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Prise d'otages domestique [Misha]

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MessageSujet: Prise d'otages domestique [Misha] Jeu 3 Sep - 17:24

Mon premier vrai métier d'humain me fait vivre des aventures vraiment très étranges. Je ne peux pas dire si j'aime ou non ce que je fais, mais j'y retourne tous les soirs avec beaucoup de curiosité, en me demandant chaque fois ce que les américains vont trouver de complètement débile ou dangereux à faire pour animer mon service. Les histoires sont rarement drôles. C'est même toujours assez tragique, mais parfois, certaines situations sont plus folles que d'autres. Par exemple, je n'oublierai jamais ma première affaire, quand je me suis retrouvé avec un fou qui faisait ses courses un fusil sur l'épaule pour ne pas payer. Desfois, les situations sont plus tragiques, des gens meurent ou alors, dans le cas de violences conjugales, on sent bien qu'on ne peut rien faire de plus que calmer le jeu « pour l'instant ». La société humaine est pleine d'inégalités qui ne semblent pas toujours forcément justes ou, du moins, décidées par la nature. On voit beaucoup d'hommes et de femmes en parfaite santé et possession de leur intelligence au bout du rouleau. C'est parfois à vous donner envie de retourner en forêt ! Et je peux comprendre mon père et sa volonté de nous tenir éloigné de tout cela aussi longtemps que possible. Malheureusement, il faut bien que je me confronte directement à leur réalité pour comprendre où je suis tombé. Les autres vivent dans des espaces boisés de plus en plus réduits en feignant de ne pas se rendre compte de tout ce qui arrive à quelques kilomètres d'eux. Il faudra bien apprendre à vivre avec les humains un jour pour ne pas disparaître, aussi bizarres soient-ils. Mon père est partisan d'un « grand ménage ». Mais je trouve ça cruel. Ils ne sont pas responsables de ce qui leur arrive, juste un peu bêtes, avec une vision très étroite et centrée sur eux-mêmes, mais je suis certain que les faunes ou les dryades pourraient leur montrer une manière de vivre plus raisonnable, qui les empêcherait de prendre leur propre famille en otage comme ce soir.

Charles m'avait prévenu : c'est dans la cellule familiale que se déroulent les pires drames. Aujourd'hui, je suis en mission avec un collègue assez nouveau, le charmant Misha. Nous avons été assez brièvement présenté, il est sympa, un peu plus relâché que Charles qui reste très sérieux quoiqu'il arrive. Donc là, si j'ai tout suivi, un homme a décidé de retrouver son ex femme et son nouveau compagnon, contrarié de la savoir heureuse avec un autre et d'avoir été privé de visites pour son enfant à cause de désordres psychotiques évidents. Parce que les humains ont un tas de  troubles mentaux avec des noms bizarres comme psychotique. Enfin, il est entré, a tué sa propre fille de six ans puisqu'il ne pouvait pas la voir (normal) et, comme il a fait pas mal de bazar avant de passer à l'acte, et qu'on a eu le temps d'arriver sur les lieux du drame, il a pris le reste des locataires en otage, soit : son ex femme, son nouveau compagnon et leur enfant de dix-huit mois. Depuis une bonne heure, il menace de tuer tout le monde si on ne libère pas le plancher pour le laisser partir tranquille. On pourrait entrer directement et le défoncer, mais le but est d'essayer de le raisonner avant qu'il ne réussisse à tuer quelqu'un, chose qui peut prendre des heures. Il y a bien un tireur d'élite posté dans un immeuble en face à la recherche d'un bon angle pour le neutraliser, mais il évite de s'approcher des fenêtres qui, de toute manière, sont à double-vitrage. Enfin, c'est compliqué et je ne vais pas pouvoir me servir du chat de l'appartement pour le neutraliser. Si le chat attaque, ça risque aussi de créer plus de dégâts qu'autre chose. Donc on attend, on écoute ses conditions totalement délirantes, et on essaye de lui parler. Les choses n'avancent pas beaucoup. Il va être quatre heures du matin, toujours rien. Il n'a pas l'air de fatiguer, mais semble un petit peu moins motivé que tout à l'heure à passer à l'acte.

– Tu crois qu'il peut tenir encore longtemps comme ça ?

Je pose la question à Misha avec un peu d'inquiétude parce qu'on m'a dit que ce genre de veille durait parfois plus de vingt-quatre heures. Le problème, c'est que je ne vais pas pouvoir rester en poste deux heures de plus sans perdre une large partie de mon apparence humaine, et je vois mal comment expliquer ensuite que je me suis sauvé en pleine mission, surtout en laissant à un partenaire la responsabilité de sauver trois vies. Mais comment faire changer d'avis un homme aussi acculé et paniqué ? Il doit bien se douter qu'il n'y a pas d'issue possible. Une fois qu'il sera sorti, on ne va plus jamais le laisser sortir de prison, et si les détenus apprennent qu'il a au minimum tué sa propre fille, ça va être une tête de turc toute trouvée. A ce qu'il paraît, les criminels s'accordent au moins sur le fait que tuer des enfants est pire que toutes les autres choses illégales que l'on peut faire, mais ça semble assez logique. Qu'est-ce qu'on peut lui dire d'autre maintenant que tuer une personne de plus n’aggravera pas son cas ? Que ce sera moins lourd à porter pour sa conscience ? On essaye. Ça a l'air de le faire hésiter un peu mais bon, ça provoque pas non plus de déclic incroyable.

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Dernière édition par Talfryn Caerwyn le Mar 6 Oct - 17:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Jeu 10 Sep - 22:44



Le quartier Grey, ce genre d'endroit où très peu de gens ont vraiment envie de se trouver, mis à part pour les itinérants, les vendeurs de drogue, les démons et les personnes voulant éviter les regards indiscrets des inconnus. Pourtant, ce n'est pas ce qui m'avait empêché jusqu'ici de m'y trouver de façon presque trop régulière. Toujours à la recherche de nouvelles expériences à faire dans le monde des humains, j'avais essayé les prostituées et les prostitués, le jeux illégaux comme le poker dans un sous-sol miteux et malpropre, quelques drogues étranges qui m'avaient fait voir la vie d'une façon très étrange pendant un certain temps et j'avais aussi essayé de me faire quelques amis, mais chaque minable ici m'avait fatigué à un point où j'avais préféré m'échapper et ne jamais les revoir et décidé d'en tuer un ou deux, sans importance. Pour un policier, il était étrange que je me promène ici en civil, la plupart ayant peur de se faire reconnaître et agresser, mais je n'avais jamais eu peur des humains, sachant qu'une quantité minuscule de dieux pouvaient bien se trouver ici.

La journée avait été un vrai calvaire: la journée toute entière posté sur le bord de l'autoroute, radar à la main à scanner la vitesse des automobiles. Ce n'aurait pas été si pire si seulement j'avais eu la chance de courir après les chauffeurs qui méritaient une contravention, mais non. Ma seule fonction était de vérifier leur vitesse et si j'en voyais un qui faisait l'excessif, je devais le dire à mon coéquipier par la radio qui lui avait la chance d'aller discuter avec eux et les insulter. C'est ce que ça fait d'être un nouveau, mes quelques semaines à l'emploi n'étaient pas suffisantes à me donner des fonctions un peu plus motivantes. Et il faut dire qu'avec le soleil qui m'avait plombé sur la tête toute la journée, le mal de crâne que j'avais m'avait fait souhaiter que ma journée se termine plus rapidement.

Et j'avais reçu cet appel de dernière minute juste avant que je quitte mes fonctions pour y revenir demain. Pourquoi moi? Mon supérieur savait très bien que les autres policiers n'exerceraient leur fonction qu'à moitié sachant que le prochain défi se trouvait dans le quartier Grey, alors c'était le nouveau qui écopait. On m'avait dit que c'était l'occasion de prouver que j'avais bien ma place dans l'équipe et que je méritais plus de responsabilité, que des balivernes pour me forcer à me déplacer jusque là. J'en n'avais rien à faire puisque le quartier m'était moyennement familier et que pour moi, c'était comme tout autre. Je m'y étais donc déplacé avec une moto prêtée par le poste et une fois arrivé sur les lieux, un agent en bas de l'immeuble m'avait décrit rapidement la situation. Je montai donc les nombreuses escaliers qui menaient au huitième étage, seul, puisque ça faisait partie des demandes du pauvre con qui avait tué sa fille qu'on ne soit pas plus. J'avais retrouvé mon collègue, Talfryn que je connaissais très peu à l'étage désigné alors qu'il venait d'arriver lui aussi. Il était franchement très tard, dans les trois heures du matin et mes neuf heures passées au travail juste avant commençaient à se faire ressentir.

Plus d'une heure était passée depuis le début de notre ''intervention''. Dur d'appeler ça une intervention lorsque la seule chose qu'on fait, c'est parler à un débile qui menace de tuer tout le monde alors qu'on essaie de peine et de misère de le convaincre de faire le contraire. Je regrettais ne pas être seul : je serais entré brusquement dans l'appartement, aurait gelé tout l'appartement dans le temps, désarmé l'homme et sauvé tout le monde. Un vrai héro! Mais non, je n'avais pas cette chance. J'appréciais bien Talfryn, pour le peu qu'on se connaissait, mais il aurait été plus facile être seul. Stupides humains, s'ils n'avaient pas si peur de la différence et de ce qu'ils ne connaissent pas, je n'aurais pas à mon cacher et faire mon travail comme un être inférieur.


-Et si on se commandait une pizza?

Le ton que j'avais employé désignait la blague, mais aussi mon impatience. Le temps ne cessait de passer et la situation n'évoluait pas du tout. L'homme se fatiguait un peu et commençait à hésiter, mais nous aussi alors ça n'avançait à rien.

-Alors, on entre? Ça n'avance à rien et il ne lâchera jamais, il sait qu'il est fichu peu importe ce qui arrive.

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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Mar 6 Oct - 18:08

Misha a l'air encore moins enchanté que moi par la mission. D'après ce que j'ai compris, le quartier Grey est le genre d'endroit où on envoie les plus braves, ou les plus nouveaux, surtout pour une mission aussi pénible qui consiste à rester derrière une porte sans savoir à quel moment frapper. Quand on m'a lancé sur l'affaire, je ne me suis pas senti gêné. Je ne peux travailler que de nuit, donc avec mon emploi du temps spécialement aménagé, je ne vais pas non plus faire le difficile. Et puis, je n'ai pas très peur d'un humain armé. La plupart des citadins sont dans des conditions physiques assez lamentables et je ne suis jamais vraiment seul, les rues sont peuplées de rats ou d'oiseaux. Le seul problème, c'est le temps. Pour chaque mission, il faut se plier au protocole. Respecter les règles permet notamment d'éviter de provoquer des scandales mauvais pour l'images de la police car ce n'est jamais suffisant d'aider les humains, il faut le faire sans la moindre bavure. Les supérieurs disent parfois que, même si c'est terribles, dans certaines circonstances par exemple, il vaut mieux laisser un otage mourir plutôt qu'intervenir à l'aveugle et risque que l'on puisse dire que nous avons abattu un fou furieux pour le plaisir alors qu'il restait une chance de le laisser en vie… entre quatre murs, pour être « jugé ». Les gens pensent que, même si la culpabilité d'une personne est évidente, il est toujours préférable de la juger, même si la sentence consistera à la tuer ensuite. Franchement, je ne comprends pas grand-chose mais j'ai retenu que notre tentative de discussion était essentielle pour éviter la mort d'une autre personne. Si l'homme se met à tirer sur quelqu'un d'autre, par contre, là on aura le droit d'intervenir sans réfléchir, puisque la mort n'aura pas pu être évitée de manière pacifique. Je vous raconte pas comme c'est frustrant. On va peut-être attendre toute la nuit pour rien. Et si seulement je pouvais user de mes pouvoirs, je suis quasiment sûr de sauver tous les survivants de l'appartement.
Mi-énervé, mi-lassé, Misha suggère de se commander des pizzas. C'est sûr qu'à ce rythme, on pourrait manger tranquillement sans que la situation évolue. Je hausse les épaules en esquissant un vague sourire. Puisque nous sommes désespérés, ça me donne envie de continuer en envisageant une ruse assez improbable :

– Il doit avoir faim aussi, peut-être que l'odeur de pizza à travers la porte le rendra assez fou pour nous ouvrir ?

Mais mon coéquipier en est au stade où il préfère tout précipiter. Au fond, on ne se fera pas renvoyer si notre intervention se finit en bain de sang. Ça arrive souvent. On dira que nous n'avions pas eu le choix, et nos porte-paroles relayeront en rappelant aux médias combien notre métier est difficile et nous pousse à des choix vraiment terribles. Même si Misha n'en a rien à faire, je reste cependant perturbé à l'idée de ces pauvres gens qui pourraient se prendre une balle pendant qu'on enfonce la porte. Comme il l'a dit, il sait qu'il est fichu, alors il pourrait vraiment essayer de tuer tout le monde avant de se faire abattre lui-même. Je fais aller ma tête de droite à gauche d'un air très circonspect. Mon histoire de pizza, aussi stupide soit-elle, me donne une idée assez risquée pour ma couverture, mais qui mérite d'être testée. Je me redresse, décidé.

– Écoute, je sais que ça a l'air idiot, mais j'ai vraiment envie de tenter le coup avant qu'on défonce la porte. Reste en arrière…

Je m'approche le plus silencieusement possible, et je me colle à la porte pour être parfaitement entendu de mon interlocuteur. En vérité, j'espère aussi qu'il sentira ma présence, les émanations de mon corps. L'immeuble est minable. Le bois est poreux, les appartements mal isolés. Il y a moyen que ça marche, mais le type doit approcher. J'ai en théorie de meilleures chances de toucher la femme, et, si elle se précipite soudain à l'entrée ce sera problématique. Alors je parle de plus en plus bas pour l'inciter à s'approcher inconsciemment. Quand il est assez éloigné des autres, je fais mon possible pour penser à des choses excitantes, comme à ma dernière nuit avec la sorcière orientale du Velvet, afin de troubler ses sens. J'espère juste ne pas trop perturber Misha par la même occasion, sinon ça risque d'être vraiment le bazar. Et, pour faire croire que j'entame vraiment une négociation, je dis un peu n'importe quoi :

– ça fait des heures que t'es barricadé là-dedans. T'as pas faim, dis ? Nous on commence vraiment à avoir les crocs. On s'est dit qu'on pourrait se commander des pizzas. T'en penses quoi ? Ça te dirait de partager une bonne pizza bien chaude et moelleuse avec nous ?
– Oui…
Sa voix devient plus fébrile, c'est bon signe.
– Avec du fromage fondant ?
– Carrément…
– Mais si tu ne nous ouvres pas, on ne va pas pouvoir te la donner tu comprends…
Sa main se cogne nerveusement sur la porte. Je continue mon cinéma, même si personne ne doit rien comprendre à ce que je trafique. On dira qu'il était complètement siphonné, ça va passer non ? Je le sens de plus en plus excité. Moi ça va, j'arrive à me contrôler et ne pas perdre de vue le fait que je suis en présence d'un assassin, bien moche qui plus est. Je lui pose des conditions pour avoir droit à la « pizza de tous ses désirs », comme lâcher son flingue, il le fait, et enfin, ouvrir la porte. Il se jette sur moi dès qu'il me voit, et je me laisse déséquilibré pour avoir l'air surpris, en train de vivre une agression inattendue. Je sais pas si ça va passer, ni ce que va faire mon coéquipier, mais au moins j'ai tenté un truc et sauvé les innocents, à priori, en me donnant des chances pour filer avant d'être définitivement révélé par le levé du soleil.

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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Lun 19 Oct - 21:04

De toutes les personnes présentes sur la scène, Talfryn et moi à l’intérieur, le tireur sur l’immeuble d’à côté et la dizaine d’autre agents à l’extérieur, personne n’appréciait se trouver ici, personne sauf Talfryn. Pas qu’il semblait particulièrement apprécier l’endroit, mais ça ne semblait pas le troubler le moins du monde. Le quartier Grey était le pire endroit de la ville, un vrai piège à policier. Chaque personne représentant l’ordre ou la justice courrait un grand risque à se trouver ici. Même en équipe, aussi nombreux étions nous, le danger ne s’en trouvait pas moindre. Il s’agissait au contraire de l’occasion parfaite pour un imbécile de faire un carnage, se débarrasser d’une bonne quantité de policiers d’un seul coup et peut-être réussir à s’en échapper grâce à tout ce qui se passe dans ces bas quartiers. Étonnamment, c’est bien ici que les gens s’entraident le plus, dans le but de réussir leurs crimes divers le plus aisément possible. Il fallait par contre que je me rende à l’évidence, nous n’étions pas tombés dans un piège aujourd’hui, nous étions ici depuis trop longtemps pour que ça ne se soit pas déjà produit si ça avait été le cas. C’était à la fois un soulagement et à la fois une mauvaise nouvelle, car si nous passons plus de temps ici, c’était l’occasion pour quelqu’un d’organiser un massacre sans même avoir à nous faire tomber dans un plan stupide. Une seule bombe et c’en était fini de nous. Malgré tous les dangers qui étaient possibles autour de nous, il fallait tout de même se concentrer sur la situation actuelle. Protéger les innocents avant de protéger notre propre vie, tel était le devoir des policiers et je m’y habituais beaucoup plus que je m’y étais attendu en entrant dans cette communauté. Avant même d’intégrer les forces de l’ordre, je m’étais dit que ce n’était que pour avoir ma place dans la société, pour arriver à mes fins plus rapidement et facilement et que jamais je ne m’y attacherais réellement. Pourtant, aujourd’hui, je tenais à cet emploi. L’idée de sauver des innocents, de paraître comme un héro pour certain et même sauver des vies me faisait un drôle d’effet. C’était différent de tuer les gens, les massacrer et y prendre vachement plaisir. J’avais toujours envie de tuer, c’était indéniable, mais me sentir comme une bonne personne c’était un peu valorisant… un peu.

Une bonne chance que depuis mon retour je n’avais plus à effectuer docilement mes tâches de dieu de la vengeance, sinon le travail de nuit m’aurait considérablement compliqué la vie. C’était une chance incroyable qui s’offrait à moi d’être libre tous les soirs, mais cela m’inquiétait énormément aussi. Si je n’avais pas à effectuer mes devoirs, c’est soit que quelqu’un d’autre le faisait à ma place, soit quelqu’un arriverait éventuellement à me contrôler à distance grâce à l’outil de la vengeance, soit le livre que les personnes utilisaient avant pour me convoquer. C’était effrayant de savoir que je n’avais toujours pas retrouvé ce tome depuis mon retour et de ne pas savoir ce qui en était arrivé.

Je tentais effectivement de précipiter les choses, j’en avais marre d’attendre ici, après un peu plus de treize heures de travail. J'enchaînais quelques blagues stupides toutes droit sorties de mon impatience. J'avais faim, énormément faim, ce qui ne rendait pas l'attente moins douloureuse. L'adrénaline était tombée depuis longtemps, nous connaissions bien la situation mais n'arrivions pas à la régler. Nous ne savions que faire, jusqu'à ce que Talfryn ait cette... drôle d'idée. Comme il me le demanda, je me reculai légèrement, prêt à intervenir si les choses ne tournaient pas comme il le voulait et restai derrière lui. Mon regard fit un ricochet naturel de haut en bas de mon collègue et plus je le regardais, plus je sentais de l'adrénaline monter en moi. Ce n'était certainement pas l'endroit où nous étions qui me faisait sentir ainsi. C'était étrange, je n'avais jamais remarqué mon collègue comme je le remarquais aujourd'hui. Ce n'était pourtant pas le genre de personne qui m'attirait normalement, le genre de mec vers lequel mes yeux louchaient lorsque je les croisais, mais cet habit de policier, ce pantalon presque trop serré, la veste parre-balle qui lui donnait l'air plus musclé, sa façon de (finalement) prendre les devants pour régler la situation une fois pour toute... c'était si... excitant? Je me mordais la lèvre de plus en plus en m'approchant tranquillement de mon collègue. Cela pouvait paraître comme si je m'approchais seulement pour écouter ce qu'il disait, mais je n'en avais sérieusement rien à foutre. En fait, je n'écoutais aucunement ce qu'il marmonnait et ne me préoccupais plus du tout du malade mentale l'autre côté de la porte. Mes yeux continuaient à se balader sur le corps de mon ami, découvrant de plus en plus de petites choses qui le rendaient encore plus désirable. J'avais envie de l'attraper par les cheveux, le coller sauvagement contre la porte et plaquer mon corps contre le sien pour l'empêcher de bouger pendant que je le touchais partout. Tant de choses qui passaient dans ma tête, mon corps se rapprochait de plus en plus du sien, mes mains presque collées à ses hanches et soudainement... retour à la réalité!

La porte s'ouvrit, le fou se lança de tout son poids sur mon collègue qui venait de s'écrouler par terre ce qui me fit trébucher aussi tellement j'étais près. Je me relevai rapidement, examina en moins d'une seconde tout ce qui se passait autour de moi. Nouveau dilemme: sauver les innocents qui étaient attachés à l'intérieur et qui semblaient paniqués ou mon collègue qui se faisait attaquer, mais qui avait beaucoup plus de quoi se défendre que son agresseur. Lorsque je vis la main du meurtrier se diriger vers le flingue de mon ami, j'eu la réponse que je voulais. Un bon coup de pied sur la main de celui-ci le fit rapidement changer d'idée, une autre contre ses côtes le fit chavirer, je portai ma main à mon arme et pointa le canon de celle-ci contre la personne qui s'en était pris à Talfryn.


- Fini de jouer, tu t'en viens avec nous!

Je portai ma main vers mes menottes alors je me m'avançait pour lui enfiler alors que je senti un métal frais se poser contre ma propre nuque. Je compris immédiatement ce qui se passait, les victimes, ou dirais-je supposées victimes n'en n'étaient pas. Nous étions effectivement, comme je me l'étais imaginé au tout début, tombé dans un foutu piège probablement préparé pour nous tuer, une vengeance contre la police et c'était nous qui en étions les victimes. J'entendis la voix glaciale de la femme :

- Fini de jouer, les policiers.

Ne pouvant plus rien faire, je m'en remettais entièrement à Talfryn qui devait à nouveau trouver une solution pour nous sortir de cette mauvais posture.



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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Mar 3 Nov - 19:49

Depuis que je suis arrivé en ville, on me dit souvent que je prends les choses beaucoup trop sereinement. Mon père comme mes collègues pensent que je devrais montrer un peu plus d'inquiétude, surtout quand je pars en mission dans le quartier Grey. Mais, je n'aime pas me soucier d'hypothétiques dangers. Je ne le faisais pas en forêt, je ne vois pas pourquoi mon nouveau style de vie devrait me rendre plus anxieux. La quasi totalité de ma famille est morte devant mes yeux, toutes les peurs du monde n'auraient pas pu éviter ça, donc je préfère rester dans l'instant. Un sale truc va peut-être nous tomber dessus, mais il n'arrivera peut-être rien, et avec un peu de chance, on pourra même éviter un plus grand drame familial. Alors ça me va. Sur l'échelle des hypothèses, le dernier scénario est actuellement le plus réalisable, les autres n'étant que conjectures. Je suis un insouciant volontaire. Mais, quand mon identité magique est en jeu, je commence à sentir les signes d'une nervosité que je sais si bien garder loin de moi. On pourrait croire que je n'en peux plus, au moment où j'agis, et mes raisons profondes sont tout autres, même si je pense que ça reste une bonne chose. On ne peut pas laisser la situation traîner plus longtemps, ça n'a pas de sens. Alors je me lance. Je commets l'imprudence d'utiliser mes pouvoirs vu que rien ne pourrait être pire que me retrouver coincé dans un immeuble du quartier Grey affublé de cornes, de sabots et d'oreilles allongées. Ce serait la fin de ma carrière dans la police, voire de mon existence humaine à New-York. Mon père a beau être doué pour maquiller un certain nombre de choses, je doute qu'il pourrait faire oublier une vision aussi troublante aux citadins.

Au début, tout fonctionne assez bien. Je suis plutôt fier de moi. Il est rare que je mette mes instincts de faune à si rude épreuve. Ce que je ressens et peux faire ressentir est une composante de mon espèce qui n'a aucun intérêt à être contrôlé tant que nous restons entre nous. J'apprends à percevoir cela d'une autre manière, comme une chose que je peux accentuer ou refréner selon la nécessité. Je ne peux pas le faire avec autant de facilité que mon père, dont les instincts sont moindre, mais, à petite dose, dans un bon état mental, je peux m'en sortir. Cependant, j'avouerais que j'ai pris un risque énorme pour moi comme pour les autres. Sur la fin, j'ai bien senti le désir de Misha qui se rapprochait de moi. Mon collègue n'est vraisemblablement pas du genre à repousser les avances d'un homme, ce qui a rendu sa sensibilité plus forte, même à une distance raisonnable. Pour les hétéros purs et durs, il y a en général un petit temps supplémentaire, qui traduit le combat entre les barrières de leur esprit et les pulsions de leur corps. Ce combat, je l'ai senti avec ma cible principale, ce qui m'a forcé à pousser encore plus mon désir sur lui jusqu'à ce qu'il ouvre cette fichue porte. Avec mon coéquipier qui semblait prêt à se jeter sur moi aussi, je me suis empressé de rompre le lien, même si ce n'est pas un truc qui se décide en claquant des doigts, mais en luttant contre soi-même pour retrouver un état à peu près normal. On parle souvent de la domination érotique des faunes mais, se laisser submerger par ses émotions face à des humains peut devenir très dangereux pour notre propre intégrité physique, quand elle le pousse pas les autres à s'entre-tuer pour vous. Notre don invoque le chaos, nous ne le maîtrisons pas beaucoup plus que nos cibles.

Il arrive que diminuer notre influence ne change absolument rien au désir de l'autre par exemple. Mais, parfois, l'élan érotique était trop artificiel pour tenir et le charme se brise très vite. Ça a été le cas avec le fou furieux qui n'a pas mis un temps trop long à se remettre de ses émotions en se retrouvant couché sur moi avec un revolver à portée de main. De la ceinture qu'il avait d'abord envisagé d'ouvrir à mon arme, le calcul était vite fait et j'ai eu beaucoup de chance que Misha soit assez réactif de son côté pour interrompre son geste d'un coup de pied, lui faire perdre l'équilibre et le mettre à sa merci. Un instant, j'ai pensé que l'affaire était réglée. Mais non. La situation s'est retournée d'une manière complètement hallucinante. Soudain, la femme que nous étions venus sauver menaçait mon partenaire avec une arme. Je venais à peine de me redresser et restait incrédule. Ça n'avait aucun sens ! Ou alors… Ou alors ils espéraient aussi nous épuiser, attendre que nous rentrions de force dans l'appartement pour nous fusiller avant. Cependant, pourquoi se donner tout ce mal ? Il y avait d'autres policiers autour de l'immeuble prêts à intervenir en cas de difficultés. A moins qu'une petite fête ne soit déjà prévue pour eux aussi et que l'ouverture des hostilités chez nous n'ait déclenché le reste. Cependant, nous ne pouvions rien faire pour les autres, en particulier tant que quelqu'un menaçait Misha avec une arme. Était-elle seule ? Ou l'appartement nous réservait d'autres surprises ? En tout cas, malgré sa froideur, je sentais sa nervosité. Oui, les choses ne s'étaient pas passé comme prévu et le soudain coup de tête de son complice l'avait déstabilisé. Ils auraient pu tuer deux flics d'une balle chacun mais à présent, l'homme était désarmé et il ne lui restait d'autre recours que la menace puisque j'étais libre d'intervenir aussi. C'est sans doute son temps d'hésitation qui sauva mon pauvre partenaire. Quand à moi, je n'hésitais plus à utiliser le reste de mes pouvoirs pour prendre le contrôle du chat et lui inspirer une haine soudaine envers la femme. Ce n'était pas très difficile, les félins étant d'humeur assez instable par nature. Le poil de la bête se hérissa et il se jeta comme une furie, toute griffes dehors sur les épaules de la femme qui lâcha son arme sous l'effet de la surprise. Je m'élançai d'un bond précis (peut-être un peu trop allongé) pour la récupérer avant de la repousser en arrière. J'aurais logiquement dû le faire avec mes mains mais dans la panique, mon instinct a parlé et je lui ai donné un coup de tête dans le ventre. Resté dans son hystérie meurtrière, le chat continua de la harceler en lui lacérant les bras et, je ne me sentais pas vraiment d'humeur à lui demander d'arrêter. Même s'ils ne sont pas très dangereux, j'ai remarqué que les chats en colère avaient tendance à impressionner assez les humains pour les rendre très craintifs, surtout quand ils avaient un lien affectif avec eux.

– On fait quoi ? On les fait parler ? Ça ressemble à un genre de diversion non ?

Vraiment, je ne sais pas trop quoi dire ni penser. La situation est étrange et tout semble pouvoir nous tomber sur la tête d'un moment à l'autre. Je n'ai même pas la certitude qu'on aura le temps de passer un interrogatoire avant d'avoir une idée de la suite des événements.

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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Dim 27 Déc - 0:39

Talfryn n’était certainement pas mon genre de mec, pas que j’avais un genre de mec, comment avoir un genre de mec quand on fait l’amour avec des filles? À moins que je sois aussi gay, ce qui voudrait dire que je pouvais aussi avoir un genre de mec et un genre de meuf? Ou alors j’étais complètement gay et je me réconfortais chez les femmes? Si ça se trouve, j’étais peut-être aux chèvres et je l’ignorais encore.

Bref, Talfryn n’était certainement pas mon genre de mec physiquement. En le comparant à Charles qui était vachement bien fait et très beau, ou Ezra qui était trop mignon mais pas trop viril et aussi handicapé ou alors Kyle, mon sauveur de l’emprise démoniaque, vraiment trop sexy qui me faisait plusieurs effets lorsque je rêvais à lui et à sa gueule de sex-symbol. Mais non, je n’étais certainement pas gay! Mais il faut avouer que ce sont des mecs vachement intéressants, pour quelqu’un d’intéressé par les hommes!

Je n’étais pas homosexuel, mais j’en avais sérieusement douté lorsque cette soudaine pulsion sexuelle m’était envahie et que je m’étais presque projeté sur mon collègue avec des envies de chatte en chaleur. Je n’avais aucune idée ce qui m’avais pris à ce moment-là, mais c’était bien la dernière chose à laquelle je pensais puisque la seule idée qui hantait mes pensées était de le prendre violemment contre la porte, en cet instant même, comme une bête qui a enfin attrapé sa proie, qui va la violer violemment et faire de drôles de bébés. Un bébé Voueko roux, ça risquait d’être assez amusant.

Alors que je m’approchais non subtilement de lui, que mes mains s’approchaient de ses hanches et que la chaleur de mon corps commençait sérieusement à se faire sentir sur celui de Talfryn. Les émotions montaient, alors qu’une certaine partie de mon corps commençait à se faire sentir, tandis que je n’écoutais absolument pas ce qui se passait autour de moi, ce qui était plutôt bien sinon j’aurais trouvé ça plus que bizarre. Soudainement le courant s’était coupé, me laissant dans une drôle de mentalité et de position alors que je me demandais ce qui s’était passé avec moi. Dur retour à la réalité lorsque mon collègue s’était effondré sur moi, tombant sur le sol et me faisant reculer de plusieurs pas. Moi qui avait voulu, quelques millièmes de secondes plus tôt, qu’il se retrouve collé contre moi, j’avais tout de même espéré que ce serait moins lâchement. C’est alors que nous nous étions lancé dans un vrai scénario de film avec une bonne scène d’action, mais tout de même réelle. Dans la vraie vie, une scène d’action ne dure pas dix minutes, c’est quelques secondes, le temps de tester tes réflexes. Il était important de savoir réagir avec précaution et rapidité, sinon c’était du temps que nous laissions de plus à notre agresseur pour trouver une autre stratégie afin de nous avoir. Le plan de Talfryn avait réussi à le faire sortir, mais pas exactement dans la mentalité espérée. Je m’étais étonné moi-même d’avoir réagi si rapidement, d’avoir asséné un violent coup de pied sur la main de l’agresseur qui menaçait mon roux préféré de son propre pistolet. La suite des événements ne s’était pas déroulée comme prévu, mais ça ne se déroulait jamais comme prévu. Me retrouver avec un pistolet contre la tête ne faisait pas partie des situations idéales dans lesquelles se retrouver en tant que policier, encore moins quand la personne qui nous menace est celle que nous venions sauver. Je craignais beaucoup pour ma vie en ce moment, avoir encore mes anciens pouvoirs j’aurais tout simplement gelé le temps et corrigé la situation, peut-être même aurais-je pu reculer le temps, ce qui m’avait été permis de faire une ou deux fois avant de perdre mon pouvoir, bien que je n’avais réussi qu’à reculer que de quatre ou cinq secondes à ces tentatives. J’ignorais comment je pouvais bien m’en sortir, puisque le moindre mouvement de ma part pouvait entraîner ma mort. Étant dans une impasse, je me devais de m’en remettre à mon collègue qui se devait de trouver une idée originale pour me sortir de là. Je me jurai à cet instant même que si je m’en sortais, aucun des deux attaquants ne s’en sortirait vivant ce soir. Je suis le dieu de la vengeance, ce n’est pas pour rien.

Je ne compris absolument pas ce qui se passa avec la fille. Dans mon dos, il était difficile de voir que le chat pris d’une soudaine rage s’était élancé contre son propre maître. J’entendis seulement mon agresseur crier d’un bruit strident pendant que le fusil se dégageait de ma nuque. Heureusement pour moi, elle n’avait pas tiré prise de panique, moi et mon collègue étions maintenant dans la même situation qu’eux, au même niveau, même légèrement supérieur avec l’autre folle qui se battait avec le chat. Cette chambre devait être hantée, des choses plus qu’étranges se passaient ici, des choses qui dépassaient mes capacités de compréhension même si j’étais totalement conscient que d’autres personnes pouvaient avoir des pouvoirs. Je n’établissais tout simplement pas de lien entre les deux événements bizarres. Dégagé de mon inconfortable position, je fis un pas rapide sur le côté pour pouvoir garder un œil sur les deux complices… et sur mon ami Talfryn qui s’élançait tel un jeun faon enflammé vers l’arme qui était tombée sur le sol. Je restai longtemps perplexe à ce qui venait de se passer, je savais mon complice assez en forme, mais pas surhumain quand même! Je le savais aussi étrange…. Mais quand même! Le coup de tête dans le ventre? Sérieusement? Il se prenait pour un bélier ou quoi? C’était vraiment trop bizarre, soit l’appartement était sérieusement hanté, soit…. Oh merde!
*Talfryn est pas normal?*
Le doute était installé dans mon esprit. Nous avions maintenant la situation en main et la fin de notre intervention s’annonçait, mais maintenant que j’avais une idée en tête, je n’avais pas l’intention de le laisser partir aussi rapidement.


T’inquiètes pas, si c’était une diversion, il y aurait déjà eu une autre action. Et de toute façon, t’as vu leur tête? Ils ont vraiment pas l’air d’être aptes à organiser un complot ou même être aptes à suivre des ordres. Ils sont préparés à l’avance et même pas capables de s’occuper de deux policiers. On est mieux de les embarquer et de partir avant que l’envie de les tuer me prenne davantage.

Je n’étais vraiment plus d’humeur à supporter leur présence. Être tombé dans un piège aussi ridicule m’énervait au plus haut point et je m’en voulais encore plus que je leur en voulais. J’avais aussi cette nouvelle idée de découvrir davantage qui est mon collègue, donc j’avais encore plus envie de terminer notre activité ici pour passer à la suivante. Je m’approchai de l’homme que j'avais plaqué au sol peu avant, le retournai contre son gré à plat ventre et lui enfilai les menottes. Au même moment, je fis un signe de tête à mon collègue pour qu'il en fasse de même avec la femme toujours aux prises du chat qui s'était soudainement avéré sauvage. La partie était terminée pour eux et je demandai par la radio accrochée à mon uniforme d'autres policiers pour les descendre et les ammener au poste. Nous quittions à peine les lieux que j'attrapai doucement mon collègue par le bras pour le retenir de partir dans une direction opposéee. D'un ton amical, je tentai de dissimuler mes soupçons sur sa vraie nature.

Tu sais quoi? On se mérite bien un verre après tout ça. Je connais un petit bar pas trop loin, hors du quartier, c'est moi qui offre ce soir!

Je ne lui laissai pas le choix et l'entraîna avec moi vers les quelques rues très sombres qui nous séparaient de notre destination. La nuit était bien tombée et la pénombre poussait dissimuler les dangers qui existaient dans ce pauvre quartier. Je savais pourtant que nous courrion nul danger; après notre intervention de ce soir, il était clair que toutes les personnes dans le coin étaient au courant et jamais il n'y avait deux attaques une à la suite de l'autre, pas lorsque les policiers étaient victorieux.

-C'est fou à quel point ce chat était d'une utilité! Faut croire que c'était notre jour de chance, n'est-ce pas Talfryn?

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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Ven 8 Jan - 20:18

New-York est vraiment la ville de toutes les folies. On m'aurait dit un an plus tôt que je vivrais ce genre de choses que je n'y aurais absolument pas cru. Ici, les humains étaient vraiment dingues. Mon père n'aimait pas beaucoup que je sois dans la police mais, en même temps, je crois qu'il me laisse vivre mes propres expériences dans l'espoir de me faire comprendre à quel point cette société est dangereuse, perdue. Je vois en effet un certain nombre d'attitude inquiétantes, terribles, mais je suis déraisonnablement partagé. C'est affreux et à la fois fascinant. Il existait bien entendu chez nous des faunes ou des dryades plus fourbes que la moyenne, mais ils n'allaient jamais jusqu'à monter des plans aussi tordus pour arriver à leurs fins, qui étaient d'ailleurs souvent moins compliquées. Je n'arrivais pas à me lasser d'observer avec quelle imagination les humains s'acharnaient à créer des problèmes. J'étais là pour les préserver d'eux-même, bien sûr, et j'étais toujours très touché de trouver des familles déchirées, des femmes battues, des cadavres d'assassinés, mais, en même temps, je n'avais pas vraiment envie qu'ils s'arrêtent, pas tant que je n'aurais pas une idée plus nette de ce qu'il fallait en penser. Mais c'était vrai pourtant que cette intervention était dangereuse. Si deux flics parfaitement normaux étaient venus frapper à cet appartement à notre place, ils seraient peut-être morts. L'idée est glaçante. Et j'avais beau me jurer de n'utiliser mes pouvoirs qu'en cas d'extrême nécessité, je devais bien admettre qu'ils étaient souvent un petit coup de pouce salvateur. Après tout, s'érotiser un peu pour attirer la sympathie ou prendre légèrement le contrôle d'un animal n'était pas la chose la plus flagrante du monde. On attribuait même parfois à certains humains une aura bienveillante naturelle ou un don pour les animaux, et cela sans imaginer un seul instant qu'il y avait des chances pour que ce fût le résultat de la magie. Il y avait même beaucoup plus de sorciers légers qui s'ignoraient !

Mais là, on ne pouvait pas dire que j'avais utilisé une magie « légère ». J'avais réussi à forcer un homme menaçant à ouvrir sa porte en l'appâtant avec une pizza, excité involontairement mon partenaire, rendu un chat fou-furieux et pour ne rien arranger, même mes attributs physiques normalement cachés s'en étaient mêlés. Je nous avais sauvés mais à quel prix ? Vu le coup de cornes que j'avais envoyé à la femme, il y avait des chances pour qu'elle garde plusieurs jours deux bleus parallèles curieux sur l'abdomen. Alors je pouvais prétendre l'avoir frappée avec des poings, mais un médecin tatillon trouverait forcément la blessure un peu suspecte. Heureusement que la police se fiche un peu des médecins tatillons, en particulier quand des tueurs de flics se sont faits attraper. Le vrai problème donc, c'était Misha qui avait tout vu et tout ressenti. Voyons… L'immeuble était vieux, je pouvais peut-être lui dire que je n'avais moi-même pas tout compris et me demandais s'il n'y avait pas un esprit malveillant entre les murs… ça ne justifiait pas la bizarrerie de mon coup de crâne, mais je pouvais toujours inventer une passion pour le rugby, des réflexes qui ont fait surface dans la panique… Mais de toute manière, il ne me questionna pas, nous avions plus intéressant à faire, neutraliser définitivement nos adversaires. Il s'occupa donc de l'homme pendant que j'allais menotter la fille. En m'approchant, je retirais le sentiment de peur violente que j'avais inspiré au chat pour lui renvoyer une impression de sécurité. Pauvre petite bête. Pendant que je passais les anneaux à son indigne maîtresse, il se mit à ronronner et à essayer de me grimper dessus. Je le pris dans mes bras en me redressant pour le caresser et lui murmurer des paroles rassurantes. Je n'avais jamais de plaisir à mettre les animaux dans des situations de stress pour me tirer d'affaire, alors je me sentais un certain devoir de réconfort vis-à-vis du félin.

Pendant que je cajolais le plus normalement du monde un chat qui avait lacéré une femme, Misha m'avança ses propres théories. Il pensait qu'on ne risquait plus rien, que la diversion n'avait probablement pas duré assez longtemps pour fonctionner, et qu'il s'agissait très clairement de personnes manipulées. Je hochai doucement la tête, mais me figeai un peu plus mal à l'aise quand il parla avec un sérieux désarmant de son envie de les tuer. Alors oui, je sais que beaucoup de brutes se retrouvent dans la police pour canaliser leur mauvaise énergie, mais se dire que Misha sent déjà ses nerfs mis à rude épreuve sur une affaire comme celle-ci ne présage rien de bon quand à son avenir dans la profession. Après, les mots devançaient peut-être ses propos. Je ne le connais pas assez, je peux lui laisser le bénéfice du doute, mais je vous jure qu'il avait l'air vraiment très sérieux.

– Si on est intervenus assez vite pour bloquer un complot tant mieux… Et si quelque chose éclate ailleurs, ça ne relève plus de nos fonctions…

ça sera aux enquêteurs de démêler le vrai du faux. Même si je suis très curieux d'en apprendre un peu plus sur les coulisses de cette affaire, je suis soulagé que la mission s'arrête ici pour moi. Nous avons déjà débordé d'une bonne demi-heure sur nos horaires de service, je ne pourrais pas gérer un autre imprévu musclé. Je déposai le chat en espérant qu'il y aurait une bonne âme pour s'occuper de lui pendant que le reste de notre équipe investissait les lieux afin de protéger l'appartement et de se lancer dans une longue et méticuleuse recherche d'indices. Nous, cela ne nous concernait plus. Nous avions joué les héros et nous pouvions rentrer. Une fois dehors, je pris mon inspiration pour saluer mon collègue, mais il me devança en m'invitant à boire un verre pour se remettre de nos émotions. J'eus beaucoup de mal à dissimuler mon étonnement embarrassé. J'avais bien envie de lui dire qu'il était très tard et que la plupart des bars étaient fermés, mais il avait déjà une idée de lieu en tête. Avec un peu de chance, il serait fermé quand même ? Il m'entraîna sans vraiment me laisser le choix.

– C'est gentil mais… On devrait peut-être remettre ça à plus tard non, comme demain soir ? Je suis un peu fatigué et puis mon frère se lève aux aurores, il va s'inquiéter s'il remarque que je ne suis pas rentré…

Je tentais des explications hasardeuses en regardant l'heure et le ciel. Pour l'instant, il faisant toujours noir, mais nous étions à ces heures où le jour se levait très vite. Il ne faudrait pas plus de trente minutes pour que le ciel devienne relativement clair, moins d'une heure pour voir percer les premiers rayons du soleil. Si j'acceptais ce verre, je pouvais dire adieu à mes chances de rejoindre ma voiture en toute tranquillité. Surtout qu'elle était assez loin, restée au commissariat. Et en même temps, je n'avais pas envie de vexer Misha… En fait, j'hésitais bêtement alors que je n'avais pas franchement d'autre choix. Et puis il revenait sur le chat, ce qui perturba encore un peu ma réflexion.

– Le chat ? Ah oui… Oui… Les animaux sont très sensibles aux émotions qui les entourent, il a dû être perturbé par la nervosité de tout le monde et ne plus savoir comment réagir. Mais enfin… C'était une chance qu'il y ait un chat dans l'appartement, c'est sûr…

Et, revenant un peu à mes priorités, je pilai brutalement.

– Je te jure que j'adorerais prendre un verre et continuer à discuter de tout ça mais on doit vraiment rentrer. Le chef va nous taper sur les doigts si on traîne à remettre la voiture de fonction au garage non ?

Et tout en disant cela, j'avais malgré moi une attitude assez fuyante, je reculais déjà doucement comme s'il était évident que Misha allait trouver ma raison parfaitement recevable et réviser ses plans d'un coup.

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Dernière édition par Talfryn Caerwyn le Jeu 9 Juin - 17:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Mar 17 Mai - 19:29

Bien sur que j'avais des petits doutes sur mon collègue, les événements qui venaient de se passer étaient bien étranges, le chat trop bizarre, mon attirance trop soudaine pour Talfryn, l'homme qui s'était adouci d'un seul coup et finalement le coup de bélier... c'était presque ridicule que j'aie encore des doutes. Pourtant, dans ce monde bien étrange, il était quand même possible que ce ne soit pas la faute de mon collègue, que ce puisse être une entité extérieure qui nous avait joué des tours, de solides bons tours! C'était donc de mon devoir d'enquêter sur mon collègue, pas que c'était nécessaire, mais plutôt par envie. De plus, si c'était un dieu ou quoi que ce soit d'autre, ça pourrait me faire un ami avec qui me sentir à l'aise et utiliser mes pouvoirs à profusion. Je rêvais de pouvoir utiliser mes pouvoirs à l'emploi pour régler les situations plus facilement, refusant de m'avouer que c'était parfois amusant d'agir en humain et tenter de régler les situations comme 99.9% des gens le feraient. J'avoue qu'avoir grandi en tant que dieu et devoir agir maintenant comme si j'étais normal me rendait la tâche plus difficile lorsque j'étais en situation compliquée puisque je n'avais jamais eu à penser comme un humain, mais ça me forçait à utiliser mon imagination. Par contre, des situations comme aujourd'hui j'étais complètement perdu et je n'aurais réussi à trouver comment régler notre problème. Heureusement, ce n'était pas notre boulot de tous les jours.

Bien sûr que j'étais sérieux lorsque j'avais prononcé les quelques mots qui choquèrent mon collègue. Heureusement pour lui, et pour mes chances de rester dans la police pour détruire mon père de l'intérieur, mes mots n'avaient pas traduis le fond de mes pensées. Déchirer leur entrailles, découper leurs langues et leur faire bouffer, pincer leurs yeux très lentement à l'aide d'une aiguille, leur découper la gorge grâce aux vieux clous rouillés de l'appartement et arracher les couilles de ce fils de... voilà qui traduisait plus fidèlement mes envies du moment. Plus j'y pensais et plus je me disais que j'avais fais le bon choix de taire ces mots même s'il aurait été fort préférable de n'en dire aucun. Toutefois, je ne remarquai aucunement la crainte que je venais d'infuser chez mon collègue, ce qui ne me préoccupa donc pas du tout. Puis il me confirma que nous pouvions quitter les lieux.


- Tout à fait, on a été des champions aujourd'hui. Surtout toi Talfryn, je dois avouer que tu m'impressionne continuellement. Tes habiletés sont... surnaturelles!

Je lui fis ce genre de sourire qui pouvait inquiéter tout être possédant un don magique et qui tentait de se cacher. Je n'avais pas clairement exprimé mes soupçons, mais il était certain que je créais une certaine angoisse avec ces paroles. Je fis comme s'il n'y avait pas de suite à ce que je venais de dire, mais j'observai attentivement la réaction de Talfryn, espérant trouver une faille dans son masque. Une fois descendus, je l'attrapai rapidement pour presque le forcer à m'accompagner prendre un verre. Je n'étais pas insistant, j'étais insupportable ET persistant. Il valait mieux pour lui cesser de dénier mon invitation, ce n'en était pas une. Il allait venir avec moi et seul lui décidait de si je devais user de force ou non. Je n'y avais jamais porté attention avant, mais je remarquais aujourd'hui que mon collègue ne quittait jamais tard son lieu de travail. Si cela avait un quelconque lien avec mes soupçons, il éviterait le sujet et je pouvais donc utiliser cela pour le convaincre. Je m'approchai et lui donnai un coup de coude amical.

- Et puis quoi il a peur du noir ton frangin, tout comme toi? Allez t'as pas à t'inquiéter des ruelles sombres Talfryn, je suis là pour te protéger! dis-je en replaçant ma veste de cuir pour jouer la comédie du mec qui se croit trop cool. T'as qu'à l'appeler pour le rassurer. Puis je lui tendis mon portable. Je ne lui laissait pas vraiment de choix, je le faisais tomber dans son propre piège. Puisqu'il me semblait très réticent, je décidai de parler un peu de ce fameux chaton enragé. Il me raconta n'importe quoi comme excuse, même moi si naïf n'arrivait à croire à ses histoires. Un vrai mec innocent, ou un être magique qui cachait bien son jeu, aurait simplement confirmé que c'était vraiiiiiiiment étrange et qu'il n'y comprenait absolument rien. Ne me laissant le temps de répondre, probablement parce qu'il était convaincu que je serais très persistant dans ma réponse, il enchaîna sur les véhicules. C'est qu'il était imaginatif ce policier!

- T'inquiètes je prends tous le blâme si on se fait réprimander. Et puis c'est pas trop un problème pour le chef, c'est mon frère... C'était amusant, jamais il n'avait été aussi facile de répliquer à quelqu'un qu'à Talfryn. C'était vachement marrant de le voir tenter de s'enfuir comme un rat dont la queue est prise dans un piège à ours, beaucoup trop fort pour lui. - Allez, plus tu parles et plus on est en retard!

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Dernière édition par Misha V. Wilde le Lun 22 Aoû - 22:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Jeu 9 Juin - 19:01

Je n'ai jamais été un très bon menteur. Même si j'arrive facilement à baratiner les gens, j'ai tendance à ne pas savoir comment m'arrêter et à me perdre. Au mieux, on abandonne en me prenant pour une personne vraiment très bizarre. Mais Misha n'abandonne pas, il s'accroche. J'ai si peur de la gaffe que je ne sais plus ce que je dois lui cacher ou lui concéder. Quand il m'annonce en quittant l'immeuble que j'ai des « habiletés surnaturelles », j'essaye de ne pas croiser son regard pour ne pas montrer combien le choix de ce mot me trouble. Il a marqué une pause avant, comme si c'était réfléchi. Est-il vraiment conscient du sous-entendu qu'il vient de faire ? Mon père m'a déjà dit de me méfier avec le vocabulaire des humains. Ils sont capables de parler de « magie », de « pouvoirs paranormaux » sans y croire, juste pour exagérer une situation inhabituelle. En même temps, je ne vois pas très bien ce que j'aurais pu faire de si surnaturel aux yeux d'un simple spectateur. Réussir à faire ouvrir la porte à un fou en lui parlant de pizza peut-il entrer dans cette catégorie ? Sans doute. Cependant, qui oserait croire qu'entre un preneur d'otages au mental atteint et un gentil flic, je suis le plus étrange ? Je m'égare vraiment dans mes suppositions. Je tente une sortie par l'humour avec un rire gêné.

– Tu exagères, je n'ai pas fait grand-chose d'incroyable à part envoyer un coup de tête dans le ventre…

J'hésite à lui sortir l'histoire du réflexe de rugby mais il me semble plus sage d'en rester là. Misha n'est rien de plus qu'un collègue un peu à cran après avoir échappé à une possible fusillade. Il est soulagé, un peu excessif dans ses témoignages de reconnaissances, et ça se comprend. En plus, il a été partiellement touché par ma magie de séduction, donc il a peut-être encore un reste de vision idéalisée de moi… qui a affecté sa perception des choses et m'a rendu bien plus incroyable qu'un humain à ses yeux tout au long de la scène de combat… Et mince. Ça doit être pour ça qu'il insiste lourdement pour qu'on prenne un verre ensemble malgré l'heure. Je peux me rendre désirable mais toujours avec une part d'aléatoire en jeu. Certaines personnes sont affectées plus longtemps et plus vivement que d'autres. J'espère ne pas avoir trop altéré les perceptions de Misha, surtout maintenant que je dois filer. S'il a soudain l'obsession d'approfondir un peu mieux notre relation, je risque de lui faire beaucoup de peine en le plantant comme ça, surtout qu'il me fait le coup du protecteur un peu bad boy comme pour me rassurer. Il m'encourage même à appeler mon père pour excuser mon retard. C'est au-delà de tout bon sens !

– Non, je ne peux pas appeler mon frère maintenant, il est 5h du matin, il dort encore. C'est juste qu'il sera inquiet de voir que je ne suis pas rentré à son réveil…

Ce que je dis n'a aucun sens, et croyez bien que j'en suis conscient. Qui a une relation assez malsaine avec son frère pour redouter de l'inquiéter en rentrant plus tard que prévu dans la matinée ? Il suffirait d'un sms qu'il lira à son réveil pour dire que j'ai eu un empêchement. Oui. Sauf que ce n'est pas ça le problème. Mon père pourrait mettre un terme à mes aventures dans la police s'il constate que même mon emploi du temps aménagé peut me faire rentrer plus tard que prévu.  Alors Misha peut bien me parler de prendre tous les reproches à ma place, ça ne sert à rien même si le chef est… son frère ? Là, je m'arrête d'un coup et je le considère avec curiosité. C'est vrai qu'il se fait aussi appeler Wilde. Pourquoi prétendrait-il être de la famille de Zeus s'il n'a pas lui-même des origines divines ou en tout cas magiques ? C'est bizarre, je n'ai pourtant rien ressenti. Je repasse mon raisonnement à l'envers rapidement, en supposant qu'il a réellement compris que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Je crois qu'il va falloir tenter de clarifier les choses une bonne fois pour toute. S'il n'est pas humain, ce serait vraiment un avantage de travailler avec lui et éviter de se retrouver coincés dans une situation comme celle de cette nuit en évitant chacun d'utiliser nos pouvoirs. En plus, Héra et Zeus sont au courant pour moi. Mais je ne peux pas lui poser la question de but en blanc ou lui annoncer que je suis un faune. Si jamais je me plante, il va vraiment se dire que je suis cinglé. Je vais tenter la créature qui passe bien en blague s'il ne me prend pas au sérieux.

– Je suis désolé mais je ne peux vraiment pas rester ici. Tu ne t'es jamais demandé pourquoi je ne travaillais que de nuit ? - Je jette un regard faussement méfiant autour de moi. – Ne le dis à personne surtout, mais je suis un vampire, et je ne supporte pas le soleil. Tu ne voudrais pas voir le binôme de ton duo de champions partir en cendres pas vrai ?

Le problème maintenant, c'est que s'il me prend totalement au sérieux et m'en révèle plus sur lui, je vais avoir l'air débile en lui annonçant qu'en fait non, je n'ai rien de familier avec les vampires. Je ne suis pas une version + d'un humain et tout ce qu'il y a de plus vivant, même s'il est vrai que j'ai aussi mes problèmes de bestialité et addiction.

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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Lun 22 Aoû - 22:35

Depuis mon retour des enfers, j'avais cette drôle d'impression que tout le monde me mentait. On aurait dit que je ne faisais que croiser des personnes qui avaient quelque chose à se reprocher, qui voulaient à tout prix garder un grand secret qui les exposeraient au grand jour. Je ne le savais pas encore, mais à mon retour sur terre, mes sens naturels de dieux s'étaient développés. Vous savez, cette capacité à ressentir l'autre lorsqu'un autre dieu se trouve devant nous, je commençais enfin à en ressentir les effets, quelques centaines d'années après ma naissance. J'étais bien évidemment en retard sur ce côté là, mais c'était nécessairement du au fait que j'avais été si longtemps retiré des êtres magiques. J'avais beau me retrouver maintenant parmi des milliers d'humains, je croisais tout de même plus d'êtres magiques que je ne l'avais fait, considérant que les deux seules autres dieux avec lesquels j'avais été en contact étaient mon frère et ma mère. Mon frère n'avait pas fait partie du décor très longtemps d'ailleurs, lui sur qui je comptais lorsque j'étais tout jeune pour avoir une chance de me sortir de l'étreinte de ma mère, lui sur qui je comptais pour me divertir un tout petit peu, m'apprendre les choses de la vie et me raconter des histoires qui m'empêchaient parfois de dormir seul dans ma grotte. Il m'avait lâchement laissé tomber, comme si du jour au lendemain je ne voulais plus rien dire pour lui. Il m'avait si longtemps fait sentir comme s'il tenait à moi puis m'avait tout d'un laissé à moi-même, cessant de me rendre visite, cessant mes rêves et mes seuls plaisirs du même coup. J'encaissais encore difficilement le coup et j'espérais sincèrement ne jamais avoir affaire à faire à lui de nouveau. J'ignorais comment j'allais agir si je le retrouvais, si j'allais préférer le tuer ou le faire souffrir comme il l'avait si bien fait avec moi. En fait, j'aurais préféré mourir lorsqu'il m'abandonna, je n'allais certainement pas lui donner ce plaisir de se laver de tous ses pêchés d'un seul coup en le délivrant de sa vie. En fait, j'espérais de tout cœur qu'il n'ait pas réussi à traverser la brèche et qu'il souffrait seul de l'autre côté comme c'était mon cas il n'y a pas si longtemps. Chaque fois que son nom me traversais l'esprit, j'avais envie de tout briser autour de moi, ce qui était arrivé à quelques reprises. Se faire enlever la seule lumière qui arrive à illuminer nos noires pensées n'était pas chose facile, et après ça on allait me traiter de fou, de psychopathe ou de malade mental. Je n'y étais pour rien, j'avais été élevé de façon à ne pouvoir être un tantinet normal, on m'avait élevé comme un plan voué à l'échec.

Entre le preneur d'otages et le flic gentil, Talfryn était certainement le plus étrange des deux. Des débiles, des paranoïaques et des séquestrés, on en voyait à la pelle. Par contre, un être si innocent dans la police et qui ne reflétait aucune méchanceté et entouré de drôles de coïncidences, c'était vachement rare. Aucun policier normal n'avait rien à se reprocher, moi tout en haut de la liste, et le fait que Talfryn se retrouvait tout au bas de cette liste faisait de lui quelqu'un d'étrange, de peu commun. Oui, il existait certainement quelques personnes au service des forces de l'ordre qui agissait de pleine foi et de bonnes intentions, mais le pourcentage de ceux-ci qui étaient blancs sur neige était plus que faible, voire presque nul. Ce n'était pas la raison qui me forçait à douter de mon collègue, ses prouesses acrobatiques et sa capacité à persuader si ridiculement quelqu'un étaient des raisons bien plus valables, sans parler de l'étrange attirance plus que soudaine que j'avais éprouvé pour lui. Encore en ce moment, j'arrivais à sentir que j'avais cette envie de me rapprocher de lui, désir qui était bien moins palpable que plus tôt et qui n'était pas de mise dans la situation où l'on se trouvait à ce moment-là. Ce n'était vraiment pas mon genre et bien que j'avais cette tendance à trouver quelques hommes attirants, jamais je n'avais osé m'approcher autant de l'un d'entre eux, encore moins Talfryn que je considérais de plus en plus comme un ami. Nos longues séances de travail ensemble m'avaient permis de le découvrir d'avantage, ne m'y intéressé plus que je ne m'étais sérieusement intéressé à quelqu'un. Nous avions même développé cette petit complicité qui faisait qu'on n'avait pas toujours à tout se dire, nous étions parfois capables de comprendre ce que l'autre pensait.
Aujourd'hui, tout cela avait chamboulé. Il cachait quelque chose qu'il avait réussi à enfouir religieusement depuis notre rencontre.
Aujourd'hui, il m'avait vu dans un état que je m'étais efforcé d’atténuer lorsque j'avais parlé de tuer nos agresseurs.
Aujourd'hui, il était clair que la suite des choses nous rapprocherait davantage, ou ferait de nous des ennemis.
Ne restait qu'à savoir à quel point nous serions francs l'un envers l'autre.


- Certainement que le coup de tête était monumental! Sans parler de la facilité avec laquelle tu l'as convaincu d'ouvrir la porte. Oui il était débile, oui ça faisait une éternité qu'il était enfermé là, oui il était extrêmement épuisé, mais quand même... J'imagine que t'as touché une corde particulièrement sensible! Un vrai héro psychologue!

J'en mettais encore beaucoup dans cette fausse joie de l'idolâtrer. Je ne savais plus comment le prendre pour lui faire cracher le morceau. Il aurait été si facile de le battre jusqu'à ce qu'il avoue, mais je n'en avais pas envie pour une rare fois. J'avais ce sentiment qu'on pouvait se faire confiance et lui asséner des coups jusqu'à ce qu'il m'en dise plus ne me permettrait pas de le garder dans mon cercle de connaissances, du moins pas du côté positif de la chose. J'étais certain qu'en trouvant le moyen de rester seul avec lui assez longtemps, j'arriverais à lui faire cracher le morceau. Talfryn était un homme fort d'esprit, mais j'étais obstiné et si la complicité que j'éprouvais était réciproque, il finirait par se confier à moi, même si cela pouvait prendre plus qu'une soirée bien arrosée.

Je voulais la jouer léger, ne pas trop montrer que j'avais des doutes. Oui j'insistais énormément pour qu'il reste avec moi, mais il ne semblait pas trop se douter que je pouvais avoir des soupçons sur lui. En fait, il me semblait que quelque chose d'autre le pressait, comme s'il avait un couvre-feu. C'était complètement ridicule, il était un adulte. Oui il avait peut-être des obligations, mais pourquoi ne m'en parlait-il pas alors? Ses paroles ne faisaient vraiment aucun sens. Comment espérait-il que j'y crois? Oui il était 5h du matin, mais s'il pouvait appeler son frère, c'est que son frère pouvait l'appeler aussi en se réveillant s'il s'inquiétait. Quelle était donc cette raison qui le poussait à refuser mon offre si nerveusement?


- Talfryn voyons, t'as un cellulaire. Si ton frère voit que t'es pas là en se réveillant et qu'il s'inquiète, il va certainement t'appeler. ET ne va pas me sortir une excuse bidon du genre ''il ne connait pas mon numéro'' ou ''mon frère est trop jeune pour m'appeler, il ne sait pas comment''. D'ailleurs, c'est étonnant qu'après tout ce temps tu ne m'en aies jamais parlé. Il a l'air si important pour toi.

Avait-il vraiment un frère? Ce n'était pas là la question. Qu'il en ait un ou pas, ce n'était pas la raison qui le poussait à vouloir partir.

- Je vois bien que ce n'est pas ton frère qui te pousse à vouloir partir. Donnes-moi un indice au moins.

Et boum! Un vampire!
Je gardai longtemps un air sérieux, essayant de m'imaginer que cela puisse être vrai. Un vampire? Talfryn? Vraiment?
Non, tout simplement non. Il n'avait absolument rien d'un vampire, mis à part peut-être la couleur de la peau. Et puis, on avait déjà travaillé ensemble de jour, plusieurs fois, au gros soleil et... assez les raisons, il n'était tout simplement pas un vampire. D'ailleurs, pourquoi m'aurait-il tout vidé son sac d'un seul coup sans retenue s'il tenait si fortement la seconde d'avant à tout cacher. Je me rapprochai de lui, sans m'en rendre compte quelque chose m'attira encore plus vers lui, un peu comme plus tôt, jusqu'à le reculer contre le mur. Le fait de me retrouver si près de lui éveillait cette endorphine qui sommeillait à peine la minute d'avant et faisait que j'avais vraiment, mais VRAIMENT envie de savoir tout de lui. Je ne savais pas ce qu'il dégageait, mais c'était attirant et obsessif, comme une drogue très forte. Les bras de chaque coté de ses épaules, les mains contre le mur, mon regard se promena de haut en bas de mon collègue jusqu'à s'arrêter droit dans ses yeux. Le ton que j'employa à ce moment était à la fois mielleux, insistant, légèrement menaçant et surtout plein de désir.


- J'ai pas l'air assez appétissant pour toi? *rigolement* T'es surtout très mauvais menteur mon cher Talfryn. Je croyais qu'on était des potes, tu peux me faire confiance. Dis-moi la vérité, pas obligé de tout dire, donne moi seulement une bonne vraie raison de te laisser partir et je vais arrêter d'insister.

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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Mar 4 Oct - 17:17

Dans un monde idéal, j'aurais prévu un argumentaire béton dans le cas où une personne insisterait autant que Misha pour rester avec moi jusqu'à l'aube. Je n'ai pas écarté cette possibilité, mais j'ai toujours une confiance idiote en ma capacité d'improvisation, même si elle se révèle souvent assez mauvaise. Alors, une fois de plus, je me maudis. Je pense à ce que dirait mon père, qui a toujours dix bonnes excuses d'avances, en me voyant m'embourber dans des explications qui ne tiennent pas la route. Parfois, y aller au culot fonctionne. Beaucoup de gens ne veulent pas vraiment savoir la vérité. Ils prennent l'explication qu'on leur tend et s'en satisfont si on le dit avec suffisamment de conviction et en passant rapidement à un autre sujet. Mais mon collègue est tenace. J'entends bien dans son discours exagérément admiratif qu'il a relevé toutes sortes d'anomalies. Impossible de passer à côté de l'ironie de ses exclamations, et je ne trouve rien de mieux à faire que rire bêtement en l'approuvant. Je tente la fausse modestie. Personne n'y croit. J'ai l'espoir que l'absence de réplique le découragera. Sauf que ça ne justifie toujours pas mon empressement à vouloir partir. Maintenant que j'ai lancé ma connerie, je vois un tas d'autres possibilités plus crédibles qu'une curieuse histoire avec un frère trop protecteur. Les faunes ont rarement l'utilité de mentir, et je dois mener des stratégies qui ne me sont pas habituelles. Un instant, je pense à mon frère Macsen qui ne se serait même pas embarrassé d'une explication. Il aurait regardé tranquillement Misha, avec son sourire sympathique mais arrogant, et se serait contenté d'un ferme « La soirée est juste terminée pour moi. » J'aurais pu inventer quelque chose de plus grave, prétendre que je devais veiller sur une personne très malade, ou n'importe quoi qui justifie que je doive réellement rentrer. Mais non, j'avais voulu prendre mon interlocuteur pour plus idiot qu'il ne l'était et je me retrouvais bien coincé.

– Oui il est important mais… C'est embarrassant d'en parler tu vois parce qu'il est un peu fou et c'est difficile à expliquer, mais si je dois rentrer c'est…

Mais qu'est-ce que je raconte ? Si Misha ne m'avait pas interrompu, je me serais mis à inventer une maladie mentale à mon père. Pourquoi est-ce que je fais ça ? Admettons que mon collègue accepte cette ultime explication pour valider mon excuse, il fera sans doute une recherche sur Merwyn Caerwyn, et risquera de propager le fait qu'un des bras droits de la mairesse a de graves délires psychotiques, ou paranoïaque, ou je ne sais quoi d'autre qui aurait pu le rendre assez délirant pour que je craigne de le contrarier. Je ne sais pas très bien de quelle manière mon père réagirait à la nouvelle. Au mieux, il me lancera un regard plein de désespoir, et je vous assure que vous n'avez pas envie d'être regardé de cette manière par cet homme. Enfin, je préfère abandonner purement ma première idée, et assumer quelque chose d'encore plus invraisemblable. Misha se montre sceptique quand je lui annonce que je suis un vampire, mais ça ne le fait pas rire. Il a l'air de considérer sérieusement la possibilité, ce qui confirmerait donc sa connaissance d'un monde surnaturel, et peut-être même son appartenance à celui-ci. Ou alors, il est juste assez fatigué pour être plus sensible à ma nature magique et se laisser hypnotiser car il se rapproche de moi et me force à reculer contre le mur. Je n'ai pas eu de relation sexuelle depuis trois jours, chose qui paraîtrait largement raisonnable pour un humain, mais qui est assez énorme pour moi. Je n'ai donc pas la moindre envie d'être approché de si près. Plus je sens son corps, et plus il devient difficile de me concentrer sur autre chose. Même si Misha me traite de menteur, je ne sais plus à quel point il joue encore avec moi. Il me parle d'amitié, de confiance, et c'est vrai que ce serait dommage qu'une de mes rares amitiés à New-York se termine par de la méfiance mutuelle. En même temps, c'est un peu mal parti vu comment les choses se présentent non ?

– En ce moment même, tu n'as pas un comportement normal, dis-je en essayant de rester le plus calme possible tandis que mon pouls s'accélère. C'est ma faute, c'est l'effet que je fais aux gens et je n'y peux rien. Maintenant, si tu ne me laisses pas partir tout de suite, c'est toi qui va te retrouver plaquer contre ce mur et… je ne pense pas que notre amitié doive évoluer si vite…

Ou j'aurais aussi pu le pousser et me sauver en courant. Mais sur le moment, ça m'a semblé une solution un peu trop brutale. J'ai du mal à avoir une prise de position trop radicale, ça me semble assez cruel. Vous direz qu'il est encore plus cruel de laisser à une personne le choix de décision quand elle est à moitié manipulée par des forces qui la dépassent mais je me sens quand même un peu moins impliqué, même assez honnête dans la démarche. Je préviens. Je préviens et le faune en moi n'en a doucement plus grand-chose à faire et se retrouve comme transi face à une proie offerte potentielle. Je n'ai vraiment pas la force de bouger. Ma partie raisonnable veut qu'il parte, et l'autre, la bête, s'en fiche assez. Je me prends une fois de plus pour une victime des événements, tout en m'intimant sans effet à partir. Il faudrait pourtant bien que selon mes vagues prévisions, Misha me trouve ambigu d'une manière assez gênante pour ne pas vouloir continuer. Bon après, quand je disais que je craignais de perdre son amitié en le poussant, je ne suis pas certain que donner l'impression que je suis un tombeur auquel il ne pourra pas résister soit non plus la meilleure des solutions pour poursuivre une saine relation entre collègues.

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Dernière édition par Talfryn Caerwyn le Mar 3 Jan - 17:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Dim 20 Nov - 23:14

J'avais l'habitude d'être borné, depuis mon enfance, j'avais toujours insisté jusqu'à obtenir ce que je voulais. Je savais habituellement me montrer patient dans mes démarches puisque je savais très bien qu'on ne pouvait tout avoir immédiatement. Pourtant, avec Talfryn aujourd'hui, c'était complètement différent et je sentais que quelque chose d'anormal me poussait à obtenir ce que je cherchais maintenant. Je ne lâcherais pas tant que je ne saurais pas tout et la simple idée de partir sans être satisfait m'enrageait. Peu importe ce qu'il essayait de me cacher, peu importe que ce soit important ou pas, peu importe que cela change la moindre chose dans ma vie, ma proie n'était actuellement pas satisfaisante avec ce qu'elle me disait et comment elle agissait. J'avais l'impression d'être un enfant à qui on refuse un bonbon parce qu'il est trop gourmand et qu'il ne sera jamais comblé. Comment était-ce possible? Comment mon collègue pouvait-il avoir cette emprise sur moi? Je n'avais jamais ressenti cela et pourtant, je ne sentais pas que c'était un coup de foudre soudain ni une amitié surdimensionnée. Oui c'était mon ami, du moins pour l'instant, mais il y avait quand même une limite à ce que je perde le contrôle de moi-même. En fait, Talfryn était actuellement une faiblesse important, ce que je m'efforçais de ne pas avoir chaque jour de ma vie. Avec mes plans, mes idées, ma réputation qui se bâtissait peu à peu et ce que je voulais accomplir, il m'était impossible d'avoir de faiblesses apparentes. S'il s'avérait que mon collègue puisse être une faiblesse permanente, je n'hésiterais pas à le tuer. Je refusais de me l'admettre, mais c'était aussi la principale raison pour laquelle je voulais tuer mes parents, ma mère en particulier. Je m'étais fait à l'idée que c'était parce qu'elle m'avait si maltraité toute ma vie, mais il ne s'agissait que d'une façade. Quelque part au fond de moi, bien caché dans mes entrailles, j'avais ce sentiment de lien parental qui m'attachait à elle, qui faisait que je tenais à elle. Si quelqu'un devait lui faire du mal, c'était moi uniquement. Je m'étais étonné à plusieurs reprises d'en vouloir à Zeus de lui avoir fait de la peine. La tuer était donc la solution idéale pour m'assurer que personne ne l'utilise contre moi, bien qu'elle savait très bien comment m'utiliser elle-même.

Même sous son charme, Talfryn n'arrivait pas à me rendre idiot, bien que je l'étais déjà un peu sans lui. Non, je dirais plutôt ignorant. Tant de choses m'échappaient, du fait que je n'avais pu grandir avec les autres dieux et que j'étais atterri dans un monde qui m'était complètement inconnu peu après ma libération. Mon frère m'avait appris un peu, des quelques heures trop peu nombreuses qu'on avait pu passer ensemble par semaine et ma mère qui avait quand même réussi à m'éduquer un minimum, surtout pour ce qui est de m'apprendre à parler. Heureusement pour moi, j'avais un grand esprit de débrouillardise et d'adaptation, mais il y avait encore tant que je ne savais pas. Mon boulot s'en retrouvait parfois beaucoup plus ardu, mais je ne paraissait que pour quelqu'un qui avait manqué un peu d'éducation, comme on en voit trop souvent parmi les humains. Je ne comprenais pas qu'avec l'accessibilité à l'éducation que ces humains aient qu'il puisse y avoir tant de personnes ne sachant lire, écrire, ou même comprendre. Bien sûr il y avait des handicapés parmi ceux-ci, qui étaient excusés de ces reproches, mais pour tous les autres. Je m'enrageait régulièrement lorsque je voyais ces personnes, avec toutes les aptitudes requises, manquer leur éducation et par le fait même, leur vie. Comment les humains pouvaient-ils être si ignorants? Qu'aurais-je donné pour pouvoir être éduqué parmi les dieux ou même les humains. Je songeais régulièrement à prendre des cours à l'école, mais à mon âge, celle apparente du moins, c'était l'université qui m'attendais et je n'étais malheureusement pas apte à commencer à un tel niveau. Que m'apporterait-il d'aller étudier si cela ne m'apporterait que de la détresse de voir que je suis incapable d'écrire une phrase sans faire de fautes, que je suis incapable d'écouter quelqu'un parler d'histoire alors que je n'ai même pas la base? Ma situation me désolait mais je ne resterais pas éternellement les bras croisés à regarder le temps filer sous mes doigts.

Pour en revenir à notre situation actuelle, Talfryn avait osé parler du monde magique et un certain silence douteux s'en était suivi. Un vampire, je n'y croyais pas, mais son appartenance au monde surnaturel, oui. J'avais tenté de déceler une faille dans son regard alors que j'en montrai moi-même une en ne trouvant pas sa remarque très amusante. Si vraiment il n'était pas humain, il aurait sans doute des soupçons sur moi aussi à ce moment-même et cela ne devrait que rendre les choses plus faciles. Après tout, il est beaucoup plus facile de s'avouer non-humain à quelqu'un qui ne l'est pas non plus, mais le risque de se dévoiler à un ennemi potentiel était aussi très grand. Je n'avais pas peur de cela, très peu d'ennemis avaient réussi à me survivre. Le seul auquel je pouvais penser actuellement était celui qui avait osé me piéger et m'enfermer dans les enfers, mais je remédiais peu à peu à la situation. Aussitôt que j'arriverais à retrouver Kyle, ce qui ne s'était pas avéré si facile jusqu'à maintenant, j'aurais la localisation de mon ennemi et quelqu'un pour m'y conduire.

Je remarquai que mon collègue n'apprécia guère se retrouver contre le mur, ou peut-être était-ce mon attitude qui le dérangeait. Peu importe, en ce moment, avec cette attirance et cet hypnose que Talfryn avait sur moi, je m'en foutais éperdument. Quand il me dit que je n'avais pas une attitude normale, cela réveilla une certaine conscience en moi qui me remis un peu sur terre, dressant une barrière légère entre ce que le faune provoquait chez moi et mon inconscient. Il avait bien raison, je n'étais pas dans tous mes moyens, mais à quelque part, je m'en fichais aussi. Mais qu'est-ce qu'il dégageait pour me rendre si inapte à garder le contrôle? J'avais toujours la même position, les bras de chaque côté de ses épaules pour le retenir contre le mur, mais mes muscles s'étaient légèrement relâchés alors que je reprenais un minimum de conscience. ''C'est ma faute, c'est l'effet que je fais aux gens et je n'y peux rien.'' et le déclic se fit d'un coup. Ma conscience repris enfin sa place et dès qu'il me parla de la lâcher, je me reculai pour ne plus le retenir. Le regard accusateur, je le dévisageai alors qu'une crainte s'installait en moi qu'il puisse user de ses aptitudes contre moi à nouveau.


- Mais qu'est-ce que t'es bon sang!?

Il avait beau tenté de me mentir à nouveau, j'étais persuadé de son appartenance au monde magique. J'avais déjà ressenti une sensation semblable lorsqu'une démone avait usé de son pouvoir de charme contre moi. Ça avait été beaucoup plus spontané et intense, même que je n'avais pas réussi à me contrôler aucunement, mais c'était semblable, trop pour que Talfryn puisse maintenant me cacher qu'il possédait des facultés surnaturelles. J'espérais seulement qu'il n'était pas un démon, ce serait plutôt dommage de devoir tuer mon seul ami.

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MessageSujet: Re: Prise d'otages domestique [Misha] Mar 3 Jan - 18:53

Le coup de l'intimidation sexuelle n'avait pas mieux fonctionné que celui du vampire. Je ne comprends pas. Misha aurait au moins pu se montrer perturbé, se sentir mal à l'aise ; ce n'est pas tous les jours qu'un collègue vous menace de vous prendre en levrette au milieu de la rue je crois. Ça aurait pu lui sembler assez incongru pour le réveiller. Normalement, quand une personne de sexe masculin vous ennuyait et se rapprochait trop de vous, la réaction la plus logique était d'utiliser les poings, pas de lui sauter dessus pour lui faire comprendre qu'il n'avait vraiment pas intérêt à trop se frotter à vous. Au final, je me sentais presque le plus gêné des deux. Je savais que je ne devais pas céder à mes pulsions, même si Misha en exprimait l'envie. Qui disait ce qu'il en penserait une fois qu'il reprendrait sa conscience ? Il aurait suffisamment de doutes pour se douter qu'une force magique le manipulait ou, dans une vision plus humaine, imaginer que je lui avais fait prendre de la drogue. Dans tous les cas, à moins qu'il trouve réellement crédible d'avoir eu envie de moi au point de se lâcher comme un fauve en rut juste après son service, j'allais avoir des problèmes. Et je devais garder ça bien en tête malgré sa proximité, ne surtout pas céder à la pulsion, au frôlement de trop qui nous ferait renoncer à tout contrôle d'un même élan. Je sentais que mon collègue avait conscience de lutter. Son regard vacillait, un coup perçant et déterminé, l'autre vitreux, chargé de désir. Et celui-là commençait à dominer tandis que son corps était prêt à se coller contre le mien. Je retins mon souffle en essayant de m'enfoncer dans les briques. Je m'écrasais à m'en faire mal aux vertèbres car je savais qu'à notre stade, une rebuffade n'améliorerait rien, au contraire. Je ruerais pour m'enfuir et finirais plus probablement dans ses bras, à lutter pour savoir qui dominerait l'autre et apaiser la brûlure qui rongeait mes entrailles. Vivre au contact des humains, ne pas pouvoir assouvir ses pulsions à l'instant où elles apparaissaient, était une souffrance constante. Je me répétais qu'elle en valait la peine, et mon corps finissait toujours par me broyer pour me faire sentir que je n'étais pas fait pour ça.

Mon regard devenait fou, je savais qu'il avait dans ces moments quelque chose de l'animal nerveux et prêt à charger. Mais, soudain, le regard de Misha se durcit, son emprise se relâcha. Mes paroles avaient fini par faire leur chemin dans sa conscience embrumée, il avait saisi le danger et semblait même prêt à m'en vouloir. Qu'est-ce que j'étais ? Là, pas de doute, il connaissait bien le monde magique, il ne me voyait plus comme un être humain, et il ne croyait absolument pas à mon histoire de vampire. Le dernier point était quand même ennuyeux. Si je l'avais joué plus finalement, une nature de buveur de sang aurait exclu mon père de cette particularité. Maintenant, je risquais de dévoiler qu'il était aussi un faune, même si ce n'était pas exact. Bon, je pouvais aussi l'être à moitié. Il n'était pas obligé de connaître précisément cette espèce. Et sinon, qu'est-ce que je pouvais être ? Je n'arrivais plus à réfléchir correctement. Un regard plus appuyé vers Misha me confirma aussi que je risquais vraiment de l'énerver si je lui sortais un autre mensonge peu crédible. En levant un peu la tête, je constatais que le ciel devenait vraiment très clair et ma peau très pâle la nuit commençait à prendre une tête dorée. Mes yeux devaient, de la même manière, prendre des tons plus ambrés, qui n'avaient rien d'humain.

– Je ne suis qu'un être des forêts, l'enfant d'une dryade. Je peux influencer le comportement des animaux, comme le chat de tout à l'heure, et aussi celui des hommes en réveillant leur nature la plus primale. C'est une chose que je contrôle assez bien, je suis depuis un an dans la police et je ne tiens réellement pas à ce que les choses se passent mal. – Puis, je me laisse emballer en devenant presque suppliant : – Écoute, je veux vraiment m'intégrer, je veux aider. Je ne suis pas là pour nuire. Mais la nuit rend mon influence plus faible. Tu vois, je suis un peu comme une plante et si je ne peux pas rentrer bientôt, on me verra sous ma véritable apparence. On verra les cornes que j'ai utilisées pour frapper le sale type, puis des sabots à la place de mes pieds. Ça m'ennuie beaucoup de ne pas pouvoir passer plus de temps avec toi, ça m'aurait vraiment fait très plaisir, mais je ne suis pas libre d'agir au gré de mes envies ici. Mais on peut se voir un autre soir, si tu es toujours prêt à me voir autour d'un verre, ce sera volontiers ! C'est promis, d'accord ?

Je dis ça tout en essayant de m'écarter en glissant sur le côté. Je ne sais pas ce qu'est Misha mais je ne tiens pas forcément à assouvir la curiosité maintenant, j'ai d'autres soucis. Et puis, tout ce que je viens de lui déballer me donne le cœur lourd aussi. Si j'avais été humain, on serait juste à boire des coups et rire tandis que les gens se réveillaient peu à peu pour aller travailler. Ça aurait pu être très amusant comme décalage, de les voir le nez dans un cafés, les yeux bouffis de fatigue, pendant qu'on terminait notre « nuit » en trinquant joyeusement. J'aurais pu me faire un ami. Mais non, je devais rester éternellement dans le contrôle. Le fait d'être démasqué me faisait soudain perdre la bonne humeur que je m'efforçais de tenir chaque jour, me ramenait à une année de contrôle pour quoi au final ? Avoir le droit d'évoluer parmi des créatures que je devais me contenter de regarder vivre, auxquelles je ne me mêlais jamais vraiment ? Mon père m'avait prévenu que ma curiosité ne suffirait pas à me rendre heureux ici, je m'étais entêté et j'avais, au fond, trop de fierté pour le reconnaître, trop d'espérances pour supporter l'idée d'un échec complet. Seulement, en cet instant, j'avais l'impression désagréable d'une belle illusion qui s'effondrait sans rien pour la rattraper.

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