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Les chevaliers de New York [PV Talfryn]

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Policier badass et mal engueulé
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MessageSujet: Les chevaliers de New York [PV Talfryn] Mer 28 Jan - 14:42

Je préfère travailler le soir, comme aujourd'hui, plutôt que le jour ou la nuit. Je me lève toujours assez tôt pour sortir Sam et, lorsque je dois travailler de nuit, je dois chambouler cette partie de mon quotidien et je sais que mon plus fidèle ami en est passablement bouleversé. Il se demande où je pars si tard et il s'étonne de me voir rentrer le matin, les yeux tout petits parce qu'il ne dort pas si je ne suis pas avec lui la nuit. Ça me fait toujours de la peine de le rendre triste par mes absences, et je sais que celles de nuit sont les pires pour lui.

J'aime avoir mes avant-midis libres, car je peux être avec Deborah. Le
Velvet Dream n'ouvre qu'à partir de l'après-midi, ce qui me permet de d'avoir ma petite amie pour moi tout seul les matins. Deborah est toujours magnifique, mais elle rayonne encore plus quand elle vient de se lever. Ses épais cheveux emmêlés et son visage découvert de ce maquillage coloré qu'elle arbore pour son travail la montrent naturelle et, en quelque sorte, plus proche de moi. D'ailleurs, elle porte mes t-shirts beaucoup mieux que moi. Elle dit que c'est à cause de ses seins: les seins améliorent tout. Je n'ai pas eu besoin de réfléchir longtemps pour décider d'être d'accord avec elle sur ce point. Je suis un fervent partisan des poitrines.

Je ne suis quand même pas un obsédé. Je le précise parce que, des pervers, j'en rencontre souvent. De tous les genres, de toutes les couleurs et de tous les âges. Depuis les événements de 2007, c'est encore pire. Les gens sont fous. Il n'y a pas d'autre explication à mes yeux. Par exemple, le mois dernier, j'ai été envoyé dans une belle grosse maison du quartier Gaia parce qu'on avait entendu des hurlements terribles. Je m'attendais à trouver une femme tabassée en train de pleurer derrière ses bleus et ses lèvres ensanglantées. Une grande partie des appels auxquels je réponds sont de cet ordre: des mecs enragés frappent sur plus petits qu'eux et, habituellement, ces petits en question sont leur épouse ou leur petite amie. J'essaie de ne pas être bouleversé et dégoûté à chaque fois, mais ça me rentre toujours dedans. Après, quand je me retrouve avec Deborah, je lui caresse doucement les cheveux, le visage ou le dos, longtemps, en me demandant comment je pourrais arriver à lui faire du mal.

Bref... J'ai été envoyé dans cette maison et je m'étais blindé le plus possible contre ce que je m'apprêtais à voir, mais je ne m'attendais pas du tout à découvrir tous ces chiens. Je suis resté paralysé en entrant, à la fois par la vue des cadavres et par l'odeur des lieux. Une bonne dizaine de chiens de grosse taille étaient empilés dans un coin. Morts. Ça ne bat pas les cadavres humains, mais c'est quand même assez horrible à voir, surtout quand on aime les animaux. Ce qui m'a ramené à la vie a été la longue plainte aiguë venant de sur ma gauche. Quand j'ai vu l'état de ce pauvre animal, et les yeux qu'il me faisait, j'ai su qu'il n'y avait plus rien à faire pour lui, mais je ne l'ai pas achevé. Je suis incapable de tuer, je pense, dans mon état normal. J'ai vu mon collègue passer près de moi et sortir avec un homme menotté en appelant des renforts sur sa radio et je me suis agenouillé à côté du chien. Je suis resté près de lui, la main posé le plus doucement possible sur ses côtes jusqu'à ce qu'un organisme de protection des animaux l'emmène environ une heure plus tard. On m'a dit qu'ils l'avaient rapidement euthanasié.

Je ne comprends pas la maltraitance envers les animaux. Je ne comprends pas qu'on veuille faire souffrir. Et je ne comprends pas cet homme qui a torturé vingt-deux chiens (on en a trouvé dans d'autres pièces, par la suite) jusqu'à ce qu'ils meurent. Ni les voisins qui avaient certainement entendu des cris bien avant ce soir-là. Je ne comprends pas.

Ce soir-là, justement, dans ma voiture de patrouille avec mon nouveau collègue, je pense encore à cette histoire de chiens. Je m'en rends compte à une lumière rouge quand je vois passer une femme avec un mignon labrador noir. Je dois avoir l'air du policier aigri silencieux qui suit les ordres et se gave hargneusement de beignets. J'essaie donc de chasser ce souvenir de ma tête pour me concentrer sur ma tâche immédiate: former le petit nouveau. Idéalement, j'aimerais aussi qu'il me trouve sympathique.


-Désolé, je réalise que je t'apprends le silence et rien d'autre. Les autres policiers te diront que c'est parce que je ne suis pas un vrai anglophone.

À mon accent, il doit déjà l'avoir deviné, mais le souligner m'amuse toujours.

-Donc, je pense que M. Wilde t'a déjà tout expliqué et que tu sais dans quel sens tenir un pistolet. Ça peut être utile parce que, généralement, aucune nuit n'est vraiment tranquille... D'ailleurs, il est près de vingt heures, le soleil est couché et les gentilles mamans ont fait rentrer leurs enfants. Ça devrait bientôt se gâter à un endroit ou à un autre. T'es prêt à jouer au chevalier? T'as des questions?

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MessageSujet: Re: Les chevaliers de New York [PV Talfryn] Jeu 5 Fév - 15:22

Décider de vivre à New-York et quitter la forêt signifie aussi avoir un travail, chose absolument impensable dans mon peuple. Mon père m’a annoncé bien avant de m’envoyer le billet d’avion que je devais y réfléchir, même s’il ne me forcerait pas à prendre un métier tant que je ne me sentais pas assez adapté à ma nouvelle vie. Comme je me régalais de romans policiers depuis des années, la réponse m’a cependant semblée évidente, je serai policier. Pourquoi ? J’avoue que c’est une idée bizarre, qui a aussi laissé mon père un peu sceptique. Je crois pourtant que la réponse est assez simple. Quoi de mieux pour découvrir les humains qu’endosser une profession inimaginable pour un faune ? On ne voit jamais de crimes chez nous, parce qu’il n’y a aucune raison d’en commettre. Le couple, la propriété privée, sont deux choses qui n’existent pas. Bien sûr, des disputes éclatent parfois, j’imagine que certaines ont déjà dégénéré, mais ce sont des choses vraiment très rares. Quand il arrive qu’un faune en tue un autre, il se fait simplement chasser. Tuer une dryade serait le plus haut crime possible, mais elles sont bien trop puissantes pour que l’on puisse le faire sans préméditation, et je ne vois pas qui aurait l’idée de commettre une chose pareille. Mais chez les humains, j’ai pu découvrir que les choses sont très différentes. Leurs femelles sont plus faibles, et elles sont souvent les premières victimes de la violence des mâles. C’est la monstruosité des humains qui exerce le plus de fascination sur moi, cette absence totale d’innocence qui les pousse à innover sans cesse en bien comme en mal. Je crois que j’ai autant de pitié que d’admiration pour eux. J’aimerais les aider à se préserver d’eux-mêmes, quoique je doive voir des horreurs pour cela.

En tout cas, toute expérience est bonne à prendre comme on dit chez eux ! Je ne me sentais pas de faire des études, surtout avec mes difficultés à me montrer de jour, et entrer dans la police au bas de l’échelle ne me dérange pas. Après quelques tests de bonne santé et aussi pour vérifier que je sache bien lire et écrire, je suis devenu « stagiaire ». On m’a donné une arme à tuer en me précisant que je devais éviter de la sortir tant que je n’avais pas terminé ma formation de tir. Par contre, ce soir, j’ai eu le droit de suivre un des meilleurs flics en patrouille. Je suis « en observation » qu’ils ont dit. Alors, posté dans une voiture, j’observe, je regarde la route, les allées, j’écoute la radio, je lance des œillades vers mon collègue en attendant un mouvement de sa part. Rien. Je suis en observation, mais il n’y a pas grand-chose à observer. Là, tout de suite, c’est beaucoup moins drôle et intéressant que lire un roman policier. Je me demande à quoi réfléchit ce Charles Demers. On dirait qu’il a un peu oublié mon existence. Heureusement, au bout d’un moment, il accepte enfin de reprendre la parole. Il me précise que la situation risque de bouger bientôt, quand les familles se retrouvent apparemment. Dit comme ça, ça ne rend pas leur mode de vie très pertinent. Pourquoi se regrouper entre petits clans derrière quatre murs, cachés de tous, pour se taper dessus ? Je ne comprends pas, mais je ne peux pas poser la question, parce qu’on risquerait de trouver mon interrogation étrange.

- Je suis prêt oui, au moins à jouer le policier. J'ai laissé l'épée et le heaume dans le vestiaire ! Si j’ai bien compris, la plupart des interventions à cette heure se font à cause de disputes dans les familles ? Qu’est-ce qui ne va pas le plus souvent ? Et… C’est dans quel pays qu’on apprend le silence aux gens ?

Je pose toutes mes questions lentement, comme si je n’étais pas sûr moi-même de leur pertinence. J’essaye d’avoir l’air le plus sérieux possible, mais je doute que ce soit très convaincant. Beaucoup de choses, de subtilité de langue m’échappent encore. Je pourrais peut-être dire comme Charles que je ne suis pas anglophone pour m’excuser, mais mon père m’a déjà dit que le fait d’être né au Pays de Galles n’est pas une excuse pour un américain : nous sommes censés être parfaitement adaptés, et si je ne le suis pas, on me prendrait juste pour un consanguin à moitié débile, ce qui n’est pas une bonne chose. De ce côté, je crois que je ne m’en sors qu’à moitié bien. J’ai déjà entendu le brigadier éclater de rire devant une question que je pensais vraiment utile et me poser une main condescendante sur l’épaule en expliquant aux autres que j’étais gallois, ou en me disant « Toi, t’as pas l’habitude des grandes villes pas vrai ? ». Bon, à défaut de passer pour un attardé, on me voit comme un paysan un peu naïf. Je n’ai pas exactement saisi tout ce que ça peut impliquer, mais puisqu’on m’a accepté et envoyé en mission, je suppose qu’il y a pire.
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MessageSujet: Re: Les chevaliers de New York [PV Talfryn] Jeu 5 Mar - 12:59

Cette histoire de chiens morts me hante pour plusieurs raisons. J’ai toujours adoré les chiens. Plus que les chats. Plus que tous les autres animaux. Plus que beaucoup d’humains (mais faut pas le dire). J’aime la plupart des animaux tant qu’ils sont gentils, tout comme les gens. Si je vois un chat dans la rue, je lui parle et j’espère qu’il va s’approcher pour que je puisse le caresser. Je ne suis pas de ces fervents obsédés des chiens qui crient à répétitions que les chats leurs sont inférieurs. Je trouve les chats adorables aussi, mais j’accroche plus avec les chiens. Deborah dit que c’est parce que je ressemble plus à un chien qu’à un chat. J’ai trouvé ça insultant avant qu’elle s’explique, me demandant si j’avais à ce point l’air niais ou encore s’il fallait que je prenne plus soin de ma coiffure. En fait, elle trouve que ma personnalité se rapproche plus de celle d’un chien. Elle a même réussi à tourner ça en compliment : il parait que je suis fidèle, jovial, simple et positif. Et je ne jappe pas trop.

La violence du monde me fait un peu peur. Je ne la comprends pas. Je ne saisis pas comment on peut en venir à tuer, que ce soit un animal ou une personne, en toute conscience. Avec le temps, j’ai fini par apprendre que certaines créatures sont habitées d’une violence inassouvissable et que leur envie de faire le mal dépasse parfois leur volonté. Je les ai longtemps jugées, sans les connaître. Mon ami Justin est l’exemple qui m’a fait dédaigner ces créatures soumises à leurs instincts sauvages. Justin est un lycan. Il se transforme en bête effrayante contre sa volonté, mais il a développé des trucs pour éviter de faire un carnage à chaque pleine lune et il a appris à calmer ses colères pour se retenir d’arracher la tête à quiconque le dépasse dans une file d’attente. J’ai pris Justin comme norme, pendant un temps, alors qu’il est surtout une exception, un exemple à suivre. Il va souvent chercher en prison les membres de sa meute qui n’ont pas sa force et qui se laissent aller. Justin est spécial.

Depuis l’exécution publique, je réalise que ces créatures que je méprisais froidement me ressemblent peut-être. Complètement soumis à cette nature que seule la magie m’aide à combattre en temps normal, j’ai abattu un homme ce jour-là. Qu’il ait finalement survécu ne change rien à mon geste : j’ai tiré sur homme dans le but de le tuer, et ce, simplement parce qu’on me l’a ordonné et que j’ai été incapable de résister. Exactement comme l’instinct commande à un vampire de mordre ou à un lycan de déchiqueter. Je suis à un pas dans une zone neutre près d’être aussi monstrueux qu’une créature dont l’existence se base sur l’élimination d’autres personnes. Je ne peux pas juger…mais en même temps, je ne peux pas complètement faire taire la petite voix au fond de moi qui me dit que tuer un autre être est abominable.


- Je suis prêt oui, au moins à jouer le policier. J'ai laissé l'épée et le heaume dans le vestiaire !

Je souris. Je suis heureux de voir qu’on ne m’a pas collé un petit nouveau rendu tout coincé par la nervosité. J’aime parler et j’aime rire. Lorsque je dois patrouiller avec un enragé chronique, je souffre de ne pas arriver à l’amuser un peu. J’aime beaucoup faire sourire les gens, mais pas autant que leur sauver la vie.

- Si j’ai bien compris, la plupart des interventions à cette heure se font à cause de disputes dans les familles ?

-Exact. Familles, couples, amis…les gens préfèrent habituellement faire du mal à ceux qui comptent le plus pour eux. C’est assez débile, mais c’est comme ça.

Il me semble que si j’ai le choix de casser la gueule de Justin ou d’un mec inconnu, le choix est facile, mais je ne dois pas être normal parce que tellement de gens aiment tabasser un ami qui a dit un truc de travers.

-Qu’est-ce qui ne va pas le plus souvent ?

-C’est souvent un désaccord sur un truc super simple et la colère monte d’un côté ou des deux. Ça hurle et un voisin appelle la police. Les vendredis et les fins de semaine sont pires parce qu’en plus, on a affaire aux cas de boisson…et je te laisse deviner comme il est difficile pour la patience d’essayer de faire entendre raison à un type qui a trop bu.

Déjà, avant la brèche, les gens se disputaient pour des conneries et se battaient pour des bêtises encore moins pertinentes. Depuis quelques années, il me semble que c’est encore pire. Les gens sont plus frustrés, plus colériques et plus violents.

- Et… C’est dans quel pays qu’on apprend le silence aux gens ?

J’éclate d’un rire bref mais joyeux. Il m’est évident que le nouveau a un bon sens de l’humour. Cette réplique est vraiment une bonne blague à mes yeux. Je l’aime déjà, ce Caerwyn, même si j’ai du mal à prononcer correctement son nom.

-Pour ce soir, comme tu n’es pas habitué, idéalement, ne fais rien de téméraire tant que je ne te dis pas de le faire, à moins que ça te semble grandement nécessaire. On va peut-être avoir de la chance et tomber sur des filles qui se tirent les cheveux, mais il est possible qu’on soit appelés sur un cas plus dangereux. On ne sait jamais sur qui on va tomber.

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MessageSujet: Re: Les chevaliers de New York [PV Talfryn] Lun 9 Mar - 17:57

Je cligne des yeux, en proie à une profonde réflexion. C’est étrange cette histoire de gens qui préfèrent faire du mal à ceux qu’ils aiment. Bien sûr, je ne suis pas en train de faire une découverte, les réponses des intrigues policières se trouvent presque toujours dans la famille de la victime, mais le schéma mental qui peut conduire à commettre de telles choses m’échappe toujours. La branche humaine de mon père aussi était violente. Je me suis longtemps interrogé sur les raisons de l’absence de ma grand-mère dryade. Il ne voulait jamais l’expliquer clairement, il n’aime d’ailleurs toujours pas en parler. Je l’ai appris par un de mes frères qui a réussi l’exploit de lui soutirer la confidence. Il s’agissait d’une sombre histoire de jalousie. Mon grand-père avait brisé des promesses de mariage pour une créature des forêts et le frère de sa fiancée a mal vécu l’outrage. Alors, un jour, il est arrivé, et il a tué notre grand-mère d’une manière horrible, en lui coupant la tête devant mon père. Je comprends qu’il ne veuille plus revoir ces images, c’est terrible rien que d’y penser. Et, l’histoire ne s’arrête pas là, parce que le sorcier a pris la tête de notre grand-mère, et il l’a plantée parmi d’autres crânes à l’entrée de son château. La première fois que j’ai entendu ça, j’ai éclaté en disant qu’il fallait absolument la récupérer. Mais mon père s’en est chargé bien avant. Il s’est vengé une fois adulte et a détruit les pires éléments de cette famille avant de les soumettre sous son banneret. J’ai longtemps cru qu’il s’agissait d’un drame isolé, propre aux familles qui possédaient de réelles propriété, mais si j’en crois Charles, même un petit humain de rien du tout, sans nom ni patrimoine est capable de faire du mal. Je reste surtout hésitant sur « ceux qui comptent le plus ». Dans le cas du jeu de pouvoir chez les Caerwyn, il est pourtant assez clair que les gens ne s’aimaient pas.

Sauf que Charles complète avec la notion de dispute. Je me suis déjà disputé avec mes frères et sœurs, même si j’étais loin d’être le plus colérique de la famille, mais je n’imagine pas que les choses aient pu dégénérer au point d’appeler quelqu’un pour nous séparer. Même si les faunes sont parfois un peu violents entre eux, parce qu’ils sont impatients et ne veulent pas toujours attendre leur tour pour monter sur la dryade qu’ils désirent, ils ne se blessent jamais beaucoup. Cependant, même chez nous, l’alcool peut être imprévisible. Il est rare que les créatures des forêts deviennent irascibles après un coup en trop, mais certains peuvent révéler une nature surprenante, et gênante pour le bon ordre du clan. Mais, comme je l’ai déjà dit, si un élément devient fou, nous le chassons. D’un point de vue humain, on estimera peut-être cela cruel, mais garder un groupe sain est important pour la sauvegarde de notre espèce. Et, en quarante ans, je n’ai jamais vu un cas aussi extrême se déclarer, juste entendu des légendes sur des créatures qui se sont mises à haïr tout le monde, à s’isoler, à terrifier toute la forêt, souvent le genre d’histoires que les anciennes racontent aux enfants pour leur faire comprendre les chemins interdits. Les humains aussi ont leurs contes de ce genre, mais ils semblent beaucoup moins les inquiéter à l’âge adulte.

- Les gens sont bizarres. Peut-être qu’ils n’aiment pas vraiment ces gens avec qui ils vivent, s’ils leur font du mal. Ou ils n’aiment pas leur vie. Ils ne se défoulent pas assez, ils s’arrêtent sur des détails inutiles qui les contrarient pour des raisons que je ne comprends pas très bien... Parfois, on dirait qu'ils ont envie d'être en colère même s'ils savent que ça ne va rien leur apporter de positif.

Je réfléchis à moitié à voix haute. Ceci dit je trouve ce début de discussion intéressante. Je suis aussi là pour recueillir des points de vue, mieux comprendre. D’ailleurs, moi aussi je réfléchis un peu trop. On me le disait souvent quand j’étais en Europe de l’Est. On me reprochait de ne pas assez m’intéresser aux questions pratiques, et mon intérêt pour les livres, pour des enquêtes imaginaires, laissait perplexe tout le monde. Et j’avoue qu’il est assez difficile d’expliquer pourquoi avoir la réponse à un mystère inventé de toutes pièces peut sembler si important. La plupart des créatures des forêts ne veulent même pas y réfléchir. Elles sont généralement très satisfaites de leur vie, et ont assez peur, je pense, à l’idée d’y intégrer des plaisirs plus complexes, qui pourraient les rendre insatisfaites en stimulant un soudain besoin de nouveautés.
En tout cas, j’ai réussi à faire rire le super flic mais je ne sais pas si c’est une vraie réussite. Les gens me trouvent souvent drôle sans que je comprenne exactement pourquoi. Quand un rire éclate alors que je ne m’y attends pas, je peux facilement en conclure que mon intervention était à côté de la plaque. Au moins, il faut croire que je suis assez habile malgré moi pour que ça n’énerve pas mes interlocuteurs. Et, après m’avoir visiblement jugé trop amusant pour se donner la peine de me répondre, Charles passe aux recommandations. Il me met un coup de pression. J’espère vraiment que je saurai me montrer à la hauteur. Le corps à corps avec un humain m’inquiète assez peu, mais le problème est que, si je panique, je risque de ne pas avoir très exactement des réflexes humains, mais des gestes physiquement possibles pour mon apparence actuelle.

- Je vais essayer de me préparer à tout alors. Tu as déjà vu des accidents dans tes missions ?

Je suis un peu inquiet bien sûr, mais surtout très curieux. Je ne sais pas, à vrai dire, si je dois souhaiter une interpellation de routine ou quelque chose de beaucoup plus violent et ahurissant. La folie meurtrière n’est pas encore une chose à laquelle j’ai été confronté, ça m’a l’air fascinant sur le papier mais en vrai, je ne sais pas. J’ai un peu bêtement tendance à croire qu’après avoir vu ma famille mourir, je suis prêt à affronter des horreurs, peut-être pires, mais qui ne me concernent pas. Et, soudain, la radio se met à grésiller...


Dernière édition par Talfryn Caerwyn le Jeu 27 Aoû - 17:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les chevaliers de New York [PV Talfryn] Lun 3 Aoû - 12:40

Mon ami Justin est vraiment un modèle pour moi. Je voudrais être comme lui, si c'était possible. À sa place, je sais que je ne m'en sortirais pas. Juste à voir comment je tremble à l'intérieur de la violence dont je suis simplement témoin, il est facile d'imaginer que, si j'avais moi-même commis des atrocités par le passé, je me laisserais écraser par l'horreur et la culpabilité. Je sais que Justin a tué des gens. Je ne suis pas naïf au point de croire que son contrôle sur sa nature de lycan lui est venu en même temps que sa première transformation. Il a dû travailler très fort sur lui-même pour donner à sa volonté plus de force qu'à son instinct. Je le respecte énormément pour ça, mais aussi pour réussir à bien vivre, aujourd'hui, sans être activement hanté par les fantômes de son passé.

Les meurtriers humains me dérangent beaucoup plus que les créatures. Les humains qui tuent n'ont pas une constitution spéciale qui les pousse à faire couler le sang. Ils le font par sadisme et par méchanceté. Bien souvent, ils ne se sentent même pas coupables.

Quiconque me côtoie un peu se rend compte que je parle très souvent de Deborah et Justin. Ils sont les deux personnes les plus importantes pour moi depuis que j'ai perdu ma famille. J'aime aussi beaucoup Anthony, qui est un excellent ami, mais je me sens un peu moins proche de lui. Je ne sais pas si c'est parce que je le trouve un peu difficile à suivre, parfois. Je ne lui ai pas dit, mais il m'arrive de penser que, si les gens pensent souvent qu'il est gay, ce n'est pas à cause de son apparence, mais plutôt parce qu'il est compliqué comme une femme. Je sais que je sonne sexiste avec ce genre de propos mais, à mes yeux, les femmes ne sont pas faciles à comprendre. Deborah dit que les hommes pensent souvent ce genre de choses quand ils sont bloqués ou timides. Je dois donc avoir un truc de travers depuis des années. Il me semble que j'étais plus à l'aise lorsque j'étais adolescent...c'était peut-être parce que je ne réfléchissais pas du tout avec ma tête, à l'époque.


- Les gens sont bizarres. Peut-être qu’ils n’aiment pas vraiment ces gens avec qui ils vivent, s’ils leur font du mal. Ou ils n’aiment pas leur vie. Ils ne se défoulent pas assez, ils s’arrêtent sur des détails inutiles qui les contrarient pour des raisons que je ne comprends pas très bien... Parfois, on dirait qu'ils ont envie d'être en colère même s'ils savent que ça ne va rien leur apporter de positif.

-Oh tu sais, les gens… y a longtemps que je me suis fait à l'idée que je ne les comprendrai jamais tous très bien.


Je souris à demi. Ce que le petit nouveau dit est un peu triste, mais ça fait quand même du sens. J'ai vu beaucoup de gens rejeter sur les autres la platitude de leur vie. Ils ne font rien pour changer leur existence et, comme il ne se passe rien de positif leur tombant du ciel, ils enragent et blâment tout ce qui leur tombe sous la main. Ils sont assez épuisants et, habituellement, je me lasse et je perds l'intérêt de leur adresser la parole. Je n'ai pas une très grande tolérance pour le négativisme. Je suis d'avis que, quand quelque chose ne va pas, tu le changes ou tu vis avec. Les autres n'ont pas à te ramasser à la petite cuillère parce que tout le luxe qui te fait envie ne t'apparaît pas par magie.

Je suis assez sévère sur certains trucs et je pense que c'est pourquoi j'ai mis tant de temps à me trouver quelqu'un. J'ai déjà refusé de donner une chance à une fille qui me semblait trop dépendante, mais j'ai aussi mis fin à une relation parce que la fille ne me donnait pas assez de temps. J'ai eu peu de petites amies et c'est peut-être ça qui m'a rendu aussi sélectif. Je préfère être seul qu'imparfaitement accompagné. Pourtant, je suis assez ouvert sur des trucs qui hérissent les gens normaux : ma petite amie est quand même une danseuse.


- Je vais essayer de me préparer à tout alors. Tu as déjà vu des accidents dans tes missions ?

Ça me fait bien rire, comment il parle. Il utilise des termes qui laissent croire que nous sommes des agents secrets lancés dans des quêtes précises et glorieuses. Je me surprends à espérer qu'il garde cette attitude tout au long de sa carrière. Ça fait bien changement de tous ces agents amers qui répètent que notre travail ne change rien dans ce monde de fous.

-J'ai vu des balles logées dans la mauvaise personne, des suspects s'emparant de voitures de polices parce que les clés avaient été oubliées dedans sous l'effet de la panique… On travaille sous pression et, parfois, la pression, ça fait sauter le bouchon.

La radio grésille. Ce n'est pas la première fois depuis notre départ. J'ai écouté quelques appels dont les secteurs étaient trop éloignés et que d'autres agents ont pris. Cette fois-ci, la région n'est qu'à quelques minutes en voiture.

-Alors ce code, le nouveau, comme tu as dû le voir dans tes cours, ça signifie qu'il y a une personne armée dans un lieu public. Dans ce cas-ci, comme l'a dit la belle voix dans la radio, c'est un supermarché.

Moins de trois minutes plus tard, je gare la voiture tout près du supermarché. J'ai mis les gyrophares durant le trajet, mais je les ai arrêtés en arrivant tout près de la destination. Je n'ai pas mis la sirène : il ne faut pas alerter le suspect dans des cas comme celui-ci. Je suis assez nerveux de tomber sur un truc pareil en compagnie d'un nouveau mais, en même temps, je me rassure en me disant que ce jeune doit avoir reçu une bonne formation. Je cherche une porte secondaire mais, comme tout endroit de ce genre, la seule entrée est celle utilisée par les clients. Je fais signe à mon collègue,je décroche mon arme de ma ceinture et je me dirige vers celle-ci.

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MessageSujet: Re: Les chevaliers de New York [PV Talfryn] Jeu 27 Aoû - 18:18

Charles a l'air assez blasé par son espèce. Il n'essaye pas de prendre la défense des humains, au contraire. Ça me désole un peu parce que j'aurais aimé entendre des choses un peu plus positive, mais je n'ai pas choisi le bon métier pour ça. Être flic, c'est accepter de voir tous les jours « l'envers du décor » comme ils disent. En surface, tout est très attirant. Les humains créent des bâtiments magnifiques, des spectacles grandioses, et un tas de choses amusantes. Leurs films et leurs livres rendent d'ailleurs l'horreur amusante. Mais, quand les séries policières deviennent la réalité, ce n'est plus très drôle. Et, vous voyez, je trouve cela incroyable. Je pense qu'à peu près tous les humains se rêvent en héros capables de sauver une ville entière en vivant une grande aventure pleine de dangers. Pourtant, si l'opportunité d'aventure se produit en vrai, la plupart tremblent comme des feuilles. Ils savent qu'ils risquent de mourir, que, dans tous les cas, des personnes perdront la vie. Et là, ce n'est plus très drôle. Ça me semble un paradoxe terrible, mais leur manière de vivre l'explique un peu. Ils sont très protégés et fantasment sur une existence qui pourrait mettre leur héroïsme à l'épreuve. En même temps, ils n'ont pour la plupart aucune chance de survie parce qu'ils n'ont jamais appris à se battre ou à se passer de tous ce qu'on fabrique en usine pour eux. Ils ont créé des choses fabuleuses, mais il leur manque une certaine connexion avec la nature. Est-ce pour ça que certains se retrouvent à faire n'importe quoi ? Je n'en suis même pas sûr ! Parce que bon, on ne peut pas dire qu'ils n'étaient pas reliés à la terre quand ils vivaient au Moyen-âge. Je devrais peut-être imiter Charles et me faire une raison. Si un humain ne comprenait pas les siens, ce n'était pas un faune qui allait y arriver avec son petit quart d'héritage génétique.

Plutôt que de rester sur des questionnements sans réponses, je passe à plus pratique. Puisque je vais me retrouver dans des situations que Charles a vécu, j'aimerais avoir une idée de toutes les choses auxquelles je peux me préparer. Il me fait entre autres comprendre qu'on ne doit rien négliger, même s'il est parfois difficile de penser à tout. J’acquiesce doucement. Si jamais quelqu'un meurt dès ma première mission par ma faute, je ne me le pardonnerais pas. Je ne suis même pas censé être dans cette ville, alors ce n'est pas le moment de mettre quelqu'un en danger ! En parlant de danger, la radio grésille à nouveau et interrompt notre discussion. Cette fois, Charles est beaucoup plus attentif. Il y a un code spécial, mais je ne les maîtrise pas tous. J'attends donc son explication. Ça a l'air assez sérieux, j'essaye donc de garder le visage le plus concentré et concerné possible. Pas un type bourré qui dérange les riverains, non, un vrai braquage de supermarché ! C'est excitant, mais ça peut être dangereux aussi. On va vraiment avoir la responsabilité de plusieurs vies sur les épaules. Au moins, je saurai très vite si je suis fait pour ce boulot ou non ! Notre voiture arrive rapidement. Il n'y a pas de temps à perdre. En ayant accepté la mission, Charles est mis en contact avec les autorités qui lui donnent un peu plus de précisions sur l'affaire. Il s'agit, comme souvent, d'un homme, et l'histoire est assez saugrenue. Il est entré avec un fusil sur l'épaule et a exigé qu'on le laisse faire ses courses tranquillement, sans le forcer à passer en caisse. Voilà pourquoi il est toujours dans le supermarché et que nous devons le récupérer. Je reste assez perplexe.

– Et des histoires aussi bizarres… tu dois en gérer souvent ?

Je pose la question à Charles pendant qu'on cherche un moyen d'entrer. Il va falloir se résoudre à passer par l'entrée principale parce que les autres issues sont fermées. Ce n'est pas très rassurant, surtout qu'on a aucun moyen de savoir où se trouve le fou puisque tous les clients se sont enfuis au courant. Certains sont restés sur le parking pour observer la scène. D'après les indications, l'homme était assez dangereux pour ne pas hésiter à tirer au hasard. Il avait d'ailleurs clairement signifié ses intentions en tirant sur une hôtesse de caisse. Elle se trouve non loin de l'entrée. Enfin, j'en déduis que c'est elle parce que je vois un pied et une chaussure dépassée d'un rayon. J'ai tout de suite l'idée d'aller vérifier, pour lui venir en aide si elle est simplement blessée, mais Charles me signifie que je ne dois pas m'en occuper maintenant. Et qu'est-ce qu'on va faire au juste ? Crier « Montrez-vous, vous êtes cerné ! » et attendre que le fou nous attaque, ou on essaye de le prendre par surprise ? Le supermarché est assez grand… mais il n'est pas si vide. Je pourrais peut-être chercher à établir un contact avec un animal et le laisser nous guider. Je sais, je ne suis pas censé utiliser mes pouvoirs, mais ce serait un peu dommage de ne rien faire et risquer que Charles ne soit tué, non ? Alors je l'arrête d'un coup et je murmure :

– Attends… J'ai entendu quelque chose…

Évidemment, je n'ai rien entendu du tout. Par contre, il y a une souris dans un trou non loin et je veux lui faire comprendre qu'elle peut s'aventurer dans les rayons sans risquer de se faire tuer. Je communique d'une certaine manière avec les animaux, mais ce n'est pas comme ce que les humains imaginent bizarrement lorsqu'ils créent des personnages avec ce genre de pouvoir, on ne peut pas discuter ensemble, ils n'ont pas de pensée assez construite pour ça. Ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils font pour moi, je dois juste leur faire comprendre ce qu'ils doivent faire en gardant un lien avec eux pour ressentir ce qu'ils vivent. La souris déambule donc sans trop savoir pourquoi dans les rayons jusqu'à ce qu'elle tombe sur l'homme. Là, je ressens sa peur, et j'entends juste après un coup de feu. Il a tiré sans réfléchir en voyant une souris. Il est vraiment grave ! Heureusement, l'animal s'en est tiré indemne, et on a une idée assez précise d'où l'homme peut se trouver sans avoir mis en danger mon secret, enfin, je crois !

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Les chevaliers de New York [PV Talfryn]

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