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Mélodie en décalage [TERMINÉ]

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Serpentard bien élevé
avatarJim V. Crowley


Messages : 257
Date d'inscription : 31/10/2013
Emploi/loisirs : Étudiant à l'Université de New York, stagiaire chez Crowley Industries


Feuille de personnage
Phobie: Faire honte à sa famille.
Ambition secrète: Arriver à s'intéresser réellement au monde des affaires ou que sa famille donne de l'importance à quelque chose qu'il aime.

MessageSujet: Mélodie en décalage [TERMINÉ] Mar 21 Avr - 22:50

Jim Crowley sortit de la douche de sa salle de bain personnelle, se sécha et passa à sa chambre, par la porte qui permettait d'y accéder directement, pour y enfiler les vêtements déjà choisis la veille. Un costume très chic, évidemment signé, l'attendait pour l'évènement d'aujourd'hui. Celui-ci jouait dans les gris foncés sauf pour la chemise qui était noire. Même si Mme Crowley avait une préférence pour les noeuds-papillons, Jim avait choisi une cravate pour compléter son ensemble. M. Crowley allait probablement porter ce que son épouse préférait; il aimait tellement lui faire plaisir.

Les parents de Jim étaient assez froids, que ce soit envers les autres ou entre eux. Leur fils n'était que rarement témoin de marques physiques d'affection entre eux. Il ne doutait toutefois pas de leur amour. Avec les années, il avait analysé le lien les unissant et était profondément convaincu que ses parents formaient une équipe inébranlable et hautement efficace. À première vue, Mme Crowley était de toutes les conversations et c'était à elle qu'on aurait prêté le statut de reine des manigances, s'il en avait existé un. Pourtant, son mari s'avérait celui se faisant un plaisir de réunir des informations sensibles sur les gens l'intéressant d'une manière ou d'une autre, et il était aussi celui qui solidifiait les liens entre sa famille et les autres familles de Felidaes. Mme Crowley se révélait être une grande stratège. Elle avait habituellement un tour d'avance sur les autres, pour une même situation, et au moins un plan de rechange. Jim avait appris, en fouillant - parce qu'il aimait tellement fouiller, que son père devait épouser une autre femme avant que sa mère ne s'en mêle et ne se fasse sa place à ses côtés. Ensemble, les parents de Jim obtenaient toujours exactement ce qu'ils voulaient.

Jim préférait se laver avant d'aller au lit. Cette activité le détendait, même s'il ne s'éternisait pas sous l'eau par souci d'économie de son précieux temps et parce que l'eau à peine tiède n'était pas très invintante. Le jeune homme ne prenait jamais de douche trop chaude. C'était très mauvais pour la peau. Même si, en tant que Felidae, il était particulièrement attiré par le confort et la chaleur, il choisissait ce qui était le mieux pour lui. Toujours.

Plusieurs fois par semaine, Jim s'adonnait aux exercices physiques nécessaires pour garder son corps dans une forme resplendissante, tout comme le faisaient sa mère et son père. Les Crowley faisaient ces activités en solitaire, néanmoins, et Jim pouvait choisir à sa guise de quelle  manière il alternait musculation et endurance cardiovasculaire. Aujourd'hui, à moins de 19 ans, il avait réussi à développer une musculature assez robuste sans être exagérément imposante. Il était certain qu'à côté de quelqu'un comme Frederik Holmes, sa carrure passait plus inaperçue, mais il convenait aux standards attendus chez ceux de sa race et cela lui convenait très bien.

Après s'être assuré que son habillement ne possédait aucun pli indésirable et que sa coiffure était irréprochable, Jim songea à sortir ses manuels pour profiter du temps qu'il avait devant lui avant l'arrivée des invités pour étudier. Cependant, il détestait étudier dans sa chambre et ne pouvait utiliser l'un des salons, car ceux-ci étaient impeccablement rangés en vue de la soirée. S'il fallait qu'il laisse un crayon sur une table... Le jeune homme eut un bref regard vers le tiroir dans lequel il rangeait ses cahiers à dessins, mais se résigna vite: si des invités arrivaient à l'avance, il n'aurait pas le temps de tout remettre dans le double-fond, ce qui le déconcentrerait toute la soirée.

Jim choisit finalement d'entamer un chapitre de plus dans cet ouvrage emprunté à la bibliothèque de l'école. Il s'agissait d'un livre sur les diverses méthodes de construction contenant des schémas complexes et des explications poussées. Il en était au bout sur le drainage des tunnels souterrains en béton armé lorsque sa mère vint l'avertir que des invités venaient d'arriver sur le terrain de l'imposante maison. Il rangea donc le volume et descendit accueillir les premiers invités.

Comme à son habitue lors de soirées aussi stressantes, Jim avait consommé l'un des calmants de sa mère avant le début de l'évènement. Ce genre de soirée l'angoissait terriblement et il craignait tellement de faire des erreurs qu'il devait compter sur ce type de moyens pour se détendre un peu. La fête chez Kayla, plus d'une année plus tôt, lui avait servi de leçon: il devait se contenter d'un seul comprimé et éviter le plus possible d'ingurgiter de l'alcool. Il avait participé à plusieurs soirées, depuis, et s'en était très bien sorti avec ce contrôle.

Il y avait plus de deux heures que la soirée avait officiellement commencé lorsque Jim entendit la musique. Il ne s'agissait pas des harmonies que sa mère avait choisies pour mettre une ambiance favorable au bon déroulement de la soirée - celles-là faisaient maintenant partie du décor et coulaient à ses oreilles sans vraiment s'y accrocher - mais bien d'une autre mélodie provenant d'ailleurs que la grande salle où s'étaient réunis les Crowley et leurs invités. Le jeune homme hésitait encore entre son envie d'assouvir sa curiosité et celle de plaire à ses parents en restant avec les invités quand une voix dans son esprit le tira de son dilemme.

-Jim Viktorio, tu veux bien aller voir lequel de nos invités se donne des droits sur notre piano, s'il te plait?

-Bien sûr, mère.


Se retrouver dans l'un des longs couloirs de la demeure apaisa un peu Jim. S'éloigner des gens le calmait considérablement. En s'approchant, il dut convenir que la personne qui jouait savait très bien comment le faire. Il reconnut d'ailleurs celle-ci avant même de découvrir son visage et, malgré lui, leva les yeux au ciel.


-Holmes... Pourquoi ne suis-je pas étonné de voir que, là où il y a du bruit, tu n'es pas loin?
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MessageSujet: Re: Mélodie en décalage [TERMINÉ] Lun 1 Juin - 17:42

Frederik n'aimait pas du tout les gens qui se plaignaient et qui se lamentaient sur leur sort. Les gens qui pensaient que tout et tout le monde était contre eux et que tout ce qu'ils vivaient était une atrocité. Frederik était d'avis qu'il fallait métier son ciel, mériter son bonheur. Oui, la vie était injuste et difficile, mais c'était ce qui la rendait intéressante. Il fallait se battre, relever ses manches et se dépasser à chaque nouveau défi qu'elle nous amenait. Frederik aimait pouvoir se surpasser et prouver ce qu'il valait. Quand une tuile lui tombait sur la tête, il se relevait, secouait ses vêtements et montrait sa valeur. Quand il ne trouvait pas de moyen d'y arriver seul, il demandait de l'aide. Mais, à l'inverse, certaines personnes ne faisait que se plaindre. Elles déblatéraient sur le grand malheur de leur vie sans jamais vraiment écouter ce qui se passait autour d'eux. Ils ne se rendaient donc pas compte que leur drame était en fait une épreuve courante. Ils voyaient tout pire que ce que c'était en réalité. Comme si tout ce qu'ils vivaient était plus important que ce qui vous arrivaient à vous. Ils se plantait une écharde dans un doigt et c'était comme si leur colonne vertébrale était cassée ou bien ils vivaient une peine d'amour et c'était comme si c'était la première de l'histoire de l'humanité... Ce genre de personne ne voulait pas vraiment votre avis ni vos conseils quand ils vous demandait ce que vous en pensiez. Ce qu'ils voulaient, c'était entendre leur opinion, mais avec votre voix. Et gare à vous si vous ne le faites pas. Vous serez méchants, égoïstes et ignares... Et ce genre de personnes horripilait le jeune Holmes.

Frederik considérait que c'était facile de se complaire dans son malheur, facile de tout mettre la faute sur les autres. Bien plus que d'agir pour que les choses aillent mieux. Puisque la majeure partie de la population n'agissait pas pour améliorer leur sort, c'est que cela devait être trop dur de le faire. C'était facile de jouer les victimes et de dire que tout allait mal, que la vie était contre nous et qu'on arriverait jamais à rien. C'était facile de ne voir que ce qui allait mal. Le positif était toujours présent dans chaque situation, même lorsqu'il fallait le chercher un peu plus, il fallait seulement faire l'effort de le chercher. La majorité des gens trouvait leur emploi ennuyant, difficile et peu valorisant, mais ne cherchait pas un autre travail, parce qu'ils devraient faire des efforts et parce qu'ils ne pourraient plus se plaindre ensuite. Frederik était dégoûté de la lâcheté de la société.

Le jeune Holmes s'était rendu à cette soirée chez les Crowley pour faire plaisir à ses parents, il savait comme c'était important pour eux. Les apparences et la bourgeoisie était tout ce qui comptait vraiment pour son père. De plus, il ne manquait pas d'occasion de voir Jim en dehors de leurs cours de rattrapage. Ainsi, même s'il savait qu'il verrait une foule de gens qui ne faisait que s'écouter parler et qui n'agissaient jamais pour améliorer leur sort, Frederik s'était rendu à la petite soirée, pour bien paraître. Il avait fait la conversation à quelques personnes, avait ri même les blagues ennuyantes, s'était bien tenu pendant le cocktail et avait tenu son rôle modèle pendant ce qui lui avait semblé des dizaines d'heures avant d'en avoir assez. Il avait englouti plusieurs coupes de vin et complimenté plus de femmes que ce qu'il fallait. Il

commençait à perdre patience et dans ces moments-là, son côté vampire s'accentuait. Pour éviter tout accident malheureux, Frederik décida de se retirer. Il commençait à connaître la maison le château des Crowley et, bien que l'envie d'aller fouiller la chambre de Jim était grande, il avait que cela ne le calmerait pas vraiment. Il se dirigea donc machinalement vers le salon où lui et Jim s'installaient pour leurs cours ensemble. Il regarda par la fenêtre quelques instants, puis se dirigea vers le piano, où il s'y installa. Il hésita plusieurs instants, les doigts positionnés sur les touches, les frôlant à peine, puis il commença à jouer sa pièce favorite et oublia tout le reste.


-Holmes... Pourquoi ne suis-je pas étonné de voir que, là où il y a du bruit, tu n'es pas loin?

Frederik eut un petit rire et tourna légèrement la tête pour regarder Jim s'approcher, sans arrêter de jouer. Il ne s'arrêterait qu'à la fin de son morceau.

-Ce n'est pas du bruit, Crowley, c'est de la musique ! Laisses moi finir, je t'en prie...

Frederik porta de nouveau toute son attention sur le piano et sur la musique. Se sentant de mieux en mieux et de plus en plus comme Batman, puisqu'il jouait une pièce du film The Dark Knight. Frederik aimait mieux les super-héros de la bannière Marvel, habituellement. Il trouvait leur histoire et leur films plus intéressants. Marvel utilisait l'humour. en plus de mélanger les différentes histoires et cela plaisait beaucoup au jeune Holmes. Pour ce qui était de DC, ce n'était pas que Frederik ne les aimait pas, c'était juste parce qu'il trouvait les films un peu longs parfois. Et il trouvait des lacunes au niveau du scénario ou de la chronologie et cela l'énervait un peu. Mais, dernièrement, il avait réécouter les films de Batman et il était retombé en amour avec ce dernier. Même s'il préférerait toujours un film de Captain America à un film de Batman, Frederik avait un gros faible pour le film The Dark Knight. Il trouvait les acteurs, le scénario et la musique sublimement réalisés. Une fois son morceau complété, il se décala légèrement sur le banc et tapota l'espace a es côtés pour inviter Jim a s'y asseoir.

-Allez, à ton tour, viens me montrer ce dont tu es capable, Jimmyboy...

Frederik, que l'alcool aidait avec son humour douteux, avait fait exprès d'utiliser ce surnom que Jim n'appréciait pas beaucoup. Et lui offrit un clin d'œil pour souligner son humour.

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MessageSujet: Re: Mélodie en décalage [TERMINÉ] Mer 8 Juil - 19:59

Jim savait qu'il épouserait certainement Kayla. Il doutait d'arriver un jour à ressentir pour elle ce que ses parents partageaient. Il se savait trop différent de sa promise pour en arriver à une telle complicité. Ces derniers mois, toutefois, la jeune femme et lui s'étaient considérablement rapprochés, et il ne la considérait plus comme la dernière des plaies. Elle lui avait laissé voir qu'elle était plus intelligente que ce qu'elle montrait et, s'il existait une qualité que Jim Crowley prisait bien au-delà de toutes les autres, c'était l'intelligence. Désormais, Kayla et lui étaient capables d'entretenir une conversation sans se transpercer du regard, ce qui était une amélioration non-négligeable. Jim avait même commencé à apprécier suffisamment la jeune femme pour proposer lui-même de l'accompagner à des événements, et ce, avant l'intervention de leurs parents. En même temps, il savait aussi qu'il devait faire des efforts s'il voulait que leur union soit un réussite une fois qu'ils seraient mariés. Il était néanmoins fort satisfait de la tournure positive de leurs rapports. L'idée de passer toute sa vie avec Kayla le terrorisait encore, mais elle ne le dégoûtait plus.

Le jeune Felidae envisageait avec un mélange de confiance solide et de crainte glaciale les années à venir. Il avait du mal à se préparer psychologiquement à son mariage, à son intégration complète dans la compagnie familiale et, bien sûr, à l'éducation de son futur enfant. Les années qui suivraient ces étapes seraient certainement plus agréables et faciles, mais installer les bases de sa vie lui semblait une tâche pour laquelle il n'avait pas été suffisamment préparé. Naturellement, en bon Crowley, il se montrait totalement en contrôle de ses moyens et affichait une assurance presque insolente dès qu'il était question de son avenir. Il essayait d'ailleurs de se convaincre que rien ne pourrait tourner mal puisqu'il suivait les pas de ses parents, lesquels irradiaient de succès et de bonheur à ses yeux.

Jim avait remarqué son élève parmi les invités, mais il avait eu à faire la conversation à des gens beaucoup plus importants que lui et s'était facilement résolu à se priver d'aller l'ennuyer de commentaires trop subtils pour qu'il les comprenne bien. De plus, il y avait une marge entre faire volontairement perdre patience à Frederik sans témoins et au beau milieu d'une soirée importante organisée par sa mère. Une marge qui pouvait lui coûter cher. Il fut cependant étrangement satisfait de le retrouver à l'écart de la foule et d'avoir si facilement laissé échapper une remarque un peu insolente.


-Ce n'est pas du bruit, Crowley, c'est de la musique ! Laisses moi finir, je t'en prie...

Il avait suffisamment fait mouche pour que Holmes lui réponde. Jim fut d'ailleurs assez impressionné de voir Frederik continuer de jouer tout en parlant, lui qui avait habituellement beaucoup de mal à garder une concentration de base. Le piano devait être une activité très spéciale à ses yeux. Le Felidae ne l'interrompit donc pas une nouvelle fois.

-Allez, à ton tour, viens me montrer ce dont tu es capable, Jimmyboy...

Jim regarda la place sur le banc sans bouger. Sa mère n'apprécierait pas que la musique reprenne. Chaque Felidae présent entendrait la mélodie et, même si la majorité des invités était humaine, il fallait respecter certaines règles.  De plus, ce surnom stupide ne l'incitait aucunement à forcer la gentillesse avec Holmes.

-Je ne joue pas de trames sonores de films. Alors, si tu t'attends à ce que je joue aussi Corynorhinus...

Voilà qu'il venait de lui laisser entendre qu'il connaissait suffisamment cette mélodie pour la reconnaître hors contexte. Il ne fut pas très fier, car apprécier la culture populaire n'était ni utile ni noble. Il concédait qu'il fallait avoir une connaissance de base en ce domaine, et c'était pourquoi il s'informait sur tous les grands succès et essayait de regarder ceux qui lui semblaient le moins insipides. Il arrivait qu'il apprécie certaines oeuvres suffisamment pour s'y intéresser encore après le visionnement, comme cela avait été le cas pour ce film à la trame sonore bien écrite. Très rares étaient les films qui retenaient son attention ou qui le surprenaient. Habituellement, il les terminait avec l'impression d'avoir agressé son esprit avec une histoire insipide et prévisible. Jim avait du mal à s'émerveiller des détails pensés pour toucher le spectateur. Il avait plutôt tendance à observer, analyser et juger, ce qui s'avérait souvent assez meurtrier.

Frederik ne se leva naturellement pas en voyant que Jim ne bougeait pas. Ce jeune homme était la personne la plus entêtée qu'il ait côtoyée, en dehors de sa mère. Le seul moyen de le faire lâcher le piano semblait être d'acquiescer à sa demande en lui proposant un marché.


-Une chanson. Une seule. Le bruit dérange les invités.

Le Felidae prit place sur le banc, en prenant bien garde de ne pas froisser ses vêtements et d'éviter tout contact avec le corps de l'autre jeune homme. Il n'aimait pas les contacts physiques. Ceux-ci le mettaient mal à l'aise. Après un soupir et un regard de côté à Frederik, il entama Lacrimosa, de Mozart.
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MessageSujet: Re: Mélodie en décalage [TERMINÉ] Lun 24 Aoû - 23:56

Fred avait toujours eu besoin de s'évader de son quotidien. L'ambiance au foyer Holmes n'était que rarement joyeuse et légère. Et, le seul moyen efficace qu'il avait trouvé, alors qu'il était trop jeune pour sortir seul et rentrer tard le soir, était de se réfugier sous une tente de draps, à lire ses romans et ses bandes-dessinées. Caché dans son refuge, ne voyant que ce que le faisceau de sa lampe de poche éclairait, il n'y avait rien d'autre qui existait, qui comptait. Même si la lecture était ardue pour lui, Frederik se lançait comme défi, depuis qu'il était plus jeune, de terminer certains romans populaires, afin d'être comme les autres et de pouvoir participer aux conversations de ses camarades de classe. Le jeune homme dévorait un certain type d'ouvrage : la science-fiction et le fantastique. Le jeune homme avait toujours particulièrement aimé les œuvres qui l'amenait ailleurs, qui lui donnait espoir en une autre réalité. C'est pourquoi il aimait la culture populaire comme les bandes dessinées et les romans fantastiques, ainsi que leurs adaptations cinématographiques, car il trouvait la réalité bien plate, sans dimensions, sans profondeur. Frederik avait plusieurs ouvrages préférés, comme les Avengers de Marvel, mais il en adorait qu'un seul à la folie et c'était tous les Harry Potter. Il se reconnaissait en ce personnage et il aimait s'imaginer à Poudlard. Il adorait l'univers magique caché créé par l'auteure, aimait toutes les créatures mythiques des livres et les menaces présentes dans l'histoire. Fred, s'il avait fréquenté Poudlard, s'était toujours imaginé être de la maison Griffondor, devenir joueur étoile de Quidditch, puis devenir professeur de potions. Frederik aimait aussi essayer de deviner les maisons de ses amis. Il avait vu donc Jim à Serpentard dès leur première rencontre, à cause de l'ambition qui émanait de chaque parole. Il l'imaginait très bien avec sa toge de sorcier, sa cravate lignée verte et sa baguette à la main, marchant la tête haute en ne regardant personne. Cette idée le faisait toujours rire.

Maintenant qu'il avait lui-même des pouvoirs magiques et que Cameron lui avait fait un cours 101 de tous les êtres magiques, il savait que ces histoires se basaient sur une partie de la réalité. Les histoires de Dieux, de monstres et de créatures magiques étaient réelles, il en était la preuve vivante. Il devait maintenant boire du sang humain pour survivre, il ne l'inventait pas. Tous ces romans ne pouvaient donc pas tous entièrement être de la science-fiction. Le jeune Holmes ne pouvait s'empêcher de se demander combien de ces auteurs préférés possédaient eux-mêmes des pouvoirs magiques. Tout comme il ne pouvait s'empêcher d'espérer encore plus fort que Poudlard existe vraiment. Il devrait aller à Londres pour le vérifier. Bientôt, il l'espérait.

Frederik n'avait pas été étonné de se faire interrompre lors de son morceau. L'ordre, le calme et le respect des consignes était primordial dans la maison des Crowley. Il avait pu le remarquer lors de ses cours privés avec Jim, qui passait derrière lui et replaçait chaque chose qu'il touchait et qui refusait d'emprunter un autre chemin pour se rendre à la porte d'entrée, entre autres. Par contre, il avait été agréablement surpris que Jim le laisse finir. Il s'attendait à se faire refermer le couvercle du clavier sur les doigts, ce qui l'aurait blessé et empêcher de rejouer pour un bon moment, mais non. Jim l'avait laissé continuer jusqu'au bout et Fred lui en était reconnaissant. Frederik avait d'ailleurs été surpris de la fluidité de ses doigts, malgré l'alcool qu'il avait bu.


-Je ne joue pas de trames sonores de films. Alors, si tu t'attends à ce que je joue aussi Corynorhinus...

Frederik croisa ses bras sur sa poitrine en plissant légèrement les yeux et en ne levant qu'un seul sourcil.

-Comment ça se fait que tu connaisse si bien le Corynorhinus, Jim?

Le jeune Crowley venait de se trahir assez intensément et Fred en était très content. Jim n'était pas si parfait, après tout... Le jeune Holmes devrait fouiller cet aspect de son tuteur après la séance de piano. Il voulait l'entendre jouer et il savait que s'il investigait le sujet des films populaires, il perdrait sa chance au piano. Il fallait choisir ses batailles, Frederik ne le savait que trop, avec le père qu'il avait.

-Une chanson. Une seule. Le bruit dérange les invités.

Frederik roula les yeux au ciel, puis mis ses mains sous ses cuisses sur le banc, pour se concentrer sur le morceau que jouait Jim. Fred fut impressionné par le niveau de maîtrise de Mozart et le contrôle des mains que possédait le jeune Crowley. Il le regarda jouer quelques instants et le trouva beau, avec la concentration qui pinçait un peu ses lèvres et qui fronçait légèrement ses sourcils. Il eut également un petit pincement en se disant que le jeune Crowley se rapprochait plus de la perfection que d'où Fred ne s'approcherait jamais. C'était le fils que M. Holmes aurait voulu. Puis, il se concentra de nouveau sur la pièce que jouait Jim. Classique, trop classique. Il manquait quelque chose. Les paroles dites par Jim un peu plus tôt lui revinrent en tête et il eut envie d'en savoir plus maintenant. Il devait commencer à tâter le terrain pour fouiller cette partie cachée de son ami. Quand Jim eut fini son morceau, Frederik lui dit:

-Bien joué, mais trop froid, trop plaqué. Ça ne compte pas vraiment... Joue moi quelque chose que tu aimes maintenant.

Frederik se replaça sur le banc, en mettant ses mains sur ses cuisses cette fois et s'empressa de dire:

-Et ne me dis pas que tu aimes le classique, je n'y crois pas. Une chanson que ta mère et ton professeur t'ont forcé à apprendre et à aimer, c'est pas ce que toi tu aimes vraiment. Joue avec ton cœur...

En prononçant les derniers mots, Frederik avait appuyé sa main à gauche, sur la poitrine de Jim, puis l'avait retirée.

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MessageSujet: Re: Mélodie en décalage [TERMINÉ] Lun 7 Sep - 17:21

L'une des caractéristiques de Frederik Holmes énervant le plus Jim était à quel point il semblait ne pas avoir de projets officiels pour le futur. Sa propre vie était toute tracée et le succès lui était garanti sur tous les niveaux importants. Comment Holmes arrivait-il à s'orienter si ce qui l'attendait était l'inconnu? Jim détestait les surprises et, heureusement pour lui, ses parents n'étaient pas spontanés, ce qui lui évitait généralement d'être confronté à des événements inattendus, puisqu'ils étaient les personnes qu'il côtoyait le plus, en dehors de ses collègues de classe. Ces derniers n'étaient évidemment pas assez proches de lui pour avoir envie de le surprendre, ce qui était parfait ainsi.

Jim avait toujours assez peu ressenti le besoin de se faire des amis. En réalité, il avait surtout l'impression qu'il n'était simplement pas fait pour se lier aux autres. Les gens lui semblaient souvent à les lieues de lui. Leurs intérêts lui paraissaient futiles et il avait du mal à bien faire passer ses idées auprès d'eux. La température ou ce que l'un ou l'autre avait fait de ses journées de vacances l'ennuyaient profondément en tant que sujets de conversation. Toutefois, la majorité des gens avait plutôt tendance à s'orienter sur ce type de discussion plutôt que partager des opinions, des idées, des projets ou des passions. Les bonnes manières de Jim lui interdisaient l'impolitesse, mais son ennui se peignait assez facilement sur son visage, particulièrement lorsque son interlocuteur n'était pas une personne importante. Avec les clients et associés de sa famille, le jeune homme faisait des efforts pour bien se comporter mais, s'il s'agissait d'une personne sans valeur spéciale, il l'ignorait ou lui répondait assez facilement avec condescendance, s'il était trop agressé par son inintelligence.

Frederik et Kayla étaient ce que Jim avait de plus proche de ce qu'on nommait un ami et, pourtant, aucune de ces deux relations ne ressemblait à ce qui était dépeint dans les livres et les films. Ils ne se confiaient pas toutes leurs pensées ni ne partageaient des aventures incroyables. Ces deux personnes étaient seulement celles qui s'avéraient les moins étrangères à lui en dehors de sa famille.

Jim avait été élevé dans le plus grand respect des règles et, si une partie de lui était vaguement révoltée à l'idée d'avoir si peu de latitude pour agir, il appréciait la sécurité que le maintien de l'ordre apportait. Frederik avait l'air de sortir tout droit du chaos, ne pouvant s'empêcher de toucher ce qui ne lui appartenait pas et ne demandant de permission pour rien. Mme Crowley détestait qu'on se donne des droits sur ce qui était sien et Jim s'efforçait de remettre en place ce que l'ouragan auquel il devait enseigner déplaçait. Encore ce soir, il devait se charger de le ramener à l'ordre, car il savait que sa mère le tiendrait personnellement responsable si quoi que ce soit arrivait.


-Comment ça se fait que tu connaisse si bien le Corynorhinus, Jim?

Jim soupira. Il ne voulait pas encourager l'autre jeune homme qui savait déjà qu'il avait marqué un point, mais il se devait de répliquer.

-Est-ce si étonnant que j'aie un minimum de culture, Holmes? Tout le monde connaît ce film.

N'empêche...Le jeune Felidae était pleinement conscient que reconnaître un morceau instrumental hors de son contexte en disait long sur son intérêt.

Jim avait suivi des cours dans plusieurs disciplines et le piano était l'une de celles qu'il avait préférées, et ce, même si ce n'était pas un art spécialement utile. Il lui arrivait encore d'utiliser le piano familial, même s'il y avait plusieurs années que ses parents avaient remercié son professeur, mais il le faisait exclusivement quand ses parents étaient absents, surtout son père. Ce dernier s'énervait facilement si un bruit l'agressait. Les pièces de la maison était très bien isolées, notamment pour préserver l'intimité des habitants aux oreilles si fines, mais la musique qui résonnait dans les couloirs ne lui plaisait pas du tout.


-Bien joué, mais trop froid, trop plaqué. Ça ne compte pas vraiment... Joue moi quelque chose que tu aimes maintenant.

Il l'avait laissé jouer tout le morceau avant de le critiquer?! N'aurait-il pas été plus efficace de l'arrêter avant la fin? D'ailleurs, le marché était une seule chanson, sans autre condition. Jim allait le lui rappeler, mais se ravisa. Avec Frederik Holmes, il fallait agir avec finesse si on ne souhaitait pas se faire écraser sur le sol, et il ne souhaitait en rien se retrouver entre son invité et le plancher bien vernis de sa maison. Il évalua rapidement ses options réduites et en vint à la constatation que rien ne ferait bouger l'autre débile de ce piano en dehors de ce qu'il demandait. Toutefois, Jim aimait réellement la musique classique – comment ne pas aimer la musique classique? - et songea que le confirmer à Frederik pourrait lui éviter de prolonger leur absence au milieu des gens.

-Et ne me dis pas que tu aimes le classique, je n'y crois pas. Une chanson que ta mère et ton professeur t'ont forcé à apprendre et à aimer, c'est pas ce que toi tu aimes vraiment. Joue avec ton cœur...

Jim baissa les yeux sur cette main qui venait de transpercer sa bulle personnelle et essaya de ne pas trop avoir l'air brusqué. Frederik démontrait de plus en plus un don évident pour envahir son espace. Heureusement, celui-ci retira rapidement sa main et son hôte put se remettre à respirer.

Le Felidae fut tenté d'essayer d'argumenter, mais il savait le combat perdu d'avance. La tête de mule attendait sa chanson. De plus, il n'avait pas envie de tester si Holmes remettrait sa main sur sa poitrine pour faire valoir son argument. Il ferma donc les yeux une seconde et les rouvrit en entamant Lux Aeterna de Clint Mansell dans une version modifiée pour l'adaptation au piano seul.

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MessageSujet: Re: Mélodie en décalage [TERMINÉ] Mar 10 Nov - 0:27

-Est-ce si étonnant que j'aie un minimum de culture, Holmes? Tout le monde connaît ce film.

-Je ne savais juste pas que tu t'abaissais parfois à la culture populaire, Jim.


Frederik avait cru comprendre que Jim ne s'intéressait qu'à ce qui valait la peine et, selon ce que Fred avait compris du mode de pensée de son tuteur, que ce qui était populaire voulait nécessairement dire que cela avait moins de valeur et de qualités intellectuelles. Cependant, les remarques désobligeantes de Jim sur certains de ses champs d'intérêts ne décourageaient pas Frederik de s'y intéresser. Récemment, il avait entendu parler d'une ligue de Quidditch réelle, à quelque part à Londres. Alors son envie d'aller faire une visite s'était intensifié et il avait eu envie d'y déménager aussitôt. Ce voyage à Londres était le seul avenir qu'il voulait prévoir... Bref, c'était des gens qui courraient sur un terrain gazonné avec des balais et qui devait faire entrer le souafle dans des cerceaux au bout de tiges plantées dans le sol. C'était de vrais fans qui jouaient réellement au Quidditch comme à Poudlard. Le rêve de Frederik, quoi! L'univers d'Harry Potter l'aidait vraiment à s'évader et à se dépasser en même temps. Il s'inventait une vie nouvelle, une vie meilleure. Et comme il lisait les livres au moins deux fois par année, la lecture l'aidait à l'école. Il se donnait des défis personnels sur ce qu'il devait lire chaque jour cette fois et en combien de temps il devait finir la saga. Et cela le motivait à se surpasser. Chaque fois qu'il relisait les livres, ou qu'il revoyait les films, il s'inventait une nouvelle vie. Il se voyait bien déambuler dans les corridors, sur ses gardes, la main sur sa baguette, à saluer ses amis, qui seraient de toutes les maisons. Frederik aimait mieux la maison de Gryffondor, bien sûr, parce que c'était la sienne et que ses valeurs le rejoignaient directement. Mais le jeune vampire était aussi capable de reconnaître les forces des autres maisons et il était d'avis qu'il était plus profitable de s'entourer de personnes aux talents et aux valeurs variés, afin de continuer à grandir personnellement. Il n'était pas le genre de personne à dire que les Serpentard étaient tous méchants et lâches ou que les Serdaigle étaient tous des intellos ni que les Poufssoufle n'aimaient que s'amuser. Frederik trouvait que c'était bien réducteur et très peu représentatif de chaque maison. Le jeune Holmes avait bien poussé ses recherches sur tous les blasons et il aurait trouvé une fierté de porter chacune des couleurs, mais cette fierté lui venait naturellement, sans se forcer, avec le rouge et le doré.

Il n'y avait pas que l'univers fictif d'Harry Potter qui lui faisait du bien. La musique l'aidait à s'évader aussi. Quand sa mère lui avait acheté un piano pour ses cinq ans, Frederik avait tout de suite aimé son expérience. Il n'avait pas été bon rapidement, mais avec la patience de son instructeur et les encouragements de sa mère, il n'avait jamais abandonné. Depuis, sa capacité de concentration s'était grandement améliorée grâce à cet instrument et il s'était tellement entraîné qu'il pouvait maintenant jouer ses pièces préférées en faisant autre chose de relativement simple. Tenir une conversation et regarder son interlocuteur n'était donc pas un défi pour lui, du moins, plus maintenant.

Et, comme il aimait regarder Jim et discuter avec lui, ce n'était clairement pas une épreuve de le faire. Frederik n'aimait pas les soirées mondaines comme celle de ce soir. Il n'aimait pas beaucoup les foules, mais c'était surtout les faux-semblants et l'hypocrisie qui suintaient des murs et encore moins les mensonges et les vantardises que tout le monde vomissait partout qui le répugnait. Il avait toujours l'impression d'être sale quand il revenait chez lui et il passait beaucoup de temps sous la douche pour retirer cette impression. Par contre, il aimait ces soirées en même temps parce qu'il pouvait voir Jim en complet cravate et Frederik lui trouvait alors encore plus de charme.

Frederik se mettait à nu quand il jouait devant les autres. Il y mettait son cœur et son âme. C'était pour lui très révélateur et touchant d'entendre les autres jouer, comme s'il entrait dans leur jardin secret. Il était sensible aux émotions des autres transmises par la musique et allait de moins en moins dans les soirées ouvertes aux musiciens dans des bars depuis sa transformation, pour cette raison. Vu l'opinion de son père sur lui, il n'avait plus le droit de jouer puisque M. Holmes ne trouvait pas que son fils n'avait assez de talent. Ni en musique ni en rien. Il ne devait donc pas perdre de temps avec des futilités. Il n'avait pas le droit d'étaler ses passions et ses goûts à la maison quand son père était sur place. Le jeune Holmes était venu jouer ici, car il croyait que personne ne l'entendrait. C'était rare que Fred se permettait d'être lui-même. C'était rare qu'il se permettait d'être vulnérable. Et c'était encore plus rare qu'il le fasse avec quelqu'un qu'il connaissais. Partager ce moment d'intimité avec Jim voulait dire beaucoup pour le jeune vampire.

Quand Jim commença à jouer, Frederik se sentit tout drôle. Il ferma les yeux quelques secondes pour bien se laisser imprégner de la musique. Quand, au bout de quelques mesures, il finit par reconnaître le morceau choisi par Jim, il fut parcouru d'un frisson qui lui fit ouvrir les yeux. Le jeune Holmes posa son regard sur le profil de son compagnon et le trouva magnifique. Combiné à la beauté du Lux Eterna de Clint Mansell, Frederik se sentait fondre. Son propre cœur battait plus vite et il avait l'impression d'avoir la gorge serrée, comme si le souffle lui manquait. Il avait envie de pleurer, tellement c'était beau, mais il ne voulait pas perdre une seconde du spectacle en ayant la vue brouillée et ravala donc ses larmes. Il voulait enlacer Jim et le bercer doucement. Cette mélodie était un immense cadeau. Fred était ému de voir Jim aussi vrai et aussi magnifique en même temps. Plus la pièce de Mansell avançait et moins son cœur se calmait. Quand Jim termina son morceau, Frederik resta en silence quelques instants. Maintenant assis sur le bout du banc, il voulait essayer de calmer ses émotions pour réussir à parler.


-Wow...

Ce fut tout ce qu'il réussit à dire avant de retourner au silence quelques secondes. Il sentait ses muscles se tendre, comme si tout son corps était en alerte. Il avait des papillons dans l'estomac et le cœur qui battait très vite. Fred savait reconnaître ces signes. Il planta ses ongles dans le cuir du banc dans l'espoir de réussir à se contrôler, mais sans succès. Son envie était plus grande de secondes en secondes. L'intimité musicale partagée devait aller plus loin, Fred le ressentait avec toutes les fibres de son être.

Après ce qui lui sembla des heures, mais qui fut en fait seulement quelques courtes minutes, Frederik se tourna rapidement vers Jim, lui agrippa la nuque et exerça une force suffisante pour le forcer à se retourner vers lui, puis l'embrassa. Par trois fois il déposa de nouveau ses lèvres sur celle de Jim, à chaque fois un peu plus doucement, plus sensuellement. Il laissa également sa main nonchalamment caresser la peau du cou de Jim et le début de ses cheveux, tout lentement en l'embrassant. Puis, comme s'il venait soudainement de réaliser ce qu'il faisait, Frederik se recula. Il se leva même du banc, la main sur la bouche, pour aller s'asseoir sur le dossier du sofa qui leur faisait dos quelques pas plus loin.


-Désolé...

Compulsivement, il se mit à frotter son collier en forme de croix celtique pour avoir accès aux pensées de Jim. Il devait absolument savoir si ce cœur qui n'était pas le sien qu'il pouvait entendre battre la chamade était plutôt un bon ou un mauvais signe...

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MessageSujet: Re: Mélodie en décalage [TERMINÉ] Ven 13 Nov - 19:01

M. Crowley n'était pas un grand fan des arts. Qu'il s'agisse de musique, de théâtre ou de peinture, il n'était toujours question pour lui que de perte de temps. S'il avait cédé à la demande de son épouse pour que leur fils apprenne le piano, c'était seulement parce qu'il reconnaissait les vertus que la maîtrise de cette discipline pouvait apporter à une personne. Jim avait eu droit à des leçons dans plusieurs domaines et il s'était toujours montré à la hauteur des investissements de ses parents. Comme il ne tolérait ni l'échec ni la médiocrité, il s'arrangeait pour exceller dans ce qu'il entreprenait. Certes, tout ne venait pas naturellement à Jim Crowley. Il lui arrivait de commettre des erreurs – toujours impardonnables – ou de nécessiter du temps pour parvenir à un niveau qu'il considérant acceptable. Néanmoins, il camouflait de son mieux tout ce qui n'avait pas l'allure d'une réussite.

Jim possédait une mémoire au-dessus de la moyenne. Il n'oubliait donc que très peu des enseignements reçus. C'était pourquoi, encore aujourd'hui, il savait jouer certains airs de mémoire, sans professeur pour le soutenir. Son professeur de l'époque avait souligné qu'il voyait en son élève un talent remarquable qui méritait d'être exploité. Comme la musique n'était pas un domaine assez sérieux, les parents de Jim n'avaient évidemment pas poussé en cette direction. Le garçon avait, comme à son habitude, gardé le silence lorsque son professeur avait été congédié et remplacé par un maître d'un art martial si peu répandu que Jim avait eu du mal à apprendre à le prononcer. Il s'était exercé à le répéter tout seul et ne l'avait articulé devant témoin qu'après avoir été certain qu'il y arriverait sans se tromper. Le Felidae détestait peu de choses autant qu'utiliser le mauvais mot ou le dire d'une manière erronée. Heureusement, il avait appris à contourner et à éviter d'ouvrir la bouche lorsqu'il ne savait pas quoi dire ou comment s'exprimer. D'ailleurs, entendre quiconque parler avec un vocabulaire incorrect le faisait presque frissonner.


-Je ne savais juste pas que tu t'abaissais parfois à la culture populaire, Jim.

Il fallait avouer que, de manière générale, le jeune Crowley consacrait son énergie à des activités utiles. Toutefois, il n'était pas déconnecté de la société au point de s'isoler des réalités comme le cinéma ou la littérature. Il ne suivait néanmoins pas de séries. Se forcer à regarder des histoires souvent prévisibles mettant en scène des personnages sans profondeur pendant des heures et des heures lui paraissait tout sauf divertissant. Avec les films, au moins, la durée était moindre. Jim s'était trouvé un goût un peu dérangeant pour les films récents de super-héros. Il n'était pas spécialement friand des scènes d'action clichés où tout se réglait une seconde avant la détonation, même s'il y avait toujours quelque chose d'assez comique à voir quelqu'un se prendre quelque chose en plein visage parce qu'il n'avait pas fait attention – Jim aimait blâmer les personnages pour leur stupidité, tout comme il le faisait avec les vraies personnes. Ce qui plaisait le plus au jeune homme, dans ce type de film, c'était la manière de présenter le monde. De manière générale, les humains créaient leur propre perte ou perdaient la tête devant un vilain plus intelligent qu'eux. Ils étaient sauvés simplement parce que des gens supérieurs trouvaient une solution et savaient agir.

Qu'il s'agisse de grands classiques ou de nouveautés populaires, tout ce qui touchait l'excellence intéressait Jim. Il avait tout de suite aimé la trame sonore de Requiem For A Dream écrite par Clint Mansell. Son morceau le plus ultime, Lux Aeterna, faisait partie des pièces musicales préférées du jeune Felidae. Il n'avait pas cherché longtemps avant de se décider à la jouer. Il s'y était exercé plus souvent qu'avec toutes les autres mélodies au cours des dernières années. Il la connaissait entièrement par coeur, même s'il lui fallait se concentrer pour en livrer la totalité. Il fut satisfait d'y arriver, ce soir. Échouer devant un témoin l'aurait mis hors de lui, et il lui semblait que c'était pire s'il s'agissait de Frederik Holmes.


-Wow...

Jim jeta un bref coup d'oeil à l'autre jeune homme pour s'assurer qu'il ne se moquait pas de lui et se rendit vite à l'évidence : Frederik semblait transporté. Un minuscule sourire de satisfaction se fraya un chemin jusqu'aux lèvres de Jim. Celui-ci chercha quoi ajouter, mais il n'était pas certain d'avoir envie de gâcher le moment avec une réplique hautaine ou un rappel de la foule qui les attendait. Il resta silencieux, connaissant suffisamment l'autre jeune homme pour savoir qu'il ne tiendrait pas en place bien longtemps.

Aucune parcelle de l'être de Jim ne vit venir Frederik. Aussi, lorsque ce dernier agrippa sa nuque, le Felidae n'opposa pas de résistance, paralysé par la surprise. Son incapacité à contrôler son corps ne s'améliora pas lorsque les lèvres de l'autre jeune homme se posèrent sur les siennes. La confusion le retint de repousser Frederik, même si c'était ce qu'il aurait normalement fait, et ce, même alors que le baiser s'étirait sur de très longues secondes. Avant que Jim n'ait regagné accès à ses esprits, Frederik mit fin au baiser aussi rapidement qu'il l'avait amorcé.


-Désolé...

Jim fixa droit devant lui alors que l'autre jeune homme sortait de son champ de vision. Il lui semblait que la pièce tournait. Était-ce possible qu'un geste si simple l'ait à ce point assommé? La main sur le banc pour mieux maintenir son équilibre, il essaya de comprendre ce qui venait de se passer. Pourquoi Frederik l'avait-il embrassé? Essayait-il de prouver quelque chose? Ou avait-il agi sans réfléchir, une fois de plus? Et pourquoi ne pas l'avoir repoussé? D'où lui était venue cette incapacité à agir? Parce que c'était bien ce qui venait de se passer: il n'avait rien fait pour repousser Frederik, alors qu'un homme moyen l'aurait remis à sa place avec un coup de poing. Le choc avait été trop grand pour que Jim arrive à quoi que ce soit d'autre que se laisser faire.

Son coeur s'énervait tout seul, visiblement inapte à reprendre un rythme normal. Il en déduisit que son corps devait se trouver en état d'alerte après ce contact physique – le plus intime qu'il ait eu avec un homme – imprévu et soudain.

Subitement, le pouvoir de choc mental de Jim se déclencha tout seul. Cela n'arrivait que lorsqu'on lui imposait une quelconque forme d'intrusion psychique. Le Felidae se tourna et posa un regard noir sur la seule autre personne présente dans la même pièce que lui. Quel que fusse le pouvoir de Frederik, il était en train de l'utiliser sur lui. Il n'avait pas assez de le brusquer physiquement; il fallait, en plus, qu'il s'attaque à son esprit?


-Holmes, tu vas arrêter ça dès maintenant.

Jim était encore trop sous le choc pour réaliser qu'à cet instant, Frederik aurait dû souffrir. Son pouvoir de choc mental était suffisamment puissant. Il ne s'approcha pas de lui, ne voulant pas risquer de provoquer quoi que ce soit d'inattendu chez l'autre jeune homme. Le Felidae opta pour la prudence.

-Je crois qu'il serait plus sage de retourner parmi les autres.

Il prit la précaution d'éviter de passer trop près de Frederik en rejoignant les autres invités. Il l'évita tout le reste de la soirée et eut beaucoup de mal à s'endormir, une fois tout le monde reparti, car trop d'incompréhension l'habitait encore.
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MessageSujet: Re: Mélodie en décalage [TERMINÉ] Mar 19 Jan - 22:05

Depuis qu'il était vampire, Frederik Holmes avait pu remarquer plusieurs changements dans son quotidien et dans son corps. La soif de sang, une meilleure condition physique et l'absence de sommeil étaient les plus évidentes, mais il y avait bien plus. Le jeune homme ressentait maintenant beaucoup plus les choses. Donc, tout ce qui était impulsions, sensations et émotions étaient amplifiées pour lui. Il ressentait plus la faim, comme s'il s'auto-digérait et qu'un gouffre allait lui gruger l'estomac pour le fendre en deux.Il ressentait plus la colère aussi et devait user de beaucoup de contrôle de lui pour ne pas fendre le crâne de ceux qui l'énervait - surtout son père. Sous l'effet de sa rage, il avait déjà brisé plusieurs bibelots dans la maison et même une ou deux grosses poubelles sur roues dans une ruelle. Mais il n'y avait pas que du négatif, il ressentait plus la joie et l'amour, de la même façon. Il riait plus fort et plus longtemps à ses gags préférés et voulait encore plus protéger sa mère, car son amour pour elle lui semblait plus grand.

De la même façon, Frederik ressentait maintenant beaucoup plus le désir. Mais Cameron lui avait souvent parlé de faire attention de ne pas mélanger le désir de dévorer une nouvelle proie avec le désir sexuel. Les deux se ressemblaient énormément, l'un prenait racine dans le bas ventre et l'autre plus à l'estomac, mais s'ils étaient très intenses, les deux prenaient toute la place et irradiait dans tout le corps. Ainsi, c'était dangereux de ne pas bien les reconnaître et d'alors se transformer en manthe religieuse. C'est pourquoi, même si Frederik avait souvent pensé à embrasser Jim, il ne l'avait jamais fait avant. Il voulait être certain de ce que c'était. Ce soir, alcool aidant, il avait pu mettre le doigt dessus. Et, vu comment son coeur s'affolait et vu comment il était tout drôle en dedans, il ne s'était pas trompé sur la nature de son désir.

Les battements de coeur effrénés de Jim, post-baiser, étaient troublants, eux. Si le coeur de Fred battait vite à cause du désir et de tout ce qui s'y rapportait, celui de Jim pouvait battre vite à cause de la colère. Il avait besoin d'en avoir le coeur net, c'est pourquoi il utilisa son collier pour déchiffrer l'esprit de Jim.

«Pourquoi Frederik l'avait-il embrassé? Essayait-il de prouver quelque chose ? Ou avait-il agi sans réfléchir, une fois de plus? Et pourquoi ne pas l'avoir repoussé? D'où lui était venue cette incapacité à agir?»

C'était beaucoup de questions, auxquelles il ne pouvait pas toutes répondre. Non, il n'avait pas vraiment réfléchi, mais il n'essayait de prouver quelque chose, non plus... Au moins, dans la tête de Jim, c'était de l'incompréhension plus que de la colère. Ou bien la colère qu'il avait perçue était plus dirigée vers Jim lui-même que vers le jeune Holmes, ce qui était relativement bon signe, au final. Du moins, c'était l'impression de Frederik.


-Holmes, tu vas arrêter ça dès maintenant.

-J'ai déjà arrêté, mais je ne recommencerai pas...


Le jeune vampire pensait que Jim faisait référence au baiser qu'ils venaient d'échanger et dont il était l'instigateur. Il ne ressentait aucune douleur ni aucun malaise, excepté celui que le baiser avait commencé.

-Je crois qu'il serait plus sage de retourner parmi les autres.

Frederik regarda Jim quitter la pièce sans essayer de le retenir, sans échanger aucune parole. Il prit le temps de se calmer, de faire diminuer les battements de son coeur et de boire sa poche de sang d'urgence, pour être certain d'avoir repris complètement ses esprits, afin d'éviter tout type d'accident, une fois parmi la foule.

Quand il redescendit se mêler au groupe, il chercha Jim du regard et le trouva, mais à l'autre bout de la pièce. Chose étonnante, il lui sembla que chaque fois qu'il se déplaçait dans la pièce pour butiner entre les invités, Jim faisait la même chose, de sorte qu'ils ne s'étaient plus croisés du reste de la soirée, au grand regret de Frederik. Une fois chez lui, il se repassa mentalement la mélodie que Jim jouait et le baiser, jusqu'à ce que le jour se lève. Et même le lendemain, décidé à mettre au point ses sentiments et ses pensées.

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Mélodie en décalage [TERMINÉ]

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