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Une trouvaille si adorable [TERMINÉ]

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MessageSujet: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Jeu 27 Fév - 16:39

- Tiens, qu’est-ce que tu fais là toi ?
Merwyn posa son livre, quitta son banc humide et souleva d’une main le petit chiot blanc qui pleurait dans l’allée. Ses petits couinements, trop adorables pour ne pas faire fondre le plus dur des cœurs, s’arrêtèrent aussitôt. Il leva deux yeux tout étonnés sur lui. Il possédait un pelage original, la moitié de sa tête seulement était noire, chose plutôt rare pour son espèce…
- Hm, fox-terrier n’est-ce pas ? Tu t’es perdu mon pauvre ?
Il regarda autour de lui. Personne. Central Park n’était jamais très fréquenté à cette époque de l’année et le chien n’avait pas de collier. Avait-il échappé à la vigilance de son maître pendant l’une de ses premières promenades ? C’était, hélas, probable. On se débarrassait des bâtards, des gros chiens trop encombrants, pas d’un pur race tout juste sevré qui, avec une si belle tête, était certain de trouver un acheteur. Autre réponse, le petit avait précisément été volé, puis relâché par un kidnappeur qui craignait de se faire attraper par la police. Dans les deux cas, il y aurait bien quelqu’un pour le chercher, signaler la perte. Que faire ?

Il reposa le chien pour ranger le livre dans son sac. L’animal jappa aussitôt de peur d’être abandonné. En refermant sa mallette, le semi-faune déclara en riant doucement :
- Allons, tu vois bien que je ne compte pas te laisser seul.
Oui, il personnifiait les animaux comme un vieux gâteux, ou un enfant persuadé d’être compris, au choix. C’était une mauvaise manie, prise pendant un siècle de vie presque sauvage. A la campagne, il racontait des histoires à ses poules, et personne ne venait s’en inquiéter. En ville, il avait déjà provoqué des regards plus que sceptiques après avoir, au hasard, salué une araignée qui se promenait sur son bureau. Il gardait toujours un sérieux parfait, lançait des répliques sur le ton de la conversation à des créatures qui seraient bien incapables de lui donner la moindre réponse. C’était ainsi. Au moins, le chien comprenait à la douceur de sa voix qu’il avait trouvé un nouveau guide dans ce monde hostile.
- Voyons…, réfléchit-il tout haut.
Avec un peu de chance, le propriétaire était en train de faire les cents pas à quelques mètres de là. Il tendit l’oreille. Personne ne criait le moindre nom. Il pouvait rester sur son banc, et continuer d’attendre. De toute manière, il n’avait pas prévu de rentrer de suite, le parc était l’un des rares endroits où il pouvait retrouver la nature à New-York. Il vivait à une heure d’ici et voulait profiter des derniers rayons du jour avant l’obscurité précoce de l’hiver. Mais il se trouvait dans une zone assez excentrée. Et si le chien appartenait déjà à quelqu’un ? Il s’imagina avec une certaine peine un enfant en larmes, à la recherche du cadeau d’anniversaire offert une semaine plus tôt. On lui reprocherait son manque de vigilance, il s’en rappellerait avec un pincement au cœur toute sa vie. C’était le scénario idéal. Aussi triste qu’adorable.
- Bien, partons à la recherche de cet enfant ! décida-t-il, tout à sa rêverie.

Il se mit en marche et le chien le suivit. Merwyn ne semblait pas particulièrement dépassé par la situation. Au Pays de Galles, il avait, pour ainsi dire, vécu avec une meute d’épagneuls. L’un d’eux, le fidèle Aedd, avait été le fidèle compagnon de toutes les aventures en forêt de sa jeunesse. Ah… Cette brave bête lui manquerait toujours. Depuis la catastrophe, il n’avait pas repris de canidé, son travail ne lui permettait pas d’être suffisamment présent, et il n’y avait personne chez lui la journée, ni femme, ni enfants, juste les poules et les chèvres du jardin.
Avec la demi-portion qui trottinait à côté de ses chaussures cirées, son costume trois pièces, son air de cadre tout juste sorti d’un building, il avait de quoi attirer les curiosités. Quelque chose ne collait pas. Cependant, quoi de mieux qu’une tenue bon chic bon genre avec un animal adorable pour faire craquer n’importe quelle fille ? songea-t-il avec amusement. Mais ce n’était qu’une pensée inutile de plus. Il n’aimait pas les séductions aussi malhonnêtes, et il ne cherchait personne. Vraiment. Il n’espérait pas retrouver l’amour et attendait, tout au plus, d’être contraint aux fiançailles avec une femme ambitieuse le jour où une bonne place dans la hiérarchie devra le faire céder aux conventions sociales. Question d’image. En attendant, il avait toujours ses poules ! Non… Il plaisantait, ne nous alarmez pas. Il fallait qu’il arrête de plaisanter avec lui-même. Au moins, personne ne le voyait sourire bêtement en cet instant, il n’avait pas se justifier par un évasif « non rien, ne pensait à un truc… » pour répondre à la question perplexe d’un interlocuteur quelconque : « Mais pourquoi tu ris ? ». S’ils savaient comme, entre ses réflexions calculées et méticuleuses se glissaient, sans cesse, un tas d’inepties qui ne divertissaient que lui…

Tenez, d’ailleurs, en parlant d’âmes qui vivent, une jeune femme arrivait justement devant lui. Il la fixa avec un peu trop d’insistance, en se demandant si elle était celle qu’il cherchait. Elle ne semblait pas paniquée. En revanche, il était bien obligé de lui poser la question maintenant que leurs regards s’étaient rencontrés.

- Excusez-moi, je viens de trouver ce chien, qui m’a tout l’air d’être perdu. Auriez-vous vu quelqu’un à sa recherche, un enfant en larmes, ou toute autre personne vaguement paniquée ?

Il laissa le fox-terrier s’avancer et tourner avec curiosité autour de l’inconnue, comme s’il se demandait s’il devait, aussi, essayer de la suivre.
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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Sam 15 Mar - 19:04

Maddie avait encore invité l’un de ses amants à l’appartement qu’elle partageait avec Nichole. La jeune femme n’avait pas l’esprit fermé et elle trouvait normale qu’une personne de l’âge de sa colocataire – donc du sien – s’amuse de cette manière, même si elle trouvait que Maddie exagérait un peu… Elle ne se cherchait visiblement pas de petit ami et elle couchait avec n’importe qui. Jusque là, c’était encore seulement de ses affaires, mais elle faisait du bruit et ce bruit dérangeait Nicky qui essayait d’étudier. Elle avait bien mis ses écouteurs avec de la bonne musique, elle avait toujours l’impression de percevoir des sons coupables entre les morceaux. Trop timide et, surtout, trop bien élevée pour aller demander à l’autre jeune femme un peu de tranquillité, elle avait préféré aller étudier ailleurs. De toute manière, elle était bien assez gênée de constater à quel point Maddie séduisait des hommes alors qu’elle-même passait ses nuits toute seule.

Nichole n’était pas du genre à draguer ouvertement. Elle n’était pas particulièrement prude ou fermée à l’amour, mais elle n’était pas du tout entreprenante. Elle avait toujours trop peur d’être rejetée pour aller vers les autres. Si un homme lui témoignait de l’intérêt, toutefois, elle était toujours flattée. Elle aimait recevoir de l’attention, quelle qu’elle soit, et elle y était sensible au point de laisser tomber quelques points de son quotient intellectuel quand un homme se montrait gentil avec elle. Elle faisait rapidement confiance et avait tendance à offrir son cœur un peu trop vite, ce qui résultait souvent en de longues nuits à pleurer sur un amant qui l’abandonnait après quelques semaines alors qu’elle se voyait avec lui pour toute sa vie. Elle se trouvait toujours stupide après coup, mais cela ne l’empêchait pas de répéter la même erreur avec le mec suivant. Nicky voulait tellement être aimée…

Lasse d’entendre Maddie prendre du bon temps, la jeune femme avait décidé de quitter l’appartement pour aller étudier ailleurs. La bibliothèque de l’université lui semblait être le lieu idéal pour obtenir la tranquillité qui lui était nécessaire pour faire entrer toutes ces notions qui devaient s’imprégner dans son esprit avant d’être jetées sur les feuilles des examens.

Elle troqua donc son vieux pyjama à oursons contre un jean et un t-shirt et c’est avec empressement qu’elle traversa le salon en enfilant son manteau, le visage tordu par la gêne en entendant les sons provenant de la chambre de sa colocataire. Elle prit le bus vers l’université mais, en passant près de Central Park, elle décida de descendre. Il lui semblait qu’un peu d’air avant d’aller dans cette bibliothèque sentant le renfermé lui ferait le plus grand bien.

Elle déambula un peu sur les sentiers du parc et, au bout d’un temps, elle décida qu’il était temps pour elle de reprendre le chemin vers la connaissance. Comme à son habitude, elle n’adressa la parole à personne et prit bien garde à ne poser les yeux que sur le paysage. Néanmoins, en regardant où elle allait, elle intercepta le regard d’une autre personne. Il s’agissait d’un homme, un homme très séduisant. Elle sentit instantanément ses joues rosir un peu. Elle se trouva vraiment stupide, ce qui ne l’aida pas à sembler plus à l’aise.


- Excusez-moi, je viens de trouver ce chien, qui m’a tout l’air d’être perdu.

Nichole porta attention pour la première fois à la petite boule de poil qui lui tournait autour. Elle se pencha pour le caresser, sans prendre le temps de réfléchir. Cet animal était tellement mignon qu’elle avait tout de suite envie de lui donner de l’affection. De plus, il lui permettait de conserver une certaine contenance devant cet homme qui lui parlait.

-Auriez-vous vu quelqu’un à sa recherche, un enfant en larmes, ou toute autre personne vaguement paniquée ?

À vrai dire, elle avait si peu porté attention aux autres personnes, trop occupée à être invisible, qu’elle aurait très bien pu croiser un enfant aux joues rouges et luisantes sans le remarquer.

-Je n’ai pas remarqué.. Désolée.

Le chien lui lécha la main et elle eut un petit rire.

-Il est drôlement mignon.

L’animal n’avait pas de collier. Les New Yorkais étaient si attachés à leurs affaires qu’il était évident pour Nichole que ce petit être n’avait probablement pas ou plus de propriétaire. N’importe quelle personne responsable l’aurait mis en laisse ou, au moins, lui aurait mis une médaille. Peut-être ce chien avait-il été volé à la hâte et le voleur s’était débarrassé de son collier dans un buisson. Alors, le chien s’était-il enfui ou la personne avait-elle regretté son geste et laissé la petite créature dans un lieu où on la retrouverait? Peu importe ce qui s’était passé, la réponse ne tomberait certainement pas du ciel.

-Je peux vous aider à chercher, si vous voulez…

Comme toutes les fois où elle prenait une initiative, Nichole sentit la nervosité la gagner.

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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Mer 2 Avr - 17:30

Plus la ville était grande, plus les gens se comportaient bizarrement, songea Merwyn. Ils s’effrayaient d’un rien, même un contact humain. Un simple sourire précipitait leurs regards vers le sol, comme si rien n’était plus gênant que reconnaître l’existence d’un semblable. La triste conséquence de cette attitude était que seuls les plus désespérés réagissaient à son amabilité naturelle. Sortir en ville avec le gallois apportait toujours des aventures imprévisibles tant il attirait à lui toute la tourbe du bitume. Ivrognes, clochards, suicidaires chroniques s’accrochaient à son bras comme des sangsues dès qu’il avait le malheur d’attirer leur attention. Il ne les repoussait jamais ouvertement. Un sourire figé sur les lèvres, il écoutait, riait de bon cœur, tenait ce rôle de personne à l’écoute qu’on lui imposait. On s’enthousiasmait pour sa gentillesse, ses gentilles paroles. Il profitait des verres qu’on lui offrait pour rester en sa compagnie puis, après s’être assuré la tranquillité avec une poignée de belles promesses, il disparaissait dans la nuit, effaçait au petit matin les numéros des égarés qui avaient cru saisir sa main. Pourtant, il recommençait toujours. C’était plus fort que lui. Il n’arrivait pas à repousser des gens dont le seul tort était d’avoir besoin de parler. Même s’il ne voulait pas réellement les aider, la solitude de la grande pomme le touchait.

La jeune fille qu’il venait d’aborder réagissait comme une personne de bonne famille. Elle se troubla et, faute de pouvoir éviter la discussion, trouva une échappatoire en se penchant vers le petit chien. Merwyn n’arriverait pas à s’y faire. Le malaise des gens lui donnait systématiquement l’impression d’être déplacé. Il cherchait des excuses, et aucune ne venait jamais. Quel motif aurait-il pu invoquer ?

Heureusement, la passante ne l’ignora pas. Son geste vers l’animal était adorable. Peu d’humains osaient approcher les espèces étrangères. Ils craignaient tout ce qu’ils ne maîtrisaient pas, ce qui posait un certain problème dans un monde où leurs doigts ne savaient plus rien faire d’autre que tapoter sur des écrans de téléphones portables. La retenue était néanmoins une qualité qu’il appréciait, en particulier chez les femmes. Son naturel accort incitait tant de ses interlocuteurs à déballer leur vie sans lui demander son avis qu’il appréciait d’avoir, parfois, la possibilité de poser des questions.

Le fox-terrier s’emballa aussitôt pour sa nouvelle rencontre. Sa vive nervosité décuplait ses mouvements de joie. Comme un humain perdu, au final, il se jetait à corps perdu sur toutes les preuves d’affection qu’on voulait bien lui donner. La jeune femme s’en amusa. Elle le déclara mignon. Merwyn eut un sourire attendri.

- Adorable, n’est-ce pas ? dit-il autant pour répondre que pour décrire la scène.

Chose étonnante, la demoiselle ne lui souhaita pas une bonne chance dans ses recherches avant de prendre subtilement la fuite. Elle combattait la gêne, et proposait de l’aider à retrouver le propriétaire du canidé. Le visage du britannique rayonna. La monotonie de son quotidien rendait chaque nouveauté séduisante. Il se réjouissait à l’avance de rentrer chez lui avec le soutenir d’un fox-terrier perdu et d’une jeune fille charmante pour occuper ses pensées les plus futiles.

- Oh, ne vous sentez pas obligée de me suivre dans cette ennuyeuse histoire. J’imagine que vous aviez des projets plus intéressants en vous aventurant sur ce sentier. Bien sûr, si vous souhaitez malgré tout faire un bout de chemin avec moi, ce sera avec plaisir. Je pense faire au moins le tour du parc. Si personne ne vient réclamé notre nouvel ami, je suppose que la dernière solution sera de demander à un vétérinaire s’il est… pucé ?

Il avait prononcé la dernière phrase avec une pointe d’hésitation. Depuis quelques années, les puces électroniques et tatouages remplaçaient massivement les colliers, un bon moyen de retrouver les propriétaires en quelques clics, même s’il continuait à la trouver curieuse.
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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Dim 27 Avr - 14:39

Nichole adorait les animaux, de toutes les sortes. C'était peut-être lié à son pouvoir de transformation animale. Elle adorait les chats, les chiens, les oiseaux...et même les reptiles qui terrorisaient beaucoup de ses amies. Si elle savait se méfier des animaux dangereux, elle reconnaissait ceux qui ne lui voulaient aucun mal et elle les adorait. Elle était toujours prête à venir en aide à un animal. En fait, Nicky aimait aussi aider les humains, mais elle avait plus de facilité avec les animaux, car ils ne la jugeaient pas et ne la rendaient jamais nerveuse.

- Adorable, n’est-ce pas ?
-Vraiment! Je ne comprends pas qu'il soit tout seul. Si petit, pour qu'il arrive à fuir ses maîtres, il fallait qu'ils n'aient pas les yeux sur lui...


Pour Nicky, c'était logique: on pouvait facilement poursuivre un petit chien ou, mieux le faire revenir vers soi s'il se sauvait. Il suffisait souvent de courir en direction inverse pour que l'animal y voit un jeu et change sa trajectoire. Pour que l'animal ait pu se perdre, il fallait que ses maître aient été distraits ou négligents.

- Oh, ne vous sentez pas obligée de me suivre dans cette ennuyeuse histoire. J’imagine que vous aviez des projets plus intéressants en vous aventurant sur ce sentier.

Nicky eut une pensée pour les livres à éplucher qui pesaient lourd dans son sac et eut un petit sourire. Ainsi, elle semblait avoir une vie intéressante...? Sa vie était monotone et elle le savait. Elle choisissait continuellement de vivre ainsi parce que c'était plus simple et plus facile. Ou peut-être l'homme lui avait-il fait cette remarque dans le but de se débarrasser d'elle. Il arrivait souvent que les gens n'aient pas envie de sa présence, car Nichole n'était pas assez divertissante aux yeux de beaucoup de personnes. On la trouvait trop tranquille, on lui intimait de taire ses opinions étranges, elle n'était pas assez jolie, s'habillait de manière trop stricte... On lui avait fait de reproches de vive voix, mais on avait aussi usé de subtilité pour l'écarter de projets ou de sorties. Elle finissait généralement par comprendre les allusions et s'isoler d'elle-même. Nicky n'était une solitaire, toutefois; elle adorait passer du temps avec les autres. Elle avait seulement l'habitude que certains de ces autres la repoussent sans essayer de la connaître. Cela ne lui faisait presque plus de peine.

-Bien sûr, si vous souhaitez malgré tout faire un bout de chemin avec moi, ce sera avec plaisir. Je pense faire au moins le tour du parc.

Nicky sentit naître sur son visage un grand sourire. Ainsi, le (très bel) homme ne voulait pas se débarrasser d'elle. Il avait donc réellement pensé qu'elle avait des projets intéressants. C'était merveilleux! Nichole aimait se sentir intéressante, même lorsque c'était pour des raisons stupides.

-Je vous accompagne! Je peux repousser mes projets sans problème pour aider notre ami à quatre pattes!

Nul besoin de préciser la nature hautement ennuyante desdits projets, non? Nichole ne savait ce qui la ravissait la plus entre cet inconnu qui lui témoignait de l'attention, le fait qu'il ne l'ait pas d'emblée mise dans la catégories des personnes ennuyantes, la procrastination de son étude ou la présence d'un mignon petit chien.

-Si personne ne vient réclamé notre nouvel ami, je suppose que la dernière solution sera de demander à un vétérinaire s’il est… pucé ?

Nicky ne perçut pas l'hésitation de son interlocuteur, transportée comme elle l'était par la situation.

-Bonne idée! Au moins, il n'a pas l'air trop traumatisé de s'être perdu.

Elle se pencha vers l'animal pour le caresser à nouveau.

-N'est-ce pas, mon mignon?

Puis, elle se releva et fit l'effort de regarder l'homme qui l'avait abordée directement dans les yeux.

-Je m'appelle Nichole.

Elle lui sourit et lui tendit la main. Sa mère l'avait bien élevée et, même si se serrer la main faisait un peu vieux jeu, le geste lui permettait de jauger un peu l'autre personne. Mme Harvelle travaillait dans l'espionnage et elle avait donné des leçons de base à sa fille sur le mensonge et les premières impressions. Nicky était loin d'avoir le talent naturel de sa mère, mais elle essayait de mettre en pratique les trucs et astuces qui lui avaient été enseignés.

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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Mar 6 Mai - 18:24

La jeune fille exprima tout haut les pensées qui avaient retourné son esprit quelques instants plus tôt. Trouve ce petit chien au milieu d’un parc était très étonnant, et il n’avait malheureusement pas la capacité de trouver une réponse à leurs grandes interrogations en claquant des doigts. Il haussa donc les épaules.

- Il paraît que des parents oublient bien leurs enfants… Les gens sont parfois si distraits…

Un vague sourire traversa ses lèvres. Ses déclarations n’avaient pourtant rien de très drôle. Merwyn se contentait d’avouer indirectement qu’il était aussi perplexe que la jeune femme. Ils pourraient imaginer des centaines de scénarios sans trouver le bon. Vol ? Abandon ? Le chien avait peut-être commis une imprudence tout seul. Ce genre de scénario arrivait lorsqu’un animal, malgré son jeune âge, était trop effrayé pour rester proche des siens. Il avait pu paniquer, courir à l’aveugle, traverser une route, se fondre dans la grande ville. Allez savoir… Dans la majorité des possibles, le gallois estimait qu’au moins une personne à New-York était désespérée de ne pas retrouver son animal. Hélas, il savait que les chances de tomber nez à nez avec le propriétaire étaient infimes. Il fallait passer au bon endroit, au bon moment, ou mettre des annonces sur des sites, des réseaux sociaux, en espérant qu’on les voie un jour. Il n’y croyait pas beaucoup. S’attarder dans le secteur lui donnerait au moins bonne conscience. Et il aurait peut-être une bonne surprise, quand tout espoir semblerait perdu. La demoiselle était, d’ailleurs, une surprise. Il ne se serait jamais arrêté pour lui parler sans le chien. Merwyn se fichait de savoir si elle en valait la peine ou non. Savourer les hasards du présent était une chose agréable.

D’ailleurs, contre toute attente, la proposition ennuyeuse de faire le tour du parc pour « aider » le chien, la mit au comble de l’enthousiasme. Peut-être qu’elle était comme lui, une âme en quête de distraction, de compagnie… Hm… Venait-il bien de déplorer un manque de chaleur humaine dans sa vie ? Apparemment. Son aisance sociale n’était qu’une façade. Il ne nouait presque jamais d’amitié sincère. Sa vie de famille l’avait longtemps préservé mais, ces dernières années, il allait d’une personne à l’autre, sans idées nettes ni envies précises. Il parlait à n’importe qui, oui, juste assez pour oublier sa solitude. Y réfléchir était dangereux. Très clairement, Merwyn ne se sentait pas capable de se construire une nouvelle vie avec des humains. Il n’y était pas arrivé pendant ses années d’étudiant, au début du siècle dernier et, après tous ces événements, il n’avait plus envie d’essayer, encore moins d’imaginer ce qu’aurait pu être son existence s’il n’avait pas rompu ses premières fiançailles avec cette petite bibliothécaire londonienne. A la place, il avança dans l’allée avec la jeune fille et se concentra sur ses paroles et les attentions touchantes qu’elle donnait au fox-terrier.

- Enchanté Nichole ! Je m’appelle Merwyn. C’est gallois, précisa-t-il avant qu’elle ne lui pose la question. Les gens étaient souvent surpris par la prononciation de son prénom.

Il lui serra la main le plus naturellement du monde, pour ne pas paraître impoli. Bien sûr, le côté très formel de ce geste le surprenait mais puisqu’ils n’étaient pas assez proches pour une bise ou une accolade, ça pouvait se tenir. Ravi de pouvoir poser un nom sur le visage de la charmante jeune femme, il poursuivit en observant l’animal qui gambadait autour d’eux, filait tout droit, puis s’arrêtait afin de vérifier qu’ils le suivaient.

- Il est encore trop jeune pour s’inquiéter d’avoir perdu son maître. Il n’a probablement pas été retiré à sa mère depuis plus de deux semaines et ses propriétaires n’ont donc pas eu le temps d’intégrer son petit univers. Les chiens peuvent facilement passer d’un foyer à l’autre à cet âge… Mais j’avoue n’avoir pas prévu d’emporter un animal de plus chez moi, ajouta-t-il en riant. J’en ai déjà bien assez.

Il s’exprimait d’une voix légère, parlant de tout et de rien avec une remarquable aisance. Quelques personnes souriaient en les croisant, mais aucune ne semblait reconnaître leur ami à quatre pattes. Toutes étaient, au contraire, persuadées de saluer un jeune couple récemment mis en ménage, un jeune cadre sorti du travail qui venait d’adopter un compagnon avec sa gentille chérie pour repousser à plus tard les projets d’enfant… Amusant, tout ce que les apparences pouvaient raconter.
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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Dim 22 Juin - 19:53

Nichole était assez ennuyante au quotidien. Elle n'avait pas de passion en particulier. Elle voulait réussir sa vie et être une bonne personne, mais rien ne la faisait spécialement vibrer. Elle aimait la musique, mais elle ne possédait pas un talent spécial en ce domaine. Elle obtenait de bonnes notes à l'école, mais elle ne les décrochait qu'au prix de pénibles efforts. On ne pouvait nier qu'elle était persévérante et travaillante, mais quelle personne remarquable ne pouvait se baser que sur ces deux qualités pour briller? Les années d'intimidation qu'avait subies Nicky avaient fait naître en elle un intarissable besoin de reconnaissance. Elle-même n'arrivait pas à avoir une bonne estime de soi et il lui fallait, par conséquent, recevoir de l'affection et de l'admiration de l'extérieur.

Nicky aimait aider les autres. Elle s'était convaincue que c'était pourquoi elle voulait devnir médecin. En fait, ce choix était aussi grandement motivé par la glorification de ce métier aux yeux de la population. S'il fallait penser à un métier financièrement avantageux, on choisissait d'emblée médecin. Si on cherchait quel métier comportait les personnes les plus généreuses de soi, il était évident que c'était médecin. Dès qu'on devait faire un choix entre les métiers en se basant sur les caractéristiques les plus importantes pour le commun des mortels, on en venait toujours à admirer les médecins. Pour Nicky, achever ses études et faire de cette profession la sienne serait un moyen de gagner instantannément de l'estime de centaines d'inconnus et cela avait beaucoup de valeur pour elle.

La jeune femme aurait aussi bien pu deveni vétérinaire. Elle aurait peut-être même été plus à sa place à soigner les animaux que les êtres humains. Les besoins étaient là aussi en ce domaine et le salaire était plus que convenable. Toutefois, pour beaucoup de gens, les animaux n'avaient pas de valeur et les vétérinaires n'étaient que des médecins déchus. Nichole avait besoin de plus qu ce qu'être vétérinaire lui apporterait. Pas un ronron ou un battement joyeux de la queue ne battait la petite lumière qui s'allumait dans le regard de l'humain moyen qui se trouvait en présence d'un médecin. Peut-être avait-elle une vision un peu caricaturale de la perception générale des médecins, mais Nichole avait si souvent vu cette profession mise de l'avant qu'elle était maintenant totalement fan.

Nicky sourit à la remarque de l'homme sur les enfants oubliés. C'était effectivement possible et, même, parfaitement le genre de sa mère. Mme Harvelle était loin d'être tête en l'air mais, si un élément important pour l'une de ses missions se présentait, elle le privilégiait. Il arrivait souvent qu'elle surgisse soudainement dans la vie de sa fille, tout étonnée de voir que des choses avaient changé pour elle. Les Harvelle ne vieillissaient pas, mais le temps continuait de passer.


- Enchanté Nichole ! Je m’appelle Merwyn. C’est gallois.

Jalousie stupide et instantannée. Pourquoi sa propre mère n'avait-elle pas pu lui donner un prénom allemand? Il semblait à Nichole que ce petit détail l'aurait rendue plus intéressante. Son prénom avait été choisi par son espionne de mère pour faciliter l'intégration aux multiples cultures anglophones du globe.  De plus, il se traduisait assez bien en français également.

-C'est vraiment cool comme nom.

Elle sourit. Ce n'était certainement pas la faute de ce charmant jeune homme si Mme Harvelle n'avait pas eu envie de souligner la culture entourant le lieu de naissance de sa fille.

- Il est encore trop jeune pour s’inquiéter d’avoir perdu son maître. Il n’a probablement pas été retiré à sa mère depuis plus de deux semaines et ses propriétaires n’ont donc pas eu le temps d’intégrer son petit univers. Les chiens peuvent facilement passer d’un foyer à l’autre à cet âge… Mais j’avoue n’avoir pas prévu d’emporter un animal de plus chez moi.

Alors en voilà un qui ne tirait pas l'essentiel de ses connaissances d'émissions grand public pour les femmes au foyer. Il semblait vraiment s'y connaître.

-Ma colocataire le ferait probablement rôtir... Mais que lui prenait-il de dire cela? Je veux dire...je ne pense pas qu'elle serait contente d'avoir notre nouvel ami dans les pattes. Elle ne le ferait pas littéralement cuire, mais...bref...

Ça commençait. Elle s'emmêlait dans ce qu'elle disait. Cela lui arrivait tout le temps quand elle parlait plus de trois minutes avec un homme. Elle inspira profondément le plus silencieusement possible. Elle n'était pas dans un bar avec des mecs stupides qui voulaient coucher avec la plus belle fille: elle se trouvait en compagnie d'une personne visiblement sensible et altruiste ne cherchant qu'à aider un petit animal. Il fallait qu'elle agisse en adulte.

-J’en ai déjà bien assez.

-Oh vous avez déjà des animaux?


La compagnie d'un animal manquait à Nichole. Toutefois, avec les études et la vie mouvementée de Maddie, elle savait que le bon choix à faire était de s'en priver. Elle n'aurait pas voulu qu'un petit chat se sauve entre les pattes de l'un des amants de sa colocataire.

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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Jeu 3 Juil - 19:46

En général, les gens trouvaient son prénom étrange, bizarre, imprononçable ou lui demandaient, la mine ahurie, de le répéter, de lui épeler chaque lettre. Il ne se souvenait pas avoir déjà entendu quelqu’un lui dire spontanément que son patronyme était « vraiment cool ». La réaction de Nichole lui arracha un éclat de rire joyeux. Il était à la fois amusé et content de ne pas avoir à poursuivre avec les explications qui suivaient habituellement sa présentation.

- Heureux que vous le preniez comme ça ! D’habitude, on me regarde plutôt comme si je venais de prononcer une formule magique.

Puis, avec cette facilité qu’il avait de partager ses connaissances sur la nature à chaque occasion, Merwyn s’attarda plus en détail sur le comportement du chien. La jeune fille lui prêta une grande attention. Elle semblait même assez impressionnée par l’aisance de son débit, mais il ne le releva pas. Le gallois se voyait comme une simple source d’information. Il n’imaginait pas intéresser ses interlocuteurs plus que de raison. En revanche, il était toujours très reconnaissant pour ceux qui lui accordaient une attention soutenue. Avec de la chance, il réussissait même à instaurer un dialogue plus léger, où chacun échangeait ses passions en savourant, simplement, le plaisir de parler, d’être écouté, de s’enrichir mutuellement. Il se sentait prêt à orienter la discussion sur ce genre d’ouverture si Nichole était capable de lui donner un retour. La première remarque qu’elle lui tourna lui arracha cependant un regard perplexe. Rôtir le chien ? La jeune fille se reprit presque aussitôt. Leur rencontre la rendait visiblement assez enthousiaste pour lui faire oublier qu’ils n’étaient pas encore familiers. Merwyn provoquait souvent ce genre de choses. Il devenait vite le bon ami, le confident inoffensif. Et, s’il apprécia le naturel de Nichole, il fut également sensible à la manière dont elle essaya de rattraper son petit écart. Sans le relever d’ailleurs, il souffla d’une voix douce :

- Je ne comprendrais jamais qu’il existe dans les grandes villes tant de gens pour détester les animaux… Je ne voudrais pas juger trop hâtivement votre colocataire, mais il est bien dommage de se fermer à toute une partie de ce qui constitue ce monde…

Le regard plus rêveur il songea un instant à la distance que les hommes des plus grandes civilisations modernes avaient creusés avec le reste de la Terre. Ils s’étaient amputés d’eux-mêmes, avaient détruits une part de leur essence, et perdaient des heures à chercher des réponses à leur mal-être évident partout où elles n’étaient pas. Ils se créaient des maladies mentales, développaient toutes sortes de théories psychologiques qui se contredisaient les unes les autres. Certains, vaguement plus lucides, prônaient un retour à une alimentation plus équilibrée, tout en sombrant dans un militantisme excessif, et une sorte de mysticisme politique qui les éloignait totalement de leur but. Merwyn ne comprenait pas les humains. Il avait réintégré concrètement leur monde un siècle plus tard, et, cataclysme mis à part, ils lui semblaient de plus en plus fous et perdus.
Nichole, par contre, semblait très intéressée d’entendre qu’il possédait des animaux. Il lui rendit un grand sourire.

- Des tas ! En réalité, j’ai une maison à l’extérieur de New-York et, même si cela vous semblera un peu étrange, j’ai deux poules et une chèvre dans mon jardin. Ce sont des colocataires particuliers, mais nous nous entendons très bien. J’ai grandi dans une ferme, je ne me vois vraiment pas vivre sans animaux, mais avec les journées que je fais, j’ai préféré opter pour des espèces qui ne souffrent pas trop de mes absences en semaine.

Contrairement à certaines personnes excessivement secrètes, Merwyn n’avait pas l’impression de se livrer beaucoup en donnant autant de détails sur sa vie. Il devait dissimuler tant de choses à côté, qu’évoquer sa chèvre, et son enfance dans une ferme lui semblait parfaitement normal, acceptable. Il hésita à poser une question à Nichole mais, il estima finalement qu’elle disposait d’assez d’éléments pour continuer la conversation si elle le souhaitait. Après tout, qu’y avait-il de plus innocent et de plus susceptible de rendre les gens bavards que le sujet des animaux de compagnie ?


Dernière édition par Merwyn Caerwyn le Mar 26 Aoû - 16:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Lun 18 Aoû - 21:58

Ce qui était le plus chiant pour Nichole, au-delà de son manque d'estime de soi, était probablement à quel point son existence était monotone. À presque vingt-deux ans, elle ne s'était toujours pas trouvé de passion. Elle n'aimait rien qui sorte de l'ordinaire, non plus. Elle se trouvait similaire à un personnage non jouable dans un jeu, comme une figurante qui passait sur la place du marché. Pareille aux autres paysannes, on l'oubliait dès qu'on l'avait vue. Elle faisait partie du décor beaucoup plus que de l'histoire.

Nicky comptait sur sa carrière en médecine pour illuminer définitivement sa vie. Elle rêvait d'aider des gens et de briller parmi les autres docteurs. Elle avait déjà fait une liste d'hôpitaux dans lesquels elle souhaitait travailler, sachant très bien qu'il lui faudrait changer d'endroit régulièrement pour éviter qu'on remarque qu'elle ne vieillissait pas. Sa mère avait choisi un emploi qui lui permettait de révéler ce don: les services d'espionnage étaient bien informés sur la magie. Nichole, elle, n'avait jamais souhaité ce genre de vie. L'existence de sa mère était beaucoup trop mouvementée pour elle et elle ne faisait pas de sens à ses yeux. À qui bon risquer sa vie simplement pour fournir des informations à des gens qui n'avaient que rarement de bonnes intentions? Néanmoins, la jeune femme devait concéder à Mme Harvelle que celle-ci se livrait à sa passion.

Sans être une passion chez elle, recevoir de l'attention d'un homme lui apportait toujours beaucoup de bonheur. Nicky était loin d'être une séductrice, mais elle essayait de mettre en pratique certaines tactiques enseignées par les magazines qu'elle achetait si souvent. Malheureusement pour elle, elle devenait si nerveuse en compagnie d'un homme inconnu qu'elle oubliait facilement en quoi consistaient les fameux trucs. Elle devait donc obtenir, au minimum, une deuxième rencontre si elle voulait jouer la stratège amoureuse.


- Heureux que vous le preniez comme ça ! D’habitude, on me regarde plutôt comme si je venais de prononcer une formule magique.

La jeune femme sourit. Les cours de base de langues donnés par sa mère lui servaient enfin pour autre chose que s'adapter à une nouvelle école suite à un déménagement précipité.

-J'ai eu de nombreux cours de langues étant petite et peu de syllabes obscures me terrifient maintenant.

Elle évita toutefois de spécifier à quel point sa mère avait tenu à ces leçons pour la préparer à la fuite dans divers pays. Aujourd'hui, malgré un désintérêt teinté d'un esprit de contradiction assez volontaire, Nichole était encore assez douée en langues. Elle n'avait pas poussé ses apprentissages, mais elle se souvenait encore très bien des bases de plusieurs langages.

- Je ne comprendrais jamais qu’il existe dans les grandes villes tant de gens pour détester les animaux… Je ne voudrais pas juger trop hâtivement votre colocataire, mais il est bien dommage de se fermer à toute une partie de ce qui constitue ce monde…

-Je suis totalement d'accord. Depuis les catastrophes d'il y a quelques années, on dirait que les gens sont encore pires...certains démontrent un amour incroyable pour leurs animaux de compagnie, mais d'autres font des choses terribles... Les animaux ne méritent pas qu'on leur fasse du mal.


Elle contourna volontairement la remarque sur sa colocataire. Elle n'avait pas envie de défendre Maddie et, en même temps, elle ne voulait pas médire sur son cas avec cet étranger.

- Des tas ! En réalité, j’ai une maison à l’extérieur de New-York et, même si cela vous semblera un peu étrange, j’ai deux poules et une chèvre dans mon jardin. Ce sont des colocataires particuliers, mais nous nous entendons très bien.

Ce mec possédait une MAISON. Nichole se sentit minuscule, soudain. Elle avait joyeusement parlé de sa colocataire alors que cet homme possédait une maison. Il devait la trouver ridicule, même s'il avait l'air de n'avoir rien à faire du fait qu'il discutait avec une étudiante fauchée. Certes, Mme Harvelle payait les études de sa fille, mais celle-ci avait choisi de subvenir à ses autres besoins. Il était difficile de joindre ls deux bouts avec un emploi à temps partiel.

-J’ai grandi dans une ferme, je ne me vois vraiment pas vivre sans animaux, mais avec les journées que je fais, j’ai préféré opter pour des espèces qui ne souffrent pas trop de mes absences en semaine.

-C'est très délicat d'y avoir pensé.


Nichole ne voyait pas le temps passer et ne pensait plus du tout à son examen. La sonnerie de son téléphone la ramena sur terre. En temps normal, elle ne répondait pas lorsqu'elle discutait avec quelqu'un, mais elle dut faire une exception.

-Euh...désolée, c'est la sonnerie de ma mère.

La jeune femme s'éloigna quelques secondes et échangea de brèves paroles avec sa mère. Leurs conversations téléphoniques étaient toujours très courtes. Une habitude d'espionne.

Lorsqu'elle revint, Nicky caressa la tête du chiot.


-Ma mère est en ville..on se croirait à Noël.

Elle avait souri pour éviter tout malentendu sur la possibilité d'un sarcasme à ce sujet. Elle était réellement contente que sa mère soit en ville, bien qu'elle soit ennuyée par son escale impromptue.

-Alors...qu'est-ce qu'on fait avec ce petit monstre? Ce n'est pas que je ne m'amuse pas, mais ma mère va m'attendre chez moi et...et...

Elle aurait voulu continuer à marcher dans ce parc pour le restant de ses jours. Un bel homme, un petit chien...que demander de mieux?

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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Mar 26 Aoû - 18:07

Ainsi, la jeune femme connaissait de nombreuses langues, parmi les plus rares ? Ses déclarations l’étonnaient et le ravissaient de plus en plus. Il s’était longtemps passionné pour la richesse étymologique des mots, en étudiant plus particulièrement la philologie. S’il n’avait pas une maîtrise exceptionnelle des dialectes modernes, il lisait à la perfection le latin, toutes les langues d’origine celtique, le vieux norrois, possédait une connaissance approfondie de l’anglais médiéval, et des langues de certaines créatures magiques, comme l’elfique. Dans son ancienne demeure, Merwyn possédait une bibliothèque d’une incroyable richesse, des témoignages uniques, dont il s’était fait un devoir de traduire chaque mot pour en percer les mystères. Songer à tout ce travail perdu était douloureux, mais il était cependant heureux de raviver ces souvenirs en compagnie d’une humaine instruite.

- Vraiment ? Alors vous avez reçu une très bonne éducation j’imagine, c’est une chance. J’ai principalement étudié les langues anciennes d’Europe, mais il est plus facile d’apprendre le vocabulaire d’un pays avec ces bases.

Il était véritablement ravi de pouvoir s’épandre sur cette passion. La plupart de ses conversations étaient assez ennuyeuses, et les américains avaient la fâcheuse tendance à se détourner de tout ce qui ne sonnait pas anglais. Nichole semblait plus ouverte que nombre de ses concitoyens, et cela lui donnait envie d’en apprendre davantage sur son existence. De plus, elle lui affirma encore une fois son amour pour les animaux. Bien sûr, elle n’était pas la seule à tenir des discours enflammés sur la protection des autres espèces, mais les fiers défenseurs de la nature avaient tendance à l’agacer. Ils menaient plutôt une guerre stérile contre les Hommes, la plupart du temps, en utilisant un argumentaire assez limité sur le fait que les animaux étaient plus gentils – ce qui était, à son sens absurde, non comparable – et montraient, pour faire court, un esprit assez niais. Leur attitude le forçait à rester sur la réserve lorsque ces genres de sujets arrivaient sur la table. Il ne voulait pas passer pour l’un des leurs et paraître ridicule. Cependant, la jeune fille avait l’air plus sincère, plus modérée. Il s’autorisa donc un autre commentaire.

- Aucun être vivant ne mérite qu’on lui fasse du mal, soupira-t-il. Il n’y a qu’une Terre pour tous, il est injuste de considérer qu’une seule espèce mérite sa place.

Lorsqu’il lui parla de sa maison, de ses compagnons à quatre pattes, l’attitude de Nichole changea sensiblement. Il la sentit gênée et fut presque autant embarrassé de ne pas pouvoir en comprendre la raison. Avait-il bien fait de lui dire qu’il vivait avec une véritable ménagerie ? Elle le prenait peut-être pour une sorte d’illuminé, ou un… hippie ? Il avait déjà entendu des personnes prononcer ce nom sur un ton méprisant en évoquant les membres de communautés qui se formaient dans les bois en refusant les produits de la société moderne. Etait-ce pour cela qu’elle se dépêchait de prendre un appel téléphonique ? Cherchait-elle une bonne excuse pour lui fausser compagnie ? Tous ces questionnements le surprenaient lui-même. Il devait reconnaître que cette petite discussion commençait à lui plaire, et il se sentait déçu de ne pas avoir été à la hauteur. Pour la première fois depuis son arrivée ici, il rencontrait une jeune fille avec laquelle il ressentait une proximité instinctive. Ne serait-il pas dommage de la laisser partir sans en savoir un peu plus sur elle ?

Heureusement, elle revint très vite vers lui et le petit chien. Elle s’excusa en lui expliquant qu’elle venait de recevoir un appel de sa mère. Cette dernière était en ville, chose apparemment assez rare s’il en croyait sa précision un brin sarcastique. Le gallois était soulagé. Nichole était décidément une jeune fille charmante, attachée à certaines valeurs familiales. Il ne comprenait que trop bien son besoin d’aller retrouver cette femme, il l’enviait presque, au fond, d pouvoir le faire.

- Ne vous excusez pas pour cela. Il faut savoir profiter de ses proches tant qu’ils sont là pour veiller sur nous, dit-il en esquissant un sourire tranquille.

Une certaine nostalgie montrait de manière assez évidente qu’il ne pouvait malheureusement pas en dire autant de son côté. Mais Merwyn ne cherchait pas à s’apitoyer sur son sort, au contraire, il tenait à ce que l’étudiante continue de passer d’heureux moments avec ses proches et ne voulait pas retenir l’accomplissement de cet agréable devoir. Il prit donc le chien dans ses bras.

- Puisque personne ne semble le réclamer, alors il repartira avec moi, décida-t-il soudain. Je verrai si je peux lui trouver un bon foyer, à moins qu’il n’insiste un peu trop pour rester chez moi. – Il tendit ses bras et fixa ses petits yeux noirs humides d’un air amusé. – On dirait qu’il est plutôt doué pour charmer les humains ! Enfin… Je ne voudrais pas vous retenir plus longtemps, même si j’aurais eu grand plaisir à poursuivre cette discussion. Voudrez-vous que je vous tienne informée de l’avenir de notre découverte commune ?

Il avait hésité un bref instant avant de lancer cette question mais s’était finalement jeté à l’eau. Certes, revenir sur le chien alors qu’il avait réussi à avouer à Nichole que sa compagnie lui plaisait était plutôt maladroit, mais il n’avait jamais été très doué pour la séduction.

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MessageSujet: Re: Une trouvaille si adorable [TERMINÉ] Sam 18 Oct - 20:18

Nichole connaissait les bases de plusieurs langues, sans pouvoir toutes les parler couramment. Elle était irréprochable en allemand, sa langue maternelle, ainsi qu'en anglais. Elle se débrouillait assez bien en français et en espagnol. Pour le reste, c'était surtout des connaissances qui lui permettaient de comprendre les racines de la langue, certains verbes et des expressions utiles si elle se perdait. Sans être une passion chez elle, la connaissance de plusieurs langues était une force qu'elle appréciait posséder. Elle se sentait moins vulnérable à un environnement inconnu ou à des étrangers. Ce sentiment n'avait toutefois pas été suffisant pour lui donner envie de persévérer dans l'étude des langues. Elle avait tellement d'autres sujets desquels abreuver son esprit: la médecine, les mecs, la mode...!

Nchole avait lu dans un magazine que médire sur une personne rapprochait les gens qui le faisaient. Elle avait quelques fois utilisé ce truc qui s'était révélé bien fondé. Néanmoins, elle n'avait pas eu envie de le faire avec Merwyn à propos de Maddie. Elle préférait apprendre à le connaître un peu mieux - s'il lui en laissait l'occasion - avant de se montrer comme une sale vipère qui ne se retenait pas de dire du mal de ses propres amies. La jeune femme avait aussi lu, justement, qu'il était toujours préférable de se montrer longuement comme une personne très positive si on voulait se faire apprécier, et ce, même s'il fallait trafiquer un peu la vérité. Même si elle avait un peu de mal à mentir, Nichole essayait toujours de paraître le mieux possible et, en même temps, elle tentait d'appliquer le positivisme de sa mère à sa propre vie, ce qui était assez difficile.


- Vraiment ? Alors vous avez reçu une très bonne éducation j’imagine, c’est une chance. J’ai principalement étudié les langues anciennes d’Europe, mais il est plus facile d’apprendre le
vocabulaire d’un pays avec ces bases.


-Oui, c'est ma mère qui a tenu à faire mon éducation à ce niveau. Je ne suis pas grandement savante en ce domaine, mais j'ai des bases qui s'avèrent plutôt utiles.


Pour une fois que sa mère servait à autre chose que paraître trop jeune pour être sa mère et être plus intéressante qu'elle devait ses amis... D'accord, d'accord, Nichole était un peu injuste, mais elle était toujours gênée du magnétisme que sa mère exerçait sur les gens.

- Aucun être vivant ne mérite qu’on lui fasse du mal. Il n’y a qu’une Terre pour tous, il est injuste de considérer qu’une seule espèce mérite sa place.

Nichole lui sourit, mais elle songea que certaines personnes méritaient qu'on leur fasse du mal. Tous ces maniaques qui faisaient la une des infos n'avaient aucune raison d'être laissés en vie. Selon la jeune femme, certaines actions étaient impardonables. Elle ne partageait donc pas l'avis pacifiste - bien que louable de par sa bonté - du bel homme duquel elle était en compagnie. Elle garda son avis pour elle, comme elle le faisait souvent sur les sujets houleux. Elle péférait de loin se taire qu'affronter une discussion périlleuse avec un inconnu. Quand il s'agissait d'une personne qu'elle avait l'habitude de côtoyer, Nichole hésitait beaucoup moins à s'investir dans la discussion, mais elle ne voulait pas être détestée si rapidement après leur rencontre.

- Ne vous excusez pas pour cela. Il faut savoir profiter de ses proches tant qu’ils sont là pour veiller sur nous.

Cette réplique vaguement énigmatique laissa Nichole silencieuse encore une fois. Cette homme était mystérieux. Il semblait avoir vécu de lourdes épreuves, si on se fiait à cette phrase ainsi qu'à sa grandeur d'âme envers toutes les créatures. C'était cela, ou bien Nicky se laissait encore emporter par un élan de romantisme envers un homme qu'elle connaissait à peine et qu'elle trouvait déjà séduisant.

- Puisque personne ne semble le réclamer, alors il repartira avec moi. Je verrai si je peux lui trouver un bon foyer, à moins qu’il n’insiste un peu trop pour rester chez moi. On dirait qu’il est plutôt doué pour charmer les humains !

Ils étaient tous deux trop mignons à voir. Nichole se mordit les lèvres pour se retenir de lancer qu'elle serait ravie de venir visiter le chien chez Merwyn. Il ne fallait pas qu'elle perde la tête! Elle se connaissait assez pour savoir que l'attention d'un homme la rendait facilement stupide et elle s'efforçait généralement de conserver un cerveau en état de marche, ce qui n'était pas toujours aisé.

-Enfin… Je ne voudrais pas vous retenir plus longtemps, même si j’aurais eu grand plaisir à poursuivre cette discussion. Voudrez-vous que je vous tienne informée de l’avenir de notre découverte commune ?

Était-ce un moyen détourné de reprendre contact avec elle à titre de...de...d'homme et de femme...? Nichole dut se contrôler avec force pour s'empêcher de montrer un enthousiasme trop débordant.

-Oh oui! J'en serais très heureuse!

Elle procéda donc à l'échange de numéros de téléphones avec le bel homme, le sourire fendu presque jusque derrière la tête. Puis, elle salua chaleureusement, mais sans dépasser la courtoisie qu'exige une première rencontre, son nouvel ami avant de caresser le chien et de partir. Sur le trajet du retour, elle ne songea même pas à sa mère qui devait faire l'intéressante devant Maddie au moment même, ses pensées étant exclusivement tournées vers Merwyn.

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Une trouvaille si adorable [TERMINÉ]

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