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Diamants et cornes [Terminé]

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Emploi/loisirs : Directrice du Velvet Dream


Feuille de personnage
Phobie: Être éloignée de Deborah
Ambition secrète: Garder Deborah pour moi toute seule

MessageSujet: Diamants et cornes [Terminé] Mar 27 Jan - 18:24

J'en avais marre de Deborah et de son amour pour Charles. J'avais espéré qu'elle se lasserait après quelques mois, mais il me semblait que chaque jour qui passait la rendait encore plus désespérément accroc à cet imbécile. Il y avait maintenant près d'un an qu'elle et ce débile formaient ce qui semblait être le couple le plus heureux de New York et je ne comprenais toujours pas ce qui lui prenait. Pourquoi avait-elle besoin de lui à ce point? Qu'avait-il de si spécial qu'aucun homme n'avait eu jusqu'à présent? Je me répétais sans cesse ces questions sans jamais leur trouver de réponses.

J'essayais de profiter au maximum du PEU de temps que Deborah m'accordait. Ainsi, nous discutions, rions, et nous amusions comme autrefois. Nous trouvions des idées pour le Velvet Dream et nous les travaillions. Toutefois, il arrivait que je croise son regard et que je sache qu'elle n'était pas totalement avec moi, qu'une partie d'elle avait rejoint son stupide policier. Il était rare que je fasse comme si de rien n'était, dans ces cas-là. Je crisais, habituellement. J'étais hautement convaincue qu'il ne lui arrivait pas de m'espérer ainsi lorsqu'elle se retrouvait avec son si parfait petit ami. Il m'était donc insupportable de voir que je ne lui suffisais plus, que notre famille ne lui suffisait plus. Mon seul refuge était la colère.

Depuis que Deborah était avec Charles, je m'étais rapprochée de Samson. Nous avions toujours été assez proches, mais je connectais plus avec lui maintenant que ma jumelle m'abandonnait. Nous nous amusions ensemble sur son projet «Melany». Je l'aidais à perfectionner son plan pour détruire cette pauvre jeune fille et c'était grisant. J'avais même eu l'occasion de lui jouer la comédie et j'en avais adoré chaque seconde. Devenir un feu follet avait éveillé en moi un besoin intarissable de massacre et ce besoin ne s'était pas volatilisé lorsque j'étais devenue tangible.

Ce soir-là, justement, Deborah roucoulait comme une perruche quelconque parce que son prince pas si charmant était venu lui faire honneur de sa présence. Je n'existais donc plus. Au moins, elle faisait un minimum d'efforts pour s'occuper des clients...bien que j'aurais préféré qu'elle les ignore pour que je puisse me fâcher devant tout le monde et que tous voient à quel point j'avais raison. Je n'avais d'autre choix que me concentrer sur mon travail et essayer d'en tirer de la joie, et ce, malgré le comportement odieux de ma soeur.

Je portais une perruque noire et raide, ce soir-là. Mes lèvres étaient peintes en blanc et mes paupières étaient argentées. J'avais minutieusement collé de longs faux-cils qui alternaient entre le blanc et le noir ainsi que plusieurs petites pierres brillantes sous mes yeux. Mon costume se composait de bottes de faux cuir blanc m'arrivant à la mi-cuisse et aux talons vertigineux, d'un minuscule short moulant argenté et d'un soutien-gorge sans bretelles blanc couvert de petites pierres pareilles à celles dans mon visage. Deborah avait un style similaire, mais en blond, rouge et doré.

Je bondis d'un client à l'autre pendant près d'une heure, m'assurant que chacun était heureux et prévoyait rester jusqu'au dernier numéro. En si peu de temps, j'eus l'occasion de demander aux gardiens de sortir du bar deux hommes et une femme dont le comportement était déplacé. Ceux qui se pensaient ici dans un bordel m'horripilaient. Mon bar était beaucoup plus proche d'un cabaret artistique que d'une maison de débauche. Ce fut donc avec frustration que je me postai au bar et demandai au barman de me faire quelque chose et vite, plutôt que le faire moi-même. En soupirant avec un air mauvais, je remarquai un jeune homme juste à côté de moi et me forçai à sourire puisqu'il s'agissait bien évidemment d'un client. Je me tournai une seconde vers le barman pour lui faire signe d'apporter une autre consommation pour ce client en particulier.


-Cadeau de la maison parce que tu me sembles très charmant.

Je traitais tous mes clients avec respect et attention, mais je faisais souvent un effort supplémentaire pour ceux qui étaient jeunes, car ils étaient ceux qui étaient les plus susceptibles de revenir avec leurs amis.

Je jetai un deuxième coup d'oeil au jeune client en question et tentai de ne pas fixer ses cornes. C'était très étrange, un jeune homme avec des cornes, mais j'avais moi-même des faux diamants sur la peau, ce soir. Alors, je ne pouvais pas juger ce qu'il portait.

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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Mer 4 Fév - 15:43

Depuis mon arrivée à New-York, mon père ne m’avait pas laissé un seul instant tranquille. Il m’a forcé à apprendre plus de choses sur la ville que je ne voulais en retenir, m’a rappelé je ne sais combien de fois les coutumes des américains, obligé à le suivre dans chaque ruelle pour être certain que je ne me perdrais pas, et retenu à la maison le reste du temps, avec le chien, les lapins et la chèvre… Il m’a interdit de toucher à la chèvre. De toute manière, je n’ai jamais manqué de goût à ce point, une chèvre domestique, ça n’a aucune élégance. Je sais que l’idée de me lâcher dans la nature le terrifie. Ça m’ennuie qu’il ne me fasse pas plus confiance. Après tout, n’ai-je pas réussi à vivre trois ans en m’invitant régulièrement dans des petites villes d’Europe de l’Est pour lui faire passer du courrier ? Même s’il considère les humains de cette région plus primitifs, j’ai réussi à les duper, je me suis même parfois attardé dans des bars avec eux, en me faisant passer pour un touriste anglais. Grâce au compte bancaire des Caerwyn, je pouvais facilement m’attirer leur sympathie en leur payant des coups au prix ridicule pour moi et extravagant pour eux. Je n’ai jamais abusé ni provoqué le moindre scandale. Alors pourquoi est-ce que je ferais une bêtise ici ? Vraiment, je suis déçu. Je me faisais une joie de le retrouver, et j’ai l’impression qu’il préfèrerait me savoir loin, très loin de sa vue. Il a beaucoup changé. On dirait qu’il tente d’effacer son passé, et me voit comme un souvenir gênant. Ce n’est sans doute pas vrai, en tout cas il me le jure, mais il me donne cette impression. Il évoque des projets trop importants pour une prise de risques. Il ne veut rien m’expliquer en détails, il ne me fait pas confiance. En même temps, je n’ai jamais été l’enfant avec lequel il appréciait passer du temps. Chez les faunes, ce n’est pas une chose préoccupante, le cercle familial intime n’existe pas. Mais, je me rends compte maintenant que je suis le dernier héritier Caerwyn que l’organisation sociale humaine m’est plus significative, et je regrette de ne pas avoir su devenir « le préféré » aux yeux de mon père.

En tout cas, après deux horribles semaines de presque confinement, j’ai enfin une soirée pour moi. Je m’attends à recevoir des sms toutes les trente minutes avec la quasi obligation d’y répondre pour ne pas avoir une brigade complète lancée sur ma tête (je plaisante à peine, il est bizarre mon père, il serait capable de me préférer derrière les barreaux s’il a un doute) mais c’est un bon début. Et puis, j’ai vraiment envie de m’intégrer et de réussir à lui prouver que je suis parfaitement capable de devenir civilisé. J’aime la vie en forêt. Ceci dit, mon château, toute la culture qu’il incarnait me manque beaucoup, je veux aussi avoir une chance d’exister dans ce monde comme un homme. Pour cette salvatrice virée en ville, je n’ai qu’une idée en tête, trouver un partenaire. Mon père le sait bien, il serait dangereux de m’obliger à contenir mes pulsions plus longtemps. Les faunes sont les créatures les plus gentilles qui soient, je vous le jure, mais elles peuvent devenir horribles si on leur empêche d’exprimer leurs besoins. Là, je suis dans la limite. Dans quelques jours, ça deviendra sérieusement intenable et, comme on vit en dehors de New-York, il n’est pas possible d’engager discrètement des filles pour s’occuper de moi. En plus, je n’en ai pas très envie. Je trouve que c’est vraiment sinistre. Elles ont l’air bien trop tristes ces filles là, pour la plupart, et moi je ne suis pas là pour faire encore plus de peine à des gens tristes. J’ai beau avoir le don de donner à presque n’importe quel humain envie de moi, ça reste plus agréable quand on ne force pas complètement les choses et puis, je suis habitué aux nymphes, et les nymphes ne se laissent pas avoir si vite. Elles aiment jouer les résistantes même si elles finissent toujours par dire oui. C’est comme ça qu’on s’occupe entre nous, on crée des faux suspens pour faire passer la journée et rendre la récompense plus agréable. De ce que j’ai compris, les humaines font un peu la même chose, même si elles ne me l’ont jamais beaucoup montré.

Mon père dit que les humaines sont fades. Moi, je les aime bien. J’aime bien leur fragilité, je la trouve assez adorable même s’il faut faire très attention pour ne pas les blesser. Ce n’est pas si mal, ça oblige à éviter d’être trop sauvage, ça apporte des émotions qu’on ne ressent pas forcément avec un corps de dryade qui se tord comme une liane, ou celui d’une ondine, puissant et musculaire à force d’onduler sous l’eau. J’aimerais bien rencontrer une gentille humaine, même si je ne pourrai pas la garder plus d’une nuit, à cause de l’effet que lui fera ladite nuit. Elle croira avoir été victime d’alcool ou de drogue, si elle n’était pas alcoolisée, et elle se souviendra d’une expérience troublante et agréable. Si je reviens dans ses jambes une seconde fois, elle comprendra que c’est réellement ma faute, et ce sera dangereux. Peut-être qu’à un moment, j’arriverai à me lier assez d’amitié avec une humaine pour lui dire la vérité en espérant ne pas la faire fuir, mais je ne veux pas être trop ambitieux ce soir. Pour ce soir, j’ai étudié tous les lieux dits de « débauche » où il est apparemment plus facile de trouver un partenaire consentant et gratuit. Il semble que l’enseigne Velvet Underground soit assez réputé pour attirer une clientèle en chaleur, qui vient prendre un verre avec des idées en tête. De ce que j’ai vu des spectacles sur youtube, ils font des genres de rituels pour réveiller le désir des gens. Ça a l’air joli à voir en plus. Donc, je suis entré dans le cabaret seul, et je me suis mis au bar pour avoir une bonne vue sur la scène, en essayant de repérer toutes les femmes sans partenaires, jeunes ou plus mûres, peu importe d’ailleurs, je ne suis pas exigeant ce soir. Je sentais beaucoup de désir un peu partout, et comme j’en ai beaucoup moi-même, je l’attirais aussi. Dès qu’un joli regard se posait sur moi, je lui offrais mon plus beau sourire. Mais personne n’eut le temps de venir vers moi puisque, à peine ce petit numéro commencé, l’une des filles qui s’occupait apparemment de la clientèle vint juste à côté de moi avec un verre offert par la maison.

- Ah ben… Merci, c’est super sympa ! Je viens juste d’arriver, je n’ai même pas eu le temps de passer une commande.

J’ai pris le verre, un peu troublé mais très content d’être si gentiment accueilli. La jeune femme était jolie aussi, avec un costume assez étrange mais très amusant, un genre de tenue de séduction pour les humains, de ce que j’avais pu comprendre. Comme ils ne peuvent pas se promener nu, ils aiment les tenues très courtes, et très voyantes (pour insister sur le fait qu’elles sont courtes) dans les lieux de débauche. Par contre, je ne sais pas si on est censé complimenter cela, beaucoup disent que ça fait mauvais genre. Mais je crois que cette fille porte ce look plutôt bien.

- C’est une jolie tenue. Tu vas sur scène aussi ?


Dernière édition par Talfryn Caerwyn le Jeu 2 Avr - 17:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Lun 23 Mar - 15:24

J'avais plus de 800 ans. Logiquement, cela aurait du me rendre mature, sage, réfléchie. Je savais que ce n'était toujours pas le cas. Peut-être ma personnalité était-elle influencée par ma nature de feu follet. Je n'arrivais pas à me détacher des mes émotions pour m'offrir une vision froide et calme des choses. Ainsi, même en sachant qu'il était normal, après tout ce temps, que mon frère et mes soeurs trouvent une personne avec qui partager leur vie, je ne pouvais l'accepter totalement. Je me sentais abandonnée. Ils me rejetaient et je ne leur suffisais pas. Point.

Samson n'avait toujours pas de petite copine sérieuse. Il fréquentait Melany Crowley, mais nous savions qu'il ne s'agissait aucunement d'amour du côté de mon frère. Une grande partie de moi chérissait cette réticence à s'attacher que présentait Samson, tout comme cette quasi-impossibilité à être en couple de Myriam qui restait intangible, même après toutes ces années. Tous deux pouvaient se faire des amis, mais ceux-ci ne pourraient jamais compétitionner avec moi. L'amitié ne valait pas les liens du sang. L'amour, lui, était assez fort pour se dresser au centre d'une famille et la séparer. C'était pourquoi je le craignais. Si Samson me mentionnait une fille plusieurs fois, ou s'il parlait d'elle différemment des autres filles, je paniquais et le voyais déjà abandonner le Velvet pour se créer un nid romantique avec une étrangère. Il m'arrivait donc souvent de terroriser d'innocentes demoiselles juste pour qu'elles cessent de faire tourner la tête de mon frère... Si Myriam semblait s'attacher à un fantôme, je lui rappelais que jamais il ne la serrerait dans ses bras et qu'il la verrait toujours comme une ombre fuyante, comme une meurtrière à demi repentie, incapable de s'assumer, préférant une demi-vie à l'existence pleine qui pouvait s'offrir à elle. Je la faisais souvent pleurer, car j'avais toujours eu le dessus sur elle dans nos conversations et je savais comment manipuler ses sentiments, mais c'était de loin préférable à la voir partir avec son supposé grand amour.

En ce qui concernait Deborah, c'était évidemment pire. J'étais plus proche d'elle que de Samson et Myriam. Elle était ma jumelle, ma moitié. J'étais supposée être son oxygène, son autre côté de la médaille. Pourtant, elle accordait de plus en plus de place à ce débile aux grands yeux vides d'intelligence, ce policier nullement différent d'un petit soldat de plomb à la tête creuse. Je ne comprenais pas pourquoi elle l'avait choisi, et ce, même si elle m'avait maintes fois énuméré ses insipides qualités et les sentiments ridicules qu'il lui inspirait. De toute manière, même si elle était tombée amoureuse d'un homme respectable et intéressant, j'aurais détesté ce connard de s'être immiscé dans ma famille.

Au moins, je devais concéder à Charles Demers qu'il ne venait pas au Velvet Dream pour se toucher devant nos artistes. Encore ce soir, il m'avait fallu expulser des clients dont les mouvements sous la table étaient répugnants dans un lieu public. Oui, nous étions attirants et sensuels. Être désirée ne me dérangeait aucunement. Mon bar vivait sur les désirs des gens. Seulement, nous nous appliquions à créer une ambiance de rêve érotique et il n'était pas question que celle-ci soit ruinée par les détournements pornographiques de certains clients. S'ils voulaient un bordel, ils n'avaient qu'à aller faire un tour dans le quartier Grey.

Les cornes que portait le jeune homme eurent un peu raison de ma mauvaise humeur de ce soir. J'aimais les gens différents, ceux qui osaient porter des trucs spéciaux pour sortir. J'allais justement lui faire une remarque sur le réalisme de son déguisement quand je remarquai le bas de son corps: il ne s'agissait évidemment pas de jambes humaines. Je détournai d'ailleurs les yeux très rapidement, faisant mine d'observer la foule avec attention, me demandant si j'avais exagéré sur l'alcool ou si j'avais consommé un quelconque hallucinogène sans m'en rendre compte.

Soit mes yeux mes jouaient des tours, soit j'étais la seule à voir la vérité, car il était indéniable que personne autour de nous ne voyait les attributs hors-normes du jeune homme. Si cela avait été le cas, il y aurait eu des réactions, des regards de travers... D'où me venait donc cette image de lui? Cela avait peut-être un lien avec mon imperméabilité à la magie. Si l'apparence qui était sous mes yeux était bien réelle, mon client devait la cacher avec un sort ou un pouvoir, lesquels n'avaient jamais d'effet sur moi.


- C’est une jolie tenue. Tu vas sur scène aussi ?

Je jetai un oeil à mon interlocuteur et, sans fixer démesurément le bas de son corps ou ses cornes, j'en eus de nouveau une vue assez importante pour me confirmer que ce que j'apercevais était bien trop détaillé pour ne pas être réel. Je n'étais pas vraiment sous le choc, étant moi-même une créature magique, mais une certaine curiosité me prenait. Je décidai vite de faire semblant de rien et de traiter le jeune homme comme un humain ordinaire. Je voulais qu'il croie que je ne savais pas qu'il n'était pas humain, surtout jusqu'à ce que j'en apprenne plus sur le type de créature qu'il était: je ne voulais pas risquer qu'il tente de me tuer s'il était violent ou craintif.

-Merci! Je l'ai créée avec ma soeur. La rouge et dorée, là-bas.

Je savais que la plupart des hommes aimaient surtout la peau qui dépaissait la tenue, beaucoup plus que les vêtements eux-mêmes, mais je me laissais toujours transporter par la joie quand on complimentait mes oeuvres.

-Oui, je vais sur scène un peu plus tard. Je laisse mes copines réchauffer un peu l'ambiance avant mon numéro. Je me réserve une place de choix puisque je monte le spectacle.

Je montais le spectacle avec Deborah, mais je n'avais pas envie de parler de l'équipe que nous formions, surtout quand je pensais qu'elle ne regarderait que son crustacé quand nous allions faire notre numéro tout à l'heure.

-Atara Lackey, propriétaire de ce petit paradis.

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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Jeu 2 Avr - 18:41

Même si ma question n’est pas très inspirée, la fille a l’intention de rester un peu avec moi. Je suis à la fois heureux et un peu inquiet. Ce n’est pas la première fois que je me retrouve en face à face avec une humaine mais mon père m’a tellement mis la pression qu’un faux pas serait catastrophique pour ma réputation. En Europe de l’Est, je dois dire que les choses étaient assez simples. Les personnes que je rencontrais ne maîtrisaient pas très bien l’anglais, elles n’attendaient donc pas que je leur fasse la discussion, mon côté « touriste » suffisait à les distraire. Les gens m’expliquaient maladroitement les coutumes locales et semblaient très satisfaits de faire découvrir leur région à un petit anglais roux au visage pâle (j’ai bien tenté de leur dire que j’étais en fait gallois, mais cette distinction géographique ne les intéressait pas). A New-York, chaque nouvelle rencontre était un défi. Je devais faire très attention à ne pas mentionner mon père par exemple. Physiquement, Merwyn Caerwyn a cinq ans de plus que moi, notre lien de parenté semble donc improbable. J’avais décidé d’en parler comme d’un grand frère. C’était assez étrange mais notre relation était trop complexe pour un lien plus secondaire. Néanmoins, il était souhaitable que j’évite de mentionner ma situation familiale. Des frères qui se partagent une maison à l’extérieur de New-York, surtout maintenant que mon père a retrouvé une vie de couple sérieuse, ça reste assez tordu.

Plein de bonnes résolutions, je reste très concentré sur les paroles de la jolie blonde. Elle semble très contente que je m’intéresse à sa tenue et elle m’apprend aussitôt qu’elle l’a confectionnée elle-même avec sa sœur. Je suis machinalement son doigt pour regarder l’autre femme, une brune, dans une robe rouge tout aussi charmante que la bleue. Ça semble plutôt réussi ! En tout cas, elles ont l’air très investies dans ce spectacle si les costumes sont aussi du fait main. Je suis très loin de maîtriser le sujet de la mode, et même de l’art en général, mais il me semble que je dois me montrer admiratif. Et puis, j’ai de la chance, je suis tombé sur la directrice de la troupe. Elle aura sans doute beaucoup de choses passionnantes à me raconter, et peut-être qu’elle pourra me donner des tuyaux sur le genre de personnes à séduire ici. Quoique je pourrais tenter de la séduire aussi, tant qu’à faire… Enfin, on verra bien ! J’aimerais déjà réussir à avoir un échange intelligent avec elle, et ce n’est pas en acquiesçant bêtement qu’elle risque de me trouver très malin. Comme elle se présente, je tiens déjà un bon début. Les humains se mettent souvent en confiance de cette manière, ils donnent leur nom, puis des précisions à la fois floues et personnelles, c’est ce qui permet souvent d’engager une bonne discussion. J’ai toujours tendance à vouloir poser un tas de questions, pour être sûr qu’on me répondra, mais on m’a dit que ce n’était pas une bonne chose chez les humains. Les humains parlent sans y être invités s’ils le désirent, ils n’aiment pas se sentir forcés.

- Enchanté Atara, moi c’est Talfryn. Ça ne fait pas très longtemps que je suis à New-York, alors je découvre un peu… Je ne m’attendais pas à tomber sur la propriétaire si vite ou même tout court en fait. Je resterai jusqu’à ton numéro. J’ai vu quelques vidéo sur internet avant de venir et… je ne suis pas habitué à ce genre de spectacle mais c’est agréable à découvrir en vrai.

Peut-être que je parle un peu trop. Je mouline comme je peux faute de savoir très exactement où aller. Atara est-elle gentille parce que je suis nouveau ou veut-elle réellement faire ma connaissance ? Dans le doute, je préfère lui servir des compliments faciles. Si sa démarche est purement commerciale, elle me fera un sourire, se dira ravie de me savoir satisfait, et retournera dans les loges. Alors je pourrais me focaliser sur une fille facile à séduire. Il ne me semble pas, en effet, qu’il soit très prudent de faire du rentre-dedans à la grande patronne. Je continue l’air de rien à observer les filles du Velvet, mais mon regard se fige très rapidement sur la jolie orientale qui exécute une danse lascive sur scène. Je dois dire que c’est assez hypnotique, un peu trop excitant aussi. Je ne suis pas certain qu’assister au spectacle d’un bout à l’autre soit une bonne idée, tout compte fait. Si je ne me maîtrise pas, je risque de faire quelque chose de stupide, comme essayer de rejoindre une danseuse sur scène. L’orientale finit d’ailleurs par croiser mon regard. Ça ne relève absolument pas du hasard. Mon désir est un appel très fort, et je suppose que s’investir dans des mouvements d’une telle suavité doit mettre le corps en éveil. Les pulsions érotiques de la jeune femme sont actuellement assez fortes pour l’attirer à moi. Je lui tourne donc un petit sourire, auquel elle répond par un clin d’œil, avant de revenir vers la grande patronne. Je ne voudrais pas qu’elle se vexe en me soupçonnant plus intéressé par une autre, mais ça a été plus fort que moi. Je n’ai même pas de préférence. Là, je dirais pour ne rien cacher que je les veux toutes.

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Dernière édition par Talfryn Caerwyn le Jeu 25 Juin - 18:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Mer 27 Mai - 20:13

Les feux follets étaient stériles. Ce fait calmait mes ardeurs jalouses. Je savais que je n'avais pas à craindre que l'une des conquêtes de Samson ne vienne essayer de prendre une place spéciale dans notre vie juste parce que son ventre avait contenu un tas de chair braillard portant les mêmes gênes que mon frère. Ou bien que ce débile de Demers ne demande Deborah en mariage pour élever dans un nid douillet le fruit de leur amour. Naturellement, dans un tel cas, je laisserais tout de même une place à un tel enfant: je ne rejetais pas ma famille. Néanmoins, je méprisais cette idée que deux personnes se devaient d'être proches parce que leur union sexuelle avait fabriqué un autre humain. Je trouvais que c'était une bien drôle de paires de menottes qu'un enfant retenant deux personnes ensemble. Heureusement, je n'avais pas à m'inquiéter d'une belle-soeur ou d'un beau-frère impossible à éloigner pour cause de bébé.

Je savais que Deborah n'était pas aussi enchantée que moi par notre stérilité commune. Elle aurait aimé porter un enfant (ou plusieurs) et agrandir notre famille. Elle en avait déjà fait le projet avant que la peste noire ne vienne gâcher notre bonheur. Aujourd'hui, elle n'en parlait jamais, mais je n'étais pas sotte au point d'ignorer que cette idée n'avait pas cessé de l'attrister. Je ne pouvais rien y faire et, même si je préférais habituellement la voir heureuse, je ne pleurais pas sur l'absence d'un neveu ou d'une nièce, car je gardais la certitude que, si Deborah fabriquait sa propre petite famille, elle s'éloignerait de moi.

Je vivais pour ma famille. J'avais des amies et des centres d'intérêt, certes, mais je ne me sentais réellement bien que lorsque je passais du temps régulièrement avec mes soeurs et mon frère, et qu'on me confirmait l'importance que j'avais pour ceux-ci.

Mon pouvoir d'imperméabilité à la magie me faisait vivre toutes sortes d'aventures. Je voyais ce qui devait être caché et j'étais aveugle aux illusions magiques. Si un endroit était chauffé magiquement, il était difficile pour moi de ne pas avoir froid. C'était arrivé chez une ancienne amie sorcière. Je grelottais alors qu'elle et nos autres amis étaient bien à leur aise. Ce pouvoir était à la fois une grande force et un en désagrément incontournable. Je ne m'en serais pas passé, malgré ses défauts, car j'aimais me savoir au-dessus des mensonges fabriqués par les facultés surnaturelles et, surtout, presque invincible. Personne ne pouvait me blesser en me projetant un choc électrique au visage ou un laser à travers la poitrine. Pour ce qui était du feu, rien à voir avec mon imperméabilité magique: je pouvais me transformer en boule incandescente, ce qui me mettait à l'abri de toutes les brûlures.


- Enchanté Atara, moi c’est Talfryn. Ça ne fait pas très longtemps que je suis à New-York, alors je découvre un peu…

-Oh j'espère que t'as pas découvert Grey... C'est tellement laid là-bas. Parait que même les policiers n'y vont pas vraiment. Y a un bordel qui nous rafle la clientèle en manque de sensations, d'ailleurs.

Deborah m'avait confirmé que Charles ne patrouillait jamais le quartier Grey. Le chef de la police avait décrété que cette zone demandait trop d'efforts pour les résultats obtenus et, surtout, pour l'importance de cette partie de la ville.


-Je ne m’attendais pas à tomber sur la propriétaire si vite ou même tout court en fait. Je resterai jusqu’à ton numéro. J’ai vu quelques vidéo sur internet avant de venir et… je ne suis pas habitué à ce genre de spectacle mais c’est agréable à découvrir en vrai.

Je souris jusque derrière ma tête. J'aimais quand les gens mettaient des vidéos de nous sur Internet. La pub gratuite, c'était génial! J'étais aussi particulièrement ravie que des extraits d'aussi mauvaise qualité aient convaincu le jeune homme de venir assister au spectacle. Cela voulait dire que nous impressionnions facilement!

J'observai la scène pour voir à quel numéro on en était et, avant que mes yeux ne se posent sur la danseuse, je reconnais la chanson.


-OUUUUHHHH!!!!

J'avais laissé échapper un son aigu, ne pouvant contenir mon enthousiasme.

-Tu vas voir, cette danse va te convaincre de revenir nous rendre visite. C'est l'une de mes meilleures danseuses.

Il s'agissait bien entendu de Jenna. Dès que la lumière se braqua sur elle, je la fixai si fort que mes cils auraient pu en tomber. J'avais menti: elle n'était pas l'une des mes meilleures danseuses. Elle était tout simplement ma préférée. Je l'adorais à m'en faire éclater la peau en explosant d'admiration et d'affection pour elle.

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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Jeu 25 Juin - 18:57

Je suis content, je crois que je me débrouille plutôt bien. Atara a l'air réellement très fière de m'entendre dire que des vidéos m'ont convaincu à visiter son bar alors que je ne suis – à priori – pas un habitué de ce genre de spectacle. Elle ne dit rien mais sourit à s'en fendre les lèvres ! J'essaye d'imaginer un peu ce qu'elle doit ressentir… Les humains aiment se créer des espaces de vie et y inviter des gens dans l'espoir qu'ils s'en sentent bien, fassent des compliments sur la décoration, leur sens de l'accueil, ce genre de choses. Certains, en font tout un métier. Ils sont tellement certains de leur capacité à bien traiter les gens qu'ils ouvrent un endroit public où il faut payer des verres ou une entrée pour avoir le droit d'y rester un peu. Je ne doute pas que la patronne ait mis beaucoup d'elle-même. Ici, c'est un bout de son univers qu'elle offre, un univers apparemment plein de paillettes et de jolies femmes comme elle. Pourquoi pas ! Ça m'a l'air plutôt chouette comme partage ! Avec un peu d'inquiétude, elle me demande aussi si je connais le quartier Grey, en me souhaitant de ne pas avoir mis les pieds dans ce coin si sordide où même les policiers n'osent pas s'aventurer. Oui, maintenant qu'elle en parle, je me souviens qu'on m'en a touché quelques mots au poste. On m'a dit que c'était une zone de non droit, que la criminalité était si élevée que ça ne servait à rien d'aller y faire la loi, sauf quand il faut vraiment retrouver un tueur dangereux pour l'ensemble des citoyens et autres choses très graves.

Pour tout avouer, ça me donne plus envie de découvrir ce quartier qu'autre chose ! J'ai toujours vu les humains comme des êtres très organisés, qui ont des règles strictes et qui peuvent envoyer en prison tous ceux qui contournent les lois, où on ne peut pas du tout faire disparaître un corps sans que ce soit signalé parce que, même si la victime ne connaissait personne, son nom est forcément enregistré quelque part. Quand on lit les romans policiers, les coupables ne peuvent jamais s'en tirer, il y a toujours une subtilité qu'on oublie apparemment. Et pourtant, dans le quartier Grey, les lois tiennent plus du rapport de force. Il y a même des gens sans papiers ! Quand on m'a raconté tout ça, je me suis dit que la ville n'était pas si différente que la forêt. Nous n'avons pas de lois écrites, mais certains peuples imposent leurs règles. Nous, faunes et dryades, considérons que la forêt devrait être à tout le monde, mais il y a toujours des harpies, centaures ou dragons pour ne pas être d'accord, et il est vraiment inutile de chercher à les contredire ou à se balader sur leur territoire pour les narguer, ça a tendance à mal terminer. Et quand ça se termine mal pour l'un d'entre nous, personne n'ose lancer une guerre, parce que ça serait une idée dangereuse. Les dryades sont fortes, mais elles n'aiment pas tuer ou inciter les leurs à prendre des risques, un peu comme les gens dans la police.

– Non, je ne suis jamais allé là-bas. Je suis en train de passer des tests pour entrer dans la police en fait, et c'est vrai, ils évitent d'y aller sauf s'ils ont une personne très précise à arrêter. Ce sont des gangs qui font la loi là-bas apparemment, et leurs histoires sont trop compliquées à démêler… Pour la clientèle, je ne sais pas si les gens qui vont dans le bordel dont tu parles resteraient ici de toute façon. Je préfère être sûr que les filles sont là de leur plein gré. Les gens qui trouvent que ça n'a pas d'importance ne sont pas de bonnes personnes.

Avec un père comme le mien, j'ai eu une éducation assez stricte concernant les choses à faire et les choses à éviter au contact des humains. Mon père est « vieux jeu » comme on dit. Il n'a jamais essayé de nous imposer ses valeurs morales, sachant qu'elles ne pourraient parler aux créatures qu'il avait conçu avec notre mère, mais il lui semblait toujours très important de nous rappeler dans quel cas il n'était pas bien de prendre une humaine. Par exemple, sauf en cas d'extrême nécessité, il a beaucoup insisté sur le fait qu'il n'était pas bon d'encourager le trafic de corps. Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais sur ce point, ça me semble important de respecter. En plus, les filles que l'on soumet aux désirs d'hommes dès leur plus jeune âge sont comme éteinte, moi je préfère regarder cette belle orientale qui a l'air pleine de vie sur la scène. J'espère d'ailleurs l'avoir assez charmée pour qu'elle ait envie de venir prendre un verre avec moi bientôt ! J'essayerais bien de la retrouver mais Atara pousse un cri tout excité à côté de moi. Elle me dit que je dois vraiment regarder la prochaine danseuse parce qu'elle fait partie des meilleures.

– Oh j'ai trouvé celle juste avant très bien aussi !

Mais par respect, je reste attentif et je suis la nouvelle danse. C'est vrai que la nouvelle est très douée… Quel charme ! Ce n'est absolument pas humain. A sa manière d’envoûter le public, je devine le genre de créature que ça peut-être. Elle vient de l'eau, c'est à peu près sûr. J'ai déjà erré sur les berges et les plages pour attraper des ondines ou des sirènes. Je ne serais d'ailleurs pas contre recommencer, ce serait moins risqué de faire l'amour à une non-humaine, mais Atara a l'air hypnotisée, presque autant que le public au premier rang. Elle a beaucoup de désir aussi depuis le début de la danse.

– C'est vrai qu'elle est très douée, elle doit avoir peu de rivales ici… Mais, je ne pense pas que je pourrais revenir pour elle, tu as l'air de beaucoup l'aimer.

Quand je dis ça, je me demande si je n'ai pas fait une bêtise. Bon, les humains sont plutôt du genre à ne pas aimer que l'on soit attiré par un être qui les attire eux-mêmes, alors il me semble que je fais bien de poser les limites moi-mêmes. Mais, je me suis beaucoup basé sur mon ressenti de faune pour affirmer qu'elle aimait cette jeune femme avec tant d'assurance. Est-ce qu'un humain aurait pu le deviner aussi ? Aaaah, c'est vrai, cette histoire d'adaptation est compliquée !

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Dernière édition par Talfryn Caerwyn le Mar 21 Juil - 16:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Jeu 9 Juil - 17:12

Depuis que Deborah était amoureuse de son policier sous-intelligent, je me sentais rejetée. Nous n'étions plus aussi proches qu'avant. Elle n'aimait plus autant torturer des gens, alors que cette activité avait pour origine notre nature de feux-follets. Je la sentais ailleurs lorsque nous le faisions. J'avais l'impression que l'essentiel de ses sujets de conversation revenait à Charles Demers: son travail de policier, ses beaux yeux - non, mais as-tu vu comme ils sont verts et plein d'étoiles? - et son sourire (stupide, à mon avis), le dernier cadeau qu'il lui avait offert, une sortie qu'ils avaient faite ensemble, une blague qu'il avait dit pour la faire rire... Deborah semblait régurgiter sans modération des monologues amoureux sur son gros débile et cela me tuait.

Je savais que j'aurais dû faire l'effort d'essayer d'amenuiser ma jalousie, mais je n'en avais pas envie. Pourquoi aurais-je à accepter cet étranger dans ma famille alors que, de mon côté, personne n'avait valu la pleine que j'ose l'intégrer auprès de mes soeurs et de mon frère? J'en voulais à Deborah d'avoir droit à une expérience de vie qui m'échappait totalement. Comment pouvait-elle être aussi obnubilée par cet homme? En quoi valait-il toutes les heures qu'elle lui consacrait?

Je passais plus de temps qu'avant auprès de Samson. Je puisais à ses côtés la dose familiale que je ne retrouvais plus assez avec Deborah. Mon frère était fantastique: drôle, sadique et charmant. Nous nous ressemblions certainement autant que je rappelais ma jumelle, sinon plus. Samson et moi étions les plus tordus de la famille. Deborah et  Myriam possédaient une lumière qui n'avait jamais brillé en nous et, bien que nous souhaitions tous les deux ne jamais la voir s'éteindre chez nos soeurs, nous n'avions pas essayé de l'allumer dans notre propre coeur. Samson n'était déjà pas normal avant notre mort commune. Depuis sa transformation en feu follet, il aimait faire le mal d'une manière qu'un démon aurait trouvé exemplaire. Il me fascinait et m'amusait. Et je tuerais quiconque arriverait un jour à lui faire du mal.

Je déconseillais souvent à mes clients d'aller dans le quartier Grey, mais je ne me privais pas d'y aller moi-même. Je changeais mon apparence et j'allais foutre le bordel dans une ruelle ou une autre. Ça me défoulait. Quoi de mieux que repeindre un grand mur avec le sang d'un junkie qui avait fait un commentaire désobligeant sur ma tenue? Même depuis que j'étais tangible, je n'avais pas cessé de tuer. Des décennies et des décennies de meurtres m'avaient rendu cette activité comme une mauvaise habitude de laquelle je ne pouvais me débarrasser. La mort était ma drogue et je savais très bien que beaucoup de feux follets planaient aussi sur cette dépendance. Nous en avions rencontré quelques uns, au fil des ans, et tous nous avaient confirmé que tuer pour en arriver à une existence normale ne les avait aucunement menés à une existence normale. Je trouvais ma vie très satisfaisante, même si elle ne convenait pas aux standards espérés par les humains. Quelques assassinats de temps en temps ne nuisaient en rien à mon quotidien.


– Non, je ne suis jamais allé là-bas. Je suis en train de passer des tests pour entrer dans la police en fait, et c'est vrai, ils évitent d'y aller sauf s'ils ont une personne très précise à arrêter. Ce sont des gangs qui font la loi là-bas apparemment, et leurs histoires sont trop compliquées à démêler… Pour la clientèle, je ne sais pas si les gens qui vont dans le bordel dont tu parles resteraient ici de toute façon. Je préfère être sûr que les filles sont là de leur plein gré. Les gens qui trouvent que ça n'a pas d'importance ne sont pas de bonnes personnes.

Si la mention de son lien évident avec mon cauchemar, Charles Demers, me fit l'effet d'une douche froide, les commentaires de mon client sur l'importance de la volonté des filles à travailler dans notre domaine me transporta de joie. Beaucoup de débiles croyaient que les corps des femmes étaient leur droit acquis et ne se souciaient aucunement du bien-être des personnes qui les habitaient. J'avais rencontré suffisamment de ces connards pour le savoir. Alors, entendre un homme dire aussi ouvertement qu'il accordait de l'importance à celles qu'il dévorait des yeux m'emplissait de bonheur.

– Oh j'ai trouvé celle juste avant très bien aussi !

-Ouais, elle avait l'air de te trouver assez bien aussi. Elle s'est trompée dans sa chorégraphie en te fixant.


Naturellement, je connaissais toutes les chorégraphies par coeur. Je passais beaucoup de temps avec mes danseuses à les aider à perfectionner leurs numéros. Nous n'étions pas un vulgaire bar où les filles se frottaient sur un poteau en secouant leur poitrine. Nous exercions un art. Un art super sexy.

Jenna ne me déçut pas. Je faillis bien m'évanouir d'adoration durant son numéro. Tout en elle était parfait.  C'en était déconcertant. Peu importaient le style musical, le costume ou le maquillage, elle était toujours hypnotisante.


– C'est vrai qu'elle est très douée, elle doit avoir peu de rivales ici… Mais, je ne pense pas que je pourrais revenir pour elle, tu as l'air de beaucoup l'aimer.

Je regardai mon nouveau meilleur ami roux et cornu avec incrédulité. Je n'étais pas certaine de comprendre ce qu'il sous-entendait. Est-ce que Jenna n'était pas assez bien pour lui? Ou pensait-il qu'elle et moi étions ensemble? Cette dernière supposition m'amusait bien puisque, justement, Jenna préférait les femmes. Il était certain que, si l'occasion se présentait, je ne serais pas contre une nuit dans ses bras mais, pour ce qui était de plusieurs nuits... Je ne savais pas. Je n'étais pas Deborah, moi, à chercher une personne à chérir du matin au soir en oubliant tout le reste.

J'allais souligner mon incompréhension de la remarque de mon client quand je repensai à Primrose. Mais bien sûr: il l'avait préférée à Jenna et c'était pourquoi il prenait un chemin détourné pour me le faire comprendre! Cela n'avait donc rien à voir avec moi ou avec mon irréprochable amie blonde.

-Souvent, les filles viennent prendre un verre après leur numéro. Si tu as de la chance, tu pourras peut-être en offrir un à Primrose et elle te révélera son vrai nom... Tu devineras que Primrose est un nom de scène.

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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Mar 21 Juil - 18:43

Les humains ont des pratiques que je ne comprends pas toujours. Par exemple, le sexe est très important chez eux, mais y accéder est parfois difficile parce qu'ils doivent procéder à tout un rituel avant. Pour être certain de trouver un corps disponible, on peut s'en acheter un, sauf que les prostitués n'ont pas vraiment le choix de leur partenaire, et que la personne qui paye ne respecte pas forcément l'autre, puisqu'elle l'a payé comme n'importe quel prestataire de service. D'un coté ils se prennent la tête, et de l'autre, ils provoquent des situations gênantes qui n'arriveraient pas si ils ne se basaient pas autant sur ce qu'ils appellent des « valeurs morales ». J'ai encore du mal à imaginer que de nombreux humains puissent souffrir de ne jamais avoir la moindre relation de leur vie ou n'en connaître qu'une ou deux dans une existence toute entière. Ils n'ont certes pas les mêmes besoin que moi, mais ils en ont assez pour le vivre mal d'après ce que j'ai compris. Je ne sais pas du tout pourquoi tous leurs partenaires potentiel les laissent parfois en plan, au lieu de se comporter en vrais amis avec eux. Chez les faunes, la distribution génétique n'est pas égale non plus. Même si nous ne souffrons pas d'obésité, il existe toujours des mâles moins bien pourvu qui paraissent moins attirants aux femelles, et d'autres auprès desquels elles sont toujours plusieurs à roder. Moi, je suis entre les deux, mais plus du coté attirant quand même. Mon frère Macsen était un sacré tombeur, alors qu'il s'intéressait très peu aux dryades. Et, j'ai connu Cyprius, un faune tout petit et peu robuste qui avait beaucoup de mal à attraper des femelles. Même chez nous, cette situation n'est pas facile, et sa vie sexuelle dans la foret sera toujours un peu compliquée, mais on essaye de s'adapter. Ça ne me gênait pas de permettre à Cyprius de coucher avec moi ou avec mes partenaires pour l'aider à se sentir bien dans sa peau. On ne peut pas laisser les gens qu'on apprécie comme ça ! Enfin… Ce sont des réflexions que je garde pour moi parce que, quand j'essaye de lancer ce genre de débat, les humains me trouvent super bizarre ou « trop ouvert » pour eux.

Atara me fait remarquer que la danseuse sur laquelle j'ai jeté mon dévolu a manqué quelques pas en me rendant mon regard. Cela me tire un grand sourire. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis surpris, je sais très bien que j'ai usé de mes charmes sur elle, mais on ne sait jamais, il arrive que tout ne fonctionne pas aussi bien qu'on le voudrait. J'aime garder un peu de suspens, même si ce n'est qu'une illusion. D'ailleurs, je suis censé me comporter comme un humain. Un homme n'aurait pas une assurance tranquille comme la mienne si on lui confirme qu'une belle jeune femme le trouve à son goût. J'essaye d'avoir l'air un peu plus troublé en ouvrant un peu plus les yeux et en m'exclamant :

– Ah oui vraiment ? Tu crois que je peux être son type ?

Je fais de mon mieux, mais quand je pense à la facilité avec laquelle mon père parvient à enchaîner n'importe quel mensonge avec un naturel qui réussit parfois à m'embrouiller moi-même, je me trouve assez nul à ce petit jeu. Après, les gens ne s'attendent pas à tomber sur une créature magique en général, donc malgré mes erreurs de ton, on me pose rarement des questions. Pour la fille de l'eau par contre, je pense avoir vraiment gaffée quand je croise le regard de la patronne. Elle est vraiment perturbée par ce que je viens de lui affirmer, et je sens le doute, la tension s'installer entre nous. Mes lèvres tremblent un peu, je ne sais pas comment rattraper cela. Atara est-elle vexée de croire que je snobe sa meilleure performeuse ou troublée à l'idée que je puisse deviner quelque chose sur la nature de sa relation avec elle ?

– Je… je ne v…

Mais en fait, il semble que la jeune femme ait tiré des conclusions satisfaisante toute seule puisqu'elle passe à autre chose, à l'autre danseuse, celle que je veux, Primerose. C'est amusant qu'elle porte le nom d'une fleur, il faut croire qu'elle m'est vraiment destinée ce soir. J'espère qu'elle aura été assez marquée par le désir que j'ai pour elle et viendra jusqu'à nous.

– Je lui offrirai certainement un verre, mais j'aime bien son nom de scène, Primerose… ça ne me semble pas si étrange, ce pourrait être parfait pour une nymphe…

Les nymphes se donnent souvent des noms de fleurs, en particulier de celles qui poussent aux abords de leur arbre ou qui fleurissent sur leurs corps. Car leur chair est semblable à la terre, elle fertilise les graines que le vent leur amène. Mais attendez, qu'est-ce que je suis encore en train de raconter ? Bon… Ce n'est pas très grave, on pourrait métaphoriquement parler de la belle orientale de cette manière. Le véritable problème arrive quand Primerose s'approche de nous. Elle n'a pas quitté son vêtement de scène et me fixe avec une certaine curiosité, comme si elle doutait encore de la violence soudaine de ce qu'elle éprouvait pour moi. J'essaye de ne pas trop en rajouter quand elle nous salue et demande à Atara de lui préciser qui je suis. Comme sa patronne la met un peu en confiance, elle se tourne vers moi, me sourit et se dit enchantée de me connaître.

– C'est un plaisir aussi Primerose, je te sers quelque chose à boire ?
– Oui ! Un… un… – Elle m'observe trop intensément pour réussir à trouver ses mots, et j'ai bien du mal à refréner mon envie d'elle alors qu'elle est si proche et si mignonne – Ce que tu voudras !
– Le cocktail du mois ?
– Oui ! Oui ce sera très bien.
Je n'ai pas la moindre idée de ce que contient ce cocktail et elle non plus à mon avis. Je crains que la jeune femme ne se comporte pas de cette manière habituellement et que Atara la trouve dans un état préoccupant. On se dévore assez littéralement des yeux. Ni l'un ni l'autre ne semble avoir envie de faire connaissance d'une manière civilisée. Je suis en manque et la danse a échauffé Primerose. Le plaisir d’être sur scène l'a déjà mise dans un état favorable, elle est doublement sensible à mon désir malgré ses barrières morales qui devraient normalement la retenir de m'embrasser si vite. J'ai à peine le temps de passer sa commande qu'elle a appuyé ses mains sur mes cuisses et saisi mes lèvres. Je ne vais pas dire tout ce qui me passe par la tête au moment où je lui rends son baiser, mais j'essaye de me concentrer pour que ça ne dérape pas ici. C'est difficile et douloureux. Au prix d'un lourd effort, j'attrape sa main avant qu'elle ne la pose sur mon membre à vif et la serre contre moi en lui soufflant doucement d'attendre. Elle ferme les yeux, et plaque ses mains dans mon dos, aussi possessive qu'attendrissante. Ça a été trop d'un coup pour elle, il faut qu'elle s'habitue à ma présence pour retrouver un peu ses esprits et m'aider à agir avec elle comme une personne raisonnable. Atara n'a rien manqué de notre petit manège. Je lui tourne un regard un peu gêné. Vraiment, je ne sais pas ce que je peux dire. Avec un peu de chance, elle se contentera peut-être juste d'excuser l'attitude de sa danseuse ?

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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Lun 3 Aoû - 15:39

– Ah oui vraiment ? Tu crois que je peux être son type ?

Ce petit chéri m'amusait. Il me semblait évident que Primerose le trouvait de son goût. D'avance, je la savais assez volage. Elle ne s'encombrait pas de principes quand un homme l'attirait. Depuis que je la connaissais, je ne l'avais jamais vue entretenir une relation sérieuse. Elle se plaisait à garder ses liens avec les hommes strictement sexuels. Je ne savais pas si, comme moi, elle ne se voyait tout simplement pas appartenir à une relation amoureuse ou si elle craignait de se faire du mal, comme certaines autres le faisaient. Se priver d'aimer pour éviter de souffrir était une tactique que beaucoup de gens adoptaient. De mon côté, c'était simplement que je ne m'étais jamais vraiment attachée à un homme. J'avais eu de bons amis, mais jamais de lien ressemblant à ce que Deborah avait partagé avec ses différents petits amis. Pour ce qui était du sexe, toutefois, je n'avais pas peur de m'amuser.

-Je la connais bien. Elle a un faible pour les roux.

C'était faux. Primerose avait un faible pour les hommes en général, tout simplement. Mon commentaire avait pour but d'amuser mon interlocuteur et, au besoin, de booster sa confiance. Je ne savais pas exactement quel type de créature il était mais, avec ses drôles de pattes et ses grandes cornes, il devait avoir du mal à trouver qui baiser. Ce n'était pas mon cas, d'ailleurs. Même sans utiliser mon pouvoir de métamorphose, j'étais attirante pour la moyenne des hommes : blonde, mince, jeune… Je représentais les meilleurs clichés.


– Je… je ne v…

J'admirai l'élocution de ce jeune homme et je n'ajoutai rien. Je n'étais pas du genre à harceler des inconnus sur ce qu'ils ne me disaient pas. Mon attitude était toutefois à l'inverse en ce qui concernait les gens qui étaient proches de moi. Je voulais tout savoir et je crisais si on me cachait quelque chose.

– Je lui offrirai certainement un verre, mais j'aime bien son nom de scène, Primerose… ça ne me semble pas si étrange, ce pourrait être parfait pour une nymphe…

Je refoulai un sourire carnassier. Ce mec ne se doutait pas que je voiyais ses attributs non-humains et me donnais des indices sur sa réelle nature en mentionnant une nymphe. Logiquement, il était lié aux êtres de la nature et n'était pas un démon ou un autre truc bizarre du genre, ce qui était bien pour Primerose. D'ailleurs, quand celle-ci arriva, je la serrai brièvement dans mes bras, avec enthousiasme. Ma marque d'affection était en fait un moyen de me pencher rapidement à son oreille pour murmurer un avertissement.

-Ce type a des cornes et des pattes de...de chèvre ou je sais pas. Reste sur tes gardes.

Puis, je la lâchai et, trépignant légèrement sur place, je lui désignai notre client.

-Priiiiim! Talfryn que voici a été grandement impressionné par ton numéro.

Je les laissai se présenter convenablement en les observant. Primerose semblait très intéressée par Talfryn, tel que prévu. Je fus cependant un peu étonnée de la passion qui explosa aussi rapidement entre eux et ne put détourner les yeux, sous le choc. Lorsque le regard de Talfryn croisa le mien, je fus ramenée à la réalité : j'étais de trop. Je lui fis donc un clin d'oeil des plus complices avant de tourner les talons. Je n'étais pas inquiète pour Primerose. Je la savais dotée de pouvoirs magiques si elle avait besoin de se défendre et il me semblait bien qu'elle n'avait pas du tout envie de se défendre de quoi que ce soit, ce soir. Si les mecs semi-chèvres lui plaisaient, c'était tant mieux pour eux deux. Ce fut donc avec un grand sourire satisfait que je passai tout près de Charles Demers pour lui faire renverser son stupide verre d'eau – Moooonsieur ne buvait pas d'alcool!

***

Quelques jours plus tard, Myriam m'emmena à la bibliothèque de l'Université de New York et m'aida à trouver des ouvrages sur les peuples de la forêt, suite à mon intérêt subit pour ce genre de créatures. Elle me conseilla de regarder les peintures et dessins de faunes et de satyres, à partir de ce que je lui avais raconté. Si le jeune homme roux revenait au Velvet Dream – et je ne doutais pas que Primerose lui avait certainement donné envie de le faire – je serais préparée à le recevoir.

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MessageSujet: Re: Diamants et cornes [Terminé] Ven 28 Aoû - 17:28

Sur le moment, je m'en veux beaucoup d'avoir eu ce que les humains qualifieraient d'une « attitude inappropriée » devant Atara. Elle s'est montrée très gentille avec moi. Je la sentais encourageante dans sa manière de me dire que Primerose pouvait être intéressée par mes avances, ravie de jouer les entremetteuses pour aider un jeune homme un peu maladroit. Sauf que voilà, ma belle orientale et moi avions sauvagement brûlé les étapes. Quand je croise à nouveau le regard de la patronne, mille questions se bousculent dans ma tête. Les gens civilisés ne devraient pas se comporter comme nous. Personne ne se jette l'un sur l'autre de cette manière après de simples présentations, à moins de se trouver à une fête où tout le monde est vraiment très ivre. Mon père devait savoir que ce genre de chose risquait de m'arriver puisqu'il m'avait conseillé d'attendre une heure assez avancée de la nuit pour trouver des filles sérieusement éméchées en boîte de nuit. Il faudra vraiment que j'y pense la prochaine fois ! Il existe même des lieux où il est plutôt normal de serrer quelqu'un dans les toilettes, ce qui limite considérablement les risques de grand n'importe quoi en public. Là, je dois dire que j'ai vraiment très chaud. Je me suis mis en danger, mais je ne peux pas nier que la réalité même de ce danger est agréable. Je ne veux pas n'être qu'un faune lâché en ville, obligé de se jeter sur les corps la nuit comme un vampire affamé pour survivre. Les humains ne devraient pas devenir des sortes de victimes pour moi. En tout cas, je suis venu à New-York pour vivre parmi eux, et non pour m'amuser à semer le chaos dans leur existence en restant, définitivement, une créature du dehors.

Comme Primerose et moi avons l'air parfaitement consentants et heureux de nous donner une si vive démonstration d'affection devant le bar, Atara ne dit rien. J'ai probablement bien visé et jeté mon dévolu sur une femme qui n'est pas du genre à se montrer prude. Elle ne se posera pas de question si le même schéma ne se répète pas avec une autre. Et puis, même si elle venait à s'interroger, que pourrait-elle dire au final ? Les humains acceptent plus facilement l'irrationnel qu'ils ne le pensent. Beaucoup ont déjà accepté le fait que j'étais juste très très attirant et irrésistible. La patronne du Velvet semble dans cette logique puisqu'elle se contente de faire un clin d’œil à sa danseuse avant de s'en aller ailleurs. Pendant que je la suis du regard, la main de Primerose s'égare dans mes cheveux, et caresse une de mes cornes. Oh non ! Les femmes finissent toujours pas sentir mes attributs de faune mais, en général, leurs mains s'égarent quand je les ai suffisamment sous mon charme pour qu'elles ne se posent pas de question. Je suis prêt à attirer la jeune femme contre moi et l'embrasser sournoisement pour couper sa réflexion mais elle me prend de court en me soufflant :

– Je n'ai jamais fait l'amour avec une créature dans ton genre, tu m'as l'air d'avoir des capacités très excitantes dans ce domaine…

Je reste bouche bée. Elle sait ! Elle connaît l'existence de la magie. On peut dire qu'avec toutes les imprudences que je viens de connaître, j'ai une sacrée chance. C'est merveilleux. Je l'empêche de revenir trop contre moi et lui souffle qu'on ne peut pas en faire davantage ici. Elle se lève d'un bond, me prend la main et me guide jusqu'à sa loge. Enfin, nous avons fini par arriver dans la loge. J'ai craqué en la poussant contre un mur dans la cage d'escalier, mais, si une autre danseuse nous a surpris, elle a eu la gentillesse de ne pas le signaler.

[Terminé !]

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