au sol. Les cris qu'elle poussa et mes rires de satisfaction s'enchaînaient comme si Mozart les avaient agencés tandis que je reprenais la distance qui me séparait d'elle. Une fois tout près, je remarquai que mon arme n'était plus, elle s'était volatilisée. Peu importe, je pouvais créer tout ce que je voulais! Je me penchai à sa hauteur, la retournai sur le dos, fit apparaître une toute petite lame telle un scalpel et commençai à lui tracer toutes sortes de formes sur la poitrine tandis qu'elle continuait de gémir de douleur, beaucoup moins violemment par manque de souffle. Je remarquai aussi que je commençais à manque de force aussi, certainement par sur-utilisation de mon pouvoir auquel je n'étais pas habitué... et aussi à cause de toute cette alcool qui se promenait dans mon sang.


-Je vois que tu t'amuses bien. Y en a pour deux?

Je me redressai aussitôt et tournai le visage vers cette personne qui apparaissait dans le décor. Était-ce l'homme qui avait violé la femme plus tôt? Non, ce nouveau était bien plus beau! Bien que je ne le voyais pas très bien par le manque de lumière de cette ruelle, une grande impression de déjà-vu m'envahi. J'avais l'impression de connaître cette personne, mais impossible de savoir qui il était ni même d'où je le connaissait. Je me rapprochai de quelques pas, me disant qu'il devait vraiment être dérangé pour s'aventurer dans une telle situation.

- Si tu veux la rejoindre sur le sol je ne m'y oppose pas, je me propose même pour t'aider.

Je continuai de m'approchai, ne marchant toujours pas en ligne droite et découvris de plus en plus son visage. Il n'était vraiment pas si mal.

- Qu'est-ce que tu fais ici mon mignon? Papa ne t'as pas appris à ne pas jouer dans les affaires des autres?
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MessageSujet: Re: Sympathique boucherie [Misha] Mer 4 Jan - 20:35

J'aimais prendre mon temps pour sélectionner une victime. Je ne choisissais  pas le premier venu simplement parce qu'il avait eu la malchance de prendre le siège juste à côté du mien au bar. Toutefois, je ne perdais pas des jours à observer et comprendre une personne une fois que je me décidais. En tant que demi-démon, je ne connaissais qu'une morale de base, très centrée sur ma famille. Ceux que je choisissais de tuer devaient avant tout présenter un intérêt ludique, puis une utilité – comme nourrir Lydia ou venir grossir les rangs des démons – et, parfois, il arrivait que je tue quelqu'un par vengeance ou à partir d'une impression spontanée. J'étais plein de surprises.

D'ailleurs, ce soir, dès que j'avais entendu le cri provenant de la ruelle, j'avais tout naturellement mis mes projets de côté pour aller assouvir ma curiosité. J'étais une personne qui aimait découvrir et apprendre. Je m'ennuyais facilement. Il fallait presque toujours que je me tienne occupé, que ce soit à faire quelque chose de concret, comme dépecer une personne ou dépoussiérer ma collection de guitares, soit à réfléchir à toutes sortes d'idées pas toujours intelligentes.

Avec tout de même une certaine prudence, j'avais enquêté sur quelques dieux, en dehors de Voueko. Il était difficile de passer inaperçu quand on ennuyait des personnes d'une puissance aussi élevée. Jusqu'à présent, j'avais eu beaucoup de chance. Les rares dieux qui avaient remarqué mon intrusion dans leur vie s'étaient montrés d'une grande clémence… ou d'un désintérêt infini pour une créature aussi faible que moi. (C'était un peu insultant, mais je préférais être vexé que mort.) Néanmoins, même conscient des dangers, c'était plus fort que moi : je devais découvrir le géniteur de ma petite sœur. Pourquoi? Je n'arrivais pas encore à y répondre exactement. C'était une pulsion débile, probablement.

Quand je vis Misha s'approcher de moi avec tout sauf un sourire au visage, je me préparai à me téléporter aux Enfers. Je n'avais pas envie de me mesurer à un dieu. Lorsque nous nous étions rencontrés, il était en territoire où j'avais un net avantage. J'aurais probablement pu le tuer assez facilement. Les dieux qui n'étaient pas habitués aux Enfers y perdaient une bonne partie de leur puissance… mais ils la retrouvaient une fois qu'ils en étaient sortis! Donc, mon ami le petit dieu dérangé possédait en ce moment les capacités nécessaires à, sinon me tuer instantanément, au moins m'amocher sévèrement.


- Si tu veux la rejoindre sur le sol je ne m'y oppose pas, je me propose même pour t'aider.

-Ah mais tu étais beaucoup plus drôle aux Enfers!


Je ne pris pas de risque et je commençai déjà à faire disparaître mon corps, en commençant par les jambes, puis vers le haut. Se téléporter d'un seul coup était presque aussi rapide, mais j'avais maîtrisé cette particularité et elle m'avait permis d'éviter des coups plus d'une fois. Mieux encore : elle était vachement marrante. Il m'avait fallu beaucoup de volonté et de temps pour arriver à garder le contrôle d'un corps et d'un esprit qui étaient à plusieurs endroits à la fois, mais je ne regrettais pas mes efforts.

- Qu'est-ce que tu fais ici mon mignon? Papa ne t'as pas appris à ne pas jouer dans les affaires des autres?

-Je n'ai pas eu de papa et Maman m'a appris….


Ma tête acheva de disparaître et je terminai ma phrase avec seulement ma tête près de l'oreille de Misha.

- … à partager.

Je disparus de nouveau complètement pour ensuite apparaître près de la victime de Misha, en gardant bien ce dernier dans mon champ de vision. Je me méfiais de lui, mais je gardais une expression que je voulais détendue. J'avais toujours eu un don pour la désinvolture mais, aussi, je ne  voulais pas lui donner l'impression que je le craignais. Si j'avais vraiment eu peur, c'est aux Enfers et non à quelques mètres de lui que je viendrais de me matérialiser.

-Alors, tu as choisi cette demoiselle pour quelle raison? Je veux dire… en dehors de parce que c'est une débile qui fréquente le quartier le plus moche et violent de la ville.

Je me penchai sur la victime tout en parlant, sans attendre la permission de Misha. Je posais doucement l'index sur la joue de la demoiselle.

-J'espère que tu ne comptes pas sur moi pour te sauver, chérie, lui murmurai-je juste assez fort pour que le dieu entende lui aussi.

Je relevai rapidement les yeux vers Misha – je ne voulais surtout pas lui offrir la chance de me prendre par surprise si l'envie de me transformer en faune hâché lui prenait – et laissai ma magie dessiner sur la joue de la femme la forme simplifiée d'un pénis. De petites flammes dans le visage, ça ne devait pas être agréable du tout. Cette évidence, combinée à mon grand talent artistique, me faisait sourire avec délice.

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MessageSujet: Re: Sympathique boucherie [Misha] Ven 24 Fév - 1:13

Il ne faut pas se tromper, j'étais habituellement du genre à bien choisir mes victimes moi aussi avant de m'y attaquer, pour le peu que j'avais eu la chance de choisir. Habituellement, selon le rôle que le tout puissant m'avait attribué en tant que Dieu, je n'avais pas le libre-arbitre de préférer une victime à une autre. Je tuais par vengeance, je tuais car on me demandait de tuer quelqu'un précisément. Je m'étais souvent comparé à un tueur à gages, à la seule différence près qu'on ne dépensait pas le moindre centime pour m'avoir. Il y avait bien sûr d'autres conséquences plus importantes encore que de devoir dépenser une fortune pour tuer ses ennemis; comme celles que j'imposais. Je prévenais toujours mes employeurs de ce qui les attendait, je leur spécifiait à chaque fois; sans y déloger, qu'ils m'appartiendraient à leur mort. Pourtant, chaque fois que je venais réclamer mon dû, ils avaient toujours cette stupide et soudaine frousse, comme s'ils n'y avaient pas cru lors de notre entente. Ils portaient pourtant mon insigne toute leur vie en guise de tatouage, du moment où ils brisaient le sceau qui concluait notre pacte jusqu'à leur mort.
Pour en revenir à notre idée de choix de victime, je n'avais pas choisi cette femme par hasard, elle me l'avait demandé. Elle se plaignait de ne pouvoir vivre une vie normale après s'être fait violé, j'avais donc exercé son vœu en m'assurant que le peu de temps qui lui restait à vivre ne soit pas normal. Et puis, faut bien l'avouer, le monde se porterait déjà un peu mieux avec une pleurnicharde de moins. C'est un peu comme le chômage : moins il y en a, plus la société se porte bien. Je m'impressionnais moi-même à remarquer à quel point j'étais rendu une bonne personne.

Alors que je me plaisais à découvrir les joies des nouvelles limites de mon pouvoir, encore contrôle par toute l'alcool que j'avais ingurgitée ce soir, quelque chose que je n'avais vraiment pas soupçonné s'était produit. Il m'était arrivé très rarement d'être dérangé par quelqu'un alors que j'étais en pleine décapitation, mais jamais cela n'avait été le cas avec quelqu'un qui avait l'air aussi calme que ce nouvel acteur qui entrait en jeu. Comment pouvait-il se contrôler à ce point devant le carnage qui se déroulait devant lui? Son discours me disait qu'il était habitué à ce genre de situations, se proposant même d'y participer. Plutôt inhabituel et dangereux comme proposition, mais j'étais en mesure de garder le contrôle de ce qui se passait. Au moindre problème, je n'hésiterais pas à le tuer et retourner à mon petit plaisir duquel il venait de m'interrompre.

Sans peur, je m'étais redressé sur mes jambes pour m'approcher de cet inconnu, le menaçant d'un ton peu convivial et annonçant bien clairement mes couleurs. Il me dérangeait et j'avais bien l'intention qu'il le sache. Ce qu'il me répondit me glaça instantanément le sang, fort heureusement que la ruelle était assez sombre pour ne pas le laisser paraître sur mon visage. Bien plus drôle aux enfers? Cette impression de déjà-vu qui m'avait envahie lorsque j'avais entendu sa voix et croisé son regard était donc belle et bien fondée. Quel était son lien avec tout ceci? Quelle genre d'intervention pouvait-il avoir eu lorsque j'étais prisonnier des démons? Était-ce possible que ce soit lui qui soit derrière tout ça? Tout se bousculait violemment dans ma tête alors que je me disais que ce n'était vraiment pas le bon soir pour cela. J'étais faible physiquement, perdu mentalement et assez ivre pour être en perte de certains de mes moyens. De tous les scénarios possibles, il fallait bien que cela se produise dans celui-ci! Ou bien était-ce arrangé? Peut-être étais-je surveillé et qu'on avait attendu que je sois vulnérable afin de poursuivre ce qui avait été commencé avant qu'on me libère. Un sentiment que je connaissais peu commençait à glacer mes doigts et mes jambes; la peur. Si on avait réussi à me capturer alors que j'étais en plein contrôle de moi-même, il serait plus qu'aisé de recommencer ce soir. Ma tête me disait de faire preuve de prudence, le rhum, la vodka et le gin me disait de lui sauter à la gorge.

Il commença à s'effacer dans la pénombre, m'affichant clairement son pouvoir. Une grossière erreur de débutant. Soit il était stupide, soit il n'avait vraiment pas peur de moi et il planifiait quelque chose. Peu importe, je ne pouvais m'empêcher de penser à quel point il était beau. Sérieusement pas la meilleure soirée pour vivre tout cela. Je le provoquai de nouveau avec des paroles presque charmantes, mais encore une fois menaçantes, dans le seul but d'essayer de le distraire de l'utilisation de son pouvoir. Il y avait deux possibilités, la plus probable étant qu'il avait cette capacité à devenir invisible. La seconde était la capacité de téléportation, mais je n'avais jamais rencontré d'être capable de le faire graduellement avec aisance. Si c'était le cas, j'avais clairement affaire à quelqu'un d'expérimenté et probablement de très puissant. Il confirma la seconde théorie alors que sa bouche frôlait mon oreille pour ses paroles. Je gardai tout de même un contrôle incroyable qui ne montrait pas ma peur, mais j'avais cette crainte que s'il était assez puissant pour réaliser le tour de la téléportation progressive, qu'il soit assez puissant pour m'entraîner avec lui dans la prison des enfers. Alors que je m'apprêtais à me retourner pour lui pour l'empoigner, il était disparu à nouveau. Il était vachement rapide. Je n'eu heureusement pas à chercher bien loin sa destination lorsqu'il réapparu sous mes yeux, près de la victime lacérée à plusieurs reprises et prête à donner son dernier souffle. Je n'en avait plus rien à faire de cette pleurnicharde que je n'avais pas achevée. Je ne pouvais laisser filer ce probablement démon, ni le laisser m'approcher assez pour tomber dans un piège. Je ne remarquai même pas qu'il ne cessait de me fixer, ce qui m'aurait laissé comprendre qu'il craignait que je fasse quoi que ce soit aussi et qui aurait été bien à mon avantage.

Il me posa une question sur la femme qui gisait sur le sol, presque inerte, alors que je tentais de réfléchir aux options qui s'offraient à moi. Ce n'était vraiment pas le bon moment pour me poser une question. Mon cerveau tournait au ralentit et bien que je ne voulais pas le laisser paraître et que j'étais certain que cela ne paraissait pas, on s'imagine bien des choses, ivre. Mon débit de parole était anormalement lent, j'avais un peu de mal à construire mes phrases au fur et à mesure que je lui répondais. Ma mère ne serait vraiment pas fière de la qualité de ma présence mentale actuellement; bof, elle n'était jamais fière de moi de toute façon et c'était bien le dernier de mes soucis.


- Elle me l'a demandé, alors je lui ai offert. Je suis le bon samaritain qui passait pas là au bon moment.

Il commença à s'amuser avec la victime, lui dessinant des formes trop floues pour la distance d'où j'étais. Non, je n'étais pas loin, mais bon, vous savez ce que c'est l'alcool.

Une idée de génie! Sans un geste, le temps s'arrêta autour de moi dans un calme rafraîchissant, immobilisant toute forme de vie dans un diamètre d'environ cinq mètres. Cette zone était plus petite qu'à mon habitude, mais j'avais fait du mieux que j'avais pu dans la forme où j'étais actuellement. Encore heureux que je pouvais toujours utiliser ce pouvoir. Je pris une dizaine de secondes pour réfléchir à comment garder cet inconnu avec moi, car je devais enquêter sur lui et qu'il était le seul indice que j'avais sur ce qui m'était arrivé en enfer, tout en évitant d'éventuels problèmes. Le plus important était que je devais faire vite puisque je n'aurais plus la force bien rapidement de garder cette zone intemporelle, puisque de lui cacher que j'avais ce pouvoir. Chaque personne qui avait réussi à le savoir, à l'exception de mes parents et de mon frère, avaient péri. Je m'approchai de lui, passant derrière son dos, approchant ma bouche de son oreille pour finalement retirer la zone libre du temps. Je ne fis exception que sur son corps, que je gardai complètement figé sauf la tête afin qu'il puisse reprendre conscience.


- Et puis, ça fait quoi comme effet?

Mon but était bien simple, me protéger de lui en lui cachant mes pouvoirs. En agissant de la même façon qu'il l'avait fait plus tôt, c'est à dire en passant de devant ses yeux à derrière son corps, je voulais lui faire croire que je possédais le don de téléportation aussi. Puis, en laissant son corps figé dans le temps, je m'assurais qu'il ne pouvait se téléporter et voulais lui faire croire que je pouvais paralyser. Un sourire accroché aux lèvres, j'eu un très léger mouvement de recule avant de figer moi aussi comme une statue. Cette sensation, cette excitation soudaine, les palpitations de mon cœur qui se faisaient soudainement intenses, mes muscles qui se réchauffaient à en devenir bouillants, cette odeur bestiale...

- Talfryn?

Il m'était impossible de résister. Je perdis complètement le contrôle de mes pouvoirs, annulant l'emprise que j'avais sur le mystérieux homme et lui laissant, malgré moi, le champ libre pour faire ce qu'il voulait pendant ce moment de faiblesse qui me paraissait être une éternité. Je reconnaissais cette sensation, elle était la même que j'avais ressentie lorsque j'avais voulu violer mon collègue de travail pendant une intervention policière, mais elle était décuplée en force et en charme.

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MessageSujet: Re: Sympathique boucherie [Misha] Jeu 16 Mar - 9:48

En tant que démon de naissance, la maîtrise d'une téléportation normale m'était venue naturellement. Il s'agissait du seul bon moyen pour quitter les Enfers et y revenir. La plupart des démons se contentaient d'ailleurs d'améliorer la vitesse de leur transfert corporel magique ou encore d'apprendre à transporter toujours plus de gens avec eux dans un déplacement. Comme je savais déplacer cinq personnes en plus de moi-même sans effort trop dangereux – soit suffisamment de sécurité pour toute ma famille démoniaque – je m'étais concentré sur autre chose au fil des ans. J'avais toutefois décidé de revenir sur cet aspect maintenant que je m'étais découvert un papa et un grand-papa. Je voulais pouvoir sauver tout le monde en même temps, au besoin.

Maman nous avait donné à chacun un prénom lié à quelque chose qui l'avait marquée durant sa grossesse ou quelque chose d'important pour elle. Si j'avais été une fille, il aurait été Alice, parce que Maman avait dévoré
Les aventures d'Alice au pays des merveilles peu de temps avant ma naissance. Mon prénom était donc la version masculine de celui de la petite fille qui s'ennuyait trop pour rester sagement à lire un truc chiant. Dans cette histoire bien connue, un chat plutôt étrange apparaît et disparaît par morceaux. Petit, je me disais que c'était juste un démon plutôt doué… et c'est ce que j'étais devenu. Je m'étais exercé à morceler mon pouvoir de téléportation et, maintenant, je pouvais imiter le chat du Cheshire. Maman avait été très fière quand je lui avais fait ma première démonstration de cette maîtrise spéciale. Elle aimait toujours lorsque nous nous découvrions de nouvelles forces.

Acquérir de nouveaux pouvoirs était parfois facile. Certains apparaissaient tout seuls et il fallait simplement apprendre à les contrôler. Les améliorer demandait une plus grande volonté, ce qui ne me faisait pas défaut. C'était un point commun dans notre famille; nous ne lâchions pas. C'était pourquoi, en partie, nous avions peu d'ennemis qui nous embêtaient. Notre puissance n'était pas brute. Elle était finement sculptée par des années d'efforts soutenus pour tirer le meilleur de nos forces.


- Elle me l'a demandé, alors je lui ai offert. Je suis le bon samaritain qui passait pas là au bon moment.

-Cool.


Quelque chose dans sa manière de s'exprimer clochait. Avait-il bu? L'alcool qu'on servait dans le coin était de la pire qualité. Sa gueule de bois risquait d'être absolument ignoble.

Je ne compris pas comment je me retrouvai immobilisé, mais je trouvai la situation très désagréable. Ces maudits dieux se croyaient si malins et puissants!


- Et puis, ça fait quoi comme effet?

Je lui aurais brûlé les lèvres et je les aurais regardées fondre, mais je ne pouvais bouger mon cou. Donc tourner la tête vers lui pour apprécier le spectacle m'était impossible. D'ailleurs, comment était-il arrivé derrière moi?

-Tu m'as paralysé sauf la tête… Créatif, surtout considérant que je suis agenouillé. C'est ton moyen de demander que je te fasse plaisir, peut-être?

La vulgarité se révélait toujours un excellent moyen de gagner du temps pour réfléchir. Je réalisai vite que mon corps était plus que paralysé : je ne trouvais pas comment avoir accès à celui-ci même pour le téléporter, ce qui fonctionnait habituellement en cas de paralysie. Et si je ne téléportais que ma tête? C'était très dangereux. Je ne savais pas à quel pouvoir j'avais affaire et je risquais de me décapiter moi-même. Toutefois, ce dernier point échappait probablement à Misha.

-T'es au courant que je peux ne téléporter que ma tête? Le reste suivra invariablement.

En parlant, je réalisai que je venais peut-être de me nuire grandement : je venais de lui dire d'utiliser son pouvoir sur ma tête aussi, parce qu'il entravait le reste de mon corps efficacement. Ma colère gronda, mais je ne la sentis pas dans mon ventre.

- Talfryn?

Ce n'était pas du tout la réaction à laquelle je m'attendais. Pourquoi me parlait-il de mon père? J'eus le réflexe de scruter la ruelle à la recherche de Talfryn, mais je ne le trouvai pas. Le pouvoir qui m'immobilisait s'arrêta subitement et je me levai et me retournai dans la seconde vers le dieu. Celui qui me faisait face, assez près de moi maintenant que je m'étais retourné, paraissait troublé. Je découvris dans son regard la lueur que j'aimais faire naître en abusant de mon pouvoir de charme sur les ennemis trop sûrs d'eux. Un pouvoir que je tenais du côté paternel de ma famille... ce qui expliquait sa mention de Talfryn. J'entamai un sourire qui mourut très jeune quand je réalisai que je n'avais pas activé cette faculté. Elle ne dormait jamais complètement, mais elle ne faisait habituellement pas un effet aussi intense aux gens, spécialement les dieux.

Plusieurs options intelligentes s'offraient à moi. Je pouvais profiter du trouble de Misha pour disparaître et me soustraire à son effrayant pouvoir de paralysie, essayer de le raisonner et de lui rappeler que je n'étais pas un ennemi, lui envoyer du feu pour lui faire peur et lui faire passer l'envie de m'attaque de nouveau… J'étais cependant fasciné par sa faiblesse inexplicable devant mon pouvoir, suffisamment pour que ma curiosité dépasse mon envie de me montrer intelligent.

-Ça ne va pas, Misha? dis-je d'une voix douce en m'approchant de lui. Tu as l'air tout perdu.

Je caressai son cou du bout des doigts avant de déposer mon bras sur son épaule de sorte que ma main puisse toucher sa nuque.

-Tu ne te souviens pas de moi? On était copains aux Enfers! Ton bon ami Alistair qui t'apportait des friandises, ajoutai-je en me penchant légèrement vers son visage.

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Sympathique boucherie [Misha]

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