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Grand bal estival 2015

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Feuille de personnage
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MessageSujet: Grand bal estival 2015 Ven 17 Juil - 14:55

[Je lance ce sujet un peu plus tôt par précaution: je veux être certaine de le poster à temps !

Les règles sont les mêmes qu'habituellement:
- de 600 à 900 mots
- on peut sauter ou voler des tours; il n'y a pas d'ordre précis pour poster
- si une personne saute des tours, cela ne signifie pas que son personnage n'agit pas dans le jeu
- il faut s'amuser !]

Ma robe et mes cheveux:
 

Je pris la main de mon mari et passai la porte menant à la grande salle de bal de l'Hôtel de ville. Il y avait des semaines que l'organisation de cet événement majeur avait commencé. À première vue, il s'agissait un peu d'un caprice : une grosse fête bien chic sans autre but que se détendre et s'amuser. Je trouvais cependant nécessaire de souligner les avancements de la ville et de permettre aux gens y habitant une soirée spéciale digne des grands films. J'avais donc ouvert l'invitation à tous, sans distinction d'aucune sorte, ne demandant seulement que de venir vêtu d'une tenue de ville. Je n'étais pas sotte, toutefois : je savais que ce critère en lui-même éliminerait les gens incapables de se payer de tels vêtements. C'était néanmoins le compromis à accepter. En tant que déesse, il m'avait toujours été évident que les plus faibles finissaient toujours par manquer des occasions de sortir de la médiocrité.

Passer la brèche m'avait changée. J'étais maintenant beaucoup plus sensible aux humains et, étrangement, je leur ressemblais plus qu'avant. Je m'étais distanciée de celle que j'avais été lorsque j'étais à la tête des autres dieux avec Zeus. Je me trouvais moins dure, désormais. Si cette gentillesse qui me venait maintenant plus naturellement me faisait un peu peur en tant que déesse et dirigeante, je ne niais pas qu'elle me permettait de m'ouvrir plus facilement à ceux qui étaient différents de moi. Je me laissais aussi moins qu'avant emporter par la rage et la haine, ce qui s'avérait assez reposant et me permettait de mettre plus de temps dans d'autres sphères de ma vie que le meurtre de filles faciles aguichant mon mari.

J'espérais que cette soirée me ferait du bien. Ces derniers mois avaient étés plutôt stressants, tant aux niveaux politique que personnel. Des humains (j'osais croire qu'il s'agissait bien d'humains et non de dieux mineurs, car ces derniers pouvaient faire encore plus de dommages) nous menaçaient de révéler notre identité réelle au peuple New-Yorkais. Les menaces visaient tous les dieux en situations de pouvoir ou de grand succès. Ce groupe d'inconnus envoyait à mes associés, ou même directement dans ma boîte de courriels, laquelle était pourtant confidentielle, des informations en leur possession, mais ils ne laissaient jamais savoir ce qui les motivait à continuer de garder le silence. Je voulais bien sûr les arrêter avant qu'ils ne transmettent ces informations à la population. Je savais les humains encore trop fragiles, en tant que société, pour faire face à la révélation de l'existence de la magie et, surtout, pour découvrir l'existence de créatures supérieures qui anéantiraient à coup sûr toutes les bases de leur croyances.

J'avais naturellement plusieurs plans pour les trouver et les arrêter. J'avais mis plusieurs sorciers avec des dons de localisation magique et de voyance sur le cas. Ils travaillaient ensemble puisque nous manquions de matériel pour les épauler. De plus, il semblait que ceux qui nous en voulaient s'étaient munis de protections magiques. J'avais partagé mes différentes idées avec le seul allié que je savais totalement capable de garder le silence : Justin Blackburn. J'en avais aussi laissé entendre quelques-unes à Vénus. Je l'avais d'ailleurs chargée de convaincre Drake Varner de travailler avec nous pour remonter jusqu'à ce qui paraissait être, tout comme lui, des génies de l'informatique. Cette information sur Varner, fournie par Loki et sa terrible exécution publique, m'avait fourni un début de piste sur les motivations de ces gens qui devaient être les mêmes que les auteurs des attentats du jour de l'exécution. Toutefois, Vénus m'avait dit que Drake Varner ne voulait rien avoir à faire avec les dieux et qu'il ne nous aiderait pas. Lorsqu'elle m'avait transmis cette information, j'avais presque regretté que Loki n'ait pas eu le temps de le tuer.

Mon mari m'avait dit que j'étais magnifique et ce simple commentaire, après ces derniers mois à me sentir presque comme invisible à ses yeux, me faisait marcher sur des nuages, une heure plus tard. J'avais fait faire ma robe sur mesure par une designer humaine très sympathique. Je lui avais donné mes critères : simplicité, sobriété, originalité et modestie. Je ne me voyais pas avec un vêtement très décolleté. J'étais la mairesse, après tout. Je ne voulais toutefois pas arriver vêtue d'une robe noire, sans éclat, que personne ne remarquerait. La designer avait fait un très bon travail, à mes yeux. J'étais spécialement satisfaite des minuscules morceaux de miroir qui étaient fixés sur le haut de ma robe et qui donnaient un effet certain sans faire trop. Après avoir salué quelques invités, je m'empressai d'aller faire un petit monologue de bienvenue.


-Bonsoir à tous. Je prends brièvement la parole pour vous laisser savoir mon bonheur de vous voir ici ce soir. Au cours de la dernière année, c'est ensemble que nous avons fait avancer notre ville, par de nouvelles lois, par l'abolition de certaines anciennes lois, par des projets que nous avons amorcés… Je vous remercie de votre soutien et je vous promets de continuer à faire de mon mieux pour que New York soit le meilleur endroit où vivre. Passez une très belle soirée!

Je quittai la scène et laissai l'orchestre reprendre sa musique. Je cherchai mon mari des yeux, me demandant pourquoi il ne se trouvait pas là où nous nous étions quittés avant mon discours. J'allais me mettre à sa recherche lorsque j'aperçus ma meilleure amie. Je fonçai vers elle.


[J'ai manqué de mots pour décrire en détails les lieux. Voici un résumé:
- Décoration très sobre (mais la salle de bal est très belle en elle-même, haut plafond et grosses colonnes décoratives)
- Bar payant sur place
- Énorme buffet composé de petites bouchées, légumes et fromages]

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–Patrick Rothfuss
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Sam 18 Juil - 0:26

J'avais vraiment eu envie de choisir moi-même la robe de Psyché pour le bal organisé par Héra. Je ne faisais pas confiance à cette tarée pour se vêtir convenablement pour un tel événement. Une partie de moi, toutefois, avait eu mauvaise conscience quant au fait de ne jamais laisser mon épouse totalement libre de ses choix, et j'avais fini par la laisser prendre une robe sans la superviser. À quelques jours du bal, j'avais tout de même fait livrer un paquet à mon nom, au bureau, lequel contenait une tenue chic et sobre pour Peach, juste au cas…

Je portais une cravate bleue, unie. Peach l'avait achetée en même temps que sa robe pour être certaine que nous soyons un parfait petit couple assorti. Pendant une seconde, d'ailleurs, quand elle m'avait offert ce petit bout de tissu, j'avais cessé de la détester. J'avais fondu comme une statue de cire jetée dans un volcan. Mon épouse était la seule personne à m'aimer inconditionnellement et, même si, justement pour cette raison, je la trouvais d'une stupidité au-delà de ce qui aurait dû être permis, il arrivait que son affection me touche. Je me demandais assez souvent si elle aurait continué à m'aimer en connaissant mon pouvoir d'hypnose et à quel point je le lui faisais subir.

La robe cachée dans le placard de mon bureau était agencée à ma cravate, elle aussi. Je l'avais mise à cet endroit, car je savais que mon épouse n'y fouillait jamais. Je n'avais pas le coeur de lui mentir ou de l'hypnotiser à ce sujet. Mon manque de confiance en elle était bien assez culpabilisant sans que j'en rajoute.

J'avais choisi un complet gris-beige et une chemise blanche pour aller avec ma cravate aussi-bleue-que-nos-yeux choisie par Psyché. Il est facile de deviner que j'avais recommencé à la détester dès cette mention stupide. J'avais dit à mon épouse que je voulais arriver tôt mais, en réalité, je préférais ne pas retarder nos préparatifs au cas où il nous faudrait passer au bureau pour changer sa robe. Elle avait tenu à attendre le jour même pour me la montrer et, si elle ne me comblait aucunement de bonheur, quelque chose en moi penchait en faveur de la rendre heureuse lorsque cela ne me demandait pas d'effort exagéré.

Je jouais à déboutonner et à boutonner de nouveau mon veston en attendant que Peach sorte de notre chambre avec sa robe. Cette soirée me rendait nerveux. J'avais évité de nombreux événements publics ces dernières années, prétextant une vie professionnelle trop remplie mais, en réalité, j'avais toujours un peu peur de me retrouver parmi les autres dieux. Je craignais de faire une bêtise qui leur montrerait que je n'étais ni follement amoureux de Psyché ni seulement doté de pouvoirs liés à l'amour. Je tenais à conserver ces mensonges. Je me sentais en sécurité, bien caché derrière ceux-ci.

J'en étais à jouer avec le bouton de ma manche gauche lorsque mon épouse sortit enfin de la chambre. Je restai figé quelques secondes en la voyant. Ma première émotion fut la stupéfaction totale. Il était évident qu'elle était allée chez un excellent coiffeur. Les boucles dorées de ses cheveux tombaient parfaitement, regroupées sagement d'un côté de sa tête par de petites barrettes argentées. Ses boucles d'oreilles étaient apparemment des diamants (mais c'était plus mon faux père, Vulcain, le spécialiste en pierres précieuses). Ce qui me frappa le plus, cependant, fut la robe. Je regrettai de ne pas avoir fait confiance à mon épouse dès que je posai les yeux sur celle-ci. Elle était effectivement bleue, comme ma cravate. Cintrée à la taille, elle descendait librement jusqu'au sol, en fins étages de tissu léger. Des pans de dentelle laissaient entrevoir une partie des jambes de Peach sans faire vulgaire. Le haut de la robe se terminait en une seule bretelle et était recouvert de dentelle et de petites pierres décoratives. La robe choisie par Psyché était beaucoup mieux que la honte que j'avais cachée dans mon placard. Je réalisai en la voyant que j'aurais préféré qu'elle ait choisi la robe la plus ignoble de la terre.

Une fois sur place, j'offris un verre de champagne à mon épouse en espérant que l'alcool l'assommerait un peu. Je ne m'attendris pas sur le monologue sucré d'Héra. Elle n'était pas sans me rappeler Junon, avec laquelle elle partageait un nombre inquiétant de similitudes, et je n'avais jamais aimé cette déesse. Trop sévère et trop...folle… Il me semblait donc impossible que notre mairesse soit complètement saine d'esprit. Je me gardais toutefois bien d'en faire mention à qui que ce soit.

Peach ne tarda pas à laisser entendre qu'elle avait hâte de danser. J'étais beaucoup trop nerveux pour aller me trémousser au milieu de la foule. Ç'aurait pu être assez pour que je m'effondre en me berçant sur moi-même. Si cette soirée pouvait finir… Je soupirai, forçai un sourire et m'adressai à mon épouse en utilisant mon pouvoir magique.


-Nous irons plus tard, Peach.

La robe de Peach:
 

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Lun 20 Juil - 19:59

J'avais hésité. Longtemps. Tant de tenues plus voyantes les unes que les autres me faisaient envie pour cette soirée. C'était le plus gros événement depuis celui où j'avais failli mourir et je ne voulais décevoir aucun de mes si nombreux fans. Il me fallait un look nuisant au bon fonctionnement de la vue de ceux qui m'auraient dans leur champ de vision.

J'avais d'abord songé à venir totalement vêtu de jaune. J'aurais pu me faire faire un complet dans une version acide de cette couleur et porter chemise, cravate et souliers blancs. Seulement, ma propre envie de me surnommer Colonel Moutarde avait fait redescendre mon enthousiasme. Cette soirée ne serait certainement pas une partie de Clue et, d'ailleurs, j'espérais vivement qu'aucune vie ne serait mise en danger. Je ne faisais pas plus confiance à Elisa Wilde qu'à Loki et, malgré ma joie de participer à une grosse fête, me retrouver entouré de dieux perfides me stressait beaucoup.

Elisa était passée par Gabrielle pour me faire entendre ses demandes ridicules. Notre mairesse croyait que j'avais le devoir de me mêler de ses stratégies politiques, tout comme paraissait en être convaincue la plus belle tête blonde de la ville. Des gens supposément liés aux attentats de l'exécution publique de Loki avaient fait des menaces aux dieux et ceux-ci essayaient de me faire croire que mon aide était non seulement impossible à leur refuser mais, surtout, indispensable. Mon œil, ouais. Elisa était en vérité Héra, la plus puissante divinité grecque, après son mari Zeus. Je ne me leurrais pas sur sa capacité à trouver quelqu'un d'autre que moi pour effectuer ses petites recherches. Le dieux si terribles et illustres n'avaient pas réellement besoin de moi. Il devait s'agir d'une forme de domination qu'ils voulaient prouver, puisqu'il devait y avoir quelque chose d'insultant à m'avoir vu échapper à Loki alors que je n'étais qu'un simple mortel.

Je n'avais plus du tout envie de me mêler des histoires des grands depuis l'exécution publique. J'avais décidé de rester bien tranquille dans mon coin et ce n'était pas Gabrielle Englebert qui me ferait changer d'avis, que ce soit avec sa manipulation (je n'avais pas été attendri par son numéro au sujet de sa survie dépendant de mon aide) ou sa colère (il était bien évident qu'elle me boudait, désormais). Faire de l'espionnage m'avait coûté une bonne partie de mon anonymat et avait entraîné des conséquences désagréables sur ma qualité de vie. J'avais fait l'erreur de participer à quelque chose de trop grand pour moi et je ne me lancerais pas de nouveau dans ce genre de projet. La simple connaissance de l'ampleur de la puissance des forces m'entourant nuisait déjà suffisamment à mon sommeil sans qu'en plus je me jette directement au milieu des loups.

La liste de raisons m'ayant fait refuser d'aider Elisa Wilde était assez brève, mais comportait plusieurs raisons qui me justifiaient très bien mon retrait de cette histoire. J'en voulais donc à Gab de me bouder parce que je ne m'étais pas plié à sa volonté. Elle pouvait me détester mais, au fond, je la jugeais pareille à moi sur un point : elle aussi avait choisi sa propre survie avant celle de quelqu'un d'autre. Je ne voulais pas risquer ma vie pour elle et elle pourrait jouer l'amie offusquée aussi longtemps qu'elle le voudrait, cela ne changerait pas que sa décision avait été vite prise entre me mettre en danger et prendre un risque pour elle-même. Je ne la détestais pas et ne la boudais pas à ce sujet, mais je gardais sa logique bien en tête et je me la remémorais quand sa présence me manquait.

J'entrai au bal la tête bien haute et un sourire charmeur plaqué au visage. Je n'eus pas l'impression que le gardien de sécurité apprécia mon clin d'oeil complice, mais cela ne m'empêcha pas de rejoindre l'assemblée avec bonne humeur. Je remarquai Elisa Wilde à l'avant de la salle, mais celle-ci était en train de redescendre de la scène lorsque je passai les grandes portes de la salle. Je n'étais aucunement triste d'avoir manqué son discours probablement tissé de mensonges plus roses les uns que les autres.

Je cherchai Ethan du regard et, ne le voyant nulle part, j'en déduisis qu'il était possible qu'il ne soit pas arrivé, même s'il était habituellement ponctuel. Je savais qu'il était du genre à aimer écouter les discours des dirigeants pour lever les yeux au ciel à leurs pires inepties. Je lui envoyai un texto en me dirigeant vers le bar pour me commander à boire.

Le (très joli) barman me détailla de la tête aux pieds en préparant mon verre et je sus que mon habillement était parfait. Du jaune, j'étais passé au rouge vif. Certaines décorations de mon veston, dont les boutons, étaient noires, tout comme mes souliers et mon nœud-papillon lustré. Ma chemise était blanche, pour bien faire ressortir tout le reste.

Une fois mon verre en main et toujours sans réponse d'Ethan, je conclus qu'il devait déjà être arrivé et que son téléphone devait être éteint. Je partis donc à sa recherche dans la foule.


Moi aussi, ma robe:
 

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Lun 20 Juil - 21:42

Je passais, dernièrement, beaucoup de temps avec Lucas, je ne m’étonnais donc pas de l’avoir souvent dans la tête, il était le plus proche de tous mes rares amis. Tout de même, je me surprenais à m’imaginer comment il aurait réagi dans telle ou telle situation ce qu’il aurait dit pour me faire rire quand j’étais triste et qu’il n’était pas à mes côtés, ce genre de trucs. Il faut dire que je me sentais un peu moins comme une intruse dans sa vie depuis que j’avais su qu’il ne sortait pas avec Jenna, bien que mon choc à ce sujet avait été assez violent.  Même, parfois, lorsque j’essayais des vêtements, il m’arrivait de me demander comment il aurait trouvé mon look et tout… un peu comme ce soir, alors que je me tenais devant le grand miroir doré situé dans le coin de ma chambre. Vêtue d’une longue robe bleue vaporeuse  dont le buste était magnifiquement orné de pierres brillantes, je finissais d’attacher le chignon que j’avais décidé de me faire pour compléter ma tenue. Je regardai le résultat et je soupirai. Au moins cette robe était magnifique. J’attrapai mon téléphone cellulaire et me pris en photo dans le miroir en faisant une moue contrariée. Puis, me trouvant déjà hilarante, j’envoyai un message photo à Lucas en ajoutant le commentaire : «J’ai pas envie d’y aller».  Je voulais lui partager mon désespoir, qu’il connaissait déjà bien assez parce que je lui avais cassé les oreilles au sujet de ce bal depuis son annonce, et ce n’était pas avec positivisme. Par contre, un partie, semi-consciente, de moi souhaitait également lui partager de quoi j’avais l’air. Quand j’agissais de cette façon, je me trouvais profondément débile.


Je n’aurais clairement pas dit  non à l’avoir avec moi pour la soirée, même si Jim m’était beaucoup moins désagréable qu’avant. J’aurais aimé avoir le temps de voir sa réponse, mais on frappa à la porte de ma chambre, et je savais que c’était mon père qui venait s’assurer que j’étais prête. Quand j’ouvris la porte, après avoir attrapé mes souliers et mon sac argentés, je baissai précipitamment les yeux. Quand il me faisait ce sourire en coin, je savais que la soirée se finirait mal pour moi. Je le contournai rapidement pour descendre les marches et rejoindre Jim qui m’attendait au bas des marches. Je lui fis un grand sourire, il était magnifique, comme toujours. On pouvait dire ce qu’on voulait sur Jim Crowley, mais il savait avoir fière allure dans toutes les situations. J’avais hâte d’être à ses côtés et loin de mon père. Le jour où je me marierais avec lui, au moins, ça sonnerait la fin de mon calvaire. Pour une raison obscure, j’avais toujours tenu mort le sujet de mon mariage obligé, devant Lucas, il n’était pas au courant. Depuis que j'avais accepté le fait d'être non fonctionnelle dans une vraie relation, je m'étais investie dans mon amitié avec Jim. À défaut de s'aimer comme des amants, nous pourrions au moins être complices, puisque nous étions voués à nous marier.


La salle était magnifique, comme chaque fois que j’avais eu à assister à ce genre d’évènement. Jim et moi étions arrivés avec mes parents, pour les photos, évidemment, mais je m’étais empressée, une fois à l’intérieur, de nous éloigner précipitamment d’eux pour me diriger vers le bar où j’attrapai du champagne. Le champagne était toujours parfait en toutes situations, mais surtout ce soir-là, alors que j’essayais de ne pas penser au sourire en coin de mon père et à ce qui suivrait, après la soirée. Je n’étais donc clairement pas pressée de partir de là. De toute façon, la musique me semblait bien et j’adorais danser. Je levai les yeux vers la mairesse, lorsque celle-ci commença à parler. J’admirais cette femme de façon inconditionnelle, bien que je me taisais à ce sujet, chez moi, puisqu’elle était en compétition directe avec mon père, mais elle dégageait quelque chose qui me fascinait et en plus, elle était l’une des meilleures avocates de la ville, et considérant que le droit me passionnait, je ne pouvais que l’aduler.


Mon looook:
 

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Lun 20 Juil - 22:24

Katherine acheva de boucler sa longue et épaisse chevelure et éteignit son fer à friser. Elle avait appris de nombreuses coiffures simples et sophistiquées en observant les coiffeurs de Venus Industries et elle était désormais capable d'en réaliser plusieurs. Le maquillage restait tout de même sa partie favorite, car elle pratiquait cet art depuis plusieurs décennies. Pour le bal, elle avait choisi pour ses paupières des tons argentés qu'elle avait mélangés ensemble ainsi qu'avec un peu de noir, sur les coins extérieurs des yeux, pour donner plus de profondeur à son regard. Ses lèvres avaient été recouvertes d'un rouge à peine plus foncé que leur couleur naturelle, mais dont la teinte se rapprochait de celle de la robe de la jeune femme.

Comme sa robe était loin d'être simple et subtile, la demi-déesse avait choisi de dégager son visage en réunissant ses cheveux, sauf quelques mèches, à l'arrière de sa tête avec un serre-tête argenté recouvert de petites pierres imitant des diamants. Ainsi, elle n'aurait pas l'air étouffée de tous les côtés par sa grosse robe et sa grosse chevelure.

Elle aurait préféré qu'Apple vienne au bal, mais celle-ci avait décidé de ne pas y aller. Natassia se doutait que cette absence serait une sorte d'affront à ses parents, mais elle trouvait l'idée assez excitante : il n'y avait bien que leur fille pour s'opposer aux dieux qui dirigeaient la ville. La jolie blonde n'avait pas mentionné officiellement la réelle raison de son absence, mais elle l'avait confiée à sa meilleure amie, laquelle n'avait pu qu'approuver. Apple en avait marre de son père, de comment il traitait sa mère et, bien sûr, de comment celle-ci le laissait faire. C'était bien suffisant pour ne pas leur faire honneur de sa présence au bal organisé pour souligner comment Elisa était parfaite.

Natassia serait restée en pyjama rose avec Apple si Raphael ne l'avait pas surprise en l'invitant au bal. Elle avait hurlé et avait accepté, naturellement. Elle ne pouvait rien refuser à son vieil ami, et ce, encore moins lorsqu'il était question de se vêtir d'une belle grosse robe et de sortir danser toute une soirée. De toute manière, Apple ne lui avait pas signifié le besoin de sa présence à ses côtés alors qu'elle ignorait activement sa famille, mais elle avait tout de même semblé déçue que Natassia ne passe pas la soirée avec elle.

La demi-déesse avait choisi sa robe toute seule, car sa meilleure amie n'avait démontré aucun enthousiasme quand elle lui avait montré ses options. Elle avait compris qu'elle devait être fâchée et qu'il ne fallait pas en rajouter. Elle n'avait tout de même pas annulé ses plans avec Raphael, à la fois parce qu'elle avait en horreur l'idée de lui faire de la peine et parce qu'elle était folle de joie d'aller au bal à son bras.

Raphael vint la prendre chez elle avec sa voiture. Katherine souhaita bonne soirée à Apple sans la regarder dans les yeux. Elle ne voulait pas emporter avec elle le visage d'une neutralité accusatrice de la jeune femme et gâcher sa soirée ainsi que celle de son cavalier. Elle prit bien garde de coincer sa robe dans l'ascenseur ou dans la portière de la voiture de Raphael en y montant.


-Tu es tellement BEAU. Nous allons passer une soirée ma-gi-que. Merci, merci, merci!

Elle plaqua un baiser rapide sur la joue du bel homme avant de boucler sa ceinture.

Une fois sur place, la demi-déesse constata que les lieux étaient saturés de gens. Elle eut une petite pensée pour Apple : avec toute cette foule, son absence serait-elle aussi remarquée qu'elle le souhaitait?

Alors qu'ils se déplaçaient parmi les gens, le regard de Raphael semblait attiré par quelque chose. Natassia le suivit pour découvrir un couple : une très jolie femme blonde au sourire loin d'être fuyant  accompagnée d'un homme séduisant. Ils lui disaient vraiment quelque chose mais, si on considérait l'invitation ouverte de la soirée, ils pouvaient être n'importe qui. Rapidement, Natassia passa en revue les gens qui comptaient un minimum pour son ami et fut subitement certaine d'avoir démasqué les deux personnes : M. et Mme Reaver. Ils faisaient partie des rares personnes desquelles Raphael parlait souvent. La jeune femme s'immobilisa dans un espace qui semblait un peu moins coincé et s'assura que son cavalier regardait bien le couple qu'elle avait identifié avant de s'adresser à lui.


-Me déplacer avec mon énorme robe parmi les gens enthousiastes d'aller vers le buffet est moyennement agréable. Si tu veux, tu peux aller nous chercher à boire et nous irons les saluer ensuite, avant que tu m'emmènes danser!

Elle désigna le couple de la tête en souriant.

Ma robe:
 

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Ma petite Apple:
 
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Lun 20 Juil - 23:33

Loki termina de nouer sa cravate noire en se demandant à quel point il serait difficile de ne pas la retirer pour la passer autour du cou d'Héra pour l'étrangler avec, ce soir. Cette femme était un fléau. Elle avait empoisonné toute la ville d'admiration pour elle et elle osait même organiser un bal pour frotter sa gloire dans le visage de chacun. Elle était beaucoup plus impressionnante qu'il ne l'avait crû, à l'époque où il dirigeait la ville. Si l'avait su aussi capable de monter en politique, il se serait peut-être allié à elle plutôt que se la mettre à dos, mais il avait longtemps pensé qu'elle ne savait rien faire qui ne fusse pour propulser son mari vers la puissance dorée.

Le dieu nordique avait été persuadé que la déesse maintenant mairesse de New York travaillait dans le seul but de mettre son bien-aimé mari au pouvoir. Il avait été assez étonné de s'apercevoir que Zeus était demeuré simple chef de la police même près d'un an après que son épouse ait été élue. Se pouvait-il que la déesse grecque ait mené ses propres plans, lesquels excluaient son mari? Si tel était le cas, il fallait d'autant plus se méfier d'elle, car elle n'était pas aussi prévisible qu'elle le laissait croire. Loki avait encore bien le temps de l'observer alors qu'il travaillait encore dans l'ombre sur ses projets à long terme.

Dès que le bal avait été annoncé, il avait été hors de question que Loki le manque. Il se devait d'aller observer les autres dieux à des fins stratégiques. Il y avait peu d'occasions de les côtoyer tous ensemble en même temps. De plus, le dieu nordique savait qu'il aurait un plaisir fou à ce genre d'événement. Il aimait beaucoup les fêtes officielles, les grandes danses, les orchestres… S'il n'avait pas eu tant d'intérêt pour la dictature, Loki aurait pu se lancer dans l'organisation professionnelle d'événements.

Le dieu avait offert une robe magnifique à sa petite amie pour le bal. Il s'agissait d'une création unique, faite sur mesure par un couturier émergent. Loki devait éviter les grands noms car, sous son identité de Liam Lawrence, dépenser des sommes élevées était suspect. Il avait laissé Miko s'occuper des accessoires et de sa coiffure et avait accepté de ne la voir dans sa robe que le jour du bal. Il avait agencé sa chemise à la robe, bleu clair, de Miko et portait une cravate tout aussi noire que son complet et ses souliers.

Lorsque Miko se présenta devant lui, pour une fois, il se tut. Il resta plusieurs secondes sans trouver de commentaire adéquat à l'apparition magnifique qui se tenait devant lui. Puis, il s'avança doucement et prit sa main.


-Tu es belle à en faire mourir les immortels.

Il l'embrassa avec la fougue qui le caractérisait en prenant toutefois garde de froisser la robe ou décoiffer la jeune femme. Il lui offrit ensuite solennellement son bras pour la conduire...au taxi. C'était une autre des déceptions de la soirée, avec le couturier à petit budget : il ne pouvait pas l'emmener en limousine ou dans une voiture de luxe. Miko aurait mérité beaucoup mieux que ce petit taxi jaune. Il fallait que le dieu se contienne en se faisant cette réflexion, car l'envie de faire brûler ce tas de ferraille commençait dangereusement à monter en lui. Loki ressentait souvent l'urgence d'enflammer ce qui l'entourait quand il était insatisfait ou en colère. Ou encore simplement par plaisir, mais c'était une toute autre histoire.

Il entra dans la salle de bal avec, à son bras, la femme qui était la plus belle à ses yeux, celle qui lui faisait le plus facilement perdre ou retrouver la raison. Il avait eu le temps d'aller leur chercher des cocktails quand Elisa Wilde commença son discours. Loki devait lui concéder qu'elle savait trouver les mots pour rejoindre niaisement le petit peuple. Elle n'était toutefois pas aussi douée que l'avait été Logan Laufey.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 21 Juil - 18:19

Du vrai n'importe quoi!
Cette idée de bal organisé par la mairesse pour célébrer, avoir du plaisir, échanger et souligner tous les changements cachait clairement quelque chose. Misha n'avait que trop peu connu sa mère, heureusement pour lui, mais il ne lui faisait certainement pas confiance et la soupçonnait toujours d'être pire que ce qu'elle est réellement. Que voulez vous, passer la plus grande partie de sa vie enfermé à l'abri du regard des autres, c'est un peu dur sur la santé mentale.

Bref, il avait tenté de mettre tout ça derrière lui et d'avoir un peu de fun! Il n'avait aucun plan particulier afin de troubler le bon déroulement de la soirée, mis à part se présenter à un événement où il n'était certainement pas attendu, puisque disparu depuis longtemps enfermé chez les démons et s'y présenter avec une fille de joie, parce que c'est mieux dit qu'une prostituée propre, question de secouer sa mère un petit peu. Il s'avait très bien qu'elle n'appréciait pas du tout les gens de basse classe et c'était certainement le meilleur moyen de la rendre le plus ignoble possible à cette soirée. Il en était certain, il aurait du plaisir!

Il était passé prendre sa cavalière dans une magnifique ancienne voiture de collection qu'il avait loué pour la soirée, y passant la moitié de sa dernière paie et l'autre moitié pour son habillement. Il y était allé avec quelque chose d'assez simple, à la fois moderne et chic : veston, pantalon et souliers parfaitement noirs, une chemise presque trop blanche, noeud papillon noir au fini lustré comme l'ourlet qui ornait son veston et coiffure parfaite pour rester décontracté et magnifiquement beau. Le mouchoir de sa poche était assorti à la robe de sa cavalière, dont je ne vous dévoilerai pas la couleur. Lorsqu'elle le rejoignit à la voiture, il alla lui ouvrir la porte avec son grand sourire charmeur et la retenu tout juste avant qu'elle n'entre.


"Vous êtes magnifique. Tous les gens seront d'une jalousie folle en voyant votre splendeur."

Il se la faisait effectivement vieux jeu à sortir de beaux mots et la vouvoyer, mais ça paraissait si naturel, comme un scénario déjà écrit qu'il lisait à la perfection. De plus, cette politesse lui allait très bien, lui donnait l'air bien plus saint qu'il ne l'était. Il la laissa entrer dans le véhicule et alla à son tour s'asseoir côté conducteur, après lui avoir fermé la porte en vrai gentleman bien sûr. Il adorait jouer ce rôle d'homme parfait. Une fois assit, il se retourna vers elle, tout sourire et sorti une boîte à bijoux de son veston. La boite laissait présager un collier.

"J'espère bien que que ça vous plaira."

Contenu de la boîte :
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C'était bien sûr de vrais diamants et le collier ne lui avait presque rien coûté. Pourquoi? Tout simplement parce que ces pierres précieuses étaient dans les premiers cailloux qu'il avait réussi à faire maintenant qu'il commençait tranquillement à comprendre comment fonctionnait son pouvoir. Il était toujours incapable de faire quoi que ce soit d'autre, que de minuscules diamants, mais autant en profiter. Il ne lui avait fallu que trouver quelqu'un pour mettre le tout en collier.

Il arrivèrent peu après le commencement de la soirée. Des centaines d'invité se tenaient déjà à l'intérieur, plusieurs ayant deux ou trois verres de pris et d'autres qui se tenaient plus à l'écart des autres, dégoûtés par la joie du peuple moins fortuné qu'eux à prendre part à ce grand événement. Sa mère avait effectivement réussi à éloigner les pauvres à se présenter ici, une certaine partie de la classe moyenne aussi, mais il n'y avait certainement pas que des riches ici car trop peu de personnes se promenaient sans qu'on ait l'impression qu'on leur avait rentré un bâton dans l’orifice postérieur. Ils avaient à peine traversé les grandes portes que la grande déesse, mairesse de cette ville, commença son discours. Pendant tout le temps de ces grandes et belles parole, Misha resta planté bien droit à regarder la monologuiste avec un air sévère. On pouvait facilement remarquer qu'il portait une attention particulière à cette femme, sa mère, mais qu'il ne l'aimait pas, pas du tout. Heureusement, très peu de gens ici étaient au courant de leur lien de parenté. Trop peu de dieux n'avait jamais connu Voueko, ni même en avait entendu parler et il ne s'empressait pas de révéler cette information à personne, particulièrement à sa cavalière du bal.

Lorsque le discours eut fini, il laissa s'échapper un court soupire
"Balivernes". Il l'avait entendu dernièrement en regardant des vidéos Youtube divers afin d'apprendre les bonnes manières de se comporter en public pour un homme et c'était maintenant son mot préféré, suivit du mot bacon. Il prit une grande respiration et tendit sa main à sa cavalière, laissant sa mauvaise humeur derrière lui et affichant de nouveau son superbe sourire.

"Voulez-vous danser mademoiselle Murphy?"


Mon habit (le même que mon avatar d'ailleurs, mais vu différemment):
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mer 22 Juil - 19:16

Eddie s'était donné la mort la nuit précédente. Une victoire facile, mais qui m'arrachait néanmoins un profond sentiment de satisfaction. Je jubilais devant mon miroir en me préparant pour le bal, amusée de poudrer un joli visage qui dégoulinait de sang la veille. Le métier de psychiatre apportait un peu de renouveau à mes pratiques, même si je n'étais pas encore tombée sur des sujets véritablement fascinants. Je me contentais de petits surdoués perdus, frustrés et manipulateurs malgré eux avec les esprits plus faibles. Ils venaient à moi, s'accrochaient à moi d’eux-mêmes, s'épandaient sur toute la solitude que leur haut potentiel leur imposait et s'étonnaient de trouver une oreille si attentive chez une superbe femme comme moi, même en dehors de mes heures de travail. J'avais laissé Eddie s'attacher à moi selon la procédure habituelle, en lui donnant mon numéro privé, des rendez-vous confidentiels en dehors des heures de travail. Je m'étais montrée très disponible au début, puis un peu plus distante, pour bien affirmer son sentiment de dépendance. Ce n'était pas compliqué, il suffisait de promettre énormément de choses au début, mais de ne pas se tenir à toutes, pour tenir la personne dans une sorte d'attente angoissée. Je le faisais naturellement. Eddie me répétait souvent qu'il était très doué pour orienter les décisions des autres sans qu'ils le sachent. Il paradait en essayant de se persuader qu'il m'avait aussi à sa merci. C'était adorablement stupide. Mais, cependant, il avait le minimum de qualité requises pour se compromettre sans ruiner mes plans. Je n'avais pas mené le jeune homme sur un terrain trop démoniaque. Je jouais simplement les mauvaises filles, en me riant avec lui de la simplicité des gens et en l'incitant à se comporter comme il le rêvait, en parfait voyou qui se pensait assez malin pour être au-dessus des lois.

Pendant un mois, nous nous sommes bien amusé. Il volait et arnaquait les autres avec moi les premiers jours puis, peu à peu, il a pris son envol et revenait de lui-même me rapporter ses exploits dans l'espoir de m'impressionner. Il me désirait vivement, et je me refusait à lui. Il était prêt à accomplir absolument n'importe quoi pour connaître l'amour entre mes bras plus qu'avec n'importe quelle autre femme. J'avais envie de lui aussi, je finis toujours par désirer mes « jouets », mais je ne pouvais pas céder sur un caprice. On peut le faire avec une femme, on doit même le faire avec une femme pour mieux la tenir ensuite, mais un homme, aussi inexpérimenté qu'il soit, se garde mieux quand il est en plein fantasme. C'est là qu'il sera le mieux disposé à accomplir absolument n'importe quoi. J'embrassais fougueusement Eddie sans lui donner plus, mais je lui en demandais toujours plus. Son dernier forfait risquait de ne pas passer inaperçu. Un détournement de fond, cela pouvait mener très loin. Je lui avais confié que je pensais être prête à m'engager avec lui à condition qu'il m'accorde une dernière faveur après, celle de suivre sans hésiter l'ordre que je lui donnerai à la fin. Il avait accepté. Notre union fut agréable. Il n'était pas très doué mais plein de vigueur et de bonne volonté. Je pense qu'il ne s'attendait vraiment pas à ce que je lui ordonne de se tuer pour moi. Il a refusé au début, en me disant que j'étais complètement folle de lui demander une chose pareille. Mais je l'ai aidé à relativiser, il risquait de finir sa vie en prison avec on ne savait quel colocataire, il venait de me faire un serment, et, surtout, je ne céderai pas. J'ai du sévir un peu, c'est vrai. Il a beaucoup pleurniché, imploré pitié mais, comme je l'acculais en répétant inlassablement la même injonction, il a fini par céder. Je lui avais laissé un couteau pour qu'il puisse s'en servir à sa guise. Il l'a planté nerveusement dans sa gorge et son sang fut ma dernière offrande. J'ai retrouvé un visage plus doux pendant qu'il hoquetait, en berçant doucement ses épaules et lui murmurant que j'étais vraiment comblée par ce si bel acte d'amour, même si je l'avais un peu forcé.

Si je vous parle d'Eddie, c'est parce qu'il est encore avec moi ce soir. Il est un peu taciturne après ce qu'il vient de lui arriver, mais cela lui passera. Il finira par comprendre qu'il n'y a pas de plus grand honneur pour un mortel que servir une déesse, et qu'une bonne attitude dans ma garde rapprochée pourrait bien rallonger considérablement ses chances de garder sa conscience plus longtemps que les autres âmes trépassées. S'il ne se montre pas à la hauteur, en revanche, il finira aux enfers pour de bon et il est peu probable que l'envie me revienne de me préoccuper encore de lui. J'ai trop d'humains à rencontrer et convertir sur Terre pour m'inquiéter d'anciens aussi insipides que ce pauvre garçon. Même si j'ai l'air de me présenter seule au bal, je ne le suis pas vraiment. Je compte bien profiter de l'occasion pour rencontrer tous les dieux qui se sont installés à New-York. Pour l'instant, ma seule véritable prise de contact était avec ce gros ronchon de Sylvan et on ne peut pas dire que cela ce soit excellemment bien passé. En entrant dans la salle, je sens plusieurs présences assez puissantes. Je tourne mon plus beau sourire au portier, et j'avance, dans une robe de soie légère, d'un rouge aussi profond que l'était le sang de Eddie hier. Elle est échancrée jusqu'à la chute de mes reins et traversée par un long collier de perles blanches fixées à l'épaule. En regardant autour de moi, je constate que la plupart des dieux me sont inconnus et venus en couple. Héra m'est légèrement familière, puisqu'il s'agit de la mairesse. Je n'ai pas d'opinion précise sur elle, mais puisqu'on m'a dit qu'elle ressemblait à Junon, je reste sur la réserve même si je dois reconnaître qu'elle a merveilleusement bien choisi son corps humain, c'est une femme délicieuse. Une aura familière est aussi celle de Cupidon et de Psyché. Nous ne nous sommes plus vus depuis des millénaires mais un peu de nostalgie me traverse malgré tout. Je ne vais pas les déranger, je sais que je n'ai plus rien à faire dans sa vie depuis qu'il s'est auto-charmé comme un gros imbécile. En même temps, ce n'est pas une si mauvaise chose, il m'a oublié plus vite. J'y pense avec peine, mais ce chagrin est égoïste, je n'ai jamais pu lui apporter ce qu'il désirait.

Je déambule sans me trouver de cible très précise. Ces petits couples solitaires sont agaçants, mais il n'est pas encore temps de venir crever leur bulle. Mais je finis par croiser un homme au complet aussi rouge que moi et visiblement à la recherche d'un ami aussi. Qu'importe qu'il soit sur le point de le trouver ou non, je me mets en travers de sa route. Il semble humain, mais qu'importe. Cela me changera, au moins, de tous ces fous que je rencontre dans mon cabinet.

– Attendez ! - Une fois son attention retenue, je lui tourne un sourire mutin – J'imagine que vous portez cet charmant veston rouge pour vous faire remarquer, et j'ai très subtilement noté que nous étions assortis. Nous aurons certes vu de meilleurs points communs mais enfin, il s'agit de ma première soirée mondaine, je fais ce que je peux… Je m'appelle Milena Nereth.

Je lui retourne la question du regard. On pourra me reprocher d’être un peu direct mis enfin, à mon age vous savez, j'ai perdu l'envie de tourner en rond en m'encombrant de trop de politesse. La retenue excessive ne mène jamais à rien, encore plus quand on ne connaît encore personne sur place.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 28 Juil - 10:28

Jim avait l'impression que, peu importe ce qu'il ferait ou à quel point il aurait du succès dans chaque domaine de sa vie, ses parents ne seraient jamais vraiment fiers de lui. Ils auraient toujours l'exemple d'un cousin ou un autre qui avait atteint des sommets dans un domaine différent ou d'une manière spéciale. Ils sauraient toujours ramener la qualité qu'ils admiraient chez une connaissance et que leur fils ne possédait pas, malgré ses efforts. Les Crowley étaient des parents exigeants et leur héritier se pliait volontiers à leurs attentes aux niveaux scolaire, professionnel et social. Néanmoins, il ne pouvait changer en profondeur qui il était. Ce n'était pas par manque d'envie de le faire : Jim aurait souhaité plus que tout être une source de fierté pour ses parents. Il y travaillait très fort, jour après jour, et ce, depuis l'enfance. Aujourd'hui jeune adulte, il possédait la maturité nécessaire pour voir qu'il n'arriverait jamais à être parfait et cette constatation lui faisait l'effet d'un étau serré sur sa poitrine en permanence.

Le peuple Felidae accordait une valeur incontestable à être au meilleur de soi-même, ce qui pouvait s'apparenter à un perfectionnisme malsain du point de vue de quiconque côtoyait un Felidae sans en être un et, même, de certains membres de la race. Aucun Crowley n'échappait toutefois à la règle. Les parents de Jim ne montraient toujours que leurs forces et travaillaient quotidiennement à améliorer leurs capacités, leurs connaissances, leur statut social, etc. Même Melany, si inférieure paraissait-elle, portait une attention soutenue à son comportement, son avenir et ses pouvoirs magiques. Mme Crowley rappelait souvent à son fils comment chaque personne rencontrant sa cousine se délectait de sa gentillesse et de la beauté de son visage. Jim savait que se montrer sympathique n'était pas sa force principale. Le jeune homme avait du mal à forcer une chaleur qu'il ne ressentait pas. Il excellait dans la politesse et ne se montrait discourtois qu'envers ceux qui ne méritaient ni son respect ni son attention, mais il ne dégageait pas une aura de douceur attirante comme Melany. Peut-être était-ce parce qu'il jugeait sévèrement presque chaque personne qu'il apprenait à connaître. Ne tolérant pas ses propres défauts, il ne pouvait supporter les travers des autres.

Encore une fois, c'était dans le but de plaire à sa famille que Jim Crowley avait accepté de participer à un événement le forçant à se faire étouffer par la foule. Le Felidae appréciait certains éléments de ce genre de soirée, comme les beaux vêtements (Il n'aurait pas à s'écorcher les yeux sur des jeans, comme ceux que portait Frederik Holmes lors de leurs rencontres de rattrapage!) et la visibilité apportée à ceux qui s'y présentaient. Néanmoins, les points faibles étaient, eux aussi, fort notables, le principal étant l'obligation de côtoyer des gens moins intéressants les uns que les autres et de devoir entretenir une conversation sur des sujets très souvent insipides avec eux.

Melany était, elle aussi, venue au bal. M. et Mme Crowley l'avaient emmenée, laissant Jim se présenter à l'événement avec Kayla et ses parents. Vêtue d'une robe rose clair, ses longs cheveux bouclés à demi remontés par des barrettes à petites pierres brillantes, elle rappelait, une fois de plus, une poupée de porcelaine. Sa simple apparence compensait presque pour ses faiblesses magiques. Il était certain que son père, son oncle et sa tante lui trouveraient un bon mari. Son cousin savait que, si on ne lui avait toujours pas officiellement présenté quelqu'un, c'était parce que Mme Crowley manigançait dans le dos de tout le monde et observait toutes les options. Fragile et faible ou pas, Melany portait un nom de famille auquel toute lignée voulait se lier. Jim ne lui accorda qu'un minimum de son attention après l'avoir analysée d'un coup d'oeil.

Connaissant les habitudes de Kayla de se vêtir de leggings et autres vêtements tout aussi confortables et ignobles, Jim avait été agréablement surpris de la voir habillée et coiffée avec tant de goût. Sa robe était chic sans être trop soignée pour un bal d'été, ni trop mature ni trop jeune, originale sans paraître déplacée… La couleur allait très bien à sa cavalière. Ayant été mis au courant de celle-ci avant de voir la robe entière, Jim y avait agencé sa cravate, qu'il portait avec une chemise blanche et un complet gris à très fines rayures. Sa préférence allait très souvent aux complets gris.


Une fois les photos terminées, Jim suivit Kayla et s'empara, lui aussi, d'une flûte de champagne. Il n'en prit qu'une infime gorgée. Il ne sortait plus dans ce genre de soirée sans s'y être préparé à l'aide d'un comprimé de sa mère et il savait maintenant qu'il devait surveiller ce qu'il buvait lorsqu'il était sous l'effet d'un calmant. Il ne voulait pas perdre la tête, encore une fois, et rouvrir les yeux dans les bras de Frederik Holmes se prenant pour un chevalier.

Le discours d'Elisa Wilde lui plut. Il était très simple et court comme l'exigeait l'occasion, et il montrait une évidente affection pour les gens de New York. Si cette femme n'était pas sincère, elle était une excellente actrice, ce qui était aussi bien, du point de vue de Jim, pour une politicienne. Une fois l'intervention de la mairesse achevée, le Felidae reporta son attention sur sa promise.


-Tu es magnifique, ce soir, Kayla. De nombreux hommes me dévisagent avec jalousie parce que je suis ton cavalier.
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mer 29 Juil - 17:07

[Il se peut que j'aie explosé la limite de mots.]

Je savais que Misha était un dieu, mais je ne lui en avais rien dit. Les dieux avaient la capacité de reconnaître l'énergie divine de leurs semblables et, si je n'avais pas eu en permanence mon collier dissimulateur, il aurait certainement remarqué que je n'étais pas humaine. J'avais choisi de rendre mon identité réelle secrète à la fois par envie de me tenir éloignée des histoires politiques des autres dieux et, plus encore, parce que je ne me sentais pas à la hauteur de ceux-ci. Je ne pouvais me mélanger à eux, surtout maintenant que Vénus m'avait dépassée au point de me ravir complètement le statut de déesse de l'amour.

Je ne connaissais pas la réelle identité de Misha et je ne lui avais pas révélé la mienne, ni mon origine divine. Je savais qu'il n'était pas un dieu grec connu, car je reconnaissais facilement les dieux que j'avais déjà rencontrés. Il ne me semblait coller à aucune des descriptions établies des dieux des principales mythologies connues. Il devait donc faire partie d'un peuple qui m'était moins familier, ou encore, avait-il brouillé son identité, comme moi. Je n'avais pas envie d'aborder ce sujet avec lui parce que, même si je m'attachais de plus en plus à lui et voulait tout faire pour continuer de me voir si belle dans son regard, je ne lui faisais pas assez confiance pour partager avec lui cette partie de moi. De plus, s'il avait entendu parler d'Aphrodite, il était à parier que c'était en mal, et je ne voulais pas qu'il me juge sur ma réputation plutôt que sur comment j'agissais avec lui.

Je n'avais pas hésité à accepter l'invitation de Misha au bal. Cette soirée serait pour moi l'occasion de côtoyer et observer les autres dieux qui, eux, ne me reconnaîtraient pas. De plus, j'avais du mal à refuser quoi que ce soit à celui qui était maintenant pour moi plus qu'un client ordinaire. Certes, nous nous étions connus par le biais de mon emploi peu glorieux à cette époque aux mœurs sévèrement hypocrites, mais j'étais persuadée que ce qui nous liait était spécial. Du moins, je m'en convainquais et conservais cette petite lumière pour me rassurer lorsque je paniquais à l'idée de n'avoir aucune valeur maintenant que Vénus était la seule déesse de l'amour.

Je terminai de me maquiller et je jetai un dernier coup d'oeil à mes cheveux pour m'assurer que le minuscule serre-tête orné de zircons blancs et du même bleu que le bas de ma robe tenait bien ma coiffure en place. Mes cheveux étaient partiellement retenus vers l'arrière par le serre-tête et retombaient en boucles parfaites sur mon épaule gauche. Mes boucles d'oreilles étaient de minuscules diamants que j'adorais porter et que j'avais achetées d'un vendeur louche qui écoulait des stocks d'avant l'ouverture de la brèche – certainement des trucs volés – peu de temps après mon embauche au Velvet Dream. Autrefois, je me parais des bijoux les plus voyants mais, aujourd'hui, je devais me résoudre à vivre selon mes moyens.

J'avais prudemment enroulé ma chaîne magique autour de ma cheville. Je me devais de la porter en tout temps pour que son pouvoir de dissimulation soit effectif. Comme elle était en or, elle s'agençait plutôt mal avec ma robe blanche et bleue et mon serre-tête. Je l'avais mise à ma cheville pour la dérober au regard des gens, puisque ma robe longue ne laissait qu'à peine entrevoir mes escarpins argentés lorsque je marchais. Mon cou étant libre, je l'avais paré d'un collier très simple constitué d'une chaînette et d'un pendentif en forme de goutte d'eau. Un simple zircon, encore une fois.

Je fus prête près d'une heure à l'avance, ce qui me laissa le temps de lire un peu. Je devais consommer le plus de livres possibles si je voulais permettre à Grace d'avoir de bons sujets de conversation. J'eus beaucoup de mal à me concentrer, trop enthousiaste de cette soirée magique qui se rapprochait de minute en minute. Au bout d'une quarantaine de minutes, je me postai à la fenêtre pour guetter l'arrivée de Misha, incapable de garder les yeux rivés sur les mots.


-Tu exagères, ma pauvre. Ce type va te jeter quand il va se rendre compte de ce que tu vaux vraiment.

Le ton de Lucy était sec. Elle ne s'adressait que rarement avec douceur à qui que ce soit. Au mieux, elle parlait avec une tranquille condescendance. Je l'avais créée ainsi et je le regrettais un peu, parfois. Néanmoins, tout comme Grace, je ne pouvais la changer désormais. Toutes deux faisaient partie de moi. Je ne répondis toutefois pas à Lucy, mais son soupir emplit la pièce lorsque je me précipitai vers la porte en voyant Misha dans la rue.

-Vous êtes magnifique. Tous les gens seront d'une jalousie folle en voyant votre splendeur.

-Et votre charme est incomparable.


J'aurais pu m'envoler tellement j'étais heureuse à cet instant. Depuis mon arrivée en ce monde, très peu de gens m'avaient accordé une attention soutenue et encore moins m'avaient promis des moments de rêve.

Je faillis bien me liquéfier lorsque Misha me remit un cadeau. Je me sentis presque comme la déesse autrefois vénérée que j'avais été. Je découvris dans la petite boîte un collier d'une beauté et d'une délicatesse infinies. Je m'empressai de retirer le banal bijou qui reposait déjà dans mon cou pour le remplacer par l'oeuvre d'art. Ce collier devait valoir une véritable fortune.


-Tu es complètement fou. Complètement… Merci!!

Je me penchai prestement vers lui pour déposer un baiser passionné sur ses lèvres. Le collier me brûlait presque la peau tellement il irradiait de magnificence.

Une fois sur place, je m'infligeai l'écoute du discours d'Héra. Je connaissais suffisamment son passé pour ne pas me laisser avoir par ses belles paroles : la femme de Zeus était aussi impitoyable qu'une irruption volcanique. Je fus bien étonnée, toutefois, de la réaction négative de Misha à la fin de son monologue. Connaissait-il Héra en tant que déesse?


-Tu ne sembles pas beaucoup apprécier notre mairesse.

Mon regard se porta de nouveau vers la scène, mais Héra ne s'y tenait plus. Elle devait être retournée papillonner des yeux devant son mari qui, lui, regardait certainement toutes les femmes sauf elle.

-Voulez-vous danser mademoiselle Murphy?

-Avec le plus grand des plaisirs, cher Monsieur.

Je pris sa main avec le plus grand des sourires.

Ma robe:
 

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 11 Aoû - 11:30

En attendant mon retardataire préféré, je commençai à observer les gens autour de moi. Je ne me magasinais pas de conquête puisque je savais qu'Ethan allait arriver et qu'il serait plutôt insulté si je le laissais tomber pour une baise. À ses yeux, toute personne devait se montrer honorée de sa présence à ses côtés, et je ne faisais pas exception à la règle. Comme je le préférais de loin de bonne humeur, mon choix était fait : je résisterais bien gentiment à la tentation. De toute manière, contrairement à ce que plusieurs personnes m'avaient laissé entendre de leur opinion sur moi, j'étais loin d'être esclave de mes pulsions et je ne souffrais pas si je passais une nuit tout seul. C'était simplement que j'adorais l'effet que me procuraient mes nuits avec différents partenaires. Un mélange de joie et d'impression de contrôle grisants.

Il y avait beaucoup de bien belles personnes présentes ce soir. Il y avait aussi des gens laids, bien évidemment. Je ne m'attardai pas longtemps sur ceux-ci et préférai observer les jolies femmes et les hommes les plus séduisants. Je remarquai un couple dont la mièvrerie semblait irradier. L'homme dégageait une sorte d'assurance qui m'énerva instantanément. Quelque chose dans son sourire me hérissait. Pourtant, c'était un fort beau sourire. Son épouse, une blondinette vêtue d'une robe bleue, me faisait un effet nettement plus positif. Elle me rappelait un peu ces filles qui témoignaient de la pensée positive à la télévision : juste assez chiante pour m'amuser.

J'oubliai mon petit couple bleu quand je vis passer notre mairesse. Elle semblait chercher quelque chose ou quelqu'un. Je me devais d'admirer son look, ce soir, même si je n'aimais pas sa personne. Ses cheveux lâchés lui donnaient moins l'air d'être totalement incapable de comprendre une blague que ses chignons habituels, en plus de la rendre plus sexy. Sa robe était très jolie aussi, même si sa couleur était un brin ennuyante. Je savais toutefois qu'il ne fallait pas s'attendre à une grande folie vestimentaire de la part d'Elisa Wilde. Néanmoins, les petits miroirs sur sa poitrine créaient un effet original qui rendait la robe spéciale plutôt qu'ennuyante. Deux boules discos. C'était génial.

Mon regard fut attiré par un autre couple bleu composé d'un grand jeune homme aux cheveux mi-longs et aux yeux sombres ainsi que d'une fort magnifique jeune femme blonde. Ils me semblaient tous deux assez peu amusés par l'événement, si je me fiais à leur sourire figé. La manière dont ils interagissaient me paraissait un peu étrange. Habituellement, les jeunes couples étaient presque obscènes dans leur manière de se regarder et se toucher constamment. Ce n'était pas le cas des deux personnes que j'observais à cet instant. Peut-être étaient-ils frère et sœur, même s'ils ne se ressemblaient pas. Le fauteur de troubles en moi mourait d'envie d'aller les importuner mais, à la place, je sortis de nouveau mon téléphone pour voir si Ethan m'avait répondu. Rien.

Je me remis à la recherche de mon ami en soupirant. Son retard m'agaçait. Je n'aimais pas spécialement comment il se prenait pour le centre du monde. Le bal pouvait l'attendre : il arriverait à l'heure qui lui plaisait. Il en était de même pour moi. Je faisais partie de la foule qui devait l'acclamer.


– Attendez !

Une femme tout à fait splendide se tenait devant, apparemment sortie d'un rêve, mais plus logiquement sortie d'entre d'autres gens. Sa robe, d'un rouge moins arrache-yeux que le mien, est à la fois simple et efficace : elle permet de laisser deviner les formes harmonieuses de son corps. J'ai une affection certaine pour les tenues monumentales avec des jupes à soixante étages de crinoline, mais je ne peux nier qu'une robe épousant le corps d'une femme n'est jamais un mauvais choix, particulièrement quand ce corps est très attirant.

– J'imagine que vous portez cet charmant veston rouge pour vous faire remarquer, et j'ai très subtilement noté que nous étions assortis.

-J'aime la visibilité, je n'y peux rien.


À cet instant, je ne savais pas si la demoiselle critiquait mon look éclaté ou si elle l'appréciait. Dans le premier cas, elle aurait été bien sotte de m'arrêter pour souligner mon besoin d'attention. Dans le second, je trouvais ses goûts exquis.

-Nous aurons certes vu de meilleurs points communs mais enfin, il s'agit de ma première soirée mondaine, je fais ce que je peux… Je m'appelle Milena Nereth.

Sa première soirée! Comme c'était mignon! Une beauté comme elle risquait de se faire dévorer par les monstres habitués à ce genre d'événements. Heureusement pour elle, je débordais continuellement de bonnes intentions.

-Drake Varner, l'homme le plus fantastique de cette soirée.

Je me présentais toujours avec humilité. Je dissimulai le mieux possible une légère nervosité. Si cette jeune femme connaissait l'actualité des deux dernières années, mon nom ne lui serait pas étranger. Il avait fait fuir certaines conquêtes qui refusaient de s'approcher d'un ancien condamné à mort.

-Premier conseil d'habitué : ne révélez plus votre inexpérience. Cette salle est remplie de gens dont le plaisir est de faire de la première soirée mondaine d'une personne sa dernière. Ensuite…

Je me permis de la regarder avec un air de professeur cherchant l'erreur.

-Il vous faut un verre.

Je repérai un serveur et payai pour une flûte de champagne que je remis à la demoiselle. De toutes les boissons, celle-ci faisait l'unanimité sur un point : il fallait soit l'aimer, soit faire semblant qu'on l'aimait.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mer 12 Aoû - 17:52

Ce que j'aimais le plus chez Emilia, c'était la façon si simple que j'avais de la rendre heureuse. Un seul coup d'oeil semblait la faire jouir, même si je savais très bien la faire jouir autrement. Un tout petit effort et elle respirait le bonheur d'être enfin appréciée, remarquée par quelqu'un qui la faisait sentir importante, que ce soit le cas ou non. Il faut avouer qu'au début de notre relation, ce n'était certainement pas le fait que je la trouvais importante qui pouvait la rendre heureuse, avoir un client régulier, c'est simplement signe qu'on fait bien son boulot et qu'on ne coûte pas trop cher. C'est avec le temps que j'avais appris à lui porter de l'attention, cherchant à faire un humain plus normal de moi-même, cherchant aussi de l'attention et quelqu'un avec qui passer du temps. Tout ce temps en prison de l'enfer m'avait éloigné des quelques personnes que j'avais rencontrées auparavant, à savoir principalement Derek et Blanca, mais n'ayant pu reprendre contact avec eux à mon retour, je m'étais retrouvé complètement seul. Je cherchais de façon désespérée comment m'occuper autre qu'en écoutant Teen Wolf, voulant un peu plus de contacts humains.

Cette soirée était certainement l'une des meilleures occasions qui s'offraient à moi en ce qui à trait a rencontrer de nouvelles personnes. Par contre, quelque chose en moi me disait que ce n'était pas nécessairement des personnes avec qui j'avais réellement envie de me lier d'amitié ou plus. Lors de ces soirées mondaines, on pouvait y rencontrer tout plein de personnes, mais surtout des gens détestables, des manipulateurs, des sans-desseins et surtout des hypocrites. Toutes ces qualités, il n'y avait que moi qui pouvais les avoir, pourquoi les partager avec quelqu'un d'autre sachant que ça ne créerait que des conflits. J'avais une très mauvaise opinion de ma personne, mais je me savais aussi assez niais et timide, donc je ne tenais pas nécessairement à m'entourer des personnes ici présentes. Peut-être trouverais-je une perle rare parmi ces cailloux, mais je n'y comptais pas trop.

Après le discours de ma mère, je tentai de garder le plus longtemps un air impassible, qui dura environ un quart de seconde. Le soupir qui en suivit me soulagea de l'envie de monter sur scène et lui arracher les yeux. Je remis mes idées de meurtres de côté et me concentrai sur ma cavalière. Elle avait compris que je n'aimais pas trop notre mairesse, je n'avais nul besoin d'en rajouter. Je me contentai d'un léger spasme de sourcils qui annonçait l'évidence de l'affirmation qu'elle venait de dire, sans pour autant en être agressant et lui proposai de danser. Lorsqu'elle prit ma main, je nous dirigeai prudemment vers la piste de danse et une fois sur place, déposa ma main droite sur le bas de son dos, laissant mon autre main dans la sienne.


''Je connais la posture mais ça s'arrête là, va falloir m'aider un peu sur ce coup là'' lui dis-je en lui adressant mon grand sourir charmeur et un clin d'oeil aucunement subtil. Je tentai de bouger un peu, ce qui n'était quand même pas si mal et la facilité qu'avaient mes pieds de se coordonner avec ceux de ma cavalière était... pas si étonnant que ça, sachant le nombre de fois où nos jambes s'étaient frottées les unes aux autres sans contrevenir à nos galipettes. À croire que nous étions faits pour fonctionner ensemble.

Tout en dansant du mieux que je le pouvais, mes yeux se baladèrent sur l'ensemble des gens de la place. Il y avait de très belles créatures, autant hommes que femmes (ou autres!), mais mon regard s'arrêta sur un homme... comment dire... étrangement beau. Vêtu d'un habit rouge bien voyant, sa beauté physique était sans contredis exceptionnelle, mais son choix vestimentaire déplacé et un peu trop m'avez-vous-vu. Il était à la fois dommage qu'il soit si étrangement habillé, mais aussi à son avantage puisque tout le monde le remarquerait dans cette grande foule. Ce qui m'agaçait le plus, c'était que malgré tout ça, l'ensemble lui allait à merveille, bien qu'elle annonçait qu'il était probablement le pire connard de la place. Je continuai mon inspection de la salle en portant une attention particulière au cas où je pourrais y trouver Ezra ou même mon sauveur, Kyle. Je n'avais pas revu ce dernier depuis qu'il était venu me libérer des enfers et j'avais très envie de le revoir pour plusieurs raisons, mais surtout parce qu'il était magnifiquement beau et pour le remercier. Je cherchai aussi ma mère du regard afin de pouvoir la surveiller. Connaissant mon père, je savais qu'aucune de ces soirées qui s'annonçaient si innocentes ne l'étaient réellement. Je m'étais fait à l'idée que tout cela tournerait probablement mal et voulais me protéger de tout éventuel plan démoniaque. Il était peu de dire que je n'avais aucune confiance en ma famille. Je reposai mes yeux sur ma cavalière alors que je sentais que je l'avais quitté des yeux trop longtemps.

''Ça a beau être une très belle soirée très classe, ça n'a pas à nous empêcher de nous amuser un peu!'' dis-je en attrapant deux flutes de champagne que portait un serveur, puis levai mon verre légèrement. ''À la plus belle de la soirée, puisse cette soirée nous en apprendre davantage l'un sur l'autre''. C'était effectivement étrange comme souhait, mais j'avais tout de même certains plans, même s'ils n'allaient probablement pas plaire à tout le monde.

''Alors, dis-moi quelque chose que je ne sais pas sur toi encore'' Vous l'aurez compris, j'avais bien l'intention de découvrir ce qu'elle me cachait et ce qu'était cet étrange sentiment de plus en plus fort qui me disait que j'avais plus en commun avec elle qu'on pouvait le croire à première vue.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Lun 17 Aoû - 17:20

Depuis quelques mois, Merwyn se sentait parfaitement heureux. Il faisait son possible pour ne pas oublier le but de sa présence à New-York, mais d'autres projets lui tournaient en tête depuis qu'il fréquentait Nichole. La jeune femme le comblait. Il se sentait un homme neuf, prêt non à recommencer sa vie, mais à commencer une nouvelle, comme n'importe quelle personne de vingt-huit ans. Il devait encore résister à l'envie de laisser ses ambitions en plan pour ne plus s'occuper de rien d'autre que l'amour qu'il vouait à sa nouvelle compagne. Heureusement, Talfryn était venu lui rappeler que les choses ne pourraient jamais être satisfaisante tant que le peuple des forêts serait menacé. Il n'avait encore jamais osé révéler à Nichole sa nature particulière. Elle le prenait pour une sorte de sorcier et, si il lui avait au moins présenté son fils, il lui avait dissimulé sa véritable apparence ainsi que son âge. Compliquer les choses était inutile pour l'instant, Talfryn avait donc officiellement vingt ans. Même s'il s'entendrait très bien avec la jeune femme, il redoutait sa réaction quand elle apprendrait qu'il n'était pas totalement humain. Nichole manquait de confiance en elle, et il appartenait à une espèce assez peu réputée pour sa fidélité, en plus d'avoir passé la moitié de son existence avec une nymphe véritable. Ce serait beaucoup à assimiler pour elle. Il ne voulait pas la perdre et leur union restait fragile. Elle reposait en partie sur un mensonge. Il repoussait chaque jour le moment de lui dire la vérité. A force, il se disait même qu'après tout, si elle ne se doutait de rien, cela pouvait bien attendre quelques années. Quand elle serait une femme plus sûre d'elle, elle comprendrait peut-être ses raisons. Il lui dirait avoir fait tout cela pour protéger leur couple et elle l'en remercierait. Très sincèrement, ce genre de scénario le convainquait assez peu mais il s'efforçait d'y croire pour se rassurer.

Merwyn voulait vraiment rester avec Nichole et leur situation lui posait légèrement problème. Il trouvait que l'annoncer comme sa « petite amie » avait quelque chose de temporaire. Ils étaient ensemble depuis presque un an et allaient se montrer à une réception mondaine pour la première fois. Leur arrivée aurait un caractère assez officielle pour ses clients, son employée, et il tenait à la faire avec le plus grand sérieux. Alors, même si sa compagne était déjà ravie d'intégrer plus ouvertement son monde, il lui avait préparé une autre surprise. Il avait été convenu qu'ils arriveraient ensemble, et ils s'étaient préparés chez lui. Nichole serait magnifique dans la robe qu'il lui avait offerte après quelques essayages en boutique – il savait combien elle voulait être parfaite et remarquée – mais il lui manquait encore un accessoire pour être parfaitement merveilleuse. Il le lui dit avec un petit sourire, en lui laissant découvrir la petite boîte laissée sur le siège passager de sa voiture quand elle ouvrit la portière pour se mettre en route. C'était un peu brutal, mais Merwyn n'avait pu résister à l'envie de voir Nichole prise au dépourvu, avec ses petites manières choquées qui l'excitaient toujours assez vivement. Mais là, il ne devait pas céder à la tentation de fêter l'événement dans la voiture, et démarrer pour ne pas être en retard, ou ruiner toute la préparation de sa douce. Elle ne s'était jamais plainte de leur vie intime très active, mais quelque chose lui disait qu'elle apprécierait peu de ne pas faire une entrée aussi impressionnante qu'elle l'espérait s'il cédait à ses pulsions juste avant la réception.

Ainsi, les chose avaient été plus ou moins conclues. Nichole avait fort heureusement accepté la bague, et ils pouvaient gravir les marches, mains dans la mains, en couple de futurs mariés. Merwyn trouvait définitivement plus agréable d'être au bras de sa fiancée plutôt que « accompagné de sa copine » ou, pire encore, se retrouver dans l'obligation d'accepter une cavalière totalement inconnue. On pouvait facilement le lire sur leur visage, ils étaient aux anges, dans une bulle de bonheur assez difficile à briser. Merwyn comptait au minimum saluer les personnes avec lesquelles il était tenu de rester en de bons termes mais, au fond, il ne pensait qu'à profiter du moment avec Nichole et à l'heure où ils se retrouveraient à nouveau tous les deux pour exprimer pleinement ce que cette demande en mariage leur inspirait. Ils s'aventurèrent donc au milieu de la foule, et le gallois s'amusa des regards critiques que la jeune femme lançait autour d'elle, afin de s'assurer, semblait-il, qu'aucune femme ne représentait une rivale. Sachant très bien sa jalousie, Merwyn se gardait d'ailleurs bien de laisser traîner son regard sur toutes les femmes un peu trop déshabillées. Ils applaudirent le discours d'Elisa Wilde, qui gérait parfaitement son rôle de mairesse, même s'il commençait à trouver sa volonté de concilier tout le monde dangereuse et assez improductive sans quelques démarches plus affirmées. Ils devraient avoir une autre discussion à ce sujet, sinon, les choses risquaient de se tasser en laissant l’opportunité à d'autres de prendre de l'influence. Parmi les personnes présentes, il remarqua Gabrielle, toujours bien attachée à son amant ténébreux, ainsi que l'amie d'Apple dans une robe particulièrement visible. Apple ne semblait pas là en revanche, ce qui n'était pas si mal. Il craignait d'être obligé de faire les présentations à Nichole et d'avoir à subir une comparaison, et des soupçons quant à la réelle fin de soirée qu'il avait passé lorsque la belle mannequin l'avait accompagnée au cocktail de Venus Industries. Mais, avant de se soucier des présentations et des réactions de sa fiancée, il fallait bien s'équiper.

– Ne bouge pas, installe-toi, je vais nous prendre quelque chose à boire, lui souffla-t-il en l'embrassant et laissant traîner une main sur sa hanche avant de se diriger vers le buffet pour prendre deux coupes de champagne et une petite coupe d'amuse-gueule
.

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L'espèce humaine est dangereuse
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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 18 Aoû - 14:40

En tant que déesse, je n'avais jamais vraiment su trouver ma place. J'avais exploré les plaisirs de la chair parce que ceux-ci s'entremêlaient avec l'amour, et j'y avais trouvé beaucoup moins de douleur que dans l'investissement de soi auprès d'une autre personne. Ma relation avec Héphaïstos m'avait fait beaucoup de peine, et je m'en voulais toujours de n'avoir réussi à lui rester fidèle. J'avais choisi d'endosser pleinement le rôle de la fille facile qui ouvrait les jambes sur demande. Pour plusieurs, j'avais ainsi représenté l'amour charnel et c'est dans cette admiration de ceux qui, comme moi, ne savaient où d'autre chercher leur bonheur que j'avais trouvé une sorte d'équilibre.

Voir mon histoire se répéter chez les Romains m'avait portée à réfléchir. J'avais eu envie d'aller conseiller Vénus en apprenant qu'elle traversait les mêmes épreuves que moi mais, ayant eu vent de sa fierté bien supérieure à la mienne, et persuadée qu'à sa place, je n'aurais moi-même pas écouté une déesse ratée comme moi, je n'avais rien fait. Je m'étais tout de même surprise à l'admirer, avec le temps. Il me semblait que son amour avec Vulcain faisait pâlir ce qui avait existé entre Héphaïstos et moi au point de le faire paraître comme invisible. Certes, j'avais épousé mon mari après que Vénus eut célébré son mariage, mais son histoire avait de loin dépassé la mienne. Mars lui avait témoigné une passion que jamais Arès n'avait eue pour moi. Il était évident que Vénus était la version magnifiée de ce que j'avais été. Sa vie avait été plus intense et, au final, elle s'en tirait avec une force que jamais je n'aurais. À bien y regarder, même si j'avais été la première, je ressemblais plus à une mauvaise copie d'elle que l'inverse.

Vénus s'était aujourd'hui fait une vie sous le nom de Gabrielle Englebert. Elle s'était intégrée au monde humain avec facilité. Je le devinais à voir l'ampleur de sa réussite aujourd'hui : elle avait une carrière, la célébrité, l'amour… alors que, de mon côté, j'aspirais simplement à m'en sortir en doutant d'un jour avoir quoi que ce soit de quoi être fière.

Ce soir, je savais que celle de qui je n'avais pas l'étoffe d'être la rivale serait présente, tout comme un grand nombre d'autres dieux. Une fois sur place avec Misha, j'essayai subtilement de les repérer. Je reconnus Cupidon et Psyché qui se faisaient les yeux doux et je fus ennuyée par cette vision. Cette pauvre fille me rappelait la Psyché de mon propre passé, ce qui n'était pas un hasard puisqu'elle était le double de celle-ci, de la même manière que son époux, le fils de Vénus, était la reproduction d'Éros. Je me demandai, en les observant, si Cupidon était lui aussi supérieur à son équivalent grec… Comme mon fils n'avait pas réussi à passer la brèche – il avait refusé mon aide – je ne pourrais jamais les comparer dans cette nouvelle réalité.

Je reconnus Proserpine qui discutait avec un mortel. Comme à son habitude, elle était d'une élégance presque inquiétante. Même si je ne la connaissais pas personnellement, je l'avais toujours trouvée moins chiante que Perséphone qui se faisait un honneur de rappeler à tous à quel point sa vie était difficile aux Enfers.

Je me répétais que ce que je vivais avec Misha était temporaire. Il n'était pas le premier à me témoigner un intérêt depuis mon passage par la brèche. Sans mes pouvoirs magiques pour charmer les hommes, je restais une femme magnifique, ce qui était bien suffisant pour attirer l'attention de ces faibles créatures masculines. Toutefois, comme il existait d'autres femmes à l'apparence irréprochable, les hommes se lassaient rapidement de moi. Même si le côtoyer m'emplissait de joie, je me devais de ne pas perdre la tête. C'était pourquoi, ce soir, je gardais en tête mes buts stratégiques d'observation même si mon cavalier était très beau et de fort agréable compagnie. Je comptais d'ailleurs sur cette soirée pour en apprendre plus sur son identité. J'avais déjà découvert une animosité certaine envers Héra, et la soirée ne faisait que commencer.


-Je connais la posture mais ça s'arrête là, va falloir m'aider un peu sur ce coup là.

-Tu sais comme j'aime t'obéir.

J'avais toujours aimé danser. Guider Misha ne m'apparaissait pas autrement que comme un jeu, tout comme l'était une bonne partie de notre relation. Habituellement, l'homme était celui qui menait la danse, mais je savais suffisamment les pas des deux côtés pour diriger mon cavalier sans m'emmêler dans mes propres mouvements.

En dansant, mon regard fut attiré par un couple qui passait tout près. La robe bleue avec de jolies pierres brillantes de la jeune femme blonde était très belle, tout comme celle qui la portait. Elle était beaucoup moins insipide que Psyché dans ses deux versions, d'ailleurs. La comparaison me vint naturellement, puisque je venais de voir l'épouse de Cupidon dans toute sa banalité.


-Ça a beau être une très belle soirée très classe, ça n'a pas à nous empêcher de nous amuser un peu!

Misha était tout à fait adorable. Le fait qu'il n'aimait pas Héra, tout comme j'avais détesté Junon, me le rendait encore plus charmant.

-À la plus belle de la soirée, puisse cette soirée nous en apprendre davantage l'un sur l'autre.

Je rougis un peu en souriant au compliment et je levai aussi mon verre. Je savais que Vénus était la plus belle. Elle était magiquement irrésistible et je ne pouvais rien y faire, mais je fondis devant l'illusion que Misha trouvait réellement que j'étais la plus belle, comme du temps où ma beauté n'avait aucune égale. Avant les Romains.

-Alors, dis-moi quelque chose que je ne sais pas sur toi encore.

J'essayai de réprimer un sourire à l'idée de tout ce que mon amant ignorait encore sur moi et je sentis mon visage se tordre un peu. Je me repris et lui offrit un sourire charmeur.

-J'ai déjà été mariée. À ton tour. Surprends-moi.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mer 19 Aoû - 13:18

Comme tout le monde, j'avais été mise au courant du bal d'été organisé par la mairesse de la ville. Comme presque tout le monde, j'avais rapidement fait une croix sur cette soirée. Qu'est-ce qu'une fille de ma condition avait à faire au milieu des gens riches et comblés de réussite de New York? Certes, l'idée de faire un petit tour des sacs laissés de côté pour aller danser et celle de me jeter sur un buffet composé de bouchées plus grosses que les repas que je pouvais me payer m'avaient vite souri. J'étais cependant revenue à la réalité en effleurant des yeux les mots Tenue de ville exigée. Je ne possédais pas de vraie robe de soirée et mes talents limités en vol m'interdisaient les grands magasins dotés de bons systèmes de sécurité. Mes pensées avaient donc dû se détourner de cet événement.

J'avais bien déjà possédé une jolie robe de soirée, toute noire et en satin, environ deux ans plus tôt, mais je ne l'avais plus. Je l'avais prise dans la boutique d'objets et vêtements de seconde main où j'achetais et volais l'essentiel de mes possessions. Après le bal, je l'avais rapidement revendue en ligne, car il ne me servait à rien de m'encombrer de ce genre de vêtements quand je pouvais avoir de l'argent en échange.

Ce n'était que quelque jours avant la soirée que mes plans avaient changé. J'étais allée faire un tour à la boutique d'objets usagés, car j'avais besoin d'un nouveau percolateur, ayant fait tomber le mien dans un geste mal contrôlé parce que j'avais exagéré sur l'alcool et il s'était brisé. Si la robe avait été parmi les autres, sur la tringle d'environ un mètre où étaient suspendues les tenues de soirée défraîchies, je ne l'aurais pas remarquée puisque je ne m'intéressais pas aux vêtements, ce jour-là. La robe était placée sur le bout d'une rangée, de sorte à être vue facilement par quiconque passait dans le magasin. Je tombai donc face à celle-ci alors que je me dirigeais vers la caisse avec mon futur percolateur.

La robe était d'un bleu plutôt foncé. Je ne m'y connaissais pas en tissu, mais la jupe semblait faite de mousseline alors que le haut était recouvert d'un genre de voile parsemé de petites pierres un ton plus foncé que le tissu. Le décolleté était assez modeste, loin d'être plongeant, ce qui était toujours un point que j'appréciais chez un vêtement. Ce fut assez pour que je me risque à regarder l'étiquette. Vingt dollars… Rien ne me permettait de calculer les probabilités de parvenir à voler suffisamment, lors du bal, pour savoir si une dépense de ce genre était rentable. Néanmoins, si je parvenais ensuite à revendre la robe, je m'en tirerais peut-être assez bien. J'avais soupiré, déposé le percolateur sur une tablette tout près – je n'avais pas les moyens d'acheter les deux en même temps et je n'avais pas envie d'aller le remettre à sa place – et emmené la robe vers les cabines d'essayage. Comme celle-ci était lacée au dos, il était possible pour moi de l'ajuster parfaitement à mon corps. Je cachai un petit sac à main chic dans mon grand sac usé avant de passer à la caisse avec la robe.

Je me rendis donc au bal, finalement, vêtue d'une robe parfaite si on ignorait la longue déchirure dans sa doublure. Comme ce défaut ne pouvait être connu que de quelqu'un ayant eu accès à l'intérieur de la robe, je semblais vêtue d'une tenue neuve et de grande valeur. J'y avais agencé un bracelet et des boucles d'oreilles que j'avais déjà chez moi, et j'avais reproduit avec le maximum d'adresse que je possédais une coiffure trouvée sur le net.

J'écoutai le court discours d'Elisa Wilde et applaudit avec enthousiasme. J'aimais que notre dirigeante soit une femme et que, de plus, elle semble aussi compétente dans ce qu'elle faisait. J'espérais arriver à lui ressembler un peu avec tous mes efforts pour me tailler une place convenable dans cette ville. Une fois que la musique eut repris, je localisai le buffet et fonçai vers celui-ci avec une hâte que je tentai de modérer. Je remarquai Kayla Hofstadter, une fille que j'avais eu dans un cours à l'université. Je songeai à aller la saluer, mais elle était en compagnie d'un jeune homme juste assez costaud pour que je m'en méfie après un seul coup d'oeil.

Une fois en tête-à-tête avec le buffet, je commençai à observer la foule à la recherche d'objets de valeur abandonnés sans surveillance.


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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 20 Aoû - 22:56

Nicky avait eu beaucoup de mal à choisir une robe pour le bal. Elle savait qu'elle serait entourée de beaucoup de femmes nettement plus belles qu'elle et cette idée la glaçait d'angoisse. Son image d'elle-même s'était améliorée ces derniers mois, grâce à Merwyn. Celui qu'elle aimait lui témoignait amour et désir, d'une manière qui ne laissait aucunement douter de son avis positif sur elle. Savoir qu'un homme aussi bien que Merwyn l'aimait aidait quotidiennement Nichole à se voir d'un œil moins violemment négatif. De plus, son petit ami savait utiliser les bons mots pour qu'elle arrive à comprendre son point de vue sans se dire qu'il faisait semblant de lui trouver des qualités, comme ses anciens copains lui avaient donné l'impression. Il était l'homme parfait, mais sa vision de la jeune femme n'était pas la seule qui comptait. L'étudiante blonde traînait derrière elle des années de surnoms, d'insultes et de haine retournée contre elle-même. Les sourires les plus tendres et les paroles les plus sincères ne pouvaient faire disparaître complètement ce qui avait existé. Nicky était donc loin de se percevoir avec autant d'admiration et d'affection que le faisait l'avocat qu'elle fréquentait depuis déjà plusieurs mois.

La première robe qu'elle avait choisie était noire et très simple. Elle s'y sentait à sa place : sobre, classe...presque invisible. Seulement, elle s'était dit que Merwyn n'avait certainement pas envie de se présenter à une soirée officielle avec un fantôme anonyme, et elle avait remis la robe sur son cintre sans même sortir de la cabine pour se regarder dans la glace. Elle avait ensuite essayé différentes tenues plus originales. Son choix s'était arrêté sur une robe verte, la couleur qu'elle préférait porter, ni trop voyante ni trop insipide. Le tissu de toute la robe était légèrement plissé, lustré et recouvert d'une fine couche de minuscules paillettes, laquelle donnait l'impression que la robe brillait plus à la poitrine et à la taille, là où le tissu tombait moins librement qu'à partir des hanches.

La jeune femme avait décidé de porter de petits anneaux recouverts de minuscules diamants étincelants ainsi qu'un bracelet tout aussi délicat, lequel lui avait été offert par Merwyn, il y avait plusieurs semaines. Son sac à mains était argenté, très simple, avec de petites pierres à la poignée. Elle avait elle-même bouclé ses épais cheveux et en avait attaché seulement la partie du dessus, en laissant de larges mèches libres à l'avant.

Quand elle entra dans la voiture, Nichole était déjà passablement nerveuse, mais aussi très excitée. Elle brûlait de montrer à son amant à quel point elle pouvait lui faire honneur auprès de ceux qu'il devait impressionner aussi souvent que possible. Aussi, sans trop comprendre de quoi il s'agissait, elle attrapa la boîte qui l'attendait en prenant place sur le siège, saluant chaleureusement Merwyn d'un rapide baiser. Ce fut seulement une fois qu'elle fut bien droite à sa place que ses yeux s'arrondirent en se fixant sur la boîte.


-Non, murmura-t-elle.

Elle n'y croyait pas. Il ne pouvait pas s'agir de ce dont elle avait l'impression que c'était. C'était impossible. Merwyn devait lui avoir acheté une broche, un porte-clé… N'importe quelle babiole comme on en voyait dans les comédies et qui mettait la femme qui ouvrait la boîte dans une rage folle ou une tristesse démente. Néanmoins, ses mains tremblaient quand elle ouvrit la boîte. Elles continuèrent de trembler une fois que celle-ci fut ouverte. Nicky resta plusieurs secondes incapable de bouger et, encore plus, de toucher le bijou.

-Merwyn...tu...tu es sérieux?

Elle n'osa même pas le regarder. Il lui semblait, à cet instant, que détourner les yeux de la bague la ferait disparaître. Une grosse larme lui roula sur la joue et elle ne s'en fit même pas pour son maquillage.

-Au risque de me répéter pour la millième fois : tu es merveilleux.

Nichole sortit précautionneusement la bague de son écrin et l'enfila avec la lenteur obligatoire de ce genre d'événement. Puis, elle déposa la boîte désormais vide et se jeta sur Merwyn pour l'embrasser fougueusement. Il ne fallait pas le laisser douter de sa réponse.

La jeune femme était donc plus que rayonnante quand elle rejoignit la foule présente au bal. Au bras de l'homme le plus parfait de la terre à ses yeux, avec son maquillage fraîchement retouché et une bague qu'elle n'hésiterait pas à mettre sous le nez de quiconque lui adresserait la parole (pas seulement ce soir : pour le restant de ses jours!), Nicky se sentait belle, ce qui était plus que rare. Même cette jolie blonde vêtue de bleue ou cette belle asiatique assez confiante pour porter une énorme robe ne lui faisaient pas peur : elles n'étaient pas fiancées à Merwyn Caerwyn, elles.

Nicky remarqua tout de même certaines tenues vulgaires ou tout simplement affreuses et, du haut de son nuage, elle les jugea plutôt sévèrement puisqu'elles lui gâchaient la vue. Elisa Wilde, de son côté, se montrait parfaite de tous les angles : discours, robe, cheveux, sourire… Mais était-elle fiancée à Merwyn Caerwyn? Non.


– Ne bouge pas, installe-toi, je vais nous prendre quelque chose à boire.

Elle ferait tout ce qu'il voulait tant qu'elle serait dans cet état de semi-euphorie que leur nouveau statut lui imposait ce soir. Elle le regarda partir avant de profiter de son absence pour continuer son évaluation des tenues des autres invités.

cheveux:
 
robe:
 

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Sam 22 Aoû - 19:48

Oui, les dieux étaient nombreux. Hommes, femmes, je les sentais et les observais à la dérobée. Certains m'avaient été familiers un jour, mais la plupart m'étaient parfaitement inconnus. Il était plutôt rare de recevoir de la visite aux Enfers et, sur Terre, je poursuivais souvent mes propres buts. Si j'avais fui les dieux du Panthéon, ce n'était pas pour m'impliquer à nouveau dans leurs histoires. Je laissais mon oreille traîner juste ce qu'il fallait pour savoir que Vénus copulait aujourd'hui avec un démon. Pauvre Vulcain, je ne comprendrais jamais comment leur couple a pu survivre à toutes ses infidélités ! Ou que Héra s'éloignait dangereusement de Zeus, mais comme celui-là semble avoir suivi le même chemin que Jupiter en matière de conquête, j'ai tendance à dire qu'il serait temps ! Et moi ? Si on retire le côté « victime d'un mariage forcé » de la légende, ma réputation et celle de Pluton est restée assez exemplaire. Nous n'avons jamais fait semblant de rien, cependant, je ne crois pas que l'esprit divin comme humain soit fait pour supporter une vie conjugale exclusive de plusieurs millénaires. Il y a toujours des moments de jalousie, mais ils passent vite. Après tout, qu'est-ce que l'existence d'un mortel pour nos âges ? Je peux bien m'enticher d'une personne 10 ans, ça ne sera qu'une escapade ridicule dans mon existence.

En ce moment, je n'ai pas envie de me préoccuper de Pluton. Quand je reviendrai aux Enfers, je lui raconterai comment j'ai séduit et provoqué la mort d'un tas d'humains, et je suis certaine que ça l'amusera beaucoup. Voyez-vous, ces charmants scénarios de mise à mort, je ne les fais pas seulement pour moi, je les peaufine aussi pour faire rire mon époux qui s'ennuie sombrement au milieu des damnés. Je me demande d'ailleurs quels sont les secrets des couples qui m'entourent. J'en trouve quelques uns mal assortis, ce dieu qui m'est vaguement familier et sa poule qui essaye, sans grand succès, de se donner de la contenance, ou deux mortels plus jeunes entre lesquels semble se dresser un mur glacial d'apparences. Le jeune homme aux cheveux noirs, en particulier. Il aurait été traîné hors d'une crypte que ça ne m'étonnerait pas. Je souris intérieurement. En fait, il me rappelle un peu Pluton. Je ne peux m'empêcher de me dire qu'il serait mieux avec une femme comme moi qu'avec cette petite blonde qui semble attendre le genre d'attentions ennuyeuses que toutes les jeunes filles ordinaires désirent. Un autre couple en revanche semblait particulièrement fusionnel. On pouvait lire un désir terrible dans le regard de l'homme et la jeune femme gardaient ses mains bien visibles pour, je suppose, laisser en évidence une bague qu'elle tripotait régulièrement. J'en concluais qu'ils étaient sur le point de se marier, selon ce préjugé sociétal qui veut que la passion retombe ou devienne, en tout cas, moins démonstrative, après une union bien officielle.

Et moi, je n'avais pas d'autre chéri que le spectre qui me suivait tristement ! Heureusement, j'avais jeté mon dévolu sur un homme seul à l'allure tapageuse, et il m'accueillit avec un enthousiasme qui faisait chaud au cœur ! Même si je reconnais trouver plus excitant de charmer des garçons timides, un caractère plus extraverti pouvait m'amuser aussi. Je ne voulais pas intriguer trop vite. J'avais plus intérêt à rester dans l'analyse pour l'instant. Et, néanmoins, j'étais très loin d'avoir jeté mon dévolu sur une personne dénuée d'intérêt. Drake Varner, ce nom me disait quelque chose. Je veillais à me tenir précisément à jour des nouvelles du monde, c'était important pour mener à bien mes activités, surtout depuis que trop de dieux menaçaient de s'en mêler. Je n'ignorais donc pas le chamboulement qui avait conduit Héra au rang de mairesse. Loki avait voulu régler ses comptes en public, et un certain Drake faisait parti des condamnés à mort. Les détails de l'affaire ne me reviennent pas précisément, mais j'ai toujours adoré les individus capables de s'attirer les foudres des représentants du pouvoir en place. Je crains de l'embarrasser un peu si je lui rappelle ce passé sans doute pénible et, en même temps, j'ai bien envie de voir de quelle manière il réagira. Alors, avec tout mon talent d'actrice, je lui fais un grand sourire et joue la parfaite ingénue :

– Oh ! Il faut bien que vous soyez réellement incroyable pour que mes instincts m'aient conduits jusqu'à vous ! Votre nom a quelque chose de familier à mon oreille, j'ai dû le lire quelque part, dans la presse people qui rapporte les fausses rumeurs des grandes personnalités de la ville je suppose.

Drake semblait prendre très au sérieux la mission de me guider dans l'impitoyable société mondaine de New-York. Si j'en croyais ses paroles, il me trouvait assez adorable et vulnérable pour redouter la méchanceté de mes pairs. Je lui fis un sourire tranquille et le laissai, en vrai gentleman aller me chercher un verre que j'acceptai avec plaisir.

– Vous êtes trop aimable. Mais, si je suis installée ici depuis peu, je ne suis pas trop novice en conventions, et je serais fort amusée de voir une personne ici s'efforcer de me causer du tort, même si je serais tentée de vous faire croire le contraire…
Je lui lance un regard pétillant, et lève mon verre à sa santé. Drake me semble une personne avec laquelle je peux être directe sans que cela n'engage à grand-chose, alors je ne m'en prive pas.
– Et donc… Que faites-vous dans la vie, à part être absolument fantastique ?

Je suis dans mon élément, quoique mon langage aurait besoin d'être actualisé. Avec tous ces siècles à m'exercer, je sais que j'ai une diction étrangement parfaite, et des tournures complexes qui me viennent naturellement. Mais, j'ai du mal à me résoudre à abandonner cela pour mieux correspondre à l'époque moderne. C'est un point qui intrigue assez positivement les hommes en général, les intellectuels comme ceux qui trouvent très séduisant de conquérir une petite bourgeoise bien dévergondée sous ses airs guindés.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Dim 23 Aoû - 23:20

[HJ: Attention, langage cru]

Je me plaisais bien à me dire qu'Emilia avait besoin de moi, qu'elle était heureuse depuis que l'on s'était rencontrés et qu'elle ne pourrait se passer de moi, ayant le coeur brisé si je décidais de la laisser. Secrètement, je savais très bien que j'avais tout autant besoin d'elle, sinon plus. Depuis mon retour des enfers, j'étais seul, ayant besoin de contacts humains et personne d'autre ne m'offrait autant d'attention que ma cavalière. Elle me faisait sentir plus humain, ou plus normal selon le point de vue et je me sentais de plus en plus intéressé. De l'amour? Probablement pas! Elle était très sexy et une femme incroyable, mais il m'arrivait régulièrement de trouver des hommes plus attirant, même si je refusais catégoriquement de me l'avouer. Moi gay? NON! La société dans laquelle j'évoluais proposait qu'un homme soit avec une femme, il était donc normal pour moi de trouver des gens attirants, peu importe le sexe, mais de me contenter des femmes comme cavalières et compagne de vie. Je trouvais donc Emilia intéressante, mais sans plus.
Et pourtant...

Lorsque je l'avais vue sortir de chez elle dans sa magnifique robe, mon coeur avait sauté un battement, mes pensées s'étaient dirigées uniquement vers elle, mon corps s'était réchauffé subitement, mon sourire s'était agrandi, la lueur dans mes yeux s'était éclaircie et j'avais eu envie de lui arracher tous ses vêtements et la sauter dans ma belle bagnole instantanément. Ezra qui me paralysait de façon surnaturelle, maintenant Emilia qui faisait trembler mes émotions comme une feuille, je n'avais aucune idée ce qui se passait avec moi, mais ça me faisait du bien. Quand tout le monde qui vous entoure, tous les films et séries que vous écoutez et toutes les chansons écrites, quand toutes ces choses dirigées par les émotions ne vous font rien, quand vous n'êtes incapables de ressentir autre chose que de la haine, ressentir un brin de bonheur ou une lueur d'espoir vous fait le plus grand bien. L'impression de flotter sur la mer vaste, douce et tranquille qu'est la vie et la vivre comme la plupart des autres gens, c'était ce que j'avais attendu depuis tout ce temps et je ne voulais changer cela contre rien.
Et pourtant...

J'avais cette capacité à tout faire foirer avant même que ça ait commencé. Malgré mon intérêt pour ma cavalière, il n'en valait pas moins que j'étais un monstre à l'intérieur, un Dieu déchu, abandonné et inconnu des autres. Malgré mes bonnes intentions, le destin m'avait réservé de tout échouer, comme pris d'une mauvaise volonté intérieure. Étais-ce Voueko qui se manifestait derrière mon apparence humaine? Était-ce possible que malgré mon impression d'avoir perdu cette partie de moi depuis mon retour, qu'il sommeillait toujours en moi comme une entité à part entière, luttant pour reprendre le contrôle du corps qui nous était destiné? Était-ce possible qu'un innocent dieu, né sous une mauvaise étoile, soit fondamentalement et instinctivement mauvais? Ces questions, je me les étais posées pendant que je battais un homme jusqu'au coma lors d'une intervention policière. Toute cette rage et ces envies de le voir mourir sans qu'il n'y ait de raisons suffisantes pour que j'agisse ainsi m'avaient fait peur.
Et pourtant...

J'étais soulagé de ce que j'avais fait ce jour-là, un vrai psychopathe vous allez croire et vous n'avez pas tord. Par contre, c'est aussi ce qui me permettait d'être ici ce soir et d'être plutôt stable émotionnellement. Si cette envie de tuer et de frapper qui m'avait envahie la semaine dernière était toujours présente, j'aurais été incapable de supporter toute cette mondainerie (je sais, ça existe pas comme mot mais c'est un beau nouveau mot!) et ces fausses festivités. Pauvre Émilia, elle devait s'être rendue compte que quelque chose clochait, surtout après l'avoir menotté dans mon appartement et défoncé comme une chienne. Nous aimions être sauvages, mais à une certaine limite.



-J'ai déjà été mariée. À ton tour. Surprends-moi. Nous en étions toujours à danser lorsque ma cavalière m'annonça sa triste vérité. Pourquoi triste? Aucune idée. J'avais beau ne pas être fou amoureux d'elle, cette idée de savoir qu'elle avait appartenue à quelqu'un d'autre avant moi ne me plaisait pas. Bien sûr, même aujourd'hui, je n'étais pas le seul homme de sa vie. Elle avait probablement encore beaucoup de pervers... euh de clients, mais je la considérais à moi tout de même. Je doutais fortement qu'elle en fasse autant avec les autres, surtout sans charger le moindre sou. Mon visage devait exprimer la confusion que je vivais à être en désaccord avec la nouvelle et l'envie de ne pas le laisser paraître.

-Tu es ma toute première. Je n'avais jamais été intime avec qui que ce soit. Mon malaise grandissait à vue d'oeil. Pourquoi lui avais-je avoué cela? Elle me prendrait probablement pour un attardé, un beau mec de 27 ans qui était toujours puceau avant leur rencontre. Ma première baise, avec une prostituée; tout était en mon honneur!

-Si tu voulais aller voir des gens tu n'as pas à te gêner. J'ai beau être ton cavalier, je ne suis pas là pour te restreindre à moi, surtout que c'est une fête pour célébrer tous ensemble. Mais ne te fais pas trop d'idées, c'est avec moi que tu dors ce soir! Je n'avais pas envie qu'elle aille voir ailleurs, mais je savais aussi me montrer gentil. Ne connaissant personne d'autre, je finirais probablement par la suivre pendant qu'elle irait voir ses amies, puis finirait par faire semblant de m'intéresser à une discussion de football avec les autres mecs alors que leurs corps m'intéresserait beaucoup plus.
Et pourtant... j'avais envie de la voir heureuse.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 25 Aoû - 18:48

[Désolée si c'est un peu long, mais ce sera ma seule intervention dans ce sujet, donc profitez-en bien !]

Avec tout ce qu'il avait traversé ces derniers mois, Lenny n'était plus l'accessoire préféré des sorties mondaines de sa mère. Il s'était traîné dans un état si lamentable jusqu'à juin qu'elle avait fini par se désintéresser subtilement de lui et se tourner vers son frère. Bien sûr, elle restait attentive à son bien-être. Mais, au fond, Lenny sentait qu'il la décevait. Elle misait énormément sur lui, et il menait des études sans intérêt en montrant une faiblesse physique et mentale inquiétante pour son avenir. En le traitant comme un macchabée, madame Pinsker faisait le deuil de ses espoirs déçus. Celui qui devait être son fils prodige était un boulet qu'elle devrait peut-être supporter toute sa vie. Au lieu de l'aider à briller, il serait peut-être ce vieux garçon que les autres regardent de travers en murmurant que les parents avaient raté toute leur éducation. Elle ne le lui disait pas en ces termes, cependant, il n'était pas difficile de comprendre le sens de toutes les discours faussement bienveillant qu'elle lui adressait tout en s'occupant de lui : « Je ne pourrais pas toujours être là, comment vas-tu te débrouiller si tu restes dans cet état ? Et quand me présenteras-tu tes amis ? A ton âge, j'avais déjà rencontré ton père. Ton frère a l'air d'être dans une relation sérieuse avec sa nouvelle petite amie. » Elle l'épuisait. Il ne trouvait absolument aucune cohérence dans son attitude. Quand tout allait bien, elle le surprotégeait et l'empêchait de faire un pas dehors sans elle. Maintenant qu'il avait réellement besoin de son soutien, elle essayait de le cacher. Il ne pouvait même pas compter sur son père qui continuait à passer comme un fantôme dans leurs existences. Il aurait eu une relation avec une autre femme que ça ne serait même pas surprenant.

Un sentiment qu'il n'avait encore jamais osé s'avouer grandissait au fond de lui. Il détestait sa mère. Il ne supportait plus ses manies, sa façon de minauder pour tout et n'importe quoi. Tout était faux et calculé chez elle, même ses larmes ne semblaient pas vraies. Et, depuis qu'il commençait à aller mieux, Lenny creusait la distance avec elle. Madame Pinsker, évidemment, trouvait insupportable de voir son fils le plus docile se rebeller et le rejet lui fit reprendre une attitude plus caressante. Lenny ne savait pas pourquoi il avait fini par céder. Elle était douée. Il se pensait résolu à éviter toutes les soirées avec elle, et elle l'avait pris selon le mécanisme qui fonctionnait toujours, renoué avec leur familiarité, insisté sur le fait qu'elle avait vraiment besoin de retrouver ces moments privilégiés avec son fils adoré. Ses résolutions avaient littéralement fondues. Quand il revoyait la scène, il se demandait comment il avait pu entrer dans le jeu et, pourtant, il était prêt à entrer à cette fichue soirée organisée par la mairesse de la ville. En soi, aller à une fête ne le gênait pas, mais pas avec sa mère, pas avec toutes ces personnes qu'il n'aurait probablement aucune envie de croiser. Il hésita un peu quand on lui présenta une coupe de champagne, conscient de sa faiblesse dès qu'on commençait à lui offrir de l'alcool, mais Fred ne viendrait pas, ce qui limiterait les risques de faire n'importe quoi et puis, il faudrait bien se griser un peu pour supporter les conversations de sa mère, ou encore la vue de Kayla. Il ne savait pas vraiment pourquoi il continuait de détester cette fille. Néanmoins, il la préférait accompagnée de Jim et non d'Ezra. Et du reste, tous ces gens qui se pavanaient l’écœuraient. Il se demanda un instant s'il était possible d'échanger son pouvoir de medium contre celui de pyromane, parce qu'il aurait véritablement été l'homme le plus heureux du monde avec la capacité d'embraser à distance la robe ou la coiffure prétentieuse de toutes ces dindes en tenue de gala. En suivant mollement sa mère, il remarqua aussi Drake, totalement ridicule dans son veston rouge écarlate. Puis, il se figea.

Bon, il s'était un peu pris la tête avec le jeune homme pendant leur dernière rencontre, mais le revoir ne lui posait pas un réel problème, pas au point de le pétrifier de cette manière en tout cas. Drake draguait tranquillement une belle femme blonde sans se rendre compte que l'esprit d'un autre garçon  flottait derrière son épaule. Quand sa capacité d'entrer en contact avec les mots s'était manifestée la première fois, il avait tout de suite senti un malaise avec le bâtiment. Ici, tout lui semblait normal, et le fantôme était bizarrement tangible, même si personne à part lui ne le voyait. Quand ses yeux gris et triste se posèrent sur lui, Lenny recula, marcha sur les pieds d'une femme qui poussa un cri contrarié en lâchant son verre de surprise. Sa main restait crispé sur sa coupe de champagne mais, quand une voix étrangère résonna dans sa tête, il la fit exploser. « Je sais que tu peux me voir et m'entendre. Écoute, je ne te veux pas de mal. Je suis mort il y a quelques heures à cause de la femme blonde en rouge. Elle se fait appeler Milena Nereth, elle est psychiatre, j'étais un de ses clients. Elle m'a manipulée pour me tuer. Elle est dangereuse. Elle n'est pas humaine, c'est la déesse Proserpine. Je sais que ça a l'air fou, mais écoute, elle séduit les hommes pour en faire ses esclaves en Enfers. Il ne faut pas la laisser continuer. » L'esprit avait parlé très vite, mais il sembla à Lenny qu'une éternité avait passé quand il reprit connaissance. Plusieurs personnes étaient penchées vers lui, il était tombé par terre. Sa mère le regardait d'un air désespéré. Fantastique ! Il n'avait même plus besoin d'un Fred qui essayait de le vider de son sang pour lui faire honte en soirée. Elle lui soufflait des paroles gentilles en l'aidant à se relever, mais il savait qu'elle l'aurait maudit sur plusieurs générations s'il n'avait pas été son fils.
– Oh mon pauvre chéri, je suis désolée, je t'en ai trop demandé, tu n'étais pas prêt à te retrouver au milieu de tout ce monde.
– Je… je ne me sens pas bien… je dois sortir…
Il n'avait pas besoin d'inventer un mensonge. Le traumatisme de janvier revenait à la charge, et, en levant les yeux vers Drake, le fantôme était toujours là, à le fixer d'un œil triste. La nausée lui montait à la gorge. Il repoussa sa mère d'un geste plus brusque qu'il ne l'aurait souhaité et se dirigea d'un pas rapide mais titubant vers la sortie. Il devait avoir une tête à faire peur puisqu'un des portiers l'arrêta en lui demanda si tout allait bien. Mauvaise idée. Il ouvrit la bouche pour vomir un mélange de bile et de champagne à peine digéré sur son costard.
– Oh non, je suis désolé…, dit-il horrifié mais sans prendre le temps de s'arrêter. Il ne fallait pas que sa mère lui tombe dessus sinon elle n'allait pas le lâcher. Alors, il se rua dehors et se jeta dans une rue mal éclairée. Sa mère allait vraiment le tuer.

Son escapade ne dura que dix minutes mais lui donna au moins le temps de récupérer un peu. Face à sa mère devenue hystérique, il resta parfaitement absent, un technique efficace pour lui permettre de lâcher tout ce qu'elle avait sur le cœur en évitant de la relancer. Elle rentra avec lui, estimant que, de toute manière la soirée était fichue pour elle, et Lenny se barricada dans sa chambre. Là, il considéra longuement son téléphone en se demandant s'il devait prévenir Drake. L'esprit avait très certainement exagéré la dangerosité de la femme en prétendant qu'elle était une déesse romaine, mais il était néanmoins possible qu'elle fût une sorcière. Comment une simple femme pourrait-elle tuer des hommes à la chaîne impunément autrement ? Si c'était le cas, Drake était peut-être en danger. Concrètement, Drake n'avait jamais été méchant avec lui, juste un peu rustre. Dans le fond, il avait voulu l'aider à devenir un adolescent moins ennuyeux que ce qu'il était à l'époque – oui, on pouvait dire qu'il s'était « un peu » amélioré depuis deux mois. Il n'avait donc pas forcément envie d'avoir sa mort sur la conscience. En même temps, il ne pouvait pas lui dire que sa nouvelle copine était sans doute une sorcière et que sa dernière victime était revenue d'entre les morts pour l'avertir… Après en avoir longuement délibéré avec lui-même, il finit par écrire un sms que Drake ne comprendrait peut-être pas, mais qui le libérerait au moins de son obligation morale. Cela faisait 1h qu'il avait quitté la cérémonie, il fallait espérer que cet imbécile n'était pas déjà seul dans une pièce fermée avec elle. « Salut. Méfie toi de la femme en robe rouge qui discutait avec toi tout à l'heure. Elle est psychiatre, et un de ses clients est mort hier. Ça a l'air louche. » Il soupira profondément avant de l'expédier. Drake allait sans doute le prendre pour un taré. Heureusement, il existait deux personnes pour écouter ses mésaventures liées à la magie, Fred et Ezra. Mais surtout Ezra. Il dirigea donc son pouce vers son historique d'appel et l'appela. Il savait que le jeune homme ne serait pas contrarié par son appel tardif. Même s'ils ne s'étaient pas revus depuis l'incident du théâtre, il restait vraiment attentionné. A peine entendit-il sa voix à l'autre bout de la ligne qu'il se lança :

– ça a recommencé. J'imagine que tu as entendu parler du gala organisé par la ville de New-York ce soir. J'y suis allé avec ma mère, et je suis tombé sur un fantôme. C'était vraiment bizarre. Il n'hantait pas le lieu, il était juste là, quasiment aussi distinct que toi et moi, et il suivait une femme qui était apparemment responsable de sa mort. En tout cas, c'est ce qu'il a dit. Il m'a aussi dit que c'était la déesse Proserpine et qu'elle voulait emporter les hommes en Enfer. Mais enfin, c'est ridicule. Elle s'est probablement moquée de lui, tu ne crois pas ? C'est un genre de délire chez les sorciers de se donner le nom de divinités imaginaires ?

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 27 Aoû - 15:50

Misha était la personne de qui j'étais la plus proche. Je savais que c'était pathétique à en mourir. Il était plus proche d'un client que d'un petit ami. Je faisais tout pour lui plaire en échange d'une impression d'affection. Une partie de moi me haïssait d'accepter tout ce qu'il me faisait subir. Elle sentait que jamais je ne recevrais autant que je donnais et que ce que le bien que je souhaitais à Misha ne me reviendrait certainement pas. Il était vrai que peu de choses dans notre relation pouvaient laisser croire à son intérêt réel pour moi. Je le devinais beaucoup plus captivé par son emploi de policier, entre autres, lequel s'avérait une source de réalisation pour lui. Je savais aussi que, comme toute personne normale, il avait des amis – il me racontait des anecdotes à leur sujet qui me faisaient, malgré moi, me demander s'il racontait quoi que ce soit à mon sujet aux autres. Peut-être s'amusait-il à me dépends avec eux. Je l'imaginais parfois se moquer de mes habitudes ou de mes défauts et cette idée me faisait du mal, mais moins que celle de n'avoir aucune importance pour lui quand il ne m'avait pas sous les yeux.

Je n'avais pas vraiment d'amis. Je m'intégrais mal à la société humaine et la conscience que j'avais de cette mauvaise adaptation m'isolait des autres, car je craignais toujours de dire quelque chose de travers. Je ne me sentais jamais à ma place. Auprès des autres dieux, c'était encore pire, car je me trouvais de loin inférieure à eux. Ils me paraissaient tous si puissants et sûrs d'eux alors que je ne méritais plus mon ancien titre et que je n'étais pas parvenue à me créer une nouvelle identité illustre comme ils l'avaient tous fait. Même les dieux mineurs que j'avais rencontrés s'en sortaient mieux que moi.

Je côtoyais pas mal de gens au Velvet Dream, mais il ne s'agissait pas d'amis à proprement parler. J'appréciais mes collègues de travail, mais nous ne nous confiions pas nos plus grands secrets et je ne comptais pas sur eux pour me sortir d'un problème qui surviendrait. Il s'agissait de camaraderie, au maximum. Il n'y avait vraiment que Lucy et Grace pour m'aider à repousser ce sentiment de solitude qui me collait depuis mon passage par la brèche. Je savais qu'elles étaient le fruit de mon imagination et que, même si je pouvais les faire parler et bouger, elles n'existaient pas vraiment. Elles n'étaient que des illusions, des personnages inventés qui n'avaient leur propre volonté que lorsque je me faisais croire que je n'étais pas celle qui tirait les ficelles. Néanmoins, je ne me privais pas de les traiter avec importance. Elles faisaient partie de moi et revêtaient une importance que la plupart des gens que j'avais rencontrés ne pourraient jamais avoir. Je me serais privée dix fois de Misha plutôt que de Lucy ou Grace, même si celui-ci était réel.

Ce soir, je me sentais étrangement bien. Habituellement, dans une foule, je me sentais presque attaquée. Je craignais de faire une erreur terrible, de m'attirer les moqueries ou l'hostilité. À ce bal, au bras du cavalier le plus parfait, dans une robe dont je ne doutais pas de la beauté, j'avais presque quelque chose de spécial. Beaucoup d'autre femmes semblaient rayonner, d'ailleurs. Je me sentais entourée de princesses. Je remarquai justement une jolie chinoise vêtue d'une robe bleue et je lui fis un sourire enthousiaste lorsque nos regards se croisèrent. Je ne la connaissais pas, mais j'avais envie qu'elle sache que je la trouvais merveilleuse.

J'étais assez ouverte sur le sexe. Des centaines d'années à expérimenter et à être témoin de toutes sortes de choses avaient annihilé en moi toute forme de jugement sur ce point. Je trouvais néanmoins que Misha était spécialement brusque avec moi. Je le laissais néanmoins faire tout ce qu'il voulait. Je préférais avoir un peu mal et le savoir heureux que me plaindre et risquer de le mettre en colère ou lui faire de la peine.

Misha me sembla assez confus de ma révélation. Bien sûr, à ses yeux, j'étais une jeune femme ordinaire, et mon mariage ne pouvait remonter à très longtemps. Cela pouvait donc susciter des questions en lui, mais il n'en formula aucune de vive voix.


-Tu es ma toute première. Je n'avais jamais été intime avec qui que ce soit.

-Et...hum...il y a une raison à cela?

Des années et des années à vivre parmi des dieux perfides m'avaient endurcie et m'avaient enseigné les bases de l'hypocrisie. Aussi, je réussis à conserver un visage neutre, malgré le choc que je reçus lorsque Misha me fit cet aveu. Je fus frappée de l'idée que quelque chose ne tournait pas rond chez lui, mais je la chassai rapidement: mon cavalier était la seule personne qui m'accordait une attention soutenue et je ne voulais aucunement m'imaginer que quelque chose n'allait pas avec lui. Il avait probablement voulu prendre son temps pour trouver quelqu'un de bien...avant de perdre patience et de se rabattre sur moi.

-Si tu voulais aller voir des gens tu n'as pas à te gêner. J'ai beau être ton cavalier, je ne suis pas là pour te restreindre à moi, surtout que c'est une fête pour célébrer tous ensemble. Mais ne te fais pas trop d'idées, c'est avec moi que tu dors ce soir!

Ce qu'il était naïf! Je n'avais personne à aller voir.

-Je suis bien mieux avec toi!...À moins que tu aies quelqu'un à aller saluer en particulier?

Je ne voulais surtout pas le forcer à rester auprès de moi s'il avait mieux à faire.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 27 Aoû - 20:38

La déesse de l’amour pouvait difficilement être plus rayonnante. Il ne manquait effectivement rien à son bonheur, en commençant par cet homme qui l’attendait au salon alors qu’elle terminait de se préparer. Elle avait décidé de garder sa robe secrète avant la soirée du bal, et elle y avait pris un malin plaisir, même en se doutant que Matt n’avait pas grand chose à faire de ce genre de détail. Sa robe avait un buste en cœur et celui-ci était recouvert de paillettes magnifiquement dorées. Puis, elle tombait librement avec un tissu fluide de couleur ivoire, en étant plus courte devant que derrière. La jeune femme savait que Matt aimait l’or et les jambes, elle était donc certaine que cette robe était une valeur sure. Elle avais simplement bouclé ses cheveux, pour se donner un air plus naturelle et avait maquillé légèrement ses yeux, pour souligner son regard. La jeune femme sortit de sa chambre pour rejoindre celui qui, cette fois-ci, était son cavalier officiel. Elle lui fit un grand sourire avant de s’étirer sur le bout de ses pieds pour l’embrasser.


-Je suis contente de te voir.


Puis, elle le détailla. Il était parfait, comme toujours. Elle replaça le collet de sa chemise, et ce, même s’il ne possédait aucun faux pli.


-T’es beau, en passant, grand bébé. Ça te fait bien de ne pas toujours être en noir. Toutes les femmes du bal vont me jalouser, et même certains hommes, c’est sûr !


Elle lui fit un clin d’œil, puis un demi sourire et attrapa sa main pour l’entraîner à l’extérieur du loft. Gabrielle aimait ce genre de soirée où elle pouvait briller au milieu de plein de gens. Bien sûr, elle préfèrerait nettement la soirée du cocktail annuel de Venus Industries qui se déroulerait quelques semaines plus tard, puisqu’elle en serait définitivement la vedette de la soirée, à nouveau. Elle savait tout de même qu’elle n’avait pas besoin d’être l’organisatrice de la soirée pour attirer les regards. Elle avait donc toujours aimé ces soirées, mais maintenant, elles étaient beaucoup plus agréables depuis qu’elle y amenait Matt. Elle se doutait qu’il n’était pas aussi friand de ces soirées qu’elle pouvait l’être, mais il faisait l’effort de l’y accompagner et la jeune femme l’appréciait beaucoup.


En arrivant, Gabrielle réalisa qu’Elisa avait travaillé fort pour que la soirée soit un succès. En effet, la salle était magnifique et les gens l’étaient également. Gabrielle aimait constater la beauté, en général et non seulement celle des gens. Il y avait toutes sortes de robes, mais elle considérait définitivement que la sienne était la plus jolie, ce n’était même pas une question à se poser. Au bras du plus joli des hommes de la place, elle cru apercevoir Drake, au loin, et eut le réflexe de vouloir se diriger vers lui. Il était très… éclatant, et comme à son habitude, il avait tendance à attirer le regard… Sauf qu’il y avait un grand froid entre Gabrielle et lui, depuis qu’il avait refusé de les aider, Élisa et elle, vec les pirates informatiques qui menaçaient l’existence des dieux. À défaut d’aller voir son ami, la jeune femme se retourna vers Matt et lui sourit. Il faut dire que la dernière fois qu’elle avait mis les pieds à cet endroit, c’était le soir où celui-ci avait décidé de revenir vers elle.


Après être allée leur chercher des coupes de champagne, la jeune femme regarda rapidement la salle. Appart Drake, la seule personne à qui elle avait envie de parler était Elisa, il ne fut donc pas particulièrement difficile, pour elle, de choisir quel serait leur premier arrêt. Comme elle s’approchait de son amie, elle pu remarquer combien son imbécile de mari avait déjà réussi à la laisser en plan. La jeune femme se retint de lever les yeux au ciel, elle savait que son amie était souvent piquée à vif lorsqu’on passait un quelconque commentaire concernant cette merde de Zeus, elle avait donc appris à se taire à ce sujet.



-Elisa ! Comme tu es magnifique ! Cette soirée est une vraie réussite !


Puis, la déesse s’empressa d’embrasser son amie sur chacune de ses joues.


-Tu connais déjà Matt, je crois ?


Elle lui fit un clin d’œil en désignant son cavalier – qui était définitivement le plus beau – d ‘un coup de tête. Elle savait bien que Matt était l’un des plus grands alliés d’Elisa.

Ma rooooobe:
 

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 3 Sep - 13:47

Je caressais l'idée de demander à Thot, qui passait beaucoup de son précieux temps avec Drake Varner, de convaincre celui-ci d’œuvrer pour ma cause. Toutefois, je doutais que cette solution n'aboutisse à quoi que ce soit, et ce, pour de multiples raisons. Entre autres, je savais que Thot n'en faisait toujours qu'à sa tête. Si je lui quêtais un service qu'il n'avait pas envie de me rendre, il était bien capable de me lancer des réflexions sur lesquelles je devrais me pencher pendant des jours pour déchiffrer ses pensées plus complexes que celles de tous les autres dieux. De plus, le dieu égyptien de la connaissance possédait une barrière contre mon pouvoir de télépathie, ce qui limitait davantage pour influence sur lui : je ne pouvais pas lire dans son esprit pour chercher ses points faibles. Une partie de moi était aussi convaincue que, si Vénus n'était pas arrivée à convaincre Varner, personne n'y arriverait. Je savais la déesse de l'amour très persuasive et prête à manipuler, au besoin. Si aucune de ses tactiques n'avait fonctionné avec ce pauvre humain, il était peu probablement que Thot parvienne à lui faire agir contre sa volonté. Varner devait être un spécimen spécial de vermine impossible à dompter. J'étais donc déjà à la recherche de quelqu'un pour accomplir ce que j'avais prévu lui demander de faire, mais il semblait difficile de trouver un bon pirate informatique. Ils se dissimulaient très bien quand ils ne portaient pas un complet rouge à un bal officiel.

Je fus très déçue de ne pas trouver mon mari à ma sortie de scène. Mes prises de parole en public ne me stressaient pas énormément, pas au point où j'aurais eu besoin de soutien moral, mais je comptais tout de même sur sa présence à mes côtés. Je ne laissais cependant pas son absence temporaire nuire à mon humeur et me convainquis qu'il devait avoir emmené un allié important prendre un verre près du bar, ou quelque chose sur le même ton.

En me dirigeant vers Vénus, je croisai son regard et fus très heureuse de la voir s'avancer vers moi, elle aussi. À l'époque, je n'aurais jamais pensé un jour être si proche d'une déesse de l'amour. À mes yeux, elles étaient toutes deux des filles sans cervelles, pressées d'écarter leurs jambes pour le premier venu. Je savais maintenant que j'avais eu tort de juger mon amie romaine en me basant sur son équivalente grecque. Elles n'avaient en commun que leur beauté qui paralysait les hommes, de la même manière que je ne serais jamais colérique et instable comme Junon.


-Elisa ! Comme tu es magnifique ! Cette soirée est une vraie réussite !

Un compliment sur son apparence physique de la part de la déesse de la beauté n'était pas rien. Je lui souris chaleureusement.

-Et tu es resplendissante, comme toujours.

Même si je devais me résoudre à porter des vêtements plus sobres, je remarquais les tenues plus originales des autres femmes et les appréciais. Vénus portait des rouges qui étaient interdits pour une mairesse sérieuse et qui, en toute occasion, lui allaient merveilleusement. Ce soir, les éclats des paillettes dorées de sa robe me ravissaient.


-Tu connais déjà Matt, je crois ?

Je le saluai de la tête, avec un sourire.

-Je l'ai peut-être croisé une ou deux fois, je pense.

Matt Fowl était l'un de mes alliés et le savoir aussi attaché à Vénus me plaisait démesurément. Auparavant, je n'étais pas convaincue de sa fidélité sur le long terme, ayant trouvé dans son esprit un penchant indéniable pour la désobéissance. Désormais, il ne risquait pas d'abandonner mon côté puisqu'il ne voulait surtout pas risquer de perdre Vénus. J'avais une grande confiance en cette dernière et je ne m'en faisais pas pour notre alliance ou pour notre amitié avec le temps.

-J'ai choisi l'orchestre que tu m'as conseillé, comme tu peux le remarquer. Tes goûts sont toujours exquis en toute chose.

En terminant ma phrase, je détournai un peu les yeux de Vénus et aperçus celui que je cherchais quelques minutes plus tôt. De la joie de l'avoir retrouvé, je sombrai vite dans une colère noire : il m'avait abandonnée pour aller offrir un verre, non pas à un allié, mais à une quelconque demoiselle en robe de dentelle décolletée. Ma fureur m'emplit complètement, mais je m'assurai qu'elle devienne aussi invisible que possible après moins de trois secondes. Je me doutais bien que Vénus me connaissait suffisamment pour l'avoir remarquée, mais je n'avais pas envie de gâcher sa soirée parce que Zeus ruinait tous mes beaux moments.

-Je vous souhaite une excellente soirée. Je vais faire un petit tour des gens que j'ai à rencontrer. On se revoit peut-être plus tard.

Je contournai l'heureux couple et piquai directement vers mon mari. Comment osait-il exposer ma honte ainsi au milieu de tout le monde? Je parcourus quelques mètres dans cet état d'esprit avant de ralentir considérablement. Non, je n'irais pas le voir. Il ne fallait pas que je fasse de scène de ce genre. J'étais la mairesse de la ville et non le personnage principal d'un roman-savon. Zeus se balançait bien de moi? Parfait. Je ferais de même. Il n'existait plus, ce soir. Et il avait intérêt à dormir dans la chambre d'amis s'il ne voulait pas que je l'étouffe avec son oreiller durant son sommeil.

Je me dirigeai donc vers le bar.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mar 8 Sep - 22:33

-Et...hum...il y a une raison à cela?
Cette question, je m'y étais attendue, mais j'espérais sincèrement qu'elle ne me la poserait pas. Une raison? Bien sûr! Ma putain de mère m'a enfermé pendant un peu plus de deux siècles et j'étais beaucoup trop réservé avant pour m'avancer avec qui que ce soit! Donc oui une raison, une bien bonne, mais je n'étais quand même pas pour l'annoncer à ma cavalière et passer pour un débile mental alors que j'étais déjà pas quelqu'un de particulièrement normal aux yeux des gens qui m'entouraient. Je rougis légèrement, hésitant à lui trouver une réponse qui pourrait sembler plausible pour un ex-puceau de 27 ans. Je n'en trouvai aucune et commençai à me ronger la lèvre inférieure. J'étais habituellement bon menteur et avais surtout une bonne imagination quand il était question d'inventer n'importe quoi et que ça passe bien, mais là, pas du tout.

-Je... euh... tu comprendras bien assez vite.

Je ne voulais pas déplaire à ma cavalière, même si c'était probablement trop tard après la réponse que je venais de lui donner, mais elle devait s'y faire pour l'instant puisque c'était la seule qu'elle obtiendrait pour l'instant. Il n'y avait pas de façon d'expliquer ce qui m'était arrivé sans attirer la pitié ou passer pour un menteur compulsif. La vérité sur ma vie semblait peu probable comparé à tous les mensonges que je pouvais inventer, mais ce n'était pas mon genre de me plaindre. J'avais déjà assez de moi-même pour m’apitoyer sur mon sort, nul besoin de rajouter le regard et les critiques des autres.

J'avais de plus en plus de mal à être avec Emilia, ne sachant plus si je devais continuer à lui mentir continuellement afin de passer pour un beau grand prince charmant viril, ou lui montrer davantage ma vraie personnalité au risque de passer pour un perdant. C'était la peur qui me guidait et m'empêchait de m'exprimer sincèrement. Perdre ma maîtresse, la seule personne qui s'intéressait à moi par sa propre volonté, risquait de me réduire à néant et me pousser à m'isoler encore plus. N'ayant pas l'habitude de côtoyer d'autres personnes, j'étais absolument incapable de prévoir la réaction des autres.

Lorsqu'elle refusa d'aller voir quiconque en spécifiant qu'elle préférait être avec moi, ma moue boudeuse d'avant se changea en un bon sourire franc. Plus notre situation évoluait, plus je sentais qu'elle était franche et près de moi, ce qui me donnait mal au coeur d'être incapable d'en faire autant. Je l'entourai dans mes bras en laissant mes mains se balader trop bas avec peu de classe pour l'endroit où nous étions et rapprochai son bassin du mien. Eh oui, lorsqu'elle me faisait plaisir, j'avais toujours envie de jouer des jeux d'adultes avec elle. Mon regard se précipita aux alentours rapidement et aléatoirement à la recherche d'un endroit intime, les toilettes par exemple, mais se stoppa subitement. Je ne trouvai pas ce que je cherchais, mais trouvai bien mieux que cela. Étonnamment, je réussis à ne pas trop laisser paraître ma surprise, ma colère et mon anxiété. Mes mains lâchèrent enfin les courbes de ma cavalière et mes yeux se fixèrent aux siens, le regard plein de fougue et de malice.


-Viens avec moi, tu vas comprendre bien des choses sur moi dans peu de temps.

Je pris l'une de ses mains dans la mienne et la dirigea vers l'un des côtés de la salle. Je tentai de traverser la piste de danse et la foule près du bar avec le plus d'aisance possible, ce qui était plutôt difficile et m'imposai devant une belle femme bien connue de New-York. M'adressant à la dame:

-Tu es magnifique ce soir, comme toujours. J'ai quelqu'un d'important à te présenter, voici Emilia, ma cavalière et la personne la plus importante à mes yeux.

Je me retournai à nouveau vers ma magnifique accompagnatrice.

-Emilia, je te présente officiellement Elisa Wilde... ma belle-soeur.

OOOOhhhhh que ça n'allait pas plaire à Emilia, je le savais déjà mais l'idée de déranger ma mère, lui faire honte ou tout simplement la démolir intérieurement et la torturer à s'en déchirer les entrailles me l'avait fait oublier. J'espérais l'avoir surpris, elle qui ne devait certainement pas se douter de mon retour après une si longue absence. J'espérais qu'elle ait la surprise de sa vie en me voyant. J'espérais que mes paroles l'avaient blessé. J'espérais tant de choses, mais si seulement je savais que c'était avant tout grâce à elle que j'étais sorti des enfers, je n'aurais même pas osé me présenter à cette soirée au risque de croiser son regard et perdre la face.
Je suis désolé de te faire subir ça Emilia, surtout que ça ne te concerne aucunement.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Mer 9 Sep - 10:24

Il se faufila rapidement entre les gens pour ne pas laisser sa belle seule trop longtemps. Nichole n'avait souri à personne depuis leur arrivée, et il en déduisait qu'elle n'avait personne avec qui discuter pendant son absence. En voulant jouer les gentleman, il se demandait s'il n'avait pas commis une erreur. Si quelqu'un cherchait à l'entraîner dans une conversation maintenant, il serait bien ennuyé. Mais il arriva sans difficultés jusqu'au bar, en prenant juste le temps d'observer des visages connus au loin. Personne ne faisait rien qui mérite d'être relevé. Il passa un regard rapide sur Drake, dont il savait qu’Élisa souhaitait les services, en notant qu'une divinité totalement inconnue réussissait avec un plus grand talent à se le mettre dans la poche. Il faudra qu'il obtienne plus d'information sur cette nouvelle arrivante. Dès qu'un dieu apparaissait à New-York, les pions changeaient de case sur l'échiquier. A quelques pas, le mari d’Élisa faisait du charme à une jeune femme. Ce n'était guère surprenant. Si l'on se fiait à la mythologie grecques, Héra était la femme la plus trompée du monde. Son époux avait été jusqu'à la contraindre d'accepter l'un de ses amants à l'Olympe en lui attribuant le rôle d'échanson. Il la plaignait sincèrement. La mairesse était une femme droite comme on en faisait peu. Il se plaisait à croire qu'il se serait comporté de la même manière à sa place, en estimant que l'on était respectable tant qu'on restait fidèle, mais il n'en était pas certain. En réalité, il se serait montré moins patient et aurait trouvé un moyen aussi vile que radical pour se débarrasser d'une compagne embarrassante sans que sa réputation ait à en souffrir.

Quand il parvint à attraper deux coupes, Merwyn réalisa qu’Élisa s'était approchée du bar, seule, l'air visiblement contrariée. Il n'était pas certain, tout compte fait, que le moment soit bien choisi pour lui présenter sa nouvelle relation  alors qu'elle tentait depuis plusieurs millénaire de sauver un mariage dont son propre compagnon se fichait à moitié. Cependant, il alla la voir avec son plus grand sourire pour lui présenter ses amitiés.

– Bonsoir Élisa. C'était un beau discours, et la soirée s'annonce particulièrement réussie. J'espère qu'elle vous apportera autant de satisfaction qu'à vos invités. J'ai un verre à livrer, mais n'hésitez pas à venir me voir si le cœur vous en dit.

Il inclina aimablement la tête. Il n'avait pas l'intention de s'attarder et, justement, un jeune homme accompagné de sa cavalière s'apprêtaient aussi à aborder la déesse. Misha Wilde, si ses souvenirs étaient exacts, en plus de posséder un lien de parenté avec Élisa, lui était familier. Il appartenait au même service que son fils. Merwyn ne l'avait jamais rencontré mais il était du genre à se renseigner sur tout, et avait donc cherché à connaître un minimum toutes les personnes qui entouraient officiellement Talfryn.
Il retourna près de Nichole qui n'avait toujours pas bougé et semblait occupée à jeter des regards critiques autour d'elle. Un jeune homme avait provoqué une légère confusion en faisant un malaise, mais l'événement semblait isolé. Il n'y avait pas de quoi lancer un grand scandale pour passer le temps. Il tendit un verre à la jeune femme et prit sa main libre dans la sienne pour trinquer.

– A nous, souffla-t-il en faisant tinter les coupes. J'espère ne pas avoir été trop long. J'ai pu donner mes compliments pour la soirée à Elisa Wilde au bar, mais je ne pense pas qu'elle nous rejoindra. Elle a bien d'autres importuns à saluer avant de pouvoir engager une seule véritable discussion. Tout se passe bien pour toi ?

C'était une question générale, qui impliquait une réponse tout aussi large. Il se doutait que Nichole était de belle humeur, mais il préférait par exemple, savoir si des personnes dans la salle étaient à éviter ou si, au contraire, elle avait remarqué un individu à saluer. De son côté, il n'avait toujours pas pu approcher de Gabrielle, mais elle était un peu comme eux, très occupée par son histoire sentimentale.

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MessageSujet: Re: Grand bal estival 2015 Jeu 17 Sep - 15:54

Avec le temps, j'avais fini par reconnaître les gens mauvais, ceux qui me feraient du mal et ceux qui finiraient par vouloir m'éliminer. Je savais deviner les gens et les analyser hyper rapidement, ainsi, je savais si nous avions suffisamment en commun pour devenir amis ou si, au contraire, nous ne nous ferions que du mal. Bien que mon imperméabilité à la magie m'aidait dans cette détection et qu'elle m'évitait beaucoup de douleur et de morts, il restait que si une voiture me percutait, je mourrais. J'étais donc extrêmement prudente, sur tout, tout le temps. Je ne voulais pas avoir vécu si longtemps, avoir survécu à des guerres et des maladies pour que je finisse écrasée sous un bus. Je surveillais donc tout. Sans que ça ne devienne maladif non plus, puisque j’aimais aussi beaucoup pousser mes limites, ce qui était contradictoire, je sais, mais bref, je ne craignais pas tellement la mort pour moi, vu toutes les précautions que je prenais.

Par contre, j'avais sans cesse peur que Charles ne meure un jour. Et Charles allait sans doute mourir un jour. En fait, j'avais peur qu'il ne meure bientôt. Il était policier et courait donc de grands risques chaque jour. On entendait souvent des histoire d'horreur de policiers morts en service. Fusillade, balles perdues, poursuite en voiture ou gangs de rues... J'étais toujours inquiète pour mon amoureux. Je ne voulais pas le perdre. Je savais que je ne pourrais pas rester avec lui toute ma vie, puisque je ne vieillissais pas et que lui oui. Je n'avais jamais eu le loisir de m'imaginer vieille, les cheveux blancs, à me bercer sur mon balcon de maison en tenant la main de mon vieux mari, en se rappelant notre jeunesse... Je savais que cela ne m'arriverait pas. Je n'avais jamais pu rester longtemps avec quelqu'un à cause de cela. Je ne me voyais pas leur expliquer ma nature magique et je me poussait de leur vie avant qu'ils ne puissent se rendre compte de quoi que ce soit. Mais Charles me faisait une impression différente. Comme si je pourrais lui faire confiance, lui raconter et que tout fonctionne encore entre nous. Mais je ne savais pas quand lui en parler. Il commencerait donc à se poser des questions quand il remarquerait que je n'avais ni rides ni cheveux blancs, alors que lui oui. J'essayais de ne pas trop y penser pour l'instant. Tout allait si bien entre nous et je voulais me concentrer là-dessus.

Nous étions venus à ce bal parce que le patron de Charles avait fortement insisté, en disant que le poste donnerait une bonne impression en se mêlant à la haute société. J'étais folle de joie de pouvoir venir à ce genre d'événements. J'adorais les bals, où tout le monde était chic, bien mis et joyeux. J'avais profité de l'occasion pour me faire faire un robe sur mesure. J'avais fait appel au designer réputé avec qui nous faisions affaire au Velvet Dream pour qu'il me crée une robe éblouissante et remarquable pour le bal. Elle était à col roulé, sans manches, avait plusieurs étages de tissus et de dentelles superposés, dans un dégradé de couleurs allant du rouge foncé au jaune pâle, en passant par le orangé. Le col et le bustier avaient des pierres brodées et les tissus étaient moirés. Je l'adorait et elle m'allait comme un gant. Elle était élégante et originale et énorme, bref, parfaite pour moi.

Depuis que nous étions arrivés, j'avais pu remarquer quelques personnes. J'avais d'abord aperçu Nichole au bras d'un charmant homme. Son compagnon avait l'air un peu crispé... à moins que ce ne soit du snobisme ? Je ne pouvais dire exactement, puisque je ne le connaissais pas, mais bon, l'important était qu'ils soient heureux ensemble. Nichole était bien mise et cela lui allait à ravir. Je vis, encore une fois, son potentiel et je me promis de le faire découvrir aux autres aussi dans le futur. Je devais me trouver du temps libre à lui consacrer, éventuellement. Nichole avait l'air heureuse avec son cavalier et cela me remplit de bonheur pour elle. J'avais ensuite vu Drake, un ancien employé du Velvet. Il nous avait lâchés sans trop d'explications et je trouvais cela bien dommage. En le voyant encore ce soir, dans son habit rouge vif qui lui définissait bien les épaules, je regrettai son départ. Sa personnalité, son humour et bien sûr son corps étaient un plus pour le Velvet. Et je l'appréciais beaucoup personnellement aussi. Puis, j'avais bien évidemment pu voir Elisa, notre mairesse et l'hôtesse de la réception. Elle était sur l'estrade et se préparait à faire son discours. J'adorais sa robe avec des bouts de miroirs, C'était un détail fabuleux et j'aurais voulu y avoir pensé moi-même. Je notai mentalement que je devrais lui en glisser un mot, si l'occasion se présentait. Et que je devrais l'intégrer sur un de mes costumes du Velvet, un de ces jours. C'était trop beau pour ne pas être réutiliser, cette idée!

Pendant le discours de la mairesse, je n'écoutais pas vraiment ses paroles. J'étais serrée le plus que je le pouvais contre mon homme malgré ma robe, les bras autour de ses hanches et la tête sur son torse. J'écoutais son cœur battre, parce que tout ce qui comptait vraiment pour moi était son existence, le fait qu'il vive et qu'il respire normalement. Quand j'entendis les applaudissements, je relevai la tête et clappai des mains également, par politesse. Puis, je posai mes yeux dans ceux de Charles et lui mis une main sur le bras, pour capter son attention.


-Vous voulez faire quoi maintenant, monsieur l'agent? Danser ? Aller parler à quelqu'un ? Boire? Autre chose?

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Grand bal estival 2015

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