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Artifices et captivité [Holmes]

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Serpentard bien élevé
avatarJim V. Crowley


Messages : 268
Date d'inscription : 31/10/2013
Emploi/loisirs : Étudiant à l'Université de New York, stagiaire chez Crowley Industries


Feuille de personnage
Phobie: Faire honte à sa famille.
Ambition secrète: Arriver à s'intéresser réellement au monde des affaires ou que sa famille donne de l'importance à quelque chose qu'il aime.

MessageSujet: Artifices et captivité [Holmes] Mar 9 Fév - 21:23

Jim n'aimait pas spécialement les évènements mondains, mais il préférait de loin ceux regroupant des gens de bonne classe sociale à ceux qui étaient ouverts à tous. Les grands bals organisés par la mairie lui déplaisaient particulièrement. Comme il était obligé d'y aller pour bien paraître, il devait se polluer l'ouïe avec la musique de mauvais goût qu'on y jouait et entretenir les plus insipides conversations avec des gens inintéressants qui, souvent, n'étaient même pas du domaine des affaires. Heureusement, il arrivait qu'une valse passe et, avec la bonne partenaire, un court moment agréable pouvait venir rehausser la qualité de sa soirée. Jim n'étais pas passionné de danse, mais il aimait exprimer sa maîtrise dans un domaine ou un autre. Il appréciait le talent et la pratique de Kayla dans cette discipline, d'ailleurs. Elle était une partenaire parfaite.

Ce soir, justement, Jim aurait apprécié que sa future fiancée soit présente, mais une rencontre importante à l'université la retenait. Ces derniers mois, les deux Felidae avaient appris à se connaître davantage et le jeune homme avait découvert en Kayla des qualités pour lesquelles il avait une grande estime. Il comprenait et appréciait désormais mieux les plans de ses parents. Toutefois, tant que l'union n'était pas publiquement et officiellement annoncée, sa finalité n'était pas certaine. Jim savait que son père avait des contacts d'origine mexicaine et que, parmi ceux-ci, il y avait une jeune femme célibataire. On lui avait présenté toute la famille et des soirées officielles avaient eu lieu en leur présence dans les dernières semaines. Les Crowley hésitaient-ils sur l'alliance qu'ils voulaient former? Était-ce pourquoi Kayla et lui n'avaient pas été promis l'un à l'autre?

Jim observait souvent ses parents et essayait le plus possible de surprendre une conversation à son sujet, mais il n'avait toujours rien entendu à propos de son avenir. Il faisait confiance à ses aînés pour choisir la meilleure stratégie pour son avenir, mais il aurait préféré faire partie des joueurs plutôt que des pions. Même s'il s'était attaché à Kayla, épouser une autre femme qu'elle ne lui briserait pas le coeur. Il n'était pas amoureux d'elle t il traitait chaque aspect de sa vie avec la logique la plus froide possible. La belle Mexicaine débordait d'excellentes qualités, elle aussi. Elle s'était révélée plus acide que la jolie blonde, mais ce défaut pouvait être une arme lorsqu'on côtoyait beaucoup de Felidae.

Le jeune Crowley était arrivé par lui-même, sans ses parents, lesquels avaient fait leur entrée un peu plus tôt. Il souhaitait ainsi être remarqué individuellement par les gens présents à la soirée, malgré le stress supplémentaire que cela lui causait. Ce n'était qu'un détail, mais toute victoire résidait dans les plus minuscules attentions. Jim avait donc pris sa voiture pour se rendre au bar très chic choisi pour l'évènement. Il y était resté plus longtemps que nécessaire après l'avoir immobilisée dans le stationnement souterrain le plus proche du bar. Il avait mis quelques minutes à se motiver à aller affronter la foule avant d'arriver à quitter son siège. Les deux calmants qu'il avait volés à sa mère se montraient d'un réel réconfort. Il avait attendu son arrivée au stationnement pour les prendre, préférant éviter tout effet sur sa concentration au volant. Cependant, son esprit absorbé par les dizaines de scénarios possibles pour cette soirée lui avait fait oublier de tourner à un embranchement et chercher son porte-feuille dans la mauvaise poche de son veston au moment de payer la place pour la voiture.

Jim avait à peine eu le temps de saluer quelques personnes que sa mère était venue lui souhaiter la bienvenue avec un verre. Il fallait bien montrer qu'aucune dispute n'avait causé l'arrivée en solitaire du jeune homme. Mme Crowley ne s'éternisa pas et retourna auprès de ses associés favoris pendant que M. Crowley riait aux blagues, certainement bien mauvaises, d'un banquier, un peu plus loin.

Ce soir, les Velasquez étaient présents en bonne partie. Dario et Nadia, celle avec qui Jim soupçonnait qu'on pouvait vouloir le lier, semblaient particulièrement à l'aise parmi les gens d'affaires américains. En allant les saluer, Jim nota silencieusement le bon goût de leurs vêtements. Il s'était bien informé à leur sujet et avait pu constater qu'ici comme au Mexique, ils rayonnaient de succès.

Le jeune Crowley allait d'un petit groupe à un autre en feignant une aise qu'il ne ressentait pas, s'agrippant à son verre en se concentrant pour éviter de le porter à ses lèvres. Il était toujours prudent, désormais, lorsqu'il consommait des calmants. Rien ne lui faisait moins envie que se ridiculiser à ce type de soirée.

Il y avait déjà plus de deux bonnes heures que Jim promenait son verre plein d'une conversation à une autre lorsqu'il remarqua Frederik. Il acheva de discuter avec le fils de la propriétaire d'une chaîne de restaurants et se dirigea vers l'autre jeune homme.


-Holmes. Te voilà beaucoup plus chic que lors de nos rencontres. Jolie cravate.

Le petit sourire qui avait accompagné la remarque désamorçait l'allusion au style habituellement beaucoup plus simple de Frederik. Jim ne venait pas vers lui pour jouer avec sa patience comme il s'amusait parfois encore à le faire, mais parce qu'une conversation avec une personne qu'il côtoyait régulièrement promettait de le détendre un peu.

-Tu passes une belle soirée?
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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Lun 19 Sep - 10:30

Dans notre société moderne, certaines personnes parlaient souvent d'à quel point les générations plus jeunes avaient une dépendance à la technologie. Bien sûr les gens se promenaient maintenant la tête baissée, le nez sur leurs téléphones, mais ils ne sont pas tous seulement entrain de jouer à des jeux débilitants. Combien envoyaient des courriels pour le travail, se confiaient à leurs amis ou gardaient contact avec un proche à l'extérieur? Les cellulaires n'étaient pas nocifs pour les jeunes. Et ceux qui disaient que les gens ne faisaient plus attention aux choses autour d'eux, parce qu'ils étaient toujours sur leurs téléphones intelligents, généralisaient. Frederik le voyait plus comme une habitude, une accoutumance à des produits. Il ne se trouvait pas déplacé ou maladif avec son téléphone, parce qu'il avait un savoir-vivre et pouvait reconnaître quand ce n'était pas adéquat d'être absorbé par la technologie. Les cellulaires ce n'était pas pire que les machines à laver, en frais de progrès. Tous deux rendaient la vie plus facile. Fred avait constamment son cellulaire sur lui et passait ses temps libres à naviguer sur Internet ou sur les réseaux sociaux. Les téléphones intelligents et les ordinateurs avaient ouverts une porte sur le monde, permettant d'être en contact avec tout le monde, tout le temps, n'importe où sur la planète. On finissait donc par s'habituer à une telle facilité de contact et d'informations. Sans être une dépendance, c'était un produit essentiel du quotidien.

Nous pouvions clairement s'en rendre compte quand nous en étions privés. Quand il y avait une rupture du service Internet, à cause d'une panne ou d'un bris technique, on tournaient en rond dans l'appartement, tel un lion en cage, cherchant un peu quoi faire. Ou encore, comme en ce moment, tandis que le cellulaire du jeune Holmes manquait de piles. Le réflexe d'ouvrir notre navigateur web pour lire les nouvelles du monde ou fouiner dans la vie des gens sur les réseaux sociaux, pour se donner l'air occupé en public devait être remplacé par les bonnes vieilles méthodes d'évitement: rester en retrait des gens le plus possible, se cacher derrière une poutre si nécessaire, aller au buffet ou au bar et y passer beaucoup trop de temps à choisir, bref, passer inaperçu et agir en espion-ninja, encore mieux que James Bond.

En temps normal, après avoir été salué tous les gens nécessaires pour faire bonne figure, Frederik aurait envoyé des textos à Cameron pour passer le temps dans cette soirée plutôt barbante. Cependant, comme son cellulaire était hors service, il ne pouvait pas le faire. Et ça le rendait un peu triste de ne pas pouvoir parler à son ami. Il s'enfilait des verres de champagne chaque fois qu'un serveur passait près de lui, plutôt. Comme cela faisait près de deux heures trente qu'il était là, il n'en était pas à son premier verre.

Depuis le retour de Kyle dans la vie de Cameron, les choses avaient été chamboulées. Kyle avait eu l'effet d'une bombe dans la routine de Fred, qui avait eu du mal à s'y faire. Pas qu'il avait eu du mal à changer ses habitudes, mais il n'avait pas aimé être mis au second rang. Il comprenait qu'il n'était pas de taille contre cet ami de tous les temps qui revenait d'entre les morts, mais il croyait qu'avec tout ce qu'ils avaient traversé ensemble, Cameron et lui, avec la transformation vampirique, leur lien était plus fort. Si, au départ, Cami passait le plus clair de son temps avec Kyle, sans jamais couper les ponts complètement avec Fred; ils s'envoyaient des textos fréquemment et se voyait une fois par semaine, Cami était maintenant plus disponible pour Frederik et ils s'étaient rapprochés, sur plusieurs plans. Et Frederik en était ravi. Ils avaient eu plusieurs sorties, plusieurs soirées passées à se confier et discuter et quelques relations sexuelles aussi. Frederik ne savait pas trop ce qu'ils étaient, mais pour l'instant cette relation lui convenait. Et donc, il aurait aimé pouvoir discuter avec Cami, pour se donner une contenance et passer le temps. Malheureusement, sans cellulaire fonctionnel, c'était impossible pour lui de le faire.

Il s'apprêtait à aller aux toilettes même s'il n'avait pas envie, quand il tomba face à face avec Jim.


-Holmes. Te voilà beaucoup plus chic que lors de nos rencontres. Jolie cravate.

-Jimbo! Content de te voir! Merci pour la cravate, c'était juste un vieux truc que je n'avais encore jamais mis, mais toi, serait-ce encore un nouveau smoking?


Frederik eut conscience d'une certaine agitation dans l'entrée du bar, mais n'y porta pas attention. Fred flatta rapidement le début du col du veston de Jim, à la hauteur de sa poitrine, pour toucher le matériel.

-Tu passes une bonne soirée ?

-Bofff, très ordinaire, mais je suis content d'enfin voir un visage sympathique! Et toi, tu t'amuses?


La musique cessa, les néons s'allumèrent et on entendit des éclats de voix. Il y avait aussi un mouvement dans la foule et des reflets de lampes de poche qui partaient en tous sens.

-Police! Sortez vos papiers!

Frederik n'avait pas amené son porte-feuille, il ne voulait pas être encombré. Il n'avait donc qu'une carte de crédit et son cellulaire déchargé sur lui. Les policiers s'approchaient de plus en plus, mais il y avait encore espoir de ne pas se faire embarquer.

-J'ai laissé mon porte-feuille chez moi, viens avec moi on va essayer de sortir par derrière. Vite avant qu'ils n'arrivent!

Et il agrippa Jim par le bras pour qu'il le suive. Tout en se dirigeant vers le fond du bar, il espéra seulement qu'aucun agent de la paix ne les interceptent...

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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Mer 30 Nov - 21:12

Jim était un jeune homme apparemment froid et sérieux. Il faisait de son mieux pour s'attirer le respect des autres Felidae ainsi que des associés de l'entreprise familiale et, à sa grande satisfaction, il y arrivait assez bien. Les efforts que lui coûtaient les discussions forcées et les sourires mécaniques lancés à ces gens avec qui il avait l'impression de n'avoir rien en commun passaient presque inaperçus maintenant qu'il était adulte. On avait commencé à avoir de hautes attentes envers lui dès son plus jeune âge et jamais Jim n'avait arrêté de faire de son mieux pour les combler. Une partie de lui était grisée par cette éternelle quête de perfection alors qu'une autre envisageait avec une profonde angoisse cette vie qui se dessinait de plus en plus clairement : une existence à reléguer ses intérêts personnels à un niveau inférieur à celui des ambitions professionnelles et vouée à rendre ses semblables fiers, un quotidien de stress mêlé à un profond ennui, des relations pour la plupart calculées ou éphémères... Même si le jeune homme appréciait la certitude d'avoir un avenir enviable et défini par la réussite, l'absence d'intensité et l'impression de ne pas faire ses propres choix lui pesaient, avec le temps, et c'était sans compter la peur permanente de faire quelque chose de travers.

Un peu plus jeune, Jim avait eu une franche tendance à porter de sévères jugements sur tout le monde, tendance qui n'avait pas totalement disparu à ce jour. Néanmoins, il savait maintenant à quel point on pouvait se tromper sur une personne et il essayait d'être plus clément dans sa manière de voir les autres, de leur donner la chance de prouver qu'ils dépassaient l'avis qu'il se faisait instinctivement d'eux, sans cependant abaisser sa garde. Désormais, il arrivait même à avoir des amis. Certes, il n'était proche que de quelques personnes et, à celles-ci, il ne disait pas tout, surtout pas ce qui l'angoissait profondément, mais c'était déjà plus que durant son adolescence alors qu'il ne s'intéressait qu'aux gens utiles à sa future carrière, et ce, de manière très superficielle. Encore aujourd'hui, il accordait une grande importance à sa solitude.

Frederik Holmes était l'une des rares personnes proches de Jim. En dehors de lui, le Felidae avait Melany et Kayla comme amies, et sa relation avec sa cousine était complexe. Enfants, ils avaient été plutôt proches, jusqu'à ce que Jim devienne trop sérieux et pris par sa vie de futur héritier Crowley pour perdre du temps avec les jeux d'enfants. Il avait ensuite passé beaucoup de temps à la juger sévèrement, décelant son potentiel et condamnant sa manière de ne pas s'en servir de la meilleure façon. Il lui semblait d'ailleurs qu'elle s'était améliorée sur ce point, dernièrement. Frederik, Melany et Kayla étaient les seules personnes avec qui Jim se détendait un peu. Sans s'ouvrir complètement, il devenait moins absorbé par comment on le percevait et laissait échapper quelques blagues et, parfois même, des opinions longuement réfléchies.


-Jimbo! Content de te voir! Merci pour la cravate, c'était juste un vieux truc que je n'avais encore jamais mis, mais toi, serait-ce encore un nouveau smoking?

-Jim...bo. Sérieusement, Frederik?


Il avait pris un air grandement ennuyé, même si le surnom ridicule était vaguement amusant. Il ne voulait pas encourager Frederik à l'utiliser. Jim fut légèrement décontenancé et recula légèrement la tête, sans le faire exprès, quand l'autre jeune homme toucha son veston. Il était toujours surpris quand on pénétrait sa bulle personnelle.

-Bofff, très ordinaire, mais je suis content d'enfin voir un visage sympathique! Et toi, tu t'amuses?

-Je suis transporté de plaisir.


Son air le plus neutre laissait comprendre facilement le sarcasme. Il allait ajouter un commentaire sur le   «sympathique» employé par Frederik quand les lumières du bar changèrent pour un éclairage blafard qui força Jim à fermer les yeux un instant.

-Police! Sortez vos papiers!

Jim observa les policiers qui vérifiaient les papiers de ceux qui ne semblaient pas assez âgés pour fréquenter un bar en se demandant à quel point il n'y avait rien à faire en ville pour effectuer une intervention policière aussi inutile. Il ne s'agissait même pas d'un bar fréquenté par les jeunes… Comme un agent se rapprochait, Jim amorça un mouvement vers son portefeuille pour prouver qu'il avait bien l'âge requis. Il fut arrêté par Frederik qui agrippa son bras.

-J'ai laissé mon porte-feuille chez moi, viens avec moi on va essayer de sortir par derrière. Vite avant qu'ils n'arrivent!

Le jeune homme arrondit les yeux. Mais quel inconscient! Venir dans un bar sans ses papiers… Jim songea qu'il n'avait pas à suivre Frederik. Il pouvait très bien rester sur place et montrer une carte d'identité. Néanmoins, il se laissa entraîner vers l'arrière du bar. Fuir par la ruelle avait quelque chose d'excitant, non? Pourtant il n'avait même pas bu.

Ils avaient presque atteint la porte lorsqu'un agent les intercepta.


-Je ne sais pas où vous allez, mais vous n'irez pas avant de m'avoir montré vos papiers.

Tant pis pour Frederik qui irait faire un tour au poste, alors! Jim ne put s'empêcher d'être un peu amusé à l'idée de voir son ami partir dans une voiture de police. Il avait même commencé à esquisser un sourire en glissant la main dans son veston. Son expression se figea alors qu'il atteignait un pan vide du vêtement. Il se souvint de s'être trompé de côté un peu plus tôt, au moment de payer pour le stationnement de sa voiture, et il fouilla l'autre côté de son veston. Rien. Jim eut l'impression qu'un glacier lui parcourait subitement la cage thoracique. Mais où était donc passé son portefeuille?

***

Le front contre les barreaux, Jim ne put s'empêcher de se faire la réflexion que coller son visage contre ceux-ci n'avait rien d'hygiénique. Bof, il était trop tard. Il reprit une posture à peu près droite en entendant des pas. Voilà qu'on ramenait à la cellule Frederik qui avait eu droit à son appel.

-Alors, tu as réussi à parler à quelqu'un?

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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Jeu 16 Fév - 21:08

Il y avait un dicton qui disait en partie qu'on ne choisissait pas notre famille. Frederik trouvait que c'était bien vrai, sinon il aurait choisi d'autres personnes comme parents. Il n'aurait pas choisi un homme aussi égoïste et violent comme père. Il n'aurait pas choisi une telle figure paternelle. Il aurait aussi voulu d'une mère s'affirmant plus, même s'il la trouvait forte d'endurer tout ça, il aurait aimé moins s'inquiéter pour elle. De plus, parlant de famille, il ne comprenait pas que des êtres venant de la même famille, des mêmes parents, s'étant fait transmettre les mêmes valeurs et avec la même éducation pouvaient être si différents, au final. Ça le dépassait. Il ne côtoyait pas souvent ses cousines, mais elles en étaient le parfait exemple. Ainsi, comment deux sœurs, avec seulement deux ans de différence d'âge pouvaient n'avoir rien en commun ? Comment l'une pouvait être si égoïste et compétitive pendant que l'autre était généreuse et pleine de compassion ? Comment l'une pouvait être si hypocrite alors que l'autre respirait l'honnêteté ? Comment l'une pouvait être restée proche des enseignements de leurs parents et l'autre s'en être tellement éloignée ? À quel moment s'étaient-elles autant détachées ? Frederik ne comprenait absolument pas ces concepts, même s'il les tournaient et retournaient dans tous les sens dans sa tête.

Si Frederik avait dû ne plus jamais voir sa famille, il ne croyait pas qu'ils lui manqueraient. De même, s'il avait pu changer de nom de famille, il l'aurait fait sans hésiter. Il n'avait aucune fierté d'être un Holmes. Il n'entretenait pas de sentiment d'appartenance. À part sa mère, qui n'était qu'une Holmes par alliance, il n'aspirait en rien à être comme les autres membres de sa famille. C'était tous une bande de coincés insipides et incolores, qui pourraient être des robots tellement ils étaient tous pareils. Chaque réunion de famille était toujours comme un concours ou plutôt comme un défilé de paons, seulement, aucun d'entre eux ne pouvait se détacher positivement du groupe. Fred s'était fait la réflexion dernièrement que chaque individu Holmes était comme quand certaines personnes achetaient le même chandail, avec la même coupe et le même logo, mais dans des couleurs différentes. Frederik aimait de loin mieux être tel qu'il était plutôt qu'une simple copie semblant sortie d'une usine.

Le jeune vampire revenait de faire son appel, sans succès. Sa mère n'avait pas de cellulaire - M. Holmes le lui interdisait - et elle était à son club de lecture chez les Clark de toute façon. Frederik avait donc essayer de rejoindre son père, mais ce dernier avait éteint son cellulaire, ce qui voulait dire qu'il devait avoir une réunion importante. Il lui avait laissé un message lui expliquant seulement qu'il était au poste de police et avait besoin que lui ou sa mère viennent le chercher. Fred revenait donc bredouille à la cellule et en était très déçu. De plus, la faim qu'il commençait à ressentir ne l'aidait pas à réguler ses émotions. Il espérait surtout réussir à tenir le coup jusqu'à la cellule. Rien pour améliorer son humeur, les policiers chargés de son déplacement l'avait malmené un peu en chemin. Rien de très grave, évidemment, mais juste assez pour gruger l'humeur du jeune Holmes. Et Frederik les avaient vus faire de même avec Jim aussi quand ça avait été son tour au téléphone. Le jeune vampire commençait donc à

perdre patience. Il se sentait à fleur de peau. En arrivant à la cellule, les officiers le pressèrent un peu trop fort contre les barreaux et commencèrent par serrer les menottes avant de les enlever des poignets de Frederik. Celui-ci avait envie de grogner de rage, mais il réussi à se contenir de justesse.


-Alors, tu as réussi à parler à quelqu'un ?

-Non!


Frederik avait parlé plus fort et plus sèchement que ce qu'il aurait voulu, puis, sans regarder Jim, il alla s'asseoir avec ses genoux sous le menton dans le coin le plus isolé de la cellule. Il fixait le sol devant lui, essayant de faire le vide dans sa tête. Il n'arrivait pas à se calmer. Il sentait la rage continuer de monter en lui. Il entendait trop clairement les rythmes cardiaques des autres prisonniers de la cellule et n'arrivait pas à penser à autre chose. Il pouvait dire avec précision que chacun des trois autres hommes avaient une blessure. L'un d'eux avait une plaie au-dessus de l'œil droit, un autre s'était coupé en se rasant et le dernier avait une égratignure sur la main gauche. Il pouvait le dire parce qu'il sentait le sang de ces blessures, aussi minimes pouvaient-elles être. En se concentrant, il pourrait peut-être même tenter de deviner leurs groupes sanguins. Mais il n'avait pas le loisir de s'amuser ainsi. Pas ici. C'était un environnement trop peu sécuritaire, il risquait trop de perdre le contrôle.

Frederik se mis le front contre les genoux, dans une ultime tentative de reprendre le contrôle. Il prit une grande inspiration et une forte odeur de sang lui effleura les narines. Paniquant les premières secondes, en sentant la faim plus forte, il se souvint alors qu'il avait encore sa poche de sang d'urgence, bien dissimulée dans un pli de sa chemise pour passer comme un excès de tissu lors de fouille à tâtons. Soulagé, il la sortit de sa cachette. Il garda la tête penchée et commença à boire doucement, à petites gorgées, pour être certain de ne pas faire de dégâts. À mesure qu'il sentait le sang couler dans sa gorge, il se sentait aller mieux, mais il sentait que la poche serait trop petite pour complètement le ramener. Il resterait assurément sur les nerfs...

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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Dim 14 Mai - 23:17

Avec toutes les attentes qui reposaient sur lui – celles de sa famille, mais aussi les siennes –  venait une obsession pour la réussite que Jim ne pouvait faire taire. Elle le réveillait parfois en pleine nuit, lui enserrant les entrailles parce que ce qu'il accomplissait ne suffisait jamais. Et si, dans quelques années, il se révélait finalement être un homme d'affaires médiocre? D'ailleurs, même exceller dans ce ne lui semblait pas suffisant. La simple idée de combler les attentes ne lui souriait pas vraiment. Dépasser les limites lui avait toujours davantage souri. Toutefois, il n'arrivait pas à visualiser comment y arriver. Tellement d'autres gens y étaient parvenus avant lui et ils avaient repoussé la barre si haut… Il n'arrivait pas à accepter l'idée qu'il risquait de mener une petite vie semblable à celle de tous ceux de sa classe sociale, sans arriver à se démarquer, sans avoir le droit de se dire que son existence avait une valeur particulière. Il aspirait à plus, mais il ne trouvait pas l'exacte définition de ce plus qui lui manquait.

Jim avait presque abandonné le dessin. Depuis son entrée à l'université, il avait essayé de se concentrer sur ses cours et s'était découvert une passion pour se perdre dans la grande bibliothèque de l'école. La créativité lui faisait défaut et il perdait rapidement patience devant une page blanche, s'imposant là aussi une rigueur qui soulevait en lui des débuts de panique. Tout devait être digne d'y avoir mis du temps. Lire était toujours noble, difficile de s'en vouloir à ce sujet. Il s'agissait d'un des rares sujets sur lesquels il ne se torturait pas.

Encore ce soir, Jim s'en voulait. Son attention peu soutenue avait permis à quelqu'un de lui dérober son porte-feuille. Ou peut-être l'avait-il oublié sur le comptoir du bar après avoir commandé un verre. Ou échappé sans s'en rendre compte. Dans tous les cas, ses parents allaient être très ennuyés de l'embarras que son égarement avait créé. Il leur avait laissé un message à partir de la voiture de police et, après qu'on lui ait confisqué son téléphone, il en avait laissé un autre à partir du téléphone du poste. Il savait qu'ils s'étaient isolés pour parler affaires et que, dans ces cas-là, ils fermaient leur téléphone. Il ne craignait pas passer la nuit au poste, mais il préférait ne pas y rester longtemps. Les gens avec qui on l'avait enfermé lui paraissaient encore moins fréquentables que Frederik. Tiens, il pourrait lui faire le commentaire, plus tard, avec un air suffisant.

Jim remarqua que les policiers qui ramenaient son ami à la cellule le traitaient avec aussi peu d'égards qu'ils l'avaient fait pour lui. Ceux qui les avaient embarqués s'étaient montrés beaucoup plus professionnels. Ceux-là devaient être des brutes en manque de sentiment de supériorité.


-Non!

Ce ton et cette attitude ne laissaient rien présager de bon venant de quelqu'un d'aussi impulsif que Frederik Holmes. Depuis que Jim le connaissait, il s'était amélioré pour gérer ses émotions, mais il avait encore du mal. Le felidae ne craignait plus qu'il en vienne à la violence physique quand il le vexait, par exprès ou non, mais il n'était pas prêt à parier que la brusquerie d'autres personnes envers lui ne risquait pas de soulever un comportement agressif.

Il regarda passer son ami devant lui sans lui en dire plus et ne le suivit pas jusqu'au fond de la cellule. Il préférait rester immobile et essayer de ne pas attirer l'attention. L'un des autres hommes lui avait déjà lancé quelques remarques sur ses vêtements et il ne souhaitait pas lui donner envier de lui adresser la parole de nouveau. Les gens riches se faisaient rapidement détester par ceux dont l'envie tordait les idées.

Utilisant son ouïes aiguisée de felidae, Jim essaya d'écouter les conversations dans le poste, au-delà de la section des cellules. Cela ne le ferait pas sortir plus vite, mais il était possible qu'il entende des choses secrètes ou inusitées. Son attention étant détournée de son environnement immédiat, il n'entendit pas arriver le détenu qui lui attrapa le poignet gauche. Il sursauta en se retournant vers lui, glissant un rapide regard contrarié sur la main qui osait le toucher.


-Ah, t'as pas de montre. Les petits riches, vous avez souvent des belles Rolex. À moins que tu l'aies mise de l'autre côté? dit l'homme presque aussi grand que Jim en tendant la main vers son autre poignet.

Jim se dégagea et repoussa vivement le détenu.

-Tu penses vraiment que quiconque d'un peu moderne porte encore une montre? Arrive à notre époque!

En temps normal, le felidae préférait éviter les affrontements directs, mais il était drôlement fatigué et ennuyé par le déroulement de la soirée. De plus, qu'on le touche sans qu'il y soit préparé lui faisait toujours perdre son calme. Il réalisa néanmoins très vite que sa réponse ne promettait pas de garder l'homme à distance. De plus, comme il se trouvait dans un lieu neutre, il ne pouvait pas compter sur son pouvoir de choc mental pour tenir le détenu à distance. Il remonta sa manche quelques secondes pour montrer le poignet que l'homme n'avait pas touché.

-Pas de montre. Et pas de porte-feuille, ajouta-t-il en ouvrant son veston.

-Ok, ok, tu te calmes…

Jim ne quitta pas l'homme des yeux alors que celui-ci s'éloignait enfin de lui. Il décida de tous les garder à l'oeil plutôt que faire la chasse aux secrets du poste de police. Il n'avait pas envie d'une autre surprise.

-Et toi, l'autre petit riche, t'es de meilleure humeur?

Le felidae avait déjà fait un pas quand la main de l'odieux personnage agrippa solidement l'épaule de Frederik.

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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Dim 9 Juil - 18:12

Une fois sa poche de sang bue, Fred essaya de se repasser les leçons de Cameron concernant le contrôle de soi et la panique. Il se disait qu'en se concentrant sur sa respiration, il entendrait moins les bêtises autour et les rythmes cardiaques effrénés. Il pourrait sûrement juste rester seul dans son coin et que les choses ne dégénèrent pas. Mais son cerveau ne voulait pas coopérer. Il ne pouvait pas s'empêcher d'entendre les rythmes cardiaques et d'essayer de les isoler pour déterminer lequel appartenait à qui pour ainsi savoir qui ferait la meilleure victime. Son côté prédateur prenait de plus en plus de place et le jeune Holmes ne savait pas quoi faire pour que ça cesse. De plus, Fred ne pouvait se calmer parce qu'il s'en voulait d'avoir été bête avec Jim en revenant dans la cellule. Il se trouvait tellement con. Ce n'était pas la faute de son ami s'il était à cran, il ne méritait pas cette hargne. Frederik faisait de gros efforts maintenant et il contrôlait vraiment mieux ses émotions, en temps normal. Ses sautes d'humeur étaient moins grandes et il n'utilisait plus systématiquement la violence pour extérioriser ce qu'il ressentait. Pourtant, il était déçu de voir à quel point cette mauvaise habitude lui revenait vite en cas de crise.

Cameron lui avait dit qu'en cas d'urgence, il fallait se concentrer sur autre chose, n'importe quoi pour occuper son esprit. Tant que c'était positif. Tout pour ne pas dévorer quelqu'un. Frederik n'avait aucun souvenir vraiment joyeux qui lui venait en tête, il ne voulait donc pas pousser sur cette voie. Il avait peur que les souvenirs déplaisants s'empilent et le fassent paniquer encore plus. S'il avait était face à des Détraqueurs, son Patronus serait faible et ils pourraient facilement le drainer de sa force vitale. Mais Frederik ne voulait pas ça. Il voulait vivre. Entre deux exercices de respirations, il eut une idée. Il allait se remémorer en tête une partition de piano et se concentrer là-dessus. Ces temps-ci, il travaillait justement sur l'hymne de Poudlard. Il se repassa donc sa partition mentalement, en imaginant sa position des doigts sur le clavier et les rythmes adéquats. Après seulement quelques minutes de l'exercice, il se sentit déjà plus calme. Le jeune vampire en était presque à la fin, quand il fut dérangé par les éclats de voix environnants.


-...Rolex. À moins que tu l'aies mise de l'autre côté ?

-Tu penses vraiment que quiconque d'un peu moderne porte encore une montre ? Arrives à notre époque!


En entendant le ton de son ami et de l'autre détenu et en entendant le rythme cardiaque de l'obsédé des montres, Frederik se leva et s'approcha, prêt à défendre Jim. Le jeune vampire avait la mâchoire serrée et ses yeux étaient trop ouverts. Tout le travail qu'il avait fait pour se calmer n'avait servi à rien. Fred était à nouveau en mode prédateur.

-Pas de montre. Et pas de porte-feuille.

-Ok, ok, tu te calmes... Et toi, l'autre petit riche, t'es de meilleur humeur?

-Je ne le recommande pas...


Fred avait parlé à voix basse, plus pour lui-même. Il avait vu le détenu avancer sa main vers son épaule et espérait qu'il n'irait pas jusqu'à le toucher, mais ses espoirs furent vains. La grosse main usée de l'homme vint lui empoigner l'épaule et Frederik répliqua d'un coup de poing sur son nez. L'homme recula alors de quelques pas, sous le choc, se retrouvant malgré lui derrière Jim. Fred, encore à fleur de peau, voulait seulement mordre maintenant, car il savait que c'était le seul moyen que ça aille mieux, et ne regarda pas vraiment qui il empoigna pour le plaquer au mur et le mordre.

Après avoir planté ses dents dans la peau de l'autre détenu sans en retirer le plaisir caractéristique qui venait avec le sang, Frederik se recula légèrement pour regarder la nuque qui lui servait de collation. Pas de trous, juste des marques de dents normales. Fred toucha ses canines avec sa langue et se rendit compte qu'elles étaient normales. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Frederik recula sa tête pour voir sa victime et fut presque soulagé que ce soit Jim. Presque. Parce que Jim le comprenait.


-Je... je... Désolé...

Fred replaça le col de chemise de Jim en le lissant doucement, se recula et se laissa tomber en position assise au sol.

-J'espère que je ne t'ai pas trop fait mal... Ou que je ne t'ai pas effrayé...

Frederik lança un regard aux alentours, remarqua que le gros détenu qu'il avait frappé était maintenant dans le coin le plus éloigné de lui et que les autres faisaient tous mine de ne pas les remarquer, Jim et lui.

-Je... je ne perds pas les pédales d'habitude, mais il y a plusieurs irritants et il y a quelque chose dans ce bâtiment de différent, qui fait que je ne me comprends plus autant. Alors, désolé pour ça...

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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Ven 5 Jan - 15:21

Jim s'était bien sûr questionné sur les origines du comportement violent de Frederik. Il avait même fait quelques recherches en ligne quand il avait remarqué que l'incident lors duquel son élève l'avait jeté au sol ne se comptait pas comme un événement isolé. Holmes ne l'avait plus physiquement brusqué par la suite, si on excluait cet étrange baiser plusieurs mois plus tôt, mais il laissait régulièrement transparaître une certaine agressivité. Le felidae se tenait sur ses gardes avec lui dès qu'ils entraient en opposition sur un sujet, ce qui se produisait assez souvent. Il avait remarqué que celui qu'il considérait maintenant comme un ami ne se montrait que rarement violent, mais que ses pertes de contrôles survenaient presque toujours lorsqu'on jouait sur sa confiance en soi ou son incompétence. Jim avait donc commencé à orienter ses moqueries sur des sujets moins sensibles. Si on lui avait posé la question, il aurait motivé ce changement par l'instinct de survie : éviter la colère de Frederik et les coups. Toutefois, il préférait ennuyer l'autre jeune homme et non réellement le blesser.

-Je ne le recommande pas...

Le jeune Crowley avait été formé au combat, tout comme tous les membres de sa famille. S'il n'était pas le plus gracieux ni le plus passionné dans ce domaine, il possédait une base solide en boxe, en une dizaine d'arts martiaux et en maniement de différentes armes. Il ne s'était toutefois jamais retrouvé en situation de bagarre réelle pour tester ses capacités. Il avait affronté de solides adversaires, mais jamais sans préparation. Il resta donc paralysé quelques secondes plutôt qu'intervenir, ce qui donna le champ libre à Frederik Holmes pour créer des ennuis. Une fois de plus.

Jim s'écrasa lourdement contre le mur, presque sans résistance, n'ayant pas envisagé la possibilité que Frederik s'en prenne à lui. Il sentit sa bouche sur le côté gauche son cou et eut le réflexe d'envoyer une vague de son pouvoir de choc mental sur son agresseur. Rien. Après une seconde de panique, alors que son assaillant lâchait enfin son pauvre cou, le felidae se souvint qu'ils se trouvaient en zone neutre. Il se demanda si sa propre stupidité connaissait des limites.


-Je... je... Désolé...

Le felidae inspira profondément sans répondre. Il avait du mal à trouver un sens à ce qui venait de se produire. L'explication la plus évidente lui apparaissait tout de même incroyable : se pouvait-il qu'il ait été en présence d'un vampire ces dernières années sans que ni lui ni ses parents ne l'aient remarqué? L'idée le terrifiait et ébranlait sa confiance, en déclin depuis les dernières années de son adolescence, en la supériorité de sa famille. Sous le choc, il resta immobile quand Frederik remit de l'ordre dans ses vêtements.

-J'espère que je ne t'ai pas trop fait mal... Ou que je ne t'ai pas effrayé...

-Ça va, j'ai pas peur des vampires,
dit-il tout bas, espérant presque que son ami soit simplement un dérangé de plus en ville, avant de jeter un rapide coup d'oeil aux autres détenus, pas comme tout le monde ici.

-Je... je ne perds pas les pédales d'habitude, mais il y a plusieurs irritants et il y a quelque chose dans ce bâtiment de différent, qui fait que je ne me comprends plus autant. Alors, désolé pour ça...


Les craintes de Jim se concrétisaient : Frederik sous-entendait que mordre les gens était un comportement qu'il adoptait régulièrement. Comment cette information pourtant cruciale avait-elle pu échapper aux Crowley?

-C'est à cause de la zone neutre. Elle éteint la magie… et ça désoriente la plupart des créatures d'essence magique, surtout sans expérience dans le domaine.. Ça explique aussi ton impossibilité à faire sortir tes crocs rétractables… tant mieux pour moi. Tes sens te paraissent probablement grandement diminués aussi.

Jim parlait à voix basse en gardant les autres détenus dans son champ de vision. Il souhaitait éviter d'être surpris de nouveau par une attaque. Il s'était montré suffisamment lamentable ce soir. De plus, ne pas croiser le regard de Frederik lui permettait de plus facilement paraître sûr de lui et peu ébranlé par ce qu'il venait d'apprendre à son sujet.

Comme les zones neutres ne représentaient pas un grand mystère, la majorité des créatures connaissaient leur existence et s'entraînaient à s'y désensibiliser. L'inexpérience évidente de Frederik à leur sujet surprenait le felidae. Ses parents auraient dû lui offrir une formation incluant la préparation à ce genre de situation, tout comme cela avait été le cas pour Jim, Melany, Kayla et toutes les créatures que les Crowley fréquentaient. Priver son enfant des connaissances nécessaires à sa survie relevait de la négligence… ou de l'ignorance. Peut-être les Holmes ne savaient-ils pas que leur fils était un vampire. Cette théorie plaisait à Jim parce qu'elle diminuait ses doutes sur sa propre famille : si les Holmes étaient humains, ses parents avaient conclu que leur fils l'était aussi.

Un policier vint ouvrir la cellule après avoir ordonné aux détenus de s'éloigner de la porte. Il demanda à Jim et Frederik d'en sortir, et le felidae laissa passer son ami le premier pour le garder à l'oeil. On fit signer à Jim la déposition remplie par ses parents pour le vol de son porte-feuille avant de les laisser partir.

Les parents de Jim les attendaient devant le poste de police, encore moins souriants que d'ordinaire. Ils expliquèrent leur outrage lorsqu'ils avaient appris, à la sortie de leur réunion, comment on avait traité les deux jeunes hommes. M. Crowley remarqua la marque dans le cou de son fils et le questionna, mais ce dernier évita de répondre en enchaînant sur le fait qu'il devait aller chercher sa voiture. Mme Crowley insista évidemment pour avoir des explications claires, scrutant son fils en entier à la recherche d'autres mystères à éclaircir.


-Un toxicomane m'a sauté dessus et mordu dans la cellule. Frederik m'a aidé à me défendre et tout est réglé. C'est pas grave.

Le taxi appelé par M. Crowley dès la mention de la voiture de son fils à l'autre bout de la ville arriva alors que Mme Crowley enchaînait sur sa troisième tentative de convaincre son mari et son fils de porter plainte contre le malade qui avait attaqué Jim. Ce dernier les remercia de leur déplacement pour lui venir en aide, assura que sa blessure était superficielle et offrit à Frederik de monter dans le même taxi que lui.

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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Dim 25 Fév - 23:24

-Ça va, j'ai pas peur des vampires, pas comme tout le monde ici.

Frederik jeta un œil autour de lui et put effectivement remarquer que les rares détenus avec qui il avait échangé un regard depuis qu’il s’en était pris à Jim avaient tous baissé les yeux rapidement devant lui. Il imposait désormais le respect dans la cellule. Et il n’en était pas vraiment fier. Parce que c’était du respect, oui, mais du respect par la peur et c’était donc vraiment moins glorieux. Le jeune vampire avait rêvé toute sa vie de se faire respecter par son père, mais il n’utiliserait jamais ses pouvoirs magiques et la crainte qu’ils évoquaient contre lui. Parce qu’il avait l’impression que ce genre de respect valait beaucoup moins que le respect obtenu autrement. Comme Hitler qui dirigeait sous un règne de peur ou Lord Voldemort qui avait autant de disciples simplement parce qu’ils savaient qu’ils allaient se faire tuer s’ils ne prenaient pas pour lui. Le respect par la peur n’était pas un respect obtenu réellement. C’était plus une illusion de respect. Parce que dès que ces gens allaient trouver une façon ne de plus avoir peur, ils allaient laisser tomber leur leader. Frederik se trouvait con de ne pas avoir pu se retenir et d’avoir ainsi semé la terreur en prison. Et il était content que Jim soit assez intelligent pour comprendre la situation même si ses crocs ne s’étaient pas sortis normalement. Ça aurait été encore plus étrange de devoir lui expliquer pourquoi il avait essayer de le mordre. Jim savait presque tout sur lui maintenant. À part la vérité sur sa relation avec son père et ses autres pouvoirs magiques, Frederik ne cachait plus rien à Jim. Ce n’était pas la façon dont Frederik s’était imaginé lui avouer qu’il était vampire, mais bon, au moins son ami comprenait.

-C'est à cause de la zone neutre. Elle éteint la magie… et ça désoriente la plupart des créatures d'essence magique, surtout sans expérience dans le domaine.. Ça explique aussi ton impossibilité à faire sortir tes crocs rétractables… tant mieux pour moi. Tes sens te paraissent probablement grandement diminués aussi.
-Tout à fait…


Depuis qu’ils étaient arrivés sur le terrain de la prison, Frederik s’était senti étrange. Il ne se reconnaissait pas et ne comprenait pas que ses réflexes et son corps ne réagissent pas normalement. Il avait mis ça sur le dos de la boisson, puis de l’adrénaline, puis du manque de sang, tout en voyant parfaitement qu’aucune de ses théories ne faisait du sens. Son incompréhension le rendant d’ailleurs de plus en plus impatient et à cran. Ce qui avait mené à cette situation désagréable et gênante. Il n’avait jamais entendu parler des zones neutres. Cameron avait déjà eu pas mal de choses à couvrir avec les pouvoirs de vampires et comment vivre normalement avec, il avait dû simplement oublier. Frederik ne pouvait pas lui en vouloir, mais il avait hâte de pouvoir en apprendre plus sur le sujet. La prison ne devait pas être la seule zone neutre en ville. Frederik devrait apprendre leurs emplacements et aussi apprendre à vivre dedans. Il ne pouvait pas se faire prendre une deuxième fois dans ce genre de situation. En zone neutre, il n’était pas le même. Il ne pouvait pas se fier à ce qu’il savait de lui et de ses pouvoirs. Fred devrait donc apprendre à se gérer en zone neutre, comme si ce n’était pas déjà assez compliqué en temps normal.

Mais Jim avait l’air bien renseigné, il allait peut-être pouvoir mieux l’aider sur le sujet que Cameron. Frederik allait attendre quelques temps avant de questionner Jim. En prison, alors qu’il venait de l’attaquer n’était clairement pas le meilleur timing pour espérer une coopération complète de son ami. Frederik était content que Jim ne semble pas lui tenir rigueur de l’incident, d’ailleurs. Mais comment Jim savait tout ça? Comment c’était possible que son ami connaisse déjà la magie et ne soit pas plus impressionné que ça devant une attaque de vampire? Comment pouvait-il être au courant des zones neutres et pourtant ne pas en être affecté? Frederik allait questionner son ami quand le garde arriva pour les laisser partir. Pendant que Jim signait les papiers, Frederik le regarda à la dérobée pour essayer de comprendre ce qu’il était. Cependant, il comprit vite qu’il n’arriverait à rien en zone neutre. Il devrait attendre d’être sorti du terrain de la prison pour tenter de le sonder ou de lire ses pensées.
Les parents de Jim les attendaient à la sortie et ils ne semblaient pas du tout ravis de la situation. Ils furent horrifiés de voir la rougeur dans le cou de leur fils et posèrent des questions, de plus en plus insistantes. Frederik eut un instant peur que Jim dévoile son secret à ses parents, mais Jim lui fut fidèle.


-Un toxicomane m'a sauté dessus et mordu dans la cellule. Frederik m'a aidé à me défendre et tout est réglé. C'est pas grave.

Frederik fut soulagé que son ami ne dise rien. Il voulut le remercier, mais réalisa jusque à temps que ça aurait l’air bizarre, puisque dans cette histoire, c’était lui qui avait rendu service à Jim. Frederik se jura de le remercier plus tard, quand ils seraient seuls et dans un milieu moins hostile.

Quand le taxi arriva et que Jim proposa à Frederik de monter avec lui pour retourner au bar de la veille, Frederik accepta en se disant que ce serait le moment idéal, puisqu’ils seraient seul à seul. Il monta donc à bord du taxi et attendit qu’ils aient fait quelques mètres en silence avant de prendre la parole. Plus ils s’éloignaient de la zone neutre, plus Frederik respirait mieux.


-Je suis désolé pour ce qui vient de se passer. Je me rend compte que j’ai encore bien du travail à faire sur moi. Je suis transformé que depuis un peu plus d’un an, ce qui peu sembler beaucoup, mais qui est en même temps vraiment peu dans une vie d’immortel. J’ai quand même fait beaucoup de progrès depuis que j’ai brusqué Lenny à cette stupide fête pour un parfum, parce que je me contrôlais encore moins. Une femme s’est coupée sur les lieux et mes instincts ont repris le dessus bien malgré moi.

Frederik s’était penché vers Jim et lui parlait à voix basse pour ne pas que le chauffeur entende leur discussion.

-Je suis désolé parce que j’ai toujours eu de la difficulté à contrôler mes émotions. Même avant d’être une créature magique. On m’a surtout appris à refouler et à me concentrer sur ce que les autres allaient voir et penser si je montrais le moindrement mes sentiments. Mais à force de tout cacher dans le placard, il finit par y manquer de place et la porte finit par céder, déversant tout le contenu du placard sur le plancher de la chambre, comme une grosse vague. C’est ce qui se passait avec moi. C’est pour ça que je t’ai fait basculer sur ta chaise, entre autres.

Frederik regarda où ils étaient rendus dans le trajet pour évaluer s’il avait le temps de dire les dernières choses qu’il avait sur le coeur.

-Je suis aussi désolé de t’avoir embrassé près du piano. Ça n’avait rien à voir avec mes instincts de vampire dans ce cas-là, mais tu m’as demandé d’arrêter et on en a jamais reparlé et je n’étais pas bien avec ça.

Frederik soupira.

-Oh et, merci de n’avoir rien dit à tes parents.

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MessageSujet: Re: Artifices et captivité [Holmes] Mer 23 Mai - 14:02

Habituellement, Jim pouvait compter sur ses parents comme source d'informations sur tous les gens qu'ils connaissaient. Son père possédait une multitude de dossiers, en version numérique sur son ordinateur et sur un serveur sécurisé en ligne, ainsi qu'en papier dans une étagère verrouillée dans son bureau. M. et Mme Crowley avaient donné l'accès à leur fils à l'entièreté de leurs documents. Enfin, c'était ce qu'ils lui avaient laissé croire. M. Crowley n'aimait pas révéler tout ce qu'il savait, pas même à sa propre famille. Certaines informations sensibles n'étaient connues que de lui et sa femme et, d'autres, même ignorées par Mme Crowley. Il exerçait un grand contrôle sur ce qui devait être su ou non. Jim, tout comme sa mère, avait secrètement mis la main sur certaines informations gardées privées par son père, mais s'agissait-il vraiment de découvertes ou était-ce plutôt dans les plans de M. Crowley de laisser filtrer ces révélations? Jim avait l'habitude d'être constamment testé, depuis son enfance. C'était ainsi que fonctionnait sa famille.

Il était possible que les Crowley ne soient pas au courant du vampirisme de Frederik Holmes à la fois parce qu'il était récent et par manque d'intérêt à son sujet. Une fois leur première enquête effectuée, il était possible qu'ils aient considéré les Holmes comme peu utiles en dehors d'une simple alliance économique, ce qui ne justifiait pas une observation poussée de leurs habitudes de vie. De plus, accumuler des informations au sujet d'humains ne valait pas les enquêtes sur les autres felidae en termes d'utilité et d'influence. Les felidae étaient une espèce à la fois soudée et fourbe. Il fallait être prêt
à défendre les siens, mais aussi s'en méfier.


-Tout à fait…

Les felidae aussi ressentaient les effets d'une zone neutre mais, comme leur nature magique se reflétait plus sur leurs capacités que sur leur instinct, ils n'étaient pas aussi ébranlés que les vampires ou encore les lycans. Ils se sentaient diminués, mais rarement désemparés. Tout dépendait de la nature de leurs pouvoirs psychiques et de l'influence générale de ceux-ci. Comme les pouvoirs de Jim étaient plus des armes qu'une amélioration fusionnelle de son être, la zone neutre ne le paralysait pas comme elle l'aurait fait, par exemple, avec un felidae qui aurait compté sur sa mémoire décuplée ou son empathie magique pour fonctionner au quotidien.

Jim ferma les yeux quelques secondes, soulagé, lorsque la porte du taxi se referma. La soirée avait été mouvementée, mais faire face à ses parents et leur mentir en essayant de rester naturel l'avait plus éprouvé que se faire menacer par un détenu. Tenir tête à ses parents dépassait en difficulté la grande majorité de ce qu'il affrontait en général.


-Je suis désolé pour ce qui vient de se passer. Je me rend compte que j’ai encore bien du travail à faire sur moi. Je suis transformé que depuis un peu plus d’un an, ce qui peu sembler beaucoup, mais qui est en même temps vraiment peu dans une vie d’immortel. J’ai quand même fait beaucoup de progrès depuis que j’ai brusqué Lenny à cette stupide fête pour un parfum, parce que je me contrôlais encore moins. Une femme s’est coupée sur les lieux et mes instincts ont repris le dessus bien malgré moi.

-Ça va, Holmes. Tu t'en sors plutôt bien. Je ne me doutais même pas que tu étais un vampire, dit-il en essayant de masquer par un demi-sourire la brûlure causée par la réalisation qu'il manquait cruellement de sens de l'observation pour n'avoir rien remarqué avant aujourd'hui.

D'un rapide coup d'oeil, Jim s'assura que la petite fenêtre entre le conducteur du taxi et eux était bien fermée, même s'il était un peu tard pour s'en soucier puisque Frederik avait déjà parlé de sa nature magique.


-Je suis désolé parce que j’ai toujours eu de la difficulté à contrôler mes émotions. Même avant d’être une créature magique. On m’a surtout appris à refouler et à me concentrer sur ce que les autres allaient voir et penser si je montrais le moindrement mes sentiments. Mais à force de tout cacher dans le placard, il finit par y manquer de place et la porte finit par céder, déversant tout le contenu du placard sur le plancher de la chambre, comme une grosse vague. C’est ce qui se passait avec moi. C’est pour ça que je t’ai fait basculer sur ta chaise, entre autres.

Était-ce l'effet de la zone neutre sur le vampire? S'agissait-il de l'accumulation d'émotions après cette soirée bizarre? Jim essayait de s'expliquer le besoin soudain de son ami de s'excuser et se justifier. Ce genre de conversation le mettait mal à l'aise. Il avait l'habitude de les éviter. Avec Melany, il lui arrivait de demander pardon ou d'éclaircir son comportement, ou encore écouter sa cousine le faire, mais il s'arrangeait pour trouver les formulations les plus courtes et les plus froides. Frederik ne s'était jamais laissé aller de cette manière auparavant et Jim ne savait pas du tout comment réagir.

-Je… Je comprends. Je viens aussi d'une famille qui ne vit que pour les apparences. Que pour la perfection…

Mauvais. Très mauvais. Le malaise ne diminuait pas. Cette réponse était ridicule. Comment les gens arrivaient-ils à communiquer dans ce genre de situation? Jim envisagea de se jeter du taxi en marche.

-Je suis aussi désolé de t’avoir embrassé près du piano. Ça n’avait rien à voir avec mes instincts de vampire dans ce cas-là, mais tu m’as demandé d’arrêter et on en a jamais reparlé et je n’étais pas bien avec ça. Oh et, merci de n’avoir rien dit à tes parents.

Jim avait bien sûr repensé à cette soirée. Il y avait réfléchi beaucoup trop longtemps. Il avait même imaginé des conversations à ce sujet avec Frederik. Plusieurs fois, il avait failli le questionner sur ses motivations pour l'embrasser et sur la magie qu'il avait utilisée sur lui juste après. Comme avec tous les sujets sensibles, Jim avait attendu d'être forcé à parler plutôt qu'affronter les faits par lui-même et il se trouvait maintenant incapable de réagir avec discernement. Les réponses préparées montaient en lui toutes en même temps, se superposant au malaise qu'il ressentait, créant confusion et affolement dans son esprit. Le cocktail idéal pour une conversation intelligente.

-Je ne voulais pas que tu arrêtes.

Trois secondes de silence paniqué.

-Ce n'est vraiment pas comme ça que je voulais que ça sorte… dit-il en passant nerveusement la main dans ses cheveux. Ce que je veux dire, c'est que… c'est que…  ce soir-là, tu as utilisé de la magie sur moi, je l'ai senti. C'est ce que je t'ai demandé d'arrêter… La magie. Je voulais t'en reparler, mais bon, je pense que tu commences à savoir que je ne suis pas un as de la communication.

Le felidae se savait assez lâche de détourner le sujet maintenant que son ami en reparlait, mais il avait naturellement dévié la conversation vers ce qui lui semblait productif et, surtout, sécuritaire. Il maîtrisait bien l'étude de la magie. Les amis qui nous embrassaient, c'était beaucoup plus effrayant.

-Pour ce qui est de mes parents, ils n'ont pas besoin de tout savoir. Je ne compte pas leur en parler, tant que tu ne prends pas trop goût à me mordre, dit-t-il, incapable de résister à l'envie de tourner à la blague de la gravité de la situation.

Le taxi, déjà généreusement payé par M. Crowley, s'arrêta et Jim ouvrit la bouche pour simplement saluer Frederik, mais la culpabilité lui noua le ventre. Il suspendit le geste de sa main vers la porte.


-Je ne t'en veux pas à propos du baiser. La prochaine fois, plutôt que t'en faire durant des mois, tu peux me parler. Et je sais que je ne suis pas non plus un exemple à suivre dans ce domaine – pas besoin de le souligner! ajouta-t-il avec un petit rire. Si tu veux, on pourra parfaire tes connaissances en magie ensemble. Ça me permettra une fois de plus de montrer que je suis meilleur que toi.

Une fois hors du taxi, Jim s'assura que son ami se sentait assez bien pour rentrer seul et regagna sa voiture pour rentrer. Une fois chez lui, après une douche trop chaude, il se coucha comme un véritable chat pour dormir : son corps un peu tordu dans des angles bizarres.

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