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Artifices et captivité [Holmes]

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Brillant héritier Crowley
avatarJim V. Crowley


Messages : 254
Date d'inscription : 31/10/2013
Emploi/loisirs : Étudiant à l'Université de New York, stagiaire chez Crowley Industries


Feuille de personnage
Phobie: Faire honte à sa famille.
Ambition secrète: Arriver à s'intéresser réellement au monde des affaires ou que sa famille donne de l'importance à quelque chose qu'il aime.

MessageSujet: Artifices et captivité [Holmes] Mar 9 Fév - 21:23

Jim n'aimait pas spécialement les évènements mondains, mais il préférait de loin ceux regroupant des gens de bonne classe sociale à ceux qui étaient ouverts à tous. Les grands bals organisés par la mairie lui déplaisaient particulièrement. Comme il était obligé d'y aller pour bien paraître, il devait se polluer l'ouïe avec la musique de mauvais goût qu'on y jouait et entretenir les plus insipides conversations avec des gens inintéressants qui, souvent, n'étaient même pas du domaine des affaires. Heureusement, il arrivait qu'une valse passe et, avec la bonne partenaire, un court moment agréable pouvait venir rehausser la qualité de sa soirée. Jim n'étais pas passionné de danse, mais il aimait exprimer sa maîtrise dans un domaine ou un autre. Il appréciait le talent et la pratique de Kayla dans cette discipline, d'ailleurs. Elle était une partenaire parfaite.

Ce soir, justement, Jim aurait apprécié que sa future fiancée soit présente, mais une rencontre importante à l'université la retenait. Ces derniers mois, les deux Felidae avaient appris à se connaître davantage et le jeune homme avait découvert en Kayla des qualités pour lesquelles il avait une grande estime. Il comprenait et appréciait désormais mieux les plans de ses parents. Toutefois, tant que l'union n'était pas publiquement et officiellement annoncée, sa finalité n'était pas certaine. Jim savait que son père avait des contacts d'origine mexicaine et que, parmi ceux-ci, il y avait une jeune femme célibataire. On lui avait présenté toute la famille et des soirées officielles avaient eu lieu en leur présence dans les dernières semaines. Les Crowley hésitaient-ils sur l'alliance qu'ils voulaient former? Était-ce pourquoi Kayla et lui n'avaient pas été promis l'un à l'autre?

Jim observait souvent ses parents et essayait le plus possible de surprendre une conversation à son sujet, mais il n'avait toujours rien entendu à propos de son avenir. Il faisait confiance à ses aînés pour choisir la meilleure stratégie pour son avenir, mais il aurait préféré faire partie des joueurs plutôt que des pions. Même s'il s'était attaché à Kayla, épouser une autre femme qu'elle ne lui briserait pas le coeur. Il n'était pas amoureux d'elle t il traitait chaque aspect de sa vie avec la logique la plus froide possible. La belle Mexicaine débordait d'excellentes qualités, elle aussi. Elle s'était révélée plus acide que la jolie blonde, mais ce défaut pouvait être une arme lorsqu'on côtoyait beaucoup de Felidae.

Le jeune Crowley était arrivé par lui-même, sans ses parents, lesquels avaient fait leur entrée un peu plus tôt. Il souhaitait ainsi être remarqué individuellement par les gens présents à la soirée, malgré le stress supplémentaire que cela lui causait. Ce n'était qu'un détail, mais toute victoire résidait dans les plus minuscules attentions. Jim avait donc pris sa voiture pour se rendre au bar très chic choisi pour l'évènement. Il y était resté plus longtemps que nécessaire après l'avoir immobilisée dans le stationnement souterrain le plus proche du bar. Il avait mis quelques minutes à se motiver à aller affronter la foule avant d'arriver à quitter son siège. Les deux calmants qu'il avait volés à sa mère se montraient d'un réel réconfort. Il avait attendu son arrivée au stationnement pour les prendre, préférant éviter tout effet sur sa concentration au volant. Cependant, son esprit absorbé par les dizaines de scénarios possibles pour cette soirée lui avait fait oublier de tourner à un embranchement et chercher son porte-feuille dans la mauvaise poche de son veston au moment de payer la place pour la voiture.

Jim avait à peine eu le temps de saluer quelques personnes que sa mère était venue lui souhaiter la bienvenue avec un verre. Il fallait bien montrer qu'aucune dispute n'avait causé l'arrivée en solitaire du jeune homme. Mme Crowley ne s'éternisa pas et retourna auprès de ses associés favoris pendant que M. Crowley riait aux blagues, certainement bien mauvaises, d'un banquier, un peu plus loin.

Ce soir, les Velasquez étaient présents en bonne partie. Dario et Nadia, celle avec qui Jim soupçonnait qu'on pouvait vouloir le lier, semblaient particulièrement à l'aise parmi les gens d'affaires américains. En allant les saluer, Jim nota silencieusement le bon goût de leurs vêtements. Il s'était bien informé à leur sujet et avait pu constater qu'ici comme au Mexique, ils rayonnaient de succès.

Le jeune Crowley allait d'un petit groupe à un autre en feignant une aise qu'il ne ressentait pas, s'agrippant à son verre en se concentrant pour éviter de le porter à ses lèvres. Il était toujours prudent, désormais, lorsqu'il consommait des calmants. Rien ne lui faisait moins envie que se ridiculiser à ce type de soirée.

Il y avait déjà plus de deux bonnes heures que Jim promenait son verre plein d'une conversation à une autre lorsqu'il remarqua Frederik. Il acheva de discuter avec le fils de la propriétaire d'une chaîne de restaurants et se dirigea vers l'autre jeune homme.


-Holmes. Te voilà beaucoup plus chic que lors de nos rencontres. Jolie cravate.

Le petit sourire qui avait accompagné la remarque désamorçait l'allusion au style habituellement beaucoup plus simple de Frederik. Jim ne venait pas vers lui pour jouer avec sa patience comme il s'amusait parfois encore à le faire, mais parce qu'une conversation avec une personne qu'il côtoyait régulièrement promettait de le détendre un peu.

-Tu passes une belle soirée?
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avatarFrederik Holmes


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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Lun 19 Sep - 10:30

Dans notre société moderne, certaines personnes parlaient souvent d'à quel point les générations plus jeunes avaient une dépendance à la technologie. Bien sûr les gens se promenaient maintenant la tête baissée, le nez sur leurs téléphones, mais ils ne sont pas tous seulement entrain de jouer à des jeux débilitants. Combien envoyaient des courriels pour le travail, se confiaient à leurs amis ou gardaient contact avec un proche à l'extérieur? Les cellulaires n'étaient pas nocifs pour les jeunes. Et ceux qui disaient que les gens ne faisaient plus attention aux choses autour d'eux, parce qu'ils étaient toujours sur leurs téléphones intelligents, généralisaient. Frederik le voyait plus comme une habitude, une accoutumance à des produits. Il ne se trouvait pas déplacé ou maladif avec son téléphone, parce qu'il avait un savoir-vivre et pouvait reconnaître quand ce n'était pas adéquat d'être absorbé par la technologie. Les cellulaires ce n'était pas pire que les machines à laver, en frais de progrès. Tous deux rendaient la vie plus facile. Fred avait constamment son cellulaire sur lui et passait ses temps libres à naviguer sur Internet ou sur les réseaux sociaux. Les téléphones intelligents et les ordinateurs avaient ouverts une porte sur le monde, permettant d'être en contact avec tout le monde, tout le temps, n'importe où sur la planète. On finissait donc par s'habituer à une telle facilité de contact et d'informations. Sans être une dépendance, c'était un produit essentiel du quotidien.

Nous pouvions clairement s'en rendre compte quand nous en étions privés. Quand il y avait une rupture du service Internet, à cause d'une panne ou d'un bris technique, on tournaient en rond dans l'appartement, tel un lion en cage, cherchant un peu quoi faire. Ou encore, comme en ce moment, tandis que le cellulaire du jeune Holmes manquait de piles. Le réflexe d'ouvrir notre navigateur web pour lire les nouvelles du monde ou fouiner dans la vie des gens sur les réseaux sociaux, pour se donner l'air occupé en public devait être remplacé par les bonnes vieilles méthodes d'évitement: rester en retrait des gens le plus possible, se cacher derrière une poutre si nécessaire, aller au buffet ou au bar et y passer beaucoup trop de temps à choisir, bref, passer inaperçu et agir en espion-ninja, encore mieux que James Bond.

En temps normal, après avoir été salué tous les gens nécessaires pour faire bonne figure, Frederik aurait envoyé des textos à Cameron pour passer le temps dans cette soirée plutôt barbante. Cependant, comme son cellulaire était hors service, il ne pouvait pas le faire. Et ça le rendait un peu triste de ne pas pouvoir parler à son ami. Il s'enfilait des verres de champagne chaque fois qu'un serveur passait près de lui, plutôt. Comme cela faisait près de deux heures trente qu'il était là, il n'en était pas à son premier verre.

Depuis le retour de Kyle dans la vie de Cameron, les choses avaient été chamboulées. Kyle avait eu l'effet d'une bombe dans la routine de Fred, qui avait eu du mal à s'y faire. Pas qu'il avait eu du mal à changer ses habitudes, mais il n'avait pas aimé être mis au second rang. Il comprenait qu'il n'était pas de taille contre cet ami de tous les temps qui revenait d'entre les morts, mais il croyait qu'avec tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, Cameron et lui, avec la transformation vampirique, leur lien était plus fort. Si, au départ, Cami passait le plus clair de son temps avec Kyle, sans jamais couper les ponts complètement avec Fred; ils s'envoyaient des textos fréquemment et se voyait une fois par semaine, Cami était maintenant plus disponible pour Frederik et ils s'étaient rapprochés, sur plusieurs plans. Et Frederik en était ravi. Ils avaient eu plusieurs sorties, plusieurs soirées passées à se confier et discuter et quelques relations sexuelles aussi. Frederik ne savait pas trop ce qu'ils étaient, mais pour l'instant cette relation lui convenait. Et donc, il aurait aimé pouvoir discuter avec Cami, pour se donner une contenance et passer le temps. Malheureusement, sans cellulaire fonctionnel, c'était impossible pour lui de le faire.

Il s'apprêtait à aller aux toilettes même s'il n'avait pas envie, quand il tomba face à face avec Jim.


-Holmes. Te voilà beaucoup plus chic que lors de nos rencontres. Jolie cravate.

-Jimbo! Content de te voir! Merci pour la cravate, c'était juste un vieux truc que je n'avais encore jamais mis, mais toi, serait-ce encore un nouveau smoking?


Frederik eut conscience d'une certaine agitation dans l'entrée du bar, mais n'y porta pas attention. Fred flatta rapidement le début du col du veston de Jim, à la hauteur de sa poitrine, pour toucher le matériel.

-Tu passes une bonne soirée ?

-Bofff, très ordinaire, mais je suis content d'enfin voir un visage sympathique! Et toi, tu t'amuses?


La musique cessa, les néons s'allumèrent et on entendit des éclats de voix. Il y avait aussi un mouvement dans la foule et des reflets de lampes de poche qui partaient en tous sens.

-Police! Sortez vos papiers!

Frederik n'avait pas amené son porte-feuille, il ne voulait pas être encombré. Il n'avait donc qu'une carte de crédit et son cellulaire déchargé sur lui. Les policiers s'approchaient de plus en plus, mais il y avait encore espoir de ne pas se faire embarquer.

-J'ai laissé mon porte-feuille chez moi, viens avec moi on va essayer de sortir par derrière. Vite avant qu'ils n'arrivent!

Et il agrippa Jim par le bras pour qu'il le suive. Tout en se dirigeant vers le fond du bar, il espéra seulement qu'aucun agent de la paix ne les interceptent...

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Brillant héritier Crowley
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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Mer 30 Nov - 21:12

Jim était un jeune homme apparemment froid et sérieux. Il faisait de son mieux pour s'attirer le respect des autres Felidae ainsi que des associés de l'entreprise familiale et, à sa grande satisfaction, il y arrivait assez bien. Les efforts que lui coûtaient les discussions forcées et les sourires mécaniques lancés à ces gens avec qui il avait l'impression de n'avoir rien en commun passaient presque inaperçus maintenant qu'il était adulte. On avait commencé à avoir de hautes attentes envers lui dès son plus jeune âge et jamais Jim n'avait arrêté de faire de son mieux pour les combler. Une partie de lui était grisée par cette éternelle quête de perfection alors qu'une autre envisageait avec une profonde angoisse cette vie qui se dessinait de plus en plus clairement : une existence à reléguer ses intérêts personnels à un niveau inférieur à celui des ambitions professionnelles et vouée à rendre ses semblables fiers, un quotidien de stress mêlé à un profond ennui, des relations pour la plupart calculées ou éphémères... Même si le jeune homme appréciait la certitude d'avoir un avenir enviable et défini par la réussite, l'absence d'intensité et l'impression de ne pas faire ses propres choix lui pesaient, avec le temps, et c'était sans compter la peur permanente de faire quelque chose de travers.

Un peu plus jeune, Jim avait eu une franche tendance à porter de sévères jugements sur tout le monde, tendance qui n'avait pas totalement disparu à ce jour. Néanmoins, il savait maintenant à quel point on pouvait se tromper sur une personne et il essayait d'être plus clément dans sa manière de voir les autres, de leur donner la chance de prouver qu'ils dépassaient l'avis qu'il se faisait instinctivement d'eux, sans cependant abaisser sa garde. Désormais, il arrivait même à avoir des amis. Certes, il n'était proche que de quelques personnes et, à celles-ci, il ne disait pas tout, surtout pas ce qui l'angoissait profondément, mais c'était déjà plus que durant son adolescence alors qu'il ne s'intéressait qu'aux gens utiles à sa future carrière, et ce, de manière très superficielle. Encore aujourd'hui, il accordait une grande importance à sa solitude.

Frederik Holmes était l'une des rares personnes proches de Jim. En dehors de lui, le Felidae avait Melany et Kayla comme amies, et sa relation avec sa cousine était complexe. Enfants, ils avaient été plutôt proches, jusqu'à ce que Jim devienne trop sérieux et pris par sa vie de futur héritier Crowley pour perdre du temps avec les jeux d'enfants. Il avait ensuite passé beaucoup de temps à la juger sévèrement, décelant son potentiel et condamnant sa manière de ne pas s'en servir de la meilleure façon. Il lui semblait d'ailleurs qu'elle s'était améliorée sur ce point, dernièrement. Frederik, Melany et Kayla étaient les seules personnes avec qui Jim se détendait un peu. Sans s'ouvrir complètement, il devenait moins absorbé par comment on le percevait et laissait échapper quelques blagues et, parfois même, des opinions longuement réfléchies.


-Jimbo! Content de te voir! Merci pour la cravate, c'était juste un vieux truc que je n'avais encore jamais mis, mais toi, serait-ce encore un nouveau smoking?

-Jim...bo. Sérieusement, Frederik?


Il avait pris un air grandement ennuyé, même si le surnom ridicule était vaguement amusant. Il ne voulait pas encourager Frederik à l'utiliser. Jim fut légèrement décontenancé et recula légèrement la tête, sans le faire exprès, quand l'autre jeune homme toucha son veston. Il était toujours surpris quand on pénétrait sa bulle personnelle.

-Bofff, très ordinaire, mais je suis content d'enfin voir un visage sympathique! Et toi, tu t'amuses?

-Je suis transporté de plaisir.


Son air le plus neutre laissait comprendre facilement le sarcasme. Il allait ajouter un commentaire sur le   «sympathique» employé par Frederik quand les lumières du bar changèrent pour un éclairage blafard qui força Jim à fermer les yeux un instant.

-Police! Sortez vos papiers!

Jim observa les policiers qui vérifiaient les papiers de ceux qui ne semblaient pas assez âgés pour fréquenter un bar en se demandant à quel point il n'y avait rien à faire en ville pour effectuer une intervention policière aussi inutile. Il ne s'agissait même pas d'un bar fréquenté par les jeunes… Comme un agent se rapprochait, Jim amorça un mouvement vers son portefeuille pour prouver qu'il avait bien l'âge requis. Il fut arrêté par Frederik qui agrippa son bras.

-J'ai laissé mon porte-feuille chez moi, viens avec moi on va essayer de sortir par derrière. Vite avant qu'ils n'arrivent!

Le jeune homme arrondit les yeux. Mais quel inconscient! Venir dans un bar sans ses papiers… Jim songea qu'il n'avait pas à suivre Frederik. Il pouvait très bien rester sur place et montrer une carte d'identité. Néanmoins, il se laissa entraîner vers l'arrière du bar. Fuir par la ruelle avait quelque chose d'excitant, non? Pourtant il n'avait même pas bu.

Ils avaient presque atteint la porte lorsqu'un agent les intercepta.


-Je ne sais pas où vous allez, mais vous n'irez pas avant de m'avoir montré vos papiers.

Tant pis pour Frederik qui irait faire un tour au poste, alors! Jim ne put s'empêcher d'être un peu amusé à l'idée de voir son ami partir dans une voiture de police. Il avait même commencé à esquisser un sourire en glissant la main dans son veston. Son expression se figea alors qu'il atteignait un pan vide du vêtement. Il se souvint de s'être trompé de côté un peu plus tôt, au moment de payer pour le stationnement de sa voiture, et il fouilla l'autre côté de son veston. Rien. Jim eut l'impression qu'un glacier lui parcourait subitement la cage thoracique. Mais où était donc passé son portefeuille?

***

Le front contre les barreaux, Jim ne put s'empêcher de se faire la réflexion que coller son visage contre ceux-ci n'avait rien d'hygiénique. Bof, il était trop tard. Il reprit une posture à peu près droite en entendant des pas. Voilà qu'on ramenait à la cellule Frederik qui avait eu droit à son appel.

-Alors, tu as réussi à parler à quelqu'un?

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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Jeu 16 Fév - 21:08

Il y avait un dicton qui disait en partie qu'on ne choisissait pas notre famille. Frederik trouvait que c'était bien vrai, sinon il aurait choisi d'autres personnes comme parents. Il n'aurait pas choisi un homme aussi égoïste et violent comme père. Il n'aurait pas choisi une telle figure paternelle. Il aurait aussi voulu d'une mère s'affirmant plus, même s'il la trouvait forte d'endurer tout ça, il aurait aimé moins s'inquiéter pour elle. De plus, parlant de famille, il ne comprenait pas que des êtres venant de la même famille, des mêmes parents, s'étant fait transmettre les mêmes valeurs et avec la même éducation pouvaient être si différents, au final. Ça le dépassait. Il ne côtoyait pas souvent ses cousines, mais elles en étaient le parfait exemple. Ainsi, comment deux sœurs, avec seulement deux ans de différence d'âge pouvaient n'avoir rien en commun ? Comment l'une pouvait être si égoïste et compétitive pendant que l'autre était généreuse et pleine de compassion ? Comment l'une pouvait être si hypocrite alors que l'autre respirait l'honnêteté ? Comment l'une pouvait être restée proche des enseignements de leurs parents et l'autre s'en être tellement éloignée ? À quel moment s'étaient-elles autant détachées ? Frederik ne comprenait absolument pas ces concepts, même s'il les tournaient et retournaient dans tous les sens dans sa tête.

Si Frederik avait dû ne plus jamais voir sa famille, il ne croyait pas qu'ils lui manqueraient. De même, s'il avait pu changer de nom de famille, il l'aurait fait sans hésiter. Il n'avait aucune fierté d'être un Holmes. Il n'entretenait pas de sentiment d'appartenance. À part sa mère, qui n'était qu'une Holmes par alliance, il n'aspirait en rien à être comme les autres membres de sa famille. C'était tous une bande de coincés insipides et incolores, qui pourraient être des robots tellement ils étaient tous pareils. Chaque réunion de famille était toujours comme un concours ou plutôt comme un défilé de paons, seulement, aucun d'entre eux ne pouvait se détacher positivement du groupe. Fred s'était fait la réflexion dernièrement que chaque individu Holmes était comme quand certaines personnes achetaient le même chandail, avec la même coupe et le même logo, mais dans des couleurs différentes. Frederik aimait de loin mieux être tel qu'il était plutôt qu'une simple copie semblant sortie d'une usine.

Le jeune vampire revenait de faire son appel, sans succès. Sa mère n'avait pas de cellulaire - M. Holmes le lui interdisait - et elle était à son club de lecture chez les Clark de toute façon. Frederik avait donc essayer de rejoindre son père, mais ce dernier avait éteint son cellulaire, ce qui voulait dire qu'il devait avoir une réunion importante. Il lui avait laissé un message lui expliquant seulement qu'il était au poste de police et avait besoin que lui ou sa mère viennent le chercher. Fred revenait donc bredouille à la cellule et en était très déçu. De plus, la faim qu'il commençait à ressentir ne l'aidait pas à réguler ses émotions. Il espérait surtout réussir à tenir le coup jusqu'à la cellule. Rien pour améliorer son humeur, les policiers chargés de son déplacement l'avait malmené un peu en chemin. Rien de très grave, évidemment, mais juste assez pour gruger l'humeur du jeune Holmes. Et Frederik les avaient vus faire de même avec Jim aussi quand ça avait été son tour au téléphone. Le jeune vampire commençait donc à

perdre patience. Il se sentait à fleur de peau. En arrivant à la cellule, les officiers le pressèrent un peu trop fort contre les barreaux et commencèrent par serrer les menottes avant de les enlever des poignets de Frederik. Celui-ci avait envie de grogner de rage, mais il réussi à se contenir de justesse.


-Alors, tu as réussi à parler à quelqu'un ?

-Non!


Frederik avait parlé plus fort et plus sèchement que ce qu'il aurait voulu, puis, sans regarder Jim, il alla s'asseoir avec ses genoux sous le menton dans le coin le plus isolé de la cellule. Il fixait le sol devant lui, essayant de faire le vide dans sa tête. Il n'arrivait pas à se calmer. Il sentait la rage continuer de monter en lui. Il entendait trop clairement les rythmes cardiaques des autres prisonniers de la cellule et n'arrivait pas à penser à autre chose. Il pouvait dire avec précision que chacun des trois autres hommes avaient une blessure. L'un d'eux avait une plaie au-dessus de l'œil droit, un autre s'était coupé en se rasant et le dernier avait une égratignure sur la main gauche. Il pouvait le dire parce qu'il sentait le sang de ces blessures, aussi minimes pouvaient-elles être. En se concentrant, il pourrait peut-être même tenter de deviner leurs groupes sanguins. Mais il n'avait pas le loisir de s'amuser ainsi. Pas ici. C'était un environnement trop peu sécuritaire, il risquait trop de perdre le contrôle.

Frederik se mis le front contre les genoux, dans une ultime tentative de reprendre le contrôle. Il prit une grande inspiration et une forte odeur de sang lui effleura les narines. Paniquant les premières secondes, en sentant la faim plus forte, il se souvint alors qu'il avait encore sa poche de sang d'urgence, bien dissimulée dans un pli de sa chemise pour passer comme un excès de tissu lors de fouille à tâtons. Soulagé, il la sortit de sa cachette. Il garda la tête penchée et commença à boire doucement, à petites gorgées, pour être certain de ne pas faire de dégâts. À mesure qu'il sentait le sang couler dans sa gorge, il se sentait aller mieux, mais il sentait que la poche serait trop petite pour complètement le ramener. Il resterait assurément sur les nerfs...

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Artifices et captivité [Holmes]

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